Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 191-220

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 191-220
30 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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I. Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 191-220.
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I. Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 191-220.
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ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
I. — Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire.
Théories.
GEORGES DUMAS et ses collaborateurs. — Traité de Psychologie.
— Tome I, in-8, XIV-964 p., Paris, Alcan, 1923.
La guerre a retardé l'apparition de ce Traité qui était prêt, ou
peu s'en faut, en 1914, — la préface de Ribot ayant été écrite déjà
à ce moment — et qui a dû être remanié considérablement sur
épreuves, pour être au courant de la science au moment de sa pu
blication.
C'est une œuvre collective dans laquelle G. Dumas a tenté d'as
surer une coordination difficile entre des auteurs de tendances très
variées, alors que, dans le domaine psychologique, la compénétra-
tion des questions, séparées, pour les besoins de l'exposition,, est
profonde.
Si l'unité du livre n'est pas complète, il y a eu, en tout cas, chez
tous les collaborateurs, un souci de sincérité scientifique manifeste,
et la multiplicité des tendances personnelles a permis d'assurer sur
les grandes questions en jeu la mise en lumière des points de vue
principaux, de révéler des aspects plus nombreux des phénomènes
psychologiques, et de donner ainsi, par reflet, une image de la psy
chologie française contemporaine, de son esprit et de ses méthodes,
biologique et physiologique, pathologique et expérimentale, pédo
logique et sociale.
Il est vain de vouloir donner d'un tel ouvrage, une idée tant soit
peu adéquate La revue des chapitres peut seule indiquer l'esprit
général du plan, et l'ordre des matières :
On doit à A, Lalande l'introduction sur la psychologie, ses objets
et ses méthodes ; c'est le travail d'un logicien, cherchant à dégager
les données méthodologiques générales de chaque science, et qui,
s'adressant à la psychologie, à su mettre en évidence la diversité
de ses conceptions, de ses procédés, avec lucidité et pénétration.
Viennent ensuite les notions préliminaires à l'étude de la psychol
ogie, avec un court chapitre d'E.t. Rabaud sur la place de l'homme
dans la série animale, clair et précis, une étude critique de Lapicque,
sur le poids du cerveau et l'intelligence, qui met au point une ques
tion trop souvent mal comprise, étude en grande partie fondée sur des
travaux personnels, et, outre les résumés anatomo-physiologiques
sur le système nerveux dûs à Langlois, et à Tournay qui a su exposer
en quelques pages les données modernes avec beaucoup d'exacti
tude, un chapitre de Wallon sur le difficile problème de la cons
cience, biologiquement envisagé. 192 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Dans les « éléments de la vie mentale » sont compris, sous le titre
d'excitation et mouvement, les phénomènes réactionnels — réflexes
élémentaires et réflexes conditionnels, réactions volontaires même
du point de vue de leur mécanisme psychophysiologique — étudiés
par G. Dumas et Piéron ; puis viennent les sensations, qu'a passées
en revue Bourdon sous forme précise mais succincte ; les états
affectifs, — plaisir et douleur, tendances, besoins, émotions (par le
regretté Barat, avec révision de G. Dumas) et passions (Dugas) ;
les images, pour lesquelles Meyerson a fait la révision du chapitre
de Barat ; le rire et les larmes (G. Dumas) ; enfin le langage (Barat,
avec révision de Chaslin).
Le quatrième livre concerne les formes générales d'organisation.
H. Piéron étudie dans son ensemble la question de l'habitude et de
la mémoire ; le regretté Dagnan s'était chargé de l'association des
idées, et H. Delacroix assura la révision de son travail, G. Dumas
ajoutant quelques pages sur le rôle des états affectifs dans l'asso
ciation des idées ; Revault d'Allones consacre à l'attention un long
chapitre, où il expose des idées originales qui, sous cet angle, tendent
à constituer même un tableau complet de la vie mentale ; enfin Pierre
Janet expose ses importantes conceptions sur la tension psycholo
gique et ses oscillations, avec le tableau hiérarchique des tendances,
l'étude de leur activation, et des données sur les conséquences patho
logiques des diminutions plus ou moins marquées de cette tension.
Tel est l'aspect général de ce premier volume du Traité de Psyc
hologie, qui fait le plus grand honneur à celui qui en a pris l'initia
tive et en a assuré la réalisation.
H. P.
HOWARD C. WARREN. — Précis de Psychologie. — Version
française d'après la 2e Edition américaine, par Louis Cunault
et Etienne Maigre. In-8 de 444 p. Paris, Marcel Rivière, 1923.
MM. Cunault et Maigre ont mis sur pied une excellente traduction ,
fidèle sans servilité, vraiment intelligente, de l'utile manuel de War-
ren, conçu dans cet esprit positif que l'on connaît au psychologue
de Princeton.
Warren situe la psychologie dans la classification des sciences,
dont il rappelle le caractère conventionnel : « La nature constituant
un système de phénomènes en interactions réciproques, on peut dire
que la science est une; mais, afin d'en faciliter l'étude, nous groupons
ensemble, pour les étudier à part, les faits qui présentent des carac
tères semblables. » La psychologie s'adresse à une catégorie de faits
déterminés, elle est « la science des actions réciproques s'exerçant
par stimulation, ajustement et réponse, entre un organisme et son
milieu. »
Cette science fait appel à deux méthodes d'observation, l'une qui
s'adresse au comportement, aux réactions motrices des organismes,
l'autre qui se fonde sur l'auto-observation des faits de conscience et
qui représente « une partie importante de la psychologie humaine. »
Comme elle s'intègre dans la biologie, elle doit s'appuyer très étro
itement sur les données de la physiologie nerveuse, et, après un cha
pitre général sur l'organisme, viennent trois chapitres sur le système TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOIRE. THEORIES 193 GÉNÉRALITÉS.
nerveux, la physiologie du neurone et les mécanismes de stimulation,
ajustement (intégration, coordination) et réponse.
Un examen des trois formes de comportement (réflexe, instinctif,
intelligent), et de l'expérience consciente qui compense l'entrave
•apportée à l'étude objective du intelligent, par l'igno
rance des processus centraux le conditionnant, précède l'exposé
systématique des données acquises par la science psychologique.
Dans cet exposé on note une attitude personnelle originale de
Warren, qui s'efforce de construire un édifice, sans doute provisoire,
mais cohérent, et qui ne manque pas, toutes les fois qu'il le croit
pouvoir, de traduire les conceptions psychologiques en termes de
mécanismes nerveux.
Les chapitres les plus originaux sont ceux qui concernent les
« attitudes », attitudes primaires (intérêt dérivant de la perception
■et conduisant à Pidéation ; désir résultant d'un jeu d'états affect
ifs ; attention provenant de la conation), et secondaires (dispo
sitions, appréciations, conscience sociale et morale, penchants, etc.),
et qui traitent, sous cet angle, du caractère et de la personnalité.
Dans les chapitres sur la pensée et le langage (où l'auteur recon
naît tout le rôle de l'influence collective et de la vie sociale), sur la
succession des états de conscience et sur l'organisation de la vie
mentale, on trouvera également des aperçus intéressants.
L'auteur s'excuse, dans sa préface, de s'être montré trop dogmat
ique, en se justifiant par la nécessité d'être clair. La clarté et la
netteté sont en effet ses qualités dominantes. Pour l'enseignement
de la psychologie dans l'esprit de la science moderne, l'édition fran
çaise du Manuel de Warren rendra les plus grands services.
H. P.
KNIGHT DUNLAP. — The elements of Scientific Psychology. —
vol. gr. in-8 de 368 p., Londres, Henry Kimpton, 1922.
Le manuel du professeur de psychologie expérimentale de l'Uni
versité John Hopkins, clair et très élégamment présenté, vise à être
strictement scientifique, et à n'exposer que les faits établis expér
imentalement. Il déclare d'emblée qu'il est nécessaire d'abandonner
définitivement les formules et les conceptions traditionnelles qui ne
sont plus en accord avec la psychologie moderne. Toutefois Dunlap
n'est qu'un novateur très modéré, et assez imbu d'un certain tradi
tionalisme. Sa définition de la comme science des r
éponses conscientes de l'organisme, n'a rien de révolutionnaire. Et
l'esprit de système l'emporte souvent chez lui sur la réelle objectivité
scientifique.
Dans le détail, le livre est très inégal ; il n'est pas sans contenir
un certain nombre d'erreurs, mais il comporte d'excellents exposés,
dont la clarté est certainement la qualité dominante.
Les sept premiers chapitres concernent les sens, le huitième la
pensée et son contenu (imagination, mémoire, pensée symbolique),
en 14 pages ; puis vient une étude physiologique du mécanisme
•corporel, du système nerveux, et une étude de la conscience et de
ses degrés ; ensuite se succèdent les chapitres relatifs à l'instinct
-et l'habitude, au développement de Paperception, à la perception
l'année psychologique. x>;iv. 13 ■
TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOIRE. THEORIES 195 GÉNÉRALITÉS.
vent répétée paraît s'automatiser ; mais, quand les circonstances
changent, avec de simples différences de degré, on voit aussi le
comportement changer et des adaptations nouvelles se faire; des
exemples relatifs au comportement des Insectes, qui présentent les
instincts les plus caractéristiques, le montrent assez, en particulier
dans les processus du retour au nid.
Il n'y a donc, pour Me Dougall, que deux catégories d'actes, des
« purposives » et des réflexes.
A la base des actions adaptées, il faut placer la loi fondamentale
du « Mind », aussi essentielle que la loi de Newton, à savoir qu'il y a
corrélation du plaisir avec le succès ou avec le progrès vers le but
de l'action, du déplaisir avec l'échec et l'obstacle à l'action.
Dans sa conception « hormique », d'une psychologie dynamique,
on conçoit quelle place doit être attribuée aux instincts.
Me Dougall, qui a donné à ceux-ci le rôle capital dans sa psychol
ogie sociale, qui réalise un épanouissement de la psychologie bio
logique, les met au centre de sa conception du comportement indi
viduel, de celui de l'animal comme de celui de l'homme .Et l'énu-
mération, l'analyse des instincts communs à tous les organismes
représente une importante partie du livre (ch. V), après l'étude du
comportement aux différents niveaux de l'échelle animale. Après
un chapitre sur l'habitude et l'intelligence chez les animaux, vient
une étude originale, où Me Dougall cherche à reconstituer la psychol
ogie purement biologique de l'homme « naturel », c'est-à-dire tel
qu'il apparaîtrait s'il était soustrait aux influences sociales ; son
hypothétique, mais intéressante psychologie de « Mowgli », tel que
l'a présenté le livre de la Jungle, est une occasion de discuter et de
défendre sa théorie « hormique » de l'action .
Ensuite viennent quelques chapitres de psychologie humaine où
l'auteur montre une maîtrise remarquable des grands problèmes.
En particulier, quand il traite des sens — • montrant le rôle capital
que devra jouer notre physiologie des sensations, malheureusement
encore si incomplète, d'ailleurs si totalement ignorée, ajoute-t-il,
de la plupart des philosophes — et de la perception, pour laquelle
il a frayé les voies à la « Gestalt théorie », si en vogue à l'heure ac
tuelle, il montre une grande force de pensée, et une connaissance
pénétrante des faits, avec le souci de la nature et du rôle des méca
nismes physiologiques. On lira avec fruit, en particulier, l'important
développement consacré à la perception de l'espace.
La conception de l'attention, rattachée à c l'intérêt » révélateur
du pouvoir d'évocation par les choses des impulsions instinctives, et
de la force de ce pouvoir, est intéressante et originale : le mot d'atten
tion caractérise un trait de l'activité mentale qui possède, non seu
lement la continuité d'effort mais l'unité. « conative unity ».
On sait déjà comment Me Dougall fait correspondre l'émotion
à l'instinct, et désigne les 14 états affectifs qui représentent chacun
une face de l'une des principales tendances instinctives, et comment
à ces tendances répondent aussi des « dispositions s de caract
ère.
Dans tous les chapitres on verra se marquer l'esprit anti-mécaniste,
anti-associationniste, mais aussi anti-intellectualiste, anti-rational
iste (sauf peut-être dans le développement relatif au libre arbitre), 196 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'une pensée vitaliste pour laquelle la finalité est la seule notion
essentielle.
En annonçant qu'il appliquera bientôt au domaine de la pathol
ogie mentale son point de vue, Me Dougall s'excuse d'avoir pu
paraître bien dogmatique et arrogant, et déclare qu'il sait que ses
conclusions ne sont que des hypothèses de travail, peut-être plus
fausses que vraies, mais, dit- il, ce sont les meilleures qu'il a pu
fonder sur trente années de travail acharné.
Et certes ce n'est pas là un travail improvisé, mais longuement
élaboré, et fortement conçu.
Très imprégné de métaphysique systématique, comme on l'a vu,
l'exposé, dans le détail, est généralement d'inspiration très scienti
fique, et l'on peut être souvent d'accord avec l'auteur, même en
ne partageant pas son point de vue K
C'est que la métaphysique de Me Dougall s'accorde avec la
science beaucoup plus facilement que les anciennes métaphysiques
spiritualistes qui plaquaient l'âme humaine sur le corps ou l'y l
ogeaient comme dans une prison. En imprégnant tout l'organisme
d'un principe spirituel d'activité, on permet l'accord avec les résul
tats de la psychophysiologie. Un mécanisme nerveux peut sans
inconvénient se substituer à un mental si l'on fait dé
pendre le mécanisme nerveux lui-même d'une sorte d' « âme du
corps », telle qu'en invoque un littérateur dont l'enthousiasme lyrique
pour le sport exalte et spiritualise le muscle, M. de Montherlant.
Et, en ce qui concerne la notion de finalité, il n'est pas très difficile
d'ajourner le débat que Me Dougall tient à poursuivre avec obsti
nation : on doit scientifiquement accorder qu'il est impossible de
réduire purement et simplement, en l'état actuel de nos connais
sances, le finalisme de l'activité organique, de l'activité humaine,
à un mécanisme exhaustif ne faisant appel qu'à des principes
physico- chimiques. Mais, en nous fondant sur les succès des théories
mécanistes, il est possible de réserver la question de la réduction
possible, et de ne pas admettre l'irréductibilité formelle, absolue, à
laquelle tient Me Dougall.
Les métaphysiques doivent s'accorder avec les faits ; celle de
l'auteur est de nature à accepter les faits actuellement établis. Elle
n'a sans doute pas de fécondité scientifique propre, mais elle ne
gêne pas et Me Dougall a montré qu'il savait contribuer par ses
recherches au progrès de la science psychologique, et par ses di
scussions à l'élaboration de conceptions plus cohérentes.
Henri Pieron.
1. Toutefois il y a bien des divergences de détail, sinon sur des faits
du moins sur des interprétations directes des faits. C'est ainsi que les
expériences de corrélation avec lesquelles Me Dougall prétend étayer la
conception d'une forme bergsonnienne de mémoire pure ne me paraissent
nullement avoir une telle conséquence, comme je l'ai déjà exposé (Cf.
An. Ps., XXII, 434-436). GÉNÉRALITÉS. TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOIRE. THÉORIES 197
W. MC DOUGALL. — Prolegomena to Psychology [Prolégomènes
à la Psychologie). — Ps. Rev., XXIX, 1, 1922, p. 1-43.
Cet article est le premier chapitre d'un volume intitulé : A General
Introduction to Psychology. L'auteur y définit sa conception générale
de la psychologie.
Il rejette d'une part les anciennes définitions de cette science par
les facultés, les idées, ou la conscience (entendue dans un sens réal
iste) et d'autre part, les conceptions mécanistes : associationnisme,
behaviorisme, néo- réalisme. La psychologie est la science de l'Esprit
(mind). Mais cet esprit n'est qu'une hypothèse de travail ; par là,
on entend simplement le quelque chose qui correspond d'une part à
l'expérience consciente de l'individu, d'autre part au comportement
de l'organisme. Nous arriverons à faire la description de l'esprit
humain, en étudiant les faits de conscience d'une part, les faits de
comportement de l'autre, et en en inférant la nature et la structure
de l'esprit : la nature de cet esprit est la même chez tous, chez les
animaux, chez l'homme et chez les êtres surnaturels, chez le nou
veau-né, l'aliéné ou l'homme adulte. Mais la structure de l'esprit
varie selon les individus.
Cette science de l'esprit humain sera de plus définie comme posi
tive et empirique : empirique en ce qu'elle emploie la méthode des
sciences de la nature, qu'elle part des faits concrets pour en induire
des lois ; positive en ce qu'elle existe actuellement, qu'elle est à
l'œuvre, ce qui la distingue des sciences de l'idéal. Les faits les plus
généraux et les plus fondamentaux que l'expérience nous découvre,
sont que toute expérience est l'expérience de quelque chose et en
même temps l'expérience de quelqu'un. La pensée (l'auteur emploie
le mot au sens cartésien pour désigner l'ensemble de l'expérience
consciente) a un sujet et un objet.
On distinguera nettement dans cette étude entre les faits d'acti
vité mentale et les faits de structure mentale. La différence entre
les deux est la même. qu'entre l'activité d'une machine et son méca
nisme.
On voit quelle est la position originale prise par l'auteur entre les
différentes doctrines qui se disputent si âprement la faveur des
penseurs d'outre-mer. Ce spiritualisme, tout empirique qu'il pré
tende être, le sépare nettement, semble- 1- il de la majorité des psy
chologues américains.
G. P.
W. MC DOUGALL. — Purposive or mechanical psychology ? {Psy
chologie finaliste ou mécanique). — Ps. Rev., 'XXX, 4,. 1923,
p. 273-288.
Conférence prononcée par Me Dougall devant les élèves de Watson.
Bien qu'en fait, le behaviorisme apparaisse historiquement comme
la suite des doctrines mécanistes, et que la plupart de ses partisans,
sinon tous, se réclament du mécanisme, théoriquement pourtant il
n'est pas impossible de concevoir un behaviorisme qui serait finaliste.
C'est pour Me Dougall, le point de vue finaliste qui permet seul de
comprendre l'activité de l'homme, le mécanisme emprunté aux 198 ANALYSES BJBLI'O&BAPKIQUES
scienoes de riawgAtq^ae, n'en esprimaint qu'un des aspects.
terberg, bien que toute son œuvre de savant fût fondée sur une
conception mécaniste, n'en admettait pas moins, comme philosophe,
les thèses fondamentales de la réalité de l'effort dirigé vers un but,
de la liberté de la volonté, de l'activité créatrice de l'esprit et de
l'immortalité de l'âme. A vrai dire, il n'a jamais expliqué clairement
comment ces deux attitudes pouvaient chez lui se concilier. A la fin
de sa vie, ü considérait même que la psychologie finaliste, fondée sur
l'expérience la plus immédiate, était la plus importante et la plus
utile.
Me Dougall se rallie à cette opinion, et il estime que Watson lui-
même pourrait suivre la même évolution .; il engage ses auditeurs,
s'ils veulent rester behavioristes, à être des behavioristes finalistes.
11 serait curieux de connaître l'avis de Watson sur ces pronostics
qui paraissent au moins hasardeux.
G. P.
R.-H. WHEELER. — Outline of a system of psychology (Esquisse
d'un système de psychology). — Ps. Rev., XXX, 3, 1923, p. 151-163.
W. cherche un principe qui permette de presenter l'ensemble de la
psychologie d'une façon systématique et coordonnée, en tenant
compte de tous les faits, dans un but pwement didactique. Ce sys
tème est résumé dans un diagramme ingénieux (p. 154).
Ce plan s'inspire de conceptions monistes. La vie psychologique
est conçu e comme une forme de l' adaptation de l'organisme au milieu,
les activities mentales étant Tegardées comme des ébauches de r
éponses motrices, et les réponses motrices étant elles-mêmes le produit
final de ces activités mentales. Ainsi s'accordent et se prolongent
l'un dans l'autre, le comportement visible et le comportement caché
(overt et covert foehavior). Tel est le point de 'départ du système.
Il est impossible d'expliquer en détafl ce système sans l'aide du di
agramme, où d'ingénieuses dispositions de lignes pleines ou pointillé es,
permettent de mettre en lumière les relations des faits psycholo
giques entre eux, et de marquer d'une façon claire et pourtant pré
cise les rapports qu'ls soufôennent les uns avec les autres. Sans
doute certains points de détari pourraient être constestés oh amél
iorés, mais il y a là dans Fensemble une tentative tout à tait inté
ressante, et nous ne pouvons que renvoyer à ce tableau.
G. P.
MARY WHTTOH CALKINS. — Tbe foundations of psychology [Les
fondements de la psychologie). — ï. of. Ph., XX, 1, 1923, p. 5-15.
Dans son ouvrage The Foundations of Psychology, J.-S. Moore
avait soutenu la conception d'une psychologie indépendante de la
biologie, en s'appuyant sur le principe qu'à chaque phénomène
mental doit être assignée une cause spécifiquement mentale. Mais,
observe notre auteur, ce principe se heurte d'abord au
de la sensation, et Moore avoue la défaite en se rabattant sur le
caractère inexplicable de la sensation dans sa nature même. Moore
a aussi trop aisément confondu avec la spéculation niétaphysifue la TRAITES. METÜDDOLOGIE ET HISTOIRE. THEORIES 199 GÉNÉRALITÉS.
« self-psychology » : le moi dont celle-ci réclame l'existence n'a pas
une « permanence métaphysique », mais seulement le genre de per
sistance impliqué dans le fait de la reconnaissance. Enfin Moore a
été oonduit, par le principe sus-indiqué de la « «causation psychique
indépendante » à admettre de l'inconscient mental à la base de cer
tains laits conscients. Il y a contradiction entre ce postulat et la
définition du fait mental comme « objet d'expérience » pour un
observateur seulement.
S. G.
EUGEN POSCH. — ^Umriss einer realistischen Psychologie {Esquisse
d'une psychologie réaliste). — A. f.'ges. Ps., XLIV, 3-4, 1923, p. 191-
243.
C'est un résumé d'un grand travail de 1150 pages sur les phéno
mènes psychologiques et leur nature, que l'auteur fit paraître en
hongrois en 1915. L'essentiel de sa conception se réduit à ceci :
Tous les phénomènes psychologiques ne sont que des mouvements.
La perception est un ensemble de mouvements adaptés à l'objet
présent. Et la représentation mentale, le souvenir, c'est encore une
prise d'attitude, un comportement « comme si » l'objet du souvenir
était présent. C'est de ce chef une inadaptation motrice au moment
présent, c'est un début d'hallucination. Entre la représentation men-,
tale et l'hallucination, la différence réside en ce que le comportement
« comme si » est plus ou moins complet, plus ou moins achevé. L'au
teur reconnaît bien le vague de ces distinctions qui dans l'état actuel
de nos connaissances physiologiques ne peuvent être précisées da
vantage. Il espère que l'enregistrement des mouvements qui ne
peuvent être décelés à l'heure actuelle, viendra apporter un jour les
preuves et les précisions nécessaires à sa théorie. En attendant il
essaie de montrer que l'application systématique de l'hypothèse
sur la nature motrice des phénomènes psychologiques lève bien des
contradictions, et s'accorde le mieux avec l'état actuel de nos con
naissances.
D. W.
R. ANTHONY. — Réflexions d'un biologiste sur l'objet et les limites
de la psychologie. — B. I. P., 23, 1-3, 1923, 15-54.
Avec beaucoup de franchise, l'auteur déclare dès le début l'idée
qu'il a eue en entreprenant cette volumineuse étude (qui comprend :
un avant propos, des Préliminaires et 4 chapitres, divisés en 15 para
graphes). « Personne ne s'y trompera, dit-il, en débutant, le principal
but que j'ai eu en écrivant ses pages a été de démontrer l'impossib
ilité essentielle d'une psychologie animale. »
C'est là, évidemment, l'idée directrice de l'article, et la psychol
ogie .zoologique y est poursuivie avec une rigueur scientifique inlas
sable, qui, englobant comme de juste ceux qui représentent cette
branche de la science, cède le pas malheureusement, parfois, à une
rigueur légèrement plus subjective. Tout le reste, l'auteur nous en
prévient implicitement, ne sera là que pour faire masse, et justifier
le titre de l'article,

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