Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 299-313

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 299-313
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 299-313.
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a) Généralités. Symptomatologie. Syndromes divers. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 299-313.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6261PSYCHOLOGIE COMPARÉE 299
très clair des conceptions fondamentales de la psychologie de Pierre
Janet.
Les chapitres suivants envisagent les maladies du langage, les mal
adies de la mémoire et les maladies de la personnalité, non pour
donner un reflet de la psychiatrie, mais pour montrer ce que la psy
chologie en général peut tirer d'utile de l'étude des altérations morb
ides. H. P.
A. HESNARD et L. LAFORGUE. — L'évolution psychiatrique. —
In-8 de 309 pages. Paris, Payot, 1925. Prix : 20 francs.
Ce livre est le premier volume d'une série projetée de recueils,
ayant le caractère d'un périodique de psychiatrie, mais avec un but
de systématisation, et constituant en quelque sorte les archives de
la psychanalyse française, c'est-à-dire d'une psychanalyse entièr
ement étrangère à tout souci d'orthodoxie freudienne. Les auteurs
apportent, comme introduction personnelle, un aperçu historique
du mouvement psychanalytique en France et, en appendice, une
série de comptes rendus et de références bibliographiques.
Dans l'ensemble des études publiées, on trouve de courtes r
emarques de Claude et Laforgue sur la schizophrénie et la constitution
bipolaire du caractère schizoide, à propos d'une observation enfant
ine, et de R. de Saussure sur la technique de la psychanalyse freu
dienne ; une observation d'illusion anxieuse féminine de Codet et
Laforgue illustrant le rôle de la sexualité dans les névroses ; deux
articles d'Hesnard (l'intérêt de la psychanalyse pour la clinique psy
chiatrique française ; analyse d'un cas de psychose paranoide chez
une jeune fille) ; un examen de la « schizonoia » présentée comme
« arriération affective » par Codet et Laforgue, une étude générale
de Mme Minkowsha sur les troubles essentiels de la schizophrénie,
en rapport avec les données de la psychologie et de la biologie mod
erne, (le manque d'élan vital bergsonien laissant une pensée pure
sans volonté d'action, coïncide avec des troubles neurovégétatifs
caractérisés par l'absence du réflexe oculo-cardiaque), un examen,
appuyé sur un exemple clinique, du rôle des hallucinations psy
chiques dans l'exploration de l'inconscient, par A. CeiUier, une très
intéressante monographie des rêveurs par ,4. Borel et G. Robin, un
exposé suggestif de Minkowski sur la genèse delà notion de schizo
phrénie dans la psychiatrie contemporaine, et une confrontation par
Allendy de la psychanalyse avec les sciences anciennes, les doc
trines philosophiques de l'Inde, de la Grèce, de l'Egypte, etc.
L'avant-dernière étude est consacrée par J. Damourette et Ed.
Pichon, à la grammaire en tant que mode d'exploration de l'incons
cient. Nous lui consacrons, dans la rubrique du langage, un compte
rendu distinct.
Le livre, dans sa variété, est vivant et fort intéressant. On s'aper
çoit aisément, à sa lecture, que la psychanalyse française est en gé
néral bien peu « psychanalytique ». Il y a un effort d'analyse psychol
ogique, qui se manifeste par exemple dans la notion de la schizo
phrénie, mais qui est autrement sérieux et profond que ne le sont
les constructions de la mystique freudienne. H. P. 300 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
A. HESNARD. — Les psychoses et les frontières de la folie. — In-16
de 278 pages. Paris, Flammarion, 1924, Prix : 7 fr. 50.
De plus en plus le public cultivé s'intéresse au grave problème
de la folie. C'est donc à très juste titre que l'auteur s'est proposé
de lui fournir, dans un livre de haute vulgarisation, des données géné
rales de psychiatrie et de psychopathologie, complétées par un glos
saire des termes techniques.
Dans une première partie il examine les signes cliniques, les syn
dromes psychopathiques (formes dites élémentaires des hallucina
tions et délires, états d'excitation et de dépression, d'obnubilation,
de discordance, démences et états de dégénérescence) et l'évolution
des psychoses. Dans la seconde, consacrée au « problème de la folie »,
il envisage brièvement l'étiologie, les fondements anatomo-physio-
logiques et psychologiques, les théories classiques et esquisse sa
conception propre aboutissant à un schéma pathogénique.
Enfin, la troisième partie traite des frontières de la i'olie, des cons
titutions morbides et de la prophylaxie mentale.
Telles sont les grandes lignes de cet ouvrage intéressant où se
marque le constant souci d'originalité de l'auteur. H. P.
W. BECHTEREW. — Principes de réîlexologie pathologique. —
Scientia, XIX, 6, 1925, p. 391-402.
L'auteur considère que la psychiatrie est encore une science sub
jective, qui étudie des modifications de la conscience. Il soutient
qu'elle doit devenir objective, qu'elle doit constituer une réflexo-
logie. Aussi faut-il d'abord la débaptiser : au lieu de psychiatrie ou
de psychopathologie on parlera de « pathologie de la personnalité ».
Alors, on sera objectif. En outre, cette devra élucider
« non pas les symptômes de nature psychique ou subjective qui ont
lieu dans l'esprit du patient, mais seulement les modifications des
corrélations qui, par voie d'hérédité, d'éducation et par expérience
de la vie, se sont établies entre la personnalité et le milieu environ
nant et qui se manifestent p'ar une suite de réflexes associés».
On étudiera la parole et ses manifestations -délirantes, on distin
guera, « non seulement le contenu du délire, ses particularités indivi
duelles, mais aussi son développement», pour se rendre compte si
le délire est « d'origine primaire ou secondaire, emprunté ou spon
tané, hallucinatoire ou raisonné », s'il est fragmentaire, décousu,
systématique, folie des grandeurs, hypocondrie, délire de persécu
tion, sexuel, etc., etc.
En somme, on continuera à faire ce que fait tout psychiatre, à
condition de ne pas employer le mot conscience, ni le mot perception,
ni le mot mémoire, qui sont défendus, et l'on sera alors un réflexolo-
giste orthodoxe dans l'église du professeur Bechterew ! H. P.
ERNEST DUPRÉ. — Pathologie de l'imagination et de l'émotivité.
(Préface de Paul Bourget). — In-8 de 503 pages. Paris, Payot,
1925. Prix : 25 francs.
Dans %ce livre se trouvent, pieusement réunies par les soins du
Dr Logre, les principales études du regretté Dupré, groupées sous les
deux rubriques de l'imagination et de l'émotivité, avec, en chefs PSYCHOLOGIE COMPAKEE 301
de file, les articles sur la mythomanie (1905) et sur la constitution
émotive (1910) qui sont les principaux titres de gloire de l'éminent
psychiatre prématurément disparu.
A relire cet ensemble, on apprécie mieux l'apport considérable
de l'œuvre de Dupré à la psychopathologie moderne. En particulier,
au moment où l'hystérie paraissait disparaître des cadres morbides,
Dupré l'a recueillie, analysée en ses deux composantes — souvent
dissociées mais parfois réunies — l'émotivité excessive avec son cor
tège d'accidents propres, et l'imagination sans frein conduisant au
mensonge habituel et au pithiatisme.
La psychiatrie de guerre — en confirmant sur une très large échelle
le rôle pathogène de la « constitution émotive » , en donnant de mult
iples exemples de ce puérilisme que j'ai appelé le « syndrome de
Dupré » en décrivant une série de cas typiques que j'avais eu l'occa
sion d'observer chez des commotionnés de guerre, et qui a été en
effet décrit par lui pour la première fois, — a notablement contribué
à mettre en valeur les originales contributions de Dupré.
Aussi ce recueil, que précèdent une préface empruntée à la notice
des Nouvelles Pages de Critique où Paul Bourget rendit hommage
à son fidèle ami, et une biographie par un compagnon de Dupré,
le Dr Achalme, sera-t-il accueilli avec satisfaction dans toutes les
bibliothèques de ceux qui s'intéressent à la psychopathologie, et,
plus généralement, à la vie mentale de l'homme.
Certaines des études de Dupré atteignaient d'ailleurs le grand
public, comme cet article de la Revue des Deux- Mondes sur le témoi
gnage (de 1910) et les articles historiques sur la folie de Charles VI
et la mélancolie du peintre Hugo Van der Goes sans oublier un spi
rituel tableau des « mendiants thésauriseurs » . On les retrouvera avec
plaisir dans ce livre. H. P.
R.-P. TRUITT. — The relation oï social work to psychiatry {Les
rapports du « travail social » avec la psychiatrie). — Am. J. of I.,
V, 1, 1925, p. 108-106.
T. montre le rôle que peuvent jouer les « social workers » (infi
rmières visiteuses) en psychiatrie. Elles peuvent fournir aux médec
ins des renseignements sur la famille des malades, leur milieu, leur
entourage, et elles sont désignées pour suivre le malade après sa gué-
rison et lui donner les conseils et les directions nécessaires à sa réa
daptation sociale.
(Il est intéressant de noter l'importance de plus en plus grande
que prend aux Etats-Unis cette nouvelle forme d'activité. Bien
instruites et bien dirigées, les infirmières visiteuses sont en mesure
de recueillir les renseignements les plus précieux sur la psychologie
pratique, et sur les différents milieux sociaux.) G. P.
E.-S. ELWOOD. — The place of psychiatry in the medical school
curriculum {La place de la psychiatrie dans l'enseignement médical).
— Am. J. of I., IV, 4, 1925, p. 767-776.
E. réclame un renforcement des études de psychiatrie. Il insiste
particulièrement sur le rôle important que peut jouer l'hygiène ment
ale. A Columbia, les étudiants de deuxième année suivent un cours £02 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de psychologie médicale dont nous croyons intéressant de reproduire
le programme.
Introduction : L'esprit et la médecine. L'esprit et le corps. Idée
.générale des instincts et des émotions. Le groupe des instincts
égoïstes, des sexuels, des instincts grégaires. Modificatioas
culturales du comportement instinctif. Mécanismes mentaux. Types
anormaux d'adaptation mentale : les psycho névroses, les psychoses,
les anomalies du développement mental, le crime, les toxicomanies,
l'alcoolisme. La psychopathologie des maladies générales. Les hases
de la psychiatrie sociale, les bases de l'hygiène mentale.
Ces leçons servent d'introduction à l'enseignement de la psychiat
rie, et elles présentent, nous dit l'auteur, une grande utilité pour
l'étudiant lui-même. E. propose même d'étendre cette instruction
aux futurs professeurs et instituteurs, et à tous, ceux qui se destinent
à être des leaders de la pensée et de l'action. G. P.
E.-D. BOND. — A mental hospital of the fabulous forties {Un asile
d'aliénés au tentfps de la. fabuleuse quarantaine). — Am. J. of L, IV,
3, 1925, p. 527.536.
ANONYME. — The period of the Renaissance in psychiatry [L'époque
de la Renaissance en psychiatrie). — Am. J. oî I., IV, 3, 1925, p. 575-
582.
Nous ne faisons que signaler ces deux articles, intéressants pour
l'histoire de la psychiatrie. La « fabuleuse quarantaine » "est la dé
cade ,qui va de 1840 à 1850. D'après les documents provenant des
.archives de l'Hôpital de Pennsylvanie, Bond naus décrit, avec un
grand luxe de détails, la vie administrative et médicale d'un asile
d'aliénés à cette époque.
Cette décade a été du reste, dans tous les pays, notamment en Ang
leterre, en France et en Allemagne, une période de Renaissance
pour la psychiatrie, comme le montre, par de nombreux faits, l'au
teur anonyme du second article. G. P.
W. BOVEN. — L'hérédité en psychiatrie. — 0. Enc, 1924, 12,
p. 635-648.
• L'A. montre les modifications subies par le mendëlisme en passant
du monde végétal au monde animal et celles plus grandes encore
qui pourraient le rendre applicable à l'étude de l'homme. Il y a
d'abord certaines difficultés de méthode» les familles humaines ne
comportant pas habituellement le nombre d'individus, ni chaque
individu la longévité propres à faire apparaître l'exacte proportion
des caractères héréditaires. Les méthodes proposées par Weinberg
peuvent dans une certaine mesure parer à cet inconvénient. Mais Ü
reste Ja complexité des caractères, de leurs combinaisons qui juuant
dès lors comme un seul caractère se trouvent modifier l'importance
relative de leurs composants. Il y a les modifications possibles des
facteurs héréditaires par les infections, les intoxications, le fonde
ment de cette action étant peut-être dans les rapports du cyt
oplasme .avec le noyau. Il y a encore la différence d'effets produits
par un même facteur suivant l'époque du développement individuel
où il exerce son action. Ces difficultés montrent combien il serait !
PSYCHOLOGIE «OftLPJkREE dO3
vain de vouloir loader l'étude de l'hérédité chez l'homme sur des
statistiques et des nombres rigoureux. L'essentiel aéra plutôt d'ar
river par une enquête minutieuse sur les familles à isoler et retrouver
dans leurs transmutations diverses les facteurs qui interviennent
avec des effets variables en chaque individu. H. W.
G. PELLACANI. — II valore délie costituzioni ereditarie in pnco-
patologia (La valeur de la constitution liéréditaire en psycho-pat
hologie). — Riv. sp. di Fr., IL, 1, p. 122-157.
F Revue des idées et théories sur les constitutions psychiques nor
males et pathologiques, depuis les classifications de Galien et Hippo-
crate, jusqu'à «elle de l'école italienne, qui essaie de leur donner
pour fondement des particularités organiques et particulièrement
endocriniennes, au celles de Bleuler entre autres qui est exclusivement
psychologique. Gelle de Rretschmer ferait le trait d'union. Revue
des recherches laites sur l'hérédité psychopathique, et démonstrat
ion des difficultés que comporte l'application des lois de Mendel
<à l'espèce humaine.
L'auteur conclut que les éléments constitutionnels sont dans leurs
manifestations fortement pénétrés ou influencés par « les conditions »
ou facteurs actuels, tels qu'intoxication, infection que l'individu
peut subir dès la période fœtale. Ils peuvent aussi se mêler et se com
biner suivant les individus. Pour l'hérédité, même complexité et
même incertitude : distinction difficile entre les caractères domi
nants, récessifs, à manifestations dissemblables. Des recherches po
sitives sont nécessaires pour en finir avec les romans neuro-endoc
riniens dont la ,psychiatrie d'aujourd'hui fait encore trop usage.
H. W.
A. MAEBER. — Psycûopathologie et pathologie îgénér aie. — Bnc.
1925, 3, p. 163-177,
Nos sciences biologiques sont trop analytiques. 21 s'agit mainte
nant de voir les phénomènes en profondeur. La même excitation
peut .transmettre ses ondes au travers des plans successifs qui mènent
•du psychique à l'organique. Le point de départ d'une tuberculose
pulmonaire, d'un ulcère gastrique peut être une intention mentale
d'auto-destruction. Lutter contre le bacille ou le chimisme gas
trique au lieu de rechercher l'influence morale, c'est perdre son temps.
Tous les processus par lesquels l'organisme se détruit ou se régéûè*e
^ont leur équivalent psychique. Il y a une fonction alexique, une
Jonction lytique, etc., dans le plan mental comme dans le domaine
humoral. H. W»
H. WALLON. — L'enfant turbulent. Etude sur les retards et les ano
malies du développement moteur et mental. — 1 vol. in-8 de la
Bibliothèque de Psychologie de l'enfant et de Pédagogie, 653 pages,
Paris, Alcan, 1925. Prix : 40 francs.
C'est le résultat de vingt années d'observations — se traduisant
sdàns un excellent recueil annexe de 214 cas bien étudiés — et de
réflexions sur les problèmes des anomalies du développement neuro-
mental, qui se trouve condensé dans cet important travail. 304 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur, médecin et philosophe, a pensé que les arrêts patholo
giques de développement devaient permettre de préciser des stades
qui ne peuvent apparaître rettement au cours du développement
normal, trop rapide, variable et complexe.
A vrai dire, par « stades» il entend moins des étapes chronologiques»
historiques, que des niveaux hiérarchiquement superposés.
Et ces stades, caractérisés par des formes définies de comportement,
répondraient à des phases d'évolution du système nerveux qu'il est
important de chercher à déterminer, en se fondant sur notre connais
sance actuelle du fonctionnement bulbo-médullaire et cérébral.
Le niveau le plus inférieur, que l'on rencontre dans les arrêts
précoces de développement, dans les états d'idiotie, est celui de
l'activité impulsive, forme très primitive — ou très dégradée — qui
se rencontre sous particulièrement nette dans l'obnubilation
épileptique. Cette activité est dite « préconsciente » par l'auteur,
expression qui n'est pas heureuse puisqu'elle comporte une hypothèse
invérifiable. Bien que les études soient nettement objectives et
consacrées au comportement, la notion de conscience intervient
souvent dans le langage, on peut le regretter.
Le second niveau correspond à l'activité émotionnelle, aux réactions
généralisées, diffuses, comportant, à côté des réponses utiles, une
multiplicité d'efforts superflus, dans la colère, si fréquente chez
l'arriéré, la joie caressante, la peur, déjà plus rare, et la tristesse assez
exceptionnelle. L'étude de ce niveau est une occasion, pour l'auteur,
d'examiner de façon très complète le problème de la nature et du
mécanisme de l'émotion, sous une forme très intéressante, dans
laquelle l'activité émotionnelle est rattachée au fonctionnement de
l'appareil nerveux végétatif, to nico -viscéral, qui l'emporte sur le
système de la vie de relation, aux stades précoces du développement.
Un niveau plus élevé, mais difficile à différencier du précédent dans
les observations cliniques, est fourni par le stade « sensitivo-
moteur » correspondant aux formes les plus simples du circuit
réaction nel à voies définies et limitées, les premières réactions ayant
d'ailleurs leur point de départ dans les formes de sensibilité proto-
pathique dépendant du système autonome, tonico-viscéral. L'étude
de ce niveau comporte une excellente analyse des formes élémentaires
de la motricité enfantine.
L'épilepsie révèle un stade, habituellement masqué, formant
transition entre les étapes subjectives, émotionnelle et sensitivo-
motrice et le niveau supérieur de la mentalité objective, c'est le stade
« projectif » où ne vaut que l'immédiat, le concret. Il s'agirait même
plutôt d'un « type » particulier de comportement, et l'on se rappro
cherait ainsi des « syndromes » qui sont étudiés avec pénétration
dans la seconde partie du livre où sont alors envisagés, en somme,
les rapports du psychisme avec la motricité : Les quatre grands syn
dromes psychomoteurs étudiés (et qui sont appuyés par 139 des
observations réunies) sont ceux d'asynergie motrice et mentale,
d'hypertonie, d'automatisme émotivo-moteur, et d'insuffisance
frontale. Les premiers relèvent essentiellement d'une insuffisance
cérébelleuse, les seconds d'un déséquilibre de coordination, d'une
insuffisance des éléments de contrôle et de régulation du tonus, PSYCHOLOGIE COMPAREE 305
dans la région des noyaux de base et du mésocéphale, les troisièmes
enfin d'une perturbation dans le fonctionnement des centres opto-
striés commandant les réponses affectives ; la dernière forme comporte
un déséquilibre général des fonctions dû à la défaillance du système
le plus élevé de coordination, d'intégration, de contrôle, qui siégerait
dans la région frontale.
Il y a des remarques excellentes sur le psychisme dans l'incoor
dination cérébelleuse, dans l'hypertonie et la chorée, etc.
Extrêmement suggestif, plein de données précieuses pour la péda
gogie et la psychophysiologie générale, cet ouvrage sur l'enfant
turbulent ne passera pas inaperçu. Si l'insuffisance de résumés
synthétiques ne permet pas de le parcourir pour s'en faire simplement
une idée d'ensemble, s'il faut, pour le bien comprendre, le lire atten
tivement et même le relire, on ne perdra pas son temps, le faisant :
C'est vraiment un travail de premier ordre. H. P.
G. HEUYER. — Les signes de fragilité cérébrale des enfants bien
doués. — La Prophylaxie mentale, I, 1925, p. 14-22.
Il y a des enfants bien doués dont le développement mental s'arrête
parfois brusquement et qui présentaient certainement une fragilité
cérébrale particulière importante à dépister de façon précoce, pour
protéger ces enfants contre un surmenage dangereux.
L'auteur, sur le conseil du Dr Toulouse, a recherché chez les enfants
bien doués ces signes de prédisposition psychopathique ; il cite des
cas où s'observe une émotivité pathologique, des accès de dépression,
une instabilité cyclo-thymique (succession de périodes d'excitation
et de dépression), une disposition paranoïaque (vanité, malveillance,
récrimination, interprétation), la mythomanie, la propension à des
accidents (convulsifs ou oniriques) au cours d'infections banales
(rougeole, adénoïdite), enfin des perversions.
Ces signes sont assez précoces pour permettre une surveillance
efficace des enfants bien doués ayant cette fragilité cérébrale.
H. P.
C.-W. BURR. — The mental disorders of childhood [Les troubles
mentaux de Venjance). — Am. J. of I., p. 145-162.
B. passe en revue les troubles mentaux chez l'enfant, les maladies
de la thyroïde et du thymus, le délire fébrile, qu'il considère comme
symptomatique d'instabilité nerveuse, quand il apparaît dans les
états fébriles légers, les peurs, la timidité, les troubles du caractère,
la précocité intellectuelle, qu'il regarde comme étant en général d'un
mauvais pronostic, la paralysie infantile, la chorée, l'encéphalite
épidémique, et les psychoses. Le délire n'apparaît chez l'Américain
moyen, tout au moins sous une forme systématisée, pas avant
12 ans. Les hallucinations peuvent se produire dès que l'enfant est
assez âgé pour rêver. La paranoïa est très rare. G. P.
W. TIMME. — Childhood inadequacy in relation to the internal glan
dular system [Inaptitude de l'enfant en avec le système des
sécrétions internes). — Am. J. of I., IV, 3, 1925, p. 499-501.
Il y a un groupe important de jeunes sujets caractérisés par l'hy-
l'année psychologique, xxvi. 20 306; ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
poplasie du système cardiovasculaire et par des troubles des sécré-
tionsr internes. Il en résulte chez eux des anomalies psychiques-
variées, qui sont en relation les unes avec les autres, mais qui ne
dépendent pas forcément l'une de l'autre. La normalité est un état-
complexe, fait d'éléments variés, dont chacun, intelligence, carac
tère, moralité peut être atteint indépendamment des autres. Il y
aurait, pour T., 720 combinaisons possibles de ces troubles. Le pro
cessus pathologique toutefois n'apparaît nullement comme fatal et
il nous serait posssible dans bien des cas d'intervenir pour ramener
ces individus à un état voisin de la normalité. G. P.
H. -H. YOUNG. — A speech clinic esse with misconduct as by-pto-
dukt (Un cas de trouble de langage accompagné de défaillances de-
conduite). — .1. of appl. Ps., IX, 4, 1925, p. 371-382.
Une enfant de sept ans, incapable de prononcer correctement et
parlant un langage presque incompréhensible, a été améliorée très
sensiblement par un enseignement méthodique à la clinique psycho
logique de l'Université d' Indiana. Les troubles du caractère auxquels
l'enfant a été sujette ont disparu à la suite de l'amélioration du lan
gage. D. W.
A. LEY. — Normaux et Anormaux. Contribution à l'étude de la
dégénérescence dans ses rapports avec l'hérédité et le milieu. —
Bull, de l'Ac. royale de Médecine de Belgique, 1925, p. 88-114.
L'auteur a poursuivi une enquête fort intéressante sur deux
groupes, de 150 enfants chacun (50 filles et 100 garçons), les uns
normaux ,les autres arriérés présentant une débilité mentale bien,
établie.
C'est chez ces derniers qu'on trouve le plus fréquemment des tares-
héréditaires (les mêmes se rencontrant parfois dans l'ascendance dea
normaux), auxquelles se combinent des influences nocives émanant
du milieu social.
« Le double déterminisme des deux facteurs, conclut Ley, peut
être considéré comme un fait bien acquis. Dans cette influence simul
tanée de l'hérédité et du milieu sur le développement physique et
moral de l'homme, on peut concevoir que la première nous donne,
avee les potentialités morphologiques, les instincts fondamentaux,
les tendances psychologiques générales et certaines aptitudes. Le
milieu et l'éducation viendraient ensuite, par les modes biologiques
connus de la variation et de la fluctuation, les affiner et guider leur
développement harmonique, ou les réprimer et les inhiber. C'est eu
grande partie grâce à cette action régulatrice du milieu, et notamment
auac variations produites par les réactions interpsychologiques indi
viduelles, que le fonds instinctif héréditaire peut être influencé et
qwe sont rendues possibles les finesses et les complexités de la vie
en société ». H. P.
L. KOLB. — The relation of intelligence to the etiology of drug
addiction (L'intelligence dans Vétiologie de la toxicomanie). — Am.
J. of I., V, 1, 1925, p. 163-168. L
K. a testé 100 toxicomanes par la méthode Binet-Stanford. Ces PSYCHOLOGIE CO MP A BEB 307
résultats ne doivent pas être considérés comme correspondant tout
à fait à la moyenne générale, un certain nombre de malades apparte
nant à des professions libérales et qui auraient sans doute fourni
des I. Q. assez élevés ayant été éliminés de cet examen. Voici lea
chiffres obtenus :
I. Q. Blancs Colorés Total
Moins de 70 2 8 10
2 70-75. 8 10
76-85 9 5 14
86*95 32 6 38
20 96-105 .. 17 3
106110 ... 6 1 7
Plus de 110 1 0 1
II y a donc un pourcentage un peu plus élevé de faibles d'esprit
que dans la population normale. Mais la différence n'est pas très
grande. En revanche, l'examen mental montre que 90 % des malades
étaient déjà des psychopathes ou des névrosés avant de s'adonner aux
toxiques.
Le facteur le plus important dans l'étiologie de la toxicomanie ne-
semble donc pas être la faiblesse de l'intelligence. G. P.
, T. A. WILLIAMS. — The mechanism of the psychoneuroses (Le
mécanisme des psychonévroses). — Am. J. of I., IV, 3, 1925, p. 431-
441.
W. pense qu'on doit réserver le nom de psychonévroses aux
troubles qui ont une origine psychologique, et sur lesquels, par
conséquent, on peut agir par des moyens psychologiques.
Dans un grand nombre de cas, l'attitude émotionnelle a pour origine
là perception d'une situation donnée. Quand cette attitude a pour
effet une désadaptation du sujet, devenu incapable de répondre
joyeusement à l'existence, alors nous nous trouvons en face d'une
psychonévrose. Ce n'est pas que le malade soit conscient de ce méca
nisme, au contraire. Le rôle du thérapeute est de l'éclairer sur lui-
même (sans lui faire de morale, ce qui est toujours inutile), de le
guider, d'amener son bon sens naturel à faire un meilleur choix.
La psychothérapie de W. est donc inspirée, très librement, du
Freudisme. G. P.
P. COURBON. — Découverte et châtiment tardifs de deux criminelles
après dénonciation de l'une par réaction de défense de l'autre de
venue aliénée. — J. de Ps., XXII, 7, 1925, p. lxxfx-lxxx. .
En dépit de son affaiblissement psychique, de ses hallucinations,
de sa suggestibilité, la dénonciatrice persiste à nier sa participation
au crime. H. W.

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