Évolution différentielle des éléments d'une représentation sociale : les apports de l'analyse de similitude - article ; n°3 ; vol.91, pg 397-417

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L'année psychologique - Année 1991 - Volume 91 - Numéro 3 - Pages 397-417
Résumé
Le problème de la transformation des représentations sociales fait depuis peu l'objet d'un modèle théorique. Les représentations y sont définies comme une structure cognitive composée de deux types d'éléments : les schèmes périphériques et le noyau central. Partant du postulat que c'est le noyau qui stabilise la représentation et, par ailleurs, invoquant le principe d'économie supposé régir la plupart des phénomènes cognitifs, le modèle prévoit que le changement de la structure atteint prioritairement la périphérie, le noyau étant l'êlement le plus résistant.
C'est cette hypothèse que se propose de tester la présente recherche. Après avoir décrit la structure interne de la représentation sociale d'une université auprès de ses étudiants (après avoir dégagé ses éléments périphériques et centaux), les auteurs analysent une année plus tard les modifications qu'elle a pu subir.
Mots clés : représentation sociale, éléments périphériques, noyau central, transformation d'une représentation sociale, analyse de similitude.
Summary : Differential evolution of the peripheral elements and central nucleus of a social representation.
The transformation of social representations has recently take place in a new theoretical framework where representations are characterized by two types of elements composing a cognitive structure : peripheral schemes and a central nucleus.
Starting with the assumption that representations are stabilized by a central nucleus, and given that cognitive phenomena are supposedly governed by an « economical principle », the model predicts that all changes in representational structure affect peripheral elements rather than the central nucleus. The present investigation tests this prediction. After describing the internal structure of a representation of one university given by students (after displaying peripheral and central elements), one year later, the authors analyse changes affecting social representations.
Key-words : social representation, central nucleus and peripheral elements, similitude analysis, social representation transformation.
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1991
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Youssef Aissani
Christine Bonardi
Évolution différentielle des éléments d'une représentation
sociale : les apports de l'analyse de similitude
In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°3. pp. 397-417.
Résumé
Le problème de la transformation des représentations sociales fait depuis peu l'objet d'un modèle théorique. Les représentations
y sont définies comme une structure cognitive composée de deux types d'éléments : les schèmes périphériques et le noyau
central. Partant du postulat que c'est le noyau qui stabilise la représentation et, par ailleurs, invoquant le principe d'économie
supposé régir la plupart des phénomènes cognitifs, le modèle prévoit que le changement de la structure atteint prioritairement la
périphérie, le noyau étant l'êlement le plus résistant.
C'est cette hypothèse que se propose de tester la présente recherche. Après avoir décrit la structure interne de la représentation
sociale d'une université auprès de ses étudiants (après avoir dégagé ses éléments périphériques et centaux), les auteurs
analysent une année plus tard les modifications qu'elle a pu subir.
Mots clés : représentation sociale, éléments périphériques, noyau central, transformation d'une représentation sociale, analyse
de similitude.
Abstract
Summary : Differential evolution of the peripheral elements and central nucleus of a social representation.
The transformation of social representations has recently take place in a new theoretical framework where representations are
characterized by two types of elements composing a cognitive structure : peripheral schemes and a central nucleus.
Starting with the assumption that representations are stabilized by a central nucleus, and given that cognitive phenomena are
supposedly governed by an « economical principle », the model predicts that all changes in representational structure affect
peripheral elements rather than the central nucleus. The present investigation tests this prediction. After describing the internal
structure of a representation of one university given by students (after displaying peripheral and central elements), one year later,
the authors analyse changes affecting social representations.
Key-words : social representation, central nucleus and peripheral elements, similitude analysis, social representation
transformation.
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Aissani Youssef, Bonardi Christine. Évolution différentielle des éléments d'une représentation sociale : les apports de l'analyse
de similitude. In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°3. pp. 397-417.
doi : 10.3406/psy.1991.29474
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1991_num_91_3_29474L'Année Psychologique, 1991, 91, 397-418
Personnalisation et changements sociaux
CNBS URA 259
Université Le Mirait Toulouse II1
ÉVOLUTION DIFFÉRENTIELLE DES ÉLÉMENTS
D'UNE REPRÉSENTATION SOCIALE :
LES APPORTS DE L'ANALYSE DE SIMILITUDE
par Youssef Aissani et Christine Bonardi
SUMMARY : Differential evolution of the peripheral elements and
central nucleus of a social representation.
The transformation of social representations has recently take place in a
new theoretical framework where are characterized by two
types of elements composing a cognitive structure : peripheral schemes
and a central nucleus.
Starting with the assumption that representations are stabilized by a
central nucleus, and given that cognitive phenomena are supposedly
governed by an « economical principle », the model predicts that all changes
in representational structure affect peripheral elements rather than the
central nucleus. The present investigation tests this prediction. After
describing the internal structure of a representation of one university given
by students (after displaying peripheral and central elements), one year
later, the authors analyse changes affecting social representations.
Key-words : social representation, central nucleus and peripheral
elements, similitude analysis, social representation transformation.
INTRODUCTION
En 1981 Di Giacomo faisait remarquer que le thème de la
transformation des représentations sociales était une question
ouverte. Celui qui, désireux d'explorer au moins ce champ
1. 5, allées A.-Machado, 31058 Toulouse Cedex. 398 Youssef Aissani et Christine Bonardi
nouveau, n'avait alors comme repère que deux études (d'ailleurs
plus descriptives qu'explicatives) :
La première, de Jodelet (1984), montre comment, en une
quinzaine d'années, la représentation sociale du corps est passée
d'une conception biologique, médicale — le corps comme orga
nisme — à une approche plus sensuelle — le corps lieu
de plaisir, comme objet de séduction. La seconde, menée par
Di Giacomo (1981) au cours d'une session résidentielle de sensi
bilisation aux phénomènes de groupe, met en évidence une
certaine réorganisation, à l'issue de la session, de la représentation
des phénomènes vécus par les sujets.
Ces deux auteurs n'ont pas abordé le problème des mécanismes
sous-jacents à l'évolution des représentations. Ainsi, s'agissant
de la représentation du corps, Jodelet évoque comme facteur
causal, sans l'approfondir, les « diffusions de nouvelles techniques
corporelles et de nouveaux modèles de pensée » ; Di Giacomo,
s'interrogeant sur l'évolution de la représentation des phéno
mènes vécus par le groupe conclut : « rien ne permet strictement
parlant d'(en) postuler l'origine ».
La situation a évolué depuis ; on doit à deux auteurs, Abric
et Flament, les premières tentatives d'élaboration d'un modèle
susceptible de donner lieu à « d'importantes implications du
point de vue de la stabilité et du changement des représentations
sociales » (Jodelet, 1989).
MODÈLE D'UNE DYNAMIQUE
DES REPRÉSENTATIONS SOCIALES
STRUCTURE INTERNE D'UNE REPRÉSENTATION SOCIALE
Abric et Flament considèrent la représentation sociale comme
une structure cognitive organisée autour d'éléments fortement
reliés entre eux, les autres apparaissant comme plus périphé
riques. Les premiers constituent le Noyau Central qui génère,
organise et stabilise la représentation (Abric et Vacherot, 1976 ;
Abric, 1984 ; Andriamifidisoa, 1978 ; Flament, 1981 a et 6, 1987,
1989; Singery-Bensaïd 1985; Moliner, 1988).
DYNAMIQUE DES REPRÉSENTATIONS SOCIALES
A cette distinction d'ordre structural entre éléments pér
iphériques et noyau central s'ajoute une distinction au niveau représentation sociale 399 La
de la résistance au changement. Le modèle envisage en effet
une stabilité plus grande pour le noyau central.
Ainsi, selon Flament (1987, 1989), la transformation d'une
représentation sociale s'inscrit d'abord au niveau de sa région
périphérique : « la périphérie de la représentation sert de zone
tampon entre une réalité qui la met en cause et un noyau central
qui ne doit pas changer facilement » (1989).
Par ailleurs, Abric (1989) apporte une preuve expérimentale
de l'inertie relative du noyau. Dans la première phase de sa
recherche, il décrit le contenu de la représentation de l'artisan
auprès d'une population d'étudiants qu'il soumet, dans un second
temps, à une épreuve de mémorisation (immédiate et différée)
d'une liste de 30 mots décrivant l'artisanat. Pour une moitié
de l'échantillon, cette liste contient cinq items constituant le
noyau central alors que pour l'autre moitié ces items ne sont
pas sollicités (seuls y figurent les mots périphériques). Chacun
de ces sous-groupes est encore divisé en deux sous-ensembles :
pour l'un l'expérimentateur fait remarquer que la liste a un
rapport avec l'artisanat (représentation sociale invoquée), pour
l'autre il ne fait pas référence à l'artisanat (représentation sociale
non invoquée). L'étude met ainsi en jeu quatre situations expé
rimentales.
— La première hypothèse prévoit que les items centraux sont
mieux mémorisés que les items périphériques.
— Selon la seconde, en situation de représentation sociale invo
quée, les sujets restituent des items centraux même si la liste
des 30 mots n'en contient pas.
L'expérience confirme les deux hypothèses. En outre, il
apparaît que la restitution des mots absents de la liste (en situa
tion de représentation sociale invoquée) est plus prononcée
pour les items centraux.
MODES DE TRANSFORMATION DES REPRÉSENTATIONS SOCIALES
Ces résultats stimulants témoignent de la pertinence du
principe d'évolution différentielle du noyau organisateur et des
éléments périphériques.
Dans l'expérience d'Abric, l'inertie de celui-là et l'instabilité
relative de ceux-ci se déduisent de l'examen des proportions de
mots restitués. Nous pouvons cependant imaginer un autre outil 400 Youssef Aissani et Christine Bonardi
susceptible de guider l'analyse des modalités de changement
des éléments d'une représentation.
Considérons pour cela la distinction introduite par Flament
(1987, 1989) et reprise par Moliner (1988), entre les dimensions
quantitative et qualitative des éléments cognitifs. Si la dimension renvoie à l'idée d'une importance — variable —
d'un élément cognitif, la seconde se rapporte au « statut » de
celui-ci dans la structure représentationnelle : l'élément considéré
appartient au noyau central ou à la périphérie.
Ces deux axes, on le devine, sont utiles pour décrire avec
précision le contenu d'une représentation. L'étude suivante illustre
bien leur intérêt. La représentation étudiée est celle du « groupe
idéal » (Moliner, 1988). Flament (1981 a) montre qu'elle s'organise
autour de deux éléments « fraternité des relations au sein du
groupe » et « absence de chef », d'autres aspects apparaissant
comme plus périphériques : « communauté d'opinions », « partage
par les membres du groupe d'un même objectif ». C'est là une
description qualitative.
Pour appréhender quantitativement ces éléments, Moliner
demande à ses sujets d'indiquer en pourcentage la probabilité
pour qu'un groupe idéal présente ces caractéristiques. On obtient
ainsi les résultats suivants : 85 % pour «relations fraternelles »,
75 % pour « absence de chef », 75 % pour « communauté d'opi
nions » et 62 % pour « partage d'un objectif commun ». Il est
intéressant ici de constater qu'un élément périphérique « commun
auté d'opinions » peut néanmoins avoir la même importance
qu'un autre plus central (« absence de chef »). L'analyse de la
représentation s'en trouve dès lors nuancée.
Nous pouvons maintenant envisager les différents cas de
figure de l'évolution d'une représentation sociale. En considérant
d'une part la localisation, centrale ou périphérique, du change
ment et d'autre part la place dans la structure de l'élément
cognitif en question, nous construisons le tableau suivant :
Place de l'élément de la représentation
Périphérique Centrale
Changement du statut Stabilité du statut
dans la structure dans la structure
Variation de la fréquencede la fréquence
d'apparition d'apparition La représentation sociale 401
Ainsi, s'agissant d'un élément périphérique, nous pouvons
concevoir sa transformation soit sous l'angle de sa fréquence
d'apparition (elle devient plus ou moins importante), soit sous
l'angle structural (il s'intègre au noyau central ou il évolue en
élément organisateur d'une autre représentation). Inversement,
nous comprendrons la stabilité du noyau central aussi bien du
point de vue de sa place dans la structure (il reste central) que
d'un point de vue quantitatif (il garde la même importance).
Nous disposons ainsi d'un modèle (« topographique » en
quelque sorte) qui n'est certes encore qu'une amorce, mais dont
les premiers résultats sont encourageants.
C'est dans cette perspective que nous rapportons ici les résul
tats d'une recherche dans laquelle poursuivons un double
objectif :
— vérifier que la « périphérie » d'une représentation sociale est
plus vulnérable au changement que son noyau central ;
— montrer que la prise en considération des éléments cognitifs
d'une représentation, aux plans de leur position (périphérique
ou centrale) dans la structure et de leur fréquence d'apparit
ion, est susceptible d'affiner l'analyse de l'évolution d'une
représentation sociale.
PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE
A l'origine de cette recherche, une demande : celle d'un prési
dent d'université soucieux de connaître « l'image » de l'établiss
ement auprès de ses usagers, parmi lesquels une population
d'étudiants.
Il s'agissait pour nous de mettre au jour le contenu et la struc
ture de cette représentation, de repérer le noyau central susceptible
de l'organiser, ainsi que ses aspects plus périphériques. L'enquête
fut réalisée en mars 1988. L'échantillon comprenait 100 étudiants.
Une série d'entretiens préliminaires avait permis de repérer dans
les discours tenus spontanément sur l'université, sept centres
d'intérêt : l'administration, l'architecture, l'environnement,
l'enseignement, les étudiants, les enseignants, le personnel et
l'université en général. Ils constituent l'ossature du questionnaire
définitif qui comporte donc sept rubriques composées chacune
de 12 items issus de l'analyse des entretiens exploratoires, soit 402 Youssef Aissani et Christine Bonardi
au total 84 items. En fait, l'architecture et l'environnement se
sont avérés comme constituant deux dimensions indépendantes
des autres. C'est pourquoi nous ne les avons pas retenues. Par
ailleurs, nous avons exclu tous les items dont l'effectif était
inférieur ou égal à 10 ; il ne restait ainsi que 47 items. Compte
tenu de l'objectif poursuivi, l'analyse de similitude est la méthode
de traitement des données qui nous a paru la plus appropriée.
Pour chaque rubrique, les sujets devaient choisir les trois
items les plus caractéristiques de l'université et rejeter les
les moins représentatifs.
Une année plus tard (mars 1989), informés des travaux de
Moliner (1988), nous avons entrepris d'étudier expérimentale
ment le rôle « stabilisant » du noyau central. Nous avons travaillé
sur la même représentation avec la même population étudiante
(91 étudiants) en utilisant le même questionnaire (les résultats
de cette expérience feront l'objet d'une publication).
Ainsi nous avions à notre disposition deux corpus comparab
les : le premier (mars 1988) sur un échantillon de 100 étudiants
et le second (mars 1989) avec 91 étudiants.
L'idée nous est venue alors d'utiliser ces données, saisies
à une année d'intervalle, pour y déceler les éléments d'une
évolution et entrer dans le débat d'une résistance différentielle
au changement. Une telle initiative pouvait toutefois comporter
un risque : il ne s'agissait pas des mêmes étudiants mais nous les
avons supposés équivalents puisqu'ils appartenaient à la même
UFR.
En accord avec l'hypothèse de résistance différentielle au
changement, nous nous attendions à ce que :
— d'un point de vue quantitatif, la variation d'éléments pér
iphériques de la représentation de l'université soit plus
importante que celle du noyau central ;
— et/ou, mais d'un point de vue qualitatif, des éléments péri
phériques puissent soit devenir un noyau organisateur d'une
autre représentation, par opposition au noyau central qui ne
doit pas évoluer en élément périphérique, soit évoluer dans le
sens de l'intégration dans le noyau central de la même repré
sentation en lui donnant alors une signification différente. La représentation sociale 403
MÉTHODOLOGIE : L'ANALYSE DE SIMILITUDE
L'analyse de similitude (Degenne et Vergés, 1973 ; Flament,
1981a et b) permet de mettre en relief les relations fortes entre éléments
d'un même ensemble et ainsi d'approcher une certaine organisation :
sa structure. Particulièrement adaptée à l'étude des représentations
sociales et d'utilisation pratique puisqu'il existe des logiciels, cette
technique a fait ses preuves plus d'une fois. Il n'est pas utile, dans le
cadre de cette contribution, d'en rappeler le soubassement mathémat
ique. On s'en tiendra donc à l'essentiel : d'abord quelques indications
générales sur les différents outils qu'elle offre, puis une description des
instruments susceptibles d'opérationaliser la notion de noyau central.
QUELQUES DÉFINITIONS GÉNÉRALES
L'indice de similitude : il permet d'évaluer l'intensité de la liaison
entre deux éléments. Les indices de similitude sont relativement nom
breux ; citons à titre d'exemple le coefficient de corrélation de Bravais-
Pearson.
La matrice de similitude : point de départ de l'analyse de similitude,
elle correspond à l'ensemble des valeurs de similitude obtenues pour tout
couple d'éléments.
L'arbre maximum : il traduit un « ensemble minimum de relations
qui d'un certain point de vue sont les plus importantes » (Degenne, 1985).
On le présente sous la forme d'un graphe arborescent sans cycle.
si s2
s3 s4 s5
D
Fig. 1
A, B, C, D, E, F ou sommets de l'arbre, sont les éléments cognitifs
de l'ensemble ; si, s2, s3, s4, s5 sont les valeurs que prend l'indice de
similitude entre chaque sommet. Les liaisons entre les sommets cor
respondent aux arêtes de l'arbre (A est en relation avec B). L'arbre
maximum permet ainsi de situer chaque élément dans son contexte
sémantique (défini par le sous-ensemble d'éléments qui lui sont reliés)
et de surcroît de distinguer des blocs homogènes.
Le filtrant des cliques : la clique (BCD) forme une clique maximale
si elle est le plus grand ensemble d'éléments ayant la propriété d'être 404 Youssef Aissani et Christine Bonardi
reliés deux à deux au seuil S' considéré comme pertinent par le chercheur.
Ainsi, si F est tel que BCDF soient reliés deux à deux au seuil S', la
clique (BCD) ne forme plus une clique maximale.
Le filtrant des cliques désigne l'ensemble des cliques maximales
qui s'incluent les unes dans les autres au fur et à mesure de la décrois
sance du seuil.
L'intérêt du filtrant est de faire apparaître certaines informations
manquantes sur l'arbre, exemple : la liaison C — D peut avoir une
importance, mais elle n'est pas indiquée sur l'arbre, elle est en revanche
visible dans la clique (BCD).
OPÉRATIONALISATION DE LA NOTION DE NOYAU CENTRAL
Deux « dérivés » instrumentaux de l'analyse de similitude ont été
proposés pour permettre le repérage du noyau central. Il s'agit de la
position centrale sur l'arbre (ex. : B, plus central que A, peut suggérer
l'existence d'un noyau organisateur) et des cliques à trois éléments au
moins (sur le filtrant des cliques, elles doivent apparaître à un seuil de
similitude élevé).
RÉSULTATS
Avant même de discuter des hypothèses, nous dégagerons les
aspects généraux de la représentation du campus aux deux temps
considérés.
ASPECTS GÉNÉRAUX DE LA REPRÉSENTATION EN MARS 1988
Considérons l'arbre maximum Al (fig. 2). Nous y remarquons
d'emblée certaines associations d'items incohérentes. Par exemple,
on interprète mal le lien entre une « administration compliquée »
et des « enseignants compétents », de même pour « enseignants
coopératifs » et « université = chômage ». Pour autant ces
aberrations locales n'enlèvent rien à l'intérêt de l'arbre. En
effet, nous pouvons y isoler des blocs d'items homogènes (ci
rconscrits sur l'arbre) notés El, E2, E3, E4. L'ensemble constitué
de El et E2 réunit 20 items à valence positive.
Plus précisément deux espaces sémantiques s'affirment assez
nettement : le premier renvoie à un aspect agréable et convivial
de l'université. Ainsi le personnel administratif est jugé dispo
nible, accueillant, serviable et informé ; les enseignants sont représentation sociale 405 La
C. «dapti
-4— fl. accutilUntt B. diipanibU — 0. actualU — CD. chtrchtnrt 0. ptta d'attraction
B. sarviabla 0. Bayannunint intvaational El
Cil. npnpai fcjP. politifèf — — CD. dicantracti*
En. coopâratUf
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-ETD. préoccupé« d'uni qualification prof actionnant
S. découragaanta COTniotanti
Légende : fl. - Rdminlttrntlon
E. - Enseignement
EN. • Enseignants
ETU. -Etudiants
U. - Unluerjlté
Fig. 2. — Arbre Al : aspects généraux
de la représentation en mars 1988
General aspects of representation in March 1988
perçus comme sympathiques et familiers. C'est un climat de
liberté que l'on apprécie : l'enseignement tolérant, la liberté
d'expression, l'esprit critique des étudiants, leur autonomie aussi.
En un mot, l'université est un « pôle attractif ». Le second champ
de signification a trait plutôt à des valeurs plus académiques.
Outre le fait qu'elle apparaisse comme actuelle, l'institution
rayonne sur le plan international. En particulier son corps
W-50D3- SoSS . AMA_ Aju Al _ 6/1 _ / (? f

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