Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 607-621

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 607-621
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions
et illusions.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 607-621.
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c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire. Perceptions et illusions. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 607-
621.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5331VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 607
de l'entraînement, il voyait d'autres figures sous l'angle de 14° 1/2.
L'expérience avec la 3e personne commençait à 15°. Au bout de
14 présentations le champ visuel embrassait 17°. L'interruption de
la période d'entraînement avait sur ce [dernier des répercussions
fâcheuses.
Analyse qualitative : au cours de cet entraînement des phénomènes
très divers ont accompagné la perception. L'instabilité des figures
dans l'espace, pivotement autour de leur axe, changement de leur
forme, de leur grandeur ; parfois même on a constaté le dédoublement
des figures. Enfin, et ceci est peut-être le plus important, on a
observé souvent une absence complète de localisation spatiale des
figures, un manque total de points de repères dans leur apparition.
Très fréquentes étaient des perceptions d'un mouvement sans que
l'objet en mouvement soit perçu, et phénomène encore plus curieux,
la perception de l'existence d'un objet sans que celui-ci soit vu.
L'A. essaie de démontrer l'analogie de ce phénomène avec le
« stade précédant la perception » supposé par Stern, Werner et d'au
tres chez le nouveau-né. Il explique ce phénomène par le fait qu'à
cette phase d'évolution les relais du système nerveux n'aiguillent
pas encore l'influx sur les voies habituelles qui seront fixées plus
tard par l'automatisme. La diffusion de l'influx sur le réseau nerveux
voisin de la voie principale détermine un équivalent psychique
ressenti comme une perception intuitive de « quelque chose » situé
« quelque part ». La seconde étape de l'évolution comporte la sensa
tion purement qualitative, sensation de lumières graduées, ou de
couleurs nébuleuses qui passent des unes aux autres sans aucune
différenciation spatiale. Dans la 3e période commence à se dessiner
la perception des contours et des délimitations, quoique sans aucune-
relation avec un système spatial fixe quelconque. Le développement
de la des distances aboutit dans la 4e période à la vision
du relief et aux rapports spatiaux. Mais l'objet n'est pas encore
situé d'une manière fixe. La 5e période est celle de la vision normale.
Le rôle de l'attention s'est trouvé accentué 2 fois au cours de-
I'acte perceptif : 1° lorsqu'il s'agissait de « déceler », de trouver l'objet
de la sensation ; 2° pendant la prise de conscience de l'objet vu.
La vision n'est pas un acte uniforme. Elle comporte 2 phases,
inaperçues dans la vision normale mais évidentes lorsque l'acte
perceptif présente une difficulté quelconque comm-e cela a lieu
dans la vision périphérique. La lre phase est nettement passive.
Les impressions « assaillent » le sujet. La 2e phase comporte l'aper-
ception et l'identification de l'objet. Selon les témoignages des sujets,,
elle est moins riche que la lre et provoque même de ce fait un sent
iment de déception. S. K.
c) Fonctions spatiales de la vue. Vision binoculaire
Perceptions et illusions1
927. — C. E. FERREE et G. RAND. — The testing of visual acuity.
I. Faetors in the sensitive use of the test for the detection of errors
of refraction. The comparative merits of test objects and a new
1. Voir aussi le N° 770. •':■ 608 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
type Of broken Circle as test Object (V épreuve de Vacuité visuelle
I. Facteurs agissant dans un emploi sensible du test pour la détection
des erreurs de réfraction. II. Les mérites comparés des différents
tests, et un nouveau type de cercle interrompu comme test). — Am.
J. of O., XVII, 1, 1934, p. 29-36.
En employant l'anneau de Landolt sur un angle d'1',
placé en noir sur des fonds blancs ou gris plus ou moins foncés, avec
3 éclairements (5, 10 et 20 bougies-pied), avec recherche de la plus
petite anomalie de réfraction artificielle décelable (avec des verres
imposés), les auteurs ont constaté que la sensibilité la plus grande
de la méthode était obtenue sur un fond gris pas trop clair, sous
un éclairement pas trop grand.
Pour déceler environ 0,12 dioptrie, il ne faut pas dépasser 50 %
de réflectivité du fond avec le plus faible éclairement, 30 % avec
l'éclairement moyen, 15 % avec l'éclairement le plus fort.
L'anneau de Landolt s'est montré le meilleur test d'acuité ; F. et
R. l'ont perfectionné en introduisant 2 ouvertures à l'anneau,
situées à 90° l'une de l'autre, ce qui permet l'exploration simultanée
d'acuité dans 2 méridiens de l'œil, vertical et horizontal par exemple.
H. P.
928. — F. H. ADLER et M. FLIEGELMANN. — Influence of fixa
tion on the visual acuity (Influence de la fixation sur Vacuité
visuelle). — Ar. of O., XII, 1934, p. 475-483.
Enregistrement de la position oculaire par réflexion d'un rayon
lumineux sur un petit miroir fixé au globe : au cours de la fixation
(croisement de fils) , on observe des mouvements oculaires consistant
en déplacements lents mais courts (durant un cinquième de seconde
au maximum) et des déplacements brusques de grande amplitude
(jusqu'à 17') survenant environ une fois par seconde, et aussi un
mouvement vibratoire (un peu plus de 2' en moyenne d'amplitude)
à grande fréquence (5 à 10 en un dixième de seconde).
Mais quelle est l'influence du miroir fixé au globe sur cette tré-
mulation, qui serait de nature à rendre bien difficile la notion d'acuité
limite fondée par l'angle discriminatif de séparation des cônes
contigus ?
Les conclusions des auteurs (acuité déterminée par l'état moyen
d'un grand nombre de « patterns ») ne seraient admissibles que si la
généralité de cette trémulation oculaire était établie. H. P.
929. — G. E. FERREE, G. RAND et E. F. LEWIS. — The effect
of increase of intensity of light on the visual acuity of presbyopic
and non-presbyopic eyes (L'effet de V augmentation de V intensité
de la lumière sur Vacuité visuelle pour des yeux presbytes et non
presbytes). — Transactions of the Illuminating Engineering
Society, XXIX, 4, 1934, p. 296-313.
Avec des filtres « lumières du jour » et des éclairements de 0,5
à 100 bougie-pied on note que l'amélioration de l'acuité, qui est
de 110 % chez les normaux jeunes (4 sujets) dans cette marge, atteint
95, 150, 190 et 200 % chez les presbytes étudiés. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 609
Voici des valeurs relatives à 2 sujets, comparativement :
Eclairement (bougie-pied) ... 0,5 1 5 10 25 100
Acuité binoculaire :
Sujet de 27 ans 1,09 1,35 1,02 1,93 2,04 2,30
— 70 — 0,63 0,76 0,92 1,05 1,15 1,28
II faut en moyenne 20 fois plus dp lumière aux sujets âgés pour
atteindre l'acuité 1 qu'aux jeunes (l'opacité des milieux devant' jouer
le rôle principal et la presbytie n'ayant ici d'autre valeur que de
donner un indice de sénescence). H. P.
930. — S. V. KRAKOV. — Changes of visual acuity in one eye under
the influence of the illumination of the other or of acoustic stimuli
(Changements de Vacuité visuelle dans un œil sous Vinfluence de
V illumination de Vautre ou de stimuli acoustiques). — J. of exp.
Ps., XVII, 1934, p. 805-812.
La possibilité de séparer 2 carrés noirs sur fond blanc dépend à
la fois de leur distance et de l'intensité lumineuse ; celle-ci produit
des effets d'irradiation. On peut admettre que tout état d'excitation
du centre cérébral optique agit dans le même sens qu'un accroiss
ement de lumière. K. obtient cet effet par l'éclairement simultané de
l'autre œil ou par un son simultané. On obtient une augmentation de
l'acuité visuelle avec des carrés noirs et une diminution avec des
carrés blancs. L'auteur discute les résultats de Hartmann, qui trouve
dans tous les cas une augmentation. P. G.
931. — M. LUCKIESH et F. K. MOSS. — Seeing in sodium-vapor
light (Vision avec la lumière de la vapeur de sodium). — J. of
Opt. Soc, XXIV, 1, 1934, p. 5-13.
Les lumières du sodium et du tungstène furent comparées, à
intensité égale, sur 101 papiers colorés (couleurs spectrales, pourpres,
bruns). Les coefficients de réflexion moyens sont égaux, mais la
variabilité est plus grande avec le sodium. Le contraste de brillance
fut observé sur 419 différentes paires de couleurs ; il est le plus
souvent meilleur en lumière jaune ; celle-ci augmente surtout les
contrastes élevés, mais est en général défavorable aux faibles et,
évidemment, supprime tout contraste de couleur.
L'acuité, qui n'a pas grande importance pratique, est meilleure
pour le jaune en vision fovéale :
0,1 Millilamberts 0,02 1 20
0,72 0,85 0,94 Acuité * tungstène 0,55 AcUlte I sodium 0,68 0,82 0,93 1,02
Le temps d'action liminaire est inférieur pour le jaune, seulement
dans le cas d'un objet petit (1') avec fort contraste (100 %) ; c'est
donc la faible aberration qui joue, plutôt qu'une différence photo
chimique.
La surface pupillaire fut mesurée sur 8 sujets, à 0,1 et 1 mlambert.
Elle est un peu plus grande, de 9 à 9,4 %, dans le cas du sodium.
La tension musculaire durant la lecture, qui décroît quand
l'année psychologique, xxxv 39 610 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'éclairement croît, s'est montrée la même pour Na et Tu chez 4 sujets,
qui ont d'ailleurs témoigné d'un confort égal.
Les A. mettent en garde contre diverses illusions ; par exemple,
une route peut paraître mieux éclairée en lumière du sodium par
simple contraste avec l'herbe, le feuillage, etc., devenus plus sombres.
G. D.
932. — E. HAAS. — Méthode pour situer les impressions rétiniennes
par rapport à la fovéa. Application à l'étude de l'acuité visuelle
aux basses lumières. — G. R., GXCVIII, 1934, p. 1878-1879.
L'auteur a recherché l'acuité dans l'adaptation à l'obscurité avec
repérage du point de fixation grâce à une image consécutive (points
de 1 mm. de diamètre d'une brillance de 10 boggies par mm2, en
croix, dont le centre est fixé 2 sec, ce qui donne une image durant
10 minutes).
Dans ces conditions, une plaque d'opaline de faible brillance
(2 millionièmes de bougie par cm2) est fixée périphériquement tant
qu'on ne cherche pas à percevoir la brisure de l'anneau, mais celle-ci
est fixée fovéalement.
La question reste posée du point de fixation pour des brillances
encore plus faibles, après adaptation plus longue à l'obscurité.
H. P.
933. — ANDRÉ BLONDEL. — Sur les effets additionnels des deux
yeux dans l'observation des buts et sur la lumière jaune. — R.
d'Opt., XIII, 8, 1934, p. 247-250.
On soutient parfois que la vision binoculaire n'est pas supérieure
à la vision monoculaire. B. oppose à cette opinion son expérience
personnelle, ainsi que les travaux de Macé de Lépinay et Nicati,
de Ferrée, Rand et Lewis. Tout se passe comme si les éclairements
monoculaires étaient totalisés ; d'où l'augmentation d'acuité. Les
résultats contraires correspondent à des cas de défauts oculaires
dissymétriques non corrigés. B. préconise les conditions normales
de la vision binoculaire pour les mesures d'acuité et de seuils ponct
uels, avec, par exemple, son photomèire binoculaire à coins.
Au sujet de l'emploi de la lumière jaune, B. rappelle qu'il a
montré en 1914 l'avantage d'une élimination des courtes longueurs
d'onde, auxquelles surtout est due la diffusion par l'atmosphère.
G. D.
934. — W. NEUHAUS. — Das binoculäre Tiefensehen (La vision
binoculaire de la profondeur). — Z. f. Ps., GXXXIII, 1934, p. 134-
178.
La vision binoculaire de la profondeur dépend de certaines pro
priétés innées de l'appareil visuel. Ses lois peuvent être établies au
moyen d'expériences stéréoscopiques simples. Si on présente à l'œil
droit et à l'œil gauche 2 paires de lignes verticales dont l'écartement
est légèrement différent, l'une des ,de chaque paire forme une
image fovéale, l'autre donne des images disparates ; la profondeur
apparente de la seconde par rapport à la première obéit à la loi
suivante : si la distance de la fovéa à un point de l'image nasale est ■

VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 611
plus grande que sa distance au point de l'image temporale, le point
paraît vu en arrière ; il est en avant dans le cas contraire. Si, au-des
sous de ce dispositif, on présente le même dispositif inversé (les 2 lignes
les plus écartées étant à droite à la partie supérieure et à gauche à
la partie inférieure), l'effet stéréoscopique obtenu en vertu de la loi
précédente ne peut s'expliquer, pour l'auteur, par une fusion des
images des deux yeux, comme on le fait d'ordinaire ; il faut admettre
une prédominance de l'image formée sur les parties nasales des
2 rétines, l'image temporale étant pratiquement supprimée (?).
Dans le reste de l'article, N. critique les expériences qui sont
invoquées pour expliquer la vision de la profondeur par des déplace
ments du regard et de l'attention. Il étudie aussi l'influence de l'éclai-
rement absolu et relatif sur le réflexe de convergence et sur l'effet
de profondeur ; ces deux effets (superposition et relief) peuvent,
dans certaines conditions, être dissociés. P. G.
935. — B. BOURDON. — La prédominance des formes dans la vision
binoculaire. — Bull, de la Soc. Scientif. de Bretagne, XI, 1-2,
1934, extrait, 7 pages.
La prédominance des formes sur les couleurs apparaît nettement
dans la vision binoculaire. C'est ainsi que, lorsqu'il n'existe une forme
définie que dans l'un des champs visuels, la vision se limite à ce
champ, devient monoculaire, les phénomènes de mélange, de riva
lité ou de lustre cessant de se manifester ; plusieurs exemples sont
donnés qui démontrent cette prédominance. Par exemple sur un
champ uniforme, rouge d'un côté, vert de l'autre, on rend visible,
exclusivement, soit le côté rouge, soit le côté vert, en lui superposant
un anneau mobile. H. P.
936. — M. D. VERNON. — The binocular perception of flicker
(La perception binoculaire du papillotement). — Br. J. of Ps.,
XXIV, 4, 1934, p. 351-373.
Suivant les résultats des recherches de Ives, de Frank Allen,
de Granit, de Lythgoe et de Tansley, la fréquence critique du papil
lotement est liée à l'intensité lumineuse (à condition que la longueur
d'onde, la surface rétinienne excitée, et l'adaptation à l'obscurité
restent les mêmes) par la relation n = K logl + K1 (où K et K1 sont
2 constantes). Cependant cette relation n'est valable que pour
l'excitation monoculaire et pour des champs visuels plans. ■ — Le
but de la recherche de V. a été d'étudier l'influence que pourrait
avoir sur la fréquence critique du papillotement l'excitation simul
tanée de l'autre œil. Un dispositif approprié permettait de soumettre
chaque œil à une excitation semblable ou hétérogène et de mesurer
avec précision tous les facteurs en jeu. Voici les principaux résul
tats obtenus par V. :
Quand on soumet l'autre œil à l'action d'une lumière constante,
la fréquence critique décroît au fur et à mesure que s'accroît l'ill
umination du champ constant. Elle décroît, de même, en excitation
strictement monoculaire si l'on introduit dans le champ papillotant
des figures (points et carrés) et aussi, en excitation binoculaire
lorsque les 2 champs « papillotent ». Par contre, quand on fait 612 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
papilloter les 2 sources lumineuses sans figures, il y a accroissement
de la fréquence critique en particulier si le rythme du papillotement
est le même dans les 2 champs.
V. explique ces données en faisant intervenir, soit le conflit entre
des perceptions monoculaires dissemblables, soit le renforcement
dans le cas de perceptions semblables. Il y aurait également conflil
au cas où la perception binoculaire offre des éléments hétérogènes
(papillotement d'un côté et figure de l'autre). P. K.
937. — W. T. TAIT. — An experimental investigation of the negative
fusional Convergence amplitude (Une élude expérimentale de l'am
plitude de la convergence négative de fusion). — Am. J. of Opto-
metry, XI, 1934, p. 462-472.
Lorsque, avec un prisme augmentant la convergence on arrrive à
réaliser une diplopie homonyme, le maintien de la vision binoculaire
fusionnée exige, par le jeu des muscles externes, une action inverse
(dans le sens de la divergence) dont l'amplitude a été recherchée par
l'auteur. H. P.
938. — R. GRIMM. — Erscheinungen und Messungen bei Konvergenz
und Fusion (Phénomènes et mesures dans la convergence et Ja fusion).
- Ar. für U., CXXXIII, 1, 1934, p. 121-130.
Suite aux expériences de 1933 sur les images de fusion obtenues
en regardant des « motifs de papiers peints » avec convergence ou
divergence. G. a varié les conditions d'angle visuel, de direction sur le
périmètre, de distance au sujet. La possibilité d'une accommodation
inégale des 2 yeux pendant la fusion est confirmée dans diverses
expériences où les objets à fusionner étaient inégalement distants
du sujet (l'A.).
La localisation en profondeur (déterminée par le sujet au moyen
d'une aiguille) de l'image de fusion par convergence forcée coïncide
bien avec l'intersection des lignes du regard, quelle que soit l'accom
modation, symétrique ou non. G. conclut à l'influence décisive de
la convergence pour la position des images de fusion, jusqu'à 8 à
10 mètres de distance. Quant à l'accommodation, c'est un psychor
éflexe, involontaire, sans importance pour la localisation égocen-
trique ; elle n'interviendrait activement que dans la localisation
relative des objets proches. G. D.
939. — G. 0. NORRIS. — The nature of distance vision (La nature
de la vision à distance). — J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 462-476.
Les images consécutives projetées sur un plan grandissent pro
portionnellement à sa distance et se déforment, par rapport à l'objet
primitif, quand on donne à ce plan diverses inclinaisons. L'objet
fictif se comporte donc d'une façon inverse de celle de l'objet réel
(puisqu'il grandit avec la distance au lieu de diminuer, etc.). L'auteur
croit apercevoir dans ces faits bien connus une explication de la
perception visuelle de la profondeur ; partant d'une perception primi
tive supposée conforme géométriquement à l'image rétinienne, il fait
intervenir des associations visuelles tactiles dues à l'expérience, etc.
11 paraît tout ignorer de l'évolution de ce vieux problème. P. G. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 613
940. — L. S. WOODBURNE. — The effect of a constant visual
angle upon the binocular discrimination of depth differences
(Effet d'un angle visuel constant sur la discrimination binoculaire
de différences .de profondeur). — Am. J. of Ps., XLVI, 2, 1934,
p. 273-286.
L'auteur a construit un appareil qui permet de déterminer le
seuil de discrimination spatiale en profondeur en éliminant les indices
qui peuvent provenir des variations de la dimension apparente des
objets et de leur écartement. Il se compose de deux fentes éclairées
glissant sur deux rails divergents, de façon que pour la distance à
laquelle est placée le sujet, l'angle sous lequel il voit leur intervalle
reste constant ; en outre, un dispositif de compensation modifie la
hauteur et la largeur des fentes proportionnellement à leur éloigne-
ment, de sorte que leur grandeur apparente reste invariable. Dans
ces conditions, la valeur liminaire de la parallaxe sur 7 sujets exercés,
a été en moyenne de 2,12 secondes d'angle (ou 0,159 \l de distance
rétinienne), résultats à peu près identiques à ceux d'une recherche
antérieure (Andersen et Weymouth) dans laquelle les précautions
précédentes n'avaient pas été prises. W. s'appuie sur cette identité
pour conclure que les variations d'angle visuel ne sont pas des repères
importants dans l'appréciation des différences de profondeur. En
réalité, il ressort de ses chiffres que les écarts entre sujets, sans
compter les conditions particulières de chacune des deux recherches
comparées, ôtent toute signification à cette coïncidence des valeurs
moyennes, qui ne peut être que fortuite.
Les expériences, d'abord faites en position primaire du regard,
ont été reprises dans diverses positions secondaires. Il n'y a pas eu
de différence significative avec les premiers résultats. A. F.
941. — G. GALAVREZO. — Ueber den Einfluss von Grössenverän-
derungen auf die scheinbare Tiefe (Sur Vinfluence de changements
de grandeur sur la profondeur apparente). — Ps. For., XIX,
1934, p. 311-365.
Dans l'obscurité absolue, on projette successivement, avec un
éclairage faible, sur un écran de grain très fin et peu visible, l'image
de deux disques concentriques de grandeur différente. On a l'im
pression du mouvement en profondeur d'un disque unique. L'im
pression est d'autant plus nette que les conditions générales du
mouvement stroboscopique sont mieux remplies (exposition relat
ivement longues par rapport à la pause qui les sépare). L'amplitude
du déplacement en profondeur dépend de la différence de grandeur
des 2 figures, mais la qualité du mouvement est maximale quand cette
différence est faible. Une modification du dispositif permet d'opposer
cette profondeur apparente à une profondeur réelle due à la distance
objective des 2 images ; on obtient des phénomènes de rivalité. Le
phénomène existe encore avec 2 figures qui ne sont pas parfaitement
semblables, à condition que chacune d'elles conserve une certaine
unité.
G. ne croit pas que les effets observés puissent s'expliquer par
l'influence de l'expérience des changements apparents des objets
avec la distance, car cette cause n'expliquerait aucune des lois for- 614 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
melles qui régissent cette profondeur apparente ; elle devrait agir
de la même façon sur toutes les sortes de figures, quelle que soit la
durée d'exposition, etc. Le mouvement stroboscopique tend à s'a
ccomplir en profondeur quand il est ainsi plus conforme à la structure
de la figure, quand il a plus d'unité et de simplicité que n'en aurait
tout mouvement dans un plan frontal. P. G.
942. — R. DAHLMANN. — über Querdisparation und Gestaltauf
fassung (La disparation transversale et Vaperception de la « forme y>).
— A. f. ges. Ps., XG.-3-4, 1934, p. 504-560.
Contribution expérimentale aux objections formulées par Jaensch
et Wittmann à l'égard de la théorie selon laquelle la disparation
transversale constitue la base de la sensation du relief. Les principaux
points de cette recherche peuvent se résumer ainsi :
a) Le rapport entre la disparation transversale et l'aperception de
la « forme » au cours des premières phases de la vision binoculaire
du relief ;
b) L'influence de l'aperception de la forme au cours des chan
gements successifs que l'expérimentateur fait subir aux rapports
de la disparation binoculaire. Ces changements consistent en dépla
cement ou en pivotement de 1 ou 2 images ;
c) L'influence inhibitrice ou favorable de l'aperception de la
« forme » sur l'élaboration de la plastique ;
d) Le rôle décisif de l'observation et de d'un
ensemble pour la production du phénomène de Panum.
Conclusions : 1° La vision binoculaire de 2 images disparates
provoque chez tous les sujets un effort de superposition. Celle-ci
se produit plus facilement lorsque les 2 images possèdent des régions
non disparates, ces dernières servant de points d'accrochage pour
la superposition. Elle est plus laborieuse là où la coordination des
parties peut se faire de plusieurs façons. Les régions identiques
superposées servent parfois de cadres pour les parties disparates ;
2° Une fois la superposition des 2 images accomplie, les points
dédoublés de la figure unique s'effacent très rapidement, sauf dans le
cas où la disparation est d'un ordre excessivement grand. Ils réap
paraissent aussitôt que l'on essaie le renversement de la figure
plastique ;
3° La fusion des images disparates n'est pas une condition sine
qua non pour que l'effet stéréoscopique puisse se produire et durer.
Les plus grandes disparations ne provoquaient ni un dédoublement
de l'image, ni une destruction du relief, à condition que l'observation
ait été dirigée sur l'ensemble et non pas sur les détails de la figure.
L'A. pense alors que la sensation du relief est due, non pas tant
au phénomène physiologique de la fusion, qu'au fait surtout psycho
logique de ne pas « remarquer » les points de dédoublement ;
4° La superposition des images disparates n'a pas comme effet
l'image stéréoscopique. Celle-ci est plutôt conditionnée par l'attitude
du sujet, par une « constellation psychique » dirigée vers la vision
d'un corps en relief et non pas vers celle d'une image plane. Souvent
les représentations des objets familiers (cône, vis, chapeau) provo
quent cette direction de l'observation ; VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 615
5° Une plastique, même bien développée, se maintient rarement
d'une manière constante. Les mêmes rapports de la disparation
transversale, dans des conditions objectives identiques, provoquent
les images plastiques les plus diverses ;
6° Ün distingue 2 groupes de sujets : a) ceux qui suivent fac
ilement et avec beaucoup de précision les changements de la dispa
ration binoculaire. Après le renversement de la figure, le dédou
blement se produit chez eux très tard ; b) ceux qui, malgré les
changements, continuent à voir la plastique élaborée une première
fois : le renversement de l'image produit chez eux très rapidement
son dédoublement et la destruction du relief ;
7° La « constellation psychique », dirigée vers l'observation de
certaines parties de l'image, empêche parfois la sensation du relief,
là où cette sensation devrait se produire, et la provoque, par contre,
dans des circonstances où les rapports de la disparation binoculaire
ne la justifient pas ;
8° N'importe quelle ligne ou surface introduite dans les images
binoculaires qui donnent la sensation du relief, n'empêche pas celle-ci
de se produire. Mais cette manque chaque fois qu'un
élément de trouble provoque une coordination en relief non conforme
à la disparation transversale. Une conforme exige que
les parties de la figure comportant une disparation croisée soient
perçues en avant du plan central de la figure, et celle comportant
la disparation non croisée, en arrière. Dans ce cas, les éléments de
trouble se trouvent situés en dehors de la plastique ou intégrés dans
cette dernière ;
9° L'influence très favorable de l'observation de l'ensemble se
fait sentir surtout là où il y a à surmonter de très grandes dispara-
tions binoculaires. L'élaboration successive de la « forme » à partir
des éléments commence par les endroits les plus facilement super-
posables et elle revêt le caractère d'une perception analytico-syn-
thétique ;
10° Des faits analogues accompagnent le phénomène de Panum
qui ne peut, selon l'A., être expliqué ni par la disparation transvers
ale (psychologie classique), ni par le déplacement de l'attention
(Jaensch et ses collaborateurs) ;
11° L'A. croit que la vision stéréoscopique est un processus
d'élaboration de la « forme », processus caractérisé objectivement
par la coordination des images binoculaires disparates, et subject
ivement par une « constellation psychique » dirigée vers la vision de
l'image stéréoscopique. S. K.
943. — G. WOLF-HEIDEGGER. — Ein einfacher Versuch zum
Nachweis der binocularen Farbenmischung und zum Nachweis
des Wettstreits der Sehfelder (Une recherche simple pour démont
rer le mélange binoculaire des couleurs et la lutte des champs). —
Z. für B., XGV, 1934, p. 327-328.
Avec un verre rouge devant un œil, un verre bleu devant l'autre,
on a mélange de couleurs devant une surface pas trop lumineuse,
de la lutte des champs avec une surface très lumineuse. Mais quoi
de neuf ? H. P.

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