Généralités. Applications générales et sociales - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 744-753

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 744-753
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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a) Généralités. Applications générales et sociales
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 744-753.
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a) Généralités. Applications générales et sociales. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 744-753.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_5004ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'intelligence mécanique serait une résultante de g et m.
Ces symboles nouveaux ne sont certes pas sans intérêt et sans va
leur pout» une simplification d'expression; mais ils ne laissent pas
d'être dangereux dans la mesure où ils sont réellement pris comme
révélateurs d'entités, se suffisant à elles-même- et remplaçant les
facultés d'antan par des unités non définies et plus ou moins mystér
ieuses. Une -formule de type algébrique représentant des processus
ne doit pas aller jusqu'à faire méconnaître la complexité de ces
processus. Pour les besoins de la pratique, on peut parler d'aptitude
mécanique, on peut même la symboliser ; mais de là à mettre sous
cette aptitude, une sorte de deus ex machina dont on participerait
plus ou moins, une de « grâce » dont les tests mesureraient vra
iment le taux qui est départi à chacun, cela ne va guère avec ce que
la biologie nous apprend du fonctionnement des organismes.
Il est vrai que les généticiens usent aussi des symboles pour les
« facteurs » héréditaires ; mais quand ils en font des entités réelles,
ils ne sont pas plus heureux, à mon avis. H. P.
1051. — LL. WYNN JONES. — Individual diîîerences in Mental
Inertia {Différences individuelles en matière d'inertie mentale). —
J. of N. I. of Ind. Ps., IV, 4, 1929, p. 282-295.
Peut on mesurer l'inertie mentale d'un individu considérée comme
l'inverse du facteur de. Spearman ?
Un certain nombre de tests ont été proposés : 1° Psychologiques
(nombre de noms débutant par. une lettre déterminée, à trouver en
un temps déterminé ; nombre de noms d'animaux à dans
les mêmes conditions ; test de tache d'encre de Whipple) ; 2° Moteurs
(test d'écriture sans barrage de t ; ou pointage d'i ; écriture à l'envers
des nombres) ; 3° Sensoriels (adaptation à une faible lumière après
éclairage intense ; étude de fusion d'un disque rotatif bicolore).
Ces tests ont été appliqués à des mélancoliques et à des maniaques
dont les psychoses mettent en évidence cette tendance à l'acti
vité ou à l'inertie. L'auteur estime insuffisants les résultats obte
nus. M. L.
XIV. — Psychologie appliquée
1° Applications générales, industrielles et sociales
a) Généralités. Applications générales et sociales x
1052. — CH. S. MEYERS. — Industrial Psychology. — In 10 de
252 pages, de la Home University Library, Londres, Thornton
Butterworth, 1929.
Ce, petit livre, édité par Myers, et présenté par lui, comporte une
série de mises au point, toutes dues à ses collaborateurs de l'Institut
i. Voir aussi les n<" 696, 816, 818, 830, 990. APPLICATIONS GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 745
de Psychologie industrielle de Londres, sauf la première étude, de
James Drever, sur la question générale du facteur humain dans les
relations industrielles, envisagée au point de vue des tendances, des
instincts, des processus de répression, et des rapports entre l'individu
et le groupe.
C'est Hudson Davies qui examine V influence sur le travail du mil
ieu, mental et physique, avec des paragraphes consacrés à l'aéra
tion, à la température et à l'humidité, à l'éclairage naturel et artifi
ciel, aux vibrations et aux bruits. De Rex Knight, le chapitre ?ur
travail et repos (durée du travail, répartition des pauses) ; de G. H.
Miles et A. B. Eyre, celui sur facilité et vitesse de travail ; de A. Angles,
sur les temps perdus dans la journée de travail, de G. Stephenson,
sur les accidents ; de F. M. Earle sur la mesure de V intelligence, et des
aptitudes, de A. Macrae sur le choix de la profession, de Winifred
Spielman sur la sélection des. travailleurs, de Sheila Bevington sur la
psychologie industrielle et le bien-être des travailleurs, de F. W. Lœwe,
sur les aspects économiques de la psychologie industrielle et enfin de
W. R. Dunlop sur les relations de la psychologie industrielle et de
V agriculture.
Ces exposés variés, clairs, appuyés d'une petite bibliographie,
donnent un apençu d'ensemble de tous- les grands problèmes que l'i
ndustrie peut poser à la psycho-physiologie et cela, sous une forme suc
cincte, mais en s'appuyant souvent sur des données de fait et des
indications numériques. Ils conviennent au public cultivé qui a la
curiosité de se tenir au courant des efforts modernes d'application
de la science à la pratique complexe de la vie sociale. H. P.
1053. — CH. S. MYERS. — 1^ psychologie industrielle en Grande-
Bretagne. — Rev. de Ps. concrète, 1, 1, 1929, p. 121-131.
Le travail inauguré pendant la guerre par le « Comité d'Hygiène
pour lés ouvriers des usines de munitions » s'est continué grâce aux
efforts de 1' « Industrial Fatigue Research Board » et du « National
Institute of Psychology » dirigé par l'auteur.
Après un exposé de l'organisation et des principaux travaux de ces
importantes institutions, M. résume trois rapports du Bureau de
recherches, le n° 43 (Étude de la crampe des télégraphistes), le
n° 48 (L'humidification artificielle dans le tissage du coton, et son
effet sur le pourcentage des maladies parmi les ouvriers), et le n° 51
(Étude sur les absences des ouvriers dans un groupe de dix houillières),
et expose les résultats des enquêtes, une fabrique de tapisseries
et dans une imprimerie, faites par les soins de l'Institut, ainsi que
deux expériences d'orientation professionnelle. H. P.
1054. — M. SCHORN. — Karl Marbe und die Anwendun? der
Psychologie im Wirtschaftsleben [Karl Marbe et V application de la
psychologie à la vie économique). — Ind. Psychot., VI, 8-9, 1929,
p. 241-248.
A l'occasion du 60e anniversaire de M., son élève S. rappelle les
travaux sur « l'Uniformité des faits psychiques » dont M. a montré
l'importance pratique, notamment dans le domaine de la réclame.
Il a, en outre, par ses travaux personnels et ceux de ses élèves, con
tribué puissamment à l'étude de la psychologie des accidents. D.W. 746 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1055. — M. S. VITELES. — Psychology and Psychiatry in Indust
ry. The Point of View of a Psychologist (Psychologie et psychiatrie
dans Vindustrie. Le point de vue d'un psychologue). — Ment. Hyg.,
XIII, 2, 1929, p. 361-377.
V. croit que le psychologue est mieux indiqué que le psychiatre
pour le travail dans l'industrie : 1° parce qu'il a une attitude objec
tive ; 2° parce qu'il est orienté vers le normal. D. W.
1056. — L. LUGIATO. — II delirio délia rapidita (Le délire de rapid
ité). — Riv. di Psic, XXV, 2, 1929, p. 139-150.
La tendance à accélérer le rythme de la vie s'accentue de plus en
plus, surtout depuis la Grande Guerre. Dans le domaine moral, l'i
ncertitude de demain a créé chez la génération qui a vécu la guerre
un besoin d'exploiter le présent d'une façon plus intense. La généra
tion d'aujourd'hui a hérité de ce désir. Elle est gagnée par ce que L.
appelle « le délire de la rapidité ». L. signale les périls de ce phéno
mène social pour diverses branches de l'activité humaine. Ces dan
gers sont : dans les professions libérales, les carrières administratives
ou artistique : l'arrivisme à outrance. La jeunesse perd le goût de
préparations patientes — période indispensable à la formation des
individus. Dans le commerce, 'dans Pindustrie : la rapidité de l'exé
cution a pour conséquence la diminution de la qualité. Phénomène
international que la législation italienne tente d'enrayer chez elle,
du moins dans le domaine de la préparation de la jeunesse à la vie.
S. H.
1057. — N. AGH. — Psychologie und Technik bei Bekämpfung von
Auto- Unfällen (Psychologie et technique dans la lutte contre les acci
dents d'auto). — Ind. Psychot., VI, 3, 1929, p. 87-97.
Le nombre d'accidents d'automobiles à Berlin a passé de 12.660
en 1926 à 34.360 en 1928 et sur le total des voitures en circulation,
le pourcentage des voitures ayant eu un accident a été de 24,8 % en
1926 pour atteindre 42,0 % en 1928.
Dans 70 % des cas, la faute était imputable au conducteur. Le
problème des accidents d'automobiles est donc un problème de psy
chologie. A. analyse la mentalité du chauffeur et signale, notam
ment, l'importance des facteurs du caractère et du tempérament.
A. pense qu'un enregistreur de vitesse placé sous les yeux du
conducteur amènerait celui-ci à éviter les excès de vitesse. D. W.
1058. — L. N. DIAKOV. — Méthodes psychotechniques dans la
réglementation de la vie urbaine et dans la prévention des accidents
de la circulation. — R. Se. tr., I, 3, 1929, p. 362-388.
Parmi les causes responsables d'accidents de la circulation, la
question de l'éclairage des véhicules rapides est une de celles qui ont
retenu depuis longtemps l'attention. En particulier, l'éblouissement
causé par des phares trop intenses a été reconnu producteur d'une
multitude dlaccidents de nuit. L'auteur a expérimenté avec sept
types différents de phares, pour déterminer celui qui permettait une
visibilité suffisante à une distance assez grande, en causant le min
imum d'éblouissement aux conducteurs de véhicules venant en sens APPLICATIONS GENERALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 747
inverse. A la suite de ses recherches, les phares à verres striés ont été
reconnus les plus convenables à ce triple point de vue. Leur puis
sance ne doit pas dépasser 25 watts, leur position doit être telle
qu'elle permette l'incidence des rayons au sol suivant un angle d'au
moins 8 p. c, et ils doivent être munis de rhéostats permettant de
réduire de moitié l'intensité durant le passage de zones suffisamment
éclairées. Les conclusions ont été immédiatement transformées en
prescriptions obligatoires par le bureau des Soviets de Moscou. L'au
teur poursuit d'autres recherches pour la détermination des vitesses
à prescrire aux véhicules.
En ce qui concerne les moyens propres à éviter les accidents de la
circulation, il estime que les avertissements donnés par signaux et
affiches peuvent être très efficaces. Il a donc cherché à sélectionner
parmi une série d'affiches « d'avertissement » celles qui, de l'avis
d'une forte majorité de sujets étaient le plus propres à être remarquées
et à frapper fortement l'esprit. Il ne publie pas encore de résultats
permettant de juger des modifications apportées aux statistiques des
accidents par l'introduction de telles méthodes, mais sa recherche est
assez bien menée pour que l'on puisse fonder dessus d'assez sérieuses
espérances. M. F.
1059. — A. GRUB, — Zur Psychologie der Eisenbahnunglücke und
Eigenbahnunfälle [Contribution à la psychologie des catastrophes
et accidents de chemins de fer). — A. f. ges. Ps., LXXIX, 1-2, 1 929,
p. 207-282.
Etudes inspirées des théories de Marbe et qui visent surtout à
l'analyse des facteurs psychologiques dans les accidents de chemins
de fer. Ayant ex«miné les actes judiciaires se rapportant à 100 catas
trophes de chemins de fer imputables aux agents de service, G. relève
parmi les facteurs les plus fréquents : l'insuffisance
de l'attention distribuée (61 %), de surveillance (50 %), de l'atten
tion concentrée (50 %), du manque de conscience professionnelle
(46 %) ; de réflexion (37 %) ; d'observation (31 %). Les agents qui
causent le plus souvent des dégâts matériels sont encore ceux qui
ont été le victime d'accidents au cours de leur service,
— ce qui confirmerait la thèse de Marbe sur l'existence d'une prédis
position spéciale aux accidents.
Sur un groupe de 176 manœuvres de trains sélectionnés par des
tests psychotechniques, les 88 qui étaient meilleurs dans les tests
ont causé en moyenne pendant une période de*3 ans, 3,04 accidents
de matériel ; les 88 inférieurs d'après les tests en ont causé 3,93.
D. W.
1060. -r- H. M. JOHNSON. — Noise : A social problem (Le bruit :
un problème social). — Harper's Magazine, octobre 1929. Extrait,
12 pages.
L'auteur, qui dirige les « Simmons » recherches sur le sommeil à
-l'Institut Mellon d'études industrielles, pose le problème des incon
vénients invoqués du bruit continu des grandes cités modernes : le
sens de l'ouïe ne présente qu'une très faible capacité d'adaptation et
subit l'action des bruits qui ne comportent aucune réaction utile, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mais il y a dans ce cas une adaptation de l'attention, et l'on peut
s'habituer à dormir en dépit du bruit.
On utilise pour réclamer l'élimination du bruit deux catégories de
données ; les premières concernent l'augmentation de métabolisme
due à l'action du bruit, les autres, la diminution d'efficience et de
rendement dans le travail.
- Or, si la constatation a bien été faite effectivement de l'augmentat
ion de métabolisme, il reste à prouver que cette augmentation est
nuisible ; or on peut soutenir le contraire, dit J. Et, pour ce qui est
de la diminution d'efficience elle n'est pas établie ; c'est une question
de nature des bruits, et, suivant les cas, l'efficience peut être diminuée
ou accrue.
L'auteur se défend de vouloir établir, comme on pourrait le penser,
qu'il proteste contre tout effort pour éliminer les bruits, mais il a
voulu montrer la faiblesse des preuves prétendues scientifiques de la
nocivité des bruits que l'on invoque en réclamant des mesures
législatives, comme nombre de celles que J. critique avec humour,
dont certaines entraînent, par exemple, comme conséquence, que
« légalement un livre devient obscène et constitue une menace pour
la morale publique si quelque censeur officiel, obsédé par une douce
manie sexuelle, en vient à trouver qu'il est stimulant pour sa
propre imagination pervertie », et un costume de bain enflammera
les passions humaines et méritera répression dans une rue de New-
York, mais non sur la plage voisine. , H. P.
1061. — JOSEPH L. HOLMES. — Crime and the Press (Le Crime
et la Presse). — Journal of Criminal Law and Criminology, XX,
1-2, 1929. Extrait, 107 pages.
L'auteur a établi combien de place, en un mois, dans les principaux
journaux des États-Unis, il était donné aux récits criminels.
Pour 12 journaux, cela représente plus de 4 millions de mots. En
pourcentage, ces récits occupent 10 à 15 %.
11 a en outre demandé à une série de juges, chefs de police, etc.,
leur avis sur l'influence qu'exerce cette publication intensive ; les
avis concordent en général, pour juger criminelle cette publicité.
Un chapitre est consacré au rôle du cinéma, et un autre aux publi
cations relatives aux scandales, concernant, non plus les crimes, mais
les vices.
La conclusion de l'auteur, c'est qu'une réforme de la presse s'im
pose, à la fois légale, et éthique. H. P.
1062. — E. B. HURLOCK. — Motivation in fashion (Mobiles inter-
venant dans la mode). — Ar. of Ps., n° 111, 1929, 71 p.
Après un historique des travaux concernant les mobiles de la mode,
les variations, les rapports avec le sexe, l'auteur rend compte des ré
sultats fournis par un questionnaire auquel ont répondu 1452 étu
diants des deux sexes et d'âge variable. Les motifs sociaux sont les
plus importants : recherche de l'approbation, adoption d'une mode
seulement quand elle est bien établie (sauf 15 % des femmes). En
général* on ne s'habille pas tant en considération du sexe opposé
que du sien ou des deux à la fois. On fait valoir ses avantages ; T.*
APPLICATIONS fiENËRALÊS INDUSTRIELLES ET SOCIALES 749
quelques femmes cachent certains défauts. Manières, conduite et
confiance en soi sont grandement affectées par l'habit. (Les autres
données recueillies étaient également prévisibles). G. D.
1063. — FR. KOCH. — Einstellung zur Krankheit und ihre Bezie
hung zur sozialen Lage {L'attitude par rapport à la maladie en rela
tion avec la position sociale du sujet). — A. Z. für P. und ps. H.,
II, 4, 1929, p. 217-231.
L'auteur a comparé la fréquence des consultations médicales des
groupes sociaux suivants : ouvriers, paysans, apprentis et servants,
assurés et non assurés, en vue de déterminer leur attitude vis-à-vis
de la maladie. Comme matériel, lui ont servi les données de sa
clientèle d'un petit pays allemand de 750 habitants, pour la période
de trois ans.
Cette comparaison lui a montré, que la fréquence des consultations
pour les affections peu graves, de courte durée, prédominait dans les
groupes de manœuvres et de servants (appartenant aux assurances).
Ce groupe de travailleurs, n'ayant d'autres ressources pour la vie
que leur travail, craignent davantage de perdre leur situation, que
les ouvriers spécialisés, et les paysans, ces groupes se sentant dans
une sécurité relative s'adressent moins souvent au médecin.
Parmi les travailleurs présentant un certain degré d'invalidité,
causée par l'emphysème, la tuberculose, etc., la fréquence des con
sultations pour les cas peu graves est plus grande chez ceux qui ne
touchent pas de pension. Ici aussi, ce sont ceux qui se sentent en
insécurité, qui ont besoin d'un appui moral, qui s'adressent le plus
souvent au médecin.
Les sujets, dits simulateurs, ne seraient que des malades dans la
majorité des cas, il serait erroné de les considérer comme des ment
eurs banaux. Car, d'une part, les primes d'assurances sont de beau
coup inférieures aux salaires et d'autre part, c'est précisément
parmi les chômeurs que l'on voit le plus de mécontents. L'auteur
distingue trois groifpes parmi les simulateurs : des paranoïaques, des
psychasthéniques et des débiles. B. N.
1064. — D. G. PATERSON et M. A. TINKER. — Studies of
Typographical Factors Influencing Speed of Beading {Etudes des
facteurs typographiques Ipii influent sur la vitesse de la lecture). —
J. of appl. Ps., XIII, 2 et 3, 1929, p. 120-130 et 207-219.
Expériences attentives, sur des groupes de 80 étudiants, avec
tests de lecture de Chapmann-Cook, chaque groupe effectuant
d'abord la forme A du test imprimé en caractères de 10 points et par
lignes de 80 millimètres, puis la forme B, dans laquelle on faisait
varier soit la grosseur des caractères, soit la longueur de la ligne. 11
semble que l'optimum soit pour des caractères de 10 points et des
lignes de 80 millimètres de longueur ; les différences sont faibles,
mais significatives.
D. W. ^750 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1065. — H. THORNER. — Experimentelle Untersuchungen zur
Psychologie des Lesens. I. Das Lesen von sinnleerem Material. —
A. HEIMANN et H. THORNER. — Experimentelle Untersu
chungen zur Psychologie des Lesens. II. Das Lesen von sinnvollem
Material {Recherches expérimentales sur la psychologie de la lecture.
I. Lecture de mots artificiels. II. Lecture de mots réels). — A. f. ges.
Ps., LXXI, 1-2, 1929, p. 127-184.
Expériences fort bien conduites de lecture tachistoscopique, en
transposant dans cette recherche les méthodes rigoureuses de déter
mination des seuils, par l'emploi, pour chaque catégorie de mots, de
séries, de mots de longueur croissante et détermination du seuil de
lisibilité des diverses catégories de- mots, par la formule :
o_/n
ou : Du = longueur (nombre de lettres) des mots les plus courts
donnant dans 100 % des cas une lecture correcte, i = intervalle entre
deux longueurs successives de mots (en l'espèce i = 1 ) Er = nombre
de cas ayant donné une lecture entièrement correcte pour l'ensemble
de mots d'une catégorie donnée, n = nombre d'essais (avec, chaque
fois, un mot différent), pour chaque longueur de mot (généralement,
n = 10).
Le temps d'exposition a été de 1 /7e de seconde, le sujet déclenchant
lui-même l'ouverture de l'écran, afin d'assurer les meilleures condi
tions d'attention. Le matériel à lire était soigneusement constitué,
de façon à isoler l'influence de la forme visuelle, de faciliter l'articula-
lation des consonnes ou voyelles composées et des espaces ; et, enfin,
dans la lecture des mots réels, le degré de familiarité des mots.
Les résultats aboutissent à une sorte de hiérarchie des divers fac
teurs et montrent, notamment, l'importance des facteurs visuels et
auditivo -moteurs permettant d'obtenir pour les mots artificiels une
élévation de la lisibilité allant jusqu'à 144 % ; le seuil de lisibilité
pour des mots artificiels ne pouvant être articulés (consonnes ou
voyelles seules), sans espaces et sans lettres dominantes, n'est que
de 3,9 lettres (moyenne de 4 sujets) ; il est de 8,5 pour des mots
artificiels pouvant être articulés, comprenant des consonnes et des
voyelles composées, des lettres dominantes, et des espaces.
Dans une autre série d'expériences, avec une exposition de 0 sec. 1,
la lecture de mot? réels a donné les seuils suivants : 7,9 lettres pour
les mots peu usités, tout en majuscules ; en minuscules : 11,5 ; mots
courants : 14,1 lettres, en majuscule ; 20,1 lettres en minuscules. Si,
avant l'exposition, on appelle un mot ayant un lien associatif marqué
avec le mot exposé, le seuil devient de 20,6 lettres..
Ainsi, il apparaît bien que le sens du mot à lui seul est loin d'être
le facteur le plus important de la lisibilité des mots ; la différence est
la plus forte entre les mots peu usités et les courants, ce qui
semble indiquer l'importance du degré da familiarité de la formé
visuelle du mot. Dans la lecture normale, la reconnaissance des formes
visuelles familières doit jouer un rôle important (à côté, bien entendu,
de l'influence du sens de la phrase et de la syntaxe). GENERALES iNDUSîiUSLLËS ET SOCIALES %\
Quant au rôle des lettres dominantes, il apparaît variable, suivant
la présence des autres facteurs en jeu. Pour les mots artificiels, ne
pouvant être articulés (composés de consonnes ou de voyelles seules),
l'emploi des dominantes a fait monter le seuil de lisibilité de 3,9 à
4,6 ; pour les mots artificiels composés de consonnes et de voyelles
et pouvant, par conséquent, être articulés, le seuil est passé de
6,9 sans dominantes à 7,2 avec dominantes. Mais pour les mots réels,
l'importance des dominantes augmente avec la complexité des
autres facteurs auxiliaires et les mots courants profitent plus que les
mots peu usités d'être écrits en caractères ordinaires et non pas en
majuscules, ce qui semble bien indiquer que les lettres dominantes
jouent particulièrement en tant que facteur qui facilite la reconnais
sance des formes visuelles familières.
Une correction est apportée à la théorie d'Erdmann-Dodge qui
semble exacte dans son ensemble ; mais les A. montrent qu'on peut
percevoir exactement bien plus que 4 lettres.
Dans la lecture de mots réels, les erreurs se distribuent d'une façon
à peu près uniforme sur toute l'étendue du mot, ce qui n'aurait pas
lieu si la lecture d'un seul mot se faisait successivement. D. W.
1066. — H. T. HOVDB. — The Relative Effects of Siae, Type
Leading and Context (Les effets relatifs de la grandeur des caractères,
de V interligne et du contexte). — J. of appl. Ps., XIII, 6, 1929.
p. 600-629.
Pour étudier la lisibilité des différents caractères typographiques, il
faut, dit H., s'adresser à la lecture normale des textes composés de
phrases qui représentent une suite d'idées ou dé faits à comprendre.
C'est pourquoi il a soumis à ses sujets 16 extraits d'une autobiogra
phie de Lindbergh, imprimés chacun en une colonne de 2 1 /12 inches,
du même type (Intertype Ideal News Face) mais de dimensions
variant de 6 1/2 à 8 points et avec des espacements également va
riables.
Il ressort de cette expérience que la vitesse de la lecture normale
(les sujets étant invités à lire d'une manière normale, en s'attachant
au sens du texte) dépend, — dans les conditions de l'expérience, —
davantage du contexte que des caractères, les mêmes textes qui
semblent les plus intéressants, ayant été lus plus rapidement que les
autres, par trois groupes parallèles de sujets et bien qu'ils fussent
présentés en caractères différents. D. W.
1067. — SIEGEN K. CHOU. — Reading and legibility of Chinese
characters [Lecture et lisibilité des caractères chinois). — A quadrant
tachistoscop for studying the legibility of Chinese characters ( Un
tachistoscope à quadrant pour Vétude de la lisibilité des caractères
chinois). — J. of exp. Ps., Xll, 2, 1929, p. 156-177 et 177-186.
On a cherché à déterminer la facilité respective de lecture de ca
ractères disposés soit en lignes verticales lues de bas en haut, comme
en chinois, soit en lignes horizontales lues de gauche à droite,
dans les langues occidentales. Cette question était mal posée. La
facilité dépend uniquement des habitudes acquises. C. présente au
moyen d'un appareil spécial sept caractères chinois à lire dans un sens 752 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ou dans l'autre soit en lignes, soit en colonnes. De plus dans chaque
cas, les caractères peuvent être présentés debout, renversés, ou
tournés de 90° à droite ou à gauche. On étudie la vitesse de lecture
dans chacune des seize combinaisons possibles. Les différences sont
moindres avec les caractères chinois, qui sont des dessins de forme
carrée, qu'avec les lettres européennes : elles n'atteignent pas 20 %,
de la disposition la moins favorable à la plus favorable. Mais c'est la
position des caractères qui joue le rôle décisif : la direction de la lec
ture, horizontale ou verticale, n'a d'importance que dans la mesure
où elle respecte ou trouble les relations entre caractères, l'ordre de
succession normal des perceptions. Si, en vertu des habitudes ac
quises dans la lecture verticale de haut en bas, l'œil passe de la base
d'un caractère au sommet du suivant, la lecture sera moins troublée
quand il faudra lire de bas en haut des caractères renversés, que
dans les combinaisons cù position et ordre se contrarient. Aucun
dispositif n'a de valeur propre : tout dépend des habitudes.
L'appareil spécialement construit pour ces expériences est un
•tachistoscopo réglé pour des durées d'exposition relativement grandes.
L'obturateur circulaire est divisé en quatre volets dont chacun peut
se mouvoir séparément, sous l'action d'aimants, dans deux directions
faisant un angle de 90° (par exemple, le volet droit supérieur peut
glisser soit à droite, soit en haut, en démasquant progressivement le
texte). P. G.
1068. — A. KÜHL. — Ueber den Einfluss des Grenzkontrastes
auf Präzisions messungen (De V influence du contraste marginal sur
les mesures de précision). — Physikalische Zeitschrift, I, 9, 1929,
p. 261-263.
Rappel des expériences de Mach sur la r- tation d'un disque où la
disposition centrale et périphérique de deux secteurs d'étendue angul
aire constante (l'une plus grande que l'autre) assure, dans la rotation
deux zones de clarté inégale et homogène, mais, où, du fait d'un
secteur d'étendue progressivement variable reliant les étendues angul
aires extrêmes, se tr-uve réalisé un anneau intermédiaire de clarté
régulièrement croissante entre la zone centrale et la zone périphé
rique.
Or, dans ces conditions, on observe au point de transition de la
zone centrale homogène et de l'anneau à clarté croissante, un liseré
sombre, et au point de transition de cet anneau et de la zone pér
iphérique homogène, la plus claire, un liseré brillant, par contraste
marginal.
Les anneaux de contraste sont indépendants de l'éclairage général
du disque (ce< i ne devant être vrai qu'entre certaines limites), mais
sont d'autant plus marqués que la clarté moyenne des zones du disque
(dépendant du rapport des secteurs noirs et blancs) est plus faible.
L'au'teur donne la théorie mathématique permettant d'exprimer
la loi de ce contraste marginal, et tire, d'expériences faites avec gros
sissements, la largeur de la bande marginale de contraste (équiva
lant à 2 ou 3 diamètres de cônes) qui intervient pour modifier les
limites apparentes d'objets suivant les conditions d'éclairage : Dans
des mesures de précision cette déformation de la limite dans Tobser-
.

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