Généralités. lois de la sensation et de la perception. La forme. Synesthésie. Illusions et sens spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 396-420

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 396-420
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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1° Généralités. lois de la sensation et de la perception. La
forme. Synesthésie. Illusions et sens spatial
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 396-420.
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1° Généralités. lois de la sensation et de la perception. La forme. Synesthésie. Illusions et sens spatial. In: L'année
psychologique. 1925 vol. 26. pp. 396-420.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6270396 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le commencement de l'hypnose est marqué par une chute de la
pression et une diminution numérique des pulsations, qui se relèvent
un moment quand on donne la cigarette, mais surtout avec la ciga
rette allumée. Deux autres sujets non hypnotisés et au courant des
conditions réelles de l'expérience ont donné les mêmes résultats, mais
le relèvement des courbes est encore plus faible avec la pseudoc
igarette. Les effets sur la circulation doivent donc être attribués au
tabac plutôt qu'à la suggestion. P. G.
V. — Sensation et Perception
1° Généralités. Lois de la Sensation et de la 'Perception
La forme. Synesthésie. Illusions et sens spatial
L. CARMICHAEL. — An evaluation o! current sensationism [La
valeur des doctrines actuelles de la sensation). — Ps. Rev., XXXIII,
3, 1925, p. 192-215.
C. passe en revue les conceptions que se font de la sensation les
différentes écoles actuelles de psychologie : l'école structurale, l'école
fonctionnelle, l'école behavioriste, et enfin la jeune école configura-
tionniste (celle de la Gestaltpsychologie) à laquelle vont plutôt ses
sympathies. Il admet pourtant qu'on conserve pratiquement le point
de vue de l'atomisme psychologique, et qu'on continue à parler
d'arcs réflexes et de fonctions simples, qu'on tente une description
de la vie mentale en partant de ces idées et en s' appuyant sur des
données expérimentales mais à la condition qu'on se rende bien
compte qu'on n'a ainsi qu'une vue partielle et limitée de la véritable
réalité. De même, l'atomisme neurologique, tel que le professent les
behavioristes a sa valeur en tant que méthode, mais à la condition
qu'on en reconnaisse aussi les limitations. Sous ces réserves, la notion
de sensation peut rendre des services, bien qu'elle ne soit qu'une
abstraction, mais une abstraction grâce à laquelle nous pouvons
saisir quelque chose de la forme générale que prend l'organisme, eu
conséquence de ses rapports avec le milieu. G. P.
J. VON KRIES. — Ueber Empfindungsmannifaltigheiten und ihre
geometrische Darstellung [Sur les variétés de sensations et leur
représentation géométrique). — Z. für Sin., LVI, 5-6, 1925, p. 281-
317.
Pour les différents sens, on a distingué des séries de qualités irr
éductibles des sensations, et l'on a fait des classifications de ces él
éments sensoriels fondamentaux. On a tenté, en outre, d'en donner
des représentations géométriques. Von Kries envisage successive
ment, pour la vue, les tables de couleurs, les solides à trois dimens
ions, la représentation d'Ostwald, l'octaèdre de Henning, enfin le
prisme olfactif, du même auteur, laissant l'audition de côté. L'exposé
aurait gagné à être illustré. H. P. SENSATION ET PERCEPTION 397
O.-H. MERGELSBERG. — Der Satz von der Ausschliesslichkeit
der Empfindungsgrundlage {Le principe de V exclusivité de* fonde
ments sensoriels). — A. f. ges. Ps., LI, 3-4, 1925, p. 273-336.
L'auteur, un élève de Lindworsky, se propose de démontrer la
thèse empiriste : les sensations sont la source unique de nos connais
sances. Il s'attache à rechercher les bases sensorielles des phénomènes
complexes, tels la perception visuelle de la profondeur, la perception
en profondeur des surfaces colorées, la localisation spatiale par la
vue, la perception du mouvement et la notion du temps. Il essaie de
montrer, le plus souvent, par un examen phénoménologique, qu'il
s'agit dans ces différents cas de perceptions de complexes dans les
quels les données sensorielles immédiates sont enrichies par le résultat
de l'expérience antérieure du sujet, expérience faite essentiellement
d'associations entre les éléments sensoriels divers. D. W.
R. PAULI et A. WENZ. — Experimentelle und theoretische Untersu
chungen zum Weber-Fechnerschen Gesetz [Recherches expériment
ales et théoriques sur la loi de Weber- Fechner). — A. f. ges. Ps.,
LI, 3-4, 1925, p. 399-494.
Partie expérimentale. — Les recherches personnelles des auteurs
portent sur la détermination des seuils différentiels de pression.
Ils ont expérimenté sur eux-mêmes à l'aide de l'esthésiomètre de
Pauli, muni d'une pointe de 0,lmm2 et de poids de 5, 20, 30 ou 40
grammes. L'intervalle entre les deux excitations était de 0,5", de
2" ou de 6". L'excitation étalon était présentée tantôt avant, tan
tôt après l'excitation à comparer.
Voici les seuils différentiels relatifs :
Sujet A Sujet B
sujets doyenne
Poids Intervalle Intervalle 2
"* -S-
6,5" 2" 6" o,5" a" 6" Moyenne Moyenne
0,28 0,20 0 ,26 ,24 0 ,29 0 ,30 0 29 0,27 5 0 ,27 0
0,30 0 20 0,30 0 ,33 0 ,25 0 ,29 ,23 0 ,23 0 25
0,21 30 0,13 0 ,20 0 ,21 0 ,18 ,21 0 ,23 0 22 0,20 0
0,16 ,22 0 18 0,21 40 0,21 0 ,24 0 ,27 0 ,24 0 ,17 0
L'examen des résultats, en partie encore inédits, obtenus par
d'autres chercheurs dans le domaine des sensations tactiles et gus-
tatives conduit les auteurs aux conclusions suivantes :
La loi de Weber ne se vérifie que d'une manière approximative.
Toutefois, de gros écarts lorsqu'ils se rencontrent dans les zones
d'intensités extrêmes, peuvent, de l'avis des auteurs, être expliqués
par des facteurs secondaires : difficulté de percevoir des excitations
faibles ; mise en jeu des éléments nerveux autres que l'élément
sensoriel intéressé dans les excitations très fortes. '
298 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour les sensations gustatives (sucré et salé) on constaté l'augment
ation de la sensibilité dans les zones d'intensité moyenne ; or, il
s'agit précisément des sensations les plus agréables.
Partie théorique. — Cette seconde partie est consacrée à la recherche
d'une explication rationnelle des lois de la sensation, et en particulier
de la loi des seuils différentiels relatifs (à laquelle les auteurs conti
nuent de joindre le nom de Weber).
On ne s'étonnera pas de l'allure du phénomène si l'on pense à ce
fait, général en biologie, que les réactions des systèmes vivants
finissent par s'amortir quand les actions extérieures vont en crois
sant. On peut ériger cette propriété en principe (dit de « Relativité»)
et expliquer ainsi, outre la loi de Weber, les lois des tropismes, de la
croissance et du rendement des plantes, les phénomènes de mémoire
(acquisition, oubli), etc.
^ Mais, à moins qu'on se satisfasse d'une interprétation finaliste,
l'analyse des mécanismes élémentaires permet seule de comprendre
clairement ce qui se passe dans chaque cas particulier.
En ce qui concerne les phénomènes de sensation, une explication
physiologique doit s'appuyer sur des considérations de probabilités
et sur des lois physico-chimiques (cinétique chimique et loi d'action
de masse, diffusion, loi des chaînes de concentration). C'est ce qu'on
voit en détail dans l'exposé critique de diverses théories mathémat
iques de l'excitation (Wertheim-Salomonson, Schjelderup, Pütter,
Lehmann, Kœhler, Lasareff) que les auteurs confrontent ensuite
avec les lois de l'établissement de la sensation, leurs propres re
cherches sur les seuils différentiels et les rapports entre les courants
d'action et la force de l'excitant. Il en découle qu'aucune des théories
exposées n'est absolument satisfaisante.
Donnons pourtant une idée d'ensemble de ce que les auteurs pa
raissent avoir dégagé de cet inventaire. Pour eux, les meilleures
déductions sont celles qui partent d'une réaction monomoléculaire
réversible, dont l'équilibre est déplacé sous l'influence du stimulus.
La concentration de la substance excitante est donnée à tout instant
par la formule : {
L J kid
où Kj, facteur de « dissimilation », est proportionnel à l'intensité I du
stimulus et où K,, facteur d' «assimilation », supposé d'abord cons
tant, doit être considéré comme une fonction de I et même de t
(Lasareff).
Le passage aux phénomènes centraux et psychiques se ferait, à
la manière de Lehmann et des partisans de la Gestalt Theorie, par la
loi des chaînes de concentration. La loi de Fechner devrait alors être
remplacée par la fonction :
D. W. — A. F. -
x *
x SENSATION ET PEBCEPTJON 399
HARALD K. SCHJBLDERUP. — Some comments on the applica
tion of mathematics to psychological problem, with special reference
to the Weber Fechner law (Quelques commentaires sur V application
des mathématiques aux problèmes psychologiques, rapportés prinri*
paiement à la loi de Weber- Feehner). — Se. se. Rev., Ill, 2, p. 71-81.
Réagissant contre la loi psycho -physique de Weber-Fechner, von
Kries ramène, dans le domaine de la sensation, toutes les différences
d'intensité à des différences de qualité : une sensation forte n'est pas
la somme de plusieurs sensations faibles, comme un mètre e3t la de 100 centimètres. Une mesure de l'intensité de la sensation
ne sera possible que lorsque sera arbitrairement établi ce que l'on
doit entendre par des accroissements égaux de sensation ; par
exemple on peut admettre que les accroissements de cor
respondant à des accroissements égaux de stimuli seront considérés
comme égaux. De ce fait, la controverse sur la dépendance de la loi
de sensation au stimulus est dénuée de signification.
Bergson va plus loin. Pour lui, la sensation ne peut jamais être
exprimée quantitativement, et on en est forcément réduit à la mesure
d'états mentaux qualitativement différents.
Cependant, il est possible de trouver une interdépendance mathé
matiquement formulable, même si on suppose des différences exclus
ivement qualitatives entre les phénomènes mentaux. Si l'on considère
une série de tons de même hauteur et de même timbre, mais de
(différentes intensités, chacun de ces tons peut être désigné par le
nombre des degrés de sensation juste perceptibles, qui, dans de»
circonstances données, va de 0 au ton considéré. Chacun des tons
peut donc être désigné par un nombre de sensation parfaitement
Suffisant pour l'établissement d'une loi mathématique.
En formulant la loi de cette manière, on recule les limites pour des
formules psychophysiques possibles. Il devient fondamentalement
acceptable d'arranger les formules, non seulement pour l'interdépen
dance du stimulus externe et de l'intensité de la sensation, mais en
ce qui concerne l'interdépendance entre le stimulus externe et les
autres changements purement qualitatifs de la sensation.
Considérons un rouge aussi saturé que possible et un gris de même
luminosité. Entre ces deux extrêmes, nous rangeons des rouges de
tons les degrés possibles de saturation :
0 12 3 P n-ln
gris rouge rouge
non saturé saturé
Chaque degré subjectif d& saturation sera désigné par le nombre
d'ombres qu'il est possible de distinguer entre le nombre en question
et le gris pur de même luminosité. Ce sera le « de saturation»
et on peut essayer d'établi* la loi mathématique qui relie la saturation
objective au nombre de saturation.
On opère commodément avec un disque tournant présentant deux
secteurs, un secteur rouge saturé, et l'autre gris pur, tous les
étant de même luminosité : la saturation objective du mélange sera
proportionnelle à la surface du secteur rouge. On déterminera le seuil
de saturation avec un secteur variable plus petit, et si l'on trouve la 400 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
loi qui relie le seuil de saturation avec la saturation objective, on en
déduit la loi qui relie le « nombre de » à la saturation
objective.
Selon ce même principe, on peut déterminer le « ton de couleur »
par rapport au degré subjectif de saturation. Soit la série allant du
rouge saturé au jaune saturé :
rouge or. rouge orangé jaune jaune
rougeâtre
chaque nuance entre le rouge et le jaune peut être distingué par le
« nombre de couleur » , indiquant combien de degrés perceptibles
séparent la en question du rouge pur.
Si l'on range les couleurs dans l'ordre classique :
rouge jaune vert bleu rouge
et qu'on désigne par exemple par n le « nombre de couleur » corre
spondant au jaune, on désignera par n + 1 le jaune immédiat tirant
davantage sur le vert, n + 2, celui qui tire davantage encore, etc.
Le monde des sensations de couleur forme un complexe à trois
dimensions, chaque couleur étant caractérisée par sa luminosité, sa
saturation, sa teinte. On entrevoit la possibilité, sur les bases précé
dentes, d'exprimer en termes mathématiques ce complexe à trois
dimensions.
La loi psycho-physique de Fechner renfermerait donc un noyau
de vérité, pourvu qu'on remplace l'intensité de la sensation, par ce
que l'auteur appelle le « nombre de sensation » . M. L.
F. KIESOW. — Ueber die Vergleichung linearer Strecken und ihre
Beziehung zum Weberschen Gesetze (Sur la comparaison des gran
deurs linéaires et son rapport avec la loi de Weber). — A. f. ges. Ps.,
LU, 1-2, et LUI, 4, 1925, p. 61-90 et 433-446.
En face d'une ligne étalon dessinée à l'encre noire sur un morceau
de carton, le sujet devait en construire une autre de la même longueur
en déplaçant un papier qui pouvait cacher en partie une deuxième
ligne beaucoup plus longue que la première.
Le carton modèle placé tantôt à gauche et tantôt à droite de la
ligne variable restait visible pendant toute l'opération. Cent déter
minations étaient faites pour chaque longueur étalon après des
expériences d'apprentissage préalable.
L'unique sujet étudié a montré une tendance constante à la
sous-estimation. Les résultats ont été plus exacts lorsque l'étalon
était placé à droite, probablement pour cette raison que la position
inaccoutumée suscitait un effort d'attention plus intense.
Voici les erreurs constantes relatives (différences entre la longueur
étalon et la moyenne des longueurs reproduites rapportée à l'étalon) : SENSATION ET PERCEPTION 401
Longueur étalon Erreur constante Longueur étalon Erreur constante
en mm. relative en mm. relative
10 1/34 80 1/42
1/15 90 1/30 20
1/12 190 30. 1/24
40 1/15 150 200 1/100 50
1/23 250 60 1/52
1/24 300 1/75 70.
Les lignes de 80 et de 200 millimètres dont les erreurs constantes
présentent de gros écarts ont été trouvées particulièrement difficiles
à apprécier selon la déclaration spontanée du sujet.
Si l'on tient compte de ce fait, les chiffres offrent, de l'avis de
l'auteur, une constance qui fait songer à la loi de Weber, loi qui a,
pour Kiesow, une signification essentiellement psychologique. D.W.
P.-P. HAZBLHOFF et HELENE WIERSMA. — La Sensibilité
relative aux différences (Loi de Weber). — Arch, néerl. de phys.,
X, 1, 1$25, p. 66-81.
Expériences faites sur des sujets normaux et hystériques, en
mesurant le seuil différentiel à l'intensité variable de plages lumi
neuses.
La sensibilité différentielle lumineuse est plus faible chez les hys
tériques que chez les normaux.
La décroissance du seuil différentiel pour les excitations très fortes
ou très faibles apparaît plus tôt et avec, une valeur plus élevée chez
les hystériques.
Cette décroissance diminue, en valeur relative du seuil, après une
certaine adaptation.
D'après ces résultats, les auteurs reprenant la loi de Heymans
sur la cause de la sensibilité aux différences, de nature psycholo
gique, estiment que la aux différences est un phénomène
d'inhibition psychique et que sa relativité s'explique par le rapport
entre l'intensité d'excitation, et l'action inhibitrice que la sensa
tion d'excitation exerce. La décroissance du seuil pour les faibles
intensités excitatrices résulterait de ce que des « images de
conscience non éliminables entrent également en jeu ». La décrois
sance pour les valeurs élevées d'excitation s'expliquerait par un
sentiment émotif désagréable lié aux excitations violentes et en
traînant également, mais par un autre mécanisme, une action in
hibitrice. M. F.
H. SCHRIEVER. — Ueber die Gültigkeit des Webersehen Gesetzes
im Gebiete des Drucksinns bei möglichst verhinderter Beizaus
breitung (Sur la validité de la loi de Weber dans le domaine des sen
sations tactiles lorsque la diffusion de V excitation est limitée le plus
possible). — A. f. ges. Ps., LI, 1-2, 1925, p. 136-154.
Recherche de seuils différentiels de pression, à l'aide de l'esthé-
l'année psychologique, xxvi. 26 402 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
siomètre à levier dé Pauli, à l'endroit de l'articulation phalango-
ghalangienne de l'index et du médius où la densité de points de
pression est faible (1 point par 5 millimètres) et où l'élasticité de la
peau peut être diminuée lorsque là main est fermée en poing. Avec:
des pointes de petite section (0,l^m2 et 0,001mm2) on aurait par
oonséquent des chances de n'atteindre qu'un seul organe.
Les expériences étaient faites sur quatorze sujets par la méthode
dès graduations constantes, l'ordre des variations étant d'ailleurs
urégulier et inconnu du sujet. La durée d'excitation était de 0,5
secondes, l'intervalle entre les deux excitations d'un couple comport
ait 1,2 secondes. Une pause de 1 minute après chaque couple d'ex
citations avait pour but de permettre la restauration dé l'organe
excité.
Voici les chiffres qui mesurent les seuils différentiels supérieurs :
Seuils absolus Seuils relatifs
- m— -^ „.m ■- Poids étalon
i gr. a gr. 6gr. igr. 3gr. 6gr.
Pointe 0,1 mm2... 0,77 0,92 0,19 1,13 0,77 0,31 0,001 mm2. 0,49 0,70 0,90 0,49 0,23 0,15
On le voit, les seuils sont moins fins que ceux qui ont été trouvés
par d'autres auteurs (Stratton) opérant sur une surface non limitée,
mais d'autre part, la pointe de 0,00Imm2 permet une discrimination
plus fine que celle qu'on obtient avec la surface de 0,lmm2.
Ayant employé encore des poids de 12 et 60 grammes pour la
pointe de 0,lmm2, de 12 et 30 grammes pour la pointe de 0,001mm2
(sensation de douleur), l'auteur a trouvé que, pour toute la série
dès excitations les seuils différentiels absolus représentent une fonc
tion linéaire de l'intensité de l'excitation. Il n'y a pas de change
ment au moment où la pression se transforme en douleur.
Les seuils différentiels relatifs diminuent suivant une courbe qui
se rapproche d'une branche d'hyperbole.
Faut-il en conclure que la loi de Weber est inapplicable ? L'auteur
croit pouvoir affirmer le contraire.
Les seuils différentiels absolus sont constants. Leur extrapolation
donne une fonction linéaire qui croisera l'axe des X quelque part
dans les valeurs négatives. Les seuils différentiels relatifs présente
ront une constante si la formule — i où i — intensité de l'excitation
étalon et di = accroissement juste perceptible de cette intensité
est remplacée par la formule — "—, où e — ordonnée à l'origine.
D. W. ET PERCEPTION 4O3r SENSATION
F. NOSSKE. — Die Gültigkeit des Weberschen Gesetzes für die
Unterscheidbarkeit successive! Belastungen der nämlichen Hauts-
telle (La validité de la loi de Weber pour la discrimination des pres
sions successives au même endroit de la peau). — A. f. ges. Ps.,
LU, 1-2, 1925, p. 195-286.
Dépouillement des résultats des expériences que Kraepelin avait
faites en 1885-1888 et dont il a transmis les documents bruts au labo
ratoire de l'université de Leipzig. Les expériences dans lesquelles
Kraepelin lui-même et sa femme ont servi à tour de rôle d'opéra
teur et sujet ont porté sur la recherche des seuils différentiels de
pression tactile au moyen de petits entonnoirs remplis de plomb et
munis d'une aiguille qui traversait l'orifice de l'entonnoir. Une ex
trémité de l'aiguille se terminait par une boule et venait s'appuyer
sur la phalangette du médius droit du sujet ; l'autre bout muni d'une
tête plus grande que l'orifice était maintenu dans l'entonnoir. La
surface de contact était de 1,1, de 1,5 et 2,8mm2 pour les poids de
0,5, 50 et 500 grammes.
Les excitants variables étaient gradués au dizième du poids étalon
et l'on procédait par variations régulières («méthode des limites » )
dont le sujet connaissait le jeu.
Nosske a dépouillé les résultats par différents procédés avec une
patience admirable. Il a trouvé que la dispersion des mesures s'ac
cordait d'une façon satisfaisante avec les lois de Gauss.
Voici les valeurs des seuils différentiels rapportés aux poids ab
solus de l'étalon, chaque chiffre étant une moyenne tirée de 840 ex
périences.
Poids étalon
Expérience commencée dans l'ordre
5o 5oogr 5gr. gr- o,
ascendant . 0 ,050 0 047 0 ,025
0 descendant ,035 0 021 0 ,018 . 0 0 020 0 ,010 0 0 014 0 ,011 ,035
L'auteur conclut à la vérification de la loi de Weber avec une
approximation suffisante, mais le lecteur qui n'a pas d'idée pré
conçue songe plutôt à une déviation systématique. D. W.
R, VON DER MÜHLEN. — Psychophysische Bedeutung der Uebung
(Signification psycho-physique de l'exercice). — Z. für päd. Ps.,
XXVI, 3, 1925, p. 141-148.
L'exercice agit sur le rendement, la performance, et non pas sur
la fonction. L'aveugle présente un af finement du seuil de discr
imination tactile, non pas parce que ses sensations tactiles seraient
plus développées que chez le sujet normal, mais parce qu'il a appris
à concentrer «on attention sur les impressions du tact. D. W. 404 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
H. P IE RON. — Remarques sur la perception, à propos des percep
tions de mouvement. — J. de Ps., XXII, 1925, p. 278-280.
D'après la conception classique, la perception serait le résultat
d'une élaboration intellectuelle des données brutes de la sensation,
qui seraient complétées par des apports de la mémoire et de l'ima
gination, combinées en des synthèses représentant des objets, rec
tifiées et par des raisonnements d'ailleurs inconscients.
Cette conception est un véritable roman intellectualiste, dû à l'i
nfluence de la psychologie introspective. La perception se présente
comme une donnée immédiate, qui peut être décomposée par une
analyse réfléchie postérieure, mais qui en elle-même est une unité
synthétique. Les perceptions tachistoscopiques indiquent des temps
trop courts pour permettre un appel à des données complémentaires ;
la reconnaissance d'un objet, caractéristique de la perception, se
manifeste comme une réaction à un complexus du milieu.
D'autre part, les groupements perceptifs se présentent souvent
sous la forme infra-psychique, et des groupements indécomposables
voisins fournissent des perceptions très différentes que le raisonn
ement devrait rectifier ou unifier s'il était à même d'intervenir. Ainsi
la vitesse d'un mouvement paraît au moins deux fois plus lente
quand elle est perçue par mouvement oculaire que quand elle l'est
par déplacement de l'image sur la rétine. Les mouvements des yeux
sont perçus, selon les complexes physiologiques dans lesquels ils intégrés, comme mouvement d'œil, comme mouvement des ob
jets ou comme mouvement du corps. Enfin certaines perceptions,
artificiellement provoquées, peuvent comporter des absurdités in
conciliables avec un mécanisme d'élaboration logique de la percep
tion.
Les nombreux faits de ce genre, qui manifestent un syncrétisme
biologique fondamental dans la perception, doivent jouer le rôle
le plus important dans la genèse de certaines théories modernes
comme celle de la « Gestaltpsychologie » . G. -H. L.
C. FOX. — A study in preperception {Etude de la préperception). —
Br. J. of Ps., XV, 1, 1924, p. 1-16.
« Les seules choses que nous voyons communément, dit W. James,
sont celles que nous prépercevons, et les seules choses que nous pré
percevons sont celles qui ont été étiquetées pour nous et dont les
étiquettes sont gravées dans notre esprit. Si nous perdions notre
stock d'étiquettes, nous serions intellectuellement perdus au milieu
du monde ».
Les expériences de F. ont porté sur 80 gradués d'Université, di
visés en petits groupes de six à douze. Dans une première séance,
en projetait devant les sujets une vue représentant des armures de
chevalier ; puis ils étaient invités à la décrire de la façon la plus comp
lète possible en notant tous les détails dont ils se souvenaient. Ils
étaient alors partagés en deux séries. A l'une, on faisait une leçon
sur le sujet, en leur montrant les différentes pièces de l'armure et
en leur enseignant le nom de ces pièces ; l'autre série servait de t
émoin. Une seconde séance avait alors lieu pour les deux séries à la
lois, o-ù l'on procédait comme dans la première. On compare-

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