Etudes générales et méthodologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 267-280

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L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 267-280
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1935
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a) Etudes générales et méthodologie
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 267-280.
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a) Etudes générales et méthodologie. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 267-280.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1935_num_36_1_30677PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQCE. GÉNÉRALITÉS 267
Par une comparaison des comportements classés de ce point
de vue à travers les espèces animales, l'A. conclut que le développe
ment psychique tend à enrichir l'ensemble des expériences excita
trices e-t que ce développement conduit à la possibilité de créer
les buts par une libre décision. Suivent quelques tentatives de
différencier le caractère des siècles sur la base de l'activité humaine
prépondérante. Ainsi, le xixe siècle serait celui de la recherche
des moyens d'agir, la période d'après-guerre se manifeste par des
aspirations vers des fins précises. S. K.
221. — W. T. HEROX. — The inheritance of maze learning ability
in rats (Uhérédité de Vaptitude à V 'apprentissage du labyrinthe
chez le rat). — J. of comp. Ps., XIX, 1935, p. 77-90.
Des rats qui ont été dressés au parcours d'un labyrinthe dans
les mêmes conditions sont séparés, d'après les résultats, en deux
groupes, et croisés entre eux dans l'intérieur de chaque groupe.
On a pu ainsi obtenir deux colonies où les différences d'aptitudes
sont restées stables dans cinq générations successives, bien qu'à
partir de la deuxième la sélection ne se soit plus faite d'après les
résultats du test, mais d'après des principes purement physiologiques.
P. G.
2° Psychologie Zoologique et Biologie
a) Etudes générales et Méthodologie
222. — N. R. F. MAIER et T. G. SCHNEIRLA. — Principles of
animal psychology. — In-8° de 529 pages. New- York et Londres,
Me Graw-Hill Book Cy, 1935.
Les auteurs ont rédigé un manuel du comportement animal,
pour des cours de psychologie biologique, appuyé d'une bibliographie
de près de 700 travaux et complété d'index alphabétiques.
Après une introduction générale, une première partie traite
des principes discernables dans le comportement des animaux,
mammifères exceptés.
Caractéristiques fondamentales du comportement, dégagées chez
les végétaux et les Protistes ; premiers stades de spécialisation
chez les Métazoaires, Cœlentérés, Echinodermes ; progrès de l'adap
tation chez les Vers ; complexité et variabilité du comportement
chez les Mollusques ; activités fondamentales des Arthropodes et
activités caractéristiques des Arthropodes supérieurs (Insectes) ; lignes
fondamentales du comportement des Vertébrés chez les Poissons ;
intégration dans le contrôle des activités stéréotypées chez les
Amphibiens ; variabilité du comportement et répertoire des activités
complexes chez les Reptiles et surtout les Oiseaux.
La deuxième partie est consacrée à des questions générales,
sur le « comportement non appris », les processus de discrimination,
les mécanismes nerveux du comportement.
Et la troisième partie envisage les recherches sur les mammifères,
et spécialement sur le « learning », envisagé dans 4 sur 5 des chapitres,
le dernier étant consacré aux processus mentaux supérieurs (réaction 268 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différée, pouvoir d'abstraction et choix multiple, solution de problème
et raisonnement). Riche exposé, large documentation, ouvrage très
utile. H. P,
223. — S. ZUGKERMAN. — J. A. BIEREXS DE HAAN. — The
interpretation of animal behaviour. — Science Progress, 1935,
XXIX, p. 639 et XXX, p. 244-251.
Z. oppose les vues mécanistes et vitalistes et, montrant la fécondité
de l'analyse physiologique, rappelle que la question d'une vie subjec
tive des animaux est inaccessible à l'investigation scientifique.
C'est contre ce point que s'élève B. de H., qui soutient qu'on
peut se représenter, d'après ce qu'on éprouve soi-même, ce que être la vie psychique des animaux, que la méthode est féconde
et que c'est ainsi seulement qu'on peut arriver à une interprétation
complète du comportement. H. P.
224. — F. J. J. BUYTENDIJK et II. PLESSNER. — Die physio
logische Erklärung des Verhaltens. Eine Kritik an der Theorie
Pavlov's (L'explication physiologique du comportement. Une cri
tique de la théorie de Pavlov). — Acta biotheoretica, I, 3, 1935,
p. 151-172.
Les auteurs considèrent qu'on ne peut concevoir l'animal comme
une machine réflexe que si l'on envisage isolément et son
milieu en ne les reliant que par des stimulations physiques, alors
qu'il existe une structuration du cycle sensori-moteur.
En soumettant l'animal à des situations monotones avec des
stimulations définies, en l'immobilisant, comme dans la méthode
de Pavlov pour l'étude des réflexes conditionnels, on arrive à auto
matiser l'animal, à en faire une machine réflexe artificielle, et l'on
en vient facilement à détruire l'unité naturelle de l'animal qui doit
s'endormir ou tombe dans la névrose, dont on peut ainsi aborder
l'étude expérimentale.
Mais les résultats ne comporteraient nullement une explication
physiologique du comportement. H. P.
225. — J. A. BIERENS DE HAAN. — Probleme des tierischen
Instinktes (Problèmes de V instinct animal). — Die Naturwissensc
haften, XXIII, 42-43, 1935, p. 733-737.
L'auteur expose ses conceptions sur quelques problèmes de
l'instinct, jugeant inutile de poser le problème général de l'instinct
ou de son origine.
Il se pose la question, après avoir insisté sur la finalité des actes
instinctifs, des cas dans lesquels cette adaptation au but paraît
faire défaut, par exemple quand la fourmi moissonneuse apporte
au nid de petites pierres, à côté des graines, ou au lieu de graines.
Ces erreurs, dont divers exemples sont cités, souvent dues à
une influence perturbatrice de l'homme, tiennent, d'après l'auteur,
à ce que l'animal n'est pas conscient du but poursuivi, d'où certaines
de ses « sottises » pour employer l'expression du major Hingston.
Au point de vue de la variabilité, B. de H. rappelle que, selon PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE. GÉNÉRALITÉS 269
lui, la « rigidité » n'est pas une propriété de l'instinct, mais des
habitudes qui se sont édifiées sur l'instinct.
Il n'attribue pas à l'intelligence les fluctuations, ni mêmes les
adaptations correspondant à une certaine « marge » de l'instinct,
ni même certaines « régulations » (réparation d'un nid ou d'une toile
d'araignée).
Critiquant Verlaine, et sa formule que 1' « instinct n'est rien »,
il rappelle que Verlaine doit, à la base des habitudes acquises,
faire intervenir des « potentialités psychiques élémentaires » qui
ne diffèrent de l'instinct que de nom. II. P.
226. — H. THIELEMANS. — La métaphysique de l'instinct. —
M. THOMAS. — La biologie de l'instinct. — Revue Néoscolastique
de Philosophie, XXXVIII, 1935, p. 413-436 et 437-453.
Il y a peu à dire de la première étude, qui se place délibérément
.sur un plan déductif a priori, dans lequel est défini un « vivant
du deuxième degré », gouverné ses activités par le passé et
l'avenir de l'espèce imprimés sous forme de d principes abstraits
directeurs », non connus mais « vécus consciemment », constituant
en somme « un plan de vie spécifique intentionnel, inné, et hérédi
taire ».
La valeur de ces déductions métaphysiques, M. T. entend l'établir
en montrant que les faits bien observés par le biologiste conduisent
à retrouver la conception théorique de l'instinct, « connaissance
virtuelle et héréditaire d'un plan de vie spécifique ».
Il utilise, en ce but, un petit nombre d'exemples : •
Entre araignées « piégeuses ou chasseresses », y a-t-il des diffé
rences dans les caractères physiologiques, les aptitudes physiques
ou sensorielles, le milieu où elles vivent, expliquant la différence
de comportement ? L'analyse des faits conduit à une réponse
négative. Il faut donc dire, conclut T., « que les mœurs des araignées
sont instinctives, et que l'Instinct est une connaissance innée. »
Même conclusion à propos de la réaction d'immobilisation des
Phasmides. H. P.
227. — M. THOMAS. — A propos de- la variabilité de l'instinct. —
Revue des Questions Scientifiques, juillet 1935, p. 93-115.
A propos de critiques de Rabaud et de Kingston, T. revient
sur les idées de Fabre qu'il adopte entièrement et qui ne nient pas
la variabilité des actes des insectes, mais la variabilité de l'instinct,
faisant appel à deux facteurs, celui de l'instinct pur, rigide et
immuable, et celui du « discernement », forme inférieure d'intelligence.
« L'Insecte est-il modifiable dans ses mœurs ? Non, absolument
non, a dit Fabre, si le trait se rapporte à l'instinct ; oui s'il se rapporte
au discernement. »
Reprenant les faits de variabilité instinctive invoqués par Hings-
ton, T. entend montrer qu'ils répondent aux faits signalés par Fabre
lui-même et s'accommodent de la même interprétation : variations
dans le degré de paralysie des proies des Hyménoptères, dans le
nombre des proies, dans les espèces choisies, dans l'emplacement
de l'œuf sur la victime, etc. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 270
Les exemples s'opposent bien, dit T., à la notion d'un automat
isme absolu, mais ne contredisent aucunement la conception de
Fabre.
Hingston, selon lui, commet une erreur dans son appréciation
de l'instinct ; si le Sphex malaxe seulement dans certains cas le
cerveau de la victime piquée, ce n'est pas que son instinct varie,
mais qu'il applique ou non, « selon les nécessités du moment », le
procédé instinctif.
Et il existe aussi des erreurs commises par tel ou tel individu,
par fatigue, par inadvertance, sans oublier les erreurs possibles du
naturaliste dans l'observation des faits qu'il relate à l'appui de
la variablité de l'instinct.
En conclusion, selon T., « la théorie de l'instinct, plan de vie
immuable dans ses lignes fondamentales, est la seule exprimant
les faits connus ». H. P.
228. — PAUL PELSENEER. — Essai d'éthologie zoologique d'après
l'étude des Mollusques. — In-8° de 662 pages. Bruxelles, Palais
des Académies, 1935.
Cet important ouvrage est consacré à un ensemble de problèmes
généralement négligés par les zoologistes, et qui concernent une
éthologie comparée : laissant de côté la morphologie proprement
dite, et l'étude physiologique des appareils isolément envisagés,
P. traite, chez les Mollusques, des grandes fonctions, alimentaire,
respiratoire, circulatoire, excrétoire, reproductrice, neuro-sensorielle,
et du comportement (dans l'activité protectrice en particulier),
comparativement dans les divers groupes, genres et espèces.
Il y a là, condensée, une énorme et précieuse documentation,
fondée à la fois sur une immense lecture et une observation personn
elle extraordinairement riche.
Les faits sont appuyés de noms d'auteurs avec une date, ce
qui permet de retrouver le travail avec les grands instruments
bibliographiques ; il aurait évidemment fallu des centaines de pages
de bibliographie pour donner toutes les références, mais cela eût
rendu un inappréciable service.
Des données numériques précises sont fournies toutes les fois
que l'auteur a pu en obtenir, soit personnellement, soit dans la
littérature.
Signalons particulièrement la troisième partie de l'ouvrage sur
l'activité sensorielle et nerveuse (sensibilités tactile, thermique,
chimique, statique, photique ; réflexes ; activité psychique) sans
omettre de faire remarquer que des données de psychologie comparée
se trouvent éparses dans tout l'ouvrage.
Précieux compendium, succinct mais large, et dont l'auteur a
dégagé quelques notions générales de biologie évolutive. H. P.
229. — L. VERLAINE. — La psychologie des conduites. — Scientia,
LVII, 4, 1935, p. 285-296.
L'auteur soutient résolument l'attitude psychologique visant
à établir une histoire naturelle des comportements ; et selon lui ZOOLOGIQUE. GÉNÉRALITÉS 271 PSYCHOLOGIE
les données et les lois acquises par la psychologie animale objective
doivent s'appliquer en psychologie humaine ; si les données intros-
pectives s'y opposent, ce sont elles qui ont tort.
Il donne des exemples d'après ses recherches sur la généralisation
chez le Macaque : la psychologie, aussi bien humaine qu'animale,
lui paraît réductible à la généralisation, envisagée comme mode
d'activité élémentaire, représentant « tout ce qui reste à expliquer
du mystère vital, c'est-à-dire ce qu'un esprit philosophique peut
espérer voir réduire, un jour, à un jeu fortuit, spécial, des énergies
de la nature ». H. P.
230. — GRETE HAFEN. — Zur Psychologie der Dressurversuche
(Sur la psychologie des recherches de dressage). — Z. für ver. Ph.,
XXII, 2, 1935, p. 192-220.
Recherches de dressage sur le vairon, avec des stimulations
visuelles (noir et blanc, bleu et rouge), des stimulations auditives,
des stimulations de la ligne latérale par agitation de l'eau, enfin des gustatives.
Le dressage est plus facilement obtenu quand il ne comporte
pas de différenciation entre stimuli ; la faim favorise la réactivité
de l'animal, sans autre effet (sauf une gène, par nervosité, des
différenciations) ; la quantité de nourriture donnée en récompense
n'a pas exercé d'influence.
Enfin le dressage paraît fonction uniquement du nombre total
d'essais, indépendamment de leur répétition, à condition que la
fréquence des essais ne soit pas trop élevée (pas plus de 3 par jour
pour le dressage gustatif, pas plus de 12 pour les autres). Ce n'est
donc pas la durée totale du dressage qui intervient, et l'on peut
réaliser une économie de temps en rapprochant le plus possible
les essais.
Accessoirement, il a été noté d'importantes différences indivi
duelles entre les poissons et une action de facteurs météorologiques.
H. P.
231. — F. J. J. BUYTENDIJK, W. FISCHEL et P. B. TER LAAG.
— Ueber den Zeitsinn der Tiere (Sur le sens du temps des animaux). '
-— Ar. néerl. de Ph., XX, 1, 1935, p. 123-154.
Les auteurs ont dressé un rat à passer d'un compartiment à
un autre après un délai, de 2 minutes et demie dans une série, de
4 minutes dans une autre, par une méthode analogue à celle déjà
utilisée par Ruch.
Après une centaine d'épreuves, la réaction correcte s'obtient
dans la grande majorité des cas, avec une tendance à l'avance.
D'autre part, avec une méthode inspirée de Pavlov, un chien
est dressé à manœuvrer un clapet pour obtenir un morceau de
viende toutes les minutes et demie.
Enfin en donnant leur nourriture à un rat toutes les 6 heures,
on constate après quelques semaines que le rat se met à atteindre
la nourriture quelque temps avant que le moment revienne (un
peu moins d'une heure en avance). H. P. 272 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
232. — K. GROOS. — Zum Problem der Tiersprache (Contribution
au problème du langage animal). — Z. f. Ps., CXXXIV, 1935,
p. 215-235.
Le langage animal ne pourrait être comparé au langage humain
que s'il était intentionnel. Il resterait encore des différences ; il y
a loin de l'expression d'une émotion actuelle à la traduction de
concepts, de l'innéité à la convention. Où peut-on chercher une
transition ? Dans les phénomènes d'expression affaiblis, abrégés
et par conséquent quelque peu modifiés, devenus de véritables signes.
On trouve ces expressions réduites chez le chien qui veut se faire
ouvrir la porte ou recevoir quelques friandises. On la rencontre
non seulement chez nos animaux domestiques, mais dans la vie
sauvage des singes observée par Carpenter, où les signes seraient
acquis et modifiés par l'expérience individuelle. Cette réduction
des signes s'accompagne d'une conscience plus réfléchie et d'un pro
grès de l'imagination libre. P. G.
233. — F. J. J. BUYTENDIJK, W. FISCHEL et P. B. TER LAAG.
— Ueber die Zieleinstellung von Ratten und Hunden (Sur l'att
itude de but des rats et des chiens). — Ar. néerl. de Ph., XX, 3,
1935, p. 446-466.
Nouvelles expériences destinées à montrer que l'activité animale
ne consiste pas purement en des réactions à des stimuli sensoriels
et en la répétition de mouvements, mais en une adaptation d'attitude
vis-à-vis de certains buts. Les premières déterminent la possibilité
d'utiliser une porte au lieu d'une autre pour pénétrer dans un compar
timent à nourriture, chez le chien et même chez le rat ; dans les sui
vantes, on rend le but de plus en plus difficile à atteindre pour un
chien dressé à monter sur une chaise à un signal verbal.
Enfin les dernières mettent en concurrence chez les rats deux
tendances, l'une à prendre le plus court chemin qui conduit au but,
l'autre à s'engager d'emblée dans la direction du but ; le chemin
plus court commence par s'éloigner du but ; c'est cependant lui
qui est préféré. H. P.
234. — R. W. G. HINGSTOX. — La coloration des animaux et
sa signification. — Scientia, LVII, 2, 1935, Sup1 français, p. 49-58.
H. n'admet pas l'explication darwinienne de la sélection sexuelle ;
il envisage les ornements et les colorations des animaux comme
destinés à exercer une fonction d'intimidation, par exemple dans
la lutte des mâles.
Le bouc qui se dresse en montrant sa barbe, le lion qui déploie
sa crinière, cherche à intimider un rival. Le capuchon du cobra, le
bruit des sonnettes de la queue sont des menaces ; diverses attitudes,
chez des chenilles, ont la même signification.
Les mâles sont plus colorés que les femelles comme ils sont mieux
équipés, pour la lutte, en crocs, cornes ou éperons ; les couleurs
brillantes seraient une « arme de menace ».
Les oiseaux perdent leurs livrées brillantes au dehors du rut
parce qu'ils sont alors pacifiques.
Les prouesses des mâles devant la femelle constituent des gestes PSYCÎIOLOCrE ZOOLOGIQUE. GÉNÉRALITÉS 273
de menace, expriment une colère, colère rétrospective contre les
rivaux passés ou possibles, manifestation de force à laquelle la
femelle est sensible.
S'il n'est pas fidèle à l'interprétation darwinienne, H. est fidèle
à un finalisme aujourd'hui un peu démodé, et qui ne le cède en rien,
à coup sûr, à celui de Darwin. H. P.
•235. — H. MUIR EVANS. — The brain of Gadus with special refe
rence to the medulla oblongata and its variations according to
the feeding habits of different Gadidae (Le cerveau de G. et spécia
lement le bulbe et ses variations suivant les habitudes nutritives
de divers Gadidés). — B. S. BHIMACHAR. — A study of the
correlation between the feeding habits and the structure of the
hind brain in the South Indian cyprinoid fishes (Etude de la corre
lation entre les habitudes nutritives et la structure du cerveau
postérieur chez les Cyprinoïdes de finde méridionale). — Pr. of
R. S., B., CXVII, 1935, p. 367-399 et 258-272.
Suivant le mode d'alimentation des Gadidés, on trouve des
différences notables dans le développement relatif des lobes optiques,
olfactifs, acoustico-latéraux, somatiques et faciaux surtout.
Le lobe facial bilatéral a les mêmes connexions nerveuses que
chez les Cyprinoïdes, avec des fibres gustatives passant dans le grand
faisceau longitudinal très développé chez les espèces qui se nourrissent
de crustacés, de mollusques et de vers.
Les lobes vagaux sont toujours bien plus petits que chez les
Cyprinoïdes, et la zone somatique sensorielle est en revanche très
développée, surtout chez les espèces prédatrices.
B. divise les Cyprinoïdes de l'Inde en 2 groupes, les poissons
cherchant leur nourriture à la vue, à la surface de l'eau, qui possèdent
de grands yeux, n'ont pas de barbillons, ont des lobes faciaux et
vagaux petits, mais un lobe acoustique latéral très développé ; et
ceux qui mangent sur le fond, ont des yeux petits, et, les uns possé
dant des barbillons explorateurs, à lobes faciaux très développés
{les barbillons étant innervés par le facial) et à lobes vagaux petits,
et les autres n'en possédant pas, à goût buccal, dont l'organe palatal
est innervé par le vague et qui ont de volumineux lobes vagaux
et des lobes faciaux réduits. H. P.
236. — N. E. MILLER. — A reply to « Sign gestalt or conditioned
reflex? » (Réplique à V article : Sign Gestalt ou réflexe conditionné ?)
— Ps. Rev., XLII, 3, 1935, p. 280-292.
' Réponse à Tolinan, défenseur de l'intelligence animale qui avait
imaginé l'expérience suivante pour démontrer l'impossibilité de
tout expliquer par des réflexes conditionnés : Quatre rats sont entraî
nés à parcourir une courte allée, à faire une discrimination blanc-
noir, à entrer dans une boîte à nourriture et à y manger. Quand
l'entraînement est terminé, ils sont placés directement dans la boîte
à nourriture où ils reçoivent un choc électrique, puis on leur fait
refaire le premier test. On pourrait s'attendre à ce que l'animal,
associant l'idée de cette épreuve à celle de la boîte à nourriture
l'année psychologique, xxxvi • 18 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 274
où il a été électrisé, refuse de courir. Mais il n'en a rien été. Tout
s'est passé comme dans les premiers essais.
M. remarque que cette expérience ne prouve pas grand'chose
et il en a repris le principe en l'améliorant.
Il utilise deux boîtes en forme d'équerre, l'une contenant la
nourriture, l'autre l'eau ; l'animal est forcé de tourner la tête dans
l'une à droite pour manger, dans l'autre à gauche pour boire. La
première de ces boîtes est placée à l'extrémité de l'allée à parcourir
et les rats sont entraînés à venir y manger. Dans un second temps,
les rats sont divisés en deux groupes. Le premier est mis, dans une
cage spéciale, en présence de la boîte à nourriture ; les animaux
sont électrisés en y entrant. Le second groupe est soumis à une
épreuve analogue, mais avec la boîte à eau.
On reprend alors l'expérience du premier temps. Les animaux
du premier groupe mettent en moyenne un temps beaucoup plus
long que lors des premiers essais à parcourir l'allée. Les
du second groupe mettent aussi un temps plus long, mais l'allong
ement n'est pas aussi considérable que celui du premier groupe.
Il y a donc eu association entre la boîte, l'allée et le choc, mais
cette association est moins forte dans le second cas, en raison de
la forme différente des deux boîtes.
Dans une autre série d'expériences, on reprend les mêmes épreuves
mais en intervertissant le rôle des deux groupes. Les résultats
sont symétriques.
Dans un second groupe d'expériences, les animaux sont dès le
début partagés par moitiés : la première entraînée dans l'allée avec
la boîte à nourriture, la seconde avec la boîte à eau. On constate qu'à
la fin de l'entraînement, les premiers courent près de la paroi droite
de l'allée, les seconds près de la paroi gauche. Dans l'essai suivant,
chaque moitié est encore divisée en deux, comme dans les premières
expériences. Les résultats concordent avec ceux obtenus plus haut.
Enfin, dans un troisième groupe d'expériences, on remplace,
dans le dispositif du début, la boîte à nourriture par un plat. Le
reste n'est pas modifié. On constate alors qu'il n'y a plus, dans
l'essai final, d'allongement du temps. Aucune association cette fois
ne s'est établie, en raison des formes très différentes de présentation
de la nourriture.
pour' désigner Dans les cas de ce genre, on use communément,
la généralisation faite, du terme de prévoyance. Mais cette prévoyance
peut être ramenée par l'analyse aux règles générales du réflexe
conditionné. G. P.
237. — J. LARGUIER DES BANCELS. — Appétit et besoin. —
J. de Ps., XXXII, 1935, p. 519-521.
Tandis que certains animaux (cobayes, hérissons, poules), sans
parler des hommes, se suralimentent quand ils ont l'aliment à
discrétion, d'autres (serins, pigeons) ne dépassent pas dans leur
alimentation, quelles que soient les circonstances, leur ration d'équil
ibre. • — Je crois pouvoir ajouter à ce sujet, d'après des expériences
prolongées sur des chats, il est vrai sans appareil scientifique, mesures
ou pesées, que les mêmes individus, dans les circonstances les plus PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE. GÉNÉRALITÉS 275
diverses, m'ont paru manger alternativement tantôt uniquement
pour se nourrir, tantôt par gourmandise. G.- H. L.
238. — ET. RABAUD. — Provisions alimentaires, cultures et élevages
dans les sociétés animales. — J. de Ps., XXXII, 1935, p. 321-337.
Dans les faits généralement interprétés comme des pratiques
collectives qui répondraient à une coordination dépendant de la
vie sociale, étudiés dans un article précédent (An. ps., XXXV,
1934, n° 243), rentre l'accumulation de provisions alimentaires.
Mais une accumulation de provisions implique une prévoyance,
impossible chez des animaux qui ignorent l'alternance des saisons.
La quantité de miel emmagasinée par les abeilles dépasse constam
ment les besoins, et bien plus, en l'accumulant, elles diminuent
le nombre des individus qui pourraient l'utiliser. On peut encore
moins parler de provisions pour les guêpes, qui n'utilisent pas le
miel dont elles remplissent leurs alvéoles. Les fourmis agricoles
et les fourmis moissonneuses ne sont que des romans ; les fourmis
accumulent, non des graines, mais des substances quelconques qui
les attirent par leur odeur ou pour quelque autre raison. Les préten
dues cultures de champignons par les termites ne sont consommées
ni par les larves ni par les jeunes et ne sont pour les adultes un
aliment ni indispensable ni habituel. L'élevage de pucerons ou
« l'esclavagisme » chez certaines fourmis ne diffèrent qu'en apparence
de l'emmagasinement de graines ou d'autres objets. En résumé,
l'accumulation d'objets variés, inertes ou vivants, dans le nid des
animaux sociaux ne constitue nullement des provisions.
D'autre part, ce comportement ne résulte aucunement de la
vie sociale ; il se rencontre fréquemment chez des animaux solitaires
où il n'est pas davantage un emmagasinement de provisions aliment
aires. L'introduction dans le nid de matières diverses et même
périssables est un fait constant, un simple réflexe individuel, enti
èrement indépendant de l'interattraction qui groupe les individus.
G.-H. L.
239.— H. HEDIGER. — Zur Biologie und Psychologie der Zahmheit
(Contribution à la biologie et psychologie de V attitude apprivoisée).
— A. f. ges. Ps., XCIII, 1-2, 1935, p. 135-188.
Les animaux supérieurs se divisent en deux groupes quant à
leur attitude envers l'homme : animaux sauvages et apprivoisés.
Le groupe intermédiaire est constitué par les animaux sauvages
mais domptables. L'animal sauvage est celui qui fuit l'homme
ou l'attaque. La réaction de fuite n'a pas un caractère accidentel.
Elle a des formes bien déterminées selon l'espèce et dans le cadre
de l'espèce selon le sexe et l'âge. La distance à laquelle l'animal
laisse approcher l'homme avant de prendre la fuite est mesurable
et relativement constante. Les animaux dits anthropophiles n'en
sont pas moins sauvages, mais leur distance de fuite est très petite
(ex. la mouche). Généralement la grandeur de la distance de fuite l'espèce.'
est proportionnelle à la grandeur de
La capture des animaux sauvages provoque chez ceux-ci des

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