Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. Thérapeutique. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 436-453

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 436-453
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers.
Caractérologie pathologique. Thérapeutique.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 436-453.
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. Thérapeutique. In: L'année psychologique.
1928 vol. 29. pp. 436-453.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1928_num_29_1_4842436 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
406. — R. H. WILLOUGHBY. — The survival of intelligence [La-
survivance et V intelligence). ■ — Pr. of N. Ac. of Sc, XIV, II, 1928,
p. 892-894.
Etude comparée du nombre des descendants survivants des
4 grands-parents parmi les collatéraux de professeurs de faculté,
d'étudiants divers et de personnes quelconques (infirmières surtout)
de Worcester. Aucune variation systématique n'est apparue.
En ce qui concerne la fécondité, on trouve avec le niveau d'intell
igence une corrélation négative (environ — 0,30). H. P.
5° Psychologie Pathologique
a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie
pathologique. Thérapeutique
407. — CH. BLONDEL. — La conscience morbide. Essai de psycho-
pathologie générale . — 2e édition, in-8, Paris, Alcan, 1928.
La conscience morbide date de 1914. Elle venait de paraître depuis-
quelques mois, quand survint la guerre, qui a forcément ralenti sa
diffusion. Pourtant il est récemment devenu nécessaire d'en donner
une seconde édition. En effet les idées de Ch. Blondel ont progressiv
ement pénétré dans les milieux médicaux et philosophiques. Lui-même,
par des publications nouvelles, par des articles, par les chapitres qu'il
a écrits dans le Traité de Psychologie de Dumas, par son Introduction
à la psychologie collective, il les a développées, il a montré, en les appl
iquant à différents problèmes, le point de vue qu'elles inaugurent en
psychologie.
Avant tout, par des exemples précis et concrets qu'il emprunte à la
psychopathologie, il fait voir combien est illusoire en psychologie
l'attitude introspective et son indispensable corollaire \ Einfühlung,
qui autoriserait à conclure, des constatations faites immédiatement
sur moi-même, à ce qui se passe en autrui et aux lois de la vie psy
chique en général.
Ce livre s'ouvre par sept « observations commentées », dans les
quelles il a relevé avec la plus stricte objectivité, les propos, les
plaintes, les explications, le comportement de ses malades. Habi
tuellement l'aliéniste essaie de comprendre ce que dit et ce que fait
l'aliéné, c'est-à-dire qu'il s'efforce de découvrir l'idée ou le système
d'idées qui lui rendront intelligibles les manifestations auxquelles se
livre son malade et qui leur donneront un sens. Ainsi il se met lui-
même dans son malade, il lui prête les raisonnements et les sentiments
qui pourraient éventuellement être les siens, s'il réagissait comme lui.
Il fait, sans même le savoir, de Pinstropection hypothétique, de
YEinfiihlung ; il a des idées directrices à l'aide desquelles il systé
matise et choisit. En réalité il reconstruit son malade et il suffit à
Ch. Blondel d'enregistrer purement et simplement ce qui est fait
d'observation sans plus, pour montrer combien ces reconstructions-
sont arbitraires. TT
PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 437
S'en tenir fidèlement aux propos du malade fait constater qu'ils
;sont irréductibles à nos façons de penser, à un système, quel qu'il soit»
de croyances cohérentes et communicables. L'aliéné est devenu essen
tiellement inapte à tout commerce d'idées, parce qu'il en est revenu
à une sorte de subjectivisme radical. S'il diffère de nous, ce n'est pas
que les matériaux élémentaires avec lesquels il doit construire sa vie
psychique soient devenus différents de ce qu'ils sont chez tous, c'est
uniquement qu'il ne sait plus imposer à ces matériaux le plan, la
distribution, le scheme qui sont communs à tous les individus ayant
commerce entre eux. Mais une conclusion s'ensuit qui est d'impor
tance capitale. Ce plan, ces schemes, ces idées communes n'ont rien
à voir avec la vie individuelle de chacun. C'est ce qu'impose à chacun
Ja vie en société ; c'est l'ensemble des croyances collectives, qui
unissent les hommes d'un même groupe.
Ainsi lorsque deux individus sont capable de s'entendre, au moyen
de certaines formules, sur leurs sentiments réciproques, c^est qu'ils
sont devenus capables d'ignorer leur propre subjectivité, qui est
essentiellement irréductible à toute autre pour lui subs
tituer les façons de penser et de s'exprimer qui sont celles du groupe.
Dès qu'ils essaient de prendre conscience d'eux-mêmes, c'est-à-dire
de traduire leur moi en idées et en paroles intelligibles, il ne font plus
que s'appliquer à eux-mêmes les croyances et catégories que le groupe
applique à la connaissance de l'homme en général. Inutile de dire que
c'est un système de notions qui varie avec la société, les époques et
les civilisations. Expliquer autrui par soi-même, ce n'est même pas
le construire à sa propre image ; c'est le monnayer de la façon
qu'on se monnaye soi-même. L'accord peut s'établir, parce qu'il est
supposé déjà par le langage et les idées utilisées, mais c'est un accord
illusoire, parce qu'il ne peut rien révéler de l'être intime ni du psy
chisme propres à chacun.
Ainsi dans l'homme Blondel oppose à l'être réel concret et subjectif,
.son matériel d'idées, ses façons habituelles de s'exprimer et de réagir,
sa conduite courante, qu'il tient à peu près exclusivement de la société
dans laquelle il vit. Il distingue dans l'individu son intelligence discurs
ive, qui marque l'emprise de la collectivité sur lui et le psychologisme
pur. Le psychologisme pur c'est la partie privée, réservée, qui est
essentiellement impénétrable à autrui, qui est impénétrable à soi-
même par les moyens de l'analyse intellectuelle, et de la formulation
verbale, qui peut seulement être vécu et qui, à l'état normal, reste
profondément ignoré du sujet lui-même, car s'il venait à vouloir en
prendre conscience, il se retrancherait par là-même de la communauté
et il ne trouverait rien dans ce qu'il tient de la communauté, idées
et langage, qui fût propre à le traduire ; ils tomberait dans les étran-
getés, les incohérences qui s'observent chez l'aliéné, chez celui qui
subit l'emprise prédominante de sa subjectivité.
Le psychologique pur c'est en somme l'inconnaissable. Et pourtant,
fût-ce de façon négative, B. a essayé de le décrire. Sans doute est-ce
là ce qu'il y a de plus fragile dans son œuvre, car il a tenté d'en dé
duire les qualités ; il l'a réalisé en une sorte de contenu sensible ; il l'a
identifié à une cénesthésie qui serait globale, diffuse, inexprimable,
puisqu'exprimée elle serait par là même intellectualisée et cesserait 48fc ANAITSES WBLIOGRAMHQOES
d'être elle-même. Mais d'une impossibilité pourquoi faire les carac
tères de la réalité ? pourquoi réaliser dans une sorte d'entité quali
tative un équivalent au fantôme du moi construit par la pensée dis
cursive t Pourquoi accorder à l'intuition le pouvoir interdit à l'i
ntrospection ? par delà la critique, l'affirmation agnostique
et mystique ?
Si la pensée discursive n'est pas l'homme tout entier ; s'il y a dans
chaque homme un individu qui n'est pas réductible aux seules manif
estations de la vie collective, rien ne sert de lui supposer une nature
inexprimable. C'est encore et toujours de façon objective qu'il faut
essayer de le connaître : par des faits d'observation, par des relations,.
par des inductions purement expérimentales. Assez de travaux
montrent déjà que cette méthode est praticable ; qu'elle est seule
capable de nous faire découvrir les lois d'un- psychisme qui ne se
confond ni avec la physiologie ni avec le contenu socialisé de la
Conscience.
Mais ce que Blonde! a développé d'ans ses oeuvres ultérieures, c'est
la partie vraiment vivante et féconde de sa pensée. S'occupant des
fonctions qui traduisent le contact de l'individu avec le milieu social,
M s'est appliqué à montrer dans notre conduite journalière, et dans
notre comportement le plus apparent, ce qui est adaptation au social,
ce qui est rite imposé à l'individu par son groupe. Resterait à étudier
tes différences individuelles de tension superficielle et leurs causes.
H. W.
>■
— R. BENON. — Le concept aliénation mentale. — R. Scient. 4ÖÖ.
14 avril 1928, p. 201-204.
Le concept aliénation mentale contient un élément médical, un.
élément familial, un élément social. L'élément médïcal, c'est le diag
nostic et le traitement. L'élément familial, c'est la protection, la
surveillance du malade, ou, au contraire, l'internement injustifié ou
d'autres manoeuvres frauduleuses. L'éfément social, c'est le problème
de sécurité publique. Avant de conclure à l'aliénation mentale, il faut
donc, après I*examen médical, se livrer à une enquête extra-médicale.
I. M.
409. — MAURICE MÏGNAÏlD. — L'unité psychique et les troubles
mentaux. — In-8 de 318 pages. Paris, Alcan, 1928. Prix : 35 francs.-
Le livre posthume de Mignard, ami cher et vivement regretté,
donné l'exposé de sa conception fondamentale de la « subduction
mentale » permettant de rendre compte du mécanisme des psycho
pathies, en accord avec une foi spiritualiste, d'après laquelle le prin
cipe immatériel impliqué par le psychisme échapperait à toute
atteinte morbide directe.
Dans l'aliénation, la direction volontaire de l'activité mentale est
défaillante, « le psychisme perd le commandement du complexe
psycho-organique, et il subit à son tour une emprise excessive des
mécanismes qu'il devrait régir ».
ïl n'y a pas d'automatisme mental pathologique, car le corps seul
est atteint par la maladie, mais la complexité des syndromes est due
différentes modalités de la réaction de l'unité psychique à cette «STCBOJUG&IE PATHOLOGIQUE 439
subduction : Les délires sont des réactions d'explication, de défense,
de compensation ; les démences des réactions de séparation, d'aban
don.
L'application de ces principes généraux aux grandes formes de
maladies mentales fait l'objet des principaux chapitres, les derniers
étant: corsaerésà des considérations générales de métaphysique psy
chologique traduisant en concepts abstraits, les aspirations ser timen-
tales d'un mysticisme sars cesse grandissant.
Si on laisse de côté ces chapitres, et, si l'on néglige ce qui, dans la
thèse elle-même répond à des préoccupations extra-scientifiques,
on prendra plaisir, dans laipartie de discussion clinique et d'analyse
psychologique, aux fines études de l'auteur, observateur sagace,
connaissant d'autant mieux les malades avec lesquels il passait le-
meilleur de= sa vie, qu'il savait les aimer et attirer leur' sympathique
confiance. H. P.
410. — ÎM&tpiCE DE FLEURY. — aLes Fous, les pauvres fous et
la sagesse qu'ils enseignent. — Tn-16 de 271 pages. Paris, Hachette,
19,28.
Lîauteur n'a pas craint d'aborder cette tâche paradoxale drécrire
sur -la folie un livre littéraire destiné à plaire au plus large public, et
en :même temps un ouvrage de discussion et de classification où se
trouvent exposés les résultats de ses observations et de ses réflexions
théoriques.
/■Sous la rubrique « Accidents » sont envisagées les affections ac
quises sous l'influence de processus toxMnfectieux, ou de lésions
OEganiques (paralysie ^générale, neurasthénie, confusion mentale,
toxicomanies, épilepsie, débilité mefitale et idiotie, démences orga
niques, démence précoce, 'démence paranoide) ; et comme « Desti
nées » sont envisagées les psychoses constitutionnelles, les déviations
amentales ^paranoïa, e.yclerthymie, psychose perverse, psychose émo-
,ti.ve, mythomanie ;et 'hystérie).
Les deux autres parties du livre comportent surtotit une réflexion
.philosophique sur les problèmes .généraux de l'esprit («A la recherche
■des facultés de l'âme » et « le problème moral ») .
C'est au système de ©elmas et de Boll que se rallie de FI. ; c'est
grâce à Détonas -dit41, dans son chapitre d' « initiation » introductif,
■que la forêt vierge de la folie est devenue « un noble et pur jardin, à
la française ».
Certes, ce uvre, agréable à lire estMen fait pour donner l'impression
si réconfortante de l'ordre et de la clarté. Le public en sera reconnais
sant à l'auteur. Mais il ne faut pas s'étonner si les chercheurs se
défient de la séduction de systèmes simples et nets qui risquent de
déformer une réalité malgré toiat bie-n complexe. H. P.
411. — A. POROT. — Les syndromes mentaux. I. — In-8 d«
370 pages. Paris, G. Doin, 1928. Prix :' 55 francs.
Dans ce premier volume coHsacré aux Syndromes mentaux de la
■Collection des Grands Syndromes, et préfacé par le Prof. Claude,
l'auteur a fait an exposé -objectif, clair et net, des syndromes confu-
«ionnels. 440 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II envisage d'abord la confusion mentale d'une façon générale, au
point de vue des troubles psychiques (de l'attention, des opérations
intellectuelles, de la mémoire, de l'objectivité, de la personnalité, du
langage et de l'écriture) en y comprenant le délire onirique, des
troubles physiques (troubles de l'expression, mimique et attitudes,
perturbations neurologiques, symptômes généraux tels que dé
nutrition, azotémie, etc.), des formes diverses présentées (plutôt
dépressives, ou comportant agitation, ou bien à des atteintes ner
veuses organiques définies) et de l'évolution.
Il examine ensuite les « syndromes d'origine infectieuse (délires
fébriles variés, délire « aigu »), et d'origine toxique (alcoolisme, mor-
phinisme, cocaïnisme, etc.), ceux qui relèvent d'une auto-intoxication,
ou qui ont une origine puerpérale, les syndromes endocriniens
(troubles thyroïdiens, surrénaux, hypophysaires, génitaux)., les en-
céphalopathies (méningites, encéphalites, tumeurs cérébrales), les
troubles par traumatisme ou commotion, les confusions d'origine
émotive, envisageant, pour terminer, le point de vue thérapeutique,
avec- quelques lignes sur la psychothérapie.
En ce qui concerne les commotionnés, qui ont eu au cours de la
guerre tant d'importance, l'auteur, qui a consacré déjà avec Hesnard
un livre à la psychiatrie de guerre, admet la communauté du syn
drome dans le simple choc, traumatisme diffus et la blessure céré
brale en ce qui concerne ses effets généraux (comme nous l'avions
soutenu avec Mairet, contre l'opinion de Grasset, dans des travaux
que P. ne cite pas dans la liste qu'il donne des études d'ensemble),
et il admet sa différenciation d'avec le syndrome émotionnel (que
nous avions également cherché à préciser avec Mairet en 1916-1917).
Bref, précis, « dépouillé », le livre de P. constitue un excellent guide
pour s'orienter dans le labyrinthe des états confusionnels. H. P.
412. — LAIGNEL-LAVASTINE. — La méthode concentrique dans
l'étude des psychonévroses. — In-8 de 283 pages. Paris, Chahine,
1928. Prix : 46 francs.
Le titre de ce volume est celui d'une des 6 leçons cliniques sur les
psychonévroses, faites à la Pitié en 1927, et recueillies dans ce volume
d'après une version sténographique avec, en outre, une conférence
sur l'Emotivité, faite à l'Association d'enseignement des Hôpitaux,
une autre sur le moi profond des psycho-névrosés éclairé par l'e
xpérience ascétique et mystique, une sur le traitement des psycho-név
roses, et même la conférence faite sur le diable chez les psychoné
vrosés par Jean Vinchon. v
L'idée générale qui a présidé à la leçon principale sur la méthode
concentrique, c'est qu'on peut procéder à un diagnostic de surface
fournissant une division des psychonévroses en 4 types principaux
[hystérie à prédominance suggestive et mythomaniaque, neurasthé
nie à dépressive, psychasthénie à prédominance
dubitative et anxieuse, psychonévrose émotive enfin), mais qu'en
approfondissant, chaque type se ramène à des processus plus com
plexes avec un élément viscéral, en sorte que le diagnostic en pro
fondeur révèle des zones concentriques successives, une première
psychique, une seconde nerveuse, une troisième endocrinienne, une PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 441
quatrième viscérale, et une cinquième formant noyau morbifique
(tuberculose, hérédo-alcoolisme, etc.).
Des illustrations cliniques diverses sont données à l'appui de ces
principes généraux sous la forme vivante et prolixe de la leçon orale
bien transcrite. H. P.
413. — A. G. IVANOFF-SMOLENSKY. — La physiologie des
grands hémisphères et la psychiatrie moderne. — Enc, XXIII,
5, 1928, p. 415-423.
Il faut distinguer deux domaines dans le cerveau : sa -partie cen
trale est le siège des acquisitions qui appartiennent à l'espèce, autre
ment dit des réflexes inconditionnels. Au contraire les hémisphères
sont, comme l'a montré Pavlov, l'organe des réflexes conditionnels.
Ils ont une double fonction : conserver les conditionnels
formés par l'individu, en former de nouveaux.
Le cerveau central est influencé par l'organisme, en particulier par
la composition chimique des humeurs : disparition de certaines
substances sanguines, d'où la faim ; présence d'hormones, d'où ré
sulte par exemple le désir sexuel.
Les hémisphères sont en rapport avec le milieu bio-social.
L'action peut être réciproque entre le cerveau central et les hémis
phères. C'est le centre où l'excitation est la plus forte qui draine
pour ainsi dire l'activité des autres centres. Ainsi le cerveau central
peut-il faire que les instincts déterminent l'action des hémisphères.
Au contraire les nécessités de l'adaptation bio-sociale peuvent com
mander aux instincts.
Dans les affections mentales les différentes fonctions nerveuses
peuvent être atteintes. L'aptitude à former de nouveaux réflexes con
ditionnels, comme dans la psychasthénie ; la conservation des ré
flexes conditionnels, comme aux pr miers degrés de la démence ;
enfin la sphère des réflexes inconditionnels ou instincts comme dans
certains cas de perversion sexuelle.
Sous des influences soit organiques, soit bio-sociales, il peut aussi
se former des réflexes conditionnels, qui sont par eux-mêmes patho
logiques et qu'il conviendra de dépister pour les supprimer. H. W.
414. — R. D. GILLESPIE. — The clinical differentiation of psy-
chogenic and physiogenic disorders (La différenciation clinique des
troubles psychogènes et physiogènes). — Brain, LI, 1928, p. 254-275.
Pour montrer les problèmes posés par la des troubles
d'origine psychonévrosique de ceux qui relèvent d'une atteinte
réellement physiopathique, l'auteur expose et commente une série
de 13 cas difficiles, dont 9 avaient entraîné des erreurs de diagnostic,
4 fois par attribution à des causes psychogènes de troubles réellement
organiques, et 5 fois au contraire, par explication organique de symp
tômes d'ordre psycho né vrosique. H. P.
415. — T. BURROW. — Biological foundations and mental me
thods (Fondements biologiques et méthodes mentales). — Br. J. of
Med. Ps., VIII, 1, 1928, p. 49-63.
De même que pendant longtemps on a soigné les manifestations 442 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
externes de la tuberculose au lieu de s'attaquer au mal lui-même, de
même dans les maladies dites mentales, on demeure préoccupé du
soulagement immédiat du malade et de ses symptômes. Selon l'auteur,
reprenant la notion d'organisme social au sens physiologique, un
désordre nerveux est un désordre proprement dû au
fait que l'individu est retranché de son rôle fonctionnel dans l'espèce»
en particulier en ce qui concerne son équilibre sexuel. Toute la théra
peutique mentale devrait s'inspirer du fait que les désordres de ca-
cactère sont dus à une déviation périphérique des instincts sexuels
caracteristiques de l'état du sujet, et tendre à l'élaboration d'une
technique rétablissant les inter-réactions physiologiques normales
du malade. M. L.
416. — A. ADLER. — The cause and prevention oî neuroses (Cause
des nécroses et leur prévention). — J. of Abn. Ps., XXIIï, 1, 1928,
p. 441.
Selon A. l'adulte normal a à faire face à trois sortes de problèmes :
il doit s'agréger aux conditions sociales d'existence ; il doit être sus-
septible d'un rendement présentant une utilité sociale ; il doit ré
soudre pour son propre compte le problème sexuel de façon satisfai
sante. L'échec de l'individu devant les trois ordres de réalité s'explique
par un sentiment pathologique d'infériorité né de causes remontant
à l'enfance : santé délicate due à des insuffisances endocriniennes ou
sensorielles d'ordres divers ; enfants anormalement gâtés ; enfant
ayant eu au contraire à se développer dans un milieu hostile. Ce
sentiment d'infériorité se développe graduellement avec production
de symptômes significatifs que dépistera le psychiatre. Ce dernier
s'efforcera avant tout de retrouver quelle a été, au cours de l'histoire
tiu malade, l'erreur d'ordre physiologique ou psychologique commise
par l'entourage de ce derrier. Elle se retrouvera selon l'auteur, a
l'origine de la névrose. M. L.
417. — GH. BAUDOUIN.— La régression et les phénomènes de recul
«m psychologie. — J. de Ps., XXV, 9-10, 1928, p. 795-823.
Le terme de régression comme caractéristique des troubles ner
veux réunit des fonctions et des mécanismes différents. On peut di
stinguer les « accrochages » ou regrets extrêmes, expression d'ane
conduite passée inachevée qui se cherche un achèvement ; les régres
sions proprement dites soit de l'intelligence et de l'activité, soit de
l'affectivité, qui ramènent le sujet à des stades antérieurs de son
développement, en particulier ie son développement kïfantile ; les
introversions ou actions rentrées résultant d'une inhibition et cpai,
bien qu'elles existent nécessairement dans la vie psychique normale,
se manifestent spécialement dans le <rêve &vl la rêverie et eosastituent
chez certains individus un trait fondamental de leur caractère.
Tout acte complet résulte de la combinaison de trois courante
d'énergie ayant respectivement comme origine une occasion actuelle,
un apport de l'expérience individueUe et un apport de la co<nstitutbxi ;
les trois sortes de phénomènes indiqués plws h««t correspondent à
un recul de l'énergie sur chacune de ces trois voies. Ils ont uue indé
pendance relative, car ils sont susceptibtes de différentes combinai- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE
sons dont chacune semble caractériser un état bien défini ; et cepen
dant ils manifestent «ne solidarité remarquable, car ils s'entraînent
facilement l'un l'autre et présentent ce trait commun de se traduire
par une désadaptation à l'égard du monde extérieur et de l'action.
L'explication de ces reculs peut être cherchée soit dans l'action
isolée ou concourante d'un affaiblissement général de l'énergie psy
chique ou asthénie et de certains accidents ou traumas, soit dans un
obstacle actuel au niveau même de l'action, soit enfin darss des ten
dances de retraites, qui ne seraient qu'une forme évoluée et plus
complexe des tendances passives qui se rencontrent dès les instincts-
primitifs à côté des tendances actives ou agressives. Si ces tendances
de retraite jouent effectivement un rôle dar.s les phénomènes de recul,
ceux-ci seront susceptibles d'un traitement psychologique ; il sera
possible d'utiliser des forces positives déviées «n en renversant te sens,
en amenant le sujet à reprendre confiance en lui-même. .G.-H. 'L-
418. — M. BIDE. — L'automatisme psychopathic^« «st on« résul
tante et non tme cause. — Enc, XXIÏI, 1, 1928, p. 20-26.
Ä la doctrine qui tente d'expliquer les troubles mentaux et parti
culièrement les hallucinations par une libération d'automatismes
corticaux, et qui invoque des localisations cérébrales pour expliquer
des phénomènes aussi généraux que l'obsession ou les idées d'in
fluence, Bide oppose les données de la clinique et de la psychologie.
Ce qui lui paraît primitif c'est un fléchissement global de l'activité
mentale, dont les formes différentes peuvent être expliquées par la
diversité des circorstances et en particulier par la rapidité plus ou
inoins grande de fléchissement. Un des premiers effets de ce fléchi
ssement est d'abolir plus ou moins les rapports du sujet avec l'am
biance sociale et de le livrer plus exclusivement à des imitations ou
influences endogènes. 4 H. W.
419. — A. HERZBERG. — Deï Erregungshemmungs- Konflikt in.
der Aetiologie der Neurosen (Le conflit « excitation-inhibition » dans
fétiologie des névroses). — A. Z. für P. und ps. H., I, 7, 1928,
p. 464-477.
L'auteur cite en exergue cette phrase de Goldscheider qu' « une
psychologie scientifique doit se dégager à partir des processus nerveux
d'excitation et d'inhibition », et confiant dans les apports que peut
fournir la psychologie animale, cite les recherches de Pavlov sur les
états névrosiques du chien réalisés au cours de l'établissement de
réflexes salivaires conditionnels, du fait d'un conflit entre processus
d'excitation et d'inhibition.
C'est cette notion qu'il cherche à étendre en psychopathologie hu
maine : si la psychologie des grands hommes montre la fréquence
chez eux des troubles névrosiques (Heine, Rousseau, Kant, Schel-
ling, Fechner, Schopenhauer, Mill, Spencer, etc.), n'est-ce pas en
raison d'un excès d'inhibition qui se traduit par une incapacité de
vie pratique ?
Bans les névroses d'angoisse et la neurasthénie, dans les phobies
«t l'hystérie se retrouve le conflit qui peut s'exprimer en termes
d'excitation-inhibition, et peut-être en termes de concentrations. 444 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
antagonistes de calcium et de potassium (Kraus), fournissant le
substrat de ce problème d'étiologie des névroses qui est un problème
de dynamique des instincts.
Malheureusement les termes physiologiques ainsi étendus par l'au
teur perdent singulièrement de leur précision. H. P.
420. — MAX LEVY-SUHL. — Das Sündigkeitproblem in der Neu
rose {Le problème du péché dans la névrose). — A. Z. für P. und ps.
H., I, 7 et 9, 1928, p. 457-464 et 590-604.
Après examen historique de la conception attribuant la névrose au
péché, à « l'éloignement de Dieu », et critique — sérieusement pour
suivie — aboutissant à rejeter, du point de vue empirique et théo
rique, la conception, l'auteur revient sur le rôle possible du péché
dans le conflit de la personnalité qu'il place à l'origine de la névrose,
rôle admissible si l'on envisage le « péché subjectif » et non la trans
gression d'une loi sociale ou religieuse.
Il tente à ce propos de définir le caractère des individus prédestinés
à la névrose, par juxtaposition d'un type idéal à prévalence morale
et d'une tendance personnelle à une défense égoïste, qui éloigne de la
réalisation de l'idéal, ce qui implique le conflit pathogène. H. P.
421. — A. G. IVANOV-SMOLENSKY. — The pathology of condi
tioned reflexes and the so-called psychogenic depression (La patho
logie des réflexes conditionnés et la dépression dite psychogène). —
J. of nervous and mental Disease, LXVII, 1928, p. 346-351.
Relation d'expériences dans lesquelles on provoque artificiell
ement chez le chien un état de dépression par tâche difficile dans le
dressage conditionnel, avec examen, à la lumière de données fournies
par cette étude, des conditions d'apparition des états de dépression
chez l'homme.
C'est quand la tâche d'équilibrer des processus cérébraux d'exci
tation et d'inhibition devient trop difficile, par exemple dans des
conditions de vie pénibles faites par le milieu bio-social, que peut
s'établir une prévalence d'inhibition créatrice de névrose, avec refus
de nourriture, réduction d'activité sexuelle, suppression de la self-
défense et de l'intérêt. Bien des cas de mélancolie rattachés à la psy
chose circulaire doivent relever de ce déséquilibre névrosique à pr
édominance inhibitrice. H. P.
422. — H. HARRIS. — Mental deficiency and Maladjustment (Défi
cience mentale et inadptation). — Br. J. of Med. Ps., VIII, 4, 1928,
p. 285-315.
L'auteur vise à rassembler et à formuler clairement l'ensemble des
problèmes d'ordres divers que suggère la notion de déficience mentale
et l'inadaptation résultante aux conditions normales de vie. Sont
passés en revue : les conditions biologiques (facteurs déterminants
connus, leur enumeration, leur évaluation) les conditions psycholo
giques (nature et mesure de l'intelligence, sa signification en matière
de déficience mentale, les relations entre l'intelligence subnormale
et la psychopathie). Enfin les conditions d'ordre social (causes sociales
de les méthodes sociales de traitement et de
contrôle).

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