Généralités. Lois de la sensation et de la perception.Illusions. Sens spatial. La forme - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 418-433

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 418-433
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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I. M.
Henri Piéron
G. P.
P. B.
D. W.
1° Généralités. Lois de la sensation et de la perception.Illusions.
Sens spatial. La forme
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 418-433.
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M. I., Piéron Henri, P. G., B. P., W. D. 1° Généralités. Lois de la sensation et de la perception.Illusions. Sens spatial. La forme.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 418-433.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6194418 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
CHRISTIAN A. RUCKMICK. — Experiences during learning to
smote (Experiences faites en apprenant à fumer). — Am. J. of Ps.,
XXXV, 3, 1924, p. 402-406.
On a beaucoup étudié les effets du tabac, maïs chez des sujets
dont les impressions sont affaiblies par l'accoutumance : il était
intéressant de les noteT chez un débutant capable de s'observer avec
précision. Ruckmick décrit longuement une série d'impressions orga
niques et kinesthésiques, éprouvées à l'oocasion d'une première pipe :
chaleur et picotement dans la gorge, brûlure à la pointe ûe la langue,
odeur du tabac, sensation de tension dans la région temporale, et sudation dans les avant-bras, sensations (non pénibles),
rapportées à l'estomac, peristaltisme intestinal, tremblement des
mains, etc.. En même temps, il éprouve unesorte de vertige agréable,
un sentiment de relâchement musculaire, une légère incapacité de
coordination des mouvements, et une impression de calme et de
clarté dans la pensée. Dans les expériences suivantes ces dernières
impressions persistent seules, toutes les sensations organiques énu-
Tnérées ci-dessus rétrocèdent et finissent par disparaître.
P. G.
A. HUGGBTT et J. MELLANBY. — The action of adrenalin on the
central nervous system (L'action de V adrénaline suris système ner
veux central). — J. of Phys., LIX, 4 et 5, 1924, p. 387-394.
L'apnée adrénalénique ne s'accompagne pas de modifications de
l'activité des centres cardio-inhibiteur et vasomoteur et du centre
de la déglutition. L'adrénaline ne doit donc pas produire de vaso
constriction locale sur les vaisseaux sanguins du bulbe. L'adrénaline
ne modifie pas non plus le tonus normal des muscles, ni le tonus
exagéré de la rigidité des animaux décérébrés, ni le réflexe pupillo-
jnoteur, ni le réflexe conjonctivaL. ni les mouvements réflexes des
membres. Les effets respiratoires de l'adrénaline sont donc dûs à
une action spécifique de cette drogue sur le centre respiratoire.
P. B.
V. — Sensation et Perception
1° Généralités. Lois de la sensation et de la perception.
Illusions. Sens Spatial. La Forme.
C.-S. MYERS. — A theory oî sensory adaptation (Une théorie d'adap
tation sensorielle). — J. of Phys.,, LIX, 4 et 5, 1924.
Jusqu'ici, pour expliquer les phénomènes d'adaptation sensorielle,
l'hypothèse de Hering est seule admise : certains couples de sensa
tions, froid et chaleur, rouge et vert, sont produites par des réactions
antagonistes, par une substance ou un mécanisme sensoriel uniques.
Un des -défauts de cette hypothèse est déjà indiqué par ces termes 6EN8AT4QN EST PERCEPTK)!* £19
4« dissimilation et Assimilation ») dont elle nécessite l'emploi pour
•décrire ce mécanisme. Jusqu'à présent ce phénomène n'a jamais été
comparé à une action chimique réversible. L'auteur présente au
contraire une comparaison nouvelle, basée sur des vues un peu -diff
érentes, analogie entre l'inhibition réciproque qui existe entre les
muscles extenseurs et fléchisseurs., pendant l'extension et la flexion,
•et une entre l'activité simultanée et persistante des exten
seurs et des fléchisseurs, pendant le tonus musculaire et le maintien
•d'une position donnée., De même que la flexion nécessite une inhibi
tion simultanée de l'extension antagoniste, la perception de la sensade chaleur, nécessite l'inhibition simultanée du mécanisme
antagoniste qui produit la sensation de froid, quand il est excité.
Mutatis mutandis, les choses se passent de même pour la perception
■des couleurs. De même que l'on peut prendre une attitude musculaire
-durable, qui nécessite une flexion et une extension actives simulta
nément, une position neutre d'adaptation sensorielle peut également
être atteinte, pour laquelle les mécanismes qui produisent la sensation
•■de chaleur et de froid, de vert ou de rouge, se contrebalanceront l'un
l'autre de telle façon qu'aucune sensation thermique ou colorée ne
soit perçue. Les différents mécanismes peuvent être ainsi dans un tel
état d'activité, l'un des membres du couple étant en état d'activité
et l'autre en état d'inhibition. L'adaptation est donc due ainsi à
une forme spéciale de coordination entre ces deux mécanismes diffé
rents. On atteint ainsi l'état d'équilibre que Hering appelle 1' « aDo-
monous equilibrium ». La suppression de l'excitation rompt l'équi
libre, et le mécanisme inverse tend à entrer en jeu jusqu'à oe que
soit atteint l'état décrit par Hering sous le terme de « autonomous
equilibrium ». Cette théorie de Fauteur permet donc de sept rer l'adap
tation sensorielle des sensations dues à la fatigue et de se rendre
compte plus aisément du caractère positif ou né.gatif des sensations
visuelles consécutives; elle remplace déplus la terminologie vague de
Hering par une conception basée sur nos connaissances relatives à
la physiologie du système nerveux central, mais elle suppose qu'une
excitation extérieure qui excite un des mécanismes du couple,
produit une inhibition simultanée du mécanisme antagoniste.
P. B.
M. VON FREY. — Ueber Wandlungen der Empfindung bei iarmal
verschiedener Reizung einer Art von Sinnesnerven {Sur les chan
gements de la sensation pour différentes formes d'excitation d'une
même espèce de nerfs sensibles). — Ps. For., III, 3, 1923, p. 209-218.
La qualité de la sensation ne dépend pas seulement du nerf excité,
comme le veut la loi de l'énergie spécifique, mais aussi de la forme
de l'excitation, de sa distribution dans le temps et dans l'espace.
"Von Frey passe en revue les faits connus. Il y a des différences de
qualité entre les sensations qui proviennent d'excitations moment
anées ou continues du toucher, de l'ouïe, du sens de la douleur ; il
y en a entre un contact et une vibration, entre un choc et un son
continu, un son et un bruit. Quand on passe d'excitations
ponctuelles à d'autres qui intéressent un territoire plus étendu, on 420 ANALYSES B1BL1GGKAPHIOUES
ne retrouve pas dans les dernières sensations les premières comme
éléments. Sans doute, avec l'accroissement de la surface et de la
durée, des réflexes secondaires entrent-ils en jeu, — par exemple ;
dans le chatouillement — , qui viennent donner à la sensation sa
couleur propre.
L'excitation ne chemine pas telle quelle jusqu'à l'écorce. L'irra
diation est un fait très général. L'excitation mécanique d'un point
de pression modifie la représentation des points voisins, peut-être
en élevant au-dessus du seuil des excitations infra-liminales. Deux
excitations simultanées diminuent réciproquement leur acuité res
pective, et modifient leur localisation, puisque les points paraissent
plus rapprochés que dans le cas de deux excitations successives. Il
peut même se produire une fusion, la plus forte absorbant la plus
faible. L'impression totale n'est pas une mosaïque d'impressions
élémentaires. Il s'agit d'une forme au sens où Köhler la définit : des
états ou des, processus dont les qualités et effets caractéristiques ne
peuvent être construits à partir des qualités et effets de leurs pré
tendus éléments. A ces formes doivent correspondre des phénomènes
physiologiques cérébraux qui présentent avec elles une communauté
de structure.
P. G.
M. LOWI. — Sehwellenuntersuchungen. Theorie und Experiment
{Recherches de seuils. Théorie et expériences). — A. f. ges. Ps.
XLVIII, 1-2, 1924, p. 1-73.
Longue discussion, avec exemples à l'appui, qui tend à prouver
que la psycho-physique n'appartient pas à la psychologie, car elle
ne cherche pas à saisir ce qui est ressenti par le sujet en expérience.
« La psychophysique n'est possible qu'en tant que psychologie de la
forme. Le rapport entre le physique et le psychique, c'est-à-dire la
relation entre l'excitation et le phénomène de conscience (Erlebnis)
se définit par une forme particulière du connu, par l'expérience de-
la forme (Gestaltserlebnis) ».
Le problème de la psycho-physique doit être renversé. La ques
tion n'est pas de savoir comment les objets naturels doivent être fo
rmés pour qu'ils puissent être connus, mais comment la connaissance
doit être conditionnée pour qu'elle soit la connaissance d'un objet
de nature.
La psychologie a pour but de saisir la vie spirituelle de l'individu
dans son originalité instantanée. Pour elle, point d'exceptions,
point de « valeurs aberrantes » parce que point de principes généraux
mais seulement des faits concrets et uniques. Ou plutôt des prin
cipes qui sont en même temps des faits.
La psychologie expérimentale doit être un dialogue qui devient
scientifique parce que « celui qui interroge réfléchit à sa question
en tant que question posée ».
D. W. SENSATION ET PERCEPTION 421
K. FODOR et L. HAPP1SCH. — Die Bedeutung der Zeit zwischen
zwei Vergleichsreizen bei Bestimmung von Unterschiedsschwellen
{Le rôle de V intervalle de temps séparant les deux excitations à com
parer, dans la détermination des seuils difjérentiels). — Pf. A., CCI,
1923, p. 369-375.
Les recherches concernent la vision : Si l'on fait comparer deux
-excitations lumineuses successives, d'intensité égale, le jugement
« plus intense » pour la seconde excitation voit sa fréquence croître en
proportion de la durée de l'intervalle, le jugement « moins intense »
n'ayant pas sa fréquence systématiquement modifiée. C'est déjà ce
que les auteurs avaient constaté en employant des excitations gus-
tatives.
L'intensité absolue a une action sur le temps après lequel le 2e exci
tant, pourtant égal, apparaît subjectivement plus intense. Pour une
intensité de 1 par exemple, il y a, après 2" 5 %, après 10" 25 %, après
20" 55 % de jugements « plus intense » ; avec une intensité 1,7, on
a 30 %, 75 % et 80 % respectivement de ces jugements pour les
mêmes valeurs d'intervalle. Avec l'intensité 3,3, on en a 50 % déjà
avec un intervalle de 5". H. P.
HARALD K. SCHJELDERUP. — Some comments on the applica
tion of Mathematics to psychological problems with special refe
rence to the Weber-Fechner law [Commentaires sur V application
des mathématiques aux problèmes psychologiques en se rapportant
spécialement à la loi de Weber-Fechner). — Se. Se. Rev., Ill, 2,
1924, p. 71-81.
L'auteur rappelle la conception de Kant que les phénomènes psy
chologiques ne sont pas mesurables, et l'objection fondamentale faite
à la loi psychophysique que les sensations n'ont pas des intensités
quantitativement comparables, mais seulement qualitativement
differentiates, objection qui n'est pas réfutée quand on n'envisage
avec Ebbinghaus que des différences de sensation, non des intensités
absolues.
Mais il montre que l'application mathématique est parfaitement
valable, même en admettant entièrement que ces différences de
sensation sont purement qualitatives. Il suffit qu'on envisage, en
fonction de la variation de grandeur d'excitation, le nombre des
sensations différentes perceptibles, que les sensations successives or-
dinalement rangées soient ou non séparées par des intervalles égaux.
Au lieu d'une intensité évaluée en unités égales, on n'envisage
qu'un numéro de sensation, mais rien n'est changé à l'œuvre de
Fechner, rien, sinon, peut-on dire, ce à quoi il tenait le plus, son
interprétation métaphysique 1 H. P.
A. RADOVICI et H. FISCHGOLD. — Sur un rapport quantitatif
entre l'excitant et la réaction dans les réflexes d'automatisme méd
ullaire (Application de la loi de Weber à la physiologie de la
moelle épinière). — J. de Ph., XXI, 4, 1923, p. 671-682.
En employant des intensités et des fréquences faibles d'excitation, 422 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
on observe une accélération de la fréquence du rythme des mouvem
ents* d'automatisme médullaire, en fonction de l'accroissement
d'intensité (ou de fréquence) excitatrice, jusqu'à un maximum;
tôt atteint. Or, la M d'accélération est logarithmique :
Fréquence des chocs 240 540 900 1320 2 220 des contractions.. ... 60 65 75 77 7S
De ce fait les auteurs dégagent des considérations sur la loi de?
Weber-Fechner « qui est une loi de physiologie et nullement une loi,
psychologique ».
Cette conclusion a déjà été établie sut d'innombrables faits !
H. P.
A.-D. BUSH et ALINE MAY AUSTIN. — Weber's law as tested
by flowing increments (L'examen de la loi de Weber au moyen
d'accroissements continus). — Am. J. of Ps., XXXV, 2, 1924,
p. 230-234.
Le sujet supporte dans la main posée à plat sur la table un vase
dans lequel on peut faire arriver de l'eau par un tube de caoutchouc
dont le débit peut être réglé à 0,5 ce, 1,33 ce,. 3,33 cc.T 7,33 ce, par
seconde. On part d'un poids initial de 100 grammes, de 150 grammes
ou de 300 grammes-. La loi de Weber ne paraît pas vérifiée. Ainsi, en
partant de 100 grammes, la plus petite^ différence perceptible,, avec
les différentes vitesses d'écoulement du liquide, est de 14,78 gr.,
26,63 gr., 36,98 gr.,, 46,98 gr. ; ces valeurs sont atteintes en des
temps qui passent de 29,5 sec. à 6 secondes. L'auteur suggère l'idée
de considérer la valeur en grammes-secondes du stimulus. Une autre
série d'expériences où interviennent non plus les sensations de pres
sion, mais celles des muscles du poignet, donne des résultats ana
logues.
P., G.
EMIL V. SKRAMLIK. — Varianten zur Aristotelischen Täuschung1
(Variâmes de Vülusiom d'Aristote).. — Pf. A., "CGI, 1923, p. 250-3©4.
Dans ce volumineux mémoire, qui représente les résultats d'une
recherche subventionnée par l'Institut Rockfeller — ce qui ne laisse
pas de, surprendre un peu — L'auteur examine d'innombrables formes
permettant de réaliser l'illusion classique, avec 2 ou 3 doigts.
Il exprime l'illusion pax le rapport de a — ß à a,; en représentant
par a l'angle entre la position objective; et la position normale,, par ß
l'angle entre les positions réelle et apparente. Il trouve que, pour une
certaine combinaison de surfaces, le rapport de tg ß à tg a est une
constante..
L'auteur note que, lorsque- les yeux interviennent,, l'illusion dis
paraît aussitôt, ce qui prouve, dit-il, la suprématie da l'espace visuel
sur l'espace tactile.
EL P. SCNSATIOM ET P*R£EPT10K 423
THOMAS D. CUTSFORTH. — Syncestheai» in the process o! rea
soning (La synesthésie dans le processus du raisonnement). —
Am. J. of Ps., XXXV, 1, 1924, p. 8S-97.
Cet article est la suite du travail de Wheeler sur la synesthési©
chez un sujet aveugle (l'auteur). Les problèmes posés sont la décou
verte d'analogies, le discernement de phrases absurdes, de relations
logiques entre des idées, etc. L'introspection du sujet est comparée à
celle d'une personne normale soumise aux mêmes épreuves.
Toutes les impressions s'accompagnent chez ce sujet de visions
subjectives colorées : il en est ainsi, par conséquent, de la perception
de l'énoncé même du problème. Il en est encore de même quand sa
signification est comprise, ce qui implique toujours une sorte de
schéma visuel. La réflexion qui conduit à la solution implique une
altération dynamique de ce schéma coloré, qui s'accompagne de
déplacements observables de la direction du regard ; puis l'image
ainsi obtenue est interprétée eh langage ordinaire. — La façon, de
procéder du sujet normal (Wheeler) n'était pas essentiellement
différente, mais les images kinesthésiques et auditives prédominent
sur les images visuelles, et les couleurs symboliques font défaut. La
certitude, le doute, l'acceptation ou le rejet d'un jugement se tra
duisent chez l'un comme chez l'autre, en images symboliques (et
non en sentiments d'attitudes motrices). On n'a jamais observé de
contenu mental sans images : la synesthésie, chez le sujet étudié est
inséparable de toutes les démarches de la pensée. P. G.
GIESSLER. — Zui Charakterisierung der phänomenalen Räume, im&-
besoaidere (Les Höreraumes (Contribution à la description des espaces
phénoménaux et particulièrement de l'espace auditif). — A. f. ges.
Ps., XLV, 3-4, 1923, p. 282-297.
L'espace phénoménal, c'est l'espace tel qu'il nous est donné dans
sa dépendance vis-à-vis des sensations du moment. En ce qui con
cerne la structure de l'espace auditif, Pauteur remarque que les
bruits et les sons harmoniques modérés semblent l'élargir, par contre
les bruits intenses semblent le rétrécir.
Les excitations auditives ont une répercussion sur le champ visuel.
Des bruits continus, suffisamment intenses et harmoniques ont pour
effet d'accentuer certaines parties du champ visuel, d'en faire res
sortir les détails et de les consolider. Au-delà d'une certaine intens
ité, ou lorsqu'il s'agit de bruits irréguliers, il se produit un rétréci
ssement du champ visuel ; certaines parties déclinent, se détachent
et se déplacent. D. W.
JOH, SCHINDBECK. — Ueber die Erscheinungsweisen des im Bild»
dargestellten Raumes (Sur les apparences de Vespaee pictural). —
A, f. ges. Ps., XLVII, 3-4, 1924, p. 393-427.
L'espace pictural se compose de coulisses planes, Nous le perce
vons par ces coulisses successives. C'est une vision par couches. Les
rapports dejjperspectlve qui relient les coulisses entre elles et avec la 424 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
totalité des objets picturaux, sont conditionnés par la direction de
l'attention, par le mode d'observation du sujet (Beachtungsweise).
Parmi les conditions objectives il faut citer le contour, les lignes de
surface, la couleur et, plus spécialement, la disposition du clair et de
l'obscur. D. W.
F. SCHUMANN. — Neue Untersuchungen über die Zöllnerschen
anorthoskopischen Zerrbilder. — I. HANS HECHT. — Die simul
tane Erfassung der Figuren {Nouvelles recherches sur la distorsion
anorthoscopique de Zöllner. — /. Uaperception simultanée des figures).
— Z. für Ps., XCIV, 1924, p. 153-194.
Zöllner a remarqué le premier, en 1862, que, lorsqu'on fait passer.
dei\ière un carton présentant une fente étroite, une figure simple,
cette figure prend une forme anormale. Ainsi, un cercle apparaît
comme une ellipse, à grand axe vertical si le mouvement est rapide,
horizontal s'il est lent. Un rectangle est raccourci par le mouvement
rapide, allongé par le lent. Chose remarquable, la figure aperçue
paraît plus large que la fente.
De façon plus générale, pour de grandes vitesses, la figure est vue
tout entière simultanément et elle paraît plus étroite que la réalité.
Quand, au contraire, le mouvement est assez lent pour que les di
verses parties de la figure apparaissent successivement, elle semble
plus large que la réalité.
Le phénomène a été étudié, après Zöllner, par Helmholtz, Hering,
Vierordt, Gertz et récemment par Rothschild. Helmholtz l'avait
attribué au mouvement des yeux. Vierordt et Rothschild ont prouvé,
il le paraît du moins, qu'il n'en dépendait nullement.
L'analyse a semblé montrer que le mécanisme était différent pour
l'illusion des vitesses lentes et pour celle des vitesses rapides. C'est
sur cette dernière seulement, sur l'illusion de rétrécissement pendant
les mouvements rapides, qu'a porté l'étude de Hecht.
Le dispositif expérimental utilisé tout d'abord a été celui de Vier
ordt. Dans ce dispositif, le mouvement est produit par le pendule
d'un métronome. L'extrémité supérieure de ce pendule est pro
longée par un tube de verre de 10 centimètres de long, auquel est
assujetti transversalement un autre tube qui porte un morceau de
carton découpé en forme d'arc. Le centre de l'arc est l'axe de rotation
du pendule. L'observateur regarde, avec ses deux yeux, le carton à
travers une fente très étroite. On constate alors que le phénomène ne
se produit que quand on ne fixe pas la fente, quand l'image de la
fente est en quelque sorte refoulée.
Ce dispositif s'étant révélé par la suite peu maniable a été remplacé
par un grand pendule composé de deux tiges métalliques, en angle,
de 42 centimètres de long. La fente était ménagée entre deux cartons
assez grands pour cacher le pendule et distants de lui de 5 centi
mètres. Un point de fixation latéral était indiqué sur l'un des cartons.
La figure (objet découpé en carton noir fixé sur le pendule) pré
sente dans ces conditions les trois caractères suivants : 1° un rétr
écissement (distorsion) ; 2° un ralentissement du mouvement ; 3° une
largeur plus grande que celle de la fente. Donc trois problèmes à
élucider. SENSATION' ET PERCEPTION 425
Mais un problème préalable est celui des contours apparents de la
figure. En effet, une figure noire regardée directement (sans fente)
présente, pour les vitesses de l'expérience, des contours très flous.
C'est la fente qui crée les contours : elle leur donne sa forme, quand
ils n'en ont point, et, quand ils en ont une, il se fait une espèce de
compromis entre leur forme et celle de la fente. Plus la vitesse est
grande, plus la forme de la fente domine. Ainsi, pour une fente en
forme de >, angle de 70° ouvert latéralement, et une figure carrée
noire (8 cm. de long sur 1,5 cm. de haut) on obtient les résultats su
ivants :
Vitesse (cm. /sec.) Largeur apparente (cm ) Forme (ouverture de l'angle)
750 150 1,5
100» 75 2,5
120° 3,5 — 4 40
140» 25 5-6
180o 10 la figure n'est plus perçue
> < 10 simultanément
On peut obtenir des renseignements plus précis et aborder les pro
blèmes posés plus haut, si on analyse le phénomène en détail, en
le décomposant en une série de phases qui correspondent aux divers
moments de passage de la figure réelle devant la fente. Pour un rec^-
tangle on peut avoir ainsi une série de 25 petites images, par exemple :
les 5 premières montreront l'apparition de la figure au niveau du
bord gauche, supposons, de la fente et sa progression à travers la
fente ; les images 6 à 20 représenteront le rectangle bouchant com
plètement la fente ; sur les images 21 à 25, on verra la disparition
progressive du rectangle, dans la dernière, il n'occupera plus que le
sixième de la fente attenant à son bord droit. On peut examiner ces
images à l'aide d'un stroboscope qui se composera de deux disques
placés verticalement l'un devant l'autre, à 40 centimètres de dis
tance. Le disque de devant est pourvu de 9 fentes radiaires de 2 mill
imètres de diamètre. Sur le disque de derrière, divisé en 81 secteurs,
on dispose les petites images (dans l'exemple du rectangle, 25 petites
images et 56 cases vides, blanches). Si l'on s'arrange de façon que la
vitesse du disque à fentes soit 9 fois plus grande que celle du disque
à images, chaque tour du disque à fente fera passer devant les yeux,
9 fentes et 9 images, 9 phases. On peut recouvrir une partie du disque
à images, et ne laisser voir que les phases qu'on désir examiner. On
constate alors que le contour apparent du rectangle traverse le champ
visuel plus lentement que l'image objective ne traverse la fente. La
figure vue est en retard. En retard pour entrer dans la fente, en re
tard pour en sortir.
On conçoit dès lors le rétrécissement apparent. La figure apparaît
au moment où se forme son bord postérieur. Mais à ce moment, à
cause du ralentissement apparent de la marche, son bord antérieur
est localisé moins loin qu'il n'est en réalité. C'est ce ralentissement
qui est cause également du changement de forme dans le cas de la
fente oblique : En effet chaque partie du contour oblique étant
retardée dans sa course dans la même proportion (mettons la moitié),
son commencement apparaîtra, comme étant deux fois plus près de
la fin qu'il n'est, et la ligne oblique sera plus redressée. 426' AVALISES BIBLIOGRAPHIQUES
Semblablement, le ralentissement du mouvement total de la figure,,
qui est le second caractère du phénomène de Zöllner, devra être
considéré comme une conséquence de ralentissement du chemin©-
nae-nit du contour apparent.
Reste le troisième, problème; : comment la figure peut-elle paraître
plus large que la fente ? En d'autres termes, comment une succession,
dans le temps se transforme en une simultanéité dans l'espace.
Problème difficile — et pour lequel quelques indications seulement
peuvent être données. Le contour apparent, résultante du contour
réel de l'objet et du contour de la fente, est en quelque sorte indépen
dant, libéré de ses rapports normaux. Le mouvement apparent de
ce contour ne correspond' pas non plus au réel de l'objet.
Il se continue, alors qu'il n'y a plus de visible de l'objet,
qu'il n'y a que la continuation de passage de l'image aoire dans le
champ de la fente. Ce seraient ces deux faits : indépendance du con
tour et persistance du mouvement, indépendance en quelque sorte du
mouvement, qui seraient à la base de l'illusion de largeur. L'explica
tion n'est pas entièrement satisfaisante pour l'esprit, mais les diverses
expériences instituées à son propos sont ingénieuses et intéressantes.
I. M.
K. KOFFKA. — über FeîdTregreuzung und FeMerîiilïung (In
fluence' des limites- d'un champ- visuel sur son contenu) . — Ps. For.
p..' 176-2O3-. IV, 1923,
Comment la qualité des phénomènes d'un champ visuel dépend-
elle de ce qui le limite ? Ce problème est un cas particulier d'un autre
plus général : comment la qualité dépend elle de la forme ?
Si on fait tourner un disque de Masson (blanc avec cinq traits
noirs parallèles) on voit quatre anneaux clairs, le plus sombre à
l'intérieur, le plus clair en dehors (l'anneau du bord n'est pas vi
sible). Si on remplace ces traits par un trait continu de même lar
geur totale,, on voit une surface dont la clarté décroît de la péri
phérie au centre. Si on augmente l'épaisseur du trait (jusqu'à &
ou 8 cent, pour un rayon de 10 cent.) on voit au milieu un cercle-
obscur et autour une large zone grise homogène,, alors que la clarté
calculée décroît suivant une certaine fonction du rayon. L'impression
est d'ailleurs variable avec les individus et plus ou moins facile à
détruire par une comparaison attentive des différents points de
la surface. Si on regarde par une fente mince dans laquelle o©
déplace une baguette mince, on peut voir le champ divisé par la
baguette en deux parties de clarté différente, mais intérieurement
homogènes. L'expérience peut être variée de bien des façons.
La clarté du champ d'apparence homogène ainsi obtenu peut
être comparée avec celle de disques réellement homogènes qui
lui servir de mesure. K. établit que la clarté répond, sensiblement
à la moyenne géométrique des clartés- objectives décroissantes.
Inversement, on peut montrer, avec les disques dont Hering s'est
servi, pour étudie* le contraste liminaire, que des champs objectiv
ement homogènes peuvent paraître hétéro-gènes. Chaque anneau de ees
disques est intercalé entre un plus sombre et un plus elan* ; il a

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