Généralités. Symptomalologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. Thérapeutique. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 419-443

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 419-443
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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a) Généralités. Symptomalologie. Syndromes divers.
Caractérologie pathologique. Thérapeutique.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 419-443.
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a) Généralités. Symptomalologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. Thérapeutique. In: L'année psychologique.
1934 vol. 35. pp. 419-443.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5297PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 419
462. — N. KRYSGHOWA et W. ABOWJAN. — Zur Frage der
Heredität der Pseudohypertrophie Duehenne (Sur le problème
de V hérédité de la pseudohypertrophie de Duehenne). — Ar. f.
P. u. N., CI, 1933-1934, p. 421-426.
Il s'agit d'un cas où l'affection apparaît dans 4 générations
successives et où elle se transmet par des mères apparemment
bien portantes à des sujets de sexe masculin dans une proportion
de 7 : 6. Une mère examinée révèle des traits d'un état latent hétéro
zygote. L'étude de l'arbre généalogique de la pseudohypertrophie
du type Duehenne indiquerait ainsi qu'il faut admettre, suivant l'avis
de Dawidenkow, qu'on est en présence d'une hérédité récessive liée
au sexe. J. A.
463. — R. SAUDE K. — A British pair of identical twins reared
apart (Des jumeaux anglais élevés séparément). — Char, and Pers.,
III, 1, 1934, p. 17-39.
Les conclusions auxquelles un examen très complet de ce nouveau
cas de jumeaux élevés séparément a permis d'aboutir sont les
suivantes :
1) Les différents tests d'intelligence montrent une étroite simi
litude intellectuelle qui pourrait s'expliquer par le fait que ces 2 jeunes
gens de 20 ans sont d'un niveau intellectuel moyen assez fréquent ;
2) En ce qui concerne les tests de personnalité, les jumeaux diffè
rent assez nettement : l'un apparaît plutôt comme un extroverti
sociable, assez bien adapté ; l'autre au contraire est davantage un
introverti, moins bien adapté.
Néanmoins les différences des deux personnalités dans tous ces
tests (Rorschach, Pressey, etc.) est plutôt une différence de degré que
d'espèce qui tient non seulement à la nature des épreuves mais au
fait que ces jumeaux séparés lorsqu'ils avaient 1 mois furent réunis
et vécurent ensemble à partir de l'âge de 10 ans ;
3) Dans la mesure où l'analyse de l'écriture peut aider à l'analyse
générale de la personnalité émotionnelle du sujet, il faut reconnaître
que l'écriture des 2 jeunes gens ne présente à peu près aucune simi
litude.
Et dans l'ensemble l'observation de ce cas permet d'affirmer
qu'il y a entre ces jumeaux de plus grandes ressemblances d'intell
igence que de sensibilité. H. A.
5° Psychologie pathologique
a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers
Caractérologie pathologique. Thérapeutique1
464. — EMILIO MIRA Y LOPEZ. — Manual de Psiquiatria. —
In-8° de 750 pages. Barcelone, Salvat, 1935.
Professeur de Psychiatrie à l'Université de Barcelone, E. M. a
tenu à appuyer son enseignement d'un manuel qui, excellemment
rédigé, rendra les plus grands services.
1. Voir aussi les N08 52, 189, 429, 451, 455, 698, 1076, 1095, 1125. 420 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Extrêmement riche, étayé d'une bibliographie abondante, com
portant de précieux appendices, il se signale à l'attention par son
caractère d'inspiration essentiellement psychologique. Psychologue
et psychotechnicien, M. l'est en effet essentiellement, et c'est en
psycho-pathologiste averti qu'il aborde la clinique psychiatrique.
De la partie spéciale du manuel où sont envisagés Symptomat
ologie et diagnostic différentiel, pathogénie et prophylaxie, pronostic
et traitement des diverses affections mentales, nous avons peu de
chose à dire, sinon que l'auteur est parfaitement au courant de
l'état actuel des problèmes, et que sa classification comporte un
examen des oligophrénies (débilité, imbécillité, idiotie), des démences
d'origines diverses, des types généraux de personnalité psychopa-
thique et des psychonévroses (à forme hystérique, neurasthénique,
compulsive et anxieuse), des psychoses « réactives » (sourds, aveugles,
prisonniers, etc.) et traumatiques, des psychoses exotoxiques (alcoo
lisme, intoxications diverses et toxicomanies) et endotoxiques (dia
bète, urémie, perturbations endocriniennes) ou infectieuses, des psy
choses syphilitiques ou tuberculeuses, et épileptiques, enfin de la
grande triade : psychoses maniaco-dépressives, schizophréniques (dont
l'étude est particulièrement soignée) et « paraphréniques » ou para
noides.
C'est évidemment la partie générale qui intéressera tous les
psychologues, car, en plus de 250 pages, elle constitue — avec quel
ques données de pathologie toutefois ■ — un petit traité de psychologie
à l'usage des psychiatres, comportant quelques notions générales,
très claires, une étude du développement psychique de l'adulte civi
lisé avec ses fonctions d'adaptation et de compensation psychique,
et un examen des fonctions sensorielles et perceptives, mnémoniques
et intellectuelles, affectives, actives enfin.
La psychopathologie de l'activité délirante, rattachée aux fonc
tions intellectuelles et très justement distinguée des cadres nosogra-
phiques d'affections mentales, lui donne occasion de passer en revue
les formes si variées des délires (de persécution, d'influence, d'invent
ion, de revendication, d'autoaccusation, de négation, etc.). Et les
altérations de l'intelligence et du langage constituent un chapitre
spécial.
Les types somatiques sont envisagés à l'occasion de la classifica
tion de Kretschmer et des différents essais de typologie.
Dans toute cette étude psychologique, à côté des notions très
justes qui sont fournies au lecteur, celui-ci trouve des données pré
cieuses pour l'examen précis des fonctions, pour leur évaluation
expérimentale, leur mesure. Le technicien apparaît ici, heureusement
uni au clinicien.
Et, dans les appendices, on trouve, en détail, exposés le « psycho-
biogramme » de Kretschmer, le schéma d'examen de Lewis, le question
naire de Ballard, une épreuve en images de Decroly, la méthode
de psycho-diagnostic de Rorschach, le questionnaire résumé de
Thurstone et celui de Marston, modifié, les épreuves de Pressey-
Heuyer, etc.
En résumé, livre très documenté, qui sera précieux, d'excellente
inspiration et dont il faut très vivement féliciter l'auteur. H. P. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 421
465. — SANTE DE SANGTIS. — Psicologia e Psicopatologia (La
Psychologie et la Psychopathologie ). — Riv. di Psic, XXX, 1, 1934,
p. 1-12.
L'A. plaide la cause d'une collaboration étroite entre la psycholog
ie et la psychopathologie, car, dit-il, les méthodes d'investigation de
la psychologie moderne fournissent un apport très appréciable à la
psychopathologie lui aidant à déceler les dispositions, les tendances
héréditaires des individus. Le dualisme phénoménologique de la
recherche psychologique moderne, tant combattu par les adversaires
de cette collaboration, apparaît à S. comme une des sources les plus
fertiles pour l'étude des phénomènes pathologiques. Ce dualisme
n'entame en rien la conception unitaire de la personnalité somatique
et psychique. Au contraire, son intervention dans l'explication des
manifestations psychiques normales ou pathologiques aboutit dans le
domaine de l'application pratique (psychothérapie, par exemple) à
des résultats positifs incontestables. S. H.
466. — SANTE DE SANCTIS. — Vecchie questioni e nuovi pro-
grammi nel campo délia neuropsichiatria infantile (Vieilles
questions et nouveaux programmes dans le champ de la neuro
psychiatrie infantile). — Zeitschrift für Kinderpsychiatrie, I, 5,
1934, p. 133-141.
Après avoir déploré que les neuropsychiatres se désintéressent de
la classification des déficients, qui n'a fait aucun progrès depuis
30 ans, de la détermination de l'âge mental, et de l'examen attentif
des subnormaux et des surnormaux, l'auteur revient sur la question
de l'âge, souhaitant qu'on rapporte à l'âge chronologique, à côté de
l'âge morphologique et physiologique, non seulement l'âge mental,
mais l'âge moral et l'âge du tempérament et du caractère, ce qui
exige des méthodes cliniques, les tests se montrant insuffisants pour
l'analyse complète de la personnalité. H. P.
467. — M. TRAMER. — La Pedopsichiatria o Neuropsichiatria
infantile (La Pédopsychiatrie ou la Neuropsychiatrie infantile). - —
Riv. di Psic, XXX, 1, 1934, p. 30-35.
La prophylaxie mentale, si elle veut répondre entièrement à ce
qu'on attend d'elle, doit englober dans son champ d'étude la neuro
psychiatrie infantile (que l'A. propose d'appeler la « pédopsychiatrie »
— terme déjà proposé par de Sanctis). Il existe de nos jours une
vaste science qui s'occupe des problèmes touchant l'enfance et
l'adolescence, mais les cadres de médecins spécialisés dans cette
nouvelle branche de la médecine sont insuffisants. Le Congrès Inter
national de Pédiatrie (1930) a souligné dans ses vœux la nécessité de
la création de centres d'études, théoriques et pratiques, de psychologie
et de psychopathologie infantile et juvénile. Les pédiatres et les
médecins inspecteurs des écoles sont tout particulièrement indiqués
pour s'engager dans cette voie de spécialisation.
L'A. rappelle aux personnes qui s'intéressent au problème que
les recherches physiologiques et biologiques, les apports de la psy
chanalyse et de la psychologie individuelle, ainsi que tout dernière
ment de la refléxologie et du behaviorisme appliqués à l'étude du 422 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
jeune sujet, ne permettent plus de considérer ce dernier, qu'il soit
normal, anormal ou malade, comme un « adulte en miniature ».
L'enfant, l'adolescent doivent être l'objet d'une étude spéciale.
Celle-ci pour éviter toute déviation de son but doit porter une égale
attention sur le côté morphologique (somatique et neurologique) et
fonctionnel (physiologique et psychologique) du problème. L'A.
souligne, en outre l'importance du facteur « temps » dans l'évolution
de l'organisme et de la personnalité de l'enfant. Ce dernier facteur ne
doit jamais être perdu de vue par ceux qui travaillent dans le domaine
de la neuro-psychiatrie infantile. S. H.
468. — MILTON HARRINGTON. — A mechanistic view of the
problem Of mental disorder (Une conception mécaniste des troubles
mentaux). — Ps. Rev., XLI, 3, 1934, p. 284-299.
H. se propose d'exposer dans leurs lignes générales deux manières
opposées de concevoir la pathologie de l'esprit : on peut, en effet,
interpréter les formes morbides de la conduite du point de vue
finaliste en faisant appel à l'idée d'intention ou de but, ou bien
les considérer du point de vue mécaniste. En ce qui concerne la
première conception des formes anormales de la conduite, c'est la
psychanalyse qui en offre une expression caractéristique. Fondée
sur des concepts animistes de la vie mentale, la théorie psycha
nalytique proclame qu'il est possible de supprimer l'état patholo
gique en libérant l'inconscient des « motifs » qui sont la source
même de l'anomalie. Mais les psychanalystes n'ont jamais établi de
règles sûres de cette thérapeutique. Il n'y a pas trace dans leurs
écrits de principes d'une véritable hygiène mentale.
D'un autre côté, la conception mécaniste des phénomènes psycho
pathologiques s'appuie solidement sur les données de l'anatomie et
de la physiologie de l'organisme, tient un compte rigoureux de
l'hérédité et de l'éducation, envisage tous les changements qui se
produisent dans l'organisme à la suite de l'effort, de l'âge, etc., sans
négliger non plus l'action du milieu. Voilà pourquoi il faut penser que
seule une science des troubles mentaux fondée sur une théorie
mécaniste pourra aboutir à une thérapeutique efficace, et, ce qui
est non moins important, prévenir ces troubles par une hygiène
convenable. P. K.
469. — W. LINE. — Some psychological concepts related to a view
Of mental health (Quelques concepts psychologiques en rapport avec
une vue sur la santé mentale). ■ — Am. J. of P., XCI, juillet 1934,
p. 51-57.
L'A. distingue un comportement « allocentrique » qui s'oppose
au comportement « égocentrique », ce dernier conduisant directement
à des réactions psychopathologiques. Le premier mode de réaction
est caractérisé par la « satisfaction » (dans le sens social de réalisa
tion), le dernier par le « sentiment » qui équivaut à fuite, intériorisa
tion, repliement, retrait. Dans la mesure où l'activité de l'individu
est objective, son adaptation est coopérative, sociale, en un mot
saine. L'activité égocentrique est l'antithèse de tout cela. Cette
distinction rendrait possible la différenciation entre des individus PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 423
stables et des instables. Des réponses alertes aux stimulations objec
tives seraient une preuve de comportement objectif, partant stable ;
les oscillations dans ces réponses seraient des oscillations dans le
comportement objectif. Différentes réponses données aux tests à
des moments différents, révéleraient les cas pathologiques. Si ces
variations dans les réponses pouvaient être mesurées et évaluées
statistiquement, elles seraient peut-être un reflet de certains traits
pathologiques qui sont à la base de ces variations. L'A. promet de
présenter dans de prochains articles les résultats de ses recherches
concernant ces variables hypothétiques. J. A.
470. — G. VAN NESS DEARBORN. — The Criterion of Psychosis
(Le critère de la psychose). — J. of Abn. Ps., XXIX, 2, 1934,
p. 121-131.
Le psychiatre-psychologue de New- York voudrait un critère pour
le diagnostic des cas douteux, surtout depuis que l'idée d'une conti
nuité entre les psychonévroses et les psychoses est de plus en plus
acceptée. Il propose pour cet indispensable critère la détérioration
intellectuelle, qui signifie une réversion atavique à un type de com
portement et de vie plus primitif, et correspondrait à une descente,
pour le contrôle du comportement, du néopallium à l'archipallium et
plus bas. Un psychiatre compétent pourrait mesurer ce facteur d'une
façon simple et valable.
L'A. note plusieurs composantes de cette détérioration : Yaprosexie
(diminution de l'attention) ; la mnemasthénie (diminution de la
conservation et du rappel) ; le trouble des associations conceptuelles
en général conduisant à des généralisations plus nombreuses et
souvent erronées, pouvant aboutir à l'incohérence et à la démence ;
Yévasion causée par le désir d'échapper au contrôle ; les fausses
perceptions aboutissant aux hallucinations, etc. Les deux premiers
facteurs sont les plus évidents et les plus communs. J. F.-W.
471. — M. DESRUELLES, P. LÉGULIER et M. P. GARDIEN. —
Contribution à l'histoire des classifications psychiatriques. —
An. Med.-Ps., XIV, 92, 1, 1934, p. 637-675.
Les A. distinguent 5 époques, leur étude se limitant d'ailleurs
à la France :
1° Celle d'Esquirol et Parchappe : distinctions purement sympto-
matiques, monomanies et délire général ;
2° Celle de Morel : recherche de étiologiques ;
3° de Voisin et Luys : distinctions fondées sur l'anatomie
pathologique ;
4° Celle de Magnan : tentative de conciliation entre la clinique,
l'étiologie et l'anatomie pathologique ;
5° Celle de Kraepelin qui a fait école en France : étiologie et
évolution, larges systématisations : psychose périodique, démence
précoce, paranoïa. H. W.
472. — M. DESRUELLES. — Les classifications des maladies ment
ales dans l'enseignement contemporain. — An. Méd.-Ps., XIV,
92, II, 1934, p. 41-58.
L'A. passe en revue les classifications les plus usitées en France, •
424 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Belgique, Suisse, Italie et qui font appel à des considérations à la fois
psychologiques, étiologiques et anatomiques comme celle de Raviart,
symptomatiques et anatomiques comme celle de Hesnard, étiolo
giques et anatomiques comme celles de G. Ballet, Chaslin, Toulouse,
Régis, Claude, étiologique comme celle d'Euzière. H. W.
473. — D. E. GAMERON. — Mensuration in the Psychoses (La
mensuration dans les psychoses). ■ — Am. J. of P., XG, juillet 1933,
p. 152-169.
L'A. a étudié 6 cas de psychoses dépressives en leur appliquant
d'une part les méthodes directes suivantes : 1° observation clinique
selon le schéma de Kempf ; 2° des tests physiologiques (véronal et
thyroïdine) ; 3° des tests psychologiques, test des temps de réaction,
test d'attention distribuée de Enke et test d'épellation de mots
commençant par la même lettre (test de persévérance). Les méthodes
indirectes étaient : le poids, la température, le pouls avec la respira
tion et la pression sanguine. Il ne s'agissait pas d'examiner les effets
des drogues mais de rechercher les corrélations entre des données
différentes entre elles et la corrélation avec l'évaluation des malades
eux-mêmes de leur état de santé. G. a trouvé la meilleure corrélation
entre le niveau de l'effort mental (level of mentation) et les observa
tions sur la conduite du malade. Les tests indirects donnent des
corrélations moins nettes. Leur évaluation a d'ailleurs été difficile,
étant donnée l'influence possible des drogues et d'une amélioration
ou d'une aggravation de l'état des malades. La corrélation entre
différents tests et les évaluations des malades était la plus sujette
à caution. Si les améliorations rapportées par les observations des
psychiatres coïncidaient avec celles par les malades eux-
mêmes, les améliorations étaient constatées plus tard par ces malades
que par les psychiatres. Les corrélations entre le temps de réaction
et le test de persévérance sont insuffisantes pour qu'on puisse juger
s'ils évaluent la même chose.
L'auteur conclut qu'une synthèse de méthodes différentes d'inves
tigation peut nous fournir des données plus exactes sur les
troubles mentaux que ne le font chacune de ces méthodes prises
isolément. J. A.
474. — R. M. STOGDILL. — Neurosis as learned behaviour (Les
névroses envisagées comme un comportement acquis). ■ — Ps. Rev.,
XLI, 5, 1934, p. 497-507.
S. définit les névroses fonctionnelles : 1° comme une forme désor
ganisée ou émotionnelle du comportement (celui-ci étant jugé par le
degré d'adaptation au milieu social) ; 2° comme une réponse condition
née pour un stimulus lointain et inadéquat. Évidemment, toutes les
réponses désorganisées ou émotionnelles ne sauraient être considérées
comme névro-pathiques et de même tout comportement conditionné
pour un stimulus lointain ne peut pas être qualifié de pathologique.
On ne doit regarder une réponse comme morbide que lorsqu'elle se
produit dans une situation qui ne l'appelle pas ou qu'elle est exprimée
d'une manière inappropriée dans une situation qui exige une réaction
définie. D'autre part, ce que les psychanalystes interprètent comme PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 425
l'effet de refoulement peut être expliqué par un psychologue objectif
en invoquant ce fait qu'on apprend à ne pas parler de certaines
choses.
On peut se demander si cette définition n'est pas trop « compre
hensive » et avoir ainsi des doutes sur son utilité dans l'étude clinique
des formes innombrables du comportement morbide. P. K.
475. — J. LÉVY-VALENSI. — Mentalité primitive et psychopat
hologie. — An. Méd.-Ps., XIV, 92, I, 1934, p. 676-701.
Tanzi, examinant les différentes manifestations de la paranoïa.
dans laquelle il fait rentrer d'ailleurs plusieurs des formes qui ont été
rattachées depuis à la démence précoce, y voit l'équivalent d'activités
relatives à des époques déjà dépassées par l'humanité. Chaque époque
se survivrait en l'homme sous forme de couches stratifiées. Les plus
anciennes pourraient se substituer aux activités de l'époque présente
soit en reprenant une énergie propre, c'est ce qui se produit dans la
paranoïa, soit à la suite de maladies qui auraient pour conséquence
une érosion massive des couches les plus superficielles.
Cette théorie de la régression a été appliquée à la schizophrénie
par les allemands Schilder, Storch, Wilmann, etc.
Des analogies invoquées l'A. ne veut retenir que la ressemblance
mais non la transmission des caractères acquis. Avec cette restriction
la comparaison de l'aliéné et du primitif rend d'incontestables
services. H. W.
476. — A. L. EPSTEIN. — Studie über das onirische Bewusstsein
vom Standpunkte der pathologischen Psychologie und Physiologie
der Psychosen (Études sur la conscience onirique du point de vue
de la psychologie et de la physiologie pathologiques des psychoses ). — ■
Ar. Su. de Neur., XXXIV, 2, 1934, p. 219-229.
Reprenant la vieille question des analogies du rêve et de la folie,
l'auteur décrit des exemples dans les rêves de ce qu'il désigne comme
« apercepto-gnosie », trouble intéressant la connaissance perceptive,
et qui se traduit par. l'attribution à d'autres personnes que soi-
même de sensations (provoquées par des stimulations qui affectent
réellement le dormeur) ou d'idées (souvenirs, associations, etc.).
Or ce serait le syndrome (souvent décrit comme « automatisme »)
qui caractériserait les délires d'influence, de dépossession, etc., l'écho
de la pensée, et bien des manifestations hallucinatoires. H. P.
477. — DIDE et BARRÈRE. — L'instinct et les psychopathies.
Essai de psychopathogénèse. — An. Méd.-Ps., XIV, 92, II, 1934,
p. 1-15.
Deux grandes fonctions peuvent être, par leurs désordres, la
source des maladies mentales. En face de l'intelligence il faut en effet
dresser l'instinct. L'instinct est un élan à composantes euphorique et
pénible. Des troubles de l'instinct dépendent la folie maniaque-
dépressive, les délires systématisés, interprétatifs ou hallucinatoires,
les syndromes hébéphréniques ou catatoniques. Les défaillances
de l'instinct se traduisent par des sautes affectives, des troubles de
l'attention, la fuite ou la stagnation des idées, les interprétations 426 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
délirantes, les hallucinations perceptives ou psychomotrices, les
tendances aux néologismes, la modification des intuitions étendue-
durée, l'indifférence, l'inactivité, la suggestibilité, l'ambivalence, le
négativisme, etc. Lorsqu'il y a fléchissement simultané de l'intell
igence et de l'instinct seuls subsistent les automatismes : c'est la
démence. H. W.
478. — GROZET, DESCHAMPS et TH. SIMON. — Les à-côtés
du niveau mental. — An. Méd.-Ps., XIV, 92, II, 1934, p. 89-94.
L'examen purement clinique des aliénés doit se compléter par
l'examen au moyen de tests, sélectionnés parmi les plus significatifs
de façon à ne pas lasser la patience du sujet. Trois cas peuvent se
produire : ou bien les tests révèlent un déficit comme chez les arriérés
ou les déments ; ou bien ils déclenchent des activités parasites qui en
contrarient la solution ou qui s'y amalgament, ou enfin ils sont résolus
avec la plus parfaite exactitude notamment par des paranoïaques, des
alcooliques, des paranoides, des maniaques, des mélancoliques et
même des paralytiques généraux au début. Les situations qu'ils
représentent sont en effet très particulières et peuyent être de celles
auxquelles ce genre de malades est resté capable de s'adapter.
H. W.
479. — H. EY. — Brèves remarques historiques sur les rapports
des états psychopathiques avec le rêve et les états intermédiaires
au sommeil et à la veille. — An. Méd.-Ps., XIV, 92, II, 1934,
p. 101-110.
A la conception purement mécaniste s'est substituée une étude
fonctionnelle du sommeil et du rêve. Ils ne sont plus considérés comme
une simple abolition ou une simple dégradation de l'activité mentale.
Ils représentent une certaine forme de cette activité. Parallèlement,
en psychopathologie, les conceptions atomistique et mécaniste ten
dent à s'effacer devant une étude des psychoses qui y voit certaines
formes ou certains degrés d'activité mentale non sans rapport avec
le rêve. H. W.
480. — X. et P. ABÉLY. — L'internement des arriérés sociaux
(pervers constitutionnels). — An. Méd.-Ps., XIV, 92, I, 1934,
p. 157-183.
S'attachant à démontrer l'absurdité des mesures judiciaires et
pénitentiaires qui sont appliquées aux pervers constitutionnels,
les A. indiquent comment ils doivent être distingués, d'une part, des
pervers qui le sont devenus par influence de milieu ou par habitude
et d'autre part des cas de perversité qui peuvent s'observer en psycho
pathologie. La perversité se manifeste de façon beaucoup plus précoce
chez les pervers constitutionnels que chez les pervers d'habitude ;
elle semble répondre à un besoin qu'aucun procédé d'intimidation ne
peut empêcher de se manifester et ses manifestations sont sans
rapport avec les intérêts du sujet. Il y a, d'autre part, des états
pathologiques qui entraînent certaines réactions perverses bien déter
minées, sans que le sujet soit essentiellement un pervers.
H. W. PATHOLOGIQUE 427 PSYCHOLOGIE
481. — LEO KANNER. — The signification of the complaint factor
in child Psychiatry (La de la plainte en psychiatrie
infantile). — Am. J. of P., XG, juillet 1933, p. 171-182.
En s'inspirant des travaux d'Adolf Meyer, l'auteur trouve qu'on
peut classer plus rationnellement et plus commodément différents
cas de psychiatrie infantile en partant du facteur de la plainte des
parents ou de l'enfant, que si on partait des symptômes objectifs,
classification usuelle en psychiatrie infantile. Toute la variété des
plaintes est comprise dans 3 modèles principaux de réactions :
1) les difficultés de personnalité surgissant à la suite des séquelles de
maladies organiques ; 2) les difficultés qui sont l'expression des dispo
sitions partielles (des systèmes nerveux, musculaire, digestif, etc.) ;
3) les difficultés de qui sont la conséquence des troubles
de l'individualité tout entière (troubles ou insuffisances de l'intell
igence et de l'affectivité à proprement parler). J. A.
482. — W. MALAMUD. — Psychogenic motor Disturbances (Troubles
moteurs psychogènes). — Ar. of N., XXXII, 1934, p. 1173-1186.
L'auteur considère comme une des caractéristiques de l'attitude
actuelle la renonciation au dualisme classique du « fonctionnel » et
de 1' « organique » dans la conception de la genèse des troubles
moteurs.
Il expose 5 cas observés pour montrer la complexité de la genèse et
la diversité des mécanismes impliqués, avec intervention possible
d'une motivation consciente à côté de tendances inconscientes, du
jeu d'associations conditionnées précoces à côté de l'imitation et
de la suggestion. H. P.
483. — A. ZOLLIKER. — Die Kraepelin'sche Arbeitskurve und
ihre diagnostische Verwertbarkeit (La courbe de travail de Kraepe-
lin et son utilisation diagnostique). — Ar. Su. de Neur., XXXIII,
2, et XXXIV, 1, 1934, p. 299-320 et 143-151.
Après une revue des principaux travaux qui ont été consacrés à
la courbe du travail avec les cahiers de Kraepelin (additions de
chiffres continues par colonnes), Z. relate ses recherches sur des
malades de la clinique psychiatrique de Zurich.
Il a examiné, pour 309 cas de travail d'une heure avec rendement
noté de minute en minute, le rendement total (normalement 1.600 à
3.500 dans l'heure), la variabilité fluctuante exprimée par la longueur
de la courbe suivant ces fluctuations (valeur normale ne dépassant
pas 160 à 200), le nombre des erreurs (moindre de 1 % normalement),
la valeur et la durée de l'entraînement (relation du rendement max
imum avec le rendement initial des 10 premières minutes et moment
de ce maximum), etc.
Dans les psychoses organiques (traumatismes ou atteintes orga
niques du cerveau) le rendement est diminué, les erreurs accrues
(547 en moyenne), les fluctuations faibles (longueur de courbe de 149),
l'entraînement très peu marqué et la baisse de rendement rapide ;
dans la débilité mentale, il y a aussi diminution du (1127
en moyenne) et des fluctuations (longueur de 134), augmentation des
erreurs, entraînement normal ; dans les psychopathies constitution-

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