Généralités - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 1022-1036

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 1022-1036
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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1° Généralités
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 1022-1036.
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1° Généralités. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 1022-1036.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_301031Ü22 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
leur utilité 'pour la santé du travailleur, fait au Congrès des caisses
d'assurances contre les maladies à Dresde. B. N.
1555. — H. DEVINE. — The Psychotherapy of the Psychoses {La
Psychothérapie des Psyekoses). — Br. J. of Med. Ps.; X, 3, 1930,
p. 217-225. - GLOVER. - Ibid., p. 226-234. - GILLESPIE. -
îbid., p. 235-241 . - M. KLEIN. - Ibid., p. 242-244. - S. PAYNE.
— Ibid., p. 244-247.
L'entrée en matière de ce « symposium » fmt modeste. Nous ne dis
posons, dit D., d'aucun remède spécifique, soit psychologique, Boit
physique pour guérir les psychoses biogénétiques. Ceci ne condamne
pas la psychopathologie. Elle s'est souvent montrée efficace mais
le mécanisme d'action en demeure obscur.
Plus confiant est G. dans les traitements psychanalytiques adaptés
aux psychoses maniaco-dépressives, à la démence précoce et aux
états paranoïaques. Il M -paraît que le progrès en matière de thérapie
psychologique est étroitement solidaire de ceux qu'on fera dans
l'étude des processus mentaux chez les jeunes enfants et du traiter
ment direct des états psycho-pathologiques infantiles.
Pour Gillespie, toute psychothérapie sera facilitée dans le cas d'un
malade suffisamment intelligent pour s'associer au traitement dont il
est l'objet. Cette attitude du psychothérapeute sera variable suivant
les cas dont l'auteur donné divers exemples (traitement de la schizo
phrénie, des états paranoïaques et même de l'épilepsie).
M. K. insiste sur la fréquence des cas de schizophrénie chez les
enfants et la difficulté de leur dépistage.
S. P. rendant compte en particulier des travaux d'Abraham admet
les excellents résultats obtenus par le traitement psychanalytique des
états maniaco-dépressifs. M. L.
XV. — Psychotechnique.
1° Généralités 1
1556. - E.BRAMESFELD. - La psychotechnique branche d'étude
de l'Université du travail. — Bui. Of. Or. Pr., IX, 39, 1930, p. 27-32.
Programme général des différents points que la psychotechnique,
conçue comme enseignement complet à donner à tous les techniciens
du travail, devrait comporter théoriquement et pratiquement.
M. F.
1557. — C. L. HULL. — Aptitude testing {L 'examen des aptitudes).
— World book C°, New- York, 1928, p. 535.
Il existe déjà beaucoup de livres 'américains sur la méthode des
tests : celui-là nous semble mériter d'être classé parmi les meilleurs.
Le concret n'y est pas sacrifié à Fabstrait : un chapitre important est
1. Voir aussi les n°« 66, 67, 541 à 544, 550,551, S58, 1291 à 1296, 1474# PSYCHOTKCHmQÜE. CÉXÉlUUTKS 1023
•consacré à la description détaillée d'une grande variété de tests, un
autre à l'énumération des signes anatomiques et physiologiques im
portants ; en ce qui concerne les. calculs statistiques des exemples-
miniatures, des applications traitées jusqu'au bout, des pro
cédés pratiques, sont donnés ; et partout, des exemples précis
et des références aux travaux les plus modernes. Mais la part de la
« recette » étant faite, la théorie n'y est pas non plus négligée, et la
manière de l'auteur est telle qu'il peut s'élever assez haul tout en
restant simple et habile à -s'adresser au bon sens. Un grand nombre
de pages sont consacrées soit aux théoriesde l'aptitude, soit à l'inte
rprétation des coefficient* de corrélation, ainsi qu'à l'exposé raisonné
des diverses opérations qui conduisent à l'élaboration d'une bonne
batterie de tests.
Trop substantiel, trop touffu peut-être pour être 'recommandé à
des débutants, ce livre convient parfaitement aux étudiants avancés
et aux praticiens qui se soucient d'appliquer les meilleures 'méthodes.
A. -F.
1558. — D. W. -(DATES. — Cfroup ïaotors in temperament Qualities
(Facteurs de groupe dans les attributs du tempérament). — Br. J. of
Ps., XX, 2, 1929, p. 118-136.
Cette étude est la suite d'un travail -experimental (Voir An. F's.,
1929, n° 1372) sur les tests de Downey (Will-Temperament series).
Les conclusions de l'auteur reposent sur l'analy-se statistique (inter
corrélations et tétrades) des résultats et sur une interprétation -ps
ychologique fortement imprégnée de conceptions «énergétiques ». Il
apparaît d'abord un certain facteur général de tempérament qui
semble avoir un rapport étroit avec Témotrvité, peu avec l'intell
igence, et que l'on retrouve — joint à cette dernière — dans l'aptitude
à réussir aux examens. Entre les 12 tests de tempérament appliqués,
il existe au moins 2 facteurs centraux qui les groupent en 2 catégories
opposées : l'un qui peut se définir comme le taux « de l'énergie émot
ionnelle disponible du fait Öes tendances instinctives » et qui s'ex
prime par l'aisance et la rapidité d'exécution ; l'autre qui représente
les aspects variés d'un processus non unifié — considéré ici comme
négatif, — d'inhibition, et par lequel l'énergie libérable serait, par
divers moyens, empêchée de se manifester au dehors. Ajoutons tout
de suite qu'avec de telles -idées, O. ne prétend pas à l'originalité *#t
qu'il voit seulement dans son travail une confirmation de la pensée
•des auteurs qu'on devine : Binet, Burt, Jung et Me Dougall.
A. F.
1559. — SYRKIN. — lia question tie la convergenoe ou de la diver-
genee sous l'aspect de la variabilité fluctuante. — R. Se. Tr., II,
3-4, 1930, p. 353-365.
/'Un des gros problèmes de l'apprentissage est le suivant : sous l'i
nfluence de 'l'entraînement, les differences mterindrvidu elles orïtjelles
tendance à diminuer ou à s'accroître ? Y a-t-il convergence ou diver
gence des courtes-d'apprentissage ? Biz est 'la valeur initiale au début
de 'l'entraînement, et -y la valeur finale dans la 'dernière épreuve, il
faut-pour qu?on 'puisse parler de'âivergence-que l'on ait ny >> ax. Mais ANALYSES BIBUOGKAPHIQUKS 1024
pour que la divergence ait une valeur d'application, il est nécessaire,
que l'on puisse, d'après la valeur de x, tirer la valeur probable de y
autrement dit il faut querx3/,> 0. Si on envisage seulement la diff
érence y — x = 8 on peut dire que l'inégalité rxïi ^> 0 montre la diver
gence et r8x < 0 la convergence. Dans plusieurs recherches sur l'a
pprentissage on a pu obtenir rlx <1 0. Cela prouve-t-il réellement qu'il
y avait convergence ? L'auteur montre qu'il n'en est rien, en se ba
sant sur la notion de variabilité fluctuante, variabilité que le sujet
montrerait d'une expérience à l'autre môme si l'entraînement ne se
faisait pas sentir, et qui peut d'ailleurs s'exercer dans le sens négatif,
opposée à la variabilité tendancielle, résultat pur de l'apprentissage,
et il prouve que le résultat expérimental rSx <^ 0 loin d'être une
preuve formelle de convergence, peut au contraire coïncider avec une
divergence parfaite, si l'on tient compte de la variabilité fluctuante qui
ne peut jamais pratiquement être tout à fait éliminée, et aussi de la
précision du test qui devrait être absolue pour que l'inégalité de
convergence soit valable. M. F.
1560. — A. FORD. — A Check on Character Analysis (L'insuccès
d'une méthode de l'analyse du caractère). — Pers. J., IX, 1930,
p. 121-123.
Le système « Vitosophy » proposé pour la détermination du carac
tère à l'aide des méthodes anthropologiques, a été appliqué à 18 étu
diants. La comparaison des résultats obtenus par ce système avec
les indications fournies par les titres scientifiques du sujet, a donné
souvent une corrélation négative, se rapprochant d'une corrélation
avec un classement du hasard, établi à l'aide des fiches d'une loterie.
L'auteur met en garde contre ce type de méthode qui se répand ac
tuellement dans le commerce, et qui tente par la facilité de son appli
cation et par l'apparence de précision qu'il donne. B. N.
1561. — ERWIN BAYER. - Die wichtigsten Prüflingstypen und
ihre Verhaltungsweise bei der Eignungsprüfung [Les quatre princ
ipaux types psychologiques des sujets et leur conduite pendant un
examen d'aptitude). — Ind. Psychot., VII, 1930, p. 279-284.
Description de différents types psychologiques et de l'attitude des
individus au cours d'un examen psychotechnique d'aptitude. L'au
teur note l'utilité de connaître ces types pour assurer un rendement
adéquat des tests et pour pouvoir évaluer les résultats obtenus.
B. N.
1562. — FR. BAUMGARTEN. — Interprétation de la conduite
du sujet pendant l'examen psychotechnique. — R. Se. Tr., II, 2,
1930, p. 251-261.
Depuis plusieurs années Mme B. insiste pour montrer avec raison,
l'importance qu'il y a en Psychotechnique, à aborder sans retard
l'étude du caractère que l'on a jusqu'à présent, en raison même de sa
difficulté, laissée de côté à peu près complètement. Elle estime que
parmi les sources d'information relatives à la personnalité du sujet,
l'observation systématique du sujet se soumettant à un examen
quelconque de psychotechnique, peut donner de bons et nombreux PSYCHOTECHNIQUE. GÉNÉKALITÉS 1025
renseignements si elle est menée de façon systématique. Elle donne
ici un modèle de fiche qui servira à recueillir méthodiquement toutes
les observations faites sur ce point. Cette fiche est des plus intéres
santes, on ne peut lui reprocher, comme au questionnaire de Decroly
sur l'examen affectif de l'enfant, que son étendue. Dix pages com
portant un. nombre énorme de rubriques, divisions et sous-rubriques,
il y a là de quoi égarer un peu l'observateur qui n'est pas très en
traîné à ce genre de travail. Elle aura au moins l'avantage d'attirer
justement l'attention sur la difficulté de ces observations en mont
rant les aspects variés à l'infini sous lesquels elles peuvent être faites,
et elle sera certainement un guide très utile pour tous ceux qui vou
dront aborder ce difficile problème. Seulement, comme tous les ques
tionnaires de ce genre, une pareille fiche ne permet qu'un recueil de
documents bien ordonnés. Sur l'utilisation de ces documents, les con
clusions qu'il est possible d'en tirer Mme B. ne dit rien, parce que nous
ne savons rien en dire à l'heure actuelle. C'est cependant un premier
pas qui permettra peut-être d'aborder ensuite l'étude des corrélations
entre les divers traits de caractère, dont l'importance se fait sentir
davantage chaque jour. M. F.
1562. — J. M. LAHY. — La valeur professionnelle des travailleurs
appréciée à l'aide des méthodes de la psychotechnique. — R. Se.
Tr., II, 3-4,19:30, p. 400-411.
La valeur des épreuves psychotechniques ne peut être démontrée
que s'il est possible de mettre en parallèle le classement des sujets
auquel elles permettent d'arriver avec Je de ces mêmes
sujets quant à leur valeur professionnelle. Or ce est sou
vent très difficile à obtenir. Si on le fait répéter à un certain intervalle
de temps par les mêmes personnes, on constate des écarts inquiétants
qui font penser que dans certains cas la non concordance des deux
classements ne doit pas être imputable à une déficience des tests
comme moyen de mesure, mais bien à la faible valeur du classement
professionnel. Il y aurait donc grand intérêt à pouvoir établir dans
tous les cas des classements de valeur professionnelle qui méritent
confiance. L'A. montre que l'application du calcul des corrélations
à des classements professionnels successifs effectués par la même
méthode, permet d'en déterminer avec précision la valeur. Il a pu
ainsi établir des coefficients de valeur élevée dans certaines épreuves
où la valeur professionnelle était notée par une tâche directement
mesurée. Au contraire quand on évalue le rendement de façon indi
recte, on peut arriver à des erreurs : des classements répétés basés
sur le boni réalisé par un groupe d'ouvrières dans des quinzaines suc
cessives, n'ont offert que des coefficients très insuffisants, montrant
ainsi que cette méthode d'évaluation de la valeur professionnelle
devait être rejetée, au moins dans le cas étudié. Il y a là, de toute
évidence, une méthode de contrôle qui sera utilisée avec fruit par les
psychotechniciens chaque fois qu'ils en auront la possibilité.
M. F.
1564. — K. A. TR.\MM. — Alter und Leistung {L'âge et le rende
ment). - Ind. Psychot., VII, 1930, p. 284-286.
L'auteur insiste sur l'importance sociale et économique d'établir
l'année psychologique, xxxi. 65 1026 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
expérimentalement l'âge limite de fonctionnement utile de l'homme
dans les professions différentes. On préserverait ainsi des congés
prématurés un nombre considérable des travailleurs, car cet âge
paraît être très élevé dans certaines professions. B. N.
1565. — S. WYATT. — Maximum capacity and average achieve
ment (La capacité maximum et le rendement moyen). — Br. J. of
Ps., XX, 1930, p. 251-260.
Dans la plupart des opérations qui comportent l'emploi des ma
chines le rendement peut être exprimé sous forme de pourcentage
du maximum possible. Un tel « standard » n'existe pas on le sait pour
les nombreuses opérations manuelles qu'implique le travail industriel
et dont le rendement est exprimé, d'ordinaire, en termes d'un taux
de travail moyen, précédé d'un coefficient de variabilité. Mais ces
valeurs ne sont pas susceptibles de montrer à quel point l'activité
de l'ouvrier est abaissée par l'action des facteurs défavorables inte
rvenant dans les conditions du travail. C'est pour rendre possible une
telle appréciation que W. propose de prendre pour point de repère
les résultats obtenus dans les conditions optima du travail, c'est-à-
dire lorsque le travailleur exécute sa tâche sans fatigue et sous
l'impulsion des motifs convenables. La différence entre le maximum
de capacité et les résultats moyens pourrait être considérée alors
comme une mesure des influences négatives que divers facteurs
combinés exercent sur le sentiment du travail. Les expériences
effectuées sur une vingtaine d'ouvriers environ qui exécutaient di
verses opérations manuelles visaient ainsi à déterminer la différence-
entre les résultats maxima fournis dans le laps de 5 minutes, avec
les résultats moyens. Les principales données qui s'en dégagent sont
les suivantes : 1° Un ouvrier peut être deux fois autant sujet qu'un
autre aux facteurs défavorables des conditions du travail ; des ou
vriers « rapides » ont tendance à s'écarter davantage de leur taux
optimum que les ouvriers « lents » ; 3° la relation entre les taux
maxima et moyens est généralement instable, cependant, lorsque
ces ouvriers travaillent sous la poussée d'un motif puissant le carac
tère flottant de cette relation disparaît. P. K.
1566. — G. NASS. — Uebei Eonstanz und Labilität des Begabungs
schwerpunktes (Sur la constance et la labilité du centre de gravité
des aptitudes). - Psychot. Z., V, 6, 1930, p. 133-137.
Dans quelle mesure le- centre de gravité des aptitudes reste-t-il
constant chez un même sujet ?
En psychotechnique et en orientation professionnelle on aurait
besoin de connaître le degré de variabilité à craindre. Les observations
que N. a eu l'occasion de faire et dont il cite quelques « cas », l'amènent
à cette conclusion qu'avant la puberté, le centre de gravité des apti
tudes est instable, alors qu'il est à peu près constant après la puberté.
D. W.
1567. - D. WEINBERG. - Contribution à l'étude de la variabilité
des individus. - J. de Ps., XXVII, 1930, p. 85-90.
En psychologie appliquée, la variabilité intra-individuelle n'est PSYCHOTECHNIQUE. GÉNÉRALITÉS 1027
guère envisagée que comme une « cause d'erreur ». Cette attitude est
légitime quand il s'agit d'une question pratique de diagnostic ou de
pronostic. Mais si l'on veut serrer les faits de plus près, les fonctions
mentales d'un individu doivent être considérées non comme des
entités statiques, mais comme des quantités variables dans le temps.
Comme pour la comparaison des groupes, il faut se placer au point
de vue statistique ; c'est la notion de fréquence qui importe.
Il semble que les fonctions sont d'autant plus variables qu'elles
sont plus complexes. La fonction la plus élevée, celle de la création
artistique ou scientifique, paraît la instable ; au contraire, la
faculté intellectuelle moyenne donne pour les tests Binet-Simon des
coefficients de stabilité atteignant 0,96. De môme que les diverses
fonctions mentales ont des indices de variabilité différents, les indi
vidus ne sont pas tous également constants. On n'a pas. pu jusqu'à
présent mettre en lumière une constance individuelle dans la variab
ilité pour les diverses fonctions. Outre les variations « journalières »
auxquelles on ne peut assigner de cause précise, de nombreux fac
teurs exercent une influence systématique sur la variabilité de l'i
ndividu : facteurs subjectifs, objectifs, résultant de l'ambiance sociale.
D'après une expérience sur la relation entre la et le degré
d'aptitude, la répétition d'une épreuve de pointage à six jours d'in
tervalle a fourni comme résultat global une augmentation de la vi
tesse et une diminution de l'exactitude. Celle-ci a été à peu .près
identique chez tous les sujets ; la première a été particulièrement
nette chez les sujets au début plus lents. Il semble qu'en envisageant
à la fois la vitesse et l'exactitude on coure moins de risques d'erreur
dans l'élimination des inaptes que dans la sélection des mieux doués.
Toutefois les résultats sont d'interprétation difficile parce <|ue l'i
nfluence de Ja variabilité se superpose à celle de l'exercice.
G.-H. L.
1568. - R. A. MC FARLAND. - An experimental study of the
relationship between speed and mental ability (Etude expérimentale
de la relation entre la vitesse et V habileté mentale). — J. of gen. Ps.,
Ill, I, 1930, p. 67-96.
L'auteur reconnaît d'abord que la plus simple réponse mentale est
un processus très complexe. La lenteur d'un sujet intelligent peut
être due à la pratique du contrôle de soi ou de la précision dans les
réponses, voire aux modalités matérielles de celles-ci. La vitesse n'est
pas simplement l'inverse du temps de réaction, qui n'est pas toujours
pccupe par le seul acte mental demandé. A défaut de contrôle objectif,
les précautions suivantes s'imposent : éliminer les réponses incor
rectes, multiplier les épreuves et surtout varier au maximum la comp
lexité des tests. Si tous présentent les mêmes différences indivi
duelles, celles-ci concernent bien les réponses demandées ; sinon il
faut supposer qu'intervient la distraction, la fatigue, l'intérêt, des
défauts physiques ou du tempérament, la pratique du test, etc.
Dans deux séries d'expériences, 11 tests, de 40 questions chacun,
furent appliqués à 4 sujets, puis 15 tests d'une centaine de questions
chacun à 5 sujets. Ces tests allaient de la simple réaction auditive
aux problèmes compliqués, demandant aux sujets de répondre « aussi 1028 4-ULYSeS BIBLIOGRAPHIQUES
vite et aussi exactement que possible », tantôt oralement, tantôt par
écrit. Beaucoup de soin fut apporté à éliminer les facteurs de trouble,
On constate que les sujets se classent à peu près dans le même ordre,
quant à la vitesse, pour les différents tests.
Ce résultat est confirmé sur 34 sujets, auxquels on applique 10 tests
de 30 questions. La vitesse est donc bien inhérente au travail mental
du sujet, que la réponse soit simple ou complexe, et on peut supposer
un facteur général de vitesse, caractéristique du comportement ment
al. La corrélation entre vitesse et habileté mentale, mesurée au
moyen des tests typiques d'intelligence (information exclue) est de
0,68. La faculté de vitesse est donc un facteur essentiel dans l'acte
mental- G. D.
1569. — O.. WINDMOELLER. - Die Beziehungen zwischen Ar
beitsschnelligkeit und Arbeitsgüte (Les rapports entre la rapidité
et la qualité du travail). — Psychot. Z., V, 1 et 3, 1930, p. 1-13 et
R5-78.
L'A. s'est posé les questions suivantes : 1° Quelle est la constance
des sujets dans la vitesse et dans la qualité lorsqu'il s'agit d'un même
travail, répété à plusieurs reprises ? 2° Quelle est cette
lorsqu'il s'agit de travaux différents ? 3° Quelles sont les relations
entre la vitesse et l'exactitude d'un sujet pour un même travail et
pour, des travaux différents ?•
W. a effectué un assez grand nombre d'expérieuces mais, malheu
reusement, il a dû se borner à un de sujets trop restreint.
Les expériences ont porté, d'une part, sur les enfants : 22 garçons
et 23 filles de 14 ans ; d'autre part sur un groupe de 10 adultes. Les
enfants ont effectué quatre épreuves (composition typographique de
Rupp, inscription sur une table à double entrée, barrage de Bourdon,
un test d'addition). Les adultes ont été soumis à une série de 14 tests.
Chez les enfants, en répétant les épreuves pendant douze séances
effectuées, à des journées différentes et avec des consignes variables
(qui mettaient l'accent tantôt sur la vitesse, tantôt sur l'exactitude,
tantôt sur les deux), la constance, en retenant le coefficient moyen
des 4 tests et en comparant la 2e et la 12e expériences a été, pour les
garçons, de 0,47, pour les filles de 0,42, en ce qui concerne la vitesse.
Pour l'exactitude, les chiffres ont été 0,29 et 0,33 respectivement.
Pour les adultes, la corrélation moyenne entre la 3e et la 4e expé
rience pour une série de 14 tests a été de 0,78 en vitesse et 0,59 pour
l'exactitude.
Il semblerait donc bien que l'exactitude (mesurée par le nombre
d'erreurs par unité de travail effectué) se montre, en général, moins
constante que la vitesse.
Les inter-corrélations entre les tests (qui doivent répondre à la
2e question de l'auteur) ont été insignifiantes chez les enfants à la
première expérience et ont donné, à la 12e, des inter-corrélations
qui ont varié de 0,12 à 0,73 pour la vitesse, de 0,05 à 0,46 pour l'exac
titude.
Chez les adultes, la comparaison des 14 tests amène l'auteur à
considérer la qualité du travail comme une caractéristique stable
du sujet, alors que la vitesse serait choisie différemment pour les PSYCHOTECHNIQUE. GÉNÉRALITÉS
différents travaux : dans les travaux où il s'agit d'exactitude, c'est-à-
dire d'absence d'erreurs (comme dans les additions, dans le barrage),
les inter-corrélations sont assez élevées ; mais dans les travaux de
précision (découpage, pliage de fil de fer), la vitesse varie sensibl
ement suivant le test.
Et la même distinction entre l'exactitude et la précision est reprise
pour l'étude des rapports de la vitesse et de l'exactitude dans le
même travail. Chez les adultes, il semblerait que les corrélations
entre la vitesse et la qualité ont tendance à être fortement positives
pour des travaux d'exactitude et négatives pour les travaux de pré
cision. L'explication suggérée par l'auteur est celle-ci : dans les tr
avaux d'exactitude le ralentissement du travail au delà d'un certain
point n'améliore pas le rendement, de sorte que les bons travailleurs
sont exacts et peuvent se permettre en même temps d'être rapides.
Au contraire pour la précision, le ralentissement reste longtemps
avantageux et permet d'atteindre un rendement meilleur.
Malgré le petit nombre de sujets qui ont servi à cette étude,
quelques-uns des résultats semblent tout de même se dégager avec
une certaine netteté ; la question mériterait d'être reprise sur un
plus grand nombre de sujets et à l'aide de méthodes statistiques plus
poussées. I). W.
1570. — W. HÜBEL. — Ueber psychische Geschwindigkeiten trad
ihre gegenseitige Beziehungen (Sur les vitesses psychiques et leurs
relations réciproques). — Z. für ang. Ps., XXXV, 1930, p. 447-496.
L'A. compare la vitesse des sujets dans quelques tests moteurs et
mentaux : temps de réactions ; temps d'associations ; recherche des
formes, des couleurs ou des nombres sur un tableau ; étendue de
l'attention (perception au tachistoscope) ; mouvements (tracer des
signes, pointer). Deux groupes de sujets (32 adolescents de 16 à
17 ans et 20 adultes) ont effectué des épreuves collectives ; une
trentaine d'universitaires ont été soumis à des expériences indivi
duelles, sur des appareils.
Les résultats montrent des corrélations plutôt élevées entre les
différents tests (répétés d'ailleurs chacun pendant deux ou plusieurs
séances). Pour les deux groupes d'adultes, sur 19 intercorrélations,
14 atteignent ou dépassent 0,40 dont 11 dépassent 0,50. La vitesse
des mouvements et les temps de réactions donnent p — 0, 75, dans
un groupe et 0,9'* dans l'autre ; les temps d'associations et vitesse
des tracés : 0,68 ; étendue de J'attention et recherche des nombres :
0,61. La recherche des nombres, des formes ou des couleurs semble
d'ailleurs occuper une place à part ; elle est en corrélation plus faible
avec tous les autres tests (sauf l'étendue de l'attention) ; elle fournit
aussi des résultats un peu meilleurs chez les adolescents que chez les
enfants. L'étendue de l'attention fournit également des intercorré
lations moins élevées. Par contre, les corrélations élevées entre les
temps d'associations, les temps de réactions et la vitesse des mouvem
ents, conduisent l'auteur à admettre un facteur commun à la base,
— la fonction motrice.
Les adolescents fournissent des corrélations systématiquement,
moins élevées que les adultes. D. W. 1030 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1571. — W. J. STAINER. — A Speed-accuracy competition (Un
concours rapidité-précision). — Br. J. of Ps., XX, 1, 1929, p. 82-89.
Des tests d'arithmétique et d'orthographe ont été appliqués chaque
mois à des enfants pendant le cours d'une année scolaire, et présentés
sous formé de compétition fortement récompensée. Le résultat le plus
frappant révélé par l'étude statistique est l'aplatissement des courbes
de progrès au milieu de l'année, c'est-à-dire en janvier, février et
mars. L'automne et l'été seraient les saisons les plus favorables au
travail mental. A. F.
1572. — M. PONZO. — Considéra zioni sullo sviluppo e sul regresso
di attitudini psichicbe (Considérations sur le développement et la ré
gression des aptitudes psychiques). — Riv. di Psic, XXVI, 4, 1930,
p. 233-239.
L'échelle de Binet-Simon fixe les étapes du mental
de 3 ans à l'âge adulte. Les tests de Yerkes établissent l'existence
d'un accroissement mental, lent au début, plus rapide par la suite,
revenant à son allure initiale dans son troisième stade (courbe en S).
Le ralentissement se produirait après 20 ans, s'accentuerait après 30.
Une signification générale ne peut être accordée à ces constatations
qu'avec beaucoup de circonspection, car comme dit de Sanctis « la
psychologie différentielle laisse intacts et en dehors de toute classif
ication les tréfonds de la personnalité humaine ».
Néanmoins en admettant le concept de développement mental
progressif et global, nous sommes astreints à accepter comme évi
dent l'enrichissement de la mentalité de l'adulte et de l'adolescent
par rapport à celle de l'enfant. Ces transformations peuvent être
attachées à la maturation successive des aptitudes innées, ces chan
gements se produisant tantôt en faveur d'une catégorie d'aptitudes,
tantôt en faveur d'une autre. L'A. préconise l'utilité de la substitu
tion au concept de niveau mental, du concept de niveau dyaptiludes.
Les modifications des rapports entre les niveaux d'aptitudes d'âges
différents permettraient de déceler les causes de transformation de
la personnalité infantile et serviraient d'illustration au concept de
régression relative des aptitudes déterminées à un moment donné
de l'évolution de l'individu. Mais le problème de la nature du phéno
mène de progrès ou de régression ne se trouvera pas élucidé par cette
détermination statique. Ce qui rend efficient le germe d'aptitude,
c'est le facteur inclination, préférence, pour telle ou telle forme
d'activité. Ce facteur se trouve dynamiquement présent dans l'ind
ividu sous la forme de tendances. Celles-ci sont analogues aux ten
dances instinctives. Dans la grande majorité des cas ces tendances
restent en germe, attendant l'heure propice à leur manifestation.
L'ambiance (famille, école, etc.) abonde en stimuli qui provoquent
leur éclosion. L'analogie des « tendances aux aptitudes » avec les
tendances instinctives rend compréhensible leur apparition succes
sive, leur exaltation sous l'influence de l'ambiance. Si l'instinct est
pour certains psychologues (Mac Dougall) une force qui ne s'éteint
qu'apparemment pour se révéler à l'occasion favorable, pour
d'autres (W. James), il est line force qui mûrit jusqu'à un certain

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