Etudes générales et Méthodologie. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 312-323

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 312-323
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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a) Etudes générales et Méthodologie.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 312-323.
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a) Etudes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 312-323.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5283312 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la sexualité à un âge précoce. Mais l'éléphant, d'après Heck, est
une espèce indépendante du mammouth qui a péri pendant l'époque
glaciaire. J. F.-W.
2° Psychologie zoologique et Biologie
a) Etudes générales et méthodologie^
225. — L. VERLAINE. — Biologistes et Philosophes devant la
Psychologie. — Le Flambeau, janvier 1934. Extrait, 24 pages.
Dans ce discours prononcé à la séance de rentrée de l'Institut des
Hautes Études de Bruxelles, V. passe en revue une série de concepts
bio-psychologiques, ceux de réflexe, d'instinct, de finalité, de cons
cience, à la lumière de ses observations personnelles et de ses expé
riences de psychologie animale.
Le réflexe, qui ne possède pas la constance que lui attribue à tort
un scheme abstrait, n'aurait rien de primordial et représenterait ua
aboutissement d'un mode d'activité vraiment primordial, désigné
sous le nom de « généralisation » et capable d'élaborer un acte utile à
la réalisation d'une fin déterminée .
S'exprimant en finaliste, V. considère qu'il le fait, sans hésiter
« parce qu'il n'est pas possible de faire autrement à l'heure actuelle »
en escomptant le rachat de la concession faite au verbalisme par des
victoires remportées sur les faits par lui dénaturés.
Les sensations sont des conduites qui s'élaborent, comme les
réflexes, par des processus de généralisation de même nature.
Ainsi «( la notion de la primordialité et de l'universalité de la
généralisation permet de ramener tous les aspects que prend le myst
ère psychique à un mode unique d'activité élémentaire et de rétablir
une admirable unité dans tout le règne animal, y compris l'homme ».
Même l'existence du langage humain ne comporte qu'une différence
de degré avec les animaux supérieurs. H. P.
226. — H. GASON. — Organic psychology. II. The psychological
organism (La psychologie organique. II. L 'or ganisme psycholo
gique). — Ps. Rev., XLI, 4, 1934, p. 356-367.
Voici la deuxième partie de l'étude de G. inspirée — comme
son titre l'indique — par la notion biologique de l'organisme (et
dont la première partie a paru dans le British Journal of Psychology
et la troisième, dans le Journal of General Psychology).
La définition de l'organisme psychologique donnée par G. n'a
pas cependant de contours suffisamment nets. D'après lui, « l'org
anisme en tant qu'un tout est un idéal auquel on ne peut jamais
atteindre ». Il est impossible, dit-il, de faire des expériences et des
observations sur l'organisme entier pris dans son ensemble. Mais,
dans une étude analytique, on peut tenir compte des interrelations
entre les divers pocessus organiques. En somme, l'organisme ne serait
qu'un « cadre de référence » utile pour toutes les formes de l'activité
psychologique. P. K.
227. — E. S. RUSSELL. — The study of Behaviour (Vétude du
comportement). — Nature, GXXXIV, n° 3396; 1934, p. 835-839.
1. Voir aussi les Xos -207. 309. 891. 1012, 1034. ZOOLOGIOUL' ET BIOLOGIE 313 PSYCHOLOGIE
En employant le concept abstrait de matière, dit R., on substitue
au monde objectif de la perception un monde symbolique, et de
même pour le concept d'esprit, substitué à l'expérience subjective.
On ne connaît pas plus matière qu'esprit, on ne perçoit que des
objets, des relations, des événements.
C'est le dualisme abstrait qui a conduit à la notion d'un organisme-
machine, avec, planant au dessus, le pâle fantôme de l'esprit.
Aristote a été mieux inspiré que Descartes, quand il a envisagé
la forme et l'activité de l'animal comme un tout indissoluble.
Pour R., du point de vue du zoologiste, l'organisme doit être
considéré comme un processus dynamique, spatio-temporel, à 4 dimens
ions, « a dynamic pattern in time », suivant l'expression de Coghill,
et la définition générale en sera : « une unité organisée présentant les
activités de maintien, de développement et de reproduction ».
Il y a une direction, vers une fin, à laquelle l'expression de « direc
tive » (Myers) convient mieux que le terme de « purposive », qui paraît
impliquer une conscience de finalité, nullement nécessaire (la direc
tion se montrant déjà dans Je développement embryonnaire).
Le comportement est une forme de l'activité directive générale
de l'organisme, celle qui concerne les relations avec le monde exté
rieur, et son étude n'est pas davantage du ressort de la physiologie
que de la psychologie comparée ; elle doit commencer par 1' « écologie »
branche de l'histoire naturelle.
L'activité du comportement se rattache aux formes physiologi
ques comme un processus directif spatio-temporel global à ses parties.
H. P.
228. — J. v. UEXKULL et G. KRISZAT. — Streifzüge durch
die Umwelten von Tieren und Mensehen (Excursions dans les
mondes des animaux et des hommes). — 1 vol. in-12 de 102 pages.
Berlin, J. Springer, 1934.
Ce petit livre fait partie d'une collection de vulgarisation :
« La Science intelligible ». U. y expose sous une forme attrayante
sa thèse bien connue sur les « Umwelten » des différents êtres. Nous
nous trompons quand nous croyons que les animaux vivent dans
notre monde humain. Chaque être vit dans son monde à lui, qui
répond à la fois à son organisation sensorielle et à ses types de
réaction, étroitement adaptés l'un à l'autre. Chaque objet est à
la fois Merkbild et Wirkbild. Toute réaction à un premier aspect
le fait évanouir et fait apparaître un second aspect, qui commande
une autre réaction, et ainsi de suite. Ces aspects, non seulement
l'auteur nous les décrit, mais il les représente ou les symbolise
par le dessin. Il arrive ainsi à des images peut-être hardies et discutab
les, mais concrètes et saisissantes. Il prétend nous rendre sensible
l'espace kinesthésique de l'abeille et de la patelle ; il nous montre ce
que voit l'insecte avec ses yeux à facettes ; il nous met à même de
comparer le même paysage vu par l'homme, par la mouche et par le
mollusque. Nous savons comment chacun de ces espaces est limité
en profondeur, quelle est pour chacun la distance critique où les objets
cessent de s'éloigner, se rapetisser. La relativité du temps
n'est pas moins frappante ; on peut déterminer pour chaque être la 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
durée minimale pour laquelle un changement objectif cesse d'être
perceptible ; elle serait pour l'homme de 1/18 de seconde, pour
l'escargot de 3 à 4 secondes. Mais l'espace et le temps ne sont encore
que des cadres : quels sont les objets qui les remplissent ? Le monde
de la paramécie est très simple : pour tout ce qui n'est pas aliment,
une seule qualité sensible, la résistance locale à la progression, à
laquelle correspond une seule réaction, le renversement de la vibration
des cils. Plus complexe déjà est celui de ces républiques de réflexes
que sont l'oursin et l'astérie, mais ces réflexes sont indépendants et
les aspects correspondants restent isolés les uns des avitres. Les objets
et leurs formes caractéristiques n'apparaissent qu'aux échelons
supérieurs ; pour le mollusque, le prédateur n'est encore qu'un
mouvement qui approche et non le mouvement d'un être déterminé ;
pour l'oiseau lui-même, la sauterelle n'est visible que lorsqu'elle
bondit et l'insecte immobile ne s'individualise pas dans le chaos des
herbes de la prairie. Les premières perceptions de formes sont très
sommaires : pour l'abeille, il n'y en a que de deux types : formes
découpées, intéressantes (fleurs épanouies) ; formes compactes, indif
férentes (boutons), et cette différenciation sommaire est merveilleu
sement adaptée à ses besoins. Il s'agit d'ailleurs d'un plan de la nature
et non d'un but individuel, car les méprises de l'instinct nous mont
rent partout cette ignorance du but. Aux niveaux supérieurs,
l'aspect d'un objet devient variable ; il est fonction de l'état et
des dispositions momentanées de l'animal. U. symbolise par des
couleurs différentes les aspects que prend, dans la perception du
Bernard l'Hermite, l'actinie qui, suivant les conditions organiques où
il se trouve, lui apparaîtra comme proie, demeure, moyen de protect
ion. De curieux exemples rendent sensible, chez l'oiseau, l'état
d'indétermination relative de l'objet des instincts sexuels et maternels
et le rôle que joue l'expérience individuelle dans leur détermination
ultérieure. Cette étude des mondes des animaux nous mène aux
mondes des hommes, toujours illustrés par Je même crayon spirituel
et fantaisiste. Un monde est toujours une création du sujet et, sous
ses manifestations protéiformes, la nature nous cache le mystère de
son identité. P. G.
229. — L. BINET. —Nouvelles scènes de la vie animale. — In-16
de 173 pages. Paris, Gallimard, 1934. Prix : 12 francs.
Dans ce nouveau recueil de notes destinées à intéresser le grand
public aux questions biologiques, on peut citer le chat et son émoti-
vité, la chauve-souris, le grillon, la fourmi, dans ses soins aux trou
peaux de pucerons, les divers modes de recherche de l'air chez les
animaux aquatiques, les crabes et leur autotomie, etc. H. P.
230. — M. THOMAS. — Instinct et Psychologie entomologique. —
B. An. S. Ent. B., LXXIV, 1934, p. 161-177. — L'Instinct et le
problème de l'orientation ehe z les animaux. — Revue des Questions
Scientifiques, janvier 1934, p. 85-113. — Le domaine de l'Instinct
(Instinct et réflexes. Instinct et tendances). — Id., septembre et
novembre 1934, p. 114-157.
L'instinct, pour T., est « la connaissance héréditaire et innée PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 315
d'un plan, de vie spécifique ». A rencontre de Verlaine, T. soutient
qu'une période d'apprentissage n'est nullement nécessaire pour
l'exécution des actes instinctifs, mais qu'il peut se manifester une
période transitoire d'essais musculaires imparfaits, suivant l'expres
sion d'Arnold Pictet.
A propos de la publication du livre de Jaccard sur l'orientation,
T. reprend ses définitions de l'instinct (« compréhension d'une sensa
tion dont aucune expérience antérieure n'a révélé la signification et
la connaissance du moyen spécifique de satisfaire au besoin qu'elle
exprime ») ; il soutient que, dans le retour au nid, la mémoire n'a qu'un
rôle secondaire et intervient, sous l'impulsion de l'instinct, qui fournit
les buts et les procédés, de l'instinct d'orientation, « faculté directrice
consciente de ses fins ».
Il y a enregistrement mnémonique de perceptions sensorielles
dont la compréhension est innée, perceptions qui, aux yeux de
l'auteur, doivent comprendre, dans certains cas, des modalités de
nous inconnues (sens de l'orientation).
Enfin, dans un exposé général, reprenant l'ensemble des faits
préalablement invoqués, T. sépare entièrement le réflexe et l'instinct :
Je premier, inconscient, est « imposé par l'organisme à l'individu »,
tandis que le second est « volontaire, imposé à l'organisme par un
acte mental ».
Ü faut aussi éliminer du domaine de l'instinct « les activités
non héréditaires et spécifiques déterminées par des besoins qui ne
sont pas physiologiques, essentiels à la conservation de la vie »,
les tendances individuelles et non spécifiques. L'habitude, déjà, si
elle prolonge l'instinct, relève de la mémoire, et diverses tendances
se greffent sur des facultés ou des propriétés physiologiques qui sont
différentes de tout en, intervenant dans ce jeu instinctif
normal (tel le « vouloir mieux vivre » humain, ou la tendance à
l'association sociale, qui, pour T., ne serait pas instinctive).
H. P.
231. — II. HEDIGER. — Zur Biologie and Psychologie der Flucht
bei Tieren (Sur la biologie et la psychologie de la fuite chez les
Animaux). — Bi. Zentr., LIV, 1934, p. 21-40.
L'auteur trouve qu'on a négligé, dans l'étude du comportement
des animaux, les réactions les plus banales, telles que la fuite.
Les animaux sauvages fuient l'homme à de très rares exceptions
près (telles que le vampire ou le tigre mangeur d'homme), et l'homme,
par sa présence, exerce une action modificatrice sur les conditions de
vie. C'est ainsi que H. attribue à l'action de l'homme le fait que le
crabe des cocotiers serait devenu de mœurs nocturnes, alors qu'il
avait autrefois des mœurs diurnes (observation de Darwin).
Le Capivara du Brésil, également diurne, n'a plus qu'une activité
nocturne dans les régions où on le chasse.
L'auteur a fait des observations personnelles sur les modes de
fuite de certaines espèces ; dans un groupe, on peut voir des types
fuir horizontalement et se dissimuler, tandis que d'autres grimpent
aux arbres le plus haut qu'ils peuvent. Certains fuient en droite ligne,
d'autres en zigzag. 316 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
On note, à côté des différences spécifiques, des différences
sexuelles.
Quelle est la distance de fuite, c'est-à-dire la distance à laquelle
l'homme doit s'approcher pour déclencher la fuite ?
Pour le crabe des Philippines (Uca) la distance est très précise et
égale à 15 mètres. Dans une étendue pleine de ces crabes (qui se
réfugient dans leurs trous) il a constaté qu'étant immobile, il se trou
vait au centre d'un cercle de 15 mètres de rayon entièrement privé
de crabes visibles.
L'action de l'homme est de nature à changer la distance de
fuite : là où ils sont chassés, les oiseaux s'envolent à plus grande
distance ; la girafe, dans les steppes inhabitées, fuit l'homme à
200 pas, mais, dans les régions de chasse à une distance quadruple.
Une trop courte distance de fuite jouerait un rôle important dans
la destruction totale de certaines espèces.
Une distance plus courte que celle qui déclenche la fuite peut
entraîner une réaction autre, de défense directe et de combat ;
c'est ce que H. appelle la « Wehrdistanz ». Ce ne sera pas la même si
la fuite est impossible, et dans ce cas H. emploie le terme de distance
critique pour désigner celle où l'animal s'apprête à la défense.
Cette analyse permet d'apporter quelque précision dans la descrip
tion de ce qu'on appelle confusément la « sauvagerie » des animaux.
H. P.
232. — J. A. BIERENS DE HAAN. — Langue humaine. Langage
animal. — Scientia, LV, 7, 1934, p. 40-49.
Les animaux n'articulent pas, n'ont pas d'intention de communiq
uer par la voix (bien que le cri puisse comporter une communicat
ion, toutefois non voulue), ne donnent pas à des phonèmes une signi
fication acquise et n'apprennent pas les phonèmes, l'acquisition du
chant — jeu vocal — chez l'oiseau restant étrangère au cri spécifique,
mode d'expression affective représentant la forme animale de langage.
Sous l'influence de l'homme, un progrès est possible : des mammif
ères apprennent à exprimer leurs désirs par des gestes et même par
des sons ; des oiseaux, comme le perroquet, apprennent à
prononcer des mots. Mais « jamais l'animal n'arrive à parler vraiment,
pas même le perroquet, si ce n'est pour exprimer de simples désirs » ;
il reste un abîme entre la langue de l'homme et celle de l'animal.
Telle est la conclusion de l'auteur.
Mais on peut réduire singulièrement la largeur de « l'abîme »,
si l'on envisage, non plus le langage abstrait de notre civilisation
mais certaines langues primitives de signification fondamentalement
affective. Et certaines affirmations (absence d'intention de commun
iquer par exemple) ne laissent pas d'être très discutables.
H. P.
233.— V. CORNETZ. —L'homme et la fourmi. — Extrait <T « Afrique »
(octobre 1933). — In-8° de 83 pages.
A l'occasion de la publication du livre de P. Jaccard sur le sens
de la direction chez l'homme, C. a voulu montrer que, si le problème
de l'orientation lointaine peut être considéré comme résolu pour PSYCHOLOGIE 7.001. OG IQ i; F. F.ï HIOLOGIK 317
l'homme, il ne l'est pas, il ne l'en est même que moins, à ses yeux,
pour la fourmi.
Dans ses réflexions d'ordre varié, appuyées souvent d'intéressantes
observations, G. qui a patiemment et ingénieusement étudié les
retours au nid des fourmis pendant de nombreuses années, souligne
la différence essentielle qui lui apparaît : l'homme se fonde essen
tiellement sur la vue pour les repérages ; la fourmi ne s'en sert à
peu près pas. Or, elle arrive à retrouver une direction — en l'absence
de repères olfactifs, tactiles ou visuels — par un enregistrement
interne, dont G. pense qu'il reste mystérieux et de nature inconnue,
se manifestant chez diverses espèces de fourmis, très différentes de
mœurs et de capacités sensorielles.
Il reprend ses discussions sur la kinesthésie, dont il admet à
'la rigueur qu'elle puisse servir à estimer les distances parcourues,
plus ou moins grossièrement, mais non les changements de direction
(point sur lequel je me suis toujours trouvé en désaccord avec lui).
H. P.
234. — A. GEMELLI et G. PASTORI. — II processo di apprendi-
mento negli animali (Le processus d'apprentissage chez les Ani
maux). — Ar. di Se. b., XX, 4, 1934, p. 403-410.
Avec un labyrinthe surélevé de 80 cm., du type de Vincent, et
non clos, les auteurs ont pu observer très soigneusement le compor
tement du rat blanc au cours de l'apprentissage (rat blanc normal
ou avec lésions cérébrales).
Quelques observations sont déjà données ; le retour (après explo
ration jusqu'au point où se trouve la nourriture) est toujours plus
rapide que l'aller (dont la durée augmente au cours des essais) mais
comporte davantage d'erreurs (78 erreurs dans un cul-de-sac, au
cours de 318 trajets se divisent en 32 à l'aller et 46 au retour).
Le comportement apparaîtrait comme réalisant une adaptation
complexe et variable aux stimuli (nid, nourriture), et non comme
résultant d'une mécanisation dans l'apprentissage H. P.
235. — F. J. J. BUYTENDIJK, W. FISCHEL et T. B. TER LAAG.
— Beitraege zur Analyse der tierischen Handlung (Contributions
à l'analyse de l'activité animale). — • Ar. néerî. de Ph., XIX, 4,
1934, p. 509-528.
Pour éclairer la question des relations de l'activité des animaux
avec la poursuite d'une fin, les auteurs ont essayé un dressage passif
des rats, en leur faisant exécuter des suites de mouvements, mais
n'aboutissant pas à un but. Or, dans ces conditions, ils n'ont pas
obtenu de création d'habitude, ou du moins n'ont constaté que d'insi
gnifiants progrès en un long temps.
Ce serait à rapprocher — ce que les auteurs ne font pas — de la
« loi de l'effet » de Thorndike. Dans l'introduction, les auteurs
rappellent que, dans leur conception, l'apprentissage des animaux
repose sur un processus central auquel ils ont donné le nom d'à Ein
sicht », et qu'il est difficile de traduire, comme l'a remarqué Glaparède,
car le sens n'est pas parfaitement défini. Ce serait la « considération
des qualités de la situation ». 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En traduisant Köhler, Guillaume a employé le mot d' « intell
igence » ; j'ai moi-même utilisé quelquefois le terme « intuition ».
En temps qu'activité saisissant des relations, on pourrait la désigner
comme « eduction » au sens de Spearman, sens trop logique toutefois,
pour un processus qui resterait bien obscur et bien vague pour des
apprentissages lentement progressifs, du moins dans l'emploi que
les auteurs font du mot. H. P.
236. — W. FI SC H EL. — Gedächtnisleistung und Umweltgestaltung
(Rendement de la mémoire et structure du milieu). — A. f. ges. Ps.,
XGII, 3-4, 1934, p. 470-480.
Le point de départ dans la description de la vie intérieure des
animaux doit être le fait que chaque perception est une excitation
et que l'état d'excitation est la base de leur comportement.
Les expériences de Perkins et Herter sur les poissons montrent
que, si une association quelconque existe, elle ne peut être plus
qu'une liaison entre la perception et l'état d'excitation qui lui succède.
L'A. exclut toute possibilité d'un souvenir d'une forme de comporte
ment passée. Mais, à la suite d'expériences identiques répétées, l'état
d'excitation déterminé par la perception peut devenir plus fort.
Les reptiles semblent posséder déjà un souvenir du comportement
passé, provoqué par une perception identique.
Le chien agit tout d'abord comme le reptile. Il répète une action
qui conduit à un succès. Plus tard, l'expérience aidant, il agira afin
d'obtenir un succès. Preuve : là où une perception peut mettre en jeu
deux comportements différents, le chien choisit celui qui aboutit à un
succès. Sa supériorité sur les reptiles consiste dans le fait qu'il sait
retenir de quelle nature était le succès, à condition naturellement que
le but de son action soit percevable. Il apprend et retient le rapport
entre l'action et son résultat.
Chez les mammifères, le phénomène devient très complexe. L'A.
donne quelques aperçus des travaux et considère que souvent
l'occasion d'une action évoque le souvenir. Il rappelle, en outre, la
thèse de Janet, selon laquelle l'amnésie hystérique serait une forme
particulière de la distraction. S. K.
237. — WERNER FISGHEL. — Ueber den Einfall (Sur révocation).
— Nederlandsch Tijdschrift voor Psychologie, II, 1934, p. 162-171.
En laissant de côté les automatismes mnémoniques élémentaires,
on voit se manifester une évocation (Ja « venue dans l'esprit » pour
traduire 1' « Einfall ») à quatre stades, appuyés d'exemples de psychol
ogie animale.
Au premier stade, il y a évocation d'un acte à effectuer sans consi
dération de but, comme, dans une situation apprise est répété par
une tortue l'acte qui lui a permis de trouver la nourriture ; au second
stade l'acte est évoqué en relation avec le but (le chien choisissant
— ce que la tortue ne peut faire — • dans une situation donnée une
activité qui lui procurera de la viande, plutôt qu'une autre qui lui
procurera du pain) ; au troisième stade, il y a évocation d'activités
d'un côté, de perceptions anticipatrices de l'autre, mais sans liaison PSYCHOLOGIE ZOOLOG J QU K ET BIOLOGIE 319
enfin, au stade le plus élevé, les buts de l'activité et les modalités
de comportement sont évoqués dans leur relation réciproque.
H. P.
238. — MAX F. HAUSMANN. — Tierexperimentelle Untersuchungen
zur Erforschung der Bedürfnisse (Recherches expérimentales sur
les animaux pour V étude des besoins). — Ar. Su. de Neur., XXXIV,
2, 1934, p. 254.
L'auteur résume les recherches qu'il a poursuivies à John Hopkins
sur des rats et qui ont fait l'objet de publications dans le Journal of
comparative Psychology (Cf. An. Ps., XXX IV, n° 561) : il a constaté
qu'il se manifestait des besoins profonds (par exemple d'hydrates de
carbone) régissant, dans le choix des aliments et la quantité absorbée,
le comportement qui prend ainsi l'allure d'un comportement intell
igent de l'animal. H. P.
239. — AL. WOLSKY. — Stimulations organe (Organes de stimulat
ions). — Biological Reviews, VII, 4, 1933, p. 370-417.
Sous ce nom, W. envisage des organes des sens auxquels appart
ient, comme fonction principale ou accessoire, la tâche de conduire
de façon durable des excitations générales du système nerveux,
maintenant en celui-ci un certain état tonique nécessaire à l'activité
nerveuse.
Les appareils de sensibilité mécanique jouent un rôle dans le
maintien général du tonus, même chez les invertébrés : Matula a
montré que des organes des tarses de la lro paire de pattes chez les
larves de libellules entretenaient les mouvements rythmés respira
toires de l'abdomen, et il existe une « stéréokinèse » étudiée par Grozier
et Pincus, par Von Buddenbrock chez la synapte. On peut parler
aussi de thermokinèse, chemokinése, hydrokinèse, par action de
diverses stimulations sur l'activité nerveuse générale.
Y a-t-il des appareils spécifiques pour cette fonction, exclusive
ment adaptés à elle ? C'est le problème des organes marginaux des
méduses, des balanciers des Diptères, en particulier des Tipules,
ou de l'organe tibial de Rhipipteryx cho pardi décrit par Welle en 1924
(conception de Von Buddenbrock).
L'auteur envisage encore la fonction de stimulation du labyrinthe
des vertébrés (comme organe de tonus) et des statocystes d'invertéb
rés, ainsi que des organes photosensibles (tonus lumineux des inver
tébrés et problème d'une photokinèse spécifique assurée par les
ocelles frontaux des insectes), parmi lesquels l'œil des vertébrés,
qui chez l'homme même serait la source (avec des sujets hypnotisés)
de réflexes toniques d'origine lumineuse. H. P.
240. — F. B. SUMNER. — Does protective coloration protect?
Results of some experiments with Fishes and Birds. (La coloration
protectrice protège-t-elle ? Résultats de quelques expériences avec
des Poissons et des Oiseaux). — Pr. of N. Ac. of Se, XX, 10, 1934,
p. 559-564.
Des poissons ( Cambusia palmelis) sont placés en grand nombre ■
320 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans deux bacs, l'un clair, l'autre sombre, jusqu'à ce qu'ils y soient
adaptés dans leur teinte propre.
A ce moment on place dans un grand bac sombre moitié de
poissons adaptés à ce bac, moitié de poissons clairs, et de même
dans un grand bac clair, et on observe des pingouins des Galapagos
(Spheniscus mendiculus) péchant dans ces bacs.
En 8 expériences (576 poissons dans le bac clair et 470 dans
le bac sombre) on observe que les poissons mangés sont dans le rap
port de 61 de sombres à 39 % de clairs, dans le bac clair, de 73 %
de clairs à 27 % de sombres dans le bac sombre.
Donc les poissons qui ont harmonisé leur teinte à celle du milieu
sont mangés en moins grande proportion par certains oiseaux.
H. P.
241. — E. FISGHER-PIETTB. — Sur l'équilibre des faunes :
interactions des Moules, des Pourpres et des Cirrhipèdes. —
G. R. des Séances de la Soc. de Biogéographie, XIe année,
n° 92, 1934, p. 47-48.
L'auteur a constaté que, sur des rochers où les pourpres se
nourrissaient de balanes (en introduisant la trompe entre les pièces
operculaires) sans jamais s'attaquer aux moules, le développement
d'un banc de moules entraîna la disparition des balanes, en sorte
que les pourpres furent conduites à S3 nourrir des moules, ce qui
exige le percement de la coquille. Or, au début, nombre de perfora
tions mal adaptées se constatèrent (perforations de coquilles vides,
bâillantes, et parfois même perforation de l'intérieur vers l'extérieur) ;
au bout de quelques mois les erreurs ne se seraient plus manifestées,
ce qui marque une adaptation à la proie nouvelle. H. P.
242. — G. W. ALLEE. — Recent studies in mass Physiology (Études
récentes sur la physiologie de masse). — Biological Reviews, IX,
1, 1934, p. 1-48.
A. a déjà publié en 1931 une mise au point du problème de la
formation des agrégations animales, comme étude de sociologie
générale.
Il envisage dans sa revue les facteurs d' « intégration » (réactions
communes à la lumière, aux vibrations, aux contacts, aux actions
chimiques, et même aux radiations mitogénétiques) et les effets de
^'aggregation (au point de vue croissance, protection contre les actions
toxiques, consommation d'oxygène, constitution morphologique, et
enfin comportement, par exemple dans l'apprentissage du labyrinthe).
Environ 200 travaux sont cités dans cette revue générale. H. P.
243. — ET. RABAUD. — Phénomène social et manifestations collec
tives. — J. de Ps., XXXI, 1934, p. 337-395.
Gomme toujours, idées nettes, solidement appuyées sur une
analyse approfondie de faits précis. — Toute société, humaine ou
animale, se distingue d'une foule en ce que c'est un groupement
d'individus rassemblés, non par une influence extérieure et moment
anée, mais par une influence attractive exercée par chacun des
individus sur ses semblables. Cette interattraction apporte-t-elle des

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