Généralités - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 786-800

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 786-800
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
Lecture(s) : 24
Nombre de pages : 16
Voir plus Voir moins

1° Généralités
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 786-800.
Citer ce document / Cite this document :
1° Généralités. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 786-800.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6502786 ANALYSES BIBLIOGRAPHlQt'KS
25 % de difficultés scolaires ; 15 % ont consulté pour des questions
d'ordre sexuel ; 15 % des troubles légers de caractère. D. W.
1051. — H. POLLOCK et E. FURBUSH. — Epileptics in Institu
tions in the United States [Epileptiques dans les institutions des
Etats-Unis). — Ment. Hyg., XI, 2, 1927, p. 369-379.
Le premier hôpital pour epileptiques a été ouvert à Ohio, en 1893
En 1923 il existait, aux Etats-Unis, neuf institutions spéciales pour
epileptiques. Le recensement de 1923 montre que le nombre d'épilep-
üques dans les divers hôpitaux était de plus de 24.000. De nombreux
tableaux statistiques reproduits dans cet article intéresseront ceux
qui s'oceupent des questions d'assistance aux psychopathes.
D. W.
1052. — E. et R. KLEIN. — Carreers oî Patients Discharged against
Medical Advice from St. Elizabeth Hospital 1920-1925. [Carrières
des malades sortis de VHôpital Sainte- Elizabeth en 1920-1925, con
trairement à Vavis du médecin). — Ment. Hyg., XI, 2, 1927, p. 357-
368.
Sur les 144 malades sortis malgré l'avis du médecin et qui ont pu
être suivis, 74 % ont du être hospitalisés à nouveau dans une inst
itution pour psychopathes ; 13 % seulement ont pu s'adapter plus ou
moins bien à la vie normale. D. W.
1058. — S. GLUECK. — Psychiatric Examination of Persons
Accused of Crime [Examen psychiatrique des personnes accusées
de crime). — Ment. Hyg., XI, 2, 1927, p. 287-305.
La loi de Massachusetts rend l'examen psychiatrique des prévenus
obligatoire pour certaines catégories de criminels. Depuis 1921, date
de la promulgation de la loi, le tribunal de Massachusetts a fait exa
miner 295 prévenus par le Service des Maladies Mentales.
Il a été diagnostiqué : l'aliénation mentale dans 26 cas, psycho
pathies constitutionnelles dans 11 cas, déficience mentale dans 25 cas,
soit en tout 21 % de cas pathologiques. D. W.
1054. — F. EBAUGH et R. LLOYD. — The Rôle of a Mobile Clinic
in the Educational Program of a State Psychopathic Hospital
[Le rôle d'une clinique mobile dans le programme éducatif d'un
hôpital psychopathique d'Etat). — Ment. Hyg., XI, 2, 1927, p. 346-
356.
Ces cliniques mobiles sont une heureuse invention des hôpitaux
psychiatriques des Etats-Unis. Elles permettent de réaliser une
surveillance psychiatrique dans les plus petites localités. D. W.
XV. — Psychotechnique
1° Généralités
1055. — R. LACOMBE. — Mesure-t-on les fonctions intellectuelles ?
— R. ph.,CIV, 1927, p. 407-446. <;K>ÉRAI.ITES 787 PSYCHOTECHNIQUE.
L'ambition de la psychologie expérimentale, de soumettre à la
mesure les phénomènes spirituels, s'est étendue des fonctions mentales
inférieures qui touchent à la vie organique aux supérieures
•de l'intelligence par le procédé des tests. Bien que, dans ce nouveau
•domaine, elle ne semble plus soucieuse comme dans l'autre d'atteindre
«les lois générales, mais seulement de différencier des individus dans
un but pratique, la mesure de l'intelligence, si elle peut réellement
-être atteinte, présente un intérêt non moins théorique que pratique ;
d'autre part, psychologie générale et psychologie individuelle sont
indissolubles. Une scientifique a donc besoin d'apprécier
la valeur de la méthode des tests.
L'échelle métrique de Binet ou de Terman pour mesurer le déve
loppement global de l'intelligence, même abstraction faite des diff
icultés résultant des dispositions momentanées du sujet au moment de
J'examen, nous révèle bien s'il est capable de résoudre cinq ou six pro
blèmes insignifiants que réussissent 75 % des enfants de cet âge ;
mais il est arbitraire d'affirmer que ces quelques problèmes révèlent
son intelligence, c'est-à-dire sa faculté d'adaptation aux innombrables
^tâches de la vie. Si la valeur de l'échelle métrique doit être établie
par l'accord de ses résultats avec les jugements du sens commun, à
quoi sert-elle, et quand ils sont en désaccord, de quel droit la consi
dérer comme supérieure ? Même en ce qui concerne les aptitudes
intellectuelles particulières, un petit nombre de tests arbitrairement
■choisis ne permet pas de les mesurer, en raison même de la fausseté
de la notion de faculté, considérée par certains adeptes de la psycho-
métrie comme un de ses enseignements les plus féconds. Cette psy
chologie expérimentale semble plus soucieuse d'inventer et d'éta
lonner des tests que de déterminer ce qu'ils mesurent.
La confiance non fondée dans les tests peut entraîner de graves
.dangers pratiques. La cause même de la psychologie positive risque
d'être compromise par des essais trop ambitieux et trop hâtifs ; la
psychométrie est une psychologie de gens pressés. La reconnaissance
de l'illusion fondamentale sur laquelle reposent les tentatives de
mesure des fonctions intellectuelles indiquera la route à suivre.
L'étude expérimentale des fonctions intellectuelles ne doit pas séparer
la psychologie individuelle de la psychologie générale. Pour découvrir
les fonctions élémentaires, s'il en existe, et déterminer quelles épreuves
les peuvent manifester, il faut partir des tâches particulières de la
vie, qui seules sont accessibles à l'observation, et d'épreuves em
pruntées à la vie courante et non construites artificiellement. Nombre
de ces actions ne peuvent être transposées en épreuves de labora
toire ; la psychologie expérimentale devra donc étudier le comporte
ment de ses sujets dans l'existence normale, en recourant, de préfé
rence aux enquêtes, où le psychologue n'atteint ses sujets qu'à travers
des intermédiaires non scientifiques, à l'observation directe et aux
-statistiques. La psychologie des fonctions intellectuelles doit être
rapprochée de la sociologie en ce que, pour atteindre l'intelligence
naturelle de l'individu, il faut la dégager des influences ambiantes,
distinguer des connaissances, des capacités, des aptitudes, qui dé
pendent toutes à un degré plus ou moins grand de l'expérience, et
par suite de l'action de la Société, les prédispositions. Pour mettre en ANALYSES BIBMOGKAMIIQUKS' 788
rapport les reactions de l'individu avec les actions qui s'exercent sur
lui, il faut joindre l'introspection du sujet à l'étude de son comporte
ment, ce qui amène à prendre comme sujets plutôt des adolescents
que de jeunes enfants. G. -H. L.
1056. — W. MOEDE. — Die Richtlinien der Leistungs-Psychologie
(Les lignes directrices de la psychologie du rendement). — Ind..
Psychot., IV, 7-8, 1927, p. 193-209.
Cette conférence, faite à la Direction des chemins de fer d'Autriche,
a pour but de préciser les fondements théoriques de la psychotechn
ique.
De même que la religion a pour concept essentiel le divin, l'esthé
tique, le beau, la philosophie, le vrai et la morale, le bien, de même le
rendement est le concept essentiel de la psychotechnique. C'est pour
quoi la psychologie du rendement fournit les fondements psycho
énergétiques de la psychotechnique industrielle.
Afin de comprendre et d'utiliser au mieux le rendement de l'être
humain, il faut considérer l'individu dans sa dépendance vis-à-vis de-
deux grands facteurs essentiels :
1° Le facteur social, le groupe ;
2° Le génétique du développement.
Enfin pour toutes les questions on peut tendre soit à l'établissement
de lois générales, soit à l'établissement de lois particulières qui ne
sont caractéristiques que de certains groupes d'individus. Comme
exemples de lois générales sont citées la loi de Weber, la loi de l'opt
imum subjectif (tout être humain cherchant pour lui les conditions
optima), la loi de l'évanescence de l'efficacité des excitations.
Des exemples sont donnés pour montrer comment, à l'intérieur
d'une loi générale, il importe de considérer les variations d'un groupe
à l'autre, et l'influence du groupe lui-même sur le rendement indi
viduel.
A ce propos, M. rappelle ses recherches personnelles et celles de
quelques autres sur les modifications que subit le rendement d'un
individu lorsqu'il travaille en équipe.
Au point de vue génétique la psychotechnique doit considérer
l'évolution du rendement humain en fonction de l'âge. M. rapporte
quelques courbes de la diminution des aptitudes pour le service des.
chauffeurs de taxis où les tests ont donné une diminution d'abord
lente à partir de 18 ans, puis une chute rapide à partir de 38 ans.
Dans les chemins de fer allemands, on détermine les corrections à
faire en tenant compte de l'âge du sujet de manière à ce que les sujets-
de différents âges soient comparables entre eux. D. W.
1057. — GIUSEPPE VIDONI. — La Biotipologia dello Scolaro
in rapporto aile sne attitudine professionali {La biotypologie de V éco
lier en rapport avec ses aptitudes professionnelles). — In-8°, 128 p.
Gênes, 1927.
Dans cette publication de la municipalité de Gênes, l'auteur, chef
de la section psychopédagogique de l'Institut biotypologique de
l'Université, expose 50 monographies d'écoliers examinés pour leur
orientation professionnelle en suivant le schéma général (en pyra- PSYCHOTECHNIQUE. GÉ.NÉKAUTÉS 789
mide organo-psychique) du professeur Nicola Pende, directeur de la
clinique médicale et de l'Institut biotypologique.
L'examen psychotechnique a été établi avec la collaboration de
Pizzoli.
Vingt et une épreuves psychologiques sont indiquées : construction
de figures géométriques, mémoire de phrases, copie mnémonique de
dessins, évocation dirigée de mots, questions de bon sens, complète
ment, désignation générale de catégories de mots, association ima
ginative, etc.
Chaque examen d'enfant comporte une anamnèse héréditaire et
personnelle, les données de l'examen somatique, avec radiologie,
Wassermann, biochimie, étude des réflexes, de la prédominance
sympathique ou vague, etc., et des appréciations qualitatives fondées
sur les tests (un schéma graphique, sans données numériques d'au
cune sorte), enfin un résumé synthétique avec indication pratique
d'orientation.
Dans sa conclusion V. développe des considérations sur la nécessité
de déyelopper une psychotechnique spécifiquement italienne. Cu
rieuse déformation imprimée par l'esprit fasciste ! Comme s'il ne
suffisait pas à la science d'être vraie, aux applications d'être efficaces,
à la technique d'être humaine ! H. P.
1058. — R. GRUNDLACH, D.-A. ROTSCHILD et P.-T. YOUNG.
— A test and analysis of « set » (Un test et une analyse d'attitude).
— J. of exp. Ps., X, 3, 1927, p. 247-280.
Le mot set, dont il est difficile de donner un équivalent français,
désigne, tantôt une attitude permanente, tantôt la préparation d'un
acte ou l'adaptation à une tâche intellectuelle, qui peut elle-même
être habituelle ou définie par une instruction arbitraire.
Partant de ce dernier sens, les auteurs se sont arrêtés au dispositif
suivant : un écran est percé de dix trous disposés en cercle à égale
distance les uns des autres ; il y a derrière chaque trou une lampe
électrique que l'on peut allumer dans un ordre quelconque. Le sujet
est invité à indiquer du doigt la position et l'ordre des lampes qui se
sont allumées successivement.
Sur 822 enfants, tous ont résolu le problème sans erreur pour les
combinaisons de deux et de trois unités. Avec 4,5, 6, 7, 8 et 9 unités, on
obtient respectivement 814, 759, 516, 180, 23 et 0 succès. Les résultats
dépendent aussi de l'âge des sujets. Le pourcentage des
corrects augmente régulièrement jusqu'à 16 ans, puis reste station-
naire. On note des variations souvent considérables entre les résultats
de quatre épreuves différentes avec les mêmes sujets et le même
nombre de lumières. Certaines combinaisons (par exemple les figures
.symétriques) sont plus favorables.
Un groupe d'enfants de 6 ans a été entraîné, par 25 séances de
20 épreuves chacune, à raison de deux séances par semaine, pour des
combinaisons de 3 et de 4 lumières. Il y a un progrès marqué qui
s'étend même, comme le montrent des épreuves intercalaires, à des d'ordre plus élevé. Il est remarquable qu'un autre
groupe soumis à ces mêmes épreuves critiques, mais sans, les séances
d'entraînement, a montré un progrès presque, équivalent, ce qui 790 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
prouverait que le fait de s'appliquer au problème est un facteur im
portant de progrès.
Si on fait varier la durée d'allumage de chaque lampe, en lui don
nant des valeurs de 1, 2, 3 à 10 dixièmes de seconde, on trouve que le
nombre des erreurs diminue à mesure que la durée augmente.
En répétant les épreuves de 3, 5, 7 unités sur des adultes expéri
mentés, on peut être renseigné sur leur état subjectif. Les lumières
successives sont groupées en lignes, triangles, quadrilatères. Elles
peuvent former plusieurs groupes successifs, un nouveau pouvant,
perturber celui qui est déjà constitué. Dans cette organisation inte
rviennent des éléments visuels et kinesthésiques ; les successions
rapides tendent à faire percevoir une figure, les lentes révèlent la
tendance à suivre mentalement par des mouvements, la rythmisation,
la numération intérieure, etc. Les auteurs comprennent que l'étude
de ce travail est l'essentiel de leur problème : « La morale de cette
étude est qu'un test mental n'est pas une analyse fonctionnelle... Si
nous voulons comprendre les processus testés dans un cas particulier, devons nous attaquer à ces eux-mêmes. »
P. G.
1059. — E. SKAGGS. — Some Critical Comments on Certain Pre
vailing Concepts and Methods Used in Mental Testing [Quelques
commentaires critiques sur les concepts et les méthodes qui prédomi
nent dans le domaine des tests mentaux). — J. of appl. Ps., XI, 6,
1927, p. 503-508.
C'est du point de vue de la recherche scientifique pure, et sans
nier leur valeur pratique, que S. attaque quelques concepts courants-
dans la théorie des tests mentaux. Déterminer la « validité » d'un
test par la comparaison des résultats qu'il fournit avec les apprécia
tions des instituteurs ou quelque autre critère pratique équivaut à
contrôler les mesures physiques, de la taille, par exemple, par des
observations subjectives. De même, il n'est guère légitime de parler
de la stabilité (reliability) d'un test d'après les corrélations que l'on
obtient en l'appliquant deux fois aux mêmes sujets ; si le thermo
mètre indique une température différente le matin et le soir, il n'est
pas inexact pour cela.
Le concept d'intelligence gagnerait aussi à être précisé d'un point
de vue psychologique, en évitant les définitions sociologiques. Le
psychologue doit chercher des tests qui visent la capacité à apprendre,
à imaginer, à raisonner, etc. Il est bon aussi de préciser la forme de
l'intelligence que l'on veut atteindre, ce qu'il est possible de faire sans
attendre que soit tranchée la question sur la nature ultime de l'i
ntelligence. D. W.
1060. — E. BRAMESFELD et H. TAUBENECK. — Erfolgskol-
len über psycnotechnische Eignungsprüfungen [Contrôle du ren
dement des épreuves psychotechniques). — Ind. Psychot., IV, 11,,
1927, p. 322-343.
B. et T. utilisent les documents réunis à l'Institut psychotechnique
de l'école technique supérieure de Darmstatt sur la sélection des
apprentis pour se rendre compte de la valeur des tests employés. GENERALITES 791 PSYCHOTECH^IQIE.
L'examen pour apprentis, tel qu'il a été établi en 1924, comprenait
des épreuves sensorielles (coup d'ceil : appréciation des angles, des
distances, du centre d'un cercle ; sensibilité tactile ; sensibilité musc
ulaire), des tests d'habileté manuelle (trémomètre, dissociation des
mouvements par le test du tourneur, pliage des fil de fer), des tests
d'intelligence générale (rapidité de perception au tachistoscope, com
préhension, mémoire des mots à liens logiques, mémoire des formes,
des nombres, des dispositions spatiales ; test de complètement d'après
Ebbinghaus, critique des absurdités), des épreuves d'intelligence
pratique (triage des cartes d'après Münsterberg, recherche des
nombres dans un tableau, représentations spatiales par un test de
Rybakov où celui de complètement de figures géométriques de
Friedrich, un test d'ingéniosité (test des rails), problèmes d'intell
igence technique de Moede; et enfin, des épreuves ayant pour but de
déterminer les caractéristiques du travail : un test d'attention de
Bourdon avec présentation automatique des signes, des tests d»
triage, de pesage, de découpage et de collage ayant pour but de per
mettre des renseignements sur la vitesse du travail, I'amour-propre,
le zèle, la propreté, le don d'organisation, et un test de conduite pour
les conducteurs de transports. Une dernière rubrique comprenait
l'examen des connaissances acquises.
Les auteurs étudient les corrélations entre les tests et ne con
servent comme examen réduit pour un triage rapide des sujets que
les tests qui donnent des élevées (au-dessus de 0,50)
avec le résultat d'ensemble (pliage des fils de fer, mémoire des formes,
<les couleurs et des nombres, test d'Ebbinghaus, représentations
spatiales, recherche des problèmes techniques, triage).
La répétition des tests sur les mêmes sujets après des intervalles
de plusieurs mois a montré que l'ensemble des tests sensoriels avait
une constance nulle, que pour des tests d'habileté motrice
les corrélations de constance variaient, dans les différents groupes
de sujets, de 0,15 à 0,70 avec une moyenne de 0,40 ; pour les tests
d'intelligence générale de 0,69 à 0,93 ; pour l'intelligence pratique
0,33 à 0,81, et pour le résultat de tous les tests de 0,56 à 0,83 suivant
les groupes des sujets. Bien que les sujets ne soient pas nombreux
(de 12 à 21 suivant les groupes) on peut retenir ces résultats, car ils
cadrent assez bien avec ceux des autres auteurs, notamment, en ce
qui concerne l'absence de constance dans les épreuves sensorielles.
La détermination de la valeur diagnostique des tests a été difficile
à cause de la répartition des apprentis par petits groupes dans des
usines différentes et de l'absence de tous critères objectifs de la valeur
professionnelle.
B. et T. ont établi un questionnaire en faisant apprécier les diverses
qualités professionnelles sur une échelle de 5 degrés de manière à
rechercher non seulement la signification de l'ensemble des tests
psychotechniques pour la valeur professionnelle globale, mais
encore la détermination de la des différentes séries de tests
au point de vue du diagnostic des qualités spéciales que ces tests étaient
censés mesurer. Après correction destinée à ramener les jugements des
industriels (qui ont donné une courbe asymétrique avec prédominance
des bonnes notes) au niveau général des notes psychotechniques, les 792 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différences entre les notes psychotechniques et les notes profession
nelles ont servi à exprimer la valeur diagnostique des tests. Pour
l'ensemble des tests, comparé à la valeur professionnelle globale, ces
différences ont varié, en moyenne, de 0,2 à 0,8 degrés dans les diffé
rents groupes de sujets. Pour les catégories spéciales de tests, com
parées aux qualités professionnelles particulières, ces différences
sont :
0,6 pour l'habileté manuelle ;
0,8 l'intelligence générale ;
0,7 pour pratique ;
0,9 le comportement au travail. D. W.
1061. — G. BHINGER. — Recherches sur le développement de
l'habileté manuelle par la pratique d'un métier manuel. — Ar. de
Ps., XX, 80, 1927, p. 299-317.
Le travail cherche à élucider les 3 points suivants :
a) La pratique d'un métier manuel influence-t-elle le rendement
de certains tests d'habileté manuelle ?
b) Certains sujets à rendement initial plus fort (mesuré par les
tests) sont-ils dépassés après un certain temps d'apprentissage, par
d'autres individus dont le initial était plus faible que le
leur ?
c) Les à rendement initial faible profiteraient-ils plus
de l'exercice que les individus à rendement initial fort ?
Trois questions importantes pour la validité de la sélection par
les tests avant l'apprentissage manuel du métier.
L'auteur a employé quatre tests :
a) Placer des disques découpés sur les trous d'où ils proviennent ;
b) Découpage ; c) Tapping ; d) Enfilage de perles.
Les sujets comportaient plusieurs groupes :
1° 25 élèves des classes de préapprentissage, testés à la première
semaine de l'apprentissage et après 5 mois d'entraînement manuel
du métier ;
2° 88 ouvrières, venant d'entrer à l'usine, âgées de 14 à 30 ans,
testées pour la 2e fois après 3 mois à un an de travail à l'usine.
3° Groupe témoin : 54 écoliers du même âge que les apprentis ;
4° 54 ouvrières adultes (24-26 ans) travaillant à l'usine depuis
7 ans au moins. Pour ces deux groupes le 2e examen eut lieu ,3 mois
après le 1er.
Les résultats sont les suivants :
A. — La seconde épreuve (après apprentissage) s'est presque tou
jours montrée supérieure à la première (33 fois sur 40). Les résultats
des groupes témoins montrent que la supériorité ne vient pas du
fait de procéder une seconde fois au même test, puisque les enfants
du même âge, n'ayant pas subi d'apprentissage manuel et testés après
un intervalle plus court que les apprentis, ne montrent qu'un progrès
très inférieur à ceux-ci. Autre constatation : en scindant les ouvrières
du groupe 2 en adolescentes et adultes, on note que les premières
marquent un progrès de la 2e épreuve nettement supérieur à celui
des adultes.
B. — Le second point cherché revient à savoir s'il existe une corré- PSYCHOTECHNIQUE. GÉNÉKAMTÉS 793
lation positive forte entre les classements des sujets avant et après
l'apprentissage. Le coefficient général trouvé est de 0,82, ce qui est
remarquablement satisfaisant et semble indiquer que les meilleurs
restent les meilleurs après l'apprentissage et réciproquement, d'où
validité de la sélection ou de l'orientation par test, au point de vue
de l'habileté manuelle avant tout apprentissage.
C. — Comme d'autres auteurs l'avaient déjà noté (Argelander et
Gellhorn en particulier) il semble bien que les plus faibles font la
plupart du temps plus de progrès relatifs que les individus à rende
ment initial fort. Cette amélioration est du reste beaucoup plus nette
pour les tests de rapidité que pour les tests de rendement. M. F.
1062. — K. WIECHMANN. — Über einheitliche Begriffsbesti
mmungen bei psychotechnischen Arbeitsuntersuchungen (Sur V uni
fication des concepts dans les études psychotechniques du travail).
— Psychot. Z., II, 4, 1927, p. 114-116.
La confusion qui existe dans l'emploi des termes psychotechniques
'(W. se borne à considérer le domaine des études du travail) rendent
parfois la compréhension et la comparaison des résultats difficiles.
Quatre principes devraient régir la terminologie scientifique : 1. La
■création des mots nouveaux doit être réduite au minimum ; 2. L'in
troduction des mots étrangers qui pourraient trouver un équivalent
■dans la langue propre doit être évitée ; 3. L'expression doit être
choisie de manière à ne pas jurer avec le sens qui lui est^attribué
dans le langage courant ; 4. Les néologismes qui ne peuvent être
évités doivent être formés de manière à ce que leur sens puisse
aisément reconnu.
En se basant sur ces principes, W. propose un petit vocabulaire
des termes allemands relatifs aux questions de l 'étude psychotech
nique du travail en indiquant entre parenthèses les termes qu'il a
trouvés, employés dans les publications.
Rappelons, à ce propos, que l'Association Internationale des
■Conférences Psychotechniques a formé une /Commission sous la
présidence de ^ime Baumgarten-Tramer pour mettre au point l'unif
ication du vocabulaire international de psychotechnique. D. W.
1063. — A.-W. KORNHAUSER. — A comparison of Raters (Com
paraison des estimations). — A of Ratings on diffe
rent traits (Comparaison de V estimation des différents traits de ca
ractère).— J. of Pers. Res., V, 9 et 11, 1927, p. 338-344 et 440-446.
Etude quantitative des divergences pouvant se produire dans le
classement d'une série d'individus par différents juges ou de cette
même série par un même juge au cours du temps. La corrélation de observée entre deux juges n'a pas dépassé dans deux cas
successivement étudiés les valeurs de 0,41 et 0,38. Le degré de cons
tance du jugement chez un même expérimentateur n'a pas dépassé
■0,60. Il s'agit de déterminer si cette variabilité dépend seulement du
juge ou si les sujets examinés peuvent avoir été amenés à changer
de façon appréciable dans l'intervalle entre les tests.
Par ailleurs deux groupes d'étudiants (de lre et de 3e année) ont
été estimés par leurs professeurs sur une échelle d'évaluation de sept 794 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
traits ùe caractère : Intelligence, ingéniosité, exactitude, esprit de-
coopération, sécurité morale, initiative, aptitude à entraîner les
géras. L'analyse des résultats montre un désaccord très marqué entra
les jugements : tes deux premiers étant le moins mal estimés, et les
deux derniers l'étant le plus.
La corrélation se manifeste très grande dans les différents traits
observés. Elle est de même très avec la réussite scolaire.
L'auteur soutient cependant l'utilité des differeßtes évaluations qui
se prouveront utiles dans certains cas particuliers où cette étroite
corrélation ne se manifestera pas. M. L.
1064. — G.-B. WATSON. — A supplementary review of measures
of personality traits (Revue complémentaire des mesures de traits
de personnalité). — J. of ed. Ps., XVIII, 2, 1927, p. 73-87.
Dans eette mise au point de la question de la mesure des traits de
caractère, destinée à compléter l'important travail publié en
mars 1925 dans la Ped. Sem., par Hartshorne et May, l'auteur s'at
tache plus spécialement à l'exposé de quelques points volontairement
laissés de côté par ces auteurs (échelles de notation, méthodes physio
logiques, tests d'association), rappelle brièvement l'essentiel de leur
étude, signale les résultats des tests et questionnaires publiés depuis-
cette date. L'abondance des matériaux est considérable ; il reste à
souhaiter avec W. que bon nombre de travaux sans intérêt ou sans
valeur nous soient épargnés. A. B.-F,
1065. — P.A. WITTY et H.-C. LEHMAN. — The so-called «gener
al character test » [Le test dit « de caractère général »). — Ps. Rev.».
XXXIV, 6, 1927, p. 401-415.
On a quelquefois soutenu que chez les enfants bien doués, le déve
loppement intellectuel se faisait au détriment du développement
moral et social. W. et L. ont cherché à élucider ce problème en exa
minant 59 enfants au-dessus de 140 et en les comparant chacun à
chacun avec un enfant d'inteHigence moyenne, d'âge, de sexe et de
milieu social pareil. Il n'est assurément pas aisé de mesurer la moral
ité (c'est en somme ce que les auteurs entendent par « caractère-
général ») au moyen d'épreuves de laboratoire. W. et L. s'en sont,
parfaitement rendu compte, et les tests qu'ils proposent, assez ingé
nieux, n'en présentent pas moins un certain intérêt. Par exemple,
demandant à l'enfant s'il est en état de répondre à telle question, on.
compare son appréciation de lui-même avec le résultat effectif de
l'épreuve. Les enfants bien doués se montrent beaucoup plus sincères
dans ce cas que les « témoins ». Il en est de même dans une autre
épreuve où l'on impose aux sujets de dessiner les yeux fermés l les
enfants moyens « trichent beaucoup pJas que les doués ». D'une en
quête faite auprès des maîtres, les auteurs concluent aussi que eeux-ci
sont portés à s'exagérer les qualités des doués et à leur attribuer des
mérites que les sujets eux-mêmes ne se reconnaissent pas. D'uae
manière générale donc, la sincérité des doués apparaît comme supé
rieure à la moyenne. W. et L. considèrent du reste la moralité non
comme une aptitude générale innée, mais comme un ensemble d'ha
bitudes acquises. G. P.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.