Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 619-631

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 619-631
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions
et illusions.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 619-631.
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 619-
631.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6371M0T1UC1TÉ 0CUL41BE 619" VISION.
qui se déplace, assurant une constance de luminosité de la plage-test
comme dans le périmètre de Polack. H. P.
P. GAUD ISS ART. — La périmétrie quantitative. — An. d'Oc,
CLXIII,1926, p. 740-747.
L'auteur entend par là l'examen du champ avec un index dont la
grandeur varie suivant l'acuité normale delà partie explorée. Il consi
dère comme suffisant de diviser le champ en 3 zones, une centrale
(de 0° à 25°) avec angle visuel minimum d'environ 4', une moyenne
(de 25° à 55°) avec de 8' et une externe (de 55° à 90°) avec
angle de 15'.
Alors, un index de 2 mm. 5 à la distance de 30 cm. est utilisé dans la
zone externe (avec un périmètre ordinaire), un index de 2 mm. 5 à
1 mètre avec écran spécial convient à la zone moyenne, un index de
1 mm. 5 à 2 mètres à-la zone interne entre 30° et 10° ; enfin, pour la
région centrale, il propose un petit index coloré, moins visible.
Mais cette méthode marque une singulière confusion du sens lumi
neux ou chromatique et du pouvoir discriminatif , de l'acuité, marque
une méconnaissance complète du rôle capital des intensités lumi
neuses et des surfaces d'excitation (en matière de sensations élément
aires).
Un quantitatif de ce genre est bien dangereux. H. P.
c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et
illusions.
J. BEYNE et G. WORMS. — L'acuité visuelle nocturne. — J. de
»Ph., XXIV, 1, 1926, p. 38-46.
Exposé détaillé des recherches dont les résultats principaux
avaient déjà été exposés (Cf. An. Ps., XXV, p. 513).
L'acuité diurne et l'acuité nocturne se sont montrées indépendantes
d'après les valeurs établies chez 16 sujets : 1,5 et 0,09 — 1,5 et 0,09 —
1,5 et 0,07 — 1,5 et 0,07 — 1,4 et 0,08 — 1,4 et 0,07 — 1,3 et 0,06 —
1,2 et 0,09 — 1,2 et 0,09 — 1,2 et 0,07 — 1,2 et 0,06 — 1, 2 et —
1,2 et 0,06 — 1,1 et 0,08 — 1,0 et — 1,0 et 0,07 — 0,9 et 0,08.
En calculant les corrélations d'après ces chiffres des auteurs, je
trouve p = + 0,09, ce qui indique bien l'indépendance.
Celle-ci serait en faveur d'une acuité nocturne liée à la vision par
bâtonnets. Mais les auteurs déclarent que l'acuité fovéale a toujours
été supérieure à l'acuité périphérique parce que l'acuité baissait en
faisant fixer un point rouge latéral.
Je crois que la conclusion n'est nullement fondée : L'action du
point rouge fixé avait pour effet d'obliger à regarder avec une région
qui n'était sans doute point celle de sensibilité optima avec laquelle
l'œil regarde spontanément en vision crépusculaire et d'autre part,
le point fixé gênait l'effort d'attention et devait entraîner par là une
baisse d'acuité. La question, à ce point de vue, est à reprendre.
Chez trois sujets, les auteurs ont étudié (sans connaître les travaux ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES «20
antérieurs) la variation de l'acuité avec l'eclairement en utilisant les
verres de Tscherning.
Voici les valeurs moyennes obtenues, en indiquant l'éclairement
en millilux.
6 5 4 3 2 1 0
015 0 5 15 1 500 Éclairement 0 1 150 15 000
Acuité 0 0 ,03 0 ,07 0,10 0,38 0 ,73 1,06
Sur une échelle logarithmique, ces valeurs s'ordonnent suivant
une courbe en S (tronquée du l'ait de l'absence des valeurs élevées
d'éclairement, au delà de 15 lux.). H. P.
A. QUIDOR et MARCEL HÉRUBEL. — Sur la perception simul
tanée et monoculaire de deux images différentes d'un même objet. —
G. R., CLXXXII, 22, 1926, p. 1352.
Une lunette terrestre permet à l'observateur de recevoir simulta
nément deux images différentes d'un même objet, l'une par la moitié
gauche de l'objectif directement, l'autre par la moitié droite, avec deux
surfaces de réflexion, permettant un écartement variable. Quand les
images sont simultanées, il y a vision confuse ; quand elles sont suc
cessives, il y a perception d'une image unique et nette, dont le relief
croît avec l'écartement des deux surfaces réfléchissantes.
Dans le cas d'images successives, le relief est le même qu'en vision
monoculaire où des déplacements de la tête donnent une appréciation
de distance par variation de parallèles. Mais cela ne s'accorde pas
avec la nature d'une perception monoculaire fondée sur une pluralité
d'images rétiniennes simultanées qui donnent toujours une impression
confuse. H. P.
A. QUIDOR et MARCEL jHÉRUBEL. — Sur la perception monoc
ulaire du relief par l'observation directe. — C. R., CLXXXII, 7,
1926, p. 491-493.
D'après les auteurs, le cristallin ne différerait de l'œil composé
que par une simplification de structure et donnerait aussi plusieurs
images d'un même objet sur la rétine.
Et « les différentes images rétiniennes, reçues par la même macula,
provoquent donc, disent Q. et H., la formation de cérébrales él
émentaires dont la fusion psychique nous fait connaître la distance
et la forme des objets, c'est-à-dire leur relief ».
Quelle serait alors la supériorité de la vision binoculaire ?
On se figurait que l'œil des vertébrés assurait la netteté de
vision par formation d'une image rétinienne unique et simple. Il
faudrait changer cela. Mais il est prudent d'attendre quelques
preuves ! H. P. VISION. MOTRICITE OCULAIRE 62*
H. PIÉRON. — Du rôle des cercles de diffusion chromatique sur la.
rétine dans la perception monoculaire de la profondeur. — B. B.,
XGVI, I, 8 janvier 1927, p. 11-13.
(Reproduction de la note)
« Les importantes recherches de Polack sur le chromatisme ocu
laire ont montré que l'œil emmétrope accommodait sur les radia
tions rouges, et que, dès lors, un point blanc, convenablement fixé,
avait un halo de diffusion bleu violet, le foyer bleu violet étant dis
tant de près d'un demi-millimètre du foyer rouge. Polack attribue
aux cercles de dispersion chromatique, bien qu'ils ne soient pas r
emarqués, un rôle dans la perception de la profondeur et des distances
relatives des objets, peu important en vision binoculaire, mais capital
en vision monoculaire, et il fait dépendre de la coloration de ces
cercles le sens des réflexes accommodateurs, le cristallin accentuant
ou diminuant sa courbure, suivant que le halo qui résulte de l'aberra
tion chromatique tire vers le rouge orangé ou vers le bleu vert. En
réalité, la perception monoculaire de la profondeur et des distances
relatives est un processus complexe influencé par de multiples fac
teurs (jeux d'ombre, clartés et grandeurs relatives, déplacements
relatifs au cours des mouvements de la tête, etc.). Mais on peut
éliminer tout l'ensemble des facteurs usuels, en laissant jouer l'a
ccommodation seule.
« C'est ce que j'ai fait, en procédant à la détermination du seuil
de la perception monoculaire d'écart en profondeur avec 2 fils blancs
fins, l'un mobile, l'autre fixe situé à 1,50 m. de l'œil, dont l'épaisseur
apparente ne varie pas avec la distance dans les limites employées,
aperçus derrière un cadre, et éclairés sur fond noir par un faisceau
de lumière parallèle (en sorte que la clarté des fils reste la même aux
différentes distances), la tête devant rester immobile par obligation
de regarder à travers une fenêtre punctiforme percée dans un écran.
« J'ai comparé dès lors la perception de profondeur en lumière
blanche, mixte, d'une part, et d'autre part en lumière monochro
matique en plaçant devant l'œil un écran convenable, et en com
pensant la réduction de luminosité, par un accroissement corre
spondant du flux éclairant (fournissant 200 et 1.000 lux). J'ai choisi
une lumière verte en utilisant l'écran Wratten 74.
« Voici les résultats obtenus, en proportion pour 100 de jugements
« en avant » pour le fil mobile en différentes positions, comprises
entre 5 cm. en arrière et 5 cm. en avant du fil fixe :
Écarts. .' -5 —4 -3 -1,5 0 +1,5 +3 +4 +5
18 45 % de jugements 8 15 32 66 85 96 J Lumière blanche
« en avant » ( verte . . 15 25 32 25 48 55 72 60 65
« Au-dessus de 5 cm. d'écart dans le sens antérieur, l'appréciation
monoculaire devient assez sûre en lumière blanche (l'appréciation 622 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
binoculaire atteignant cette précision pour un écart 25 fois moindre) ;
•elle reste un peu plus incertaine en lumière monochromatique.
« Toutefois, si, à luminosité égale, et tous facteurs autres que l'a
ccommodation étant éliminés, il y. a plus de précision dans l'apprécia
tion des distances relatives en lumière blanche, cette appréciation
existe aussi en lumière monochromatique, alors qu'il ne peut se
former de cercles de diffusion sur la rétine.
« Et, de fait, on peut constater aussi que, même en lumière mono
chromatique, il se produit une adaptation accommodative aux di
verses distances. Toutefois, j'ai vérifié que cette adaptation se faisait
un peu moins bien qu'en lumière blanche.
« En plaçant à 1,50 m. de l'œil des lettres de 3,5mm. de haut sur
deux plans entremêlés (le plan antérieur laissant voir le plan posté
rieur par une série de découpures), on remarque la distance des plans
par le besoin, pour garder une vision aussi nette, de changer l'accom
modation quand l'écart atteint 4 cm. environ. En déterminant la
vitesse du changement d'accommodation pour un écart considérable
(avec un plan à 30 cm. et l'autre à 2 m. de l'œil), je constate qu'en
lumière blanche il faut 0,5 sec. à 1,25 sec. pour obtenir une accom
modation précise lorsqu'on passe d'un plan à l'autre. En lumière
monochromatique verte (écran Wratten 74) ou rouge (Wratten 70)
avec renforcement de l'éclairement de manière à réaliser une égalité
de luminosité apparente, le temps nécessaire à l'accommodation
est triplé environ, et il se manifeste une impression d'incertitude,
d'imprécision, du moins au début, avant qu'il se soit fait un apprent
issage des changements accommodatifs.
« Ces données mettent deux faits en évidence :
« 1° Même en lumière monochromatique, en l'absence de cercles
de diffusion sur la rétine, il se produit un jeu normal de l'accommo
dation et, fondée sur les variations d'accommodation, une perception
des écarts en profondeur de deux plans situés à distance assez petite
(1,50 m. par exemple).
« 2° Le jeu de l'accommodation se fonde, en lumière monochro-
matique, sur des tâtonnements, et se montre plus lent et moins
précis qu'en lumière mixte où l'existence de halos chromatiques
favorise les réflexes accommodateurs ; et corrélativement, l'appré
ciation des écarts en profondeur est moins fine et surtout plus
incertaine.
« Lorsqu'on a une image nette d'un objet et que l'image d'un objet
voisin a une moindre netteté, on perçoit de ce chef une différence de
plan, mais sans pouvoir situer le plan antérieur et le plan postérieur
(tel plan apparaissant à volonté en avant ou en arrière).
« C'est le jeu de l'accommodation rendant l'image plus nette par
fixation plus proche ou plus éloignée qui assure la perception du plus
ou moins de profondeur. En indiquant dans quel sens l'accommo
dation doit jouer (indication purement réflexe), le cercle de diffusion
coloré facilite, indirectement, cette perception de la profondeur ;
mais il ne la conditionne pas, car la variation accommodative con
venable finit par être obtenue après quelques tâtonnements, en l'ab
sence du halo de dispersion.
« En résumé, lé cercle de diffusion chromatique — qu'il est très MOTBICITÉ OCULAIRE 623 VISION.
difficile d'observer — ne paraît donc pas être un facteur direct de la
perception des profondeurs relatives à petite distance, et n'influence
cette perception, pour la rendre plus sûre et plus précise, que dans la
mesure où il facilite le jeu accommodatif, qui reste possible en son
absence. » H. P.
L. DUPUY-DUTEMPS. — Les modifications de la sensation de relief
produites par les verres de lunettes décentrés et par les prismes dans
la vision binoculaire. — An. d'Oc, CLXIII, 1926, p. 673-683.
Lorsqu'on place devant chaque œil un prisme à arête interne
dirigée verticalement, une même ligne droite verticale est vue concave
vers la droite par l'œil gauche et vers la gauche par l'œil droit ; la
fusion donne une impression de relief, la droite étant vue courbée
dans le sens antéropostérieur, avec concavité en avant, l'impression
est inverse si les arêtes sont en dehors. On a les mêmes effets avec
des verres décentrés.
Le phénomène décrit par l'auteur en 1920 était déjà connu (Nagel,
1880, Maddox, 1907, Lippincott 1917). Il en donne dans cette étude
la théorie géométrique complète. H . P.
A. VAN HEUVEN. — La vision binoculaire. — Ar. Néerl. de Ph.,
XI. 1,1926, p. 83-120.
Les recherches de Van H. ont été entreprises pour vérifier la théorie
de Snellen, suivant laquelle la fusion serait sous la dépendance
■étroite -de l'attention. L'auteur emploie une série de prismes d'in
clinaisons variées, (de 1° à 8°,5 au maximum) placés devant un œil.
Le sujet, la tête immobilisée, allume une lampe placée à une certaine
distance, et en même temps déclanche un Hipp qu'il arrête avec le
pied dès que la fusion est réalisée. Le rôle de l'attention est étudié, en
produisant des excitations diverses (tactiles, olfactives) destinées à
distraire le sujet. L'allongement du temps nécessaire pour arriver à
la fusion est tout à fait caractéristique. L'influence de la posit
du prisme est également importante, la fusion se faisant avec une
rapidité double si la base du prisme est en bas au lieu d'être en haut.
L'exercice ramène les temps de fusion, pour un prisme faible, de
4000 à 1500 <r. — Suivant H. le mécanisme ne serait pas le même pour
arriver à la fusion avec les prismes forts ou faibles. Pour les prismes
de 1 à 4 degrés, la fusion serait obtenue involontairement, de man
ière réflexe. Pour les prismes de 6 à 8 degrés, ce serait une manifes
tation de la volonté, avec sensation d'effort. Il est certain que la
fusion dans le 2e cas est plus difficile à obtenir, mais cela ne
prouve pas qu'il s'agisse de processus différents, que H. veut ra
mener à la distinction de l'attention primaire et secondaire.
Les expériences sont intéressantes, les considérations théoriques
et les conclusions que l'auteur en dégage sont assez imprécises et
manquent de cohésion. M. F.
ESCRIBANO. — De la diplopie physiologique. — POLLIOT. — La
projection en vision binoculaire. — An. d'Oc, CLXIII, 1926,
p. 30-42 et 830-848.
E. déclare que les schémas publiés par P. sur la projection bino- 624 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
culaire (en 1921 et 1922) sont inexacts. P. montre, avec précision,.
que E. a commis l'erreur de se représenter les images doubles sur
le plan de l'objet alors que ces images sont en réalité projetées sur
Phoroptère, et il démontre à nouveau l'exactitude des schémas fort
utiles qu'il a fournis. H. P.
JAMES WEIR FRENCH. — Stereoscopy restated. (La stéréoscope
remise en place). — Am. J. of. Ph. Opt., VII, 2, 1926, p. 250-302.
Dans ce travail, déjà publié autrefois dans les Transactions de la
Société optique anglaise (xxiv, p. 226, 1922-23), l'auteur après un
historique envisage des expériences décrites par Wheatstone, qu'il
reprend et complète, pour montrer qu'il existe des limites assez
étroites à l'exercice de la vision stéréoscopique ; et il s'efforce d'éta
blir l'existence de certains points critiques dans différentes condi
tions de présentation.
Si l'on présente à l'œil gauche et à l'œil droit une verticale à côté
d'une colonne de figures géométriques identiques, les deux verticales
et les deux colonnes fusionnent. Si l'on intervertit dans un œil la
droite et la colonne de figures il n'y a plus d'effet stéréoscopique,
la droite d'un œil ne se combinant pas avec la colonne de l'autre.
En revanche 2 colonnes de figures différentes qui se combinent bien
quand les identiques se superposent, se combinent encore quand ce
sont les différentes qui se engendrant les formes com
plexes résultant de cette superposition (triangle sur cercle ou sur
carré, carré sur cercle par exemple).
Un gros trait noir et un trait fin juxtaposés dans chaque œil de
manière à réaliser une binoculaire hétérogène néces
sitent un effort mental pour que la combinaison du trait fin et
du gros trait se fasse, et il se produit de curieuses déformations ap
parentes.
Les recherches auraient gagné à être poursuivies dans le sens des
conceptions modernes de la perception. H. P.
ALESSANDRO GATTI. — La percezione dei rapporti spaziali nei
complessi visivi. (La perception des rapports spatiaux dans les com~
plexes visuels). — Contributi del Laboratorio di Psicol. e. Biol.
(Univ. del Sacro Cuore, Milano), II, 1926, p. 77-191.
Cette importante étude est une « contribution à l'étude des mod
alités de la perception des complexes représentatifs », et se fonde
sur une analyse expérimentale d'une série d' « illusions » visuelles.
Elle aboutit à une conception générale imprégnée de finalité : Ce
que l'on appelle illusion répond à des modalités normales de la per
ception visuelle des complexes, modalités qui sont soumises à la loi
d'économie maxima dans l'appréciation des rapports spatiaux, et
qui ont pour caractère essentiel de fournir une connaissance imméd
iate des caractéristiques du complexe, liées aux fonctions réciproques
des parties ; il se produit une accentuation quasi-caricaturale de ces
caractéristiques. Un rapport spatial sera perçu comme un rapport
de voisinage, et il y aura exagération du rapprochement, ou il sera
perçu comme séparation, disjonction (distacco) et il y aura exagéra
tion de l'éloignement ; ou enfin il sera perçu comme distance, impar
tialement. MOTRICITE OCULAIRE 625 VISION.
Dans la figure composée d'un carré et d'un cercle qui l'enveloppe
(fig. 1), il y a double déformation du cercle et du carré, le cercle
Fig. 1. Fig. 2.
s'aplatit vers les sommets du carré et paraît bosselé au niveau des
côtés, tandis que les côtés du s'incurvent, se courbent à l'inté
rieur : c'est l'exagération du voisinage qui tend à rapprocher de la
circonférence les sommets du carré dans la figure analogue où les
côtés du carré coupent la circonférence (fig. 2), il y a les mêmes
déformations ; elles sont attribuées cette fois à une exagération de
l'écart entre la circonférence et le milieu des côtés (distacco).
Fig. 3.
Dans les figures à « mailles » les déformations, très marquées, sont
attribuées aux mêmes facteurs : Le carré, dans des mailles triangul
aires (fig. 3), a ses sommets supérieurs qui s'approchent des côtés,
alors que le côté supérieur s'éloigne du sommet ; l'accentuation de
l'éloignement par « distacco » entraîne l'aplatissement du cercle au
niveau des trois sommets des triangles maillés (fig. 4).
l'année psychologique, xxvii. 40 $26 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Cette conception, G. a cherché à la démontrer en faisant appel au
mouvement <* de Kenkel : Lorsqu'on présente successivement, à
un rythme assez rapide, une figure isolée, puis cette figure dans un
complexe déformant (par exemple le cercle isolé, et ce cercle dans
les mailles triangulaires), il y a comme des pulsations de la figure qui
se déforme et se rétablit alternativement ; le cercle va se bosseler-
et retrouver sa circonférence.
Fig. 4.
Or le meuvement a met en évidence les rapprochements ou
les éloignements comme tels ; et G. en conclut que ce ne sont pas
dans les figures en maille les angles qui entraînent des déformations
comme on l'a admis (les modifications des côtés du carré dans la
figure 3 étant exactement celles que l'on rencontre dans l'illusion de
Zöllner). Son argumentation à cet égard n'ariende décisif, car l'aspect
dans lequel se manifeste une perception n'est nullement lié, de façon
obligatoire, aux conditions de cette perception (telle la disparation
rétinienne perçue comme relief).
Puis G. examine le mouvement apparent Ré à la déformation
quand on fait tourner la figure, et détermine la vitesse optima de
rotation (expériences qui ne peuvent fournir d'arguments théoriques
bien valables), et il détermine enfin les limites entre lesquelles se
rencontre l'influence déformante d'une figure sur l'autre : étant
donné un cercle dont on fait varier le rayon, à quelle distance maxima
de la circonférence peut se trouver le sommet d'un carré ou d'un
triangle intérieur pour que l'action déformante se manifeste tout
juste encore sur le cercle ? Cette action, de voisinage, montre une
proportionnalité à la racine carrée du rayon. Voici les chiffres pour
le carré :
Rayon (mm.) : 10 15 20 25 30
Distance limite (mm.) : 4,7 6,1 6,6 7,6 7,3
La constante de proportionnalité est voisine de 1,5. VISION. MOTRICITE OCULAIRE 627
Pour le triangle, la constante est voisine de 1,2 :
Rayon (mm.) : 10 15 20 25 30
Distance limite (mm.) : 4,3 5,0 5,6 5,9 6,5
En revanche quand le cercle est à l'intérieur du carré ou du triangle,
et qu'il y a action exagérante du « distacco » la proportionnalité au
rayon se manifeste.
Voici les valeurs pour le carré et le triangle :
Rayon (mm.) 10 15 20 25 30
Carré. Distance limite 5,6 8,5 10,6 15,2 16,6
Triangle. » > 12,8 17,8 22,8 28,6 33,5
De ces données, G. tire des conclusions générales sur la différence
des proportionnalités psychiques et géométriques, d'où résulterait le
caractère inadéquat d'une photographie, qui réduit tous les rapports
spatiaux dans la même proportion, ce qui entraîne une déformation
dans ces rapports de « voisinage ». Pour une physionomie, il en résulte
une modification qui atténue certaines caractéristiques (celles que
la caricature exagère dans ce sens des modalités perceptives).
A cet égard, il suffirait de regarder une physionomie avec des verres
grossissants ou rapetissants pour la modifier de la même manière.
En est-il réellement ainsi ?
En tout cas, si l'on n'est pas toujours pleinement convaincu
par G., son travail est, à coup sûr, des plus suggestifs. H. P.
ALBERTO ZAMA. — La percezione dei complessi visivi ottenuti per
fusione binoculare délie parti ehe li costituiscono (La perception des
complexes visuels obtenue par fusion binoculaire deê parties qui les
constituent). — • Contributi del Laboratorio di Psicol. e Biol. (Univ.
del Sacro Cuore, Milano), II, 1926, p. 195-212.
Sur les indications d'A. Gatti, l'auteur a examiné sur lui-même
(avec confirmation chez quelques autres sujets) les perceptions obte
nues par juxtaposition au stéréoscope de deux images comprenant
chacune une partie d'un complexe visuel susceptible de fournir une
illusion. Par exemple un œil perçoit un triangle, et l'autre un cercle
destiné à se superposer au triangle par fusion (les droites du triangle
se trouvant incurvées, et la courbure du cercle accentuée au niveau
des côtés et aplatie au niveau des sommets) ; ou bien un œil a devant
lui les grandes parallèles de l'illusion de Zöllner, l'autre œil ne voyant
que les sécantes.
Dans ces conditions, la fusion est plus ou moins difficile à obtenir :
il y a apparence de superposition, en des plans différents, ou lutte des
champs, ou composition partielle. Mais quelquefois, en particulier
pour l'illusion de Zöllner, la fusion, au moins à titre passager, est
obtenue de façon satisfaisante ; dans ce cas, et à condition de ne pas
porter son attention sur des détails de la figure, l'illusion se manifeste.
La conclusion, c'est que, conformément aux vues de Gatti, les
déformations apparentes dans ces illusions visuelles, sont dues à la
perception des rapports spatiaux existant entre les parties des comp
lexes, que corresponde ou non à celles-ci »ne image rétinienne adé
quate. H. P.

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