Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 453-469

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 453-469
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus
physiologiques
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 453-469.
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 453-
469.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6277SENSATION ET PERCEPTION 453
par l'auteur avec le dispositif de V. Hornbostel-Wertheimer — iden
tique au dispositif plus ancien de Myers, ignoré, semble-t-il, des
auteurs allemands, comme tout l'ensemble des travaux français,
anglais et américains sur le problème de la localisation auditive — , et
aboutissent à cette conclusion que ce sont les différences d'intensité
qui interviennent. Quel travail perdu que de reprendre toujours les
mêmes questions, alors que des recherches décisives ont à l'heure
actuelle précisé les mécanismes, leur degré d'exactitude et leur limite
d'intervention, comme si rien n'avait été fait !
Une deuxième série de recherches porte snr l'appréciation des in
tensités dans l'audition uniauriculaire, une tro'sième sur l'apprécia
tion de l'intensité et de la qualité avec des pavillons écouteurs, une
quatrième sur le seuil de perception d'un changement de direction
d'un son, en rapport avec la position de l'axe de direction vis-à-vis
de l'oreille externe, et de l'ouverture de la conque ; enfin une ci
nquième sur l'appréciation des qualités du son en rapport avec la
position de la source vis-à-vis de l'oreille.
L'auteur met en évidence le fait que la perception du caractère
du son change notablement avec la position de la source. Il y a un
champ auditif central, caractérisé par une force apparente plus
grande du son entier, et par une clarté plus grande du complexe de
sensation, et un champ périphérique subdivisé en une partie anté
rieure, une postérieure, une inférieure et une supérieure. Le champ
central est défini pour chaque oreille par des axes atteignant le
conduit auriculaire sans rencontrer l'obstacle de la tête, de la
conque, du tragus. L'impression de champ périphérique est donnée
si, dans la région du champ central on interpose un obstacle sur l'axe
de direction de la source, une plaque de bois par exemple, près de
l'oreille. La localisation monotique d'un son est très grossière et peu
exacte, et son inexactitude est parallèle à celle de la mémoire absolue
des bruits ; mais, pour deux sons successifs, avec déplacement de la
source, la localisation relative, l'appréciation du déplacement, se
montre assez exacte, avec des différences individuelles, et une varia
tion notable suivant la nature et la position initiale du son : c'est
dans le champ central que le seuil de déplacement est le plus élevé, la partie antéro -inférieure du champ périphérique qu'il est le
plus fin. H. P.
7° Vision. Motricité oculaire
a) Généralités. Théories. Lois psychologiques.
Processus physiologiques.
E. ESTANAVE. — La photographie intégrale. — Photo-Revue,
37e Année, 17, 1er septembre 1925, p. 132-134.
G. Lippmann avait découvert qu'en prenant, sur une plaque pho
tographique, de nombreuses images d'un objet, avec une multitude-
de petits objectifs, on pouvait obtenir la perception visuelle d'une
seule image, douée de relief. Estanave a développé cette découverte
de Lippmann et réalisé des objectifs par juxtaposition de multiples 454 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
loupes stanhopes de 6 millimètres de distance focale, à faces latérales
noircies, objectifs ayant l'aspect d'un œil composé d'insecte (avec
un nombre de loupes qui a été, au cours d'essais successifs, de 56, 95^
et enfin 432 loupes). L'objectif est simplement posé sur une plaque
photographique de 6 1 /2 x 9, le tout étant mis sous châssis. En
ouvrant le châssis, on obtient une impression, qui, au développement,
fournit autant de petites images que de loupes dans l'objectif. Il
suffit ensuite de replacer l'objectif dans la position initiale sur la
plaque développée et inversée du noir au blanc, pour que, en regar
dant par le côté lenticulaire après retournement de 180°, on perçoive
une image unique, douée de relief, localisée derrière la plaque, et se
déplaçant par rapport aux bords suivant l'orientation du regard.
Quel est le mécanisme de l'unification de l'image ? L'œil placé en
une position donnée verra un point de l'objet emprunté à une image,
un autre point emprunté à une autre imagé, mais ne pourra pas voir
un même à plusieurs images ; il reconstituera ainsi
une image par éléments juxtaposés empruntés aux diverses images
de la plaque (ou du moins à un certain nombre de celles-ci, suivant la
position de l'œil).
Dans la figure explicative, on représente un point A d'un certain
objet donnant sur la plaque PP' un certain nombre d'images telles
a' , a". Si l'on éclaire ensuite la plaque par une source à rayons que a,
parallèles L, les différentes images a, a', a", se projetteront toutes
en A, sur l'écran EE'. Si l'œil, est placé en O, sur le trajet Asa, il voit
le point a, mais ne peut voir a' ni a", en O' il verra seulement a' ;
en O" seulement a". Et ce qui est vrai de a est vrai de b et de tout
autre point de l'image.
Les deux yeux n'étant pas à la même place, l'image composite est
différente pour l'un et pour l'autre, et il en résulte, en vision binocul
aire, une impression de relief très vive.
Est-ce que cette « photographie intégrale » peut rendre compte de
la vision des insectes par yeux composés, comme le pensait Lipp-
mann ? Ceci est une autre histoire. Il n'y a plus ici un œil pour
regarder l'image en dehors à travers les ocelles juxtaposés. Si, derrière
chaque loupe de l'objectif, on plaçait un grain unique d'émulsion,
correspondant à la fibre nerveuse unique, on ne pourrait avoir de
multiples images, mais une série de taches plus ou moins foncées,
suivant Péclairement moyen de chaque loupe ; l'ensemble donnerait
quelque chose de très différent d'une image des objets, une représen
tation de la distribution moyenne des clartés dans le champ oculaire
global. Une grande masse d'ombre ou de lumière se dessinera assez
bien, mais non les formes un peu fines. C'est cela seul, qui pourra
servir de base à la perception de l'insecte au moyen des yeux compos
és. Mais la sensibilité pourra être très grande à un mouvement de
niasses sombres ou lumineuses, grâce à des phénomènes de sommat
ion.
Très intéressant par lui-même, le procédé de Lippmann et
Estanave ne peut rien apporter d'utile pour le mécanisme de la vision
des Insectes. H. P. SENSATION ET PERCEPTION 455
A. KOUTARIC. — Les actions chimiques de la lumière. - — Nat. 2655,
1925, p. 115-119.
Les actions chimiques de la lumière peuvent être, schématique-
ment, de deux ordres : catalytiques ou énergétiques. Pour employer
la formule de Bouasse : « Un âne tire une voiture, il reçoit des coups
de fouet de son conducteur ; la lumière joue-t-elle le rôle de l'âne ou
le rôle du ? «
Le mécanisme des actions catalytiques est obscur. Dans certains
cas, probablement, la lumière produit, en très petites quantités, un
corps de la nature d'un catalyseur qui atténue les frottements ch
imiques ; dans d'autres cas, un échauffement local peut faciliter la
réaction ; mais aucune relation n'existe entre l'énergie lumineuse
reçue par le système et l'ampleur de l'effet produit. Aussi bien, les
actinomètres proposés pour mesurer l'intensité d'un faisceau lumi
neux par les actions chimiques qu'ils déterminent ne semblent pas
avoir de base théorique solide.
Les réactions purement énergétiques seraient plus rares, surtout
dans le domaine de la lumière visible. Elles semblent plus impor
tantes dans celui de l'ultra-violet. Un grand nombre de réactions
endothermiques s'effectuent sous l'action de rayons ultra-violets de
fréquence convenable.
Généralement, l'action de la lumière croît à mesure qu'on va vers
les courtes longueurs d'onde. Le rôle de la fréquence vibratoire dans
la lumière serait comparable à celui de la température dans la cha
leur : la chimie des hautes fréquences serait voisine de celle des
hautes températures. L'action peut être aussi bien de synthèse que
de décomposition : en face de l'assimilation chlorophylienne on peut
placer la photolyse de sucres, de corps gras, de protéines, qui est une
véritable digestion, ou les actions bactéricides.
On a pu dire ainsi qu'il y avait réversibilité entre la lumière et les
phénomènes chimiques.
D'après des travaux récents, ceux de Jean Perrin et de Lewis, le rôle
de la lumière serait plus fondamental encore : il n'y aurait pas réac
tion chimique sans émission ou absorption de lumière. Elle se
rait à la base de toutes les dislocations et de tous les regroupements
d'atomes.
Cette conception s'étendrait aux transformations radioactives
elles-mêmes. Ces transformations impliquent, on le sait, l'apparition
et la disparition simultanées de certains atomes. On en rendrait
compte en supposant qu'il s'agit d'absorption d'une certaine radiation
amenant le noyau du radium en un état critique fugitif susceptible
d'exploser spontanément. La réaction s'écrirait en ce cas :
L ■-*- Ra -> Em + He h- W
W représentant l'énergie cinétique des rayons a (projectiles d'hé
lium) et des rayons a (projectiles d'émanation) produits par l'explo
sion atomique. L'invariance des propriétés radioactives conduit à
admettre que ce rayonnement excitateur, s'il existe, est le même en
tous les points du globe. Il doit donc être extrêmement pénétrant et
ne peut jaillir que des régions profondes de la Terre et des divers
astres. C'est pourquoi Perrin l'appelle rayonnement ultra-X. I. M. 456 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
P. LASAREFF. — Die mathematischen Theorien der Dankeladaptat
ion des menschlichen Anges {Les théories mathématiques de V adap
tation à V obscurité de Vœil de Vhomme). — J. für Ps., XXXII, 4-5,
1926, p. 232-252. — La théorie statisticiue de l'adaptation de l'œil
au cours de la vision périphérique. — C. R., 180, 23, 1925, p. 1786-
1788.
L'étude du Journal für Psychologie se divise en deux parties bien,
distinctes :
Dans la première, Lasareff rappelle sa théorie générale de l'adap
tation, qui aboutit à une formule exponentielle de la varia
tion de la sensibilité en fonction de la durée du séjour à l'obscurité :
E = M — Ne"*',
il montre que la théorie un peu différente de'Putter, telle qu'il l'expose
(en la déformant d'ailleurs) conduit à une formule identique, enfin il
défend sa formule et son interprétation chimique (réaction monom
oléculaire) contre les critiques de Hecht, qui soutenant l'interpré
tation par une réaction bimoléculaire, juge seule valable une formule
du type :
Lasareff montre que, pour les durées étudiées, les deux formules,
avec un choix convenable des constantes, donnent des courbes d'inter
polation pratiquement indistinguables, que, si sa formule ne s'ap
plique pas aux résultats de Nagel pour les temps courts, celle de
Hecht — quoi qu'en dise celui-ci — ne s'applique pas mieux ; enfin,
ayant fait étudier l'adaptation pour de longues durées (jusqu'à
24 heures) par deux de ses élèves, il indique que, lorsqu'on peut
distinguer le comportement graphique des deux formules, c'est la
sienne qui convient. Et l'interprétation monomoléculaire est la
bonne.
Mais, voici la deuxième partie : cette théorie, si victorieusement
défendue, est purement et simplement abandonnée pour une autre,
le nouveau vêtement étant plus à la mode du jour. Il s'agit d'une
théorie statistique de l'adaptation — résumée dans la note des
Comptes Rendus — fondée sur la validité pour l'excitation visuelle
du nerf optique de la loi du tout ou rien. Dès lors que cette loi est
admise, une augmentation de l'intensité lumineuse tient à la partic
ipation d'un nombre plus grand de récepteurs, à l'accroissement en
surface de l'excitation.
La théorie générale va être la suivante : sous l'influence de la
lumière, il y a transformation photochimique d'une molécule de
pourpre des bâtonnets absorbant un quantum de lumière,et déclanche-
ment d'une réaction autocatalytique produisant les ions excitateurs
du nerf. L'excitation du nerf — maximale dès qu'elle se produit —
n'est possible que pour un taux défini de concentration du pourpre
dans les bâtonnets. Sous l'action de la lumière, un grand nombre de
bâtonnets ont un taux de pourpre insuffisant pour que l'excitation ET PERCEPTION 457 SENSATION
soit possible. A l'obscurité, la régénération va se faire à très grande
vitesse et est terminée à des moments différents dans les bâtonnets
différents ; le nombre des bâtonnets par unité de surface dans lesquels
se fait cette restitution en un temps dt, ou dN, est proportionnel au
nombre total des bâtonnets n'ayant pas encore subi la régénération
{No — N, No étant le nombre des bâtonnets par unité de surface,
N le nombre des déjà adaptés) :
dN = a(N0 — N)dt.
Par intégration, on obtient :
N = N0(l — ve-a<).
En envisageant le nombre de bâtonnets excités en un temps donné
comme égal au produit du nombre des bâtonnets déjà adaptés N par
le nombre de quanta de lumière absorbés et en tenant compte du liminaire de quanta (constante A), on a
A = INO(1 -Te-a<).
En envisageant la sensibilité E comme la réciproque de l'intensité
liminaire I, on tire
E=EO(1 — Te-at)-
On aboutit ainsi à la même formule de l'adaptation que par la
théorie de la reconstitution monomoléculaire progressive du pourpre.
En donnant ainsi une déduction numérique, conforme à l'expé
rience, d'une théorie certainement inapplicable — comme il s'en
serait vite aperçu s'il était biologiste et connaissait mieux les faits
acquis en matière de physiologie de la vision — , Lasareff a donné la
plus belle démonstration expérimentale du caractère insuffisamment
probant, pour une théorie, de l'accord numérique avec les résultats
empiriquement obtenus, de déductions conduites d'ailleurs de man
ière à rejoindre du mieux possible les faits connus.
Du moment qu'il peut exprimer le processus de l'adaptation dans
le temps, à partir de considérations aussi différentes que celles qui
servent de point de départ à ses deux théories successives — en
attendant peut-être une troisième — Lasareff montre qu'on ne peut
rien conclure de certain de cette réussite qu'il considérait pourtant
comme très démonstrative. H. P.
WILLIAM MAYO VENABLE. — The quantum Theory and the
stimuli for the Visual sensations (La théorie des quanta et les stimuli
des sensations visuelles). — Am. J. of Ph. Opt., VI, 3, 1925, p. 403-
415.
L'auteur a attribué les sensations visuelles à trois couples de fon
damentales : q= blanc; =p jaune ; =p vert. Le mécanisme de l'action
lumineuse consisterait en des déplacements d'électrons dans des
substances de ■l'œil. On peut penser qu'il existe trois substances dis
tinctes dont chacune correspondrait à un couple de couleurs suivant .
458 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la conception de Hering ; mais il a trouvé qu'une substance unique
capable, comme l'atome de Bohr, d'absorber et d'irradier de l'éner
gie, pouvait suffire à rendre compte de tous les phénomènes de cou
leur.
W. M. Venable s'est donc proposé de donner un modèle mécanique
des processus visuels ; sa conception ingénieuse mais singulièr
ement compliquée est, dans ses grandes lignes, la suivante :
Dans la molécule de pourpre — considérée comme un atome
agrandi — une sensation visuelle est liée à la position d'un électron
sur une orbite différente de son orbite de repos.
Changes in orbits of electrons ir V!SU a 1 pu»-p 'e .
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L'absorption de quanta définis pour une longueur d'onde'donnée
entraîne un déplacement d'électrons de la position de repos, et cette
action est complétée par absorption ou émission de quanta à partir
d'une substance de l'œil, ce qui entraîne l'électron sur une|orbite
plus ou moins extérieure. SENSATION ET PERCEPTION 459
Des calculs avec tâtonnements ont conduit à déterminer les chan
gements d'orbite tels qu'ils peuvent résulter des longueurs d'önde
auxquelles correspondent les impressions de couleur pure dans le
spectre, ces changements étant complétés par addition ou soustrac
tion de quanta supplémentaires (la libération ou l'absorption de 6
donnant le blanc ou le noir, de 3 donnant le jaune ou le bleu, de 2 ' le vert ou le rouge pourpre).
Dans la figure ci-jointe, sont indiqués les changements d'orbite
réalisés par action des radiations correspondant aux points critiques
du spectre (actions maxima, pures, des trois composantes dans les
deux sens) : à partir de l'orbite de repos (12) l'électron atteint par
absorption d'un quantum donné d'énergie lumineuse, une orbite de
plus en plus éloignée, quand augmente la fréquence ; puis, par ac
tion des quanta supplémentaires (exprimés ici par intervention de
deux catégories de quanta x et y que l'auteur se charge ensuite
d'unifier en faisant une hypothèse complémentaire), il y a atteinte
de l'orbite déterminant l'action sur le processus fondamental dans le
sens + ou le sens — .
L'auteur ne donne d'ailleurs aucun renseignement sur la manière
dont ces processus électroniques pourraient engendrer dans le nerf
les réponses spécifiques ? H. P.
VERNON W. LBMMON. — A Modification of the Ladd Franklin
theory of Color Vision. A suggested explanation of Blackness (Une
modification de la théorie des couleurs de L. F. Une explication
proposée de la sensation de noir). — Am. J. of Ph. Opt., VI, 3, 1925,
p. 449-452. — CHRISTINE LADD-FRANKLIN. — The theory
of Blackness (La théorie de la sensation de noir). — Ibid., p. 453-454.
Les données complémentaires que Lemmon propose, pour la
théorie de Mrs Ladd-Franklin, sont les suivantes :
1° La rétine contient une substance-mère dissociée par la lumière
en des produits de clivage plus ou moins nombreux, rouge, jaune,
vert, bleu et blanc) ;
2° La sensation est suscitée par le produit de clivage à l'état
naissant, l'intensité dépendant de la vitesse de formation de ce
produit ;
3° Les produits rouge et vert tendent à s'unir pour donner le
jaune, le jaune et le bleu, pour former le blanc ;
4° Les tendent à s'unifier pour redonner la substance-
mère avec une vitesse proportionnelle à leur concentration ;
5° Les molécules dont dérivent les produits de clivage sont très
instables ;
6° La substance-mère à l'état naissant, quand elle vient d'être
reformée à partir des produits de clivage, agit sur les terminaisons
nerveuses pour engendrer la sensation de noir.
Cette conception de l'excitation par les substances à l'état naissant
donne à la sensation de noir une origine semblable à celle des autres
sensations.
Mra Ladd-Franklin n'admet pas cependant cette conception,
parce que le noir est une sensation très différente des autres, en ce
qu'elle ne comporte pas de degrés d'intensité. H. P. 460 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
G.-M. MICHAELS. — Black : a non-light sensation (Le noir, sensation
de non-lumière). — Ps. Rev., XXXII, 3, 1925, p. 248-250.
Il y a six couleurs élémentaires : le rouge, le jaune, le vert, le bleu,
le blanc et le noir. Quatre de ces couleurs sont chromatiques : le rouge,
le jaune, le vert, et le bleu. Le blanc et le noir sont achromatiques.
Cinq dé ces couleurs élémentaires, à savoir les quatre couleurs chro
matiques et le blanc possèdent une gamme d'intensité. Le noir a
seulement un degré d'intensité. C'est une sensation de non-lumière
attachée au zéro de stimulation. La série des gris correspond, non à
un changement dans l'intensité des noirs (puisqu'il n' a qu'une seule
intensité dans cette couleur), mais à un changement dans l'intensité
des blancs. G. P.
F.-L. D IMMICK. — The series of blacks, grays and whites (Les
séries des noirs ,des gris et des blancs). — Ps. Rev., XXXII, 4, 1925,
p. 334-336.
D. combat l'idée de Neifeld, que le noir est le résultat d'une
absence complète de stimulation, et que la sensation de noir est
une sensation définie correspondant à l'état d'inactivité ou de repos
de l'écorce. Pour lui, l'absence totale de lumière ne donne pas néces
sairement naissance à cette sensation. Les facteurs temps et espace y
jouent un rôle essentiel. Le noir ne peut être vu qu'en la présence,
spatiale ou temporelle, de lumière. Le stimulus zéro ne donne lieu qu'à
la sensation de gris, sauf quand il est contigu, dans le temps ou l'e
space, au stimulus blanc ; mais le même stimulus zéro, quand il est
contigu au rouge, éveille la sensation de vert.
C'est à tort qu'on considère le gris comme un intermédiaire entre
le blanc et le noir. G. P.
IRWIN G. PRIEST. — Gray Skies and White snow (Nuages gris
■ et neige blanche). — Meeting of the Optical Society, février 1925.
La photographie qui reproduit des valeurs réelles, des clartés
exactes, ne donne pas des effets naturels que les tableaux peuvent
donner grâce à des déformations convenables.
C'est ainsi que, dans un paysage où, sous un ciel nuageux, se
trouve une campagne couverte de neige, les nuages sont perçus gris
et la neige blanche, la clarté objective des est très supérieure
à celle de la neige : si l'on juxtapose une imagé virtuelle du nuage à la
neige, c'est le nuage qui devient blanc et la neige grise.
C'est un cas particulier, que signale ici Priest, comme si c'était
chose très nouvelle, d'une illusion classique qui prouve que la per
ception des gris, des blancs et des noirs n'est pas une perception des
clartés absolues des objets, mais de leur coefficient propre de réflec
tivité lumineuse, ou, suivant l'expression technique, de leur « albedo ».
H. P.
E.-F. MÖLLER. — The glassy sensation (La sensation de « vitreux »).
Am. J. of Ps., XXXVI, 2, 1925, p. 249-285.
Ce terme a été introduit en 1920 par Schumann. Dans certaines
circonstances un espace vide paraît rempli par un corps transparent
comme du verre, de la glace, de la gélatine. Schumann croit à une SENSATION ET PERCEPTION 461
sensation particulière, originale. Cette thèse a été combattue par
V. Frey, qui essaya de montrer que l'impression était due à de
petites inégalités du contenu réel de cette partie de l'espace, par
exemple au grain du papier dans les expériences stéréoscopiques, à
la poussière, à la fumée, au brouillard dans la vision ordinaire : elle
s'éliminerait si l'on pouvait opérer avec des milieux parfaitement
transparents ou homogènes.
Les expériences rapportées dans cet article visent à obtenir des
descriptions précises du phénomène par une série d'observateurs, et
à déterminer le rôle des conditions en les variant de toutes les man
ières. L'auteur avoue son échec complet dans l'étude du second
problème ; mais son article est intéressant au point de vue descriptif,
et apporte une réelle contribution de faits pour l'étude ultérieure du
problème. Il a fait des expériences avec plusieurs modèles de stéréos
copes : les objets sont, soit des figures géométriques, soit des photo
graphies stéréoscopiques d'objets réels, soit des groupes de points :
on fait varier la couleur du fond, le grain du papier, etc. Les sujets
ont à se prononcer sur la forme des figures, les surfaces qui paraissent
la limiter, leur contenu, les différences que semble présenter le fond
en dehors et en dedans des limites de la figure. Dans une autre série
d'expériences, des figures en fil de fer sont vues sur différents plans
de profondeur à travers une ouverture percée dans un écran et sur
des fonds variables (par exemple, on voit deux cercles, qui pourront
représenter les contours d'un cône) ; on varie l'expérience en intro
duisant un point de fixation ou une série de taches qui pourront jouer
un rôle dans la perception des surfaces limitantes ou du contenu. On
présente aussi dans les mêmes conditions des figures à trois dimens
ions en fil de fer fin (pyramide, tronc de pyramide, etc.), ou deux
feuilles de carton irrégulièrement découpées et placées l'une derrière
l'autre, de manière à créer l'impression de l'espace qui les sépare.
Enfin différentes figures sont regardées dans un miroir après une
double réflexion, ou directement, mais en forçant l'observateur à
loucher, ou à travers des tubes en fixant le contour de l'ouverture,
ou à travers des liquides et des verres colorés. Des résultats obtenus
dans ces conditions, on rapproche ceux qu'on a pu rencontrer acc
identellement dans des observations fortuites.
L'interprétation de Schumann est rejetée : la plasticité ou profon
deur apparente n'est pas une condition de l'aspect « vitreux » car
elle peut exister sans lui ; les mouvements des yeux ne sont pas
nécessaires, puisqu'ils sont éliminés de certaines expériences stéréos
copiques ; la localisation de petits points, de taches n'est pas non
plus nécessaire, quoi qu'elle contribue à l'impression de densité.
Il faudrait plutôt faire de l'aspect vitreux un caractère de la per
ception, et non une sensation originale. Il paraît lié à la conscience
objective, à la localisation car il y a encore localisation, quand l'aspect
en question n'est pas limité à la figure, mais s'étend à tout le champ
visuel. Les conditions sont celles de la perception spatiale en général :
il est impossible de le rattacher à un excitant déterminé. Les varia
tions de degré ou de qualité du phénomène avec les différents obser
vateurs (variations sur lequel le travail de Möller donne les plus
grands détails) le portent à croire que l'élément imaginatif joue le
plus grand rôle dans le contenu de cette perception. P. G.

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