Evaluations subjectives et réponses physiologiques dans une situation de stress - article ; n°2 ; vol.74, pg 473-485

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L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 2 - Pages 473-485
Résumé
Les évaluations verbales et les réponses cardio-vasculaires de 50 sujets placés devant deux situations filmiques (repos-stress) ont été enregistrées. L'analyse des intercorrélations montre : a) que la réactivité physiologique est d'autant plus élevée que les films sont jugés plus « distants », b) qu'elle est positivement corrélée avec les rapports subjectifs spontanés, c) que les sujets s'attribuent d'autant plus de réponses somatiques pendant le film-stress qu'ils sont plus anxieux et d'autant moins qu'ils sont plus défensifs. Ces résultats soulignent l'importance des modalités de mesures dans la concordance entre rapports verbaux et réponses physiologiques.
Summary
Verbal reports and cardiovascular responses to two movies (stress and non-stress) were recorded on 50 subjects. Results show : a) that the more « different » Ss. judged the movies, the higher was their reactivity; b) the physiological reactivity was positively correlated with spontaneously reported reactivity; c) defensiveness was negatively correlated with the number of subjective responses checked, and anxiety positively correlated.
These results emphasize the role of the rating technique on the discrepancy between psychological and physiological indicators of stress.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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M. de Bonis
Evaluations subjectives et réponses physiologiques dans une
situation de stress
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 473-485.
Résumé
Les évaluations verbales et les réponses cardio-vasculaires de 50 sujets placés devant deux situations filmiques (repos-stress)
ont été enregistrées. L'analyse des intercorrélations montre : a) que la réactivité physiologique est d'autant plus élevée que les
films sont jugés plus « distants », b) qu'elle est positivement corrélée avec les rapports subjectifs spontanés, c) que les sujets
s'attribuent d'autant plus de réponses somatiques pendant le film-stress qu'ils sont plus anxieux et d'autant moins qu'ils sont plus
défensifs. Ces résultats soulignent l'importance des modalités de mesures dans la concordance entre rapports verbaux et
réponses physiologiques.
Abstract
Summary
Verbal reports and cardiovascular responses to two movies (stress and non-stress) were recorded on 50 subjects. Results show :
a) that the more « different » Ss. judged the movies, the higher was their reactivity; b) the physiological reactivity was positively
correlated with spontaneously reported reactivity; c) defensiveness was negatively correlated with the number of subjective
responses checked, and anxiety positively correlated.
These results emphasize the role of the rating technique on the discrepancy between psychological and physiological indicators
of stress.
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de Bonis M. Evaluations subjectives et réponses physiologiques dans une situation de stress. In: L'année psychologique. 1974
vol. 74, n°2. pp. 473-485.
doi : 10.3406/psy.1974.28057
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_2_28057Année psychol.
1974, 74, 473-486
Laboratoire de Psychologie médicale1
Université Paris V. E.B.A. 192 (C.N.R.S.)
ÉVALUATIONS SUBJECTIVES
ET RÉPONSES PHYSIOLOGIQUES
DANS UNE SITUATION DE STRESS
par Monique de Bonis
SUMMARY
Verbal reports and cardiovascular responses to two movies (stress and
non-stress) were recorded on 50 subjects. Results show : a) that the more
« different » Ss. judged the movies, the higher was their reactivity;
b) the physiological reactivity was positively correlated with spontaneously
reported reactivity; c) defensiveness was negatively correlated with the
number of subjective responses checked, and anxiety positively correlated.
These results emphasize the role of the rating technique on the
discrepancy between psychological and physiological indicators of stress.
EXPOSÉ DU PROBLÈME
La confrontation entre réponses physiologiques et les évaluat
ions verbales de ces ou des états correspondants a
suscité un certain nombre de recherches (Malmo et coll., 1949 ;
Lazarus et coll., 1966 ; Brandt et Fenz, 1969). Ces recherches
diffèrent par leurs résultats qui font tantôt apparaître une
concordance entre ces deux sources de données, tantôt une discor
dance. Elles diffèrent aussi par le rôle attribué aux facteurs :
méthodologique, physiologique ou de personnalité.
1. 100, rue de la Santé, 75014 Paris. 474 MÉMOIRES ORIGINAUX
Pour certains (Thayer, 1967, 1970), les désaccords possibles
lorsque l'on ne tient compte que d'un seul indice physiologique,
disparaissent dès que l'on considère une combinaison d'indices.
La réponse verbale est alors considérée comme une résultante
ou une intégration des réponses physiologiques. Pour d'autres
(Mordkoff, 1964), les discordances observées tiennent au fait
que l'on considère d'un côté des réponses physiologiques enregis
trées de façon continue, et de l'autre des réponses verbales enre
gistrées de façon ponctuelle. Lorsque l'on prend soin d'équilibrer
les deux types de réponses quant à ce facteur temporel, on cons
tate une covariation satisfaisante des deux types de données.
A côté de ces recherches dans lesquelles la discordance entre
réponses physiologiques et réponses verbales est attribuée à des
maladresses méthodologiques, il y a les travaux inspirés par une
approche cognitiviste des émotions (Lazarus, 1966) pour lesquels
cette discordance est un fait positif. Elle renseignerait sur les
modalités d'adaptation à l'environnement et en particulier aux
situations menaçantes. Ces modalités, verbales ou corporelles,
seraient en rapport avec les traits de personnalité, notamment
les défenses et l'anxiété.
En effet, réanalysant une série de recherches, Weinstein et
coll. (1968) ont montré qu'il y avait une relation entre les att
itudes défensives et le désaccord (son importance et son sens)
entre évaluations verbales et réponses physiologiques évoquées
lors de situations traumatisantes. Dans ces travaux, les attitudes
défensives étaient évaluées au moyen de questionnaires pour la
plupart extraits du M. M.P.I.1. Les conclusions de cette synthèse
sont formulées ainsi : « As predicted repressors showed relatively
greater autonomie than self-report reactions to stress, while
sensitizers tended to show the opposite pattern. » Cette formu
lation est ambiguë car elle laisse supposer que les premiers ont
une réactivité physiologique plus élevée que les seconds, alors
1. Plusieurs indices ont été dégagés de cet inventaire en vue de l'éva
luation des défenses (Byrne, 1964). Suivant les épreuves utilisées, les
sujets défensifs sont appelés repressors ou inhibitors, tandis que les non
défensifs sont dénommés sensitizers ou facilitators.
D'autre part, il faut rappeler l'existence d'une relation inverse entre
score de défense et score d'anxiété aux questionnaires. Des études facto-
rielles semblent montrer qu'il s'agit là d'une seule et même dimension bipo
laire de la personnalité (Golins et coll., 1967 ; Millimet, 1970). C'est pour
quoi les questionnaires d'anxiété sont quelquefois utilisés, comme c'est le
cas dans cette recherche, pour définir les sujets non défensifs, c'est-à-dire
les sensitizers ou les facilitators. DE BONIS 475 M.
que les auteurs démontrent eux-mêmes que ces deux types de
sujets ne diffèrent pas du point de vue de leur réactivité physio
logique mais seulement dans la verbalisation de leur réactivité.
Tout se passe comme si les repressors commettaient une erreur
d'estimation systématique (en moins) lorsqu'ils évaluent leur
réactivité, tandis que les sensilizers font une surestimation.
Dans ce travail nous avons voulu analyser l'influence des
traits défensifs, non seulement sur l'évaluation des événements
privés, comme la réactivité, mais aussi sur l'évaluation des
événements extérieurs au sujet, comme la situation. Notre hypo
thèse était que ces traits défensifs devaient influer plutôt sur les privés et, qu'en conséquence, les évaluations subjec
tives de la situation échappant aux distorsions seraient mieux
corrélées avec la réactivité physiologique que ne le seraient
les événements privés.
Parmi les traits défensifs, nous avons tenté de distinguer
au moyen de questionnaires, avec Haan (1965), les défenses
névrotiques des défenses adaptatives (appelées aussi processus
d'accommodation). Ces deux formes de défenses se différencie
raient ainsi : alors que les premières seraient « rigides, contrai
gnantes, indifférenciées, et déformeraient la réalité, les secondes
seraient flexibles, orientées vers la réalité et bien différenciées ».
On pouvait donc s'attendre à trouver des relations différentes
entre ces deux formes de défenses et les évaluations subjectives
des événements extérieurs ou des événements privés, et l'anxiété.
Par événement privé, on peut entendre soit les états affectifs
éprouvés lors de situations expérimentales, soit les réponses
physiologiques ressenties au cours de ces situations. Nous avons
retenu cette définition plus circonscrite de l'événement privé.
Des études semblent montrer l'existence de différences inter
individuelles et intersexe dans la « perception » que les sujets
ont de leurs réponses physiologiques en particulier neurovégét
atives. Ces différences ont été étudiées sous le titre discutable
d'autonomie feedback (Mandler et coll., 1958), puis de somatic
experience (Korchin et coll., 1961). Il nous a paru utile de préciser
les liens entre ces variations — que préférons rapporter à
Vestimaiion plutôt qu'à la perception des réponses physiologi
ques — , et les traits défensifs.
Pour ce qui est de la situation de stress induit, nous avons
repris la méthode des films. Elle a l'avantage de fournir des
stimulus de longue durée qui se prêtent à des évaluations subjec- 476 MÉMOIRES ORIGINAUX
tives. La réponse cardiaque a été préférée à d'autres indices
en raison de son caractère perceptible. Cet indice cardiaque a été
complété par un autre : la vasomotricité périphérique.
PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
L'expérience se déroule en trois phases :
1. L'enregistrement des réponses aux questionnaires de personnalité;
2.des physiologiques (ECG et volume
sanguin digital VS).
3. Le relevé des réponses subjectives :
a) Se rapportant à la situation ;
b) Se aux réponses cardio-vasculaires.
LES SUJETS
Cinquante sujets (27 hommes et 23 femmes) ont participé à l'expé
rience. L'échantillon était composé d'étudiants en médecine ou en psychol
ogie, et d'infirmières.
DESCRIPTION DES EPREUVES
A) Les questionnaires de personnalité
1. Echelle de Facilitation- Inhibition (FI) (Ullman, 1962). — Cette
échelle, développée dans le cadre des recherches sur la défense percept
ive, comporte 44 items extraits du MMPI. Elle a reçu une validation
empirique par la méthode des groupes critères. Elle permettrait de di
stinguer deux styles défensifs. Le premier consisterait à adopter devant
des stimulus menaçants une attitude de déni (inhibition). Le second
(facilitation) consisterait à utiliser d'autres mécanismes de défense
comme la projection, ou encore à se livrer à des comportements social
ement réprouvés. Une note élevée à cette échelle correspond à une attitude
de dénégation du caractère menaçant des stimulus.
2. Echelle d'Accommodation totale (AT) et d'Accommodation contrôlée
(AC) (Haan, 1963, 1965). — Ces deux échelles sont composées d'items
extraits du C.P.I. Elles ont reçu une validation factorielle et empirique
(concourante). La première donnerait une indication globale de l'i
mportance des processus d'accommodation (ou d'adaptation) aux stimulus
menaçants. Ces sont, d'après Haan, au nombre de 10, à
chacun d'eux correspond un processus défensif névrotique (ou non M. DE BONIS 477
adaptatif)1. La seconde correspond à une combinaison factorielle de trois
modes d'adaptation : la substitution, la suppression, la concentration.
Ces trois modes représentent les équivalents adaptatifs des mécanismes
de défense suivants : formation réactionnelle, répression et dénégation.
3. L'échelle d'anxiété-trait (de Bonis, 1973). — Cette échelle, qui
comporte 37 items, a reçu une validation factorielle et une validation
empirique. Une note élevée traduit une tendance à exprimer des inquié
tudes, des craintes et des peurs spécifiques, ainsi qu'à s'attribuer des
symptômes somatiques définis.
B) Les stimulus filmiques
Ils se composent de deux séquences de 5 mn chacune qui
sont projetées au moyen d'un magnétoscope. La première porte sur un
documentaire : Les oiseaux d'Afrique. La seconde retrace les différentes
phases d'une cérémonie rituelle de circoncision, dans une peuplade
africaine. Les deux dernières minutes de cette séquence sont les plus
traumatisantes dans la mesure où l'opération est effectuée au moyen
d'instruments rudimentaires et répétée plusieurs fois sur de jeunes
adultes. Les analyses ont porté pour une situation comme pour l'autre
sur les deux minutes finales.
L'ordre des séquences est systématique : le film-détente précède
toujours le film-stress2.
C) Enregistrement des mesures physiologiques :
rythme cardiaque (RC) et vasomotricité périphérique (VS)
Les enregistrements ont été effectués à l'aide d'un enregistreur
SEFRAM à deux pistes. L'ECG a été pris sur une seule dérivation.
Les variations du VS ont été enregistrées à l'aide d'un capteur photoé
lectrique (SAN-EI) relié à un amplificateur (UNITRON) en courant
continu. La vitesse de déroulement choisie en fonction de ce dernier
paramètre était de 5 mm/s.
D) Les échelles subjectives
Elles concernent :
1. Situations- films. — L'évaluation des situations se fait d'après
la méthode du différenciateur sémantique. Elle porte sur la première
1. Selon Haan les processus adaptatifs seraient : l'intellectualité, l'ana
lyse logique, la tolérance à l'ambiguïté, la concentration, l'empathie, la
régression au service de l'ego, la substitution, la suppression, la sublimation,
l'objectivité.
2. Le film-stress a toujours été suivi d'une seconde présentation du
film-repos. Cette phase de « récupération » n'a pas été accompagnée d'évalua
tions subjectives. C'est pourquoi nous ne présenterons pas dans ce travail
les résultats qui s'y rapportent. MÉMOIRES ORIGINAUX 478
et la deuxième séquence. Elle comporte dix échelles d'adjectifs ant
onymes en six échelons : bon-mauvais ; rapide-lent ; gai-triste ; déplaisant-
plaisant ; positif-négatif ; monotone-varié ; agité-paisible ; attirant-
répugnant ; apaisant-angoissant ; distrayant-ennuyeux ;
2. Les réponses physiologiques estimées. — Elles sont limitées aux
réactions cardio-vasculaires. Ces réponses sont recueillies suivant deux
modalités :
a) « spontané » et b) « questionnaire ».
a) Dans la modalité « spontané », les sujets doivent indiquer par écrit
« les dix principales réactions corporelles » qu'ils ont pu ressentir lors
de la projection de la première puis de la seconde séquence ;
b) Dans la modalité « questionnaire » ils doivent répondre (oui-non) à
vingt items se rapportant à des réponses cardio-vasculaires, perçues
pendant la projection du film sur la circoncision.
DÉROULEMENT DE L'EXPÉRIENCE
Introduit dans la salle d'expérience, chaque sujet remplit d'abord les
quatre questionnaires de personnalité. L'E. installe ensuite le sujet dans
un fauteuil face au téléviseur. L'E. dispose les électrodes et place le
capteur pléthysmographique sur l'index droit du sujet. Dès que le tracé
est stabilisé, l'E. prévient le sujet que des films vont lui être présentés,
qu'il devra les regarder et être attentif à ses réactions corporelles. Le
magnétoscope est alors mis en route et l'enregistrement des réponses
physiologiques se poursuivra jusqu'à la fin de la projection sans aucune
interruption. Lorsque celle-ci est terminée, le sujet procède à l'évaluation
des situations et des réponses physiologiques.
ANALYSE DES RÉSULTATS
Compte tenu de l'hétérogénéité des échelles de mesure,
toutes les variables ont été transformées en variables réduites.
Les indices physiologiques. — Pour chaque paramètre (rythme
cardiaque et volume sanguin) on a calculé deux indices : un
indice de « réactivité » (repos-stress) et un indice de variabilité
dans la période stress. Les scores de réactivité (RG et VS) ont
été calculés d'après la formule de Lacey (1962)1. Le score de
1. Le calcul a été programmé. Il comporte plusieurs étapes dont les
principales sont : transformation des scores-repos \x) et des scores stress (g)
en notes réduites (m = 50 ; a = 10). Calcul de l'indice de corrélation r^.
Détermination pour chaque individu de l'écart entre la note y' (note de M. DE BONIS 479
variabilité correspond : a ) pour le RC, à l'écart entre la fréquence
la plus faible et la fréquence la plus forte, évaluées sur 4 inter
valles temporels de 30 s sur les 2 mn de la phase stress ; b) pour
le VS, il s'agit de l'écart entre l'amplitude maximale et l'ampli
tude minimale évaluées sur la même période temporelle.
I. — Corrélations entre évaluations subjectives
DES SITUATIONS-FILMS
ET RÉACTIVITÈ PHYSIOLOGIQUE
a) L'examen préliminaire des corrélations entre les deux
indices de réactivité cardio-vasculaire fait apparaître (cf. tableau I)
que l'augmentation du rythme cardiaque est significativement
reliée à la diminution du VS digital ; autrement dit, à la
vasoconstriction périphérique. D'autre part, la variabilité du RG
est positivement reliée à la variabilité du VS. Il faut noter que
variabilité et réactivité sont corrélées sans atteindre cependant
des valeurs statistiquement significatives (au seuil de .05).
Tableau I
Intercorrélations entre variables physiologiques
(N ;= 42)
RC VS i1)
Score réact. Var. Var.
— .86** — .24 — .21 Score réact.
VS
.69** Var. .15
RC Var. .26
** p < .01.
(*) Par convention VS correspond à une augmentation du volume
sanguin (vasodilatation).
réàctivité attendue, compte tenu de x) et la note y réelle. C'est cet écart
qui donne une indication de l'importance de la réactivité.
Indice de réactivité = 50+10
L(l 480 MÉMOIRES ORIGINAUX
b) L'examen du tableau II (ligne du haut) montre que la
réactivité physiologique est d'autant plus grande que la distance
(estimée d'après le différentiateur sémantique) entre les deux
films est élevée. Cette liaison n'est cependant statistiquement
significative que pour l'indice : réactivité du RC.
II. — Correlations entre évaluations subjectives
DES RÉPONSES CARDIO-VASCULAIRES
ET INDICES OBJECTIFS DE RÉACTIVITÉ
a) Evaluations subjectives spontanées
Parmi les nombreuses réactions physiologiques1 rapportées
par les sujets dans chacune des deux situations-films, seules
celles qui portaient sur le rythme cardiaque et sur les réactions
vasomotrices ont été retenues.
Sur les cinquante sujets, treize ont énoncé une réponse au
moins de ce type pendant le film « circoncision » ; quatre ont
mentionné de telles réactions pendant la projection des deux
films et trente-trois n'ont pas signalé ce type de réponses. Parmi
ces trente-trois, nombreux sont ceux qui ont présenté d'autres
signes.
L'examen du tableau II (2e ligne) fait apparaître des corré
lations positives pour l'indice RC, entre le fait de rapporter
selon la modalité « spontanée » des réponses cardiaques, et le
fait d'avoir une réactivité physiologique élevée.
b) Evaluations subjectives d'après le questionnaire
L'examen de la troisième ligne du tableau II ne fait apparaître
par contre que des liaisons faibles et non significatives entre le
degré de réactivité « objective » et le nombre de réponses cardio-
vasculaires que le sujet admet avoir ressenti pendant le film-
stress. Les corrélations significatives pour une certaine modalité
d'estimation ne le sont pas pour l'autre.
1. La gamme des réponses rapportées par l'ensemble des sujets est
extrêmement variée. En ce qui concerne le film « circoncision » les réactions
rapportées ont été par ordre de fréquence : variations cardiaques (20),
oppression, modifications respiratoires (15), crispations, mouvements invo
lontaires, grimaces (12), tension musculaire (6), douleurs (4), gorge serrée (4),
nausées (3), fourmillements (3) ; érections (3), transpiration (3), dégluti
tions (2), rougeurs (2), sécheresse de la bouche (1). Il est intéressant de
noter la parenté de cette liste et du facteur d'anxiété somatique de notre
questionnaire. M. DE BONIS 481
Tableau II
Corrélations entre variables physiologiques
et réponses subjectives
(N = 50)
Variables physiologiques
RC VS
Réact. Var. Réact. Var.
.29* — — d = VSda .27 .16 .26
.38* — — « Spontanées » (B) .20 .28 .03
« te .2 E
«■s
— Questionnaire .19 .04 .08 .17
* p < .05
(x) Les corrélations calculées ont porté sur N = 42.
(2) II s'agit ici du coefficient de corrélation bisérial dont la signification
a été évaluée à partir de l'erreur type.
III. — Relations entre traits de personnalité
ET RÉPONSES SITUATIONNELLES
(« SUBJECTIVES » ET « OBJECTIVES »)
Un examen préalable (cf. tableau III) des corrélations entre
les scores de « défense » et d'anxiété fait apparaître des liaisons
positives relativement élevées, et statistiquement significatives
entre l'indice d'inhibition et les indices dits d'accommodation.
Ces différents indices entretiennent eux-mêmes des liaisons négat
ives statistiquement significatives avec l'anxiété-trait.
L'examen du tableau IV montre que les estimations des traits
de personnalité sont :
— très faiblement liées aux variables objectives. Ceci est vrai
pour les indices de défense comme pour ceux d'anxiété ;
— très liées à l'évaluation des situations et aux
rapports spontanés des réponses cardiaques ;

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