Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 479-498

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 479-498
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions
et illusions
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 479-498.
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 479-
498.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6279EN PERCEPTION 479" SENSATION
Ils ont étudié cette fois le rôle de lumières monochromatiques
diverses agissant à la périphérie de la rétine, et servant pour la
mesure de la sensibilité différentielle fovéale. Avec une faible lumière
périphérique, il y a encore abaissement du seuil, mais suivi d'une
élévation quand l'intensité lumineuse est augmentée.
Toutefois, dans l'action de l'extrémité rouge du spectre l'abaiss
ement initial du seuil est beaucoup moindre que dans celle de l'extré
mité bleue. Les auteurs pensent à la possibilité d'actions réflexes
provenant de l'excitation des bâtonnets.
Mais quel est le rôle de la pupille ? H. P.
K. VOGELSANG. — Ueber das foveale Purkinjesche Phänomen
{Sur le phénomène de Purkinje dans la fovea). — CGVII, 1, 1926,
117-124.
Comparaison, pendant l'adaptation à l'obscurité, dans la vision
fovéale, d'un champ de 0°4 de largeur et de 1° de hauteur, des modif
ications de la clarté de deux lumières colorées, un rouge s'étendant
depuis la partie à longueurs d'onde les plus longues du spectre jusqu'à
703 fin, et un bleu confus entre 703 h|j. et 530 \l\l. Augmentation plus
forte de la clarté en lumière bleue. Existence d'un phénomène fovéal
de Purkinje. P. B.
c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire.
Perceptions et Illusions.
FRANZ BRUNO HOFMANN. — Die Lehre vom Raumsinn des
Auges. — In-8 de 667 p. Berlin, Springer, 1925.
Cet ouvrage constitue le 13e chapitre du Handbuch der gesamten
Augenheilkunde. L'auteur, professeur à l'Université de Marbourg, a
apporté une mise au point très complète des données relatives au
sens spatial oculaire.
La première partie est consacrée à la localisation dans le champ
visuel, en surface, avec examen de phénomènes d'irradiation, du
pouvoir séparateur de la rétine, des seuils absolus et relatifs dans les
appréciations de grandeurs, de directions et d'ouvertures angulaires,
de processus de perception des formes, — avec développements
étendus consacrés aux illusions optico-géométriques — , du phéno
mène de remplissement apparent de la tache aveugle .
Dans la deuxième partie est envisagée spécialement la vision bino
culaire : la correspondance des deux rétines, l'horoptère, l'individual
ité des impressions de chaque œil, les mouvements des yeux, la loca
lisation en direction et en profondeur.
Un chapitre particulier est consacré à la vision des mouvements
et à la théorie de la Gestalt, et un dernier chapitre au sens optique
de l'espace en général.
Une bibliographie de près de quinze cents travaux utilisés pour la
plupart par l'auteur complète cette excellente monographie, un peu
compacte évidemment, mais solidement documentée et bien au
courant de l'état actuel de la science, sur laquelle on peut utilement
s'appuyer. H. P. 480 , ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ANDRÉ STROHL. — Au sujet de l'appréciation de la grandeur des
objets. — B. B., XCIII, 1925, p. 76-77.
On sait que la grandeur évaluée des objets dépend de la relation
■entre la distance apparente et la grandeur de l'image. C'est ainsi
(expérience de Smith, citée par Helmholtz) qu'un pain à cacheter
au foyer d'une lentille convergente paraît s'agrandir quand on
«'éloigne malgré la constance de grandeur angulaire de l'image. Une
illusion analogue est décrite par Strohl : l'image réelle d'un objet
donnée par une lentille est plus grande en observation
directe qu'observée sur un écran, bien que la grandeur angulaire soit
constante, parce que, dans l'observation directe, on situe l'image
au niveau de la lentille et non à son emplacement réel, donc plus
loin, d'où l'agrandissement apparent. Si par mouvement de la tête
on localise exactement l'image directe, l'agrandissement apparent
cesse aussitôt. H. P.
GEORG KATONA. — Experimente über die Grössenkonstanz.
Ansätze zu einer Analyse der Gesichtswahrnehmung {Expériences
sur la constance de grandeur. Contribution à l'analyse de la perception
visuelle). — Z. für Ps., 97, 1925, p. 215-251.
Un objet ne nous paraît avoir, ni les dimensions qui correspondent
à son éloignement et à son image sur notre rétine, ni ses dimensions
absolues. Par quoi est déterminée sa grandeur apparente ? Elle est
liée : 1° aux « éléments reproductifs », aux souvenirs et connaissances
qui viennent s'ajouter à l'impression du moment ; 2° aux éléments
de l'ensemble perceptif qui ont exercé sur nous une action dominante,
c'est-à-dire à l'ordre et à la disposition de ces éléments, à la structure
de l'ensemble, objectivement donnée ou modifiée par notre réaction
d'attention. La structure est définie : ce que nous pouvons indiquer
comme ayant été perçu. Elle est régie par la loi de l'unité de la per
ception dans l'instant qui s'énonce comme suit : le fragment de
perception qui correspond à une excitation n'est pas conditionné
seulement par cette excitation, mais par toutes celles qui concourent
à la même perception.
Arrivé là, l'auteur se demande s'il a apporté assez de preuves en.
faveur de ses thèses. Rassurons-le. Bien que la démonstration ne
tienne que 37 pages (brièveté dont il s'excuse), elles ne seront contes
tées par personne, pas même par M. de La Palisse. I. M.
ERNA SCHUR. — Mondtäuschung und Sehgrössenkonstanz
(L'agrandissement de la lune à l'horizon et la constance de la gran
deur apparente). — Ps. For., VII, 1, 2, 1925, p. 44-80.
Depuis 2.000 ans, l'agrandissement apparent de la lune à l'horizon
a attiré la curiosité des chercheurs. Si l'on n'a pas encore d'explication
4u phénomène, on a pu se rendre compte cependant de l'inanité des
explications physiques. Le fait est d'ordre physiologique. La présente
expérience, entreprise sous la direction de Köhler, est d'abord sortie
de la théorie de Zoth, qui rattache le fait à un effort de convergence
par lequel l'œil compense la divergence naturelle qui résulte méca
niquement de l'élévation du regard. Si la thèse est exacte, l'illusioa
doit se produire pour tout objet qui est vu, sous un angle visue ET PERCEPTION" 481 SENSATION
constant, dans les deux directions horizontale et verticale du regard.
Des essais préliminaires ont montré qu'elle ne commence à se faire
sentir qu'à partir d'un certain éloignement de l'objet. Il a donc fallu
réaliser les expériences dans de grands bâtiments (théâtre, église,
hangar aéronautique). Une forte lampe permet de projeter dans deux
directions rectangulaires l'image de cercles, qu'on observera alte
rnativement, tantôt sur un mur droit devant soi, tantôt au plafond,
en levant la tête et les yeux. L'expérience a lieu dans l'obscurité : les
deux surfaces de projection étant à la même distance de l'observateur
et l'un des cercles étant de grandeur constante, on fait varier l'autre
jusqu'à ce qu'il paraisse égal au premier. Dans ces conditions on
reproduit facilement l'illusion astronomique. L'agrandissement
apparent du cercle inférieur dépend de la distance. Ainsi, pour un-
angle visuel de 1°18 (donc pour une même image rétinienne), l'agran
dissement apparent du cercle inférieur passe de 13 % à 3 mètres de
distance, à 50 % à 33 mètres. L'agrandissement est d'abord rapide,
puis de plus en plus lent en fonction de la distance : on peut penser
que pour une distance de 100 mètres on atteindrait le maximum,
qui serait en rapport avec l'illusion astronomique (la lune paraît aur
moins agrandie dans la proportion de 1 à 2,5). Le phénomène célèbre
de la lune n'est donc qu'un cas particulier d'un fait très général. Il
devient possible d'en étudier de nouvelles formes : ainsi, si l'un des
cercles est vu droit devant soi et l'autre, à la même distance, au-
dessous de soi, c'est ce dernier qui paraît agrandi par rapport à l'autre.
Faut-il faire intervenir, pour expliquer l'illusion, l'impression de
l'éloignement de l'objet, comme le veut une théorie qui admet que
la voûte céleste nous paraît surbaissée, et le zénith plus rapproché
que l'horizon ? En fait l'astre (ou le cercle qui la remplace) parait le
plus souvent plus près à l'horizon, tout en paraissant plus gros, les
apparences se renversent quand la salle est éclairée, sans que l'illusion
de grandeur soit sensiblement modifiée. Il faut écarter aussi la
théorie qui fait jouer un rôle à la perception des objets environnants ;
on verra plus loin que ce facteur joue un rôle secondaire, mais il
n'intervient pas dans les expériences précédentes où il n'y a d'autres
objets visibles que les deux cercles. Au contraire, la théorie de Zoth
paraît recevoir une certaine confirmation ; d'autres faits vont mont
rer son insuffisance.
Au lieu de cercles vus sous un angle visuel sensiblement constant,
on fait varier la forme et la grandeur projetées. On trouve que l'ill
usion augmente beaucoup avec la grandeur absolue des figures, pour
une distance constante : cependant le degré de convergence des yeux
n'a pas changé.
Quelle est l'influence des objets environnants ? Zoth s'est servi pour
les éliminer de verres fumés qui ne laissent voir que l'objet lumineux ;
dans ces conditions il y a légère diminution de grandeur apparente,
mais indépendante de la direction du regard ; elle a donc pour cause
le verre et ne joue aucun rôle dans l'illusion étudiée. De même la
présence des objets voisins, quels qu'ils soient, tend toujours à faire
paraître le cercle lumineux plus gros, mais la grandeur de l'illusion
n'approche pas de celle qu'on obtenait dans les expériences rapportées
plus haut. En dehors d'objets de forme définie, il y aussi une action
l'année psychologique, xxvi. 31 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 482
des objets ou fonds sur lequel la figure se détache : pour que l'illusion
se produise, il faut que la figure paraisse appliquée sur le fond qui la
limite et non séparée de lui par une distance appréciable, auquel cas
l'illusion est très réduite ou même supprimée.
Est-ce la direction du regard qui joue le rôle décisif ? En observant
la lune (ou le cercle) dans des miroirs ou prismes, à une distance assez
grande, de telle sorte que les rayons lumineux soient déviés de 180°
à 90°, les faits sont complexes. L'image de la lune au zénith, vue d'en
haut dans un miroir, n'est pas modifiée ; celle de la lune à l'horizon,
vue d'en bas, est au contraire rapetissée plus fortement que dans
l'illusion ordinaire. Il y a ici combinaison de deux effets : la vision
dans le miroir rapetisse toujours : cet effet dans le second cas s'ajoute
à celui de la direction du regard, dans l'autre il le compense. La
théorie a d'ailleurs pour elle le fait connu qu'on obtient une modifica
tion de grandeur de l'image consécutive en changeant la direction du
regard.
Peut-on attribuer directement un rôle aux mouvements des yeux ?
A partir de l'horizontale, si la tête est immobile, l'œil peut s'élever
au maximum de 43°. Or, on constate que dans ces limites l'illusion est
encore peu marquée. Il en est de même quand, en baissant la tête, on
relève les yeux : la lune à l'horizon ne paraît pas sensiblement dimi
nuée, pas plus que la lune au zénith ne agrandie
quand l'observateur est couché sur le dos : elle paraît même plus
petite que quand, dans cette position, il incline la tète en arrière pour
la voir à l'horizon derrière lui.
Le principe qui explique l'illusion astronomique est sans doute
celui-ci : La loi de la constance de la grandeur apparente des objets —
qui n'est pas absolue, tant s'en faut — est moins valable en distance
verticale qu'en distance horizontale. C'est ce qu'on peut vérifier
directement par des expériences dans lesquelles on compare la dé
croissance apparente d'un cercle qui s'éloigne de l'observateur, soit
en direction horizontale soit en direction verticale. Par exemple : un
cercle fixe étant à 4 mètres en distance horizontale, on cherche quel
doit être le diamètre d'un cercle placé à des distances croissantes
pour qu'il paraisse égal au premier : puis on répète la même épreuve
en hauteur. Le diamètre augmente moins vite dans le premier cas
que dans le second (il d'ailleurs beaucoup moins dans les
deux cas que ne l'exigerait la grandeur de l'angle visuel) ; en d'autres
termes, la correction qui se traduit dans notre perception par la quasi
constance des objets, est beaucoup moins complète dans une direction
de l'espace que dans l'autre. P. G.
AL. GATTI. — Nuove ricerche sopra l'apprezzamento del centro
nelle figure piane geometriche {Nouvelles recherches sur l'apprécia
tion du centre de figures planes géométriques). — r Contributi del
Labor, di Psic. e Biol. (Univ. del Sacro Cuore, Milano), I, 1925,
. p. 67-112.
Soit à indiquer le centre d'un triangle equilateral, point equidistant
des trois sommets et des points médians des trois côtés ; le point
désigné, le centre subjectif, diffère du centre réel d'une certaine lon
gueur : le subjectif est placé trop haut, généralement sur la SENSATION ET PERCEPT1O1N 483
médiane verticale, parfois un peu décalé sur la droite, jamais sur la
gauche. Et l'erreur relative est sensiblement constante (rapport du
déplacement à la longueur du côté du triangle). Voici les grandeurs
du subjectif du centre pour dix triangles :
Longueur du côté(mm). 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Erreur moyenne (mm). 0,27 0,86 1,07 1,50 2,15 2,56 2,70 3,15 3,734,17
Erreur relative % 2,7 4,3 3,57 3,75 4,30 4, i'8 3,86 3,94 4,154,17
Avec des hexagones, dont le côté varie de 10 à 50 millimètres, la
même constance de l'erreur relative se remarque (valeurs °/0 de
1,65 ; 2,25 ; 1,95 ; 1,24 ; 1,97) avec l'hexagone présenté sur deux
faces horizontales. Mais si les deux faces sont verticales, l'erreur est
plus grande, surtout pour les hexagones plus petits (valeurs ° /0 de
3,35 ; 3,0 ; 2,53 ; 2,28 ; 1,83).
En cherchant le centre en remontant, au lieu de le chercher en
descendant, on commet des erreurs plus fortes et qui diminuent
moins vite, en valeur absolue et en valeur relative quand l'hexagone
grandit. En fait, suivant les constructions imaginées pour repérer le
centre subjectif, on est sujet à des illusions différentes, comme le
montre la figure ci-jointe. Le centre paraît trop haut quand on le
joint au sommet inférieur et le subjectif sera descendu dans
l'octogone de gauche, il paraît trop bas quand on le joint au sommet
supérieur, et le centre subjectif sera remonté dans l'octogone de
droite.
L'appréciation du centre dépend de la forme construite par l'esprit.
Dans la désignation du centre des carrés, l'erreur relative est
encore constante (valeur % de 1,58 ; 1,91 ; 2,02 ; 2,23 ; 2,05 ; 2,13 ;
2,10 ; 2,17 pour 8 carrés de 30 à 100 millimètres de côté), le centre
subjectif fondé sur la construction d'une croix étant déplacé vers le
haut, en rapport avec l'illusion connue.
Pour les losanges, les cercles, la direction de l'erreur est variable,
il n'y a plus d'erreur constante sous l'influence d'une construction
déterminée sujette à un certain type d'illusion. H. P.
HUBERT HILDEBPvANDT. — Experimentelle Untersuchungen
zur Psychologie und Psychotechnik des Visiervorgangs {Recherches
expérimentales sur la psychologie et la psychotechnique de la visée).
— Z. fur Sin., LVI, 2-3, 1925, p. 154-170.
L'auteur a analysé les impressions visuelles résultant de la super- 484 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
position recherchée d'un objet à un autre, constatant, en dehors de
diplopies par astigmatisme, des déformations de contours, explicables,
en partie, par la tendance à constituer avec les deux objets une
perception unifiée symétrique. H. P.
WILLIAM M. ROBBINS. — An explanation of Diplopia {Une expli
cation de la diplopie). — Am. J. of Ph. Opt., VI, 4, 1925, p. 514-520.
Si l'on provoque, avec le doigt déplaçant l'axe d'un œil, -un stra
bisme artificiel, on perçoit les images en double. Or, si l'on voit,
juxtaposées, deux images d'un objet, c'est que les projections de
l'image visuelle de l'objet par chaqueceil ne coïncident pas. Or, en vertu
de la loi d'après laquelle un objet est projeté dans la direction des
rayons abordant l'œil en venant de cet objet, malgré la déviation
d'un des yeux, ces projections devraient coïncider. A quoi donc est due
la diplopie ? D'après l'auteur, la loi de projection reste effectivement
valable de façon absolue, mais, dans l'estimation visuelle de direction,
la fovéa sert de point de référence, sorte de pôle nord visuel. Or,
dans la déviation d'un œil, les références par rapport à la fovéa ne
s'accordent plus ; l'impression de direction venant de l'œil fixateur
est acceptée comme exacte, et celle — due à la loi de projection —
venant de l'œil dévié est considérée comme fausse et corrigée.
H. P.
K. LEWIN et K. SAKUMA. — Die Sehrichtung monokularer und
binokularer Objekte bei Bewegung und das Zustandekommen des
Tiefeneffektes (La direction apparente des objets en vision monocul
aire et binoculaire dans le mouvement du regard et V apparition du
relief). — Ps. For., VI, 3-4, p. 298-357.
Dans l'haploscope de Hering, présentons à l'œil gauche trois points
noirs disposés verticalement l'un au-dessous de l'autre, et à l'œil
droit la même image à laquelle manque le point médian. On verra
une image résultante en partie binoculaire, en partie monoculaire.
Déplaçons assez brusquement le bras gauche vers la droite. Le fait
essentiel est que le point monoculaire mv paraît se déplacer, dans le
sens du mouvement objectif par rapport aux points binoculaires bb.
Ce déplacement sera plus apparent si nous avons tracé sur l'image
présentée à l'œil droit une échelle mi formée d'une série de petits
traits verticaux permettant de repérer la place du point mobile.
Dans une troisième phase le point mv se trouve de nouveau ramené
sur la ligne b.b. (fig. 1).
L'expérience ainsi présentée est compliquée par des phénomènes de
liaison, auxquels est consacrée toute la première partie du travail
de Lewin et Sakuma. La figure binoculaire et l'échelle mrsont couplées,
de sorte qu'il n'y a pas entre elles de mouvement relatif. Pour ana
lyser les faits, commençons par étudier un cas où ces liaisons n'existent
pas ou sont réduites au minimum. Voici l'expérience fondamentale :
La figure de gauche est réduite à deux points ; de même pour celle
de droite, le point supérieur de la seconde étant à la hauteur du
point inférieur de la première. On voit don« trois points superposés :
celui du milieu (b) est binoculaire, les deux autres (mi, mv) sont
monoculaires. Par le mouvement du bras gauche de l'appareil, b se SENSATION ET PERCEPTION 485
trouve porté un peu à droite, mv deux fois plus loin dans la même
direction (phase 2). Dans la troisième phase mv rétrograde et mi
avance, les trois points sont de nouveaux superposés, mais l'ensemble,
p^P rapport à la phase l, paraît décalé à droite d'une distance égale à
«elle que b a parcourue (fig. 2).
b# b.
mvo mi it | li
b, b.
9 d
mv o
ffig.2, b« *>•
mi o
-2-1012 -2-1012 -2-1012 -240tt2 -2-1012
•il!
Fig.3.
t
-2-1012 -«012 -2-1012 -2-1012 2-tOt2
a d 1 2 3
101 101
jfib,
i R9.fr.
Pour interpréter ces faits supposons la rétine divisée par des
ordonnées positives à droite de la fovéa et négatives à gauche.
D'autres ordonnées (céphaliques) exprimeront l'orientation du
regard par rapport à la tête. Si l'on représente d'abord séparément
les directions du point pour chacun des yeux, il est facile de voir
qu'au stade 2, avant le mouvement de l'œil gauche, les points ont
l'ordonnée 2 pour cet œil et 0 pour l'œil droit. Dans le champ binocul
aire, les points monoculaires auront donc pour ordonnées respectives
0 et 2. Quant au double point b, s'il continue à être vu simple, sa
direction sera intermédiaire entre celle de ses deux directions monoc
ulaires, c'est-à-dire 1. Au stade 3 l'œil gauche a suivi le mouvement
des points et les fixe de nouveau (ordonnée 0) ; mais par suite de ce
mouvement cette direction correspond à l'ordonnée 2 de Pœil par
rapport à la tête. Si le point b continue à être vu simple, il aura donc
4ans le champ binoculaire l'ordonnée céphalique 1. Pour que les 486 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
trois points paraissent de nouveau superposés, il faut donc que mi
fasse un mouvement apparent vers la droite et que mv rétrograde
d'autant vers la gauche.
On vérifie donc les lois suivantes : *
1° Les images monoculaires m quant à leur direction dans l'espace
se comportent comme si l'autre œil était excité en des points iden
tiques.
2° Les images binoculaires qui sont vues simples, mais ne se
forment pas sur des points identiques, sont vues dans des directions
intermédiaires entre les directions monoculaires correspondantes.
Ces lois ne sont valables que dans le cas — exceptionnel — où il
n'existe pas de liaisons dues à des facteurs formels, (résistance propre
de certaines figures à la déformation, influence de la proximité, etc.).
Ces faits sont longuement étudiés, mais il nous est impossible ici d'en
reproduire le détail. Revenons donc à l'expérience fondamentale et à
son interprétation physiologique (flg. 3). Si, à la phase 2, le point
b est vu simple avec l'ordonnée 1 , bien qu'il ait les ordonnées mo
noculaires 0 et 2, il faut que l'excitation centrale qui vient de l'œil,
droit soit entraînée d'une certaine quantité vers la droite, tandis que
celle de l'œil gauche est inhibée dans son mouvement de la même
quantité. On peut dire aussi, en laissant les points b sur leurs ordonnées
respectives, que celles-ci s'infléchissent localement l'une vers l'autre
jusqu'à l'ordonnée 1. Cette courbure est l'expression de tensions réelles
engendrées par le maintien de la vision simple avec des points dispa
rates. La vue simple des points 6 dans les phases 1 et 3 est un fait
statique ; dans la phase 2, c'est un fait dynamique. Ce sont ces ten
sions qui provoquent un mouvement réel de l'œil, tel qu'il mette fin
à la tension (phase 3).
Dans l'hypothèse de la fixité des zones rétiniennes dans le champ
central, on ne comprend pas l'absence d'effet de relief la phase 2,
puisqu'il y a disparation transversale. Il n'y a pas un fait de percep
tion de profondeur relative des points m et des points b. Au contraire,
il y aurait un effet de relief si nous présentions aux deux yeux, dans
une expérience statique, des figures dont certaines parties tombent sur
des points identiques (les points &x et b2 sur les ordonnées 0), tandis
qu'une ligne ba répond aux ordonnées — 1 de l'œil gauche et + 1 de
l'œil droit (flg. 4). Elle va paraître médiane (courbures opposées des
ordonnées — 1 et + 1), mais en arrière de bx b2. Ici un mouvement
des yeux pour supprimer ces tensions est impossible, à cause des
autres points binoculaires bx b2 qui exercent une action en sens con
traire. On peut donc dire que, pour qu'il y ait relief, il faut qu'il y ait
des courbures opposées des ordonnées représentatives d'un même œil,
ou encore que l'effet de relief se produit quand il y a des déplacements
des zones qui ne peuvent faire disparaître les tensions par un passage
à un système moteur stable. Il y aura mouvement des yeux ou per
ception du relief, suivant que la déformation des zones rétiniennes
dans le champ central a lieu dans une même direction ou dans des
directions opposées. La force qui courbe les zones rétiniennes est 1»
tendance à la vision simple d'images égales ou semblables. Les ten
sions locales disparaissent soit par le mouvement des yeux (les forces
de fusion l'emportent) — par la vision de doubles images (les SENSATION ET PEHCEPTION 487
forces de fusion sont plus faibles que les tensions nécessaires pour la
courbure). Enfin, quand les courbures opposées se font équilibre, il y
a perception d'un relief. P. G.
H. HILDEBRANDT, ->- Experimentelle Untersuchungen ueber das
Sehen bei nichtoptimaler Akkommodation (Recherches expériment
ales sur la vision dans l'accommodation non-optimale). — Ps. For.,
VI, 1-2, p. 113-120.
Deux objets, a éloigné et b rapproché, sont présentés dans la
même direction. Le diamètre de l'image rétinienne de a est un peu
plus petit que celui de l'image de b. On fixe a. Dans ces conditions il
y a déformation apparente réciproque des deux objets au moment
où on amène b sur la ligne qui joint l'œil à a. Par exemple un cercle a
se creuse devant la pointe d'un triangle b ou prend une forme ellip
tique : la pointe de b s'émousse. Un cercle b (vu en cercles de diffu
sion) cesse sous l'influence de a de présenter une teinte dégradée
vers la périphérie, mais devient homogène. Les déformations dé
pendent de facteurs formels ; l'ensemble tend vers l'unification et
vers la symétrie. Elles ne sont pas explicables par des causes optiques,
par exemple par le fait que. le deuxième objet formerait écran pour
une partie du rayonnement de l'autre ; car elles sont quelquefois de
sens contraire à ce qu'exigerait cette hypothèse. Si on donne des
deux objets une image formée par une lentille et reçue sur un verre
dépoli, en plaçant les objets à des distances telles que l'image du plus
rapproché soit très floue, on voit encore les mêmes déformations.
Elles disparaissent au contraire dès qu'on masque l'image de b. au
moyen d'un écran interposé entre l'observateur et le verre dépoli
(ce qui exclut les explications optiques). P. G.
R.-E. WÄGER. — Fixation- Accomodation rater as factors in rea
ding (Rapidité de fixation et accommodation dans la lecture). ■ —
J. of ed. Ps., XV, 9, 1924, p. 579-587.
L'auteur a étudié le rapport entre la rapidité de lecture et la durée
d'accommodation mesurée à l'aide d'un dispositif spécial, permettant
l'inscription graphique des réactions verbales du sujet.
Il à constaté que les individus qui lisaient vite étaient aussi ceux
pour lesquels on trouvait une durée de fixation brève. Cette durée a
varié de 3,8 cinquièmes de seconde chez un sujet rapide à 6 cin
quièmes de seconde chez un sujet lent.
Parmi les facteurs qui déterminent la rapidité de la lecture il y a
donc lieu de placer la durée de fixation, et d'accorder un rôle tout
spécial à l'élément neuro -musculaire de ce processus de fixation et
d'accommodation.
La rapidité de lecture serait donc, dans une certaine mesure, déter
minée physiologiquement. A. B. F.
A. POLACK. — Le Chromatisme de l'œil dans la vision et la Pein
ture, son rôle dans la perspective aérienne. — B. I. P., XXV, 1-3,
1925, p. 92-102.
Le chromatisme de l'œil dont le degré est considérable semble
constant chez un individu, cependant ses effets seront d'autant plus

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