Franz, Muller, Oseretzkowsky, Kraepelin et Treves, Revue des derniers travaux sur l'ergographe - compte-rendu ; n°1 ; vol.8, pg 424-436

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L'année psychologique - Année 1901 - Volume 8 - Numéro 1 - Pages 424-436
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Publié le : mardi 1 janvier 1901
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J. Larguier des Bancels
Franz, Muller, Oseretzkowsky, Kraepelin et Treves, Revue des
derniers travaux sur l'ergographe
In: L'année psychologique. 1901 vol. 8. pp. 424-436.
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Larguier des Bancels J. Franz, Muller, Oseretzkowsky, Kraepelin et Treves, Revue des derniers travaux sur l'ergographe. In:
L'année psychologique. 1901 vol. 8. pp. 424-436.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1901_num_8_1_3348VI
MOUVEMENTS
REVUE DES DERNIERS TRAVAUX SU. Il LA. TËCHNIO.UE DK L EI1GOGRAP11 n 1 1 E p I
FRANZ. — On the methods of estimating the force of voluntary
muscular contractions and on fatigue. — The american J. of. Phy-
siol., 1900, IV, p. 348-372.
MÜLLER. — Ueber Mosso's Ergographen mit Rücksicht auf seine
physiologischen und psychologischen Anwendungen. — Philos.
Studien, 1901, XVII, p. 1-30.
OSERETZKOWSKY und KRAEPELIN. — Ueber die Beeinflussung
der Muskelleistung durch verschiedene Arbeitsbedingungen. —
Psychol. Arbeiten, 1901, lit, p. 587-690.
TREVES. — Ueber den gegenwärtigen Stand unserer Kenntniss, die
Ergographiebetreffend.— Pflüger's Archiv., 1901 , LXXXV11I, p. 7-68.
Il semble que Mosso se soit proposé, d'abord, en construisant
Fergographe, de donner un appareil qui isolât parfaitement le tra
vail d'un muscle. C'était une idée très heureuse : les dynamomètres,
en effet, qui mettent en jeu tout un groupe de muscles, ne four
nissent qu'un résultat global, -difficile à analyser; de plus, ils se
prêtent mal à l'étude de la fatigue, puisqu'ils ne permettent pas
de tenir compte des suppléances qui interviennent au cours du tra
vail. « Les difficultés que je dus surmonter, dit Mosso, sont essen-
1. Il ne sera question dans le présent article que de l'crgographe à poids
constant. Nous ne décrirons ni les divers ergo graphes à ressort ni la mé
thode de Trêves Cette méthode consiste à faire contracter le muscle dans
des conditions telles qu'il donne chaque fois le maximum de travail qu'il
est susceptible de fournir. Le muscle execute des contractions de hauteur
sensiblement égale, tandis que la valeur du poids maximal — c'est-à-dire
qui correspond au travail maximum — diminue progressivement jusqu'à
une certaine limite, qu'elle ne dépasse pas. Les recherches de Trêves sont
exposées dans les articles suivants :
Sur les lois du travail musculaire, Archives italiennes de Biologie, 1898,
XXIX, 157-180; XXX, 1-19; 1900, XXXIII, 86-118. — Ce dernier article est
reproduit dans Pûflger's Archiv, 1899, LXXVfll, 163-194.
Description d'un nouvel ergographe (Communication au Congrès de
Physiologie de Turin) : Archives italiennes de Biologie, 1901, XXXVI, 44-45.
C'est du point de vue de cette méthode nouvelle que Trêves critique,
dans l'article cité plus haut, les récents travaux sur l'ergographie. MOUVEMENTS 425
tiellement les deux suivantes : la première consiste à bien isoler le
travail d'un muscle de manière qu'aucun autre muscle ne puisse
l'aider, lorsqu'il est fatigué; la seconde à tenir bien fixe une extré
mité du muscle, tandis que l'autre inscrit les contractions. J'ai
essayé avec les flécbisseurs du pouce, avec l'adducteur de l'index,
avec le biceps brachial, avec le deltoïde, avec le gastrocnéinien, les masséters. Mais c'est seulement les fléchisseurs des
doigts de la main (M. flexor diyitorum eommiinis siiblimis et profundm)
que j'ai obtenu des résultats satisfaisants ^. » On sait comment le
muscle est isolé dans l'appareil employé par Mosso. L'index et l'a
nnulaire sont immobilisés dans des tubes de métal. Le médius seul
est libre ; mais l'amplitude de ses mouvements est quelque peu
limitée, à la suite de la fixation des doigts voisins; c'est surtout la
flexion de la première phalange qui est gênée. L'anneau de cuir
auquel est attachée la corde qui relie le doigt au curseur, et par-
delà au poids, est placé sur la deuxième phalange2. Dans ces condit
ions, c'est la deuxième phalange qui travaille le plus, du moins au
début de l'expérience, et Mosso avait le droit de dire : « On com
prend qu'il y a, ici, deux muscles qui travaillent en même temps :
le fléchisseur profond et le fléchisseur superficiel des doigts, et que
les muscles interosseux ne sont pas absolument exclus. » La flexion
de la deuxième phalange sur la première est due, en effet, à la con
traction des deux fléchisseurs : le superficiel commande la deuxième
phalange; le profond, la deuxième et la troisième.
Il est vrai, d'autre part, que l'isolement du travail de ces deux
muscles n'est réalisé que pendant un temps assez court. Bientôt, la
première phalange entre en jeu; ses mouvements prennent une
importance de plus en plus grande à mesure que la fatigue augmente.
Enlin, si le travail continue longtemps, le doigt s'immobilise peu à
peu; il reste en extension et le poids n'est plus soulevé que par les
tractions de la main et parfois du bras tout entier. Toutes les sup
pléances qui s'établissent au cours de l'exercice ont été bien décrites
par Binet et Vaschide3. Nous ne pouvons mieux faire, sur ce point,
que de renvoyer le lecteur à l'examen critique qu'ils ont consacré à
l'ergogiaplie '■.
Müller, qui ne semble pas avoir eu connaissance des remarques
critiques de Binet et Vaschide, s'est proposé avant tout de démont
rer que l'isolement d'un groupe musculaire était insuffisamment
réalisé par l'appareil de Mosso. Mais il convient d'abord de remar
quer que les conditions où il s'est placé ne sont pas celles qu'avait
1. Archives italiennes de Biologie, 1890, Xlll, p. 124, 125.
2. Archives de Biologie, 1890, Xlll, p. 127. L'anneau de cuir
doit être bien fixé à la deuxième phalange du doigt, dit Mosso. — La
ligure qui accompagne le texte paraît peu exacte. L'anneau est placé sur
la dernière phalange, près de l'articulation (Id., p. 131).
3. Année psychologique, IV, p. 258.
4. Binet et Vaschide, Examen critique de l'ergogvaphe de Mosso (Année
psi/c/iologique, IV, p. 253-267). 436 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
indiquées le physiologiste italien et que dès lors les critiques qu'il
dirige contre lui ne sont pas tout à fait justifiées. Voici en effet com
ment Müller a procédé.
Trois courroies fixaient le bras; une quatrième était passée sur le
dos de la main, placée la paume vers le bas. Le deuxième et le qua
trième doigt étaient placés dans les tubes. Le médius était enfoncé
dans un doigtier,,/M,s'çu'aw milieu de la première phalange '. Ce disposit
if avait pour but d'éviter les effets de flexion de la. première articu
lation phalangienne 2.
Mais, comme on le voit immédiatement, ce ne sont plus alors les
fléchisseurs des doigts qui jouent le rôle principal, et il n'était peut-
être pas nécessaire, pour le prouver, d'insister très longuement.
Personne, aussi bien, ne s'est jamais avisé de contester ce que Mül
ler avance. Duchenne a démontré que les fléchisseurs propres de
la première phalange sont les interosseux (et, dans une certaine
mesure, les loinbricaux) ; l'importance de ces muscles est évidem
ment essentielle pour l'exécution de l'ergogramme tel que Müller
l'obtient.
Ces réserves faites, la description que donne Müller est bonne;
elle met en lumière le jeu des divers muscles qui interviennent
dans la flexion du doigt, et, d'autre part, les suppléances qui s'éta
blissent peu à peu.
Il faut, cependant, regretter que Müller, faute de distinguer suff
isamment les divers groupes de mouvements qui peuvent déterminer
la forme de l'ergogramme, ait négligé le point capital. Il ne s'agit pas,
évidemment, d'isoler les muscles du bras, comme on isole le gastro-
cnémien d'une grenouille : Mosso, lui-même, n'y a jamais prétendu,
ni ceux qui se sont après lui servis de l'ergographe. Il s'agit d'éviter
les suppléances, dans la mesure du possible. Sans doute, à côté des
fléchisseurs ou des interosseux, d'autres muscles se contracteront
dont l'action est synergique ou antagoniste des leurs. Mais il importe
peu, puisque, dans tous les cas, les fléchisseurs ou les interosseux
seront relativement épuisés et incapables de fournir de nouvelles
contractions. Ce qu'il est indispensable d'éliminer, ce sont les mou
vements du poignet et de l'avant-bras, puis du bras tout entier, de
l'épaule et enfin du corps. Ces mouvements, qui apparaissent peu à
peu et qui prennent de plus en plus d'importance à mesure que la
fatigue augmente, s'inscrivent sur le cylindre comme les mouvements
du doigt; sur le tracé, il est, en général, impossible de distinguer
les dernières flexions du médius des premières tractions du bras.
L'interprétation de la courbe ergographique devient alors illusoire.
Or la question se pose de savoir s'il est possible de limiter l'inte
rvention de ces mouvements parasites, de telle sorte que l'ergogramme
reste significatif; et c'est l'expérience seule qui peut répondre. De
fait, certains artifices permettent sinon de supprimer complète
ment les mouvements du bras, du moins d'en réduire de beaucoup
1. Müller, /. c\, p. 5.
2. C'est le dispositif de Hoch et Kraepelin. MOUVEMENTS 427
l'importance. C'est ainsi que l'emploi d'un doigtier1 articulé, com
biné avec une immobilisation convenable de la main, du poignet et
da bras, donne des résultats très satisfaisants.
Il est d'ailleurs incontestable qu'on n'a pas toujours tenu compte,
comme il l'aurait fallu, du jeu des suppléances et que les résultats
de bien des expériences dont quelques-unes sont classiques, sont
viciés par cette cause d'erreur.
Müller montre justement, à ce propos, que les expériences de
Mosso sur la fatigue des centres nerveux à la suite du travail muscul
aire sont d'une interprétation beaucoup moins simple qu'il ne pou
vait le sembler. Mosso avait constaté, au moyen de son ergographe,
que l'excitation électrique du nerf, continuée jusqu'à épuisement du
muscle, laisse à celui-ci « un reste d'énergie qui peut être utilisée par
la volonté, et vice versa, la volonté laisse un reste de force qui peut
être utilisée et mise en action par l'électricité ». Mosso excitait le
nerf médian. Avec le dispositif qu'il avait adopté, certains muscles
peuvent intervenir, lesquels ne sont pas sous la dépendance de ce
nerf : il en est ainsi des interosseux innervés par une brandie du
cubital. Si donc à une série de contractions provoquées par l'exci
tation électrique du médian, succède une série de contractions
volontaires, on peut se demander si celles-ci ne sont pas dues à
l'action de muscles différents. Müller a cherché à vérifier cette
hypothèse, en épuisant simultanément par faradisation, les fléchis
seurs et les interosseux. « Dans ces conditions, les phénomènes
décrits par Mosso ne se produisent pas. Malgré des essais répét
és, il ne fut pas possible d'obtenir les courbes caractéristiques
que Mosso a données (fit/. 34, 35, 36 du travail de Mosso-). »
L'intervention des mouvements du bras est, d'autre part, une
cause d'erreur fréquente. Certains ergogrammes présentent, après un
ensemble de soulèvements régulièrement décroissants, toute une
s;';rie de plus faibles et de hauteur constante; cette
série est parfois fort étendue : elle peut se prolonger pendant plu
sieurs minutes. Ce phénomène a reçu diverses interprétations. Il est
très probablement dû, dans bien des cas, aux tractions du bras et
de l'épaulé. Cette opinion, que défend Millier, a été soutenue déjà
par Rinet et Vaschide:!, dans un article dont les conclusions sont,
sur plus d'un point, confirmées par les recherches de l'auteur all
emand.
On a fait a l'ergographe d'autres objections et l'une des principales
est que cet appareil ne permet pas d'épuiser le muscle. 11 est certain
:!. Voir, dans l'article cité de Binot et Vaschide, le doigtier que ces auteurs
ont fuit construire. Ce doigtier immobilise la première phalange du médius
(Année psychologique, IV, p. 260).
2. Müller, l. t\, p. 24.
3. Année IV, p. 259. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 428
que le médius, épuisé par un poids de 5 kilogrammes, est encore
capable de soulever un poids de I kilogramme, et ainsi de suite.
Binet et Vaschide, Franz et surtout Trêves1 ont. insisté sur ce point.
L'ergogramme ne représenterait qu'une faible partie du travail qu'un
groupe musculaire est capable de fournir et, par conséquent, ne
saurait donner que des indications douteuses sur l'état de sa fatigue.
D'autre part, l'ergographe ne mesure qu'imparfaitement la force
musculaire d'un sujet (Binet, Franz), et il ne convient certainement
pas dans l'examen comparé des individus2.
Ces critiques sont fort justes, mais elles n'impliquent pas qu'il
faille rejeter l'ergographe à poids constant. Il n'a pas donné tout ce
qu'on en attendait; c'est qu'on s'en est souvent servi sans le com
prendre. Il ne se prête sans doute pas à toutes les recherches; mais
il rend, dans telle ou telle question, de précieux services : les expé
riences de Hoch et Kraepelin en témoignentassez clairement. L'erg
ogramme représente la courbe d'épuisement d'un muscle pour un
certain poids et rien de plus. Il importe peu qu'il ait une significa
tion absolue. Il constitue une donnée précise et bien déterminée.
Indicateur commode et sensible, il renseigne exactement sur les
conditions dans lesquelles le travail musculaire a été effectué, et il
permet d'apercevoir des phénomènes qui, sans lui, eussent échappé
à l'observation. Seulement l'ergogramme ne possédera de valeur
vraiment significative que si les conditions qui en déterminent
la forme sont parfaitement connues en général. A cet égard, la
mémoire de Oseretzkowsky et Kraepelin sera fort utile. Les
auteurs ont eu le grand mérite de poser nettement et parfois de
résoudre certaines questions qui surgissent constamment au cours
des expériences et dont la discussion a cependant été trop négligée.
L'étude systématique des conditions du travail ergographique à
poids constant a été ébauchée par Maggiora; mais elle n'a pas été
achevée et, si les travaux de détail qui se sont multipliés à la suite
des recherches de Mosso et de ses élèves n'ont pas donné tout ce que
la méthode du physiologiste italien semblait promettre, c'est peut-
être à la méconnaissance de ces conditions qu'il faut l'attribuer
pour une part. Souvent les exercices ergographiques paraissent ins
titués un peu au hasard. La valeur du poids à soulever, le rythme
des soulèvements sont choisis arbitrairement. C'est une pratique
évidemment fâcheuse et qui, de fait, a conduit quelquefois à des
conclusions erronées.
Oseretzkowsky et Kraepelin ont examiné les variations du travail
fourni par le muscle, en fonction des pauses séparant les courbes
ergographiques, du rythme des soulèvements, du poids à soulever.
Ils ont étudié ensuite les effets du travail physique et mental, de
1. Trêves, /. c, p. 43 et suiv., en particulier.
2. Voir Minet, article clic, p. 265. MOUVEMENTS 429
l'alcool et de la caféine. La répartition des exercices a fourni
quelques données sur l'influence des repas et de l'heure de la
journée où ils étaient exécutés. L'ensemble des expériences a enfin
donné lieu à d'intéressantes observations sur les relations entre le
nombre et la hauteur des soulèvements, les formes de la courbe de
fatigue, etc.
Tous ces résultats sont importants; il convient d'en rendre
compte en détail^.
I. Le travail fourni est évidemment mesuré par le nombre des
ergogrammes et par leur longueur. Mais la longueur d'un ergogramme
dépend de la résistance du sujet; elle diminue à mesure qu'il se
fatigue. Plus, donc, les temps de repos, séparant les courbes success
ives, seront brefs, plus aussi les effets de la fatigue s'accumuleront;
les tracés deviendront courts et, malgré leur nombre, le travail effectué
sera faible. Il en sera de même, si les pauses sont longues : le
nombre des ergogrammes sera alors très petit 11 existe donc un
temps de repos intermédiaire favorable à la production d'un travail
maximum. Ce temps varie naturellement avec les personnes et les
conditions d'expériences. Dans le cas particulier, pour un poids de
5 kilogrammes soulevé 60 fois par minute, il mesure environ
2 minutes. Les pausen étudiées étaient de 1, 2,3 minutes (6 séries
d'expériences dans chaque cas) et de 5 minutes (4 séries, qui, appar
tenant à une époque où le sujet n'était pas entraîné, ne sont pas
tout à fait comparables aux précédentes). La durée moyenne d'une
série comptait un peu plus d'une heure. En, calculant la longueur
moyenne du tracé (en mètres) fournie par minute du temps employé
à l'expérience, l'auteur trouve les nombres suivants :
Pauses de.... 5 min. 3 min. 2 min. 1 min.
Tracé moyen. 0,110 0,204 0,217 0,184
Mais il faut tenir compte du fait que les expériences avec pauses
de 5 minutes sont antérieures aux autres et que le sujet était alors
peu exercé. En comparant, en effet, les premiers ergogrammes
de chaque série, il vient pour la longueur du tracé (en centimètres).
5 min. 3 min. 2 min. 1 min.
100 126 126 132
La comparaison rigoureuse ne peut, dès lors, porter que sur les
pauses de 3,2 et 1 minutes. On voit que la pause de 2 minutes est
particulièrement favorable. Les résultats sont un peu différents, si
l'on compare non pas les tracés fournis dans l'unité de temps, mais
les longueurs totales des obtenus pendant les expériences
(qui duraient environ 1 heure).
1. L'ergographe est celui qui a été employé par Hoch (Voir Psychol. Arbeit
en, I, p. 380). Oseretzkowsky a servi de sujet dans toutes les expériences. 430 ANALYSES niHLTOGRA^HIOUES
Pauses de 3 min. 2 min. 1 min.
Tracé en mètres 13,18 13,03 1 i ,80
Nombre des ergogrammes. . 18 25 48
Le désaccord tient à ce que les durées des expériences n'étaient
pas tout à fait égales (p. 591. Les indiquées à la page 589 ne
seraient alors pas exactes).
L'apparition des phénomènes de fatigue varie naturellement avec
la longueur des repos : ils sont d'autant plus tardifs que les pausesv
sont plus considérables. Mais il est intéressant de constater que, à la
suite d'un travail prolongé, les différences s'atténuent. On pouvait
s'attendre, au contraire, à voir les effets de la fatigue s'accumuler
d'autant plus vile que les temps de repos étaient courts. L'auteur
cherche à expliquer ce résultat singulier, en distinguant« la fatigue
totale » qui dépendrait, de la somme de travail fourni et la «
partielle » qui se manifeste à chaque nouvel ergogramme. Mais,
comme il le remarque, « il est très difficile de se représenter clair
ement ce phénomène complexe ».
IL Le rythme des contractions musculaires a, comme on sait, une
influence capitale sur la forme de Tergogramme. Maggiora a montré
que, avec un rythme de 10 secondes, un travail prolongé longtemps ne
provoque aucun signe de fatigue. Les rythmes rapides ont été beaucoup
moins étudiés '. Les recherches de l'auteur sur ce point comprennent
15 séries d'expériences : 5 pour le rythme 120, c'est-à-dire tel qu'un
soulèvement a lieu chaque demi-seconde, 4 pour le rythme 60 (un par seconde) et 6 pour le rythme 30 (un soulèvement
toutes les 2 secondes). Le poids était de 5 kilogrammes; les pauses
entre les ergogrammes de 5 minutes2. En voici les résultats (10 erg
ogrammes successils ; totaux) :
Rythmes 120 60 30
Nombres des soulèvements 398 328 311
Rapports 1 00 82,4 78,1
Tracés en mètres 7,88 6,31 6,03 100 80,1 76,5
Hauteurs de soulèvement en millimètres. 20,2 19,3 19,3
Rapports 100 95,5 &5,5
On voit que le travail fourni (tracé multiplié par le poids à sou
lever) est d'autant plus considérable que le rythme est plus rapide.
C'est le nombre des soulèvements qui varie dans une forte propor
tion et qui détermine essentiellement les differences entre les trois
groupes d'expériences : le rythme rapide augmente le nombre des
contractions. La hauteur moyenne des soulèvements est également
un peu plus forte pour le rythme 120 que pour les deux autres. Mais
il est à remarquer que le poids, animé d'une certaine vitesse, est
1. To//1, sur cette question, l'article que nous avons, Aars et moi, publié
dans V Année psychologique, VII, p. 189.
2. Le sujet exécutait 11 ou 12 ergogratnmes dans chaque série: MOUVEMENTS 4^1
lancé comme une sorte de projectile et que son ascension ne cor
respond pas exactement au mouvement du doigt. C'est là une des
causes d'erreur dues à l'inertie du poids; il en est d'autres, ana
logues, qui tendent au même résultat : la différence des hauteurs
moyennes serait factice. Quoi qu'il en soit, et en tenant compte de la
signification qu'il convient d'attribuer, d'après Hoch et Kraepelin,
aux variations du nombre des soulèvements, il est naturel de supposer
que l'augmentation du travail est en rapport avec les modifications
qui interviennent dans les centres moteurs, excités par un rythme
rapide. Quand les flexions se succèdent à longs intervalles, la mise
en train de l'appareil musculaire exige chaque fois un nouvel effort.
Au contraire, quand la, succession est rapide, la mise en train est
faite une fois pour toutes et le fonctionnement de l'appareil en
quelque sorte automatique : la dépense d'énergie est moindre.
III. Toutes choses égales d'ailleurs, le travail musculaire fourni
avec un poids léger (4 kilogrammes) est plus considérable qu'avec
un poids lourd (6 kilogrammes). Oseretzkowsky a employé des poids
de 4, 5 et 6 kilogrammes. Le rythme était de un soulèvement par
seconde; les ergogrammes étaient séparés par un intervalle de
2 minutes. Il semble que 25 ergogrammes successifs étaient exécutés
dans chaque série (4 pour les poids de 4 et G kilogrammes; 6 pour
le poids de 6). Voici les résultats moyens de 20 ergogrammes
chaque poids :
4 kilogrammes [> kilogrammes G kilogrammes
Kilogrammètres 93,13(100) 54,66(58,7) 48,19 (51,8)
Nombre des soulèvements. .. 955(100) 606(63,5) 538(56,3)
Hauteur moyenne en millim. 24,3(100) 18,0(74,1) 14,8(60,9)
On voit que le travail diminue avec l'augmentation du poids ; la
chute est singulièrement forte de 4 à 5 kilogrammes; mais il con
vient de remarquer que les expériences faites avec le poids de 5 kil
ogrammes sont d'une époque où le sujet était moins entraîné : les va
leurs relatives au poids de 5 kilogrammes sont, par conséquent, un
peu faibles. — D'autre part, les signes de fatigue apparaissent plus tôt
avec le poids léger. Le tracé donné par le second ergogramme
mesure, en moyenne, les 81,2 centièmes de celui du premier. Au
contraire, le tracé obtenu avec le poids de 6 kilogrammes augmente
d'abord; il compte, au second ergograinme, 125,1 centièmes, puis
repasse par la valeur initiale (100) au sixième. L'auteur qui admet
que la fatigue est, pour une part, fonction du travail (mécanique)
remarque que celui-ci était, dès le début, moins considérable dans le
cas du poids lourd que dans le cas du poids léger. Le fait ainsi
s'explique aisément. Mais il faut se rappeler que la fatigue n'est pas,
en général, simplement proportionnelle au nombre des kilogram
mètres effectués. Des travaux, de valeur identique, mais accomplis
dans des conditions différentes, donnent lieu à des états de fatigue
différents (Voir Armée psychologique, VU, 197-198). Quoi qu'il en
soit, plus le travail serait considérable au début de la série, ou de
l'ergogramme isolé, plus la chute serait rapide et profonde : Un tra- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 432
vail, d'abord médiocre, décroîtrait plus lentement (p. 682). Cette affi
rmation n'a évidemment qu'une valeur très générale. Elle n'est pas
vérifiée par toutes les séries de mesures que donne l'auteur. Ainsi
l'ensemble des ergogrammes, effectués avec poids différents, montre
que pour le poids de 4 kilogrammes le travail diminue plus lent
ement que pour les poids de 5 et de 6 kilogrammes ; et cependant, le
travail fourni au premier exercice, avec le poids faible, est le plus
considérable (p. 60G). Il convient de faire la même réserve à propos
des expériences sur les rythmes. Le travail du début est sensibl
ement le même avec le rythme de 120 ou celui de 60; la chute est
néanmoins beaucoup plus rapide dans un cas que dans l'autre
(p. 600).
Après l'examen des conditions externes, si l'on peut ainsi parler,
du travail musculaire, les auteurs en étudient les conditions internes,
lesquelles dépendent de l'état du sujet.
IV. Influence du travail physique et du travail mental. — Le travail
mental durait chaque fois une heure ; il consistait en additions
(3 expériences) en mémorisation de chiffres (4 expériences), puis en
additions avec distraction — lecture à haute voix entendue pen
dant le travail (1 expérience) et en additions accompagnées de
rédaction. Le travail physique était représenté par une promenade
de une heure.
Avant et après le travail, le sujet donnait 6 ergogrammes (poids :
5 kilogrammes ; rythme : 60 ; pause : 2 minutes). D'autres expé
riences (4) où le travail était remplacé par un repos de une heure
(mais quel repos?) servent de terme de comparaison. Voici les
résultats moyens des séries les plus complètes ; les nombres
expriment la longueur du tracé en centimètres.
REPOS ADDITIONS MÉMORISATION PROMENADE
AVANT API1KS AVANT APHKS AVANT APHKS AVANT AI'RKS
681 715 794 660 694 649 753 666
(iOO) 122,3) (100) (105,2) (105,0) (100) (100)
L'augmentation qui suit une heure de repos est insignifiante ; elle
est probablement due à l'entraînement. De même les additions sont
sans grande influence. Au contraire, la mémorisation des chiffres a
un effet très net. Le contraste est d'autant plus curieux, que le der
nier exercice exige un effort soutenu et fatiguant.
L'auteur tend à admettre une excitation psychomotrice résultant
des mouvements d'articulation qui se produisent pendant la mémori
sation'. Cette interprétation est en accordavec le fait quel'allonge-
1. J'ai observé un effet, analogue à la suite du travail mental prolongé.
Tracé moyen fourni après 2 heures de travail sérieux : 84ir"',5. Après une

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