Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 586-597

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 586-597
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus
physiologiques.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 586-597.
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a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus physiologiques. In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 586-
597.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1932_num_33_1_5207586 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pensation d'une différence donnée d'intensité des 2 sons (entre 1 ,9 et
18,1 décibels) par une différence de phase correspondant à un inter
valle de temps constant (2 à 32 microsecondes).
Cela indique qu'il n'y a pas une action propre de la différence de
phase comme telle, mais seulement d'une différence des temps d'accès
aux deux oreilles comme dans la latéralisation des bruits, différence
l'emportant beaucoup sur celle des intensités sonores, puisque,
lorsqu'un des sons est 16 fois plus intense que l'autre (différence de
12 décibels) il suffit pour la compenser d'une différence de temps de
0, a 024 (24 millionièmes de seconde). Et le poids des déterminations
(au nombre de plus de 50) est grand, chaque valeur étant fondée sur
un grand nombre de mesures (entre 35 et 110). H. P.
7° Vision. Motricité oculaire
a) Généralités. Théories. Lois psychologiques. Processus
physiologiques 1
973. — J. GUILD. — Some problems of visual reception {Quelques
problèmes de réception visuelle). — Discussion on vision, Physical
Society, Londres, 1932, p. 1-26.
L'auteur expose le point de vue d'un physicien sur les problèmes
de vision, d'un physicien particulièrement informé et sagace, et son
étude est très attachante.
Il rappelle d'abord que la théorie trichromatique ne concerne nulle
ment, à ses yeux, la sensation, mais uniquement le stimulus, et que
sa proposition fondamentale est la suivante : « Si deux stimuli sont
représentés par les mêmes valeurs numériques en ce qui concerne les
trois variables composantes, ils provoquent, toutes choses égales
d'ailleurs, la même sensation. »
Comment le physicien se représente-t-il le système de réception ?
Il faut en premier lieu un récepteur directement influencé par les
radiations, et dont les propriétés déterminent la sensibilité spectrale
du système, en second lieu un connecteur, qui transmet un message
dépendant seulement de la grandeur des effets produits dans le
récepteur, en troisième lieu un indicateur, qui, recevant le message,
induit un état physique d'activité réalisant une présentation objec
tive, et enfin, en quatrième lieu, un connaisseur appréhendant un ou
plusieurs éléments essentiels de la présentation faite par l'indicateur,
en sorte qu'il se trouve averti de l'état de stimulation du récepteur.
La relation entre l'intensité du stimulus et l'élément quantitatif
de l'activité éveillée dans le connaisseur dépend des propriétés des
quatre termes : Relation de l'intensité de radiation avec l'état phy
sique engendré dans le récepteur, relation des. variations du message
avec celles de cet état, modalités de la relation de la présentation le message, enfin de 1'« awareness » du connaisseur avec la
présentation.
1. Voir aussi les n08 118, 119, 149, 166, 167, 172-175, 181, 236, 283, 304-
327, 483-485, 993, 1038, 1039. MOTRICITÉ OCULAIRE 587 VISION.
Pour ces quatre ordres de relations, il peut y avoir une proport
ionnalité simple, ou des déviations de cette relation, par exemple
quand s'applique le tout ou rien.
Dans le système à récepteurs combinés, il y a trois types possibles
de relations : ou bien chaque récepteur est lié à un indicateur distinct,
constituant une modalité particulière ; ou bien les récepteurs, étant
de types distincts, les indicateurs sont tous de même modalité, ou
enfin ce sont les récepteurs qui sont tous du même type, et les indi
cateurs qui comportent des modalités différentes.
En s'approchant des données concernant le système récepteur
visuel, l'unité physiologique fonctionnelle du récepteur est repré
sentée par le triple système de la théorie trichromatique ; le connec
teur est la chaîne nerveuse, dans laquelle il n'y a qu'une sorte de
message transmis, une catégorie d'influx ; la différenciation centrale,
en négligeant le « no man's land » entre activité physiologique et
conscience, peut être schématisée physiquement en ce qui concerne
la présentation par l'indicateur, avec ses modalités (la sensation étant
la réaction du connaisseur à la présentation).
Le fonctionnement de la vision exige, au minimum, trois types
de récepteurs, et trois modalités de présentation centrale, mais peut
en comporter un très grand nombre.
Les variations des propriétés spectrales des récepteurs peuvent
s'ordonner autour de 3 types moyens distincts, ou bien s'ordonner
suivant la courbe normale autour d'un type moyen unique.
En ce qui concerne les schémas les plus simples, trois hypothèses
sont possibles :
1° II y a un grand nombre de types de récepteurs s'écartant au
hasard d'un même type moyen, et trois modalités centrales ; si la
probabilité de liaison d'un récepteur à unie des 3 connexions centrales
dépend de la position spectrale de sensibilité maxima, pour chaque
récepteur, pratiquement se réalisent trois systèmes indépendants de
réception ;
2° II existe trois types de récepteurs distincts et un grand nombre
de modalités centrales différentes (s'écartant au hasard d'un même
type moyen) ; comme dans le cas précédent, la probabilité de liaison
peut, si elle dépend d'une prédominance dans la modalité, réaliser
les 3 systèmes indépendants ;
3° II existe, d'un côté 3 types de récepteurs, de l'autre 3 types de
modalités, et les connexions se font entre types définis.
C'est cette troisième hypothèse qui se rapproche du point de vue
de Young et Helmholtz. Mais elle manque de souplesse, selon G.,
qui pense que la première trop compliquée (en raison des capacités
de localisation et discrimination spatiale rétinienne) peut être aban
donnée, et a quelque sympathie pour la seconde.
En ce qui concerne la dualité des cônes et bâtonnets, il considère
qu'elle peut intéresser le biologiste, mais dans ses schémas de physi
cien, il ne s'en préoccupe pas, puisqu'il n'a pas besoin de faire appel
à 4 variables indépendantes (cela dans la mesure où il n'envisage pas
dans sa totalité le problème du fonctionnement visuel !).
Si un schéma abstrait peut exprimer les faits, il n'y a pas besoin,
à ses yeux, de chercher plus loin, montrant la prédominance de la 588 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
représentation mathématique, comme but nécessaire et suffisant.
Quelques pages sont en outre consacrées aux capacités discrimina
tive« de l'œil.
G. fait remarquer très justement que l'étude de la sensibilité diffé
rentielle par comparaison des deux plages lumineuses entre lesquelles
on cherche à réaliser la plus petite différence de brillance perceptible,
ne permet pas d'intégrer des échelons d'une sensation, puisque l'on
compare, non pas deux niveaux de l'effet d'une même stimulation
sensorielle, mais des de deux systèmes voisins, mais diffé
rents. (Mais la méthode de la variation d'une plage a aussi été em
ployée, d'une façon insuffisamment systématique encore.)
Pour l'explication de la variation d'intensité par échelons, G. adopte
la conception du « recrutement » fondée sur le tout ou rien et manif
este de la sympathie pour les hypothèses de Hecht. Il trouve que
les variations de fréquence d'influx ne peuvent avoir valeur explica
tive, parce qu'elles sont « immatérielles » ! H. P.
974. — D. ROAF. — The sensation of light as a photochemical
process {La sensation de lumière comme processus photochimique). —
Discussion on Vision, Physical Society, Londres, 1932, p. 189-193.
L'auteur compare les données relatives à la courbe de sensibilité
différentielle en fonction de l'intensité avec les exigences des théories
photochimiques, impliquant réaction monomoléculaire, ou bimolécu-
laire, ou même d'ordre plus élevé.
Déterminant, d'après la cinétique physico-chimique, le nombre de
molécules sensibles qui doivent se rencontrer à chaque niveau d'in
tensité, dans les deux types les plus simples, R. montre qu'aux faibles
éelairements, les courbes ont une allure très différente, que
caractérise le point d'inflexion des équations bimoléculaires.
Avec les données expérimentales de Houstoun (et déjà avec les
résultats anciens de König et Brodhun), on peut éliminer l'équation
monomoléculaire.
R. fait une interpolation quantitative des chiffres de Houstoun en
employant l'équation bimoléculaire, qui s'applique de façon satisfai
sante, si l'on corrige surtout les chiffres bruts en tenant compte de la
variation populaire. H. P.
975. — H. E. ROAF. — ■ Some experimental observations on the
receiving- organs in the retina [Quelques observations expérimentales
sur les organes récepteurs siégeant dans la rétine). — Discussion on
Vision, Physical Society, Londres, 1932, p. 513-319.
L'auteur fait remarquer que l'on ne peut faire dépendre la couleur
purement et simplement de la longueur d'onde de la lumière, car si,
dans les régions de grande sensibilité différentielle, la couleur ne
change pas avec l'intensité, il n'en est pas ainsi dans le vert et dans le
bleu où un affaiblissement lumineux fait virer la couleur vers le bleu,
oh le violet (X plus courts), ni dans le rouge où au contraire le virage
se fait vers un rouge plus près de l'extrémité spectrale fi plus longs).
D'autre pari, en regardant obliquement une petite surface réfl
échissant une lumière rouge spectrale pure, on a une impression de
conlewr violette. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 589
Un paradoxe consiste en ce fait que le pouvoir optique résolutif
est plus grand en lumière bleue, alors que l'acuité visuelle y est
moindre.
Enfin, d'après des données sur l'accroissement de la sensation en
des régions spectrales limitées, par addition d'une lumière sur un
fond ou un autre, R. en vient à sa théorie des trois catégories de récep
teurs, d'excitabilité générale pour les uns, de plus en plus limitée
dans le spectre pour les deux autres. H. P.
976. — J. H. PARSONS. — The Thomas Young oration {Le dis
cours Thomas Young). — Transactions of the Optical Society,
XXXII, 5, 1931, p. 165-183.
Le « discours Thomas Young », prononcé à l'Optical Society par
Sir J. H. Parsons, fournit un remarquable exposé des données fonda
mentales de la théorie des couleurs de Young, et des faits les plus
importants établis en un peu plus d'un siècle, se rapportant an
scheme de l'interprétation trichromatique, avec mention spéciale des
travaux de Hecht et des données physiologiques sur les courants
d'action, faisant peu de place aux recherches proprement psychol
ogiques.
Nous sommes loin, conclut-il, de comprendre encore toutes les
complexités de la vision chromatique, mais dans les progrès de nos
connaissances qui ont été réalisés, l'influence prépondérante doit être
reconnue à la théorie de Young. H. P.
977. — JOHN PARSONS. — Some Problems of Vision [Quelque*
problèmes de Vision). — • Discussion on Vision, Physical Society,
Londres, 1932, p. 272-276.
Le système sensoriel de la Vision est bien fait, dit l'auteur, pour
exaspérer lés physiciens : jamais de constance, des -variations pro-
téiformes, une réunion complexe des télescope, microscope, colori-
mètre, photomètre, chambre photographique, etc., deux systèmes
récepteurs coexistants, une sensibilité qui dépend de la qualité et de
la quantité de stimulus, des stimulations précédentes et concomit
antes, de l'état des centres, etc.
L'auteur pose le problème de l'accroissement de la sensation, soit
que les échelons traduisent à la conscience sous forme discontinue
une croissance profonde continue, par incréments infinitésimaux,
soit que les échelons discrets se rencontrent eux-mêmes à la base
physiologique de la variation d'intensité, et il pose aussi celui de la
diminution de saturation des couleurs quand la brillance augmente
au delà d'une certaine limite. H. P.
978. — H. BANISTER. — Retinal action time {Temps d'action réti
nien). — Discussion on Vision, Physical Society, Londres, 1932,
p. 227-235.
L'auteur reprend les expériences de « Stereoeffekt » de Pulfricb,
au moyen d'un pendule oscillant regardé avec un œil nu et un œil
recouvert verre noir, vérifiant que les différences des retards de
sensation sont les mêmes en valeur absolue pour diverses vitesses du
pendule. Sans trouver d'influence de l'éclairement général (sans doute 590 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
parce qu'il ne s'est pas approché suffisamment des éclairements juxta-
liminaires), B. a donné pour divers rapports des d'un
œil à l'autre, les valeurs obtenues du retard supplémentaire de l'œil
moins éclairé :
Rapport 0,51 0,28 0,23 0,14 0,08 0,06 0,05
Retard en <r. 4 6 9 10 15,5 14 18
Ainsi, quand l'éclairement moindre est un vingtième de l'autre,
le retard supplémentaire de sensation approche de 2 centièmes de
seconde.
Dans la discussion, Granit a rappelé qu'il y avait déjà eu des tr
avaux nombreux sur la question, que Banister paraissait ignorer.
H. P.
979. — H. PIËRON. — Les lois du temps du chroma. — Discussion
on Vision, Physical Society, Londres, i93^, p. ^77-i80.
Exposé des données montrant qu'il existe un établissement pro
gressif de l'impression chromatique, dans son element quantitatif
propre, la saturation (par modification qualitative d'une impression
lumineuse de brillance invariable), que cet établissement est plus
rapide quand le niveau de brillance est plus élevé, mais ne dépend pas
de la pureté, et se montre plus lent en chroma bleu qu'en chroma
rouge, avec une valeur intermédiaire pour le chroma vert. H. P.
980. — R. A. HOUSTOUN. — New Observations on the Weber-
Fechner law (Nouvelles observations sur la loi de Weber- Fechner). —
Discussion on Vision, Physical Society, Londres, 1932, p. 167-181.
En renversant le rapport ordinaire exprimant la sensibilité diffé
rentielle relative, et en divisant I par AI (au lieu de Al par I), les
données de König et Brodhun s'ordonnent comme la courbe des
erreurs de Gauss : y = é~ 0>5 x2, pour la lumière blanche et la rouge.
Valeur de t~
Log. I Ai Moyenne générale (18 sujets)
Moyenne (10 sujets)
1,33 6,0 6,7
11,6 12,1 1,67
19,8 21,0 0
29,0 30,1 0,33
43,9 44,4 0,67
59,1 59,2 1,0
71,0 71,0 1,33
85,5 83,9 1,67
91,7 94,1 2,0
99,5 97,5 2,33
99,8 98,8 2,67
98,8 94,1 3,0
86,1 86,6 3 33
75,1 74,1 3,67
69,3 67,9 4,0
60.5 59,7 4,33
57,4 57.0 4,67
3'i,0 38,7 5 VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 591
Après avoir fait cette constatation en 1929, H. a repris des expé
riences en lumière rouge chez 9 sujets, qui ont encore donné une
courbe de Gauss, sauf pour les valeurs de luminosité les plus élevées
où interviendrait un extrême rétrécissement pupillaire (Philosophical
Magazine, X, 1930 et XII, 1931).
Une nouvelle recherche sur 10 sujets, choisis comme les meilleurs
observateurs parmi un certain nombre d'étudiants (6 hommes et
4 femmes), a été poursuivie avec un écran rouge Wratten et une
pupille artificielle de 1,^8 mm. de diamètre.
Voici les résultats moyens obtenus chez ces sujets et la moyenne
générale en ink grant les résultats antérieurs (18 en tout), l'in
tensité étant dcfinie en bougies-mètre-millimètre (brillance d'une
surface d'oxyde de magnésium recevant un lux à travers une pupille
de 1 mm. V. Tableau, p. 590).
Il n'y a pas de doute, pour H., qu'on a bien affaire à une courbe de
Gauss, et il interprète (comme Hecht) cette courbe par une sommat
ion d'un nombre croissant de fibres nerveuses en action condition
nant le niveau de la sensation de brillance. H. P.
981. — R. GRANIT. — The physiological significance oî the retinal
synapses (La signification physiologique des synapses rétiniennes).
— Liscussion on Vision, Physical Society, Londres, 1932, p. 263-
271.
La rétine est un véritable centre nerveux, et les effets sy nap tiques
de sommation et d'inhibition s'exercent à 3 niveaux, par action de
convergence, au niveau des terminaisons des cônes et bâtonnets
(jonction par les cellules horizontales), au niveau de la couche des
cellules bipolaires (jonction par les cellules amacrines), enfin au
niveau des cellules ganglionnaires (jonction par ramifications laté
rales).
Les effets synaptiques de sommation s'observent dans l'action des
surfaces stimulatrices.
L'auteur a étudié chez l'homme l'influence de la surface sur les
fréquences critiques de fusion d'excitations lumineuses intermittentes,
étendant à cette action la loi de Ferry-Porter sur la relation de cette
fréquence avec l'intensité.
11 aboutit à formuler la loi
n — a log I log A + ß log I + y log A + 5,
dans laquelle a, 8, y, 8, sont des constantes, I l'intensité et A la sur
face.
Les valeurs des constantes sont très différentes dans le centre et la
périphérie quand la surface intervient (0,90 et 1,68 pour la première,
1,79 et 4,28 pour la troisième) et à peu près les mêmes quand la sur
face n'est pas en jeu (4,76 et 4,87 pour la seconde, 15,40 et 14,03 pour
la dernière). ( ela indique un taux de sommation plus élevé à la péri
phérie (ce qui est en accord avec les résultats de mes recherches en
collaboration avec Kleitman). La se manifeste même, à
la périphérie, avec des plages éloignées, simultanément excitées.
Avec 4 plages (cercles de 1° de diamètre) disposées en croix (avec 2° •
592 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'écart entre les bords des plages, dans le sens horizontal ou verti
cal), la fréquence critique, qui correspondait à 39,8 éclats par seconde
avec une seule de ces plages, atteint 45,5 quand les quatre inter
viennent, pour un éclairement de 94 b. m. (les fréquences critiques
étant moins diffcrentes, de 24,2 et 25,4, pour un éclairement de
0,94 b. m). De même que dans les expériences d'Adrian et Matthews
sur l'œil du congre (étudié au moyen des courants d'action), la
strychnine a augmenté l'influence de la surface. La fréquence cr
itique sous l'action d'un éclairement simultané de 4 plages au Heu
d'une seule subissait une augmentation de 10,5 ; 6,8 ; 15,3 et 10,0 %,
qui passait respectivement après absorption de strychnine, à 15,4 ;
11,4 ; 22,2 et 12,2 %. Cela montre bien la nature synaptique pro
bable de cette sommation en surface. H. P.
982. — K. KOFFKA. — A new theory oî brightness- constancy. A
contribution to a general theory of vision ( Une nouvelle théorie
de la constance de brillance. Contribution à une théorie générale de
la vision). — ■ Discussion on Vision, Physical Society, Londres, 1932,
p. 182-188.
La théorie de la perception visuelle de K. repose sur ce principe
que « la stimulation des deux rétines, c'est-à-dire la distribution de
lumière et de couleur sur elles, forme une partie des conditions
totales qui déterminent l'organisation résultant des processus
physiologiques correspondant à la perception d'un objet, eu égard
à tous ses aspects ».
L'auteur s'attache plus spécialement au problème de la constance
de clarté. Le blanc le blanc réfléchissant environ 60 fois plus de
lumière que le noir le plus noir, on pourrait s'attendre à ce que deux
surfaces, dont l'une réfléchit 60 fois plus de lumière que l'autre, soient
perçues, l'une blanche et l'autre noire.
L'expérience faite par l'auteur en utilisant des disques tournants
d'albedo variable, éclairés différemment, vus par un orifice d'une
cage, elle-même sombre ou claire, montre que les perceptions sont
variables et dépendent des conditions d'ensemble du champ ; une
stimulation locale peut être perçue blanche et sombre (peu éclairée)
ou noire et brillante (fortement éclairée).
La série des couleurs neutres doit s'exprimer dans un système à
2 dimensions au moins (K. rejoint à cet égard la conception que j'ai
soutenue depuis longtemps de la dualité des perceptions d'albedo et
d'éclairement). H. P.
983. — K. KOFFKA. — Some remarks on the theory of colour
constancy (Quelques remarques sur la théorie de la constance des
couleurs).— Ps. For., XVI, 193'?, p. 329-354.
Pour expliquer le phénomène delà constance des couleurs, K. repre
nant certaines hypothèses de Jaensch, qu'il formule avec plus de
précision et qu'il débarrasse de tentatives d'explications confuses
auxquelles elles sont associées chez cet auteur, admet une tendance
de tout éclairage général (non strictement monochromatique) à
l'affaiblissement de sa saturation, en d'autres termes une
à la neutralité dans notre perception, quelles que soient les radia- VISION. MOTR1CITK OCULAIRE 593
tions physiques par lesquelles cette perception est produite. Il s'en
suit que par rapport à cette lumière qui joue le rôle de niveau,
d'autres lumières locales pourront paraître modifiées. Les phéno
mènes de transformation (si on leur conserve la dénomination créée
par Jaensch) sont des phénomènes de changement de niveau dans
lesquels les rapports des différentes parties du champ coloré restent
constants ; les phénomènes de contraste sont au contraire ceux où
ces rapports ne restent pas constants. Ainsi un petit carré de papier
gris sur un écran jaune paraît bleuâtre, c'est-à-dire que la différence
clés teintes est accrue, sans que le niveau, constitué ici par l'écran
jaune, soit changé (puisqu'il ne cesse pas de paraître jaune) : c'est
un phénomène de contraste. Au contraire si, dans une chambre
éclairée par une lumière jaune, une petite zone reflète une lumière
neutre (qui paraît bleuâtre), il y a ici un phénomène de transformat
ion, c'est-à-dire de changement de niveau, puisque l'éclairage géné
ral de la chambre tend à paraître neutre. Le des- ombres
colorées est donc une transformation. Si, dans une chambre éclairée
par la lumière diffuse du jour, on allume une lampe électrique qui
ajoute une lumière jaunâtre, l'ombre d'un objet interposé entre la
lampe et la nuit paraîtra bleuâtre ; ici la tonalité jaunâtre de l'éclai
rage général n'était pas perçue (ou avait perdu de sa saturation} ;
par conséquent l'ombre, en vertu de ce changement du niveau qui
n'affecte pas les rapports des parties du champ, doit virer vers le
bleu. Cet effet disparaît si on encadre cette ombre par un écran
jaune (alors qu'il devrait augmenter s'il s'agissait d'un phénomène
de contraste). K. discute ici les expériences de Kroh qui tendent à
ramener l'un à l'autre les phénomènes de contraste et de transformat
ion et montre que, dans l'état actuel de nos connaissances, leur dis
tinction doit être maintenue. Il discute également la question d'une
perception propre de l'éclairage, distincte de celle des couleurs des
objets du champ, et esquisse une théorie de la constance des
couleurs fondée sur l'idée d'adaptation. P. G.
984. •— YUJI HOSOYA. — Einige neue Extractionsmittel des
Sehpuvpurs (Quelques nouveaux moyens d'extraction du pourpre
rétinien). — XIVe Congr. int. di Fisiologia. Sunti., 1.932, p. 120-l2f .
On peut extraire le pourpre de la rétine de grenouille avec 2 % de
panaxtoxine et 0,2 % de kalotonine (Kotake), ou avec 0,1 — 0,2 %
-de saponine, ou 0,1 — 0,2 % de savon (oléinate de soude) ou 2 à 3 %
de salicylate de soude, tout comme avec le glycocholate de soude
utilisé par Kühne ou la digitonine de Tansley et cela avec des solu
tions extractrices tout à fait incolores.
Toutefois, avec la panaxtoxine et la saponine on a des solutions
aussi colorées qu'avec la digitonine ou le glycocholate, tandis que
les colorations sont plus faibles avec l'oléinate et le salicylate. L'action
de la lumière entraîne dans tous les cas un virage au jaune, mais la
formation du « jaune rétinien » est la plus nette avec la panaxtoxine.
Tout récemment K. Saito a obtenu l'extraction du pourpre avec de la
glycérine. H. P.
«85. — GOTTHILFT von STUDNITZ. — Über die Lichtabsorp-
l'année psychologique, xxxiii. 38 594 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tion der Retina und die photosensiblen Substanzen der Stäbchen
und Zapfen (Sur V absorption lumineuse de la rétine et les substances
photosensibles des bâtonnets et des cônes). — Pf. A., CCXXX, 1932,
p. 614-638.
En mesurant rapidement l'absorption de la lumière par des rétines
fraîchement prélevées et préalablement adaptées à l'obscurité,
l'auteur a trouvé une diminution progressive du pouvoir absorbant
au cours d'un éclairement continu. Ce phénomène est le témoin de la
destruction de la substance photosensible accumulée à l'obscurité
et peut être utilisé comme tel pour étudier les caractères, encore si
mal connus, de l'action de la lumière sur les rétines à cônes, comme
celle de la Tortue. Des yeux mixtes, de morue et de grenouille, et
l'œil exclusivement composé de bâtonnets du surmulot, ont été éga
lement utilisés au cours de ces recherches. Les mesures, très délicates
par suite de l'évolution rapide du processus (quelques minutes), ont
été effectuées à l'aide du photomètre de Pulfrich, qui convient bien
pour les faibles éclairements, seuls possibles ici.
D'une manière générale, l'absorption rétinienne est élevée, 90 %
environ, et croît légèrement avec Péclairement (celui-ci allant de 2,5 à
36 lux). Même sur les rétines à cônes, dépourvues de pourpre, il y a
entre l'absorption initiale et celle qui susbiste après l'irradiation
indéfinie une différence importante, de l'ordre de 20 %, qui montre
l'existence dans les cônes d'une substance décomposée par la lumière.
Cette substance, non soluble dans les sels biliaires, diffère encore
du pourpre par sa vitesse beaucoup plus rapide de décomposition
(14 fois au début de l'éclairement) et par la position de son maximum
d'absorption (vers 560 mu). Après un éclairement de 10 à 15 mi
nutes, à plus de 100 lux, puis une obscuration de 15 à 60 minutes,
elle se montre capable d'une régénération partielle en l'absence des
cellules de l'épithélium pigmentaire (autorégénération). Enfin,
tandis que la réaction des rétines adaptées à l'obscurité est alcaline,
celle des rétines mixtes ou à cônes devient acide après éclairement.
A. F.
986. — F. P. FISCHER et K. von HOFE. — lieber die elektrische
Erregbarkeit der menschlichen Auges während der Helladaptation
(Sur l 'excitabilité électrique de Vœil humain durant V adaptation à
la lumière). — Ar. für Aug., CV, 1932, p. 443-452.
Les A. ont repris les expériences d'Achelis et Merkulow, d'après
lesquelles le seuil électrique, à l'inverse du seuil lumineux, croît
pendant l'adaptation à l'obscurité. Mais c'est d'abord pendant
l'adaptation à la lumière (3.080 lux) qu'ils ont mesuré, toutes les
5 minutes le seuil du phosphène. La rhéobase augmente fortement,
au moins de 100 %, durant 10 minutes et reste à peu près constante.
Simultanément, la ehronaxie diminue d'environ moitié, puis oscille
plus ou moins. Le produit des 2 valeurs- est toujours plus grand
chez H., et est plus ou moins grand chez F., pendant l'adaptation
qu'avant ou après. Pour 980 lux et moins, les résultats sont peu nets.
En résumé, la rhéobase s'élève pendant l'adaptation à la lumière,
d'autant plus vite et plus haut que l'éclairement est plus fort. La

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