Généralités, histoire, méthodes - compte-rendu ; n°1 ; vol.93, pg 143-149

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L'année psychologique - Année 1993 - Volume 93 - Numéro 1 - Pages 143-149
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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Généralités, histoire, méthodes
In: L'année psychologique. 1993 vol. 93, n°1. pp. 143-149.
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Généralités, histoire, méthodes. In: L'année psychologique. 1993 vol. 93, n°1. pp. 143-149.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1993_num_93_1_28687L'Année psychologique, 1993, 93, 143-144
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
AUTEURS ANALYSÉS
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ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
GÉNÉRALITÉS, HISTOIRE, MÉTHODES
Atkinson R. L., Atkinson R. G., Smith E. E., Bern D. J. et Hil-
gard E. R. — (1990) Introduction to psychology, 10e éd., San Diego,
New York, Harcourt Brace Jovanovich, 788 p.
Comment peut-on rendre compte d'un pareil volume de 788 p.
dans un grand format ? Il faut d'abord remarquer que c'est la 10e édition
de ce livre, qui a donc connu un immense succès. La 7e édition en 1980,
presque aussi volumineuse que celle-ci, a été traduite en français par
D. Bélanger, et publiée au Canada, ce qui explique son faible retentiss
ement en France.
Cependant cette 10e édition mérite d'être recommandée pour ses
qualités. Ecrite par cinq auteurs, elle n'est pas une somme de chapitres
indépendants. Les auteurs ont collaboré et fait collaborer de nombreux
chercheurs pour écrire les 19 chapitres regroupés en 8 parties. Chaque
chapitre est divisé en sous-ensemble de 2 ou 3 pages avec une
idée centrale et sans surcharge de références. La préface indique
que l'on peut lire et étudier l'ouvrage de deux points de vue. L'un
plutôt biologique et expérimental, l'autre plutôt centré sur la personn
alité et les problèmes sociaux.
Il faut insister sur la qualité de la rédaction, complétée par des
illustrations, des tableaux, des résumés. Les auteurs qui pensent beau
coup aux étudiants, leur proposent d'ailleurs en post-face la manière
d'étudier chaque chapitre par étapes en partant de la question posée
au test de mémoire.
Sur le fond, près de 20 % du texte a été réécrit ou complété, en
particulier les 3 chapitres « Conscience et perception », un chapitre sur 146 Analyses bibliographiques
« La personnalité au cours de la vie ». Enfin le phénomène posé est
étudié d'une manière honnête qui ne conclut pas.
Je peux seulement souligner pour compléter cette introduction
le titre des chapitres pour indiquer au lecteur les domaines inventoriés :
« Nature de la psychologie », « Les bases biologiques de la psychologie »,
« Le développement psychologique », « Les processus sensoriels », « La
perception », « La conscience et ses états variés », « Apprentissage et
conditionnement », « La mémoire », « Pensée et langage », « Les motivat
ions de base », « L'émotion », « Les aptitudes mentales et leur mesure »,
« La personnalité au cours de la vie », « La théorie de la personnalité
et ses variétés », « Stress, psychopathologie et thérapie », « Psychologie
anormale », « Méthodes de thérapie », « Processus de l'information
sociale », « L'influence sociale ».
Le tout se termine par une brève histoire de la psychologie, ce qui
démontre a fortiori que les auteurs ont voulu faire un large condensé
de ce que l'on sait aujourd'hui sur toutes les perspectives de la psy
chologie.
Mais il y a cependant un manque. Les auteurs ignorent ce que les
non-anglophones ont écrit. Un seul ouvrage de Piaget trouve grâce à
leurs yeux parce qu'il a été traduit en anglais.
P. Fraïsse.
Tiberghien G., Roulin J.-L. et Beauvois J.-L. — (1992) Manuel
d'études pratiques de psychologie ; pratique de la recherche, Paris,
PUF, 343 p.
Ces 25 expériences veulent initier l'étudiant aux méthodes de
recherche en psychologie dans des domaines différents où prédomine
cependant la sociale. Ce recueil se veut être d'abord d'initia
tion et d'incitation. Le nombre de sujets nécessaire varie beaucoup,
de 2 à 80. Ceux-ci peuvent être réellement sujets et parfois expériment
ateurs, surtout quand la passation de l'expérience est faite à l'extérieur
(sur des classes d'élèves par exemple).
Pour chaque tp l'introduction est brève, mais la méthode très expli
citée avec le texte complet de la consigne. Le matériel est réduit au
minimum (micro-ordinateur, magnétophone ou système vidéo). Le
traitement des résultats utilise en général des méthodes statistiques
classiques et dans certains cas l'expérimentateur étalonne lui-même
les résultats entre deux séances, ce qui est fréquent. Le tp se termine
par un aperçu théorique sur le problème étudié, assorti de thèmes de
réflexion.
Je ne peux pas donner les titres des manipulations, car ils ont été
choisis pour piquer la curiosité de l'étudiant. Ex. : la madeleine de
Proust : le principe de la spécificité de l'encodage.
P. Fraïsse. histoire, méthodes 147 Généralités,
Rouanet H., Lecoutre M. -P., Bert M.-C, Lecoutre B. et Bernard J.-M.
— (1991) L'inférence statistique dans la démarche du chercheur, Berne,
Lang, 168 p.
Quelle belle idée que de proposer en quelques pages la « substantifique
moelle » d'un travail acharné d'une quinzaine d'années sur l'inférence
statistique, déjà largement publié par ailleurs et qui aurait dû produire
une révolution dans les pratiques des chercheurs ! Cette entreprise
collective a le mérite, par une présentation claire, à la portée de toutes
les bourses pécunières et intellectuelles, de montrer que ce n'est pas la
difficulté d'intégration de ces nouvelles notions (notamment l'inférence
flducio-bayésienne) qui serait à la source de l'échec de leurs mises en
pratique. Il faut donc fortement déconseiller la lecture de ce livre à
ceux qui voudraient y chercher des arguments sérieux pour rejeter
ces méthodes, sur la base de leur difficulté de mise en œuvre. Ils y trou
veront plutôt des raisons de s'y intéresser de plus près et des preuves
que les logiciels et les tables dont ils disposent, pour accompagner le
comportement magique du test de signification, sont dans bien des cas
exploitables pour produire les analyses en prise directe sur les conclu
sions de leurs articles. Mais oui, on peut aller plus loin que de prouver
que son « facteur » a un effet différent de zéro ! On peut même éviter la
bévue de s'appuyer sur un test non significatif pour conclure à l'absence
d'effet de son « facteur » ! On peut même, qui plus est, prouver que son
modèle est une bonne approximation de ce qu'on peut tirer de ses
observations (écart négligeable entre ses prédictions et ce qui peut être
inféré des observations) ! Délectable, n'est-ce pas ?
Sans la provocation de l'analyste du livre, les auteurs démontent
avec une remarquable efficacité les processus cognitifs à l'œuvre dans la
démarche des chercheurs, qui sont conduits à un conflit inévitable entre
leur attachement religieux aux tests de signification et leur irrépressible
besoin de conclure sur des hypothèses qu'ils n'ont pas pu tester. La
répression de ce conflit cognitif conduit même certains à ne plus regarder
les observations, mais seulement le test, qui leur ouvrira la porte des
meilleures revues (disent-ils...). On en arrive même à se refuser de publier
des données qui ont conduit à des résultats non significatifs. C'est grave,
car il y a peut-être, derrière ces données, des conclusions valides d'ab
sence d'effet des facteurs expérimentaux, qui sont quelquefois plus
intéressantes à produire que des effets triviaux, qui n'apportent pas
toujours des découvertes à la Science, même s'ils sont « publiables ».
On trouve aussi dans ce livre quelques éléments d'histoire qui
peuvent élever le débat « cognitif » à un niveau quasi sociologique. En
effet, c'est à Fisher que l'on doit le principe de l'inférence fiduciaire, qui
permet de résoudre ces conflits (nous sommes dans les années 30...).
Cet échec est l'exemple même de ces blocages scientifiques dont les
racines doivent être trouvées, moins dans des difficultés cognitives,
que dans des déviations d'une organisation sociale de la recherche 148 Analyses bibliographiques
C'est bien à ce niveau que la question se pose et c'est à ce niveau que les
auteurs de ce livre l'ont trop timidement posée. Mais quel courage faut-il
à des chercheurs en science sociales pour démonter les mécanismes de
fonctionnement d'une communauté scientifique dont ils font partie !
Gomme on a pu étudier avec profit les mécanismes pervers à l'œuvre
dans la sélection des articles et des communications ou dans la définition
des grandes orientations scientifiques, il faudrait aussi dégager les causes
organisationnelles des pratiques erronées de l'analyse statistique.
L'erreur, dit-on, est humaine, mais on sait maintenant qu'elle est
souvent sociale, avant d'être individuelle. Elle est aussi déterminée
par un environnement technico-économique. L'ère informatique, puis
micro-informatique, a mis sur le marché des logiciels qui répondent
immanquablement aux habitudes d'analyse statistique des utilisateurs-
clients. L'Ergonomie a souvent aussi montré combien les comportements
sont déterminés par les outils techniques. Les idées de « l'Ecole française
d'analyse des données » ne passeront dans les pratiques qu'au prix du
développement de logiciels. Sur ce point, les auteurs de ce livre ont fait
récemment des efforts de diffusion de logiciels bien documentés et
accessibles. Souhaitons que ces efforts puissent se poursuivre et produire
les effets attendus.
Henry Rouanet introduit ce livre par deux textes de bonne venue,
dont il a le secret, mettant en question les pratiques statisticiennes, en
identifiant déjà un premier décalage entre la statistique mathématic
ienne (répondant aux intérêts de ses concepteurs qui n'adhèrent pas
nécessairement à ceux de ses utilisateurs) et la statistique des chercheurs.
L'amitié qu'il voue à ces derniers le conduit quelquefois à surestimer la
qualité de leurs intuitions, en supposant qu'il pourrait exister une
« interprétation naturelle » des données ou des « pratiques naturelles »,
dignes du « bon sauvage », qu'il faudrait promouvoir. Cette « nature »
relève, bien entendu, de la culture, et peut aussi conduire à des bévues,
si on ne fait pas cet « effort spécial pour prendre conscience de leur
existence » (Feyerabend, cité par l'auteur).
Marie-Paule Lecoutre présente ensuite une belle synthèse de ses
travaux sur les jugements probabilistes « développés par des sujets
adultes » (pourquoi ne pas dire tout de suite qu'il s'agit de chercheurs ?).
C'est un chapitre qui, sous des allures feutrées, vous fera froid dans le
dos : c'est du moins l'impression que j'ai éprouvée à sa lecture ! Peut-être
ai- je été moi-même sujet de l'une de ces expériences... Comment peut-on
utiliser des outils (les tests) qu'on maîtrise si mal ! Les déterminants
sociaux des déviations des interprétations ne sont toutefois pas traités
à leur juste mesure par l'auteur, bien qu'il les laisse clairement trans
paraître dans l'analyse des données recueillies. On trouve, dans les
conclusions, des raisons sérieuses pour justifier l'utilité des travaux
dont il est question dans la suite du livre.
Henry Rouanet introduit les principes de l'inférence ensembliste, générale 149 Psychologie
qui s'appuie sur la notion de proportion (d'échantillons) sans recourir
d'emblée à la notion de probabilité, plus abstraite. Il les illustre par
l'inférence sur une fréquence et Marie-Claude Bert par l'inférence sur
une moyenne. Les enseignants apprécieront l'intérêt pédagogique d'une
telle approche, de même que leurs étudiants, bien entendu.
Bruno Lecoutre explicite avec brio le passage du test de signification
à l'inférence flducio-bayésienne, qu'il illustre par des inferences sur des
moyennes et des écarts entre moyennes. Jean-Marc Bernard conclut
ce livre par un chapitre d'une grande clarté concernant l'inférence sur
des fréquences et sur des écarts entre fréquences. Cette dernière question
manquait dans les ouvrages précédemment publiés : on trouve enfin
une méthode de rechange au x2 pour produire des inferences fiduciaires,
au prix toutefois de l'acquisition d'un logiciel de calcul.
Il faut conseiller ce livre, très bien illustré, d'une grande économie
de formules et de signes cabalistiques, qui, outre son caractère intro-
ductif, fournit des procédures d'application immédiate, tout en ren
voyant à des ouvrages plus détaillés pour des applications moins
courantes.
J.-M. Hoc.
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Richard J.-F., Bonnet C. et Ghiglione R. (Edit.) — (1990) Traité de
psychologie cognitive, t. 2 : Le traitement de V information symbolique,
Paris, Dunod, 289 p.
Après un premier tome consacré aux activités symboliques, ce
deuxième tome du Traité de psychologie cognitive examine le niveau
sémantique du traitement des significations et de l'élaboration des
décisions d'action. Comme le note J.-F. Richard dans l'introduction, la
compréhension de ce niveau complète celle du niveau infra-sémantique
et du niveau sémantique de l'identification des objets physiques ou
symboliques ; l'interaction entre ces trois niveaux de traitement consti
tuant sans nul doute l'un des objets d'étude privilégié des années à
venir. Cinq grands chapitres sont consacrés à ce « troisième niveau » :
1) « Contraintes structurales et fonctionnelles des systèmes de trait
ement » ; 2) « Connaissances et représentations » ; 3) « Raisonnements
formels et raisonnements en situation » ; 4) « Le développement cognitif » ;
et enfin ; 5) « Le contrôle de l'activité ». On pourrait sans doute discuter
des fondements théoriques ayant présidé à un tel découpage du domaine
couvert. Il paraît en tout cas avoir un grand mérite, celui de corres
pondre aux orientations actuelles de la recherche la plus féconde en la
matière. Et si l'on ne saurait attendre d'un tel ouvrage d'atteindre à
l'exhaustivité et au détail, on ne peut que relever et se réjouir de son

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