Généralités. Théories. Lois psychologiques, Processus physiologiques - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 727-744

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 727-744
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques, Processus
physiologiques
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 727-744.
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques, Processus physiologiques. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 727-
744.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30068. MOTfcHÎITÉ OCULAIRE 729
La localisation n'est donc pas conclue, en vertu de l'association habi
tuelle de la qualité de hauteur avec l'idée d'espace. L'impression de
mouvement donnée par une gamme est donc bien une impression
réellement spatiale. P. G.
951. — G. DE PARREL. — La Surdité. — Journal médical fran
çais, XIX, 4, 1930, p. 115-123.
Etudes générales des différentes formes de surdité et de leur méca
nisme, ainsi que de la prophylaxie et du traitement, avec une place
importante donnée au point de vue psychothérapique, parallèlement
à la rééducation fonctionnelle de l'oreille et du cerveau, permettant
aux résidus fonctionnels de donner leur plein rendement. H. P.
952. - PH. MICHELS et J. PIKLER. - üeber die Wirkung des
Ohrenverscnluss auf die ftimmtätigkeit bei Gehörlosen [Sur V effet
de l'observation des oreilles sur V activité vocale chez les sourds). —
Z. für Ps., CXVI, 4-6, 1930, p. 354-367.
Quand les oreilles sont bouchées, on parle plus fort que quand elles
sont ouvertes ; on a déjà, avant de parler, l'impression qu'on va
parler plus fort ; il faut lutter contre une tendance à parler fort, pour
arriver à ramener sa voix à l'intensité normale. Des expériences sur
des sourds-muets qui ont commencé à parler et qui en sont notamment
aux premiers stades donnent à cet égard les mêmes résultats qu'avec
les sujets normaux, du moins en ce qui concerne les faits objectifs.
P. G.
7° Vision. Motricité oculaire
a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus
physiologiques 1
953. - SELIG HECHT. - The intensity îaetor in Vision and radia
tion (Le facteur intensité en matière de vision et de radiation). —
American Naturalist, LXIV, 1930, p. 193-219.
Dans cette communication au Symposium sur la radiation et la
vie tenu par l' American Society of Naturalists à son congrès de Des
Moines (janvier 1930), H. donne un exposé résumé très clair, suivant
son habitude, des faits sur lesquels il base sa conception de la varia
tion d'acuité avec la grandeur de l'éclairement fondée sur le nombre
des éléments récepteurs intéressés à chaque niveau d'éclairement.
Nous avons résumé déjà les résultats concordants de ses
recherches sur l'abeille et de son interprétation des données expéri
mentales relatives à la vision humaine.
Rappelons, à cet égard que, sur les 572 échelons discriminables de
brillance, d'après König, H. en attribue 30 aux bâtonnets et 542 aux
cônes ; il faut, dans sa conception, que chaque unité fonctionnelle
dans le centre de la rétine soit composée de 542 cônes, de sensibilité
1. Voir aussi les n" 154, 155, «26, 840, 850, 862. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 728
graduée, chaque échelon nouveau impliquant la mise en jeu d'un
élément récepteur supplémentaire. Dès lors, jen faible lumière, sur la
fovea, l'acuité minima correspond à la mise en jeu de l'élément le
moins sensible de chaque unité fonctionnelle, et l'angle mesurant cette
acuité donne la grandeur probable de l'unité fonctionnelle : D'après
Kœnig, cet angle est de 44', soit une dimension rétinienne de 0 mm. 2 ;
la surface de l'unité fonctionnelle serait donc de 0 mm2 4 ; or, d'après
les dimensions des cônes fovéaux, cela représenterait bien un groupe
de 540 cônes (ce qui est numériquement discutable). H. P.
954. — SELIG HECHT. — Eine Grundlage für die Beziehung zwis
chen Sehschärfe und Beleuchtung ( Une base pour la relation entre
acuité visuelle et éclairement). — Extrait de Die Naturwissenscha
ften, 1930, XVIII, 1.
Dans ce fascicule, outre l'exposé initial, H. a publié les remarques
critiques que sa théorie a suscitées de la part de Best, et la réponse
qu'il a faite.
Best considère comme vraisemblable l'inégale sensibilité des él
éments récepteurs rétiniens, et c'est le point qui a attiré son attention
sur l'intérêt du travail de Hecht, mais il rappelle la conception clas
sique de la variation d'acuité avec Péclairement (fondée sur une diffé
rence plus grande entre les intensités maxima d'excitation au centre
des deux images voisines) et déclare invraisemblables les implications
spatiales rétiniennes de la théorie de H.
Au point de fixation, l'acuité peut correspondre à un angle de 39"
(Weymouth) avec décroissance très rapide, à moins de 2 ou 3' déjà,
et la précision de fixation ne comporte pas une erreur de plus de 2 à 3'
également (avec oscillations ne dépassant pas 1').
D'autre part, le parallélisme est loin d'être strict entre vision lumi
neuse et acuité ; dans l'adaptation à l'obscurité où l'acuité est moindre,
la luminosité est accrue.
Hecht objecte à l'interprétation classique développée par Hof
fmann et citée par Best que ce ne sont pas les différences absolues entre
les luminosités qui comptent, mais les relatives qui ne
sont pas modifiées dans les images aux divers niveaux d'éclairement.
Et, si le centre rétinien a une plus grande acuité, c'est que les élé-
lments récepteurs plus petits y sont plus denses, l'unité fonctionnelle
y est plus étroite, mais les relations avec l' éclairement ne sont pas
modifiées.
Enfin, pour le rapport de la luminosité et de l'acuité, ce qui compte,
ce n'est pas le niveau perçu, mais la valeur de l'échelon différentiel ;
c'est par lui que le parallélisme s'observe avec le pouvoir discrimi-
nateur spatial. H. P,
955. — SELIG HECHT. — The development of Thomas Young,
theory of color vision (Le développement de la théorie de la vision
chromatique de Thomas Young). — J. of Opt. Soc, XX, 5, 1930,
p. 231-270.
Dans cette adresse donnée au Memorial Metting de l'Optical So
ciety en l'honneur de Young, H. apporte un bel ensemble de données
en faveur du maintien du scheme fondamental de la théorie générale MOTRICITE OCULAIRE 729 VISION.
émise il y a 130 années. Une première difficulté rencontrée par la
conception trichromatique fut due à la notion de la simplicité de la
couleur jaune ; mais l'objection ne vaut pas, dit H. en ce que le mé
lange binoculaire de rouge et de vert engendre du jaune comme le
mélange de jaune et de bleu donne du blanc, tandis qu'au
cun mélange binoculaire ne peut engendrer le rouge, le vert ou le
bleu. La simplicité du jaune est psychique, non rétinienne.
En ramenant la notion de la triplicité des fibres à celles des él
éments récepteurs, des cônes, on unit la conception initiale de Young
à celle des trois substances sensibles de Helmholtz.
Faut-il envisager les achromatopsies constitutionnelles comme
liées à l'absence congénitale de l'une des catégories de récepteurs ? S'il
en était ainsi, l'acuité visuelle des achromatopsiques devrait être
diminuée, ce qu'on n'observe pas ; il est plus probable, suivant la
suggestion de Fick, que deux des catégories d'éléments récepteurs
possèdent la même substance sensible, par exemple celle du rouge,
ou bien celle du vert ; il en résulte que l'excitation de ces deux sortes
de cônes étant toujours égale, puisque la substance sensible est la
même, l'impression résultante est celle qui se produit normalement
en cas d'excitation égale des cônes du rouge (à substance rouge) et
des cônes du vert (à substance verte), à savoir la sensation de jaune,
ce qui s'observe dans le daltonisme monoculaire.
Les courbes d'excitabilité des trois fondamentales qui ont été jus
qu'ici établies, ont été calculées pour satisfaire aux exigences des
égalités spectrales des mélanges de radiations (aux systèmes d'équa
tions de Maxwell). Mais une infinité de solutions sont possibles.
Pour choisir entre celles-ci, il faut faire intervenir de nouvelles exi
gences, celle de la brillance spectrale (sans les coefficients de transfor
mations illogiques, nécessaires avec les courbes classiques, comme
celles de König et Dieterici) , celle de la distribution dans le spectre de la
finesse discriminative (seuil de distinction des couleurs voisines,
évalué d'après la variation de longueur d'onde) , celle de la variation de
saturation des radiations spectrales (qui doit correspondre à l'excès
d'excitation d'une ou de deux composantes sur le taux d'excitation
égale des trois, donnant de la lumière achromatique, par définition),
celle enfin des couples de complémentaires avec les proportions rela
tives assurant l'achromatisme du mélange (la somme des taux d'exci
tation pour chacune des fondamentales dans le mélange devant être
la même pour les trois).
Satisfaisant à toutes ces exigences, H. a réussi à calculer des courbes
d'excitabilité spectrale des dans lesquelles sont res
pectés les points critiques classiques (points d'intersection des courbes)
qui se manifestent dans les achromatopsies sous la forme de bandes
grises, placées en un point ou un autre suivant l'un des trois types de
daltonisme prévus par la théorie de Young.
Les courbes, à la différence des courbes classiques, marquent un
très petit décalage d'excitabilité spectrale, ce qui est en accord avec
toute une série d'observations (voir la figure ci-jointe).
Il y a là un important point de départ pour de nouvelles recherches,
en particulier par la vérification de déductions possibles.
Il ne laisse pas de rester des difficultés, en particulier au sujet du .
530 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
raccourcissement spectral des protanopes, ou du moins de certains
de ceux-ci, ce qui peut tenir, suivant une conception de Tscherning,
à des différences individuelles dans une des substances fondament
ales au point de vue de son excitabilité spectrale.
En ce qui concerne la composante bleue, elle apparaît comme vio
lette d'après la courbe d'excitabilité, alors que le violet est une sensa
tion composée ; c'est une difficulté qui s'est présentée depuis que l'on
Cherche à se représenter les fondamentales de la théorie trichroma-
tique. Y a -t-il une excitabilité secondaire pour les courtes longueurs
d'onde de la composante rouge ? Les données sont encore insuff
isantes pour trancher ce point.
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G u fi/v V \ \ goo
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par de rigoureusement d'approximation tout d'excitabilité égard, trichromatique), à savoir Si Mais luminosité mes l'ensemble les R. H. il recherches que valeurs Courbe faut, indique le spectrale chimique processus pour des celle du elles provisoire numériques une sur données Rouge. maintenir des apportent notion, les adoptée, rétinienne, lumineux lois cônes, — (en assure du h/are à de G. la particulier, laquelle courbe temps à C, pour Length H. théorie, coup à est la an les périphérique, gardent théorie lesquels — des Vert. moyenne, j'ai sûr mfi. processus il sensations distinguer été un faut — de singulier vaut conduit encore V. Young noter n'est C, nerveux. mais la chromatiques, des du peut-être que un de composition progrès, Bleu. que processus mon la caractère regain. courbe le A côté propas cet et
cessus chromatique est central — ou du moins de niveau nerveux —
ce qu'il exprime dans les termes suivants :
« Brightness is to a certain extent determined in the retina and
depends on the local number of cones stimulated, regardless of color,
whereas color sensation is much more of central nervous affair, and on certain brain changes of which we know nothing at pre
sent. »
Bien qu'assez vague encore, l'assertion de Hecht ne me parait pas
acceptable telle quelle (en ce qui concerne le siège cérébral ou le rôle
du nombre des cônes), mais le principe général de la dissociation du
lumineux et du chromatique est à mon avis essentiel. H. P. VISION. MOTRICITÉ GCULAUIE $31
956. — G. E. MULLER. — Ueber die tfarbenempfindungen. Psycho-
physische Untersuchungen {Sur les sensations de couleurs. Recherches
psychophysiques). — N°s I et II. Z. für Ps., ErgänzungsBd 17 et 18,
1930, 648 pages.
Dans cet important ouvrage, M. envisage, dans une systématisat
ion théorique à laquelle il a donné le cadre général de la théorie de
Hering, un ensemble considérable de faits recueillis par un admirable
effort de documentation, large et précise.
Une première partie est consacrée aux excitations achromatiques :
L'excitation des cônes comporte le développement dans les articles
externes de trois processus sensibilisateurs primaires. PT, suscité
par les radiations de toutes longueurs d'onde, Pn par celles de 650
à 415 mjx et Pm par celles de 540 à l'extrémité violette visible du
spectre. Chacun de ces trois processus entraîne l'excitation d'une
substance noir-blanc, et comporte ainsi une valence blanche imméd
iate, et aussi l'excitation de substances chromatiques, l'une pour le
rouge-vert et l'autre pour le jaune-bleu.
La nature de chimique triple de la substance noir-
blanc est envisagée, et le rapport entre les processus nutritifs et
l'intensité de l'excitation.
Un chapitre est consacré au problème du contraste simultané,
dont le siège est situé dans l'écorce, mais dans une sphère précédant le
siège des processus perceptifs.
L'évolution dans le temps des excitations nerveuses achromat
iques avec phase d'établissement, images consécutives et modifica
tions de sensibilité, action de stimulations, brèves, etc., fait l'objet du
chapitre suivant.
Avec la seconde partie, ce sont les processus chromatiques qui
sont à leur tour envisagés, et, avec la troisième l'action du « blanc »
sur les excitations chromatiques, action complexe, à la fois « antichro
matique » et « prochromatique ».
Enfin après examen de diverses questions (comme celle des clartés
propres des couleurs, de l'excitabilité électrique de la rétine, de la
loi du tout ou rien, etc.), M. donne une condensation théorique géné
rale où il insiste sur la notion fondamentale de l'antagonisme (noir-
blanc, rouge-vert, bleu-jaune) qui aurait une finalité économique au
point de vue de l'excitation, et qui est conçu de façon différente de
celle de Hering.
La distinction des processus primaires, au nombre de trois, comme
dans la conception Young-Helmholtz, et des substances nerveuses en
trois couples antagonistes suivant le schéma de Hering, permet à M.
une systématisation d'un grand nombre de faits qui sont inconci
liables avec l'une et l'autre des grandes théories opposées, et son édi
fice est à coup sûr une synthèse habile et puissante.
Néanmoins, il semble bien que le maintien du cadre de Hering,
même limité, ne permet pas d'aboutir à une théorie complètement
satisfaisante surtout, en ce qu'elle ne fournit pas de déductions f
écondes et ne permet pas une prévision de données nouvelles.
H. P.
957. — DAVID KATZ. — Der Aufbau der Farbwelt (La constitution 732 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
du monde des couleurs). — 2e édition complètement revue de « Die
Erscheingunsweisen der Farben. » Ergänzungsband, 1 de la
Z. für Ps., In-8 de 484 pages. Leipzig, Barth, 1930. Prix : 27 RM.
Après 19 ans, K. a repris son travail de 1911 et en a fait, en le com
plétant et en le remaniant^ un ouvrage nouveau, dédié à son maître
G. E. Müller, à l'occasion de son 80e anniversaire. Toutefois il se féli
cite de n'avoir pas eu de modification importante à y apporter, et
cela du fait qu'il s'était placé sur un terrain fondamentalement em
pirique, étudiant une phénoménologie visuelle, au moyen d'expé
riences qui ont été généralement fort intéresssantes et suggestives.
Comme Hering. Katz a étudié les perceptions des couleurs con
crètes qui caractérisent les objets dans la nature ; mais alors que, de
ses recherches, Hering a prétendu tirer une théorie physiologique des
sensations élémentaires, ce qui a été une erreur essentielle, K. reste
sur le terrain psychologique et se défie des explications physiolo
giques.
Ce sont les perceptions des « couleurs de surface » ou des couleurs
d'objets transparents qui constituent son monde des couleurs, et les
processus qui conditionnent 1' « Erscheinungsweisen » fondé sur la
« matière » des sensations sont bien différents de ceux qui condi
tionnent la réalisation de cette matière même, et que l'on étudie
plutôt en s'adressant à des couleurs spectrales.
La notion la plus importante qui ressort de ces études perceptives
c'est celle de la « constance » relative des couleurs, de l'existence de ce
qu'on a appelé des « couleurs mnémoniques », tenant au fait que la
couleur est liée à l'objet comme une de ses propriétés caractéristiques,
qui se maintient malgré des changements de condition modifiant
le caractère de la perception, modifiant les sensations élémentaires,
par exemple quand change la couleur de la lumière. C'est sur cette
notion de constance de la couleur que les données nouvelles appar
aissent dans l'important ouvrage de K., en particulier par l'exposé
des théories récentes comme celles de Bühler et de Gelb.
On regrette toutefois que la mise au point ne soit pas plus complète et
reste d'inspiration presque exclusivement germanique, et aussi qu'il
n'y ait pas une bibliographie systématique. H. P.
958. - LUDWIG KARDOS. - Diskussionen über Probleme des
Farbensehens. Erwiderung an D. Katz {Discussions sur des pro
blèmes de la vision de couleurs. Réponse à D. Katz), — D. KATZ.
— Einige Bemerkungen zu dem vorstehenden Artikel von Kardos
(Quelques remarques à V 'article de Kardos), A. f. ges. Ps., LXXVIII,
. 1930, p. 185-215 et 215-216,
Dans cette discussion, Kardos répond sur un ton très âpre aux cr
itiques de Katz, concernant principalement la « Duplizitätstheorie »,
la « Tiefenwahrnehmung » et le problème d'éclairage. A son tour il cr
itique les opinions de Katz sur la perception de couleur de l'objet
(Dingfarbenwahrnehmung) et sur la sensibilité des différentes régions
de la rétine pour la perception.
En quelques mots, très brièvement, Katz défend son point de vue.
B.N. MOTRICITÉ OCULAIRE 733 VISION.
959. — FRANK ALLEN.— The significance of reflex action in colour
vision (La signification de V action réflexe dans la vision des couleurs).
— British Medical Journal, 25 octobre 1930, n° 3642, p. 683-684.
Résumé général de la théorie de l'auteur, dans une communication
faite au congrès de la British Association à Winnipeg, en 1930 (section
d'ophtalmologie) :
Des influx afférents excitent des sensations caractéristiques dans
les centres corticaux, et en outre provoquent des influx efférents,
réflexes qui, conduits aux récepteurs, en exaltent ou dépriment la
sensibilité .
Si la vision est très diminuée en faible lumière, c'est que la sensibil
ité rétinienne est abaissée ; le violet et le bleu ont un rôle sensibili
sateur extrême ; aussi les sources privées des rayons extrêmes
perdent-elles une grande partie de leur efficacité, faute de cette action
sensibilisatrice (qui appartient peut-être aussi à l'ultra-violet non
visible).
La cécité chromatique est due à un développement excessif des
actions inhibitrices s'effectuant sur une, deux, ou les trois fondament
ales ; mais , dans les anomalies de la vision des couleurs, ce sont des
hypersensibilisations plus ou moins marquées qui engendrent le désé
quilibre.
Cette conception, pense l'auteur, peut réconcilier les théories de
Young et de Heiïng, et d'ailleurs des faits analogues à ceux des
dyschromatops^es doivent se rencontrer dans les autres domaines
sensoriels, où fonctionnent les mômes mécanismes réflexes.
A. continue à construire, enfermé dans son système, qui n'a avec la
réalité qu'un contact singulièrement limité et de valeur même sus
pecte ; édifice théorique d'un physicien à l'esprit abstrait, ignorant de
la complexité des processus biologiques ! H. P.
960. — EDRIDGE GREEN. — L'importance des phénomènes sub
jectifs dans la théorie de la vision. — A. F. A. S., 53e session, Le
Havre, p. 260-261.
Résumé dans lequel l'auteur ne considère que les phénomènes
subjectifs dus à la structure de l'œil. Il émet l'opinion que les cônes
sont les seuls éléments capables de percevoir et que la vision est due
à l'excitation des cônes de la rétine, par suite de la décomposition
photo-chimique du liquide qui les entoure et qui est rendu sensible
par le pourpre rétinien. M. H. P.
961. - MARTIN GEBHARD. - Goethe und das ungekehrte Spek
trum (Goethe et le spectre renversé). — N. Ps. St., VI, 1, 1930,
p. 93-99.
Si Goethe n'a pas connu le mécanisme du « spectre renversé » de
Kirschmann, il l'a observé comme cela ressort des cartes qu'il
édita en 1791, pour être regardées avec un prisme, l'une à strie
blanche sur fond noir, donnant les couleurs du spectre dans l'ordre
normal (rouge, jaune, vert, bleu, violet), l'autre à strie noire sur
fond blanc, donnant un ordre complémentaire (bleu, violet, pourpre,
rouge, jaune). H. P. 794 ANALYSE» BIBLIOGRAPHIQUES
9«2. - FR. WEISSENBORN. - August Kirschmann's schief»
Farbeakegel vergliche» mit einigen vorher und nachter entstan
denen F&rfeensystemen {Le cône oblique des couleurs à"1 A. K., com,'
paré avec quelques systèmes ds couleurs antérieurs et postérieurs). —
N. Ps. St., VIr 1, 1930, p. 10-1-118.
Kirschmann a publié en 1895, dans Y American Journal of Psychol
ogy, alors qu'il dirigeait l'Institut Psychologique de Toronto, une
étude su* la systématique des couleurs, peu connue du publie
allemand, mais traduite en 192>7.
W. situe le schéma représentatif par double cône oblique (repris
en somme, à l'heure actuelle par Podesta, à la différence de la substi
tution que fait ee dernier d'une ellipse au cercle de base) au milieu
de ceux du mathématicien J. H. Lambert (Berlin, 1772), de l'a
stronome Mayer (Göttingen, 1758), du peintre Ph. O. Runge (Hamb
ourg, (1840), eu chimiste, Chevreul (Paris, 1861), des psychophys
iologistes Wundt (1863) et Hering (1915), enfin des physiciens
Ostwald (1916) et R. Luther, de Dresde (1927). Il donne un extrait
traduit de l'article ancien de Kirschmann. H. P.
96». - HANS PODESTA. - Beiträge zur Systematik àer Farben
empfindungen (Contribution à la systématique des sensations chro
matiques). ~ N. Ps. St., VI, 4, 1930, p. 1-92.
L'auteur, qui a collaboré au grand ouvrage d'Ostwald, cherche à
établir un schéma représentatif satisfaisant, sous forme d'un volume
des couleurs, en se fondant sut des observations ayant trait toujours
Ueîfi
Gel"
ff/ou VISION. M0TE1C1TÉ OCULAIRE 735
à 1' albedo ou au chroma réflexif des objets. Cette figtire ea double
cône oblique à base ellipsoïdale donne une représentation plus satis
faisante que les modèles adoptés jusqu'ici (voir la figure ci-contre).
H. P.
964. — H. GERTZ. — Erweiterte mechanische Analogie des Farben-
dreiecks {Analogie mécanique élargie du triangle des couleurs). —
Acta ophtalmologioa, VII, 1929, p. 261-272.
L'auteur assimile le déclin de la sensation visuelle chromatique
tendant vers 1' « achroma », l'incolore, à la dégradation de l'énergie
mécanique, tendant vers la forme la plus basse de la chaleur.
Les facteurs de la production du blanc dans l'œil seraient domi
nants, comme ceux commandant la production de la chaleur, dans la
natup«.
Assimilation bien factice et dont on ne voit guère l'intérêt !
H. P.
965. 7e série, — J. I, THOVERT. 4, 1930, p. 124-125 — Photométrie physique. — J. de Physique,
Très justement, l'auteur pense que « l'intérêt de recherches phy
siologiques ne peut être diminué par la possibilité d'en exprimer les
résultats avec des unités objectivement définies. La comparaison des
qualités individuelles en ce qui concerne la réponse aux excitations
lumineuses peut done toujours être l'objet d'expériences nombreuses
et intéressantes du point de vue physiologique ; mais il paraît log
iquement inutile et pratiquement gênant de conserver une liaison
entre les résultats de ces études et la grandeur des unités servant à la
mesure des qualités d'un flux lumineux ».
L'idée est très juste, le domaine de la lumière étant en somme le
dernier où la physique ait maintenu le point de vue subjectif de l'im
pression sensorielle dans ses concepts numériques, et,: j'ai à plusieurs
reprises insisté sur le caractère relatif et instable — ea raison de la
complexité de l'appareil récepteur — - des notions quantitatives que
les physiciens utilisent comme si elles avaient une signification uni
verselle et objective.
Que l'on envisage des intensités de rayonnement, des énergies de
radiations de fréquence définie, mais non des flux « lumineux ». En
réalité l'auteur en vient là, mais il n'abandonne toutefois pas la notion
de lumière en attribuant à chaque radiation de fréquence donnée (ou
plus exactement à chaque petit groupe d'une certaine fréquence
moyenne, dite « monochromatique ») un coefficient de luminosité K
dont il affecte l'énergie radiante pour en faire un « énergie lumineuse ».
Il propose toutefois l'adoption de coefficients convenus une fois
donnés, par exemple en utilisant ceux de Gibson et Tyndall, obtenus
par une méthode statistique, et valables approximativement dans
des conditions moyennes.
Cette stabilisera peut-être les expressions, mais de façon
fâcheuse pour le psychophysiologiste. Ce qu'il faut, c'est une unité
physique vraie, et on devra la débarrasser de son coefficient parasite
et déformant. H. P,

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