Etudes sur les fonctions corticales. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 261-280

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 261-280
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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f) Etudes sur les fonctions corticales.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 261-280.
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f) Etudes sur les fonctions corticales. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 261-280.
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tion minime du cortex interposé). — Pr. of N. Ac. of Se, XX, 5,
1934, p. 310-315.
Après avoir constaté que la suppression de l'écorce (libérant
les centres sous-jacents de son action inhibitrice) permettait de
susciter des réponses émotionnelles (ictère) d'origine thalamique,
les auteurs se posent la question de l'influence d'une destruction des
noyaux de base sans atteinte corticale, et ils ont mis au point une
technique satisfaisante (avec vérification de l'intégrité des fonctions
corticales) fondée sur l'emploi de la brûlure locale par courants de-
haute fréquence, en introduisant des électrodes fines, avec mise ea
place au moyen d'un micromanipulateur. H. P.
129. — M. ANDRÉ-THOMAS. — La régulation thermique et la.
région infundibulo-tubérienne. — R. N., XLI , i, 6,1934, p. 984-1012.
Dans les interventions chirurgicales sous anesthésie locale, lor
squ'on approche le plancher du 3e ventricule, il existe des manifes
tations très vives de besoin : envies de dormir, de vomir, d'uriner,,
de boire, etc., et en outre il y a parfois des réactions thermiques. Il
paraît y avoir là un carrefour, dit l'auteur, « où aboutiraient les.
exigences de l'organisme, quelques-unes se présentant comme des
besoins conscients de l'homme,... les autres restant inconscientes
comme les fonctions de nutrition, les métabolismes. la régulation.
thermiqu« », avec sollicitations chimiques humorales ou nerveuses.
Il y aurait une grande variabilité des réactions, apparaissant
surtout dans les émotions, et A. -T. pense que des centres végétatifs
supérieurs sont impliqués dans ces réactions ; en particulier pour
la régulation thermique, la région infundibulo-tubérienne coopérerait
avec bien d'autres régions du névraxe. H. P.
f) Études sur les fonctions corticales1
130. — GH. J. HERRI GK. — The Amphibian Forebrain. IX.
Neuropil and other interstitial nervous tissue. X. Localized func
tions and integrating functions (Le Télencéphale des Amphibiens.
IX. Neuropile et autre tissu nerveux interstitiel. X. Fonctions
localisées et jonctions intégralités). — J. of comp. N., LIX, 1 et 2,
1934, p. 93-116 et 239-266.
Continuant ses importantes recherches anatomiques dans un but
d'interprétation fonctionnelle en s'adressant tout particulièrement
aux premiers stades phylogeniques du développement cérébral chez
les vertébrés, H. décrit les formations qu'il désigne sous le nom de
« neuropile » dans le télencéphale de l'Amblystome.
Dans ce cerveau primitif les éléments cellulaires montrent tous
les stades, outre des éléments encore indifférenciés et des neurones
typiques (en particulier cellules à dendrites amyéliniques assez
courts en toutes directions sans différenciation axonique, qui servi
raient à une diffusion de l'excitation et ne posséderaient pas l'irr
éversibilité synaptique).
Le neuropile est constitué par un feutrage d'axones amyéliniques,
pénétrant aussi bien la substance blanche que la substance grise et
]. Voir au -,si le, N™ 18\ 187. 203, 3-!3. 7-41. 262 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
constituant un champ synaptique. Il y en a un profondément situé,
périventriculaire, et qui, bien qu'il ne soit pas de structure homogène,
exercerait, non des fonctions localisées, mais une influence renforça-
trice, tonique, sur tous les neurones.
Des neuropiles localisés autour des noyaux gris des faisceaux
principaux constitueraient des champs synaptiques intégrés dans les
grands schemes de comportement, mouvements d'ensemble ou réflexes
locaux (centres de corrélation des champs sensoriels, points nodaux
de convergence des champs moteurs).
Enfin dans tout le cerveau une couche superficielle d'un neuropile
pïexilorme avec condensations locales serait le support associatif
des réflexes conditionnés, et le point de départ de la différenciation
corticale des vertébrés supérieurs.
Se lançant davantage dans les hypothèses interprétatrices, en
son second travail, H. indique le parallélisme de la phylogénèse
morphologique avec les observations ontogénétiques de Coghill sur
le développement des réactions physiologiques : les arcs réflexes
localisés émergent comme circuits partiels des schemes globaux de
réponses d'ensemble.
Les voies nerveuses spécifiques qui apparaissent les premières
(dans le développement embryologique aussi) convergent vers des
voies finales communes de la motricité générale, d'où une réponse
intégrée d'ensemble, avant la spécialisation de systèmes localisés de
réponse.
Un neuropile diffus à peu près équipotentiel assure alors les
connexions intégratives unitaires, avec une certaine plasticité, et
comporte des éléments d'un stade peu avancé de différenciation.
Le cerveau des Amphibiens montre « une phase vraiment précoce
d'élaboration de l'appareil spécial d'intégration grâce auquel l'unité
et les idiosyncrasies personnelles de l'individu sont maintenues au
cours de la croissance, dans la complexité de la structure et l'extension
de l'expérience ».
Le neuropile apparaît ainsi comme le tissu-mère dont dérivent,
à la fois les centres et les faisceaux spécialisés assurant les réflexes
localisés, les réactions précises, et la toile associative qui unit les
différentes activités locales entre elles et assure l'intégration unifiée
du comportement, mais il possède encore une certaine plasticité
embryonique.
Dans le développement du système palléal, des localisations
fonctionnelles de projection et d'association représentent une des
formes de spécialisation, mais il persiste un système intégratif diffus
expliquant les importantes actions de masse (spécialement étudiées
par Lashley), toniques, inhibitrices, renforçatrices, activantes, s'exer-
çant sur les fonctions sous-corticales et correspondant à ce qu'on
appelle la spontanéité, la généralisation, le symbolisme, le condition
nement, l'apprentissage, etc.
Ainsi, paradoxe assez curieux, les fonctions supérieures ne feraient
en somme que reproduire les modes les plus primitifs du fonctionne
ment cérébral, plastique et intégratif.
On retrouve, sur le plan anatomophysiologique la même analogie
qui, sur le plan psychologique, place aux premiers stades du develop- EXPÉRIMENTALES ET COMPARÉES 263 RECHERCHES
peinent de l'esprit la généralisation, et l'abstraction à outrance.
Entre le syncrétisme primitif et les synthèses supérieures il y a
toutefois d'essentielles différences, qui doivent se retrouver entre le
neuropile des Amphibiens et les organisations des champs synaptiques
associatifs des Vertébrés supérieurs. H. P.
131. — Localization of function in the cerebral cortex (Localisation
de fonction dans le cortex cérébral). — In-8° de 667 pages, vol. XIII
de la série des « Research Publications » de 1' « Association for
Research in Nervous and Mental Disease ». Baltimore, Williams
and Wilkins, 1934.
Réunion de mémoires d'une très grande importance, sous 4es
trois rubriques des baTSes anatomiques, de l'analyse physiologique et
des études cliniques.
Dans la première section, B. Brouwer examine certains aspects du
fondement anatomique de l'encéphalisation phylogénique, Marion
Hines consacre quelques pages aux données maintenant classiques de
la cytoarchitectonie du cortex de l'homme, H. S. Burr, au sujet des
déterminants de l'organisation des hémisphères cérébraux, relate des
expériences sur le développement de l'Amblystome, avec processus
de transplantation montrant que les fonctions spécifiques ne jouent
qu'un faible rôle dans la différenciation, tandis que l'élaboration des
mécanismes centraux paraît déterminée par la position des masses
nucléaires contenues dans le champ électrodynamique (influence sur
les neurones en croissance et action stimulante sur l'organisation
interne des cylindraxes en progression) ; enfin Fr. Tilney compare
chez 4 mammifères, opossum, rat blanc, chat et homme, l'ontogénie
du cortex, qui correspondrait bien, d'après lui, dans les espèces
supérieures, à des stades phylogéniques.
Dans la seconde section, quelques aspects du problème de la
« corticalisation » des fonctions sont envisagés par Dusser deBarenne
(la vision présentant, parmi les sens, la corticalisation maxima) ;
Ph. Bard et Gh. M. Brooks montrent, à propos du contrôle cortical
localisé de quelques réactions posturales (chez le chat et le rat), que
■de petits résidus corticaux peuvent encore fonctionner normalement,
quand ces résidus, après une ablation étendue, possèdent une fonction
localisée ; l'étude des paralysies flasques ou spastiques produites
par des lésions du cortex des primates est exposée avec observations
détaillées à l'appui par Fulton et Margaret Kennard, tandis que
C P. Richter et Marion Hines décrivent la production du réflexe
d'agrippement chez des macaques adultes par lésion des lobes fron
taux, et que C. F. Jacobsen montre l'influence tout à fait différente
des lésions de la zone 4 (motrice) et 6 (prémotrice) du cortex sur
l'exécution de mouvements appris exigeant de l'adresse : en l'absence
de la zone motrice, les habitudes sont conservées, mais l'exécution des
mouvements est difficile, maladroite (plus chez Je chimpanzé que
chez le macaque), tandis qu'en l'absence de zone prémotrice, c'est
le scheme de l'action qui est atteint, l'apprentissage devaut être
refait, cette région paraissant donc jouer un rôle important dans
l'intégration des activités adaptatives complexes.
Au titre de la 3e section d'études cliniques, après des observa- 264 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tions sur la localisation vérifiée de 51 tumeurs temporales de
Gh.-H. Frazier et St. N. Rowe, R. Brickner relate une très importante
observation de lobectomie frontale bilatérale (par Dandy) avec des.
données sur les fonctions des lobes frontaux d'après l'analyse de ce
cas, qui mérite qu'on s'y arrête : la modification du caractère est très
nette, dans le sens de la puérilité avec tendances au négativisme et
à l'agressivité, et de la diminution du sens moral et social, ainsi que:
de l'amour de la famille, avec apathie et manque d'initiative apparais
sant en somme comme liés à un affaiblissement de la capacité de-
contrôle affectif ; et la diminution du contrôle se manifeste dans la
sphère intellectuelle, par le peu de stabilité de l'attention, la fuite des
idées. La mémoire ancienne ne paraît pas touchée ; l'acquisition, la
capacité d'apprentissage sont aussi assez bonnes. Quelques difficultés
parfois pour trouver des mots, et des exemples de paraphasie. Les,
tests d'intelligence utilisés (au nombre de 10) ont donné un âge
mental allant de 8 ans 5 mois à 15 ans 11 mois montrant ainsi de
grandes différences (quotients allant de moins de 0,6 à 0,99), sans
comparaison possible avec l'état intellectuel antérieur. Il y a, dans
le détail des fonctions intellectuelles, une incapacité de synthèse,,
d'abstraction et de généralisation, des défauts de jugement, de la.
Stereotypie mentale ; les idées particulières se juxtaposent mais ne
sont pas unifiées en des systèmes. Il n'y a pas de changements quali
tatifs appréciables mais vm atteinte mentale considérée par l'auteur
comme surtout quantitative, dans les capacités de synthèse et de
contrôle.
Des données sur des lobectomies unilatérales et les atteintes
fonctionnelles corrélatives (lobe frontal, temporal ou occipital) sont
fournies, d'après une analyse de 7 cas, par W. Penfield et J. Evans
(qui notent la perte d'initiative et une légère atteinte de la pensée
pour le lobe frontal, la seule hémianopsie pour le lobe occipital, et
une légère diminution du pouvoir de localisation des sons pour le
temporal, en somme, des perturbations très légères), et par W. J. Ger
man et J. C. Fox, qui exposent 4 cas ayant donné lieu à certaines
études psychologiques précises, indiquant qu'il peut y avoir des
résultats très différents suivant que l'hémisphère dont on a enlevé
un lobe avait ou non une prédominance fonctionnelle chez l'individu
opéré (en particulier au point de vue du langage, la compréhensioa
visuelle ou auditive et la motricité verbale ne se trouvant troublées
que lorsque l'ablation occipitale, temporale ou frontale concerne
l'hémisphère dominant (ce qui s'est produit dans 3 ou 4 des cas ana
lysés) ; l'atteinte intellectuelle est aussi liée à la dominance ; mais il
y a des restitutions fonctionnelles ; donnée intéressante, la personnal
ité s'est toujours montrée modifiée, avec une euphorie dans tous les
cas, paraissant croître avec l'étendue de l'ablation, et changement
dans un cas (lobe frontal dominant) du type extroverti à l'introverti.
Citons encore les études de Ch. Davison, S. P. Goodhart et
W. Needles (localisation cérébrale dans les maladies cérébro- vas -
culaires), de P. Schilder (localisation de l'image du modèle postural
du corps) de Winkelmann et Silverstein (troubles trophiques des
membres dans les lésions rétrorolandiques) , de B. Brouwer (projectioa
de la rétine sur le cortex chez l'homme) et de S. Poljak EXPÉRIMENTALES ET COMPARÉES 265> RECHERCHES
corticale de la rétine d'après les expériences siir les singes), W. Pen-
field et Lyle Gage (localisation centrale des manifestations épilep-
tiques) et S. T. Orton (études sur la fonction du langage), et part
iculièrement celle de D. G. Marquis relative aux effets de l'ablation
du cortex visuel chez les mammifères : chez le chien, après ablation
bilatérale des lobes occipitaux, la cécité paraît complète, avec aboli
tion de tous réflexes de fixation, mais le réflexe palpébral d'éblouisse-
ment et la réaction pupillaire à la lumière sont conservés ; une
habitude de discrimination lumineuse se montre abolie, mais on
peut la faire acquérir à nouveau, plus rapidement, et chez un chien,
non dressé préalablement, le dressage comportant la discrimination,
lumineuse s'effectue bien (avec la même stabilité que chez le
chien normal), toutefois on note une élévation du seuil différentiel
(qui est doublé à peu près, passant, pour 80 % de réussite ; de 120 %
chez le chien normal, dans les mêmes conditions, à 200 ou 250 %)..
Il n'y a donc plus de perceptions de la vue chez le chien opéré, mais-
persistance d'une réactivité à la lumière, avec une plus grossière
capacité de différenciation.
Ce recueil d'études (suivies du résumé des discussions après
présentation orale à l'association), études dont certaines comportent,
une importante bibliographie, est rendu très maniable par un index:
alphabétique étendu.
Il apporte une contribution capitale à la cérébrologie. H . P.
132. — R. LORENTE DE N(). — Studies on the structure of thfr
cerebral cortex. I. The area entorhinalis. II. Continuation of the
Study Of the ammonic System (Études sur la structure du cortex
cérébral). — J. für Ps., XLV, 6, 1933; p. 381-438 et XLVI, 2-3.,
1934, p. 113-177.
(I) Début d'une série de recherches sur différents mammifères
(souris, lapin, chat, macaque, homme). La région entorhinale a
la structure la plus simple : chez la souris, seulement 30 types d&
cellules bien différenciables, contre plus de 60 dans la région la plus
complexe. Elle présente la même structure chez toutes les espèces,
étudiées. La stratification de Cajal (1901) est confirmée en détail..
De nouveaux types de cellules sont décrits, dont la plupart à axone
court. 6 couches sont distinguées, mais elles ne peuvent s'accorder
avec les classiques.
L'A. affirme que les 6 ou 7 couches de Brodmann ne représentent-
pas le plan général de la structure du cortex, même pas de l'isocortex
de Vogt ; la théorie tectogénétique de B. est également incorrecte..
La distinction des couches, réceptive, effective, associatives, corres
pondait aux données obtenues par la méthode de Nissl seule^
Les autres méthodes (Cajal, Golgi, etc.) montrent que les cellules-
de chaque couche sont en contact avec les fibres afférentes, et d'autre
part envoient des fibres aux autres couches et (sauf I) dans la subs
tance blanche. Les recherches cytotectoniques, qui ont délimité,
utilement les aires, ont fait fausse route pour la division en profondeur..
L. propose de définir Yunité physiologique : fibre afférente ou
cellule corticale, avec toutes les cellules mêlées aux ramifications te
rminales (de la fibre ou de l'axone court) — et la couche : lieu des ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 266
cellules « qui sont des chaînons similaires dans les chaînes de neurones
-des unités physiologiques ». Il termine par un essai sur la transmission
nerveuse intracorticale, fondé sur le concept de chaînes neuroniques
douées d'auto-réexcitation, mécanisme général, même dans les plus
simples réflexes spinaux.
(II) Les nouvelles méthodes obligent à reviser les champs de
Brodmann. L. déclare, comme principale conclusion de nombreuses
années de travaux : le cortex n'est que la station terminale des
faisceaux issus des noyaux thalamiques ; une division rationnelle du
■cortex ne sera possible qu'après que nous connaîtrons ses connexions
avec le thalamus.
Dans un essai sur la physiologie générale du neurone, l'A. suppose
que le dendrone et peut-être aussi le corps cellulaire n'ont pas de
période réfractaire, mais seulement l'axone. Dendrone et cellule sont
un mécanisme de sommation d'influx subliminaires ; la synapse
centrale ne peut donc être comparée à la jonction neuro-musculaire
normale.
La projection corticale de la rétine point par point est vraie
physiologiquement, non anatomiquement, car les arborisations den-
dritiques et axonales peuvent diffuser largement l'excitation ponct
uelle. Cependant, si nous considérons le neurone comme appareil
■de sommation, où le seuil n'est atteint que par l'action d'un certain
nombre de synapses, la projection ponctuelle se réalisera en fait
(un schéma anatomique montre qu'à chaque étape la sélection locale
s'oppose à la « conduction en avalanche » de Gajal et Herrick).
G. D.
133. — GÜ NGOWYÀNG. — Die eytoarehitektonischen Unterfelder
der Area striata beim Menschen (Les sous-champs cytotectoniques
de faire striée chez f homme). — J. für Ps., XLVI, 6, 1934, p. 351-
363.
En général, les résultats de Beck (1930) sont confirmés. L'A. a
pu distinguer 16 sous-champs nettement délimités et suppose que la
projection du champ visuel est plus compartimentée que par qua
drants. G. D.
134. — J. F. FULTON. — Some functions of the cerebral cortex
(Quelques fonctions du cortex cérébral). — Journal of the Michigan
State Medical Society, XXXIII, 1934, p. 175-182 et 234-243.
Dans ces conférences de la Fondation Beaumont, le professeur
de physiologie de Yale, donne un exposé général des données qui se
dégagent de tout un ensemble de recherches expérimentales et d'obser
vations cliniques récentes concernant les fonctions cérébrales.
Dans ces fonctions, celles qui concernent les processus intellec
tuels supérieurs ne paraissent pas localisables et doivent dépendre,
comme Sherrington l'a soutenu, de l'organisation d'ensemble du
cerveau ; elles ne sont en particulier pas plus atteintes par les lésions
de la région frontale que par la destruction de toutes autres régions
des hémisphères. En revanche, il y a des localisations fonctionnelles
■définies .
fron- Quatre régions sont spécialement envisagées dans la partie RECHERCHES EXPÉRIMENTALES ET COMPARÉES 267
taie du cerveau des singes et de l'homme, une région motrice, une
prémotrice, une région oculaire et une associative.
L'ablation bilatérale des zones frontales associatives n'entraîne,
ni trouble du mécanisme postural, ni altération des réflexes ; les
singes ainsi opérés sont agités, facilement distraits, ils ont perdu la
mémoire des mouvements d'adresse préalablement appris et présen
tent une amnésie continue qui ne leur permet pas de profiter de
l'expérience, même récente.
Dans la zone motrice, les stimulations peuvent provoquer des
mouvements isolés de tels ou tels muscles, l'ablation unilatérale
entraîne une parésie flasque, croisée, de la dépression des réflexes
avec signe de Babinski, sans atteinte intellectuelle, mais il se fait une
récupération (grâce à la zone prémotrice et au cortex de l'autre côté).
Dans la zone prémotrice les stimulations provoquent des mouve
ments de l'autre côté du corps mais sans qu'on note une localisation
aussi fine que dans le cortex moteur (et qui disparaissent si on isole
cette area 6, prémotrice, du cortex moteur, ou area 4, par une incision
profonde), et on obtient aussi des mouvements de sens inverse de la
tête et des yeux, ainsi que des systèmes moteurs de réponses com
plexes intéressant à la fois les membres des deux côtés (mouvements
indépendants de la voie pyramidale).
La destruction de cette zone entraîne une certaine paralysie
spastique, de l'agrippement forcé, une atteinte notable des mouve
ments d'adresse, avec diminution de la capacité d'en apprendre de
nouveaux (marquant, pour l'auteur, un certain déficit intellectuel).
La destruction du cortex moteur et prémoteur, si elle laisse
subsister des mouvements volontaires dans les quatre membres
quand elle est unilatérale, entraîne, quand elle est bilatérale, une
paralysie complète, avec suppression de tous mouvements d'origine
corticale. H. P.
135. — MARTHE VOGT. — Reizphysiologische Untersuchungen
an Säugetieren (Recherches de physiologie de V excitation sur des
mammifères). — J. für Ps., XLV, 1933, p. 298-361.
Le but de l'auteur était de rechercher si à certains caractères
structuraux, à certaines divisions architectomques de l'écorce céré
brale, correspondraient des excitabilités distinctes. Pour ce faire,
la stimulation électrique sinusoïdale à la fréquence optima fut utilisée,
de préférence aux chocs d'induction, comme moins brutale et plus
fidèle quant aux résultats. L'expérience a d'abord montré que sur
l'écorc« du singe et du chat tout au moins, la fréquence 200 correspon
dait à des seuils minima (en réalité, ce minimum est peu accusé, car
entre 200 et 800 le seuil reste sensiblement constant) , à près comme
avec le nerf moteur (tandis que pour le système autonome, l'optimum
de fréquence est de quelques dizaines par seconde).
Une première série d'expériences a consisté à rechercher les
variations de seuils à différentes profondeurs dans la zone motrice
{champ 4), à l'aide d'une électrode isolée sauf à la pointe. On observe
que l'excitabilité ne change pas, de la surface à la couche V. Dans la
couche VI elle est souvent augmentée et dans VII ou dans la substance
blanche, toujours accrue. Les accès d'épilepsie sont également plus 268 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fréquents quand on s'approche des régions myélinisées. D'autre part,
si les couches superficielles sont enlevées, à l'aide d'un rasoir, l'exci
tabilité diminue fortement dès qu'on s'attaque à la couche III.
Dans une seconde série d'expériences, l'auteur s'est adressé à,
différentes aires corticales, en utilisant, pour objectiver leur activité,,
le fait que leur stimulation modifie souvent l'allure de la réponse
nystagmique provoquée par l'excitation calorifique du labyrinthe-
En comparant les réactions obtenues lorsqu'on passe d'un champ à un.
autre, on s'aperçoit que les divisions topographiques qui ont été
établies par la cérébrologie moderne ont également la valeur de
divisions physiologiques. A. F.
136. — J. G. DUSSER DE BARENNE. — Origin of motor reactions
produced by electrical stimulation of the cerebral cortex (Origine
des réactions motrices produites par stimulation électrique du cortex:
cérébral). — Ar. of N., XXXI, 6, 1934, p. 1129-1138.
L'auteur a déjà montré (cf. An. Ps., XXXIV, n° 254) que la
destruction par thermocoagulation des trois premières couches de
l'écorce ne modifiait pas l'excitabilité motrice chez le singe, les;
couches profondes étant donc le point de départ des influx moteurs.
Chez un singe, après destruction superficielle, la recherche du
seuil d'un mouvement des doigts au membre supérieur, en excitation
unipolaire, révèle un point d'électivité maxima très délimité. Or, à
l'autopsie, on trouve, sur une droite en profondeur, au niveau de ce
point une colonne de grandes pyramidales avec une cellule géante de
Betz, les régions avoisinantes n'en possédant pas. Gela confirme biea
que l'origine des influx moteurs doit appartenir aux grandes pyramid
ales de la IVe couche. H. P.
137. — F. T. PERKINS. — A genetic study of cerebral action currents
(Une étude génétique des courants d'action cérébraux). — Science,,
LXXIX, n° 2053, 1934, p. 418.
Recherche comparée sur les courants d'action obtenus au réveil,
•de l'anesthésie du cerveau antérieur ou moyen du rat, du pigeon,
de serpents, de grenouilles et même des ganglions cérébroïdes de
l'éore visse.
Une stimulation donnée engendre des réponses dans tout le
système cérébral, avec plus d'instabilité et de variabilité chez les.
animaux inférieurs, et plus d'homogénéité également. Par exemple,
pour l'activité motrice, deux points de réponse maxima, dans le
cortex moteur et le cortex visuel, avec des gradients qui sont plus,
marqués dans les espèces supérieures.
Les perturbations électriques les plus fortes ont été obtenues,
pour des stimulations douloureuses.
P. pense, d'après ses observations, que des parties du cerveau
peuvent exercer, à des moments différents, des fonctions différentes..
H. P.
138. — E. D. ADRIAN et B. H. G. MATTHEWS. — The interpre
tation of potential waves in the cortex (Interprétation des ondes de ■

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES ET COMPARÉES 269
potentiel de Vécorce cérébrale). — J. of Ph., LXXXI, 4, 1934,
p. 440-471.
Étude des potentiels d'action enregistrés à partir de l'écorce
cérébrale chez des chats et des lapins endormis légèrement et profo
ndément au chloralose, à l'éther ou à l'uréthane.
La régularité des graphiques obtenus est plus grande dans l'anes-
"thésie profonde.
Deux sortes d'ondes, les unes lentes et longues, les autres courtes
■et brèves.
Une lésion du cortex produit une décharge caractéristique
d'ondes brèves se déroulant en des oscillations sinusoïdales rapides.
Fréquence maxima 100 à 60 par seconde, minima 34 à 40. Au-dessous
de ce rythme, les décharges sont irrégulières. Il y a probablement la
pulsation synchrone d'un grand nombre d'unités corticales. Ces
décharges dues à la lésion montrent aussi que les neurones corticaux
■ont une activité comparable à celle d'une fibre nerveuse ou musc
ulaire. Les ondes brèves données par le cortex intact sont dues à
une activité de même ordre. Les ondes lentes représentent-elles
une de nature différente ou sont-elles dues à une sommation
des ondes brèves ? — Cette dernière hypothèse paraît vraisemblable,
car ces ondes lentes existent seulement quand les 2 électrodes sont
très éloignées l'une de l'autre, quand elles sont proches, seules les
ondes brèves sont présentes. Donc la réponse d'un neurone individuel
ne peut qu'être une pulsation brève, plus lente que les ondes de
potentiel d'une fibre nerveuse mais de même caractère général.
L'activité électrique du cortex est de même ordre chez l'animal
anesthésié et non anesthésié. L'anesthésique agirait donc plus sur
les voies afférentes et efférentes que sur les neurones corticaux
eux-mêmes. G. V.
139. — E. D. ADRIAN et B. H. G. MATTHEWS. — The Berger
Rhythm : Potential changes from the occipital lobes in Man (Le
rythme de Berger : changements de potentiel provenant des lobes
occipitaux chez Vhomme). — Brain, LVII, 1934, p. 355-385. —
E. D. ADRIAN. — Electrical activity of the nervous system
(Activité électrique du système nerveux). — Ar. of N., XXXII,
6, 1934, p. 1125-1134. — Cortical rhythms (Rythmes corticaux). —
J. of Nervous and mental Diseases, V, 1935, p. 55-56.
Les auteurs ont repris l'étude de ce que Berger appelle 1' « élec-
fcreacéphalogramme » et enregistrent les variations oscillatoires de
potentiel d'origine cérébrale recueillies avec une électrode au vertex
et une sur l'occiput. Sur 3 sujets, les yeux clos, au repos, on obtient
un rythme de 9, de 9,5 et de 10,5 par seconde, ce qui correspond
bien à la fréquence obtenue par Berger. Dès que les yeux s'ouvrent,
les ondulations s'effacent, on a des accidents minimes et irréguliers
sur l'oscillogramme. En plaçant les électrodes au vertex et sur la
région frontale, l'amplitude des oscillations est très diminuée.
L'origine corticale est établie par l'examen de sujets trépanés, et,
chez ceux-ci, on obtient très bien les régulières de poten-
Ü3l, les yeux clos, avec une électrode occipitale, et une pariétale,
mais non avec une électrode frontale et une pariétale. Au cours de

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