Généralités - compte-rendu ; n°2 ; vol.63, pg 426-427

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L'année psychologique - Année 1963 - Volume 63 - Numéro 2 - Pages 426-427
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1963
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Généralités
In: L'année psychologique. 1963 vol. 63, n°2. pp. 426-427.
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Généralités. In: L'année psychologique. 1963 vol. 63, n°2. pp. 426-427.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1963_num_63_2_27793— Le comportement animal IV.
Généralités.
Prévost (J.). — L'écologie du manchot empereur « Aptenodytes
Forstere » Gray. — Bull. Soc. zool., 1962, 87, 295-301.
L'auteur a pu étudier sur place le cycle annuel de cet oiseau, le
plus extrême des homéothermes, dans la colonie de reproduction de
Terre Adélie en 1952 et en 1956. La température annuelle est d'envi
ron — 12° C avec des vents violents et c'est le plein hiver antarctique
qui est la période de reproduction, sur une mer de glace qui subit
chaque année une débâcle estivale.
Les manchots gagnent les lieux de reproduction au début de l'a
utomne, pesant de 35 à 42 kg (avec une réserve lipidique de 5 à 10 kg) ;
les mâles vont jeûner plus de 4 mois, tandis que les femelles, après la
ponte et un jeûne de 45 à 50 jours, leur faisant perdre 17 à 30 % de
leur poids, s'éloignent pour ne revenir faire la relève des mâles dans la
couvaison qu'au mois de juillet, après s'être nounies en mer libre.
L'époque de la pariade automnale, animée de batailles, est celle
de la formation des couples avec chants de cour et tout un cérémonial
gestuel et vocal précédant la copulation (2e quinzaine d'avril). L'incubat
ion, après la ponte, débute en mai.
La plupart des couveurs se groupent, jusqu'à former une immense
tortue de 6 000 manchots. Le retour des femelles est parfois postérieur
à l'éclosion, et certains mâles épuisés peuvent abandonner leur tâche
paternelle pour regagner la mer libre et s'alimenter à leur tour avant de
revenir retrouver leurs poussins. Quand ils les perdent, ils cherchent à
en trouver un autre et c'est l'occasion alors de nombreuses batailles.
Les reconnaissances individuelles paraissent être à la fois vocales
et visuelles. C'est à l'âge d'environ 5 mois que les jeunes ayant une bonne
thermorégulation et bien nourris s'émancipent et gagnent aussi la
mer libre pour achever leur développement.
H. P.
Scott (J. P.). — Critical periods in behavioral development (Les
périodes critiques dans le développement du comportement). —
Science, 1962, 138, 949-958.
Revue critique de ce problème jusqu'en 1962.
L'auteur envisage, chez le jeune, l'établissement de liens, avec les
êtres et les choses de son environnement, qu'il qualifie un peu abusive
ment de « sociaux ». Les récompenses alimentaires n'ont qu'un rôle
secondaire. La fixation de ces liens dépend surtout de l'état émotionnel
du jeune. Les punitions, la faim, la peur, la solitude, qui déclenchent LE COMPORTEMENT ANIMAL 427
des réactions émotionnelles, accélèrent l'attachement. L'empreinte
perceptive, par exemple, peut être soit renforcée par des émotions dues
à l'isolement, ou à des stimulations électriques au moment de la réponse
de poursuite, soit diminuée par l'administration de tranquillisant au
cours de la période critique pour l'établissement de ces liens.
Le déroulement dans le temps de cette période dépend de certains
facteurs physiques : on l'écourte, chez les canards, en exposant les
œufs au froid pendant un certain temps. Certains mécanismes comporte
mentaux, qui rapprochent les jeunes, pourraient marquer le début de
la période critique (réponse de poursuite, jeux, etc.), ainsi que le déve
loppement sensoriel, moteur et des capacités d'apprentissage. Ce sont
des mécanismes négatifs qui terminent la période critique : les réactions
de frayeur chez les animaux ou les « 8 mois d'anxiété » des jeunes enfants.
Chez les jeunes chiens, par exemple, la frayeur joue un double rôle :
à l'âge de 6 à 7 semaines, le maximum des réponses émotionnelles
contribue à renforcer l'attachement et à 14 semaines, le maximum des
réponses de fuite marque la fin de la période critique.
Cette capacité d'attachement aux êtres et aux choses persiste à
l'état potentiel pendant toute l'existence. Une chèvre s'attache à son
chevreau à la suite du violent choc émotionnel qui accompagne la
naissance. En fait, un animal d'un âge quelconque, exposé à un certain
environnement pendant un certain temps, s'attachera à lui, la rapidité
du processus étant en relation avec l'intensité du choc émotionnel qui
lui est associé.
Les périodes critiques pour l'apprentissage varient suivant les acti
vités considérées. Il en existe pour du chant chez les
pinsons, l'apprentissage au combat chez la souris (qui correspond à
la période critique pour la fixation des liens avec l'environnement),
l'apprentissage des limites du territoire chez le fox-terrier (coïncidant
avec la maturité sexuelle), etc. La période des jeux, chez les jeunes,
correspond à une période critique pour l'apprentissage du comporte
ment de l'adulte.
Lorsque dans les premiers jours de la vie, on stimule le jeune animal
(choc électrique, secousses mécaniques, etc.), il apprend plus vite,
devient moins timoré et plus vigoureux. La période critique pour la
stimulation précoce dépend de l'intensité de celle-ci et du type de
comportement qui sera envisagé ultérieurement. Une stimulation
excessive peut entraîner un traumatisme qui n'est cependant pas irré
versible. Au stade embryonnaire, des chocs émotionnels causés à
l'organisme maternel en fin de gestation rendent la descendance plus
émotive.
L'auteur, enfin, considère les périodes critiques comme des processus
de croissance très largement répandus dans le monde animal et les
rapproche du moment critique de la « détermination » des tissus au
cours du développement embryonnaire.
R. C.

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