Goûts et Intérêts. Distractions. Jeux. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 633-636

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 633-636
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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2° Goûts et Intérêts. Distractions. Jeux.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 633-636.
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2° Goûts et Intérêts. Distractions. Jeux. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 633-636.
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l'état de névrose avec obsessions, hallucinations même, le mysticisme
constitue une sublimation protectrice, nouvelle expression d'une idée
souvent soutenue déjà. H. P.
2° Goûts et Intérêts. Distractions. Jeux1
981. — E. HARTENSTEIN. — Aktuelle Kulturinhalte im Spiegel
der Kinderzeichnungen (L'actualité dans les contenus de culture,
vue dans le miroir des dessins d'enfants). — Z. f. Jug., 4, 1934,
p. 106-120.
Un examen de collections de libres dessins d'enfants, provenant
des années 1927-1932, permet de déterminer statistiquement la part
de l'actualité dans les sujets choisis, d'apercevoir l'effet de l'âge et
du sexe. L'actualité est technique, sociale, politique, sportive, artis
tique, etc. Elle est plus marquée à 6-7 ans chez les garçons que chez
les filles, puis grandit chez les 2 sexes et atteint son maximum à:
10-11 ans. Elle décline ensuite beaucoup (ou du moins ne se traduit
plus librement dans le dessin). C'est l'actualité technique qui inté
resse surtout les garçons ; chose remarquable, les filles qui ont des
frères dessinent 10 fois plus de sujets techniques que celles qui n'en
ont pas ! P. G.
982. — GERTRUD WAGNER. — Die Programmwuensche der
österreichischen Radiohoerer (Les désirs relatifs aux programmes
des abonnés de la radio en Autriche). — A. f. ges. Ps., XC, 1-2.
1934, p. 157-164.
L'enquête a montré qu'on ne trouve pas quant aux
littéraires et musicaux de différence notable entre l'intérêt manifesté
par les femmes et par les hommes. Par contre, la majorité des femmes
repoussent des exposés techniques ou trop spécialisés. Très grande
est l'influence du métier et celle de l'instruction. Cette influence
apparaît surtout chez les femmes. Les ménagères, beaucoup plus
que les femmes exerçant un métier, ont une attitude hostile à l'égard
des programmes « culturels ».
Fait curieux, l'intérêt pour les choses de l'esprit augmente avec
l'âge dans les couches prolétariennes et diminue dans la classe
bourgeoise. L'intérêt pour la musique légère manifesté surtout par
les jeunes s'oriente avec l'âge vers la musique classique. Par contre,
on ne trouve pas de différence de goût pour la production littéraire.
S. K.
983. — K. GROOS. — Wesen und Sinn des Spiels (Nature et signifi
cation du jeu). — Z. f. Ps., CXXXIII, 1934, p. 358-363.
A propos du livre récent de Buytendijk, K. Groos signale les points
sur lesquels il est en accord ou en désaccord avec l'auteur hollandais ;
parmi les idées critiquées, notons : l'idée du manque de direction du
jeu, qui se réduirait au fait que le jeu n'est pas un moyen en vue
d'autre chose que lui-même ; l'idée de l'indépendance du jeu par
rapport à des instincts particuliers, qui, notamment chez les animaux,
est difficile à soutenir ; enfin Groos continue à défendre contre les
critiques son idée centrale delà valeur éducative du jeu. P. G.
1. Voir aussi les N°s 1004 et 1007. 634 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
984. — E. CLAPARÈDE. — Sur la nature et la fonction du jeu. —
Ar. de Ps., XXIV, 96, 1934, p. 350-369.
La théorie de Groos sur la valeur « préparatoire » du jeu (entra
înement à des activités ultérieurement utiles pour l'espèce) vient
d'être fortement attaquée par le livre de Buytendijk, sur la nature
du jeu et sa signification, dans lequel est émise l'idée que le jeu est
avant tout la manifestation extérieure de l'individu jeune. Pour Groos
un être est un enfant parce qu'il joue, pour il joue parce
qu'il est un enfant. Pour ce dernier, les caractères du comportement
juvénile, donc du jeu, sont les suivantes : incohérence, impulsivité
motrice, attitude « pathique » (communion affective avec le milieu)
et timidité à l'égard des choses. Mais, comme le note G., Buytendijk
a du jeu une définition très limitée, il en élimine toutes les activités
agréables (danses, course, etc.) les occupations (dessiner) et tous
les sports. La plupart des jeux décrits par Groos ne seraient pas des
jeux réels. Le caractère sui generis du jeu pour B. serait le suivant :
le jeu est toujours un jeu avec quelque chose, avec un quelque
chose qui joue aussi avec le joueur, et aurait de plus les 3 caractères
suivants : tendance à la libération (le milieu étant un obstacle au
moi) ; à la communion avec l'ambiance (contraire de la
précédente, renoncement au moi, à la liberté à l'existence) ; tendance
à la répétition (le rythme occupant une grande place dans les jeux
des très jeunes).
Cette théorie de B. n'est pas à l'abri de nombreuses objections
possibles que Glaparède présente dans la seconde partie de son
article, avec sa finesse habituelle d'analyse. Tout d'abord, le jeu
est défini par la dynamique infantile. Mais toutes les activités des
jeunes, qui ne sont pas des jeux, portent la même marque. La « patau-
derie » du petit chien qui cherche ses puces ne suffit pas pour faire
un jeu de son activité. Cette dynamique se marque aussi dans le jeu.
C'est tout ce que l'on peut dire, et un garçon de 14 ans jouant avec
un mécano ne présente plus aucun caractère de la dynamique infant
ile. — D'autre part, la limitation de la notion de jeu deB. est incontes
tablement abusive. Les ruades et les culbutes ne seraient pas des jeux,
parce qu'on ne joue pas avec quelque chose. Pour B., en effet, le
jeu le « plus pur de tous les jeux » est le Liebenspiel, le jeu galant,
le flirt ; ce n'est cependant pas un jeu d'enfant et on se demande
ce que fait là la dynamique infantile.
De tout ceci résulte l'idée que notre notion du « jeu » n'est pas
encore très claire. Qu'est-ce qui fait d'une activité un jeu ? — Ce
n'est pas le plaisir (on mange avec plaisir sans que ce soit un jeu).
Est-ce le fait qu'il est autotélique ? Mais on se promène dans son
jardin, pour se promener, sans que ce soit un jeu. — Y a-t-il jeu quand
il n'y a pas de contrainte ? Le jeu y échappe mais beaucoup d'autres
activités qui n'ont rien de ludique. — En fait, pourquoi la prome
nade, le chant, la lecture, ne sont pas des jeux ? Parceque ce sont
des activités réelles, qui se meuvent dans la sphère de la réalité. Dans
le jeu, l'activité est une fiction. Le même comportement peut être
ou non un jeu selon qu'il est considéré ou non dans la réalité : je me
balance dans un hamac, activité agréable non ludique, c'est un
jeu si je me crois dans un navire agité par les vagues. L'enfant GOÛTS ET INTÉRÊTS. DISTRACTIONS. JEUX 635
mangeant son chocolat ne joue pas ; il joue s'il pense manger un beef-
steack dans une île déserte. — Un enfant court parce qu'il est en
retard pour arriver à l'école, ce n'est pas un jeu, dit G., c'en est un
au contraire s'il court pour faire un match de vitesse avec un camar
ade, parce qu'il « a l'air de courir pour ne pas être en retard, eh bien
pas du tout, il court pour arriver le premier ». Ici j'avoue ne plus
très bien suivre G. Dans le match, dans la compétition, il semble bien
que l'enfant se meuve dans la sphère de la réalité la plus nette, et
l'on ne voit plus très bien, ici, le rôle de la fiction. — G. répond
d'avance à cette objection possible, en expliquant que dans le jeu,
le moi aspire à son épanouissement et que le réel n'est pris en consi
dération que pour autant qu'il en poursuit le prétexte. Il peut y avoir
un but poursuivi rigoureusement (tir à la cible) mais ce but ne vaut
pas par lui-même, mais seulement pour l'épanouissement qu'il pro
met au moi. En somme, on ne joue qu'avec des images. — Le jeu
a donc une valeur fonctionnelle (et les hypothèses de psychanalystes,
si elles étaient confirmées, viendraient à l'appui de ce point de vue)
et une valeur de tout premier ordre pour la formation du caractère
et de la personnalité. Le jeu est un déclencheur d'énergies. « La même
activité, exactement, accomplie sous le signe du jeu, ou sous celui du
travail, se déroule dans des conditions entièrement différentes, quant
à l'entrain, la continuité, l'attention qu'y met l'enfant. » M. F.
985. — S. SLIOSBERG. — Zur Dynamik des Ersatzes im Spiel und
Ernstsituationen (La dynamique de la substitution dans les situa
tions ludiques et sérieuses). — Ps. For., XIX, 1934, p. 122-181.
On donne à des enfants (de 3 ans à 6 ans 8 mois) un objet avec
lequel ils s'occupent, puis on le leur redemande pour le remplacer ;
on donne un second objet (Ersatz) qui n'a qu'une ressemblance
vague avec le premier. L'enfant peut le refuser ou l'accepter et,
dans ce cas, soit faire des actes nouveaux en rapport avec les qualités
du nouvel objet, soit mimer les actes qui étaient possibles avec le
premier. Ainsi, si on substitue à un objet comestible (chocolat) un
carré de carton, à des ciseaux réels des ciseaux en papier, les attitudes
de jeu que peut prendre l'enfant se distingueront toujours nettement
des attitudes sérieuses correspondantes, du moins à partir de 5 ou
6 ans. La différence s'atténue quand l'objet primitif était déjà un
jouet, c'est-à-dire un objet dont les qualités pour l'enfant étaient
déjà plastiques et permettaient le développement de gestes fictifs.
L'enfant accepte plus facilement la substitution du morceau de carton
au chocolat quand il s'agit de donner à manger à une poupée ; c'est
surtout chez les plus grands que la fiction est le plus aisément conti
nuée. Le plan du jeu est moins éloigné du plan du réel que celui de la
pure imagination et du rêve. L'acceptation du substitut dépend
aussi du type d'activité en cours dans laquelle les nouveaux objets
peuvent plus ou moins s'insérer. La stabilité fonctionnelle des
matériaux substitués dépend à la fois de leur nature et de la stabilité
de la situation dans laquelle ils sont introduits. P. G.
986. — T. F. VANGE et L. T. MC CALL. — Children's preferences
among play materials as determined by the method of paired 636 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Comparisons Of pictures (Les préférences des enfants pour les diffé
rents jouets, déterminées par la méthode des comparaisons binaires
d'après des photographies). — Child dev., V, 1934, p. 267-277.
La méthode consiste à photographier les jouets et à soumettre
ces images 2 par 2 aux enfants (de 3,6 à 6,4 ans) qui doivent exprimer
leurs préférences. Gomme contrôle, on a procédé à quelques choix de
jouets réels et on a demandé aux mères quels étaient les jouets
préférés. Le classement obtenu ne s'accorde pas toujours avec ceux
des études antérieures. P. G.
3° L'émotion1
987. — ELIZABETH DUFFY. — Emotion : an exemple of the need
for the reorientation in psychology (L'émotion ; un exemple de
la nécessité d'une orientation nouvelle en psychologie). — Ps. Rev.,
XLI< 2, 1934, p. 184-199.
Y a-t-il une différence spécifique entre l'émotion et les autres
réponses ou les autres formes de comportement de l'organisme ?
Les critères pour distinguer un état émotionnel des autres états
mentaux sont-ils suffisamment fondés ? D. y répond par la négative.
Comme on le sait, on a cherché à définir les émotions : 1) sur la base
des mécanismes physiologiques impliqués dans la réponse du sujet ;
2) d'après le degré d'intensité de cette réaction ; 3) par la désorga
nisation de la conduite et par le défaut d'adaptation ; 4) par les
caractères de l'état subjectif et aussi par le genre de situation qui
provoque la réponse émotive. En examinant ces critères D. est amenée
à conclure que dans tous les cas la différence entre l'émotion et
les autres « schemes réactionnels » est celle de degré plutôt que celle
de nature. En conséquence, le concept d'émotion est sans utilité
en psychologie. Aussi n'est-il pas étonnant que l'étude des corréla
tions entre les phénomènes physiologiques et l'état ou le comporte
ment émotif ait abouti à des résultats plutôt décevants.
Gomme certains psychologues américains, D. propose d'abandon
ner la « catégorie » émotion et, en général, toutes les catégories
classiques de la psychologie, qui sont par trop « littéraires ». Ce qu'il
importerait pour le progrès de cette science, c'est de déterminer
expérimentalement certains aspects simples et irréductibles communs
à toutes les formes de comportement. On pourrait trouver, par
exemple, dans « le degré d'excitation et d'inhibition » de telles
« dimensions fondamentales » de toute conduite. P. K.
988. — R. M. BELLOWS et R. G. WHISLER. — A consideration of
interacting pattern theories of feeling and emotion (Remarques
sur les théories de Vaffect et de l'émotion fondées sur l'idée d'une
interaction des patterns). — Ps. Rev., XLI, 3, 1934, p. 236-246.
Les deux auteurs de cet article se montrent des partisans convain
cus de la théorie des émotions de Gason, connue sous le nom de
« théorie des patterns inter-agissants » et dont on peut trouver un
exposé dans les analyses du volume précédent [An. Ps., XXXIV,
n° 1288). D'après Gason, l'étude des émotions doit comprendre le
1. Voir aussi les N°" 147, 383, 746, 1010.

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