Façades vénitiennes à perspective verticale - article ; n°3 ; vol.23, pg 586-594

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Annales. Économies, Sociétés, Civilisations - Année 1968 - Volume 23 - Numéro 3 - Pages 586-594
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1968
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Julian Gallego
Façades vénitiennes à perspective verticale
In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 23e année, N. 3, 1968. pp. 586-594.
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Gallego Julian. Façades vénitiennes à perspective verticale. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 23e année, N. 3,
1968. pp. 586-594.
doi : 10.3406/ahess.1968.421936
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1968_num_23_3_421936TRAVAUX EN COURS
Façades vénitiennes
à perspective verticale
Les historiens d'art présentent d'habitude les façades de quelques
églises vénitiennes de la fin du xvne siècle comme une dégénérescence
des façades classiques, une prolifération vicieuse des ornements au
mépris de la logique des lignes, une orgie gratuite et de mauvais goût.
Mais si nous contemplions attentivement les façades pittoresques et
grandiloquentes de San Moisé, de POspedaletto, de Santa Maria
Zobénigo, les plus blâmées de Venise, nous pourrons trouver cette con
damnation trop sévère et même injuste. Il est vrai que ces façades n'ont
pas une valeur tectonique ; mais il faut aussi confesser que l'idée et le
mot de « façade » sont déjà anti constructifs et que sobriété ne veut pas
dire nécessité. Nous croyons, au xxe siècle, que la façade doit découvrir
ce qu'elle cache ; mais cette idée n'était pas aussi évidente à certaines
époques et, même en l'acceptant, on doit laisser à la façade (c'est-à-dire,
à son architecte) la possibilité de s'exprimer selon ses moyens. On ne
saurait exiger d'une église vénitienne, à l'intérieur vaste et harmonieux,
mais extérieurement coincée par des canaux, culs-de-sac, maisonnettes
et cours, la même logique extérieure qu'à une église située dans un
large terrain plat de la terre ferme. La luxuriance dans l'ornementation
pourrait, dans cette dernière, être gratuite ; à Venise elle répond au
besoin de donner, dans un petit espace difficilement visible, un avant-
goût de la pompe et de l'ambiance intérieures. Il faut, d'ailleurs, recon
naître que la plus belle façade, celle qui donne de l'intérieur qu'elle pro
tège la plus claire des explications (par exemple, celle de Notre-Dame
de Paris) n'est pas d'une nécessité constructive absolue, et que des
façades aveugles (parce qu'inachevées) comme celles de San Lorenzo à
Florence ou San Giovanni Nuovo dans la même Venise, remplissent à
souhait leur rôle de fermeture et d'accès. Si nous acceptons, cependant,
que la façade de Notre-Dame est non seulement convenable, mais
encore nécessaire en nous fournissant la clé de la distribution interne
et en nous annonçant que, derrière elle, il y a une cathédrale catho
lique, ne devrons accuser les façades vénitiennes en cause que de
manque de logique religieuse, mais non architecturale : c'est-à-dire,
686 — Ospedaletto. Venise. — Ospedaletto. Venise. — Ospedaletto. Venise. 7 í -jM *
Venise. — San Moisé. — San Moisé. Venise. ■
— San Moisé. Venise. — Scalzi. Venise. — Santa Maria Zobénigo. Venise.

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