Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La Forme. Synesthésies. Illusions et Sens Spatial - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 521-532

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 521-532
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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1° Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La
Forme. Synesthésies. Illusions et Sens Spatial
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 521-532.
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1° Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La Forme. Synesthésies. Illusions et Sens Spatial. In: L'année
psychologique. 1927 vol. 28. pp. 521-532.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6461SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 521
568. — C.-H. SYZ. — Psycho-galvanic studies on sixty-four medical
students (La réaction psychogalvanique chez 64 étudiants en
médecine). — Br. J. of Ps., XVII, 1, 1926, p. 54-69.
La réaction psychogalvanique est en rapport avec la constitution
émotionnelle du sujet. Elle présente pour chaque individu un en
semble de caractéristiques assez constant. La rapidité de la réaction,
la forme de la courbe, ses irrégularités varient avec chacun. La fr
équence des réactions donne une mesure de l'aptitude à l'émotion,
l'amplitude indique l'intensité de l'état émotionnel, qui donne aussi
naissance à des ondes secondaires (réponse prolongée). Parfois il se
produit des réactions spontanées (sans excitation extérieure) ; elles
signifient que le sujet est particulièrement émotif et qu'il est sensible
à des stimuli internes. L'irrégularité de la courbe galvanique corres
pond à l'instabilité et au déséquilibre émotionnel, comme le montrent
les recherches faites sur des sujets pathologiques. Le réflexe psycho
galvanique peut donc être utilisé pour déceler les traits caractéris
tiques de la constitution émotionnelle d'un groupe de sujets ou même
d'un sujet déterminé.
Les stimuli employés par S. étaient une liste de 50 mots» des
excitants sensoriels, etc. L'auteur reconnaît lui-même ce que ce
procédé a d'un peu artificiel. Les sujets ont réagi à environ un tiers
des mots présentés. Les sujets qui réagissent le moins souvent sont
aussi les mieux équilibrés au point de vue émotionnel. Les individus
qui donnent beaucoup de réactions ont en général une résistance
électrique faible ; mais la réciproque n'est pas vraie. G. P.
V. — Sensation et Perception
généralités. lois de la sensation et de la perception.
La Forme. Synesthésies. Illusions et Sens Spatial.
569. — MARCEL FOUCAULT. — Cours de Psychologie. — II.
Les sensations élémentaires. — In-8 de 264 p. Paris, Alcan,
1928. Prix : 20 francs.
F. continue courageusement la publication d'un cours qui doit
comprendre un grand nombre de volumes.
Le deuxième tome est consacré aux sensations, et il se montre
d'une rédaction très personnelle et originale, ne faisant nullement
double emploi avec des Traités dans lesquels on cherche à donner
un exposé documenté et objectif de l'état actuel de la science : F. donne
le résultat de ses réflexions et de ses recherches, de ses études bibli
ographiques sur les questions qu'il a lui-même approfondies, laissant
de côté les autres ou passant très vite sur elles.
Aussi, dans ce volume sur les sensations élémentaires ne doit-on
pas s'étonner d'un déséquilibre qui surprendrait dans un traité : Sur.
260 pages de texte, il y en a juste la moitié, soit 130, consacrées aux
sensations cutanées, et dix fois moins, une douzaine, aux sensations
auditives. C'est que l'auteur n'a pas l'ait de recherches personnelles 522 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sur les dernières, et a consacré des années d'investigation aux pre
mières.
Les sensations visuelles comprennent une quarantaine de pages,
parce qu'elles ont prêté à quelques séries de recherches, mais, bien
entendu, il ne peut s'agir d'un exposé complet, même succinct,
relatif à la psychologie de la vision élémentaire. La liste des para
graphes de ce chapitre le montre bien : sont étudiés : le problème
de la vision et ses bases anatomo -physiologiques ; l'hypothèse de
Hering, la vision indirecte des couleurs ; la cécité aux couleurs ; le
mélange des couleurs ; l'adaptation ; le contraste simultané ; les
images consécutives.
On trouve toujours un exposé des conceptions propres de l'auteur ;
par exemple au sujet de l'impression de gris, complétant les vues de
Hering, il croit pouvoir dissocier toujours les éléments psycholo
giques d'un mélange, éléments constitués par les sensations de blanc
et de noir, se combinant au lieu de s'annuler.
Dans les chapitres relatifs aux sensations cutanées, on trouve bien
des données inédites sur des expériences de F., avec une analyse
psychologique très serrée. Certains des résultats ne laissent pas
d'être discutables : Par exemple l'extrême variabilité des réponses à
une stimulation tactile qui ne permettrait guère de définir un seuil
est peut-être moins due à l'instabilité du sujet qu'à celle de l'expér
imentateur, étant données'les difficultés de technique dans l'excitation
de la main, au point de vue du siège exact du stimulus ou de la
vitesse d'application, qui joue un rôle si important.
Mais, que l'on partage ou non les idées, très solidement exposées,
de l'auteur, on lit son livre avec beaucoup d'intérêt et de profit.
H. P.
570. — L. FRÉDÉRICQ. — Nos sensations et le monde extérieur.
— F.' Scientia, revient sur XLI, la 3, notion, 1927, p. magistralement 193-202. exprimée déjà par
J. Müller il y a un siècle, que nos sensations, si elles correspondent
en général à des phénomènes extérieurs à l'organisme, ne peuvent
nous renseigner sur ces phénomènes mais seulement sur leur durée
et leur intensité. Nous ne recevons, en effet, que des messages ner
veux, de nature identique, et ne différant que de durée, de rythme
et d'intensité, la spécificité étant donnée par les cellules qui reçoivent
ces messages. H. P.
571. — L. FRÉDÉRICQ. — Henri Bergson et l'Intensité des
Sensations. — Ar. int. de Ph., XXIX, 4, 1927, p. 419-422.
Bergson a cru établir dans les « Données immédiates » que les
sensations ne sont pas des grandeurs susceptibles d'accroissement
ou de diminution. L'intensité ne serait pas un attribut de la sensa
tion, ce que nous prenons pour des différences de quantité, dans nos
sensations, ne sont au fond que des de qualité mal inter
prétées.
Contre cette thèse, aussi lointaine de la réalité des faits objectiv
ement observés, que beaucoup d'autres théories bergsoniennes, SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 523
F. s'élève avec raison et démontre par plusieurs exemples empruntés
aux différents domaines sensoriels ce qu'elle a de peu fondé.
Prenons des solutions de NaCl contenant 2 grammes, 2 gr. 50,
3 grammes de sel. Si nous les goûtons successivement, il est bien évi
dent que nous ne pourrons les distinguer que par une différence d'in
tensité, la qualité restant exactement la même. On ne verrait un
changement de cette qualité qu'en employant de très fortes concent
rations faisant apparaître une impression désagréable ; mais alors,
d'autres terminaisons nerveuses, ce que Bergson ne semble pas avoir
vu, interviennent dans l'élaboration de la sensation ressentie.
Les faits sont trop évidents pour qu'il soit utile d'insister, un même
appareil nerveux périphérique centripète, soumis à des excitations
d'intensités modérées, mais différentes, peut nous procurer des sen
sations qui ne diffèrent les unes des autres que par leur intensité,
sans qu'intervienne un changement de qualité.
Je ne reprocherai à F. qu'une chose : la brièveté de sa note : les
théories bergsoniennes sont si bien ancrées dans beaucoup d'esprits,
même quand elles sont en contradiction avec les faits d'observation
élémentaire, qu'il faut insister pour que le bon sens et l'évidence
reprennent, à leur encontre, leurs droits les plus indiscutables.
M. F.
572. — L. BARD. — De la transmission par l'influx nerveux des
tonalités affectives des sensations. — J. de Ps., XXIV, 2, 1927,
g*p. 113-133.
Les tonalités affectives qui se surajoutent à l'aspect proprement
représentatif de toutes les sensations reposent, comme celui-ci, sur
la réception et l'interprétation des données physiques apportées aux
centres par les conducteurs nerveux ; c'est grâce à cette apparition
primaire et immédiate des tonalités affectives que les sensations
peuvent remplir leur rôle vital même chez l'animal et le jeune en
fant. Les tonalités affectives des sensations sont dues soit à des fac
teurs extrinsèques ou qualités particulières des excitants qui les
provoquent, soit à des facteurs intrinsèques, modifications orga
niques ou fonctionnelles des appareils nerveux, aussi bien récepteurs
que conducteurs. Qu'il s'agisse des sensations auditives, visuelles, du
sens gyratif, gustatives, olfactives, tactiles, les tonalités hédoniques
ont comme facteurs extrinsèques la douceur, la souplesse, la modér
ation, l'harmonie des éléments physiques des excitants correspon
dants, les tonalités algiques ont les facteurs extrinsèques inverses.
La tonalité affective dépend des mêmes récepteurs, des mêmes
conducteurs et des mêmes centres cérébraux que la sensation repré
sentative qu'elle accompagne. L'explication de la dissociation des
perceptions et des tonalités affectives correspondantes doit être
cherchée non dans une séparation de leurs voies centripètes, mais
plutôt dans des influences susceptibles de modifier les conditions de
transmission des unes et des autres dans les mêmes conducteurs.
Les qualités particulières des excitants physiques se traduisent par
des modalités correspondantes de l'influx nerveux qui les transmet
aux centres. Cette explication vaut aussi bien pour les sensations
pathologiques que pour les sensations normales. Le rôle de Yw .
&24 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
semble des appareils nerveux est uniquement de transformer les
multiples excitants physiques ou chimiques spécifiques en une forme
différente de l'énergie, spécifique elle-même mais univoque, qui
rend l'organisme solidaire de toutes les précédentes. Quel que soit
l'excitant que l'on considère, les centres percepteurs sont entraînés
automatiquement dans le cycle général qui en relève ; ils sont partie
d'un ensemble dont toutes les parties vibrent à l'unisson. G.-H. L.
«73. — P. LASAREFF. — Ueber den Begriff der Empfindlichkeit
in der Sinnesphysiologie {Sur le concept de sensibilité dans la
physiologie des sens). — J. für Ps., XXXIV, 1927, p. 234-237.
L. a proposé de définir la sensibilité E, numériquement, par la r
éciproque de l'intensité liminaire des stimuli efficaces I. Fröhlich
propose de la définir par la réciproque du logarithme dö l'intensité.
Mais l'emploi du logarithme à cause de l'influence des changements
d'unités, n'est pas acceptable, dit L. qui accepterait une puissance n
quelconque de I.
ET 1 La relation de proportionnalité rr = ~ quand on désigne E » y
peut se retrouver alors, avec E = y-„ 1 , sous forme \/ V &o ^r = 1 T .
H. P.
574. — H. CARR. — An interpretation of the Weber- Fechner law
(Une interprétation de la loi de Weber-Fechner). — Ps. Rev.,
XXXIV, 4, 1927, p. 313-319.
La loi de Weber-Fechner tente de définir quantitativement le
rapport entre les augmentations progressives de l'excitation et celles
de la sensation. Les faits constatés sont de deux ordres : d'une part
l'accroissement de la sensation est moins rapide que celui de l'exci
tant ; d'autre part, les accroissements très petits de l'excitation ne
produisent pas d'effet apparent sur la sensation.
C. s'attache à montrer que l'on trouve des faits analogues en phy
sique : l'augmentation de pression de l'eau ne donne pas une aug-
, mentation proportionnelle de l'écoulement ; l'augmentation d'in-
tensité du courant électrique ne donne pas une augmentation pro
portionnelle de lumière. Ces faits s'expliquent ainsi : Dans toute
transformation d'énergie, il y a une certaine résistance rencontrée,
une partie de l'énergie est perdue pour l'action qui nous intéresse.
La résistance peut augmenter avec la quantité d'énergie utilisée, et
par suite l'effet produit devient de moins en moins intense. Or, on
peut parfaitement admettre que le même fait se produit pour la
sensation, nous aurions là l'explication de la première partie de la loi
de Weber-Fechner.
Pour la seconde aussi, on trouve des analogies dans le monde phys
ique. Si on chauffe de l'eau sur un réchaud électrique, et qu'on
mesure la température avec un thermomètre grossier, on pourra
faire passer le courant pendant un certain temps sans constater
, d'augmentation sensible de la température. Mais ce n'est là qu'une SENSATION ET PEÄCEOT1ON. GÉNÉRALITÉS 525
apparence due à ce que les instruments dont nous nous servons pour
mesurer la cause et l'effet n'ont pas la même sensibilité. Mais il en
est de même lorsque nous mesurons l'excitant avec des appareils
perfectionnés ou même simplement avec le sens de la vue et l'effet
produit sans appareil. Pour C, toute excitation si petite qu'elle soit, un effet sensoriel, mais ces effets peuvent ne pas être aperçus.
Les unités de mesure ne sont pas des grandeurs comparables ou équi
valentes. G. P.
576. — L.-L. THURSTONE. — Psychophysàcal analysis. —Am. J.
of Ps.,XXXVIII, 3, 1927, p. 368-389. — A law of comparative jud
gment {Une loi du jugement comparatif). — Ps. Rev., XXXIV,
4, 1927, p. 273-286. — Three psychophysical laws {Trois lois psy
chophysiques). — Ps. Rev., XXXIV, 6, 1927, p. 424-432.
Un ensemble de jugements comparatifs portant sur des couples
de stimuli (comme dans la recherche des échelons différentiels de
sensations ou dans l'appréciation par une série de juges de product
ions humaines non mesurables) conduit à établir pour chaque
couple {a, b) la proportion de jugements a > b. Si par ailleurs on a
des raisons de croire à une répartition normale des fluctuations qui
font varier les jugements (ou si on le pose comme définition) on peut
ramener chaque proportion à un écart X, exprimé en cr, pris comme
unité : on a ainsi tous les éléments d'une graduation quantitative. Ceci
s'est fait souvent, mais on ne s'est pas soucié des variations possibles
de a tout au long de l'échelle.
L'auteur propose une méthode plus précise. Les fluctuations dans
les comparaisons proviennent en réalité des na et ub
dans les processus mentaux liés à chacun des deux stimuli. Ces, pro
cessus ont des valeurs modales So et S;, dont il s'agit en somme de
fournir une mesure. D'après ce qui précède, l'intervalle Sa — S$ a en
réalité pour valeur :
Sa — S,, == X„A s/vl + vl — %r cras6.
C'est l'équation psychophysique fondamentale, qu'on écrit pour
tous les couples réalisables avec n stimuli. Toutes les valeurs, sauf
les différents X, sont inconnues ; mais si les r sont égaux, le système
est soluble et fournit, dès que n dépasse 5, la valeur des différents S
à condition d'en prendre un comme origine, et celle des <r. l'un d'eux
servant d'unité. Les r peuvent être nuls ; si en même temps les a
sont égaux, les lois de Weber et de Fechner sont séparément valables,
mais seulement dans ce cas, réalisé avec des séries très homogènes de
stimuli. A. F.
576. — KURD VOGELSANG. — Die Empîinduagszeit und der
zeitliche Verlauf der Empfindungen [Le temps de sensation et V évo
lution dans le temps des sensations). — Ergebnisse der Physiologie,
XXVI, 1, 1927, p. 122-184. — MANFRED MONJÉ. — Die Emp-
finduugsseitmessung mit der Methode der Löschreizes {La
mesure du temps de sensation par la méthode du stimulus de mar
quage). — Z. für B., LXXXVII, 1, 1927, p. 23-40. 526 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Ces nouveaux travaux d'élèves de Fröhlich apportent, le premier
une mise au point générale, avec bibliographie étendue, des études
relatives au temps de latence des sensations, qui aboutissent, sur
un grand nombre de points, à des données convergentes, la seconde
un rappel des recherches déjà poursuivies par la méthode de mas
quage (Exner et Piéron) et l'exposé de recherches nouvelles par cette
même méthode comparativement avec des par la méthode
de Hazelhoff.
Après avoir obtenu sur les deux sujets (Fröhlich et l'auteur) le
temps de latence par la méthode de Hazelhoff, pour deux intensités
déterminées, la différence des temps était recherchée par la durée
liminaire de masquage de la plus faible par la plus forte de ces deux
intensités.
Les valeurs numériques obtenues sont indiquées dans le tableau
ci-joint (les temps étant mesurés en millièmes de seconde).
Intensité (bougies) : 17,4 616 — 31 185
Temps de latence (méth l Fr. 134,9 34,7 89,4 34,6
Hazelhoff) ( Mo. 138,1 35,2 91,2 36,8
Différence correspondante . . . j £;
1H. I. Différence notation le 1eI stimulus d'une (masquage ^masquage) différence) rouge).. avec ec .. ( i j f Mo.Fr.rr. JJJ.2— ^'f 59,15 #4,0 82,2 53,95
Lorsque les sujets cherchaient à distinguer la deuxième impression
de la première, la dualité des excitations, ils obtenaient des diff
érences entre les temps de latence des deux sensations supérieures à
celles que donnait la comparaison directe des temps de latence
absolus déterminés par la méthode de Hazelhoff. Mais, lorsqu'ils se
préoccupèrent de noter une différence d'aspect dans la sensation,
constituant la limite précise de séparation dans le temps des deux
processus cérébraux, leurs valeurs coïncidèrent à peu près exactement
par les deux méthodes (59 et 55 a environ).
Revenant sur la question de la loi qui relie le temps de latence à
l'intensité, l'auteur préfère la relation logarithmique à celle que j'ai
proposée, et il montre que mes chiffres peuvent s'ordonner selon
deux droites logarithmiques se coupant à angle obtus. Mais il y a là
un truc pour sauver la loi logarithmique, truc tout à fait arbitraire.
On peut toujours remplacer une courbe par des droites successives,
mais il n'y a pour le faire aucune raison théorique valable (la diff
érenciation des cônes et des. bâtonnets n'étant pas soutenable) et pas
davantage de raison de commodité, l'unité de la loi avec une formule
unique et des constantes générales étant d'usage préférable.
J'ai déjà montré, d'autre part, que les relations de type hyperbol
ique pouvaient se déduire de considérations générales.
Je pense que la ténacité dans la défense des lois logarithmiques
est une séquelle de la métaphysique fechnérienne, Hr P. SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 527
577. — R.-W- PICKFORD. — A brief theory o! the organism sug
gested by an experiment on the perception of almost inaudible
sounds (Une théorie de V organisme suggérée par une expérience sur
la perception de sons très faibles). — Br. J. of Ps., XVII, 3, 1927,
p. 222-234.
En variant progressivement l'intensité d'un son, on cherche à
déterminer le seuil, pendant que le sujet est soumis à des éclairages
de coloration variée. En prenant comme unité le seuil auditif corre
spondant à l'obscxirité, on trouve moyenne pour l'éclairage
rouge-orange : 0,99 ; pour le bleu, 1 ; pour le jaune,. 1,15. Mais le
nombre des observations est trop faible pour qu'on puisse tirer de
conclusions bien précises de cette légère différence. P. complète son
étude par l'introspection des sujets, d'où il tire quelques réflexions
générales. G. P.
578. — K. ZIETZ et H. WERNER. — Ueber die dynamische
Struktur der Bewegung (Sur la structure dynamique du mouvement).
— Z. f. Ps., CV, 1-4, 1927, p. 226-249.
L'idée théorique qui préside à ces recherches est que la perception
du mouvement n'est pas simplement celle d'un déplacement dans
l'espace et dans le temps, mais qu'elle comprend un élément dyna
mique spécifique. Dès lors, il se peut que certaines perceptions, audi
tives par exemple, puissent communiquer à la perception visuelle
d'objets immobiles un caractère de mouvement. On présente aux
sujets successivement, à quelque distance, deux objets différents
(comme une flèche et un point). Normalement cela ne suffit pas pour
donner l'impression de mouvement stroboscopique, cependant cer
tains sujets ont déjà une tendance à percevoir un mouvement quel
conque des deux objets ; cette tendance sera favorisée (ou créée
lorsqu'elle n'existe pas spontanément) par la perception auditive
d'un son qui coïncide avec l'apparition de chaque objet. Plus favo
rable encore sera la coïncidence d'un son avec l'un des deux objets
seulement, ou d'un temps fort avec le premier et d'un temps faible
avec le second ; au contraire des bruits irréguliers, arythmiques
gêneront la perception du mouvement. Un bruit semblable à celui
d'un tambour tend à prolonger le mouvement en lui donnant un
caractère de trépidation. D'ailleurs ce n'est pas seulement la mobilité
de l'objet qui est modifiée par la coïncidence du son, mais la clarté,
la netteté des contours, le relief : inversement la forme visible de
l'objet agit sur la nature du mouvement apparent, rotation sur lui-
même, glissement, etc. ; le point ne se meut pas comme la flèche.
Il y a des types individuels assez différents : des dynamiques et des
adynamiques ; ces variétés se retrouvent dans les modalités de la
perception et de l'imagination ; les premiers ont tendance à imaginer
les objets en mouvement, les seconds n'en sont guère capables. P. G.
579 — M.-N. SENGUPTA. — On Gestalt theory (Sur la théorie de
la Forme). — Ind. J. of Ps., II, 2, 1927, p. 59-73.
Exposé de la théorie, située vis-à-vis des doctrines des autres
écoles (Psychologie structurale, behaviorisme, etc.). L'auteur met en
lumière Jes services rendus au point de vue de la critique et des 528 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
données de fait déjà acquises, en même temps que des voies nouvelles
ouvertes à la recherche expérimentale. H. P.
580. — K. GOTTSGHALDT. — Ueber den Einfluss der Erfahrung
auf die Wahrnehmung von Figuren (Sur l'influence de V expé
rience sur la perception des figures). — Ps. Forsch., VIII, 3-4, 1927,
p. 261-317.
Soient deux figures géométriques a et b telles que a soit contenu
dans b (plus complexe) ; elle peut même y être répétée plusieurs fois.
Il n'est pas toujours facile de reconnaître la première dans la seconde ;
on la cherche, puis, tout d'un coup, on la voit. De quoi dépend cette
perception d'une forme ? On pourrait penser qu'on reconnaîtra
mieux des formes plus familières, dont la présentation aura été ré
pétée un grand nombre de fois avant celle de la figure complexe dans
laquelle elles sont contenues. Les expériences de G. montrent qu'il
n'en est rien.
Dans une première série, on présente plusieurs fois une figure a,
en demandant au sujet de bien la fixer dans sa mémoire, puis on lui
dit qu'on interrompt l'expérience pour présenter d'autres figures qui
seront à décrire dans la suite (b) et on lui demande de signaler aussitôt
ce qu'il pourrait remarquer à leur occasion. (Il y a 5 figures a et
31 figures b, chaque a étant contenu dans plusieurs b). Avec 3 pré
sentations de a, on a en moyenne 6 % de reconnaissances seulement.
Or avec 520 présentations de a, le résultat reste sensiblement- le
même : l'effet de l'expérience qui familiarise avec a est nul ; elle a
beau être connue, elle n'en reste pas moins masquée dans b.
Dans une seconde série, on prescrit au sujet de rechercher dans
les figures b les figures a. Le nonibre des reconnaissances s'élève alors
(avec 3 présentations préalables de a) à 30 % ; avec 540 présentations
de a, il reste sensiblement le même. Ainsi, tandis que l'imprégnation,
même massive,- n'a pas d'effet appréciable sur le résultat, l'instruc
tion spéciale donnée dans l'expérience, c'est-à-dire Yattitude mentale,
a un effet considérable.
On est conduit par là à étudier, indépendamment de la familiarité,
les facteurs formels qui rendent la reconnaissance d'une figure dans
une autre plus ou moins difficile : on peut mesurer cette difficulté,
ou la stabilité de la forme, par le temps nécessaire pour reconnaître
un a dans un b (en tenant compte d'autre part des effets de l'exercice
qui se font sentir d'une façon générale, à mesure que les expériences
progressent). Voici quelques lois de ce phénomène :
Les contours ont un caractère unilatéral ; ils peuvent le perdre
dans la nouvelle figure, soit qu'ils fassent partie du contour d'une
nouvelle figure, soit qu'ils appartiennent à des figures subordonnées ;
ainsi un contour saillant devient un contour rentrant, une ligne exté
rieure devient une ligne intérieure (par suite ils deviennent méconn
aissables). Des parties non symétriques dans a, appartiendront
quelquefois dans b à des figures ; des figures planes
prennent un relief apparent, etc. Les directions principales de a sont
modifiées, compensées dans b par le prolongement de lignes secon
daires différentes ; des lignes sans valeur sont accentuées par l'effet
fie hachures, de parallèles. Des points marquants de a (centre de sy» ET PERCEPTION. GENERALITES 529 SENSATION
métrie, de gravité, perdent ce caractère dans b) ; des lignes sont
incorporées à des ensembles caractéristiques. Des points caracté
ristiques deviennent « des égaux parmi des égaux » ; de même pour
des lignes ou figures secondaires. Des éléments sont mis en relation
les uns avec les autres ou au contraire isolés, etc.
Ces lois permettent aussi d'expliquer les fausses reconnaissances
par ressemblance générale de forme et de caractère des figures
secondaires. P. G.
58J.. — H. STRAUSZ. — Untersuchungen ueber das Erlöschen und
Hcr^usspringen von Gestalten (Recherches sur Vapparition ou la
disparition de formes), - — Ps. Fprsch., X, 1, 1927, p. 57-83.
Gomment apparaissent ou disparaissent des formes dans une
constellation donnée, régulière ou chaotique ?
On montre un dessin très confus formé d'un enchevêtrement de
lignes et on demande aux sujets ce qu'il représente à la première im
pression, puis s'il n'est pas possible d'y voir autre chose. L'impression
est très variable ; il existe une tendance à interpréter l'ensemble dans
son unité plutôt que les détails.
On présente ensuite un ensemble également chaotique, mais formé
seulement d'un grand nombre de lignes droites qui se coupent ; on
demande d'y découvrir une figure géométrique qui s'y répète plu
sieurs fois ; il y a cette fois une instruction qui limite l'interprétation,
il s'agit d'isoler une partie dans un tout non ordonné. Les sujets se
classent ici en deux types ; type à conception passive qui tend à
l'appréhension de l'ensemble, agrégeant qui. après l'échec de
l'interprétation spontanée, considère la figure morceau par morceau.
Le troisième problème consiste à reconnaître dans ^ensemble
chaptique une figure géométrique qui en fait partie et qu?on vient de
montrer au sujet : ici encore la perception primaire est celle de Pen-
semble chaotique dont la figure cherchée ne se dégage que par un
effort.
Les problèmes suivants présentent des ensembles réguliers.
Il s'agit de trouver combien de fois telle figure élémentaire s'y
retrouve ; on constate que la forme de l'ensemble réagit sur la per
ception des détails, masque ou rend apparente la présence de la figure
élémentaire. Ou bien on suit la procédure inverse ; on demande si un
certain nombre de figures complexes présentées simultanément ou
successivement, contiennent une figure élémentaire et quelle est cette
figure. Ici encore il y a deux méthodes : l'une consiste à considérer
l'ensemble des figures où se révèle un caractère dominateur qui
coïncide généralement avec l'élément commun ; l'autre consiste à
partir d'une des figures et à la rechercher dans les autres.
L'unité et la -symétrie peuvent être des causes suffisantes pour
masquer la présence de l'élément commun, malgré le voisinage
d'autres figures où il est au contraire très visible.
La reconnaissance d'un détail dans un ensemble discontinu est
lus facile que dans un ensemble continu, bien que l'influence de
l'ensemble agisse dans le même sens.
Si on part d'un ensemble où les détails sont d 'abord sommairement
jissés, puis complétés peu à peu, il vient un moment où certains
'année psychologique, xxviii. 34

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