Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 426-441

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 426-441
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers.
Caractérologie pathologique
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 426-441.
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp.
426-441.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6444426 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
RRL (ou LLR) si les activités bi-manuelles sont partagées, selon leur
difficulté, entre les deux mains. On examine aussi la prédominance de
l'oeil droit ou gauche, la manière dont l'individu croise les mains
(pouce ou gauche en dessus), ainsi quelles types d'empreintes
digitales. On cherche la fréquence des différents de ces phéno
mènes chez les blancs et chez les Indiens, en tenant compte des diff
érences de sexe et même de la supériorité intellectuelle. Travail confus,,
dont il est bien difficile de dégager quelque chose. P. G.
5° Psychologie Pathologique
a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers
Caractérologie pathologique
342. — K. JASPERS. — Psychopathologie générale. Traduction
KASTLER et MENDOUSSË. — In- 8° de 632 pages. Paris,
Alcan, 1928. Prix : 65 francs.
Le gros livre de Jaspers, professeur de philosophie à l'Université
de Heidelberg, a paru en 1913, avec rééditions en 1919 et 1922.
L'auteur, qui déclare, dans la page consacrée à la psychiatrie
française, à la fin de son appendice historique, que le défaut d'esprit
critique, qui permet aux Français de réaliser rapidement de vastes
points de vue littéraires mais laisse toujours inachevées leurs œuvres
scientifiques — jugement qui ne laisse pas d'étonner quand on con
naît les tendances métaphysiques de l'esprit germanique — affirme
effectivement son antipathie pour les théories et les systèmes.
De fait il a surtout pratiqué, dans un esprit méthodologique,
une sorte de revue générale, de divers p ints de vue successifs-
Pourquoi envisage-t-il la psychopathologie, alors que la notion
de maladie n'est fondée, nous dit-il, que sur un jugement de valeur ?
Parce que l'auteur a voulu fournir au psychiatre les données psycho
logiques qui lui sont nécessaires, alors que « la psychologie officielle
de nos jours s'occupe trop exclusivement de phénomènes élémentaires
qui ne sont presque jamais troublés dans les vraies maladies ment
ales », alors que « le psychiatre a besoin d'une psychologie à l'hori
zon plus large », qui s'est constituée par la réflexion humaine pendant
des milliers d'années.
La psychopathologie se caractériserait ainsi par son objet, repré
senté par « les phénomènes psy hiques réels », ce qui ne laisse pas-
d'être une définition assez singulière. (L'expression de psychologie
clinique aurait sans doute convenu davantage que celle de psycho -
pathologie, pour ce grand traité rédigé par un philosophe).
Les principales divisions de l'ouvrage sont les suivantes : La
phénoménologie, consacrée aux phénomènes subjectifs de la vie psy
chique morbide (conscience des objets et du moi, sentiments et états- PATHOLOGIQUE 427 PSYCHOLOGY
affectifs, instincts et volonté ; attention, état de la conscience, vie psy
chique interpénétrable ou naturelle et non interprénétrable ou schi-
zophrénique). La psychopathologie objective consacrée aux manifes
tations extérieures de la vie mentale (troubles de la perception,
des associations, de la mémoire, de la motricité, du langage ; symp
tômes matériels accompagnant les troubles mentaux). La psychol
ogie de l'expression (physiognomonie, mimique, écriture, langage,
productions littéraire ;, dessins, productions artistiques, actes et
organisation de vie). Psychopathologie « comprehensive » (qui im
plique une compréhension génétique fondée sur l'interpénétration
psychologique, sur l'Einfühlung tout-à-fait subjective,) et psychopat
hologie explicative (recherchant des liaisons objectives de cause à
effet). Examen de la vie psychique dans son ensemble (Intelligence
et personnalité). Synthèses morbides (revue des principaux syn
dromes). Relations sociologiques de la vie psychique anormale.
Il y a une assez large documentation dans ce traité qui ne paraît
pas de nature à exercer une bien grande influence sur la psychologie
ni sur la psychiatrie française. H. P.
343. — E. KRETSCHMER. — Manuel théorique et pratique de
psychologie médicale. Traduction de S. JANKÉLÉVITCH. — In-8°
de 488 pages. Paris, Payot, 1927. Prix : 30 francs.
Le manuel du professeur de psychiatrie de l'Université de Mar-
1 burg, qui est un des psychiatres contemporains les plus originaux
et les plus réputés, en est à sa 3e édition allemande, et l'auteur s'est
tenu très au courant du mouvement psychologique de langue all
emande.
L'esprit même de ce manuel est intéressant; dans la mesure où
il sépare de la psychiatrie proprement dite, de l'étude clinique des
psychoses, une psychologie médicale, qui ne se confond pas avec la
psychopathologie, mais qui comprend aussi bien le normal que le
pathologique entre lesquels il n'y a pas de démarcation nette, et
qui prétend être « une psychologie née de la pratique médicale et
susceptible de satisfaire les besoins pratiques de la profession médic
ale », psychologie d'esprit scientifique mais distincte aussi bien de la
psychologie expérimentale que de la psychotechnique, psychologie
concrète mais imprégnée de dynamique, et en somme très théorique,
très constructive. Et les constructions psychologiques de l'auteur ont
eu un succès réel et une incontestable influence en psychiatrie.
La première partie du livre est consacrée aux principales fonc
tions psychiques et à leur substratum anatomo-physiologique (sen
sations, mémoire et association, fonctions psychomotrices et fonc
tions centrales). K. se rattache, tout au moins à titre
d'hypothèse ayant valeur heuristique, à un vitalisme animiste qui
permet d'éviter le problème des relations de l'organique et du psy
chique, mais en faisant appel à la conscience, pour distinguer le « psy
chique » du « psychoïde », la conscience qui exigerait l'intervention,
soit de certains systèmes corticaux, soit de l'écorce cérébrale dans son
ensemble.
La deuxième partie traite de la fonction phylogénique des appar
eils psychiques (évolution des processus de reproduction et d'exprès- 428 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sion et de l'affectivité), avec examen des mécanismes « hyponoïques »,
tels que le rêve, l'hypnose, et « hypobouliques » tels que le négati
visme, la crise d'hystérie, la troisième des instincts et des tempéra
ments (avec la grande distinction de l'auteur, conforme aux vues de
Bleuler, des cyclothymiques et des schizothymiques), et la qua
trième des personnalités et des « réactions-types » (intelligence, expé
rience interne, réactions explosives, hypobouliques ou hyponoïques,
refoulement, sthénie et asthénie, désirs et autisme).
Enfin une cinquième partie est traitée au point de vue pratique,
«t comporte des chapitres sur l'expertise et la psychologie du témoi
gnage (avec un schéma d'examen médico-légal, un exposé des mé
thodes expérimentales, en particulier pour l'examen de l'intelligence,
et l'indication du « psycho-biogramme » établi par l'auteur), et sur
la psychothérapie (méthodes de suggestion, « psychagogie » avec
les procédés de persuasion, de rééducation, d'isolement, de repos, et
méthodes psychanalytiques).
Ce volume est intéressant à lire pour les psychologues français qui
connaîtront un des aspects les plus caractérisés de la pensée germa
nique actuelle. H. P.
344. — M. KOBYLINSKY et G. VIDONI. — La costituzione in
Psichiatria [La constitution en psychiatrie). — • Riv. sp. di Fr., L,
3-4, 1927, p. 355-398.
Dansleur rapport au XVIIecongrès de la«Società Freniatrica Ita-
lianà» les A. insistent sur le retour de la psychiatrie aux idées dont
Morel est l'initiateur : découvrir dans la maladie mentale la consti
tution somato-psychique qui lui répond et qui l'explique.
Mais la difficulté est d'abord de définir le mot « constitution ».
Son sens a beaucoup varié. L'école italienne qui part de Giovanni
et que représentent Viola et Pende y combine au point de vue ana-
tomique et au point de vue fonctionnel une notion de potentialité.
Il ne s'agit pas en effet d'une simple somme de caractères mais
essentiellement d'une corrélation entre tous, en rapport avec la do
minante du type.
Cette dominante quelle en est l'origine ? Les uns la cherchent dans
l'hérédité, d'autres, comme Sigaud et Mac Auliffe, attribuent l'i
nfluence déterminante à l'ambiance, par l'intermédiaire des surfaces
qui mettent le sujet en rapport avec elle et qui se ramènent à quatre
fondamentales : la digeslive, la respiratoire, la musculaire et la céré
brale.
Une distinction des plus utile est celle qui a été faite par Kahn
entre le génotype et le phénotype de chaque individu. Le phénotype
c'est la réalisation apparente, telle qu'elle résulte à la fois de son hé
rédité et de l'ambiance. Le génotype c'est l'ensemble des facteurs
génétiques dont l'existence peut être reconnue aussi bien chez ses
ascendants que chez ses descendants ; c'est l'exposant de sa cons
titution fondamentale ; c'est son hérédité. De l'ambiance, dont les
influences diverses ont été groupées sous le nom de constellation, il
faut détacher l'hérédité sociale qui se transmet par l'éducation.
Selon ce principe, Necchi divise les enfants anormaux en cérébro-
pathiques, dont seul le phénotype est atteint et qui ne présentent PATHOLOGIQUE 429" PSYCHOLOGIE
que des paravariations ; et en biopathiques qui présentent des idio-
variations. Mais la cérébropathie répondant souvent à des prédisposi
tions morbides, toute une part des cérébropathes se trouve réabsorbée
par le groupe des biopathiques.
Il peut être pratiquement très difficile de distinguer entre l'i
nfluence de l'ambiance et celle de l'hérédité ; l'examen des ascendants,,
des collatéraux peut y pourvoir, également le fait qu'en dépit d'un
entourage honnête dès ses premières années, un enfant de criminel
manifesterait, l'âge venu, ses mauvais instincts.
L'étude des corrélations somato-psychiques a inspiré entre autres
les théories de Kretschmer. Il a trouvé que certains types physiques
correspondaient à sa grande division des individus normaux en deux
groupes, qui répondent respectivement aux deux principales caté
gories d'aliénés, cyclothymiques et schizophrènes. A l'état normal se
rencontrent des individus dont la constitution psychique est cycloïde
et la constitution physique pycnoïde.
Dans la classe opposée se rencontrent les schizothymes qui peuvent
se présenter sous trois types physiques : l'asthénique, l'athlétique
ou le dysplastique, qui est en rapport avec des troubles endocriniens.
Le cycloïde se caractérise par sa syntonie avec l'ambiance, le schizo-
thyme par son autisme. L'hérédité peut associer ces deux constitutions
chez le même individu. Leurs manifestations peuvent soit se succéder
avec les âges de la vie, soit se modifier réciproquement. Dans des
affections accidentelles, et qui leur sont étrangères, comme la paral
ysie générale, elles donnent un aspect différent aux manifestations :
aspect démentiel pour la constitution schizothymique,
dépressives ou expansives pour la constitution cycloïde. De même les
effets de l'alcoolisme peuvent être influencés par l'une et par l'autre.
Le; deux constitutions cycloïde et schizo thyme, si larges qu'en
soient les cadres, en admettent sans doute d'autres à leurs côtés,
en particulier la constitution épileptoïde, à laquelle doivent répondre
au moins deux types morphologiques. H. W.
345. — F. I. WERTHEIMER et FLORENCE E. HESKETH. —
Observations and remarks on the physical constitution of female
psychiatrie patients [Observations et remarques sur la constitution
physique de malades mentales du sexe féminin). — Am. J. of I., VI,
3, 1927, p. 499-506.
Etude anthropologique de 31 femmes prises au hasard à la cl
inique Henry Phipps, avec application du même indice que chez les
sujets masculins déjà étudiés :
Longueur de la jambe (en cm ) x 1(i3
Diamètre thorac que transverse xdiam. th. sagittal x hauteur du tronc
Ce rapport, multiplié par 100, varie, chez les 31 femmes, de 247 .à
407 (et, chez 65 hommes, de 153 à 337). Les indices extrêmes sont,
pour le type pyenique (4 cas) de 247 à 312, et, pour le type asthé-
nique (7 cas), de 346 à 407. Sur les indices l'âge ne paraît pas avoir
d'influence. Il y aurait donc une relation assez nette entre les types
morphologiques de Kretschmer et l'indice adopté. 430 ANALYSES BIIJLIOCIUPHIQÜES
Mais les types caractéristiques sont plus difficiles à mettre en évi
dence chez les femmes que chez les hommes, en particulier à cause
du rôle perturbateur de la graisse Les auteurs ont mis en évidence
l'existence de types « lipodystrophiques » chez lesquels l'accumulat
ion de graisse se produit, soit dans la région inférieure du corps, soit
dans la région supérieure, exclusivement.
Au point de vue des affections mentales en rapport avec les consti
tutions, le petit nombre de cas ne permet guère de conclusions.
A noter que sur les 5 schizophrènes il n'y avait pas de type pyc-
nique, et que les 11 cas dysplastiques (d'après les poils, les propor
tions du corps) ne comprenaient aucun des cas (6) de psychose ma
niaque dépressive. H. P.
346. — F. I. WERTHEIMER. — Les facteurs constitutionnels, leur
valeur révélatrice dans l'analyse des troubles du comportement. —
Enc, XXII, 6, 1927, p. 457-463.
L'A. souligne l'intérêt des tentatives comme celle de Kretschmer :
établir, sous forme de types distincts entre eux, la coïncidence entre
certains caractères morphologiques, psychiques et psychopatholog
iques. Il accepte les deux grandes classes ainsi constituées des schi
zoides et des cycloïdes ; mais il propose de leur donner la dénominat
ion plus neutre de types idiotropique et syntropique. H. W.
347. — L. DUGAS. — Là psychologie pathologique. — J. de Ps.,
XXIV, 2, 1927, p. 99-112.
Les faits pathologiques sont non moins réels que les faits normaux
■et aident à les comprendre ; leur étude ou psychologie pathologique
est indispensable à la psychologie. Elle a pour fondement le principe
de l'identité foncière du normal et du pathologique. Ce
formulé par Broussais', A. Comte, Cl. Bernard, a été spécialement uti
lisé par Ribot. La maladie est une expérimentation réalisée par la
nature et qui joue le double rôle de loupe et de scalpel. Elle montre
non seulement les variations des fonctions en hyper et en hypo, mais
aussi leurs déviations en para. L'étude de ces déviations peut être
utilisée comme procédé d'analyse (Ribot) ou de synthèse (Janet),
les deux méthodes se complétant réciproquement. Même en acceptant
la négation par Delmas, Boll et Blondel, du principe ou plus exacte
ment postulat de Broussais, le pathologique a ses lois et par suite
est objet de science. La psychologie présente le plus
grand intérêt pratique. Le conceptde maladie est très obscur ; il faut
tenir compte à la fois de la nature et du degré de la modification de la
fonction, et surtout du retentissement du trouble de cette fonction
sur l'ensemble des autres. L'état psychologique morbide est donc très
fréquent et se attache au normal par les transitions les plus variées.
G.-H. L.
343. — HENRY A. BUNKER. — Psychiatrie etymology (Etymologie
psychiatrique). — km. J. of L, VII, 1, 1927, p. 37-76.
L'auteur relève les origines variées des mots de la terminologie
psychiatrique dans la langue anglaise qui est, dit»il, « un pot pourri
■d'une demi-douzaine de langues étrangères», et il donne l'étymologie PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 431
détaillée, latine, ou grecque, parfois française, souvent german
ique, de ces termes, entre autres : affect ; ambivalency ; amnesia ;
anxiety ; apathy ; apprehension ; automatisme ; brain ; catalepsy ;
catatonia ; character ; complex ; compulsion ; confabulation ; cons
cious ; cyclothymia ; delinquency ; delirium ; delusion ; dementia ;
depression ; détérioration ; désorientation ; dissociation ; dream ;
ego ; émotion ; epilepsy ; erotism ; euphoria ; fantasy ; hallucina
tion ; hebephrenie ; hypnagogic ; hypnotic ; hypochond ia ; hysteria ;
idea ; idiot ; imago ; imbécile ; insanity ; libido ; lunatic ; mania ;
masochism ; melancholia ; memory ; mental ; mind ; moron ; nar
colepsy ; negativism ; neurosis ; obsession ; paranoia ; perseve-
ration ; phobia ; psychopathy ; psychosis ; rationalize ; regression ;
repression ; sadism ; schizophrenia ; stere typy ; stupor ; subl
imate ; suggestion ; symbol ; syntonic ; unconscious. H. P.
349. — A. HESNARD. — Les syndromes névropathiques. — In-8°
de 247 p. Paris, Doin, 1927. Prix : 40 francs.
Gomme le fait remarquer, dans sa préface, le Prof. Claude, l'auteur
a présenté de façon réellement originale l'ensemble des syndromes
qualifiés de « névropathiques », il l'a fait en psychologue et en cl
inicien à la fois, substituant à la notion de maladie définie celle de
l'ensemble coordonné de symptômes « traduisant la souffrance
consciente de l'appareil neuropsychique émotionnel, de la machine
nerveuse à vibrer affectivement, à jouir et à souffrir. »
La définition générale (p. 12) est la suivante :
« Les névroses sont des affections générales caractérisées par : 1°
des symptômes psychiques, de nature plus ou moins apparemment
constitutionnelle, et tirés de l'analyse de la vie affective, mais dont le
malade garde suffisamment conscience pour en reconnaître l'origine
morbide en lui-même ; et 2° des symptômes physiques, consistant
«n un retehtissement corporel spécifique de ces mêmes perturbations
de la vie affective, non seulement sur l'équilibre général de la santé,
mais spécialement sur les fonctions nerveuses d'expression extérieure
ou d'expression intérieure des émotions ».
Il passe en revue successivement, comme suffisamment différen
ciés malgré de multiples éléments communs justifant leur unité gé
nérale, les syndromes neurasthéniques et psychasthéniques, les syn
dromes anxieux, les syndromes d'obsession reliés aux précédents
par certaine; phobies), enfin les syndromes hystériques et pithia-
tiques plus souvent isolés.
Le livre, bien présenté, est aussi, comme on peut s'y attendre,
étant donné l'auteur, écrit avec un réel souci de l'élégance du style.
H. P.
350. — TRIGANT BURROW. — The need of an analytic psychiatry
(La nécessité d'une psychiatrie analytique). — Am. J. of I., VI, 3,
1927, p. 485-492.
La psychiatrie analytique qui constituera une investigation scie
ntifiquement contrôlée relative à la vie humaine, par une méthode bio
logique, doit unir une vaste discipline sociologique avec les r
echerches plus étroites d'analyse individuelle. Le côté 'sociologique 432 ANALYSKS BIBLIOGRAPHIQUES
comprend ce qui peut entraîner un consensus universel, lequel fait
défaut dans la psychanalyse qui représente le point de vue complé
mentaire dans la psychiatrie ainsi conçue. H. P.
351. — H. POLLOCK.— Progress and Present Status of Statistics
of Mental Diseases {Progrès et état actuel des statistiques des maladies
mentales). — Ment. Hyg., XI, 1, 1927, p, 156-161.
C'est en 1850 que les Etats-Unis ont pour la première fois entrepris
le recensement des aliénés. Depuis, des progrès considérables ont été
réalisés. Actuellement, grâce aux efforts de la Ligue d'Hygiène ment
ale et de l'Association Médico-psychologique, le classement des ma
lades mentaux par catégories morbides a été unifié ; les statistiques
fournissent des données plus détaillées (distinction des premières
admissions et des réadmissions, renseignements sur les malades ex
ternes, etc.) ; le Federal Census Bureau se propose d'organiser chaque
année un recensement complet. D. W.
352. — A. ADLER. — Individual Psychology {Psychologie indivi
duelle). — J. of Abn. Ps., XXII, 2, 1927, p. 116-122.
Les enfants nés handicapés physiquement, les enfants gâtés, les
enfants privés d'affection, développent un sentiment d'infériorité
(base fréquente de névroses ou de dispositions criminelles) qui est
amendable par un double traitement : Ie contracter une intime ca
maraderie avec un individu digne de la plus absolue confiance ; 2°
développer le sentiment d'expansion sociale. Le rôle de l'école devrait,
dans certains cas, se substituer à celui de la famille. M. L.
353. — H. A AI KINS. — Woman ant the masculine protest [La
femme et la « revendication masculine »), J. of Abn. Ps., XXII, 3,
1927, p. 259-272.
Selon la conception d'Adler, la honte qu'éprouve l'individu eff
éminé à ne pas avoir une apparence mâle, se retrouve chez la femme,
qui se sentirait, depuis l'enfance, un homme raté, ce sentiment se
retrouvant sous forme de complexe d'infériorité chez à peu près toutes
les femmes. L'enquête de l'auteur poursuivie auprès de 18 sujets,
qui ont fourni des analyses très détaillées de leur cas, tend à prouver
que ce sentiment d'infériorité fréquent chez les femmes — il l'est
aussi chez les hommes — repose sur une grande variété de causes, im
médiatement familiales ou sociales (race, nationalité, couleur, classe).
Il tend généralement à s'amender au sortir de l'adolescence. On peut
le combattre en surveillant le développement physique (surtout en
docrinien et vaso-moteur) et en modifiant l'entourage immédiat qui
peut impliquer des facteurs risquant d'activer cette disposition.
M. L.
354. — T. S. GOOD. — An attempt to investigate and treat psycho-
neuroses and psychoses at an outpatient Clinic [Un essai d'étude
et de traitement des psychonévroses au dispensaire). — Br. J. of
Med. Ps., VII, 1, 1927, p. 36-72.
L'exposé de l'auteur, que suit une ardente discussion, consiste à
décrire l'avantage rencontré par lui à Iraiter des nerveux en dehors de Psychologie Pathologique 433
l 'asile. Il distingue : 1° les cas soi-disant fonctionnels ; 2° les cas
dus à une origine toxique ; 3° les cas relevant de déchéances orga
niques caractérisées.
Ces cas relèvent d'une part d'un traitement général purement phy
sique qui se double, d'autre part, d'une psychothérapie (suggestion,
explication, persuasion), assez fortement inspirée des principes freu
diens. Les résultats satisfaisants que l'auteur estime avoir obtenus
sont âprement contestés au cours d'une discussion consécutive au
cours de laquelle le Dr. Mapother, en particulier, revendique vigou
reusement le traitement exclusif dans l'asile. M. L.
355. — L. DUPUIS. — L'autoritarisme comme aboulie sociale. —
J. de Ps., XXIV, 8, 1927, p. 731-746.
L'aboulie sociale est une forme delà psychasthénie, l'impcssibilité
d'élever suffisamment la tension mentale pour réaliser une conduite
adaptée aux changements du milieu humain, L'autoritarisme, du
moins au degré pathologique, est une forme de cette aboulie.
Par opposition aux cas où le besoin de contrôler l'activité d'autrui
résulte d'une autre tendance, comme le scrupule ou la recherche
des excitations dynamogéniques, l'autoritarisme essentiel est une
intolérance immédiate pour la spontanéité d'autrui, que le sujet r
edoute soit pour les obligations d'action future dont elle le menace,
soit pour le trouble qu'elle apporte à son action présente. L'impuls
ion autoritaire rentre dans la classe plus générale des faits d'irrita
bilité. L'irritable développe une réaction destructive contre les
circonstances qui, en lui réclamant un supplément d'énergie, lui font
sentir douloureusement son épuisement. La sécheresse motrice de
l'irritable devient chez l'autoritaire sécheresse affective ; aussi ne
peut-il supporter les expressions de la gaieté ou de la joie d'autrui.
Trois autres stigmates de l'autoritaire, le méthodisme, l'ascétisme
et l'avarice, sont également des manifestations de sa déficience et des
moyens d'en rendre moins douloureux le sentiment. D'autres fac
teurs peuvent intervenir pour accroître l 'impulsion autoritaire, en
particulier l'hyperesthésie de la personnalité, qui se manifeste par
l'intolérance pour la contradiction. Sans aller jusqu'à l'égoïsme hy
pocondriaque et à la méchanceté qui en sont le prolongement, l'att
itude inhibitive de l'autoritaire à l'égard d'autrui est une dérivation,
un substitut du relèvement de tension qui eût été nécessaire pour
supporter les dissidences et l'expansion des autres vies affectives.
G.-H. L.
356. — G. G. DE CLÉRAMBAULT. — Syndrome mécanique et
conception mécaniciste des psychoses hallucinatoires. — An. Méd.
ps., LXXXV, 5 Dec. 1927, p. 398-413.
Faisant en un raccourci puissant le tableau du syndrome, qu'il
avait provisoirement appelé « d'automatisme mental » et qu'il pro
pose de dénommer syndrome « d'écho » ou de « dissidence » ou plus
simplement syndrome S, Cl. indique que, s'il peut se rencontrer
dans toutes les psychoses, il forme la base ou le noyau du délire
hallucinatoire chronique, et que, passager ou durable, il est toujours,
d'origine organique.
i,'ANKÉE PSYCHOLOGIQUE. XXVIII. 28 434 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Contre l'origine psychique du syndrome ses arguments sont
solides et souvent décisifs. Le syndrome n'est pas d'origine délirante
puisqu'il existe souvent sans délire ; le délire vient ultérieurement à
titre d'explication, ou bien leur cause est commune, ou bien il y a
simple association.
Le syndrome n'est pas l'effet d'une méfiance constitutionnelle,
puisque souvent, à ses débuts du moins, l'état affectif qui l'accom
pagne est neutre ou même euphorique. Il ne traduit pas une cénes-
thésie devenue étrange, puisque l'exclusion porte seulement sur une
idée isolée et non pervertie. Loin de pouvoir être ramené à un état de
dépersonnalisation, il tend à disparaître, quand elle s'aggrave. Le
caractère étrange de l'idée n'y est non plus pour rien, puisque la
même idée est à la fois acceptée comme sienne et attribuée à autrui.
A partir du phénomène d'écho, qui est élémentaire et primitif, se
développe une abondance plus ou moins grande de variantes, d'addi
tions, de commentaires. Il y a également, dans l'écho, tendance à
descendre vers les régions les plus basses, les plus vulgaires, les plus
animales, en vertu d'une loi qui est propre à tous les automatismes.
Les sélections qu'il fait parmi les agrégats idéo -affectifs sont toujours
péjoratives. Par suite de ce développement en quelque sorte méca
nique, il donne lieu nécessairement à des idées de persécution, qui
s'aggravent du fait qu'il y a violation du moi par l'écho. Mais le choix,
qui ne peut évidemment porter que sur le matériel psychique fourni
par le sujet, n'est aucunement dirigé par des prédominances affec
tives. Bien plutôt répondrait-il à des différences chronologiques entre
les états qu'il active, de la même façon que, suivant la loi de Ribot,
ce sont les souvenirs les plus anciens qui sont les plus résistants. Ou
bien, comme dans l'émotion, il y a attirance réciproque par tout ce qui
est de même intensité, quelles que soient les différences qualitatives.
Intégrée dans le syndrome, l'impression la plus futile peut devenir
énorme ou grotesque. C'est la psychose qui s'impose à l'individu et
non l'individu qui s'exprime dans la psychose, de même que des
hallucinations ou un délire toxiques tiennent leurs caractères de
l'agent toxique et non du psychisme propre à l'intoxiqué. Même si la
psychose paraît développer un trait de caractère antérieurement
manifesté par le malade, il ne faut pas en conclure qu'elle est la simple
conséquence de son hypertrophie. Autant dire, remarque spirituell
ement Gl., que le paralytique général a toujours été ambitieux et qu'il
en est mort.
Il faut reconnaître une très grande force aux raisons d'où Cl. déduit
que le syndrome S est d'origine organique. Evidemment ses antici
pations sur le genre de lésions et de mécanismes qui peuvent le causer
demeurent hypothétiques et somme toute assez vagues. Si ellesn'étaient
pas avant tout des hypothèses de recherche, et à ce titre utiles, elles
présenteraient même l'inconvénient de traduire en langage anato-
mique, donc spatial, des notions obtenues par la simple observation
clinique ou par l'analyse psychologique, ce qui entraîne par contre
coup une représentation atomistique de l'esprit, comme celle qui ä
longtemps prévalu par exemple dans l'explication de l'aphasie et
dont les physiologistes, les anatomistes eux-mêmes ont été les premiers
à dénoncer enfin les inconséquences.

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