Généralités. Illusions. Synesthésies. Sens spatial. - compte-rendu ; n°1 ; vol.21, pg 375-383

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L'année psychologique - Année 1914 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 375-383
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Publié le : jeudi 1 janvier 1914
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Henri Piéron
H. Laugier
Henri Wallon
1° Généralités. Illusions. Synesthésies. Sens spatial.
In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 375-383.
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Piéron Henri, Laugier H., Wallon Henri. 1° Généralités. Illusions. Synesthésies. Sens spatial. In: L'année psychologique. 1914
vol. 21. pp. 375-383.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1914_num_21_1_81278ENSATI0N ET PERCEPTION 375
RAYMOND DQDGE et FRANCIS G. BENEDICT. — Neuro-muscular
effects of moderate doses of alcohol {Effets neuro-musculaires de
doses modérées d'alcool). — Pr. of N. Ac. of Se, I, 1915, p. 605-608.
En comparant certains processus avant et après, d'une part, et pen
dant l'ingestion journalière d'alcool (30 à 45 cm3 d'alcool absolu)
d'autre part, les auteurs ont trouvé, sous l'influence de l'alcool, un
retard des réflexes (patellaire et oculo-palpébral) et des réactions
(oculaires et verbales), atteignant 3 à 10 p. 100 de la valeur initiale,
une diminution (14 p. 100) de la sensibilité douloureuse, et même — à
l'inverse de ce qu'avait constaté Kraepelin — un ralentissement des
processus moteurs (9 p. 100 pour les mouvements des doigts, 11 p. 100
pour les mouvements des yeux).
Il y avait une légère accélération du pouls (3 p. 100).
Quant aux processus supérieurs (mémorisation de séries de mots et
associations libres), ils ne se sont pas montrés modifiés.
H. P.
V. — Sensation et Perception.
1° GÉNÉRALITÉS. — ILLUSIONS. — SVNESTHÉSIES. — SENS SPATIAL.
LÉONARD T. TROLAND. — Adaptation and the chemical theory of
sensory response (L'adaptation et la théorie chimique de la réponse
sensorielle). — Am. J. of Ps., XXV, 4, 1914, p. 500-527.
Hering avait donné, en 1888, une théorie générale des phénomènes
chimiques conditionnant les processus sensoriels; l'équilibre des pro
cessus antagonistes, anaboliques et cataboliques, serait rompu par
l'excitant physique, soit dans un sens, soit dans l'autre; le froid et le
chaud, les couleurs complémentaires seraient ainsi engendrés par ces
ruptures d'équilibre en sens opposé.
La théorie de Hering ne peut plus être admise, et l'auteur cherche à
en mettre sur pied une nouvelle, d'où il déduit des formules, suscept
ibles d'exprimer quantitativement les phénomènes d'adaptation ou de
récupération de sensibilité.
A la base il admet que la sensation est conditionnée par l'intensité
du processus catabolique; mais un certain taux de catabolisme est
possible en dehors de toute action, engendrant une auto-excitation
continue telle que la lumière propre de la rétine. En outre les stimuli
intenses donnent un coup de fouet aux processus réparateurs (phéno
mène de « compensation »).
L'adaptation, qui est caractéristique des processus sensoriels d'ori
gine chimique, serait une réduction spécifique, mais temporaire, de la
sensibilité d'une cellule sensorielle sous l'action d'un stimulus d'inten
sité constante.
On ne rencontre pas d'adaptation dans l'audition ni dans la sensi
bilité labyrinthique qui sont interprétables mécaniquement, ni même 376 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans la sensibilité douloureure cutanée, qui paraît être provoquée par
l'excitation directe de terminaisons nerveuses du derme.
En revanche, on rencontre des phénomènes d'adaptation dans la
sensibilité tactile, le sens du chaud et du froid, la kinesthésie, le goût
et la vision, cette dernière étant particulièrement bien connue.
Pour l'olfaction, l'auteur, en reconnaissant qu'il s'agit bien d'un
sens chimique, avec phénomènes d'adaptation, pense, en réservant la
discussion pour une étude ultérieure, que son mécanisme dépend
d'autres facteurs que l'équilibre métabolique.
En revanche, les processus affectifs auraient un fondement métabol
ique dans l'activité cérébrale, avec phénomènes très nets d'adaptat
ion, et seraient par conséquent soumis au système général d'équations
de l'auteur.
H. P.
BOURDON. — La loi de Weber et celle de Fechner. — R. Ph., XLIV,
7-8, 1919, p. 119-121.
Fechner est responsable de l'opposition, dans la loi psychophysique,
entre sensation et excitant.
Weber n'a pas commis cette faute dans sa loi qui est seule valable;
on n'a affaire qu'à une comparaison de deux phénomènes, de deux
grandeurs physiques qu'on mesure avec des méthodes différentes. « Les
sensations, en tant qu'opposées aux excitants, sont des fictions. »
La loi, qui serait celle de Weber, pourrait être ainsi formulée :
« La quantité dont une grandeur diffère d'une autre moindre, de
même espèce, lorsque nous pouvons juste les distinguer par nos sens,
est relativement constante. »
Cette manière de voir de Bourdon repose sur la conception très
juste qu'il n'y a pas de mesure de grandeur des sensations — données
psychiques — et que tous les phénomènes sont pour nous identiques.
Mais, il n'en est pas moins vrai que, parmi nos méthodes de mesure
des phénomènes, il en est qui sont soumises à la loi de Weber, dans
l'évaluation sensorielle directe, d'autres qui y échappent en se rame
nant à une perception différentielle spatiale (acuité visuelle pour la
lecture d'échelles).
Dans ce dernier cas, il y a traduction du phénomène physique
mesuré en un phénomène mécanique susceptible de donner lieu au
processus physiologique sur lequel est basée la différenciation de deux
traits ; dans l'autre, il y a traduction directe en un phénomène physio
logique spécifique, qui apparaît psychiquement sous forme de sen
sation.
La loi de Weber concerne les rapports de phénomènes physiques
avec des phénomènes physiologiques — en première approximation,
assez grossière — , et par exemple, la variation négative du nerf
optique, proportionnelle à l'intensité de l'influx nerveux, croît sens
iblement en proportion arithmétique quand l'intensité lumineuse croît
en proportion géométrique.
La loi de Weber, devons-nous dire, est une loi physiologique.
H. P. SENSATION ET PERCEPTION 377
MYRL COWDRICK. — The Weber-Fechner law and Sanford's weight
experiment (La loi de et l 'expérience des poids de
Sanford). — Am. J. of Ps., XXVIU, 4, 1917, p. 585-588.
Dans cette trente -septième minor study de l'actif laboratoire
psychologique de l'Université Cornell, publiée sous la responsabilité de
Titchener et Boring, l'auteur relate les résultats de 89 expériences,
faites avec 48 sujets au cours d'une dizaine d'années par la méthode
de Sanford, qui consiste à ranger en 5 catégories, suivants le poids, une
série de 118 enveloppes allant de 5 à 100 grammes, et qui a été pro
posée pour la vérification de la loi de Weber, le rapport des poids de
chaque groupe au suivant devant être constant chez un sujet donné
(comme dans la classification des étoiles par grandeurs).
Or les poids moyens des 5 groupes ont été de 7 gr. 80; 16 gr. 97;
31 gr. 71 ; 53 gr. 53; et 84.gr. 11. Les rapports de deux groupes conséc
utifs ne sont donc pas constants, ils sont de 2,17; 1,92; 1,69; 1,57.
La formule de Fullerton et Cattell (S = c^/R + b) — inspirée de
Plateau — se- montre alors plus exacte que celle de Weber-Fechner
(S = K log. R + a) ; mais, si l'on exprime par ces deux formules les
rapports obtenus, pour le classement, par des sujets qui s'y sont
exercés (2,14; 1,84; 1,71; 1,61), c'est la formule classique qui devient
la plus satisfaisante.
N'oublions pas qu'il s'agit là de formules approchées.
H. P.
C. COMBET. — La fonction logarithmique et les fonctions sensorielles.
— Association française pour l'avancement des sciences (42e session,
Tunis 1913). Compte rendu. Notes et Mémoires, Paris, 1914, p. 194-195.
L'auteur signale la très grande généralité de la fonction logarith
mique, dont le graphique pourrait s'exprimer ainsi : un chemin le
long duquel une dénivellation n'est acquise qu'au prix d'un nombre de
pas qui croit avec l'altitude.
Les vérifications, toutes théoriques, sont fournies par la notion de
Comma, pour l'acoustique, par une phrase de M. Guillaume pour
l'optique, par l'assertion que les températures absolues se succèdent
comme les intervalles musicaux, et enfin par cette autre assertion que,
en promenant la pulpe des doigts sur une surface, « si n saillies égales
et également fermes sont rencontrées, dans le même temps, pour
deux surfaces, leur rugosité sera la même ».
Pour ce qui est du goût et de l'odorat; ils « n'acceptent pas la
représentation logarithmique », parce qu' « il n'y a pas de degré entre
le salé, le sucré, les parfums et les pestilences ».
On sait au contraire que la loi psychophysique s'applique au goût et
à l'odorat comme aux autres sens, ce qui infirme les conclusions de
l'auteur différenciant ces sens matériels des sens nobles qui « reflètent,
en quelque sorte, la continuité, le protéisme de l'énergie ».
Mais, si l'auteur n'ignorait pas totalement les travaux de psychop
hysiologie, non seulement il aurait su que le goût et l'odorat ne se
plaçaient pas à part autant qu'il le croit, mais surtout il aurait vu que 378 -ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la fonction logarithmique n'est que très approchée, comme fonction
sensorielle, et qu'on doit lui substituer des fonctions plus complexes,
d'allure hyperbolique.
H. P.
M. DUBUISSON. — Les oscillations sensorielles et les variations de
leur fréquence en fonction de l'intensité de l'excitant. — Ar. de
Ps., XIII, 52, p. 300-311.
Une sensation présente des variations oscillantes d'intensité ; or la
fréquence de ces oscillations s'est montrée variable avec l'intensité de
d'excitation, entre 16 et 132 par minute comme valeurs extrêmes,
dépendant de la sensation examinée. Les déterminations numériques
faites par l'auteur (sensations douloureuses, olfactives, gustatives et
thermiques) ont montré qu'une loi générale reliait la fréquence
oscillatoire à l'intensité, à partir du seuil, cette loi se traduisant gr
aphiquement par un arc d'ellipse, et par conséquent se montrant inter-
polable par une formule mathématique simple.
A côté de l'intensité il faudrait, pense l'auteur, faire intervenir une
notion nouvelle répondant à la fréquence oscillatoire, et que, par ana
logie avec la hauteur des sons, il propose d'appeler la « hauteur »,
de la sensation, notion susceptible d'intervenir pour modifier la loi
psychophysique où elle se trouve négligée.
H. P.
AUGUST PUTTER. — Studien zur Theorie der Reizvorgänge {Études
sur la théorie des -processus d'excitation). — Pf. A., vol. GLXXI, 28 sep
tembre 1918, p. 201-261.
Essai pour donner une théorie mathématique des relations quanti
tatives entre l'excitant et l'excitation, et confrontation des résultats
obtenus avec les faits expérimentaux. En tenant compte de ce que :
1° les réactions qui se passent entre les constituants d'un système vivant
sont soumises à la loi générale d'actions de masses; 2° les échanges à
l'intérieur d'un système, ou d'un système à l'autre se font suivant les
lois de la diffusion (la quantité de substance qui traverse l'unité de
section, est proportionnelle au coefficient de diffusion et à la chute de
-concentration), — et en traitant la question mathématiquement sur un
modèle hydraulique simple, l'auteur montre que les modifications
subies par un système excitable sous l'influence d'excitant sont des
fonctions exponentielles de V intensité et de la durée de l'excitation. —
II résulte, comme première conséquence, que l'intensité nécessaire et
suffisante pour atteindre le seuil de l'excitation, se trouve être une
fonction exponentielle du temps pendant lequel l'excitant agit; l'auteur
confronte ces déductions mathématiques avec les résultats obtenus sur
l'excitation lumineuse chez l'homme, et montre que l'accord est suffi
sant. Quant à la loi hyperbolique généralement donnée comme reliant
l'intensité à la durée de l'excitant, elle est inexacte et ne fait que donner
une formule approchée pour le cas extrême (temps courts) où l'inten
sité est inversement proportionnelle à la durée de l'excitation. (Dans la SENSATION ET PERCEPTION 379
région des temps courts, le produit de l'intensité par le temps varie peu.)
Quant au seuil différentiel absolu, ou au seuil différentiel relatif
(rapport entre le seuil absolu et l'intensité correspondante),
ils sont également fonction exponentielle de excitante. Si
l'on fait la courbe de variation du seuil différentiel relatif en fonction
de l'intensité, on voit que cette courbe passe par un minimum, pour
des intensités moyennes; au voisinage de ce minimum la valeur du
seuil différentiel relatif varie fort peu avec l'intensité, de sorte que,
dans cette région, les simples déterminations expérimentales peuvent
donner l'apparence que le seuil différentiel relatif est constant; et il
faut remarquer que cette région est d'autant plus étendue que l'approx
imation des déterminations expérimentales est moins bonne. — C'est
à cette région de la courbe, que correspond la loi de Weber (constance
du seuil différentiel relatif). Cette loi de Weber, n'est donc qu'une loi
approchée, correspondant à une zone d'intensités moyennes; expér
imentalement, il a été montré que de part et d'autre de cette zone, le
seuil différentiel varie; d'après l'auteur cette zone étroite disparaîtrait
complètement si les déterminations pouvaient être faites avec une
approximation suffisante, de sorte que la loi de Weber, complètement
fausse, doit être remplacée par la loi suivant laquelle le seuil diffé
rentiel relatif est une fonction exponentielle de l'intensité excitante.
Henri Laugier.
HENRI PIÉRON. — Du rôle joué par les pertes physiologiques
d'énergie dans la relation qui unit le temps de latence sensorielle
à l'intensité de l'excitation. — C. R., CLXVIII, 1919, p. 1123-1125.
De la loi de Hoorweg-Weiss, d'après laquelle l'énergie liminaire
d'excitation des nerfs moteurs croît avec le temps [et= a + bt)f on peut
tirer, pour une intensité donnée, la durée nécessaire de l'excitation
jusqu'à ce que le seuil soit atteint, durée qu'en première approximation
on identifiera avec le temps de latence.
Si l'on appelle ce y et x l'intensité d'excitation (évaluée en
multiples de l'intensité liminaire), a et b étant des constantes, on a la
loi
y~x~=b' a
Or, en enregistrant les temps de réaction aune excitation électrique
continue d'intensité mesurée chaque fois, on obtient une décroissance
de ces temps, en fonction de l'intensité croissante d'excitation, qui
suit très exactement cette loi (écart moyen de 0,78 p. 100).
En utilisant une excitation interrompue (par un diapason), la courbe
s'interpole par une formule en a sur a:; le facteur — 6 s'annule. Or la
constante b représente la fuite d'énergie qui doit être compensée au
cours des temps; le renouvellement de l'excitation, ravivée à chaque
coupure, tend à annuler cette fuite, d'où une différence dans l'allure
de la courbe empirique; la durée du temps liminaire est plus grande,
la phase de sommation efficace étant allongée, et la décroissance est
plus lente. Cette nouvelle formule en a; — 6 au lieu de celle en a?«, pré- ^
380 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cédemment utilisée, et qui permet d'interpoler les mêmes courbes-
empiriques, a l'intérêt de fournir des constantes de signification physio
logique, et d'interpréter par conséquent les lois obtenues.
H. P.
B. BOURDON. — Quelques expériences sur la localisation spatiale
R. Ph., XXXIX, 8, 1914, p. 192-195.
Deux sortes d'expériences ont mis en évidence la prédominance de
l'espace visuel dans les localisations spatiales d'ordre auditif ou tactile.
En regardant un miroir un marteau actionné électriquement, on
localise le bruit du marteau, non où il se trouve réellement, mais où
l'on voit son image, et l'illusion persiste un moment lorsqu'on sup
prime le miroir.
En regardant sa main à travers un prisme qui dévie l'image, si l'on
touche un objet, l'on s'imagine le toucher réellement là où l'image est
vue; de même, un mouvement de la main de droite à gauche, vu
renversé, paraît être réellement un mouvement de gauche à droite.
Ces illusions, qui s'obtiennent facilement chez l'auteur lui-même,
à ce qu'il nous dit, à condition de diriger l'attention vers les perceptions
de la vue, montrent bien la prédominance du mode de localisation
visuelle, car cette dernière n'est jamais modifiée, quand il y a conflit,
par des localisations auditives ou tactiles. '
H. P.
de- WATERMAN. — Hand-Tongue space perception (Perception spatiale
lamainet de la langue). — J. of exp. Ps., II, 1917, p. 289-294.
En plaçant sur la paume de la main et la pointe de la langue des
stimuli circulaires de diamètres divers (bouts de tubes), et en faisant
déterminer sur un tableau présenté au sujet la grandeur du cercle
d'excitation (entre 15 et lîO mm. de circonférence), l'auteur a constaté
une sous-estimation un peu plus grande pour la main (27 p. 100) que
pour la langue (18 p. 100).
H. P.
MARIO PONZO. — Analogie fra le illusioni determinate dalpunto cieco
retinico e quelle dependenti dalla zona linguale ageusica {Analogies
entre les illusions déterminées par la tache aveugle de la rétine et celles
dépendant de la zone linguale agueusique). — Rivista di Antropologia,
XX, 1916, Volume giubilare in onore di Giuseppe Sergi.
Il existe, à la partie antérieure du dos de la langue, une zone ovale
où ne se produit aucune sensation gustative. Or, il se produit un remplis-
sement subjectif de cette région agueusique tout semblable à celui de
la tache aveugle.
H. P.
JOHN A. STEVENSON. — Correlation between different forms of
sensory discrimination (Corrélation entre différentes formes de discr
imination sensorielle). — J. of appl. Ps., II, 1, 1918, p. 26-42. ET PERCEPTION 381 SENSATION
Examen comparatif, chez huit sujets instruits, delà finesse de discr
imination des pressions cutanées (avec la balance de Whipple et une
pression étalon de 200 grammes), des longueurs visuelles (étalon de
20 mm., présentation dans l'appareil de Jastrow), des intensités sonores
(avec l'audimètre de Seashore), et des clartés (avec l'appareil de Whipple
et une lampe de tungstène, dans l'obscurité). Dix épreuves sur chaque
sujet permettent de donner le pourcentage moyen des cas vrais et faux
pour la discrimination d'une différence fixe entre l'intensité étalon et
l'intensité de comparaison, juxtaliminaire.
Les indices de corrélation, calculés par la méthode de Spearman et
par celle de Pearson sont positifs et assez élevés :
Spearman. Pearson.
Longueurs et sons. . . . . i + 0,90 + 0,92
Clartés et sons + 0,90 + 0,96
Pressions et sons + °>36 + 0,13
Longueurs et clartés + 0,92 + °»92 et + 0,41 + 0>20 et pressions. +0,39 +0,20
II y a corrélation étroite entre les deux catégories de discrimination
visuelle et la discrimination auditive; la discrimination tactile présente
avec les trois autres catégories un lien plus lâche.
Pour tous les sujets et pour toutes les catégories, la corrélation
augmente avec l'exercice, qui provoque donc une augmentation paral
lèle de finesse discriminative.
L'auteur juge que ses résultats doivent modifier l'opinion courante
que l'on a de l'indépendance des diverses habiletés sensorielles.
H. P.
GEORGE F. ARPS. — Two interesting cases of illusion of perception
(Deux cas intéressants d'illusion de perception). — J. of abn. Ps., X,
3, 1945, p. 209-212.
Le premier cas concerne un enfant de neuf ans qui, couché, mais
complètement éveillé, a tous les soirs des cris de terreur, croyant
tomber et s'agrippant aux draps du lit. La lumière d'une lampe toute
proche empêche le phénomène de se produire, et l'intensité varie avec
le degré d'obscurité. Cela dura un an et demi.
Le second est relatif à une fillette de six ans, écrivant en miroir,
avec double inversion spatiale (de bas en haut et de droite à gauche),
comme l'auteur en a relaté un cas [Annals ofOphtalmology, XX1II, 1914,
p. 482), et qui en outre a une vision pseudoscopique parfaite, comme
celle que Stratton a artificiellement réalisé, mais cette fois par un
mécanisme différent, celui même réalisé par Wheatstone en 1852. Il
est probable que la variation de grandeur des objets vus à des distances
variables n'était pas accompagnée d'impressions correspondantes
d'éloignement par défaut des phénomènes de convergence; en effet,
une rééducation simple, consistant à faire suivre le doigt dans des
mouvements divers, s'approchant et s'éloignant, fit disparaître cette
illusion du rapetissement des objets.
H. P. 382 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
CARL E. SEASHORE. — Elementary Tests in Psychology {Tests élément
aires en psychologie). — J. of ed. Ps., VII, 2, 1916, p. 81-86.
C. E. SEASHORE et T. L. LING. — The comparatives sensitiveness of
blind and seeing persons (La sensibilité comparée des personnes
aveugles et voyantes). — Ps. Mon., XXV, 2, 1918, p. 148-158.
C. E. SEASHORE et KWEI TAN. — The elemental character of sensory
discrimination (Le caractère élémentaire de la discrimination sensor
ielle). — Ibid., p. 159-163.
Seashore insiste sur cette notion, très importante, et souvent
méconnue, que le développement d'un sens ne consiste pas dans
l'augmentation de la sensibilité, mais dans le perfectionnement des
perceptions complexes et de l'utilisation des données sensorielles
élémentaires.
C'est ainsi que les 16 aveugles étudiés par Seashore et Ling, comparés
à 15 voyants, pour la localisation et la discrimination d'intensité des
sons, la discrimination des poids, des pressions actives et passives, et
la tactile spatiale, ne se sont aucunement montrés
supérieurs, alors qu'ils l'étaient incontestablement dans l'usage des
sensations auditives et tactiles.
Le fait de la non-supériorité des aveugles est une preuve du caractère
élémentaire des données sensorielles impliquées par les divers tests
précédemment indiqués.
Pour l'un de ceux-ci, la discrimination d'intensité des sons, Seashore
et Kwei Tan apportent un argument de plus en montrant que cette
discrimination n'est pas affinée par la pratique.
H. P.
ANNA SOPHIE ROGERS. —An analytical study of visual perceptions
(Une étude analytique des perceptions visuelles). — Am. J. of Ps.,
XXVIII, 4, 1917, p. 519-577.
Dans ce travail, qui vise à constituer une étude d'ensemble, il y a
une partie historique et critique, et une partie expérimentale.
La première traite de la signification du terme « perception » dans
la philosophie classique et la psychologie moderne, et examine com
ment sont envisagés les problèmes suivants : dépendance de la per
ception vis-à-vis des variations du stimulus (qualités, dispositions dans
le temps et l'espace); dépendance vis-à-vis des conditions organiques;
dépendance vis-à-vis de l'état mental; relation avec le mouvement
organique; perceptions anormales (synesthésies, illusions, halluci
nations); relation avec la pensée; nature de la perception chez les
animaux; développement ontogénique et phylogénique ; méthodes
d'étude.
Mais toutes ces questions, traitées en peu de lignes, sont, sauf la
dernière, en quelque sorte escamotées.
Les recherches ont consisté à présenter des images visuelles à 5 sujets,
après avertissement, et, aussitôt un signal sonore marquant la fin de
l'expérience, à faire donner une description de ce qui avait été vu, et SENSATION ET PERCEPTION 383
une relation introspective des processus mentaux qui étaient inter
venus. Les tests répondirent à trois catégories d'expériences : les
premiers, figures complexes, à l'analyse des complexes de perception;
les seconds, hiéroglyphes, à l'étude de l'élaboration de la signification
perceptuelle ; les derniers, images d'objets servante un usage moteur
précis (raquette, éponge, etc.), à l'étude des processus accessoires et
principaux de la perception; enfin la présentation de syllabes à
apprendre répondit à l'examen des relations entre attention et per
ception. Les conclusions suivantes, élaborées sous la direction de
Bentley, terminent le travail : les perceptions visuelles présentent des
formations typiques qui différencient des groupes, et qui différant
dans la disposition et l'ordre ; les sensations visuelles (26 p. 100) sont
directement évoquées par le stimulus, les sensations kinesthésiques
(36p. 100) et organiques (3 p. 100) sont indirectement évoquées; enfin
les images viennent de sources variées, visuelles (27 p. 100), kinesthé
siques (7 p. 100), auditive» et tactiles. Les processus affectifs se sont
montrés très rares.
Toutes les perceptions visuelles avaient une même constitution génér
ale. Au point de vue de la clarté, ce sont les sensations visuelles qui
en présentent le degré le plus élevé; au fur et à mesure, la clarté et
le nombre des processus impliqués par la perception décroissent, les
sensations visuelles s'obscurcissent, pendant que les facteurs acces
soires deviennent prédominants.
Quand la signification des objets perçus est très réduite, il existe
une auto-instruction, un effort, pour trouver le sens de la figure; quand
cette signification est plus ou moins complexe, les processus accessoires
peuvent donner, en complément, une valeur à l'objet perçu (fonctions
d'appréciation) ou établir pour lui des relations spatiales ou tempor
elles (fonction de localisation).
La signification n'a pas une corrélation étroite avec le degré de
clarté ou avec le nombre des processus indirectement provoqués.
Enfin, même avec les objets comportant des perceptions spatiales,
les processus kinesthésiques n'apparaissent pas nécessairement : ils
font complètement défaut dans 8 p. 100 des cas.
Mais il ne faut pas oublier, réserve que néglige de faire l'auteur, que
ces statistiques d'origine introspective n'auraient une valeur décisive
que s'il était impossible que des processus se produisent sans être
connus et indiqués par les sujets, ce qui n'est pas le cas. Il faut se
défier particulièrement des conclusions négatives.
H. P.
2° Rythme. Sens du temps.
KNIGHT DUNLAP. — The shortest perceptible time-interval between
two-flashes of light (Le plus petit intervalle de temps perceptible
entre deux éclairs lumineux). — Ps. Rev., XXII, 1915, p. 226-250.
Après exposé des données des auteurs (Exner, Weyer, Bassler) fixant
ce plus petit intervalle entre 12 et 44 millièmes de seconde, l'auteur
relate ses recherches, faites à éclairement constant, après adaptation à

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