Généralités. Applications générales et sociales - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 604-614

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 604-614
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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a) Généralités. Applications générales et sociales
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 604-614.
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a) Généralités. Applications générales et sociales. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 604-614.
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orthogonaux, avec le procédé de la suggestion suggestive d'éléments
conscients dans un complexe sensoriel.
On ne peut dénier à Benussi une grande originalité. Mais, dans la
mesure où l'on peut juger ses procédés, trop brièvement indiqués en
ce qui concerne la technique de la suggestion elle-même, on hésite à
accorder • pleine confiance aux résultats obtenus. Le souvenir des
méthodes d'analyse mentale utilisées du temps de Charcot par
hypnotisation des hystériques est bien fait pour rendre prudent,
quand on voit reprendre des procédés qui au fond sont identiquement
les mêmes. H. P.
HULSEY CASON. — Influence of Suggestion on Imagery in a group
situation {Influence de la suggestion sur la formation d'images grou~
pees). — J. of Abn. Ps., XX, 3, 1925, p. 294-299.
5 séries de 12 stimuli destinés à provoquer des images visuelles,
gustatives, auditives, olfactives et douloureuses sont présentées à
181 sujets qui sont prévenus que vraisemblablement les six premiers
stimuli ne leur procureront que des images faibles, les six derniers
au contraire des images nettes. Ils doivent apprécier par une notation
allant de 0 à 6 le degré de précision de leur image. Cette expérience
est destinée à prouver la puissance de la suggestion puisque en totali
sant les points, on constate que chez huit sujets sur neuf, on obtient
un nombre plus grand pour le deuxième groupe de stimuli que pour
le premier. Là généralité du phénomène permet peut-être, en effet»
de supposer une intervention de la suggestion, mais on ne peut
avancer qu'avec prudence une telle assertion, la vivacité des images
était au premier chef en rapport avec l'affectivité du sujet, parfa
itement ignorée de l'expérimentateur. Les nombreux calculs et évalua
tions ne doivent pas nous donner le change sur ce genre d'expérience,
d'un caractère surtout qualitatif, et dont l'expression quantitative
n'a rien d'absolu. M. L.
XIV. — Psychologie Appliquée.
1° Applications générales, industrielles et sociales
a) Généralités. Applications générales et sociales
LOYAL CRANE. — A plea for the training of psychologists [Pour
former des psychologues). — J. of Abn. Ps., XX, 3, 1925, p. 228-234.
En Amérique — et a fortiori, combien davantage en France — le
psychologue, considéré souvent comme la cinquième roue du ca-
rosse, ne rencontre qu'une médiocre estime auprès des médecins, des
philosophes et du grand public. L'auteur propose de « légitimer »t
son crédit en ne décernant le titre de psychologue qu'à des individus
justifiant d'une formation spécialisée. L'enseignement comporter
ait quatre années d'études : durant les deux premières, il porterait
surtout sur les sciences médicales fondamentales (Anatomie — • PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 605
Physiologie — Embryologie et Histologie — Chimie physiologique —
Neurologie et Neuropathologie). Les deux dernières porteraient
davantage sur les problèmes psychologiques techniques.
L'auteur dresse le tableau complet des matières avec leurs divers
coefficients d'importance qui ne sont pas toujours très heureuse
ment choisis. La psychologie sociale ne représente que 5 ° /° du temps
consacré à l'enseignement et pendant la deuxième année seulement,
tandis que la industrielle en utilise seulement 10 °/° la
troisième année. En revanche, il consacre à la technique de la psy
chanalyse le quart de son enseignement de quatrième année, ce qui,
à tout prendre, paraît un peu excessif. M. L.
H. K. NIXON. — Popular answers to some psychological questions
(Réponses populaires à quelques questions psychologiques). ■ — Am.
J. of Ps., XXXVI, 3, 1925, p. 418-423.
On trouvé chez les jeunes étudiants un certain nombre de croyances
populaires qui déterminent souvent la direction de leur intérêt sur
certaines questions psychologiques, et le professeur doit lutter pour
ramener leur attention sur des problèmes plus scientifiques. Pour
faire une étude expérimentale de ces croyances, l'auteur a rédigé
un questionnaire comprenant trente affirmations de ce genre : un
enfant vient au monde avec une connaissance innée du bien et du
mal ; on peut lire l'avenir dans les lignes de la main, ou dans les pla
nètes ; un 13 ou un vendredi portent malheur ; des mains longues
indiquent une nature artistique ; la volonté a un pouvoir sur tous
les défauts du corps et de l'esprit ; un menton carré est signe de vo
lonté, etc.. 359 étudiants des deux sexes ont été appelés à exprimer
leur opinion sur la valeur de ces jugements. La classification sta
tistique des réponses, leur répartition dans les deux sexes, donnent
lieu à d'amusantes remarques. P. G.
E. PICKWORTH FARROW. — Â method of Self Analysis (Une
méthode d'auto analyse). — Br. J. of Med. Ps., V, 2, 1925, p. 106-
118.
Tenir un « journal intime » est une manie presque générale, tout
au moins à certains âges de la vie ou à l'occasion d'événements spé
ciaux. Mais cette performance relève essentiellement du domaine
de l'introspection, et de ce fait prête à toutes les critiques que l'on
adresse à cette méthode. L'auteur préconise simplement de tenir
par écrit le compte rendu journalier des associations libres formés
au moment même où l'on écrit. On arrive par» ce moyen à déceler les
complexes sous-jacents aussi parfaitement que si l'on avait été
confié aux soins d'un psychanalyste expérimenté. Après onze heures
de travail, l'auteur a découvert qu'à l'origine de son goût pour les
antiquités, se trouvait un désir inconscient de mort prématurée,
et après dix sept heures, qu'à celle de son intérêt pour l'astronomie,
il y avait une admiration d'enfance pour une certaine fleur étoilée.
C'est peut-être acheter un peu cher des révélations de cet ordre mais
tout dépend du point de vue auquel on se place 1 M. L. 606 ANALYSES BJBLlOGßarHlQGES
ROBERT SOMMER. — Psychologie und Organisation der Erfi
nderwesens (Psychologie et organisation des inventions). — Ps. und
Med., 1, 1925, p. 32-36.
Deux traits caractérisent l'inventeur : le sens mécanique, l'apt
itude à former des idées-découvertes. Ces deux traits ne sont pas tou
jours liés : on rencontre fréquemment des inventeurs à qui il manque
le sens mécanique.
Il serait utile de créer un Institut des Inventions destiné à la fois
à aider les inventeurs et à parachever les inventions. L'auteur a fait
une campagne dans ce sens qui a abouti à deux congrès (Giessen,
1922 ; Nuremberg, 1925). Au dernier ont participé, outre les All
emands, les délégués de l'Autriche, de la Sarre, de la Suisse allemande.
L'on y a décidé de poursuivre les efforts en vue de la création d'un
Institut des Inventions, de langue allemande, et de convoquer en
1926 un congrès international des Inventions. I. M.
IRVING C. WHITTEMORE. — The competitive Consciousness
[La conscience dans la compétition). — J. of Abn. Ps.,. XX, 1,
1925, p. 17-33.
L'auteur (Cf. I. of Abn. Ps. XIX, 4, 1924) s'est déjà attaché à
Pétude de l'esprit de compétition. Il a complété les résultats numér
iques précédemment obtenus par l'interrogatoire des compétiteurs
dont il tire, par ce moyen, un certain nombre de données psycholo
giques intéressantes :
Dans la compétition, flya une période d'adaptation, où le sujet
d'une part s'exerce à la tâche à accomplir, d'autre part tente de se
situer par rapport aux autres. L'esprit de compétition est plus dirigé
vis-à-vis d'un individu donné que vis-à-vis du groupe. Le sujet a
aussi le désir de se surpasser soi-même, ceci surtout dans la période
de l'apprentissage. Les préférences en ce qui concerne le travail avec
ou sans compétition s'équilibrent à peu près. A noter que la majorité
des sujets subissent dans une compétition des modifications physio
logiques d'élévation de la pression sanguine, attribuabks à une suré-
rootivité. M. L.
K. RUNGE. — Di« Verletzung der personliehen Freiheit, insbe
sondere auf psychologischem Wege {L'atteinte à la liberté personn
elle, notamment par voie psychologique). — A. f. ges. P., XLIX,
3-4, 1924, p. 245-282.
Extrait d'une dissertation de droit. L'auteur insiste sur la nécessité
po«r le juriste d'utiliser les résultats de l'analyse psychologique.
Le droit moderne distingue, en général, la liberté de décision d'une
part, la liberté d'exécution de l'acte, d'autre part. Après un essai
d'analyse de la volonté l'auteur décrit les diverses formes que peut
affecter l'atteinte à la liberté : violence, menace, ruse, etherisation,
suggestion, hypnose. D. W.
C. LANDIS, R. GULLETTE, C. JACOBSEN. — Criteria of emot
ionality (Critères d'émotivîté). — Ped. Sem., ±925, XXXII, 2,
p. 209-234.
25 sujets ont été classés d'après 19 critères d'émotivité (Tests PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 607
d'émo ti vite, mesures psycho-physiologiques, appréciations subject
ives). Les auteurs donnent, dans une table à double entrée, les in
tercorrélations de rang entre ces classements pris deux à deux. Le
meilleur critérium paraît être l'appréciation subjective de l'émoti-
vité des sujets par leur entourage {35 personnes). Viennent ensuite
l'indice de f atigabilité au Tapping test mesuré après une série d'émot
ions provoquées, les contractions de la face et les mouvements de
la tête, photographiés pendant les épreuves, l'allongement des temps
de réaction. Contrairement à l'opinion courante, on ne peut pas
faire état des variations de la pression artérielle. Le réilexe psycho
galvanique n'a pas été utilisé. A. P.
LEE EDWARD TRAVIS. — The effect of a small audience upon
eye hand coordination {Influence d'un public restreint sur la coor
dination de Vœu et de la main). — J. of Abn. Ps., XX, 2, 1925,
p. 142-146.
Quelle aide peut recevoir, du fait de la présence de son auditoire,
l'élève de piano, jouant en public ?
L'auteur tente de traduire le problème en termes expérimentaux,
et propose d'étudier l'influence d'un public sur l'exécution du test
de coordination sensori motrice de Koerth: une tige flexible devant
être teaue en contact avec une cible tournante, en relation élec
trique avec un compteur permettant de voir la durée de la révolu
tion du disque pendant laquelle le contact a été parfait. L'expérience
a été faite sur 22 sujets soumis d'abord à un apprentissage isolé,
puis à l'exécution du test devant un certain nombre d'assistants.
On a constaté, dans ce dernier cas, une coordination sensori-mo trice
supérieure. Les résultats ne peuvent être considérés comme absolu
ment probants, étant donné le nombre restreint de sujets et de ce
fait la valeur élevée de l'erreur probable de la différence. Mais en
ce qui concerne l'individu lui-même, la présence d'un public accroît
son rendement. Heureux pianistes américains qui paraissent ignorer
le « trac » 1 M. L.
M. SCHORN. — Zur Psychotechnik des Spieles. Der diagnostische
"''" leur Wert diagnostique des Spieles du (Contribution jeu). — Ind. à Ps., la psychotechnique 11-12, 1925, p. du 367-371. jeu. La va~
Certains jeux ont une valeur diagnostique incontestable, car ils
mettent en lumière, d'une façon objective, les différences indivi
duelles dans les fonctions mentales ou motrices. Bien des jeux dits
de sociétés sont des véritables tests d'intelligence ou d'attention,
d'autres montrent la vitesse des réactions, l'adresse ou la vitesse
de « réajustement » mental (Umstellbarkeit). D. W.
C. E. DOWD and A. H. ARLITT. — The relative transfer effects
of supervised play and formal gymnastics (Les jeux surveillés et
la gymnastique formelle comparés au point de vue du transfert de
leurs effets). — J. of appl. Ps., IX, 3, 1925, p. 215-224.
Une trentaine de jeunes filles réunies dans une colonie de vacances
ont été divisées en deux groupes équivalents à tous les points de vue.
Durant une période de cinq semaines un groupe faisait des exer- 608 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cices de gymnastique suédoise, tous les jours, pendant une demi-
heure alors que l'autre groupe se livrait pendant ce temps à des jeux
surveillés. Une série de tests s'adressant à la vitesse et à la préci
sion du mouvement, à la sensibilité kinesthésique et à la coordina
tion sensori-motrice générale étaient appliqués à tous les sujets
avant et après la période d'essai.
On n'a pas constaté de différences significatives entre les deux
équipes. D. W.
G.-G. BRANDENBURG. — Analysing Personality {L'analyse de la '
personnalité). — Personality and vocational achievement {Per
sonnalité et réussite dans la profession). — J. of appl. Ps., IX, 2
et 3, 1925, p. 139-155 et 281-292.
Expériences faites sur les élèves de 3e année d'une école poly
technique. Le premier groupe comprenait 22 sujets, le deuxième
en comptait 25. Les sujets classaient leurs camarades du groupe
d'après différents traits caractéristiques de la personnalité ; précision
dans le travail, enthousiasme, esprit d'entreprise (« agressivity »),
assurance, mémoire, popularité, habileté motrice, tact, intelligence
générale, « sûreté » (reliability) esprit de collaboration (« coopéra-
tivity »), aptitude au raisonnement, information générale, original
ité, sympathie, rapidité dans le travail, intérêts sociaux et civiques,
adresse, sincérité, application, élégance, appréciation de « l'h
umour », habitudes morales. Dans le deuxième groupe on n'envisa
geait que les neuf traits suivants : sens commun, jugement ou tact ;
— sûreté ; — aptitude à diriger ; intelligence générale, aptitude
à apprendre ; — originalité, initiative ; — esprit d'entreprise (« agres
sivity »), énergie, application ; — largeur d'esprit, tolérance ; —
confiance en soi, assurance ; — caractère moral, — justesse, honor
abilité.
L'uniformité de jugement a été assez satisfaisante ; en comparant,
au hasard, les appréciations d'une moitié des sujets du groupe avec
ceux de l'autre moitié, on a trouvé des corrélations qui variaient
pour les différents traits, entre 0,58 et 0,87.
La valeur- de la personnalité exprimée par le rang moyen de tous
les classements a donné des corrélations de 0,51 et de 0,34 avec lo
test Alpha de l'Armée ; de 0,61 et de 0,57 avec le rendement sco
laire dans les deux groupes.
Quelques années après l'achèvement de leurs études (5 ans 1/2
pour le premier groupe ; 4 ans 1 /2 pour le second), les sujets ont été
invités à répondre à une enquête relative à leur activité professionn
elle :
1° Nature du travail ;
2° Travaux, inventions, distinctions honorifiques ;
3° Revenus ;
4° Activités diverses.
Les revenus annuels ont donné, dans les deux groupes, des corré
lations de 0,72 et de 0,46 avec la valeur de la personnalité ; de 0,18
et de — 0,18 avec les résultats des tests d'intelligence ; de 0,32 et de
0,19 avec le succès dans les études.
Il semble aussi qu'il y ait un rapport entre le nombre de travaux PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 609
scientifiques et la valeur de la personnalité : sur 22 travaux signalés
dans les deux groupes, 19 ont été accomplis par des sujets dont la
personnalité était supérieure à la moyenne. La relation entre les tra
vaux scientifiques et le test d'intelligence semble moins nette.
D.W.
A.-H. MARTIN, — The psychological examination of immigrants
(L'examen psychologique des immigrants). — Austr. J. of Psych.,
3, 1925.
Devant le flot d'immigrants qui menace d'inonder l'Australie
à son tour, après les Etats-Unis et l'Amérique du Sud, la sélection
de ces éléments étrangers devient un problème urgent. Jusqu'à
présent cette sélection se faisait uniquement sur une base physio
logique. Mais il est également désirable qu'elle ait lieu sur une base
psychologique, car le degré d'intelligence, de self-control, ou au con
traire de suggestibilité, d'émotivité, d'un individu sont des facteurs
au moins aussi importants pour la constitution d'un bon citoyen
que la constitution physique. ^
Le présent article a pour but de jeter les bases de cette sélection
psychologique, qui n'est pas encore en usage mais dont on envisage
sérieusement l'application prochaine.
La règle générale de toute sélection raciale est la suivante : con
server les types désirables ou favoriser leur immigration, éliminer
les types inférieurs ou indésirables (le critérium de desirabilité étant
généralement le type national prédominant). — De nombreux
exemples historiques montrent les conséquences désastreuses de la
désobéissance à cette règle : une des principales causes de la chute
de l'Empire Romain fut la quasi-disparition du stock originellement
romain, la classe dominante, les Patriciens, disparition causée d'une
part par la dispersion dans les lointaines colonies de l'Empire de ces
éléments supérieurs et proprement romains, d'autre part leur dé
saffection progressive pour les nombreuses familles ou même toute
famille en général ; l'Espagne, de puissance de 1er ordre qu'elle
était au temps de la Renaissance ,< passa au rang de 2e puissance à
la suite des trois ordres d'événements suivants : la perte de ses
meilleurs éléments qui émigrèrent en Amérique ou furent tués dans
les guerres religieuses de l'époque, l'Inquisition qui fit périr la total
ité des intellectuels non conformistes tandis que d'un autre côté
les conformistes entraient dans l'Eglise et par suite
mouraient sans laisser de descendants, enfin l'extermination ou
l'expulsion des Maures qui étaient un élément important d'intellec-
tualité et de culture.
L'exemple des Etats-Unis montre la nécessité pour un pays de
sélectionner ses immigrants, puisque l'émigration est devenue au
jourd'hui facile et sans risques, et que les difficultés énormes
qu'avait à surmonter autrefois l'émigrant et qui constituaient une sé
lection naturelle, n'existent plus. De sorte que durant les 30 années
qui ont précédé la guerre, une vaste horde d'émigrants mentalement
inférieurs s'est abattue sur les Etats-Unis et a submergé le premier
stock (anglais ou nordique en majeure partie) qui lui était très supé-
jieur, précisément parce que sélectionné par des difficultés qui
l'année psychologique, xxvi. 39 «ÎO ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
n'existaient plus alors. Le tableau suivant montre quelle énorme
proportion de types inférieurs, ou même pis, il y a sur une popula
tion de 13.920.692 personnes nées à l'étranger :
Type Nombre Pour cent
Très supérieur. 153 128 1,1
Supérieur 403 700 2,9
Haute moyenne 1016 211 7,3
Moyenne 3 702 904 26,6
2 296 914 Basse 16,5
Inférieur 4 287 573 30,8
Très inférieur . . 2 060 262 14,8
Le tableau suivant montre dans quelles nationalités se recrutent
3a plupart de ces types supérieurs et inférieurs (p. 611).
On constate un déclin général de l'intelligence de la majorité
des immigrants quand on lit les nationalités du haut en bas de la
colonne. Il y a une augmentation graduelle des immigrants de toutes
les nationalités, mais cette augmentation est la plus grande où l'i
ntelligence des emigrants est la plus inférieure, et si la guerre n'était
pas venue arrêter le flot de l'immigration, on se demande avec inquié
tude quels auraient été les résultats de la décade 1911-1920. Depuis
la guerre l'application du système du « quota » a endigué ce flot en
permettant seulement un nombre proportionné d'émigrants de chaque
pays, cette proportion étant basée d'après un recensement qui per
met une prédominance des éléments nordiques, parce qu'ils sont*
des éléments supérieurs et que racialement ils sont désirables pour
les Etats-Unis.
L'exemple des Etats-Unis montre également un autre danger de
l'immigration en masse : il se forme d'importantes colonies étran
gères dont les membres n'abandonnent ni la langue ni les coutumes
de leur pays d'origine et ne s'assimilent pas à leur nouveau pays.
Déjà aux Etats-Unis la population née à l'étranger est légèrement
-en majorité sur la population proprement américaine. Le résultat est
que dans la seule cité de New- York on publie 70 journaux en langue
^étrangère et qu'on peut traverser certains quartiers de cette ville
sans être sûr de se faire comprendre en parlant anglais. Le conflit
inévitable qui se produit entre les traditions américaines et celles
du pays d'origine de l'immigré favorise le développement de la cr
iminalité, et c'est ainsi que Chicago, avec ses 4 millions d'habitants,
-compte plus de crimes annuels que l'Angleterre tout entière. On
ipeut affirmer sans hésitation qu'une immigration en masse d'él
éments étrangers, ayant leurs coutumes propres, détruit l'ordre
établi et introduit des changements qui sont plutôt subversifs que
progressifs. Pour la conservation des traditions nationales austra
liennes il est donc nécessaire de restreindre Pimmigration étrangère,
et en tous cas de favoriser plutôt l'immigration des enfants et dea
adolescents à cause de leur capacité d'éducation. urant les périodes d' Nombres admis à mmigration entre Pour Pour cent de types in Age mental cent de types
supérieurs A et B férieurs D, , D, et Ej, moyen d'après N il Pays d'origine — ^ -^- — ■ d'après les tests de d'après les tests de les Tests
l'Armée l'Armée de l'Armée 1820-30 1871-80 1911-20
19,7 8,7 14,9 Angleterre 22.167 460.479 249.944
13,0 13,6 14,3 Ecosse 2.912 87.564 78.601
10,7 9,2 14,3 Hollande 1.078 16.541 43.718
8,3 15,0 13,9 Allemagne 6.761 718.182 143.945
— — — 12,1 24,1 13,8 Blancs des Ë.-U.
13,4 13,8 Danemark 169 31.771 41.983 5,4
— — — 10,5 19,5 13,7 Canada
19,4 13,3 4,3 Suède
191 211.245 95.074 25,6 4,1 13,0 Norvège
24,0 0,8 12,8 Belgique (V. Hollande) (V. Hollande) (V. Hollande)
4,1 39,4 12,3 Irlande 50.724 436.871 145.937
— 3,4 37,5 12,3 Autriche 72.969 896.342
— — 3,4 42,0 12,0 Turquie 77.098
— — 2,1 43,6 11,9 Grèce 184.201
2,7 60,4 ii',3 Russie 52.254 91 921.957
0,8 63,4 11,3 Italie 408 55.759 1.109.524
0,5 69,9 10,7 Pologne (V. Russie) (V. Russie) (V. Russie) 612 ANALYSES B.BL10GRAPH1QÜES
Une autre conséquence de la brusque transplantation n'est éga
lement pas à négliger : des individus qui dans des conditions ordi
naires auraient satisfait passablement à leurs devoirs sociaux, se
trouvent, quand brusquement déracinés, entièrement incapables
de s'adapter à leur nouvel environnement. Il en résulte qu'ils doivent
être admis dans les asiles comme aliénés ou comme débiles mentaux,
ce qui constitue une nouvelle charge pour l'Etat, sans compter leur
criminalité latente ou effective. Dans l'Etat de New- York (Etats-
Unis) un rapport datant du 1er janvier 1923 montre que 46 °/° des
malades soignés dans les asiles d'aliénés sont nés à l'étranger, et que
22 °/° sont nés en Amérique mais de parents étrangers, soit un total
de 68 °/° des maladies mentales imputables à l'immigrant. Dans 1&
même ordre de choses on constate en Australie des résultats sem
blables : tandis que la proportion d'aliénés pour la population an
glaise est seulement de 3,8 pour 1000, cette proportion s'élève à 29
pour 1000 pour la population née à l'étranger :
Nombre de Population personnes soProportion de dan» les NouvPays d'origine ignées dans l'amalades pour elles Galles sile gouverne 1000 habitants du Sud (1922) mental (1923)
2.081.000 9.122 3,18 Grande Bretagne et Colonies . . .
Etranger 18.337 540 29
2.099.337 9.662
De tels faits font entrevoir la menace que peut devenir l'immigra
tion étrangère. Il est absolument nécessaire qu'une législation spé
ciale soit votée pour que le droit d'entrée absolu et inconditionnel
ne soit pas accordé à l'immigrant avant une période d'épreuve de
5 ans, et que, si dans cette période d'essai des symptômes de maladies
mentales se manifestent, l'immigré soit rapatrié.
Pour parer au danger d'une immigration inconsidérée, l'auteur
propose les mesures suivantes :
1° L'établissement d'un « quota » proportionnel qui permette de
limiter le nombre des immigrants étrangers à la quantité qui pourra
être facilement assimilée et « australianisée ».
2° L'examen de tous les immigrants, anglais ou étrangers, au
moyen de tests d'intelligence très simples, afin d'exclure les indi
vidus qui n'atteignent pas un niveau mental suffisant.
3° L'examen des immigrants anglais au moyen de tests de sta
bilité émotionnelle,, et l'examen serré de tous les immigrants étran
gers par des psychiatres qualifiés.
4° Une législation permettant la déportation des aliénés ou des
débiles mentaux ayant résidé moins de 5 ans dans le pays.
5° L'adjonction au personnel actuel faisant l'inspection médi
cale d'autres membres qualifiés pour l'inspection psychologique.
C. N.-P.

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