Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 585-600

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 585-600
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus
physiologiques.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 585-600.
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 585-
600.
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VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 585
quand on produit des variations de phase, est dû principalement à
une différence bilatérale d'intensité.
Les résultats obtenus semblent montrer que la différence de phase
binaurale est appréciée d'une manière distincte de la d'in
tensité. Deux sons sont distingués nettement lorsqu'il existe certaines
relations entre l'amplitude et les phases des vibrations. Lorsque les sont différentes, la distinction n'est pas faite.
Dans une autre série d'expériences, B. a comparé les écarts angul
aires respectifs produits, d'une part par la différence de phase,
d'autre part, par la différence d'intensité binaurale. G. P.
7° Vision. Motricité oculaire
a) Généralités. Théories. Lois psychologiques
Processus physiologiques
E.-P. LYON. — Talks on Physiological Optics. I et II (Entretiens sur
l'Optique physiologique). — Am. J. of Ph. Opt., VII, 3 et 4, 1926,
p. 323-338 et p. 615-638.
L'auteur, doyen de l'Ecole de Médecine de l'Université de Minnes
ota, et professeur de physiologie, fait tous les ans une série de confé
rences d'optique physiologique à ses étudiants. Il s'est décidé à
publier un résumé de son cours. Les deux premières parties publiées
concernent l'appareil oculaire et la lumière. Elles sont claires et
intéressantes. Notons une conception originale sur la vision oculaire.
Ayant montré que l'appareil oculaire est destiné à fournir des no
tions visuelles spatiales et que la cavité primitive permet de localiser
un point lumineux d'après l'élément récepteur électivement excité
(même avant l'apparition d'une lentille) tandis que des éléments
disposes en surface seraient uniformément excités, il considère que
les tubes ommatidiens des ocelles jouent un rôle pour l'électivité
réceptrice, les éléments sensibles situés au fond n'étant excités que
par les rayons venant directement de la région placée en avant du
tube, et capables ainsi de le traverser dans toute sa longueur, tandis
que les rayons latéraux seraient absorbés par les parois. H. P.
WILLIAM MAYO VENABLE. — The Stimuli for the visual sensa
tions [Les stimuli pour les sensations visuelles). — Am. J. of Ph.
Opt., VII, 2, 1926, p. 200-206.
L'auteur complète sa théorie déjà exposée (Cf. An. Ps., XXVI,
p. 457) et fondée sur l'absorption de quanta entraînant, dans le
pourpre, des changements d'orbites d'électrons.
II trouve que les niveaux d'énergie dans le pourpre obéissent aux
mêmes lois mathématiques que les niveaux d'énergie dans le spectre
normal de l'hydrogène (rapport des fréquences optimales d'ab
sorption).
Les réactions visuelles naîtraient dans une substance associée au
nerf et n'absorbant pas la lumière, et elles seraient réversibles, absor- 586 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
bant ou libérant des quanta d'énergie de même grandeur, mais les
absorbant ou libérant par groupes de 2, 3 ou 6, le groupe déterminant
la couleur.
Toutes ces considérations restent très théoriques, et, en invoquant
les courbes de la sensibilité différentielle aux couleurs dans le spectre,
l'auteur ne montre pas clairement l'appui expérimental qu'elles
apporteraient à ses théories. H. P.
THOMAS HALL SHASTID. — Our own and our Cousins'Eyes
{Nos propres yeux et ceux de nos cousins). — Am. J. of Ph. Opt.,
VII, 2, 1926, p. 167-199.
Dans cette conférence faite à la clinique Mayo, de Rochester, l'au
teur passe en revue les appareils oculaires de tous les animaux à partir
de l'œil constitué par le tégument tout entier de l'organisme, chez
l'amibe. Il décrit l'œil spécialisé le plus simple, celui d'un protozoaire,
VEuglena viridis, note l'apparition de la première cavité chez des
Vers (les CapiteÛides), la première cornée, — d'abord opaque (chez
Limax maximus), puis transparente, quand «la nature eut reconnu son
erreur » et prit soin de la rectifier — , les premières lentilles ; il envi
sage les ommatidies des Insectes, les yeux des poissons, avec l'appa
rition des paupières et les débuts de l'accommodation, l'introduction
de l'iris et de la pupille (l'auteur paraissant ignorer à cet égard les
Céphalopodes), puis les yeux des Amphibiens, en signalant l'œil
pinéal, les yeux des reptiles, ceux des mammifères et des oiseaux (dont
il ne connaît que peu de chose), pour en arriver à l'œil humain et
annoncer que l'évolution ne s'arrêtera pas à son état actuel. Il
considère qu'il lui est impossible à cet égard de se tromper, et, s'il ne
peut dire dans quel sens se feront les perfectionnements, il sait qu'il
y en aura.
Une information qui paraît souvent bien incomplète, une foi fina
liste qui paraît toujours bien entière, c'est ce qui frappe dans cette idée' étude où l'on ne trouve aucun fait nouveau, aucune originale.
H. P.
RENEE DEJEAN. — La Perception visuelle. Etude psychologique
de la distance. Les conditions objectives. — In-8 de 143 -f- 168 p.
Paris, Alcan, 1926. Prix : 35 francs.
Ce volume réunit les deux thèses de doctorat ès-lettres de MUe Dé-
jean, l'une de caractère surtout documentaire, l'autre plutôt théo
rique et toutes deux consacrées à une question capitale en matière
de psychophysiologie et de théorie de la connaissance, les rapports
des conditions physiques et physiologiques de l'excitation visuelle
avec le processus perceptif lumineux ou chromatique, et en particulier la perception de distance.
C'est un travail très sérieusement élaboré, avec un souci réel de
documentation précise, et qui comporte quelque apport personnel
(des recherches sur la chronaxie oculaire en collaboration avec
Bourguignon).
L'étude de l'image visuelle en rapport avec la quantité, la modalité,
la distribution du stimulus, avec l'hétérogénéité, l'état local des
éléments récepteurs, celle de la coordination oculaire en rapport avec VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 587
l'intégrité des dispositifs conducteurs, apportent une utile mise au
point, évidemment sommaire, mais généralement très exacte.
En ce qui concerne la perception de distance, R. D. expose, pour
les réfuter, quatre explications proposées, l'association à des sensa
tions tactiles et kinesthésiques, l'assimilation des réactions à des
réflexes adaptés, l'appel à des caractères propres de l'image, enfin,
la disparité des images ou leur fusion, et la fusion d'images disparates.
L'exposé des thèses combattues est fait de manière à faciliter leur
réfutation, et l'auteur conclut en proposant une théorie assez vague,
d'après laquelle la vision à distance des images est expliquée par les
conditions psychologiques d'une fixation à distance, impliquant une
« activité prospective de l'esprit » avec anticipation de la distance et
tâtonnements de régularisation.
Il y a probablement quelque chose de juste dans cette thèse, qui
aurait besoin d'être précisée et de passer de son expression encore
toute philosophique à une forme scientifique, avec possibilité de
suggérer des expériences de contrôle, et en s'ef forçant aussi de
la concilier avec la précision de réflexes d'accommodation qui
échappent entièrement aux tâtonnements expérimentaux.
Mais l'examen des faits qui devrait précéder l'esquisse théorique
est vraiment ici très incomplet.
On ne trouve pas un mot sur Fhoroptère et sur les innombrables
discussions auxquelles a donné lieu sa valeur absolue ou relative, et
la disparation binoculaire est traitée en quatre pages !
La loi de Giraud-Teulon et Parinaud et en général les rapports de
la perception de la grandeur des objets avec celle de la distance
(telle qu'elle résulte de la convergence jusqu'à une certaine portée)
ne sont pas envisagés.
Il n'y a pas une analyse complète des facteurs monoculaires de
l'impression de distance, pas de discussion du rôle possible de l'aber
ration chromatique de Polack ou Ames. •
Enfin bien des assertions concernant la vision stéréoscopique sont
fort discutables.
Cette partie de critique et de théorie du travail est certainement,
tout en présentant des aperçus interessants.de valeur et d'utilité
moindres que la partie de documentation et de mise au point. Mais,
dans l'ensemble, il faut féliciter R. D. de son persévérant effort dans
un domaine difficile où les problèmes physiques, physiologiques et
psychologiques sont étroitement liés. H. P.
MOREAU. — Etat de la vision d'un aveugle-né, onze ans après sa
guérison. — An. d'Oc, GLXIII, 1926, p. 683-687.
En 1910, un enfant de 8 ans, aveugle congénital par cataracte
double, est opéré, et, pendant 15 mois il est l'objet d'une éducation
visuelle patiente. (Cf. An. Ps., XIX, 1913, p. 421, compte rendu de
la thèse de Chavanis). De retour dans sa famille — milieu pauvre
de campagne — il n'est revu que onze ans après, et l'on note tout de
suite une déchéance notable de sa vision pratique. Il ne sait plus lire
les lettres qu'on lui avait apprises, ne reconnaît même plus les objets
familiers. D'une orange, il dit que « c'est jaune », et ne la reconnaît
qu'au toucher, il ne voit dans un bluet ou un coquelicot que la cou- 588 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUE
leur, compte les doigts à 30 centimètres, non à 50. Les souvenirs sont
exclusivement tactiles ou auditifs ; il reconnaît les animaux à 2 et
3 mètres ; gardien de vaches, il perd celles-ci si elles s'éloignent un
peu.
Les connaissances visuelles qu'on lui a fait acquérir n'ont pas été
intégrées ; du fait de la cécité à la naissance, il est resté une insuf
fisance corticale des centres optiques, une « arriération visuelle »
durable. H. P.
S. HECHT. — A quantitative basis for visual acuity and intensity
discrimination (Un fondement quantitatif pour Vacuité visuelle et la des intensités). — XIIe Intern. Physiological Con
gress, 1926. Abstracts, p. 72.
L'acuité visuelle et la discrimination des intensités lumineuses sont
l'une et l'autre en rapport avec la grandeur de Péclairement ; et la
relation quantitative peut être établie en faisant l'hypothèse d'une
différence individuelle de sensibilité des éléments récepteurs, cônes
et bâtonnets, le nombre relatif des éléments correspondant à chaque
taux de sensibilité suivant la loi statistique classique de réparti
tion des fréquences autour d'une fréquence maxima représentant
le mode.
S'il en est ainsi, le nombre d'éléments effectivement excités sur
une surface donnée de la rétine recevant un certain éclairement croît
avec la grandeur de cet éclairement. Or l'acuité dépend du nombre
des éléments effectivement excités dans l'unité de surface.
Avec une certaine courbe de distribution des sensibilités pour les
cônes d'une part, et pour les bâtonnets de l'autre, on peut prévoir
les variations expérimentales d'acuité avec Péclairement et aussi les de la sensibilité différentielle.
L'hypothèse est intéressante et se prête à vérification. En ce qui
concerne le seuil différentiel, il est douteux qu'elle soit satisfaisante,
car pourra-t-elle rendre compte des variations de sensibilité différent
ielle dans l'excitation punctiforme limitée à un seul élément récep
teur ? H. P.
G. PAC AL IN. — Essai de construction d'une échelle optométri&ue
lumineuse à l'aide d'un écran translucide à éclat uniforme d'après
les nouvelles données de la photometric — An. d'Oc, CLXIII,
1926, p. 42-63.
L'auteur fait d'abord justement remarquer que les échelles opto-
métriques fournissent une mesure du pouvoir séparateur de l'œil
qui n'est qu'un des éléments de l'acuité visuelle envisagée comme
pouvoir de perception des détails des objets, l'autre étant la sensi
bilité différentielle lumineuse ou chromatique.
Et, en ce qui concerne le pouvoir séparateur lui-même, il rappelle
l'influence de toute une série de facteurs, diamètre pupillaire, adap
tation, éclat lumineux, etc. Et il indique les règles de construction
de son dispositif destiné à une mesure dans des conditions réellement
comparables.
Il propose de définir ainsi les conditions de cette mesure, opérée
« dans la chambre noire, l'œil muni d'un diaphragme de 2 millimètres VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 589
de diamètre, le sujet étant placé à 5 mètres de l'échelle, et celle-ci
étant représentée par les anneaux brisés de Landolt tracés sur un
écran translucide d'éclat intrinsèque uniforme de 7 millilamberts ».
Il est désirable de voir adopter le principe de cette mesure bien
définie. H. P.
P. LASAREFF. — Untersuchungen über die Ionentheorie der
Reizung. IX. Ueber die Theorie der Dunkeladaptation bei der
starken Vorbelichtung {Recherches sur la théorie ionique de l'exci
tation. IX. Sur la théorie de V adaptation à F obscurité après un
éclairement intense). — Pf. A., CCXIII, 1926, p. 256-261.
Concordance de la courbe d'adaptation théorique et de la courbe
de Nagel avec l'hypothèse de la restitution du pigment d'après
l'équation monomoléculaire et au point de vue des images consécut
ives. P. B.
M. POLIKARPOFF. — TTeber die experimentelle Prüfung des Lasa-
reff-Gesetzes der Verschmelzung der Flimmerungen beim periphe-
rischen und zentralen Sehen in monochromatischen Lichte ( Vérifi
cation expérimentale de la loi de Lasareff de la fusion des scintill
ements dans la vision périphérique et centrale en lumière monochrom
atique). — Pf. A., CCXV, 1926, p. 95-102.
De la théorie ionique de l'excitation, Lasareff a déduit théorique
ment l'équation suivante qui donne la fusion des scintillements en
vision périphérique : (n — no)\/n2 -+■ a22 = 2Tra1A:JMC2, oùn= 2irN
(N étant le nombre des scintillements), no = 2 % No (No étant le
nombre seuil des scintillements au seuil de Péclairement, a2 le
coefficient qui caractérise la vitesse d'adaptation aux produits de la
réaction, aj la constante de la réaction chimique qui se produit dans
le pigment oculaire, k la constante d'absorption, J l'intensité de la
lumière, C la concentration du pigment et M une constante). En vision
=• centrale, BJ8), par où B suite est de une la constante. petitesse de Tout av l'équation récemment devient Lasareff : n(n a donné — n0)
également une formule générale valable en vision centrale comme
en vision périphérique : n = a(lgJ — lgn) -+■ b, où n = 2tcN,
N le nombre des interruptions de la lumière qui donnent une fusion
des impressions, J l'intensité de la lumière, a et b des constantes.
L'auteur présente une vérification expérimentale de ces trois équat
ions en lumière monochromatique qui complète celle déjà donnée
par Lasareff lui-même en lumière blanche pour les deux premières.
P. B.
EDMOND BELIN. — Télévision. Etude sur le seuil de visibilité. —
Bull, de la Soc. fr. de Photographie, 3e S., XIII, 1, 1926, p. 8-12.
L'auteur présente un appareil de démonstration qui permet de se
rendre compte de la possibilité de la télévision : II explore une image
par un rayon lumineux que projette une série de vingt miroirs sur
cylindre tournant, et à déplacement vertical continu grâce à une
came hélicoïdale ; en reprojetant chaque point de l'image ainsi
explorée sur un écran, on refait la synthèse de cette image pour l'œil.
L'image est définie par 140 lignes verticales et 140 horizontales, -v?5?
590 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dont la projection totale (140 x 140 .= 19.600 points) se fait en un
dixième de seconde.
Chaque point correspond donc à une action lumineuse de un cent
quatre-vingt seize millième de seconde, ou un peu plus de 5 millio
nièmes. Et la visibilité est bonne ; elle s'est maintenue avec une
exploration de moins de 4 millionièmes de seconde par point. H. P.
A.-H. TAYLOR. — The validity of flicker photometer measurements
in heterochromatic photometry (La validité des mesures au photo
mètre à papillotage en photométrie hétérochrome). — J. of. Opt. Soc,
XIII, 2, 1926, p. 193-203.
Le pouvoir transmetteur, pour la lumière blanche, des filtres colo
rés, peut se mesurer au photomètre à papillotage ou se calculer à
partir de données spectro-photométriques. En comparant les chiffres,
l'auteur a constaté que la seconde méthode étant prise comme base,
la première donnait des valeurs trop élevées dans le vert et le bleu,
trop faibles dans le rouge. Les écarts sont inférieurs à 8,5 %, sauf
dans le rouge intense. Il faut noter qu'en pratique on compare rar
ement comme on l'a fait ici, des couleurs très différentes. A. F.
A.-H. TAYLOR. — Heterochromatic photometry ; critical tests ol
the Ives standardized method (Photométrie hétérochrome ; tests
critiques de la méthode étalonnée de Ives). — Transactions of the
illuminating engineering Society, XXI, 1926, p. 804-811.
L'auteur utilise des observateurs dont on détermine les caractéris
tiques de sensibilité chromatique, en leur faisant comparer par
flicker-photométrie la lumière d'une même source, après passage
une solution filtre jaune et par une bleue, la transmission lumineuse
ayant été déterminée égale (pour l'observateur «moyen »). Le rapport
de jaune à bleu caractérise et il y a relation linéaire
entre ce rapport, pour chaque observateur, et les résultats de la photo
métrie de papillotement avec des lumières de couleurs différentes.
Ceci fait, 6 observateurs établissent par flicker le facteur de trans
mission de 8 filtres chromatiques, ces facteurs étant calculés d'autre
part, d'après la transmission d'énergie, en appliquant les coefficients
de visibilité. La comparaison indique une différence moyenne de
5>80 % (entre 17 et 0,5) qui paraît systématique, mais qui est assez
faible pour permettre une équivalence pratique. H. P.
AUGUST KIRSCHMANN. — Farbenterminologie (Terminologie
chromatique). — Neue Ps. St., II, 1926, p. 127-137.
L'auteur souligne l'incohérence du vocabulaire en matière de
couleurs et cite de multiples exemples. Ostwald distingue, des couleurs
« bunte » et « unbunte », les dernières désignant les gris, blancs et
noirs, le non-coloré, « farblos ». Il est difficile de faire admettre à des
hommes, même cultivés, que brun n'est pas une couleur, mais un
orange ou un jaune obscure, que l'olive n'est qu'un jaune vert de
faible saturation, etc. C'est que le mot couleur a des significations
très variées, physiques, techniques, psychologiques.
On parle de teneur en blanc, de teneur en noir, alors qu'une impres
sion lumineuse ne peut avoir de noire, le noir étant l'absence
de lumière. MOTRICITÉ OCULAIRE 591 VISION.
K. propose de mettre un peu d'ordre. Il envisage la composition de
disques à secteurs pour fournir les équivalents des couleurs naturelles,
conçoit une douzaine de noms de couleurs spectrales, et désigne par
les expressions de degrés de saturation (entre une couleur et une
luminosité incolore de clarté égale), les variations pures d'intensité
chromatique, de teintes (Tinten), les degrés de variation d'une couleur
conduisant à* obscurations à une (Schattierungen) luminosité achromatique les plus de grande, et de conduisant nuances,
à une luminosité moindre ou à l'obscurité complète, schématisant
dans une figure de type classique (à double cône, mais asymétrique)
sa nomenclature. H. P.
KARL MIESGHER. — Beitraege zur Farbenlehre {Contributions à
la théorie des couleurs). — Z. für Sin., LVII, 1-2, 1925, p. 46-126.
Suite d'études. La première a trait à la caractérisation (Kennzeich
nung) des couleurs, couleurs d'objets et couleurs de lumières (coeffi
cients d'Ostwald et de Helmholtz, définitions des mélanges de cou
leurs) ; la seconde traite de la mesure des couleurs, avec examen de
la conception des couples de complémentaires et de la théorie tri-
chromatique, et de leurs applications pratiques (la connaissance des
importants travaux américains sur la question étant à peu près nulle) ;
la troisième représente un essai de mise en œuvre graphique pour la
détermination des couleurs par les coefficients d'Ostwald et de
Helmholtz.
Enfin l'auteur examine la question traitée par Ostwald du contenu
naturel en noir des couleurs froides des corps, propose la méthode
des ombres doubles pour la comparaison des lumières artificielles avec
la lumière du jour, enfin discute des remarques de F. Bohnenberger
sur la théorie des couleurs d'Ostwald.
Dans toute cette série de travaux, il n'y a rien d'original, rien d'utile
à glaner. H. P.
FRITZ BOHNENBERGER. — Ueber einige Grundfragen der
praktischen Farbenmessung (Sur quelques questions fondamentales
en matière de mesure pratique des couleurs). — Z. für Sin., LVII,
4-5, 1926, p. 224-246.
A propos des discussions de Miescher, l'auteur a repris plus longue
ment ses observations sur le système des couleurs d'Ostwald ; il pro
pose une nouvelle division du cercle, la difficulté résidant en ceci que
Östwald a voulu à la fois placer les complémentaires aux extrémités
opposées des diamètres, et ses couleurs en fonction du seuil
différentiel de discrimination spectrale, alors que ce seuil n'a pas
même valeur pour les deux éléments opposés d'un couple de complé
mentaires ; et d'autre part les ne sont pas les
mêmes quand on envisagé le contraste ou la compensation.
B. critique aussi la distinction par Ostwald de « bezogenen » et
« unbezogenen » couleurs, les premières étant semblables aux couleurs
de mémoire de Hering, alors que les autres sont physiologiquement
déterminées. H. P. VISION. MOTRICITE OCULAIRE 593
chromatique, a procédé aux déterminations suivantes : avec des
papiers colorés de Baumann (un rouge sombre, un rouge clair, un
orangé, un jaune d'or, un jaune citron, un vert jaune, un vert, un
bleu, un violet, enfin un pourpre de la série de Hering), il a déterminé
le seuil différentiel des nuances pour chacun des dix couples de cou
leurs voisines (disques tournants, avec comparaison chaque fois d'un
disque où le seuil de variation est atteint dans l'anneau périphérique
par rapport au centre inchangé, et d'un disque où le seuil n'est pas
encore atteint dans le cercle central, l'anneau périphérique, étant
inchangé). Pour chaque couple, 3 seuils, avec 360°, 180° et 0° de l'un
des éléments dans la situation initiale.
Il a obtenu ainsi les valeurs des seuils moyens pour trois nuances
initiales avec chaque couple (30 valeurs en tout). En interpolant, il a
déterminé le nombre d'échelons des sensations correspondant à
chaque mélange de deux couleurs consécutives de ses papiers et
trouvé les valeurs suivantes : Rouge sombre — Rouge clair : 44 + 1
+ 38 =s 83. — Rouge clair — Orangé : 88 + 1 + 44 = 133. — Orangé
— Jaune: 67 + 1 + 130 = 199. — Jaune — Citron = 75 + 1 + 54 =
130. — Citron — Vert — Jaune = 183 + 1 + 316 = 500. — Vert
Jaune — Vert : 169 + 1 + 256 = 426.— 'Vert — Bleu : 547 + 1 +
510 = 1058. — Bleu — Violet : 206 + 1 + 316 = 523.— Violet —
Pourpre : 197 + 1 + 90 = 288. — Pourpre — Rouge sombre : 64 +
1 + 155 = 220.
Le total est réduit de 10 unités pour chevauchement, et le nombre
de nuances perceptibles fixé à 3549.
Dès lors, dans le cercle chromatique, la place donnée aux couleurs
doit être proportionnelle au nombre d'échelons de sensation, et les
360° sont divisés en 3549 parties égales. La place donnée aux papiers
colorés va être telle qu'entre un rayon traversant une couleur pure
et le rayon traversant la couleur pure suivante, il y aura le nombre
de parties correspondant aux échelons de sensation avec division
asymétrique du premier rayon au rayon traversant égales parties
des deux couleurs, et de celui-ci au second (Voir figure ci-jointe). Les
complémentaires ne se trouvent pas dans ce cas aux extrémités de
diamètres du cercle chromatique. Il y a déviation des droites reliant
les et ne passant pas par le centre. La détermination
des (par jeux convenables de combinaisons des
papiers donnant l'achromatisme complet sur disques tournants) a
conduit à coupler ainsi les 10 papiers fondamentaux d'après leur
échelon avec l'échelon complémentaire :
1 (rouge sombre) et 1640 ; 83 (rouge clair) et 1681,5 ; 215 (orange)
et 1718 ; 412 (jaune d'or) et 1903,5 ; 541 (j. citron) et 2170,5 ; 1040
(vert jaune) et 3072 ; 1465 (vert) et 3318,5 ; 2522 (bleu) et 734,5 ;
3044 (violet) et 945 ; 3331 (pourpre) et 1470.
Dans la figure ci-jointe les complémentaires des fondamentales
pures sont indiquées par des flèches (à la limite du cercle intérieur).
L'auteur rappelle, d'après les travaux de Kirschmann, que le cercle
des couleurs situé dans le double cône schématique n'est pas un cercle,
mais une ellipse inclinée, à cause de l'inégale clarté propre des cou
leurs.
Ce travail soigneux est utile ; malheureusement sa portée est
l'année psychologique, xxvii. 38

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