Généralités - compte-rendu ; n°2 ; vol.82, pg 547-552

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L'année psychologique - Année 1982 - Volume 82 - Numéro 2 - Pages 547-552
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Généralités
In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 547-552.
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Généralités. In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 547-552.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1982_num_82_2_28439L'Année Psychologique, 1982, 82, 547-589
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
GÉNÉRALITÉS
Reuchlin (M.). — Psychologie, 4e éd. augmentée, Paris, Presses
Universitaires de France, 1981, 677 p.
Voici, quatre ans après sa sortie, la quatrième édition, revue et
augmentée, de l'ouvrage désormais classique de M. Reuchlin. Le temps
a confirmé l'impression première : il s'agit bien du manuel, rédigé en
langue française, dont nous avions besoin, enseignants et étudiants,
depuis que le livre de P. Guillaume s'est trouvé dépassé par l'évolution
de la recherche. Les choix de l'auteur, quant aux thèmes traités, quant
aux auteurs cités, quant aux documents proposés, quant aux résumés
et aux indications « pour aller plus loin » se sont révélés pédagogiquement
pertinents.
Lors d'une précédente édition, M. Reuchlin, sans modifier l'économie
d'ensemble de cet instrument de travail, y avait ajouté un chapitre
portant sur « La fonction sémiotique et le langage ». Ce qu'il nous offre
cette fois, c'est un chapitre intitulé « Du réflexe à la personnalité :
l'intégration des conduites ». Ce chapitre d'une centaine de pages, situé
à la fin de l'ouvrage, bien que placé sur le même plan que les autres,
prend l'allure d'une conclusion.
Le titre que M. Reuchlin donne à son chapitre est suggestif. Il
rappelle celui que son maître H. Piéron avait donné à ses études de
psychophysiologie comparée : « De l'actinie à l'homme ». M. Reuchlin
y développe, sur l'intégration aussi bien des conduites perceptives que
des conduites motrices, des vues originales en dégageant la notion
d'intégron. La psychophysique offrant, avec Helson d'un côté, Tanner,
Green et Swets de l'autre, deux modèles d'intégron, la construction
perceptive s'analysant elle-même comme une intégration, l'œuvre de
Witkin fournit le passage de la perception à la personnalité. Parallèle- Analyses bibliographiques 548
ment, en s'appuyant sur l'intégration sensori-mo trice, par exemple
celle de la capture visuelle et de la capture motrice, M. Reuchlin trouve
dans l'inspiration de Henri Wallon, dans la notion de corps propre
conduisant à la conscience du moi, le passage de la motricité à la
personnalité. Le chapitre peut alors s'achever sur un exposé, plus clas
sique dans sa conception que le cheminement qui y a conduit, sur le
modèle factoriel de la personnalité.
Par cette architecture très étudiée, qui permet nombre de rappro
chements, inattendus de prime abord, évidents à la réflexion, qui fait
donc penser, M. Reuchlin achève de montrer que, si l'ouvrage de réf
érence qu'il a mis à notre disposition est bien le manuel de psychologie qui
nous faisait défaut, cet ouvrage est aussi beaucoup plus qu'un manuel.
G. Noizet.
Lumsden (C. J.) et Wilson (E. O.) — Genes, mind and culture,
Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1981, 428 p.
Dès la préface, les auteurs définissent leurs buts : « Ce livre contient
la première tentative pour suivre les voies qui conduisent, par l'esprit,
des gènes à la culture. Beaucoup ont cherché le Graal d'une théorie
unifiant biologie et évolution culturelle. Dans les années passées les
auteurs ont été amenés à pressentir l'existence d'une sorte de couplage
entre génétique et culturelle et les auteurs ont entrepris
leur effort avec la conviction que le temps est venu d'une découverte
de cette nature » (p. 9). Dans un nombre de pages relativement modeste
en regard de ce que produit usuellement Wilson, les nouveaux Perceval
nous décrivent leur quête dans un maquis de concepts, maquis propret
dont les embûches éventuelles ont été savamment dressées par ceux-là
même qui vont les déjouer. En effet on se meut dans un système de
concepts ou plus exactement de néologismes dont on ne sait au juste
quel phénomène biologique ou culturel ils recouvrent (Procultural,
Eucultural, Mentifacts, Node-link structure, Supergene, Transparency
principle). Le généticien déjà réfractaire à la notion de « gène altruiste »
découvrira ici le « gène de la culture » sans que toutefois on précise en
quoi consiste la protéine que contrôle finalement ce gène. Il trouvera
une définition des termes « physiologie », « vertébré », « primate »,
mais cherchera vainement celle d' « interaction ». Il s'étonnera de la
façon dont l'héritabilité « fraction des influences héréditaires opposée
aux influences environnementales » se définit dans un ouvrage dont
l'intitulé et les têtes de chapitres révèlent des prétentions génétiques.
Plus grave peut-être est le fait que l'ouvrage repose sur des notions
aussi contestables que celle d'assimilation génétique proposée par
Waddington. Notons que la génétique a montré depuis vingt ans
qu'elle pouvait faire l'économie des hypothèses de Waddington, même Généralités 549
si ces dernières présentent un certain intérêt métaphorique. Quel dom
mage, les nouveaux Perceval ont cru trouver le Graal, ils n'ont saisi
qu'une illusion... dont ils risquent d'être les seuls dupes.
P. ROUBERTOUX.
Altman (I.), Rapoport (A.) et Wohlwill (J. F.). — Human
behavior and environment. Advances in theory and research. Vol. 4 :
Environment and culture, New York, Plenum Press, 1980, 351 p.
Cet ouvrage est le quatrième d'une collection dirigée par Altman
et Wohlwill et dont le but est de faire connaître les travaux actuellement
consacrés aux problèmes de l'environnement ; chaque ouvrage offre
une série de chapitres dont chacun est confié à un spécialiste. Les
volumes 1 et 2 ont couvert un large éventail de problèmes théoriques
et appliqués qui ont été traités selon une approche unidisciplinaire
ou pluridisciplinaire ; le volume 3 regroupe des recherches consacrées
plus spécialement à l'enfant ; le volume 4 est centré sur les relations
réciproques de la culture, au sens général du terme, et du milieu phys
ique, au sens particulier de l'environnement modifié et fabriqué par
l'homme. On y trouve neuf chapitres : « Aspects culturels et inter
culturels de l'environnement conçu par l'homme » ; « Les méthodes de
la recherche interculturelle en matière d'environnement »; « Ecologie
culturelle et comportement individuel » ; « Espace personnel, densité
sociale et spatial selon les cultures » ; « La territorialité
dans les villes » ; « Culture et scène urbaine : l'interaction de la situation,
du comportement et de l'image dans les lieux urbains » ; « Ecologie
humaine et comportement humain : une anthropologie normative de
l'usage et du mésusage des ressources » ; « Les hasards naturels : une
perspective interculturelle » ; « Culture, écologie et développement :
une redéfinition de la planification ». Certains des auteurs sont psy
chologues, d'autres sont géographes, anthropologues, on trouve égale
ment un architecte, un planificateur...
Une des qualités de cet ouvrage est d'enrichir la problématique
des rapports entre culture et milieu par la multiplicité des points de
vue et de transcender les considérations trop unidimensionnelles de
chaque discipline. Il y a, dans nombre de ces chapitres, beaucoup
d'idées nouvelles et, dans certains d'entre eux, beaucoup de recherches
intéressantes. L'ensemble manque un peu d'unité : les perspectives, le
vocabulaire et les modes de pensée et de recherche sont souvent distants
les uns des autres. C'est une des faiblesses inhérentes à la conception
même de ce genre d'ouvrages qui, comme certains colloques, rassemblent
sous un titre commun des spécialistes de diverses disciplines, laissant
au lecteur ou à l'auditeur le soin de trouver les points de contact à
partir desquels pourrait s'esquisser un programme de recherches inter
disciplinaires. Il est vrai qu'en matière d'environnement, les sciences 550 Analyses bibliographiques
humaines n'en sont qu'au début et qu'on ne doit pas risquer de tarir
la richesse des développements futurs par le souci prématuré d'y voir
clair dans des problèmes dont il faut d'abord explorer la complexité.
L'ensemble des rapports ici présentés peut contribuer à la « culture »
des psychologues et les encourager à aller au-delà de l'étude des effets
des nuisances pour travailler dans le champ de l'écologie psychologique
dont Lewin avait, voici plusieurs décades, pressenti l'importance.
G. de Montmollin.
Minors (D. S.) et Waterhouse (J. M.). — Circadian rhythms and
the human, Bristol, Wright, 1981, 332 p.
Depuis dix ans les livres sur la chronobiologie envisagée sous les
aspects les plus divers se sont multipliés. Celui-ci, publié par deux
collaborateurs du regretté J. M. Mills de Manchester, prend la relève
du livre publié en 1970 par Conroy et Mills, et de celui édité par
Colquhoun (1971). Les problèmes étudiés sont centrés sur les rythmes
circadiens chez l'homme. Nous avons là une excellente synthèse aussi
actuelle que possible qui envisage tous les problèmes posés par ces
rythmes. Un chapitre d'introduction sur les concepts et les méthodes,
un appendice sur les analyses statistiques de ces phénomènes (et en
particulier de la méthode du Cosinor), montrent que rien n'est omis.
Une série de chapitres envisagent d'abord les aspects physiologiques
de ces rythmes circadiens : température, métabolisme, rythmes gastro-
intestinaux, rythmes des reins et des hormones. D'autres sont centrés
sur le rythme veille-sommeil et sur celui des performances mentales.
Viennent ensuite les chapitres qui approchent les problèmes appliqués :
les effets de l'âge, et les problèmes liés aux changements de fuseaux
horaires ou des rythmes du travail (travail posté). Ces changements
de rythme, notamment en ce qui concerne la rotation dans les horaires
du travail, ont des influences sur la santé de l'individu. Les problèmes
liés à l'adaptation, ainsi que ceux liés à l'heure de l'utilisation des
médicaments, font l'objet d'un important chapitre.
Le plus précieux de tous me semble celui où sont envisagés les méca
nismes des rythmes circadiens. Les auteurs montrent le réseau des
relations connues actuellement. Ils interrogent aussi dans ce domaine
les recherches faites sur les animaux. Ils sont conduits à reconnaître
notre ignorance actuelle, mais ils concluent cependant qu'il y a chez
l'homme deux systèmes oscillants : celui de la température et celui de
l'alternance veille-sommeil. Ces systèmes sont en phase dans une vie
habituelle, mais le premier résiste beaucoup mieux aux effets des syn
chroniseurs ou de l'environnement que le second. Ils ne sont cependant
pas complètement indépendants l'un de l'autre. Quelques points par
ticuliers à signaler : dans le rythme veille-sommeil, la phase régulatrice
semble être celle du sommeil. L'estimation de la durée (avec en parti- Généralités 551
culier l'emploi de montres truquées à l'insu du sujet) ne joue pas le
rôle d'un synchroniseur dans les limites de 21 et 28 heures. Les sujets
ne s'aperçoivent même pas du décalage à condition de n'avoir que des
repères externes, c'est-à-dire d'être en libre cours. Dans ce même cas,
plusieurs recherches ont montré une plus grande stabilité des groupes
de sujets (à partir de deux) que d'un individu isolé. Le dernier chapitre
envisage donc toutes les données physiologiques, y compris le rôle
possible de rythmes ultradiens, mais en relation avec les conditions
de l'environnement.
Après avoir lu ce livre — qui n'ignore pas les travaux français —
on s'aperçoit que l'on sait beaucoup de choses, mais, comme le disent
les auteurs eux-mêmes, qu'il y a encore beaucoup de pain sur la planche.
P. Fraisse.
Jongen (R.) (Edit.). — La métaphore, Bruxelles, Publications des
Facultés Universitaires Saint-Louis, 1980, 191 p.
La métaphore constitue sans doute un phénomène de sens, ou
plutôt de transfert de sens, de première importance, dont l'étude
intéresse au premier chef nombre de disciplines humaines, parmi le
squelles la psychologie et plus particulièrement la psycholinguistique.
Toutefois, ce n'est que très récemment que les psychologues du langage
se sont penchés sur l'étude de la production et de la compréhension des
expressions métaphoriques, ainsi que sur le rôle joué par les métaphores
dans le développement des idées scientifiques.
L'ouvrage publié sous la direction de R. Jongen est constitué
d'une série de cinq contributions de nature essentiellement philosophique
et couvrant un large champ d'intérêts théoriques. Citons à titre d'exemple
le chapitre de Jongen consacré à « La métaphore comme éponyme et
comme prédication d'identité » ainsi que ceux de Marchai et Pirard
portant respectivement sur « Le discours scientifique et le déplacement
métaphorique » et « Symbole, symptôme et métaphore ».
L'étendue des domaines envisagés s'accompagne d'une grande divers
ité de points de vues et de conceptions de la métaphore. Cet ouvrage
met bien en évidence la richesse de la problématique considérée, mais
encore davantage le fait que la signification de ce phénomène de sens
qu'est la métaphore reste encore à élucider.
J. Ségui.
Syski (R.). — Random processes, New York, Dejcker, 1979, 290 p.
Le hasard est un concept-clé dans presque toutes les sciences
« douces » qui forment la biologie, les sciences humaines et les
économiques. De fait, la théorie du hasard, ou calcul des probabilités,
s'applique dans ces sciences à deux niveaux : celui de l'inférence statis- 552 Analyses bibliographiques
tique, et celui, plus neuf, des processus stochastiques. Mais le calcul
des probabilités repose sur des mathématiques difficiles, de sorte qu'il
n'est pas immédiatement accessible à tous les chercheurs de ces disci
plines. L'intention de Syski, lui-même mathématicien émérite, est
précisément de présenter les principaux résultats du calcul des probab
ilités appliqué à l'étude des processus, en évitant de s'encombrer
de toutes les démonstrations qui pourraient décourager ses lecteurs.
Précisons cependant que l'ouvrage reste situé à un niveau mathé
matique respectable, malgré de nombreux recours à l'intuition du
lecteur, à l'humour et à l'application. C'est ainsi que ce petit livre est
truffé d'exemples d'applications (dans le secteur des sciences économiques
pour la plupart) qui servent de support à l'introduction de chaque
résultat théorique. Les notions théoriques, qui sont ici présentées de
façon originale, recouvrent un domaine avancé de l'étude des processus
aléatoires : après la définition des variables aléatoires et des fonctions
mathématiques de base qui leur sont associées, sont en effet abordés
l'aléa de Bernouilli et la distribution de Poisson, puis les promenades
aléatoires et les processus de Markov.
Comportant de nombreux exercices à la fin de chaque chapitre, cet
ouvrage doit être considéré comme un cours général et condensé de
calcul des probabilités appliqué à l'étude des processus, destiné à des
lecteurs au niveau du premier cycle universitaire de mathématiques.
P. Bovet.

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