Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 433-446

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 433-446
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers.
Caractérologie pathologique
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 433-446.
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. Caractérologie pathologique. In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp.
433-446.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1939_num_40_1_5797PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 433
500. — F. A. WOODS. — The inheritance of strong parental instinct
(La transmission héréditaire d'un fort instinct paternel). —
J. of Heredity, XXX, 1939, p. 313-320.
Lorsque l'instinct paternel est très développé, il incite à avoir des
-enfants, et joue un rôle dans la fécondité des familles ; dans la mesure
où il se transmet héréditairement, il favorise le maintien de la
fécondité dans une lignée. Ce caractère héréditaire serait, d'après
l'étude, faite par l'auteur, de familles royales, associé à certaines
supériorités morales et mentales.
En dehors de ces familles, W. trouve que le taux de fécondité est
nettement plus élevé chez les hommes d'affaires les plus éminents
de Grande-Bretagne que chez les artistes ou les littérateurs.
H. P.
501. — R. S. FRIEND. — Influence of heredity and musical environ
ment on the scores of kindergarten children on the Seashore
measures of musical ability (Influence de l'hérédité et de Ventourage
musical sur les résultats fournis par les enfants du jardin d'enfants
dans les tests de Seashore). — J. of appl. Ps., XXIII, 3, 1939,
p. 347-357.
Les tests de discrimination des intensités, des hauteurs tonales et
<ies consonances adaptés à l'usage des jeunes enfants ont donné,
sur un groupe de 42 enfants d'âges variant de 51 à 74 mois, une
fidélité 0,78 (sur l'ensemble des 3 tests et par deux applications) et
■des intercorrélations 0,54 (intensité et consonances), 0,57 (hauteur et
consonances) et — 0,63 (hauteur et intensité). D'autre part, les
tests ayant pu être appliqués à 25 pères et à 35 mères, les corrélations
•entre les résultats des enfants et ceux des parents ont donné des
résultats peu cohérents. Avec l'entourage musical (présence des
instruments musicaux, fréquence de leur emploi), les corrélations
sont même négatives... D. W.
5° Psychologie pathologique
a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers
Caractérologie
502. — M. TRAMER. — Inanitas et inanitio mentis. Une introduct
ion. — Revue suisse d'Hygiène, 1939, n° 5. Extrait, 20 pages.
Il peut se produire, sous l'influence d'une lésion, d'un « musèle-
ment » de tendances collectives (aspirations à un accord, une apparte
nance, une intégration dans une collectivité, famille, tribu, nation),
un vide psychique, par manque d'impulsions et d'actions. Ce vide,
cette « inanitas mentis » dont on éprouve le sentiment, entraîne une
réaction, une « faim » psychique, tendant à une réadaptation ou à une
exploitation de nouvelles ressources psychiques. L'absence de jeu,
dans la vie de l'enfant, conduit ainsi à un ennui, avec sentiment de
vide, qui se rattache à une telle « inanitas », susceptible, en fran
chissant les bornes du pathologique, de devenir une « inanitio »,
analogue à l'inanition physiologique, mais toujours incomplète
cependant. La névrose de monotonie, dans le travail^ la névrose de
h ANNEE PSYCHOLOGIQUE. XL 28 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 434
la proscription, dans l'organisation sociale, rentrent dans cette
catégorie de troubles pathologiques.
Les états varient, suivant que la privation affecte davantage la
sphère intellectuelle ou celle de l'émotion, la « sous-alimentation »
d'ordre émotif — dont T. donne deux exemples cliniques — étant le
plus fréquemment à l'origine des troubles observés dans les cliniques
psychiatriques.
L'auteur relève des remarques et des observations dans la litt
érature montrant que le rôle pathogène de l'inanition psychique avait
été dépisté par plusieurs auteurs (en particulier par Kraepelin
chez les détenus) mais sans que son unité nosologique ait été reconnue.
H. P.
503. — O. MIYAGI. — Le nirvanisme morbide ou la perte du sent
iment de la distinction du subjectif et de l'objectif (résumé fran
çais). — Jap. J. of exp. Ps., V, 1939, p. 5-7.
M. décrit, sous le nom de « nirvanisme », une perte de la distinction
du subjectif et de l'objectif, dont les caractères ont été décrits par
deux schizophrènes, lorsqu'ils sont revenus à l'état normal grâce à un
traitement insulinique (après 10 ans dans un cas, 1 an dans l'autre).
Dans cet état, survenant par crises, difficile à décrire — exprimé
par un des malades par l'image de l'oiseau volant — les objets, ks-
circonstances se fondaient, le temps coulait un peu plus lentement ;
il n'y avait ni dépersonnalisation, ni déréalisation.
Il y aurait là une accentuation de l'autisme, et la conscience
serait complètement désocialisée. L'expérience esthétique s'en rap
proche. Serait-ce une régression à un stade infantile, se demande M. ?
H. P.
504. — P. N. B. VALDENAIRE. — Hérédité morbide et affections
neuropsychiques. — Thèse de méd. de Nancy, 1939.
Recherche de l'hérédité chez 18 femmes d'un asile. Dans l'asce
ndance des folies maniaques dépressives et plus encore des démences
précoces, on trouve souvent des affections neurologiques (épilepsie,.
sclérose en plaques, P. G.).
L'alcoolisme se rencontre dans la moitié des cas ; la syphilis
domine dans l'arriération mentale et la démence précoce ; la tuber
culose est fréquente dans l'ascendance des démentes précoces, rare
dans celle des maniaques dépressives. Les deux catégories de psy
choses dépendraient de facteurs héréditaires récessifs. H. P.
505. — TR. BURROW. — The economic factor in disorders of
behavior (Le facteur économique dans les désordres du comporte
ment). — Amer. J. of Orthopsychiatry, IX, 1939, p. 102-108.
Le plus important apport dans la science psychiatrique est,
d'après l'auteur, le travail original de Breuer et Freud de 190>
(Studien über Hysterie), dont le principe est que les désordres de la
personnalité névrosique sont dus à la confusion des symboles ou
idées avec les états affectifs ou les émotions qui les ont accidentell
ement accompagnés, le génie de Freud ayant ensuite été caricaturé
par de pseudo-disciples dans leurs élucubrations idéologiques. PATHOLOGIQUE At5 PSYCHOLOGIE
Cette confusion fondamentale, dans les névroses, entraîne une
adaptation biologiquement absurde, qui correspondrait, selon T., à
une phase primitive d'humanité (d'où ses recherches de « phylo-
biologie »).
L'attention, de rôle écologique, économique, destinée à assurer la
vie des organismes, se trouve déviée par l'interposition de faux
affects.
A ce propos l'auteur rappelle ses efforts pour distinguer deux
modes d'attention (avec recherche de corrélatifs physiologiques dans
la respiration et le pouls), l'un correspondant à une structure écolo
gique primaire du comportement (faim, jeu, attrait sexuel, activité,
repos, etc.), et qu'il appelle « cotention », l'autre dépendant de
l'organisation des symboles sociaux, ou attention proprement dite.
H. P.
506. — P. G. SCHUBE et J. G. COWELL. — Art of psychotic persons
(Art de psychosiques). — Ar. of N., XLI, 1939, p. 711-720.
Chez 168 malades (dont 122 femmes) des dessins ont été recueillis
dans des conditions semblables et évalués au point de vue de la
productivité, du dessin, de l'imagerie et de la technique (de 0 à 100),
avec un coefficient moyen servant à distinguer un type restreint
(au-dessous de 40) et un type actif (au-dessus de 60). Au premier
type appartiennent surtout les psychoses dépressives et alcooliques
et les psychonévroses, au second les paranoïas, démences précoces,
manies, psychoses toniques.
La nature et le degré du type changent différemment dans les
deux cas au cours des aggravations ou améliorations mentales. Trois
exemples de dessins avec leurs notations illustrent la méthode.
H. P.
507. — H. J. WEGROCKI. — A critique of cultural and statistical
concepts Of abnormality (Critique des concepts culturels et statis
tiques de Vanormalité). — J. of Abn. Ps., XXXIV, 2, 1939,
p. 166-178.
L'A. rappelle les conceptions erronées auxquelles on a abouti
lorsqu'on a essayé d'expliquer les sociétés primitives en se basant sur
nos propres civilisations. Les efforts de R. Benedict pour établir une
théorie statistique de l'anormal ont abouti à une triple interprétation
de l'anormalité. Est, dans le premier cas, traité d'anormal ce qui
passe pour tel dans nos civilisations mais non dans un autre milieu
culturel ; puis, viennent les types d'anormalité propres à certaines
régions et ne se rencontrant jamais dans nos milieux civilisés (l'amok,
l'hystérie arctique) ; enfin on groupera les conduites considérées
comme normales dans nos sociétés mais qui seraient jugées anormales
dans d'autres cadres sociaux. Encore faut-il Wen comprendre qu'une
conduite n'est pas anormale parce qu'elle s'écarte de la moyenne
admise, mais en raison même des exigences internes qui sont à son
origine. Il serait plus juste de dire qu'il est anormal de ne pas envisa
ger un conflit ou une situation complexe de front au lieu de chercher
un échappatoire ou un dérivatif, mais il ne faut pas oublier cependant
que, dans bien des cas, le conflit n'est pas absolument conscient. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 436
II est évident, par exemple, que l'acte de masturbation n'a en soi
rien d'anormal et apparaît à un stade déterminé de la maturation,
mais l'anormal est d'y recourir en tant que soupape d'échappement ,
lorsqu'il est besoin, par exemple d'affirmer sa personnalité en
opposition à un groupe, ou de trouver un dérivatif à toute autre-
contrainte sociale ou mentale. I. L.
508. — G. L. FREEMAN. — Toward a psychiatrie glimsoll mark.
Physiological recovery quotients in experimentally induced frus
tration (Pour une ligne de flottage en psychiatrie. Quotients de
récupération physiologique dans la frustration expérimentalement
provoquée). — J. of Ps., VIII, 1939, p. 247-252.
Tout le monde sait qu'en cas de troubles cardiaques, on peut
conseiller au malade certains soins préventifs ; il n'existe rien de
tel dans les troubles nerveux. Et cependant en comparant le»
conduites de sujets normaux dans certains cas qui nécessitent une
dépense d'énergie nerveuse on constate que les individus présentent
une plus ou moins grande capacité de résistance. Ne pourrait-on pas
utiliser cette mesure de de résistance, dans les conditions de
laboratoire, comme ligne de flottage indiquant le maximum de
contrainte dont un individu puisse être chargé dans la vie sociale,
sans crainte de surmenage ? On constate chez les animaux que la
frustration dans l'assouvissement d'un besoin naturel, donne lieu
à un comportement proche de la névrose. Le même phénomène se
produit chez l'homme si on s'oppose ä ce qu'un état de tension se
décharge dans son expression normale. Le temps de résistance à
ces manifestations donnera l'index de stabilité émotionnelle de
chaque sujet. L'A. étudie par exemple la domination du réflexe de
retrait dans la stimulation douloureuse et la réussite à des tests de
coordination sensori-motrice difficiles avec ou sans état de tension.
On prend note aussi de la rapidité avec laquelle l'individu retrouve
son équilibre après la décharge, obtenant ainsi un coefficient de
récupération. I. L.
509. — R. S. SOLOMON. — Cognitive aspects of deterioration in
mental patients (Aspects cognitifs de la détérioration chez les
malades mentaux). — J. of Abn. Ps., XXXIV, 4, 1939, p. 497-517.
Les comparaisons portent sur des sujets atteints de troubles
mentaux sans troubles organiques apparents, de sujets atteints de
troubles organiques définis à l'origine de troubles mentaux, et de
sujets atteints de troubles organiques et mentaux sans
connexion établie. Les épreuves utilisées à cet effet comprennent des
tests d'information générale, de ressemblance de mots, de formation
de mots, de classements de phrases, de nombres à compléter et de
lectures d'heures avec renversement des aiguilles d'une montre.
C'est le premier groupe de ces malades qui donne les meilleurs
résultats, par rapport aux normaux, le deuxième réussit le plus mal,
mais les nuances entre le 2e et le 3e groupe ne sont pas très nettes, les
différenciations n'étant plus guère possibles à partir d'une certaine
diminution du niveau de capacité. I. L. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 437
510. — J. BURSTIN. — Pensée affective et psychopathologie. —
An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II, p. 382-403, 495-515, 557-574.
La pensée normale se développe entre deux pôles, le pôle affectif
et le pôle rationnel. La pensée de l'enfant et celle du primitif sont
plus proches du pôle affectif et par là elles peuvent avoir des analogies
avec la pensée pathologique où les tendances affectives reprennent
leur prépondérance.
Le passage de la pensée affective à la pensée rationnelle se fait
par réduction des données immédiates que sont les données percept
ives et les impulsions du désir en vue de l'action, c'est-à-dire d'une
adaptation aux choses telles qu'elles sont. L'objet est en effet une
réalisation que suppose l'organisation de tout ce qui se rapporte à lui
dans nos différents fragments d'expérience. Cette organisation
suppose la mise en ordre d'éléments qui appartiennent à tous les
niveaux de la sensibilité et de l'action : impressions sensorielles,
gestes, mots, structures diverses qui sont liées aux habitudes, à la
mémoire, à l'expérience sous toutes ses formes. Entre ces éléments la
hiérarchie est variable selon les besoins, mais elle est normalement
sous la dépendance de ces besoins.
Deux sortes de mécanismes peuvent l'altérer ou la dissocier.
D'une part la prépondérance sur les nécessités objectives des comp
lexes de compensation qui naissent toujours à l'état virtuel d'une
situation qui n'est pas exactement conforme à notre désir, mais qui
sont normalement refrénés. D'autre part l'éparpillement plus ou
moins total des éléments sensoriels, moteurs, verbaux, des automat
ismes et complexes variables qui entrent dans l'activité de la pensée.
Tout ce qui distingue la pensée pathologique de la pensée normale
peut être ramené à l'un ou l'autre de ces mécanismes, souvent à leur
action combinée. C'est l'association de ces deux mécanismes qui peut
expliquer la ressemblance éventuelle de la logorrhée chez le maniaque
et chez le schizophrénique. Inversement la différence entre la schizo
phrénie et la démence précoce proprement dite pourrait être expliquée
par la prépondérance, dans le premier cas, du complexe compensateur
se substituant aux nécessités de l'action bien adaptée et dans le
second cas par celle de la dissociation entre les éléments constitutifs
de la pensée. H. W.
511. — J. E. GREENE et J. L. DUPREE. — Sex differences in
certain mental disorders among whites and negroes in Georgia
during the decade 1923-1932 (Différences de sexe et certains
désordres mentaux chez les blancs et les nègres de Géorgie pendant
la décade 1923 à 1932J. — J. of Ps., VII, 1939, p. 201-211.
Les observations portent sur des cas de psychose sénile, psychose
avec artériosclérose cérébrale, paralysie générale, psychose maniaque
dépressive, syphilis démence précoce. Dans l'État de
Géorgie les hommes ont été plus fréquemment hospitalisés pour
artériosclérose, paralysie générale et syphilis ; en règle générale les
hommes sont hospitalisés à un âge plus avancé que les femmes, et les
femmes font des séjours plus longs que les hommes, sauf pour les
cas de schizophrénie. Il y a peu de différence entre les sexes chez les
blancs dans la fréquence des guérisons. Chez les nègres les femmes ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 438
sont considérablement avantagées. Cependant on ne peut tirer
de là aucune conclusion, car il faudrait faire la part des facteurs
sociaux intervenant dans les raisons d'admission, et facilitant la mise
en liberté des malades. I. L.
512. — H. AUBIN. — Introduction à l'étude de la psychiatrie chez
les noirs. — An. Méd.-Ps., XV, série, 97e an., 1939, I, p. 1-29 et
181-213.
Les mêmes affections mentales se rencontrent chez les noirs et
chez les blancs, mais leurs aspects diffèrent plus ou moins.
Un premier trait est remarquable chez les noirs : c'est, leur
tendance habituelle à renier leurs troubles mentaux, dès que les
manifestations en deviennent moins actives. Sans doute est-ce pour
éviter que les influences maléfiques dont ils sont l'effet ne soient
entretenues par leur souvenir. Ce reniement présente différents
degrés : il peut être radical ou déguisé.
Les troubles mentaux sont le plus souvent à forme paroxystique :
raptus de fureur ou de terreur. Ici encore différents degrés : explosions
soudaines et automatiques ou préméditation apparente.
De toutes façons l'intervalle des accès n'est pas indemne de
modifications dans le comportement du sujet qui se montre taciturne,
méfiant, soucieux, qui change de lit ou couche avec ses armes.
Les crises de fureur se rencontrent au cours de toutes les affections
mentales.
L'onirfeme est fréquent, le plus souvent terrifiant : son thème
habituel est le scénario d'une condamnation à mort, les préparatifs
de son exécution. Souvent le même thème se transmet inchangé d'un
malade à son voisin de lit. Parfois l'onirisme est euphorique. Il
s'entretient alors plutôt de souvenirs hypnagogiques que d'impres
sions présentes ou de circonstances réelles.
Parmi les réactions fréquentes il y a le suicide dont le motif
peut être la vengeance, l'amour-propre ou la colère. Quant au délire
il puise tout naturellement à un fond de croyances qui ne sont pas
délirantes par elles-mêmes si étranges qu'elles puissent nous sembler
(diables, divinités malfaisantes, influences magiques). La systématisat
ion du délire est habituellement très faible à moins qu'il ne s'agisse
de noirs ayant vécu en contact étroit avec les blancs et qui pourde' suivent des revendications acharnées ou la réparation préjudices
longtemps ruminés.
Les troubles mentaux évoluant par bouffées délirantes, il serait
faux pourtant d'incriminer nécessairement la débilité mentale dont
il faut savoir distinguer le primitivisme qui peut coexister avec une
intelligence très vive.
Les tableaux cliniques peuvent se rapporter à des états névro-
pathiques d'asthénie, de cénestopathie, d'hypochondrie, de porno-
phobie, d'anxiété. Des manifestations hystériques en sont souvent le
résultat. Elles ne sont pas un témoignage de mythomanie, maïs sont
favorisées par des facteurs sociologiques, tels que rites et cérémonies
libérant les automatismes moteurs ou émotionnels. Les états dépress
ifs sont particulièrement fréquents. Ils sont la conséquence du
dépaysement local ou ethnique, d'une déception, d'une punition, •
PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 439
d'une intoxication, d'une infection. Ils peuvent aussi relever de la
psychose maniaque-dépressive. Ils se traduisent par de l'anxiété
hallucinatoire, des idées d'indignité, de négation, d'hypochondrie,
•de possession, de zoopathie. Les délires chroniques ne paraissent
pas être exceptionnels, mais ils sont souvent à éclipses. La démence
précoce se rencontre aussi.
Parmi les facteurs étiologiques il faut donner une grande place
aux virus neurotropes, à la trypanosomiase en particulier ; elle
donne lieu à des accès très semblables aux accès maniaques, mais qui
s'accompagnent d'une grande fatigabilité. L'épilepsie s'observe
fréquemment. La neuro-syphilis donne lieu à des paralysies générales,
peut-être légèrement atypiques. D'autres méningo-encéphalites
s'observent dont l'origine est indéterminée. Le béri-béri et l'alcoo
lisme donnent lieu à des crises de confusion hallucinatoire.
H. W.
513. — H. DELGADO et J. 0. TRELLES. — La psychiatrie dans
l'Amérique du Sud. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, 1, p. 566-
615.
Dans cet article important les A. passent en revue chacun des
pays de l'Amérique du Sud en indiquant quel est l'état de l'assistance
psychiatrique et quelles en sont les tendances ou réalisations
scientifiques. H. W.
514. — E. LENNARD BERNSTEIN. — Psychiatry in Syria (Psyc
hiatrie en Syrie). — Am. J. of P., XCV, mai 1939, p. 1415-1416-
Description d'une maison pour aliénés dans la province Nord
de la Syrie, à Maristan. Maison ordinaire, malades enchaînés et
mal tenus. Pas de neurologiste, ni de psychiatre dans toute la région
<le Sanjak à Alep, quoiqu'il y ait à Beyrouth plusieurs médecins
diplômés des universités américaines. L'hôpital national est destiné
à la médecine générale et à la chirurgie. Il n'y aurait que deux
femmes aliénées logées dans une maison similaire à celle de Maristan.
D'autres établissements similaires, se trouvant dans les parties
plus européennes, sont dirigés par des institutions religieuses. Le accessible se trouve au monastère de Khalet-el-Hassan. Les
malades y sont non seulement enchaînés mais perpétuellement
exorcisés par les frères du monastère.
On trouve cependant à l'Asfuriych un hôpital de construction
moderne de 35 lits. Le psychiatre en chef est un Anglais mais il a
comme médecin-assistant un Levantin. Cet hôpital étant le seul pour
une région d'environ 1.000 milles, tous les malades des classes aisées
y sont dirigés, même ceux des pays voisins : Egypte, Arabie, Perse,
Turquie. Cependant les facilités de traitement n'ont pas encore été
exploitées, faute de crédits. J. A.
515. — FRANK J. CURRAN. — Organization of a ward for ado
lescents in Bellevue psychiatric hospital (Organisation d'une
section d'adolescents à Vhôpital psychiatrique de Bellevue). —
Am. J. of P., XCV, mai 1939, p. 1365-1388.
Il s'agit d'un premier essai de traiter les adolescents (de 12 à
16 ans) en groupe séparé des groupes des enfants et des adultes ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 440
traités dans les mêmes hôpitaux. Jusqu'en mars 1938, 617 malades
y ont passé, dont 496 premières admissions. 353 adolescents ont été
envoyés par le Tribunal pour Enfants et 143 par les écoles, les
agences, etc. 118 étaient débiles (23,79 %) et 44 psychosiques-
(8,87 %).
Ils sont soumis à une observation qui dure en principe quatre
semaines. L'A. décrit leur attitude et leur conduite agressive et
destructive, l'organisation et les sévices de leur bande, les cérémonies
d'initiation, l'attitude et l'activité sexuelles, l'adaptation aux cas
psychotiques ainsi que l'intérêt que portent les adolescents difficiles
et délinquants aux malades psychiques. Grâce à l'organisation d'un
vaste ensemble d'activités en groupes, l'A. a réussi à réduire considé
rablement leur activité destructive. Il souligne que le problème est
encore à son stade expérimental, que les mesures appliquées changent
du jour au lendemain et qu'elles doivent rester élastiques. Cela
d'autant plus que dans la majorité des cas ces « enfants-problèmes »>
sont mal diagnostiqués et partant mal servis dans les cliniques.
On ne peut évaluer la conduite d'un adolescent que s'il est exposé
aux mêmes types de situations auxquels il est exposé à Pécoler
dans les jeux et dans les spectacles. Aussi une section spéciale pour
l'observation méthodique des adolescents est-elle indispensable dans
les hôpitaux de l'État. J. A.
516. — G. ALEXANDER YOUNG. — Experiences 'with psychiatric
départements in the general hospitals of Omaha (Les expériences
des sections psychiatriques dans les hôpitaux de médecine générale
à Omaha). — Am. J. of P., XCVI, juillet 1939, p. 69-75.
Sur 9 hôpitaux de médecine générale à Omaha, 5 ont des sections
psychiatriques. Le plus grand, « The Douglas County Hospital »r
a 160 malades mentaux. Les 4 autres, réunis avec des hôpitaux
privés, ont 106 lits pour cette dernière catégorie de malades. L'expé
rience a montré qu'il n'y avait pas d'inconvénient à cette organisation
mais certains avantages pour les malades psychiatriques. Avec les-
méthodes actuelles de traitement, il y a relativement peu de malades
bruyants ou violents, étant donné que 70 % de tous les hospitalisés
de cette catégorie appartiennent aux groupes des déprimés et des
schizophréniques. Un autre inconvénient allégué, la durée du séjour
des malades mentaux, a été écarté par le fait qu'en moyenne ces
malades ne sont restés dans les 4 hôpitaux que 41 jours. 24 malades
traités au métrazol ont même quitté l'hôpital au bout de 22 jours de
traitement. Aussi l'intérêt pour les malades mentaux s'est-il cons
idérablement accru depuis l'introduction de ce traitement, et par
conséquent l'attitude du corps infirmier et de l'administration s'est
également améliorée. Un autre avantage pour les malades mentaux
est l'opportunité qu'ils ont de profiter des installations de laboratoires-
qui permettent de faire les analyses physico-chimiques complexes
qui n'étaient accessibles qu'aux malades de médecine générale.
Depuis peu, on a engagé un chimiste pour la section psychiatrique;
dans le plus grand hôpital. J. A.
517. — C. A. BRONNER et LOIS E. TAYLOR. — A study of
accidents in a mental hospital ( Une étude sur les accidents dans un PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 44t
hôpital pour maladies mentales). — Ara. J. of P., XCVI, sept. 1939,
p. 285-295.
Étude statistique s'étendant sur une période de deux ans au
« Danvers State Hospital » et concernant les facteurs tels que l'âge du
malade, la nature de la lésion, le traitement appliqué et la part de
responsabilité du malade lui-même dans son accident. Le nombre de
ces accidents s'élevait à 4.755, c'est-à-dire en moyenne à un accident
par an et par malade. Ce taux est un peu plus élevé chez les femmes
que chez les hommes. Les accidents sont fréquents chez les plus
jeunes et les plus âgés parmi les malades ; dans l'après-midi plutôt
qu'à un autre moment de la journée. Aux heures des repas, ils sont
moins fréquents que durant la promenade ou pendant une autre
occupation.
L'accident est causé le plus souvent par la violence d'un autre
malade. L'outil le plus commun est, surtout chez la femme, la chaus
sure qu'ils tiennent dans la main.
Voici la nature de ces accidents : 56 tentatives de suicide, dont
5 cas de mort ; 106 fractures et 251 lacérations ayant nécessité des
sutures.
L'étude montre la part que jouent l'encombrement des services,,
l'insuffisance du personnel et d'autres causes dues aux facteurs-
d'environnement, mais elle indique aussi la possibilité de diminuer
le taux de ces accidents en prenant des mesures préventives.
J. A.
518. — G. FERDIÈRE. — Intérêt du « signe du poignet figé » et
des manœuvres de Froment en neuro-psychiatrie. — An. Méd.-Ps.,
XV, 97e an., 1939, I, p. 118-120.
Le signe de « la roue dentée » s'exagère dans les attitudes de
déséquilibre ou durant le travail mental. Cette exagération permet
de reconnaître un syndrome fruste de Parkinson ou de le distinguer,
en particulier, des états catatoniques. C'est au poignet qu'il est le
plus sensible. H. W.
519. — H. BARUK et M. RACINE. — L'électroeardiographie dans
les maladies mentales. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, Ir
p. 424-436.
L'électrocardiogramme est d'une remarquable constance chez
chaque individu. Il ne peut être modifié que par des lésions cardia
ques, certaines lésions du système nerveux central ou des troubles
endocriniens. En particulier chez un sujet normal ni la tension
musculaire, ni la tension intellectuelle ne peuvent le modifier. Il en
est autrement chez certains psychopathes. Dans la catatonie il peut
varier avec l'état de contracture ou de relâchement musculaire.
Il est modifié dans l'hébéphrénocatatonie, mais pas semble-t-il dans
la forme paranoide de la démence précoce.
Dans un cas de délire hallucinatoire les A. ont observé un bloc
septo-ventriculaire. Rien de semblable chez les autres malades
étudiés : cyclothymie, épilepsie, démence sénile, paralysie générale,
psychasthénie, etc. S'il ne s'agit que des rythmes cardiaques un
bruit soudain ne l'accélère pas chez un sujet normal ni même chez.

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