Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 534-548

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 534-548
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 534-548.
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 534-548.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6282534 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
VII. — Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage.
GEORGE HUMPHREY. — Is the conditioned reflex the unit of
habit (Le réflexe conditionnel est-il l'unité de l'habitude ?). — J. of
Abn. Ps., XX, 1, 1925, p. 10-16.
On a souvent assimilé l'habitude à une série de réflexes conditionn
els. A cette conception, l'auteur objecte l'extrême instabilité de ce
réflexe, constamment en voie de disparition, d'inhibition, ou de réap
parition. Vouloir assurer que le réflexe de Pawlow est à la base des
habitudes, c'est affirmer qu'une situation psychologique peut être
•décomposée en une série de stimuli isolés, ce qui est contraire aux
récentes conceptions de Koffka et de Wertheimer pour qui la pr
édominance de l'ensemble se manifeste antérieure à la distinction
des éléments. L'auteur réclame qu'on étudie les questions psycho
logiques par des méthodes purement psychologiques et qu'on n'es
quive pas le problème en le rejetant dans le behaviorisme objectif,
impuissant à en donner une solution satisfaisante. M, L.
J.-P. GUILFORD et K. M. DALLENBACH. — The determination
of memory span by the method of constant stimuli (La détermina
tion de l'amplitude de la mémoire immédiate par la méthode des st
imuli constants). —- Am. J. of Ps., XXXVI, 4, 1925, p. 621-628.
Un historique rapide du problème permet aux auteurs de montrer
que vingt-sept méthodes différentes ont été employées pour le ré
soudre. Ils proposent, pour sortir dé l'arbitraire, d'employer le prin
cipe du seuil statistique. Le seuil de la mémoire immédiate est défini
par la longueur de la série de chiffres qui a la probabilité 0,5 d'être
reproduite correctement. Ils justifient cette notion par deux série»
d'expériences ; lWe intensive, l'autre extensive. La première doane
la valeur du seuil individuel de quatre sujets étudiés pendant 7 jours ;
l'autre, celle du seuil moyen d'un groupe de 100 personnes étudié
en une seule série d'épreuves. Cette méthode a l'avantage de définir
le seuil d'une manière exempte d'équivoque, de se prêter à une dé
termination relativement rapide, de tenir compte, sans emploi de
formules arbitraires, de tous les résultats partiels, erronés ou exacts,
enfin de permettre des comparaisons au double point de vue du seuil
et du coefficient de précision. P. G.
G. GHAMIÉ. — Remarques sur le problème de. la mémoire. — J. de
Ps., XXII, 1925, p. 457-464.
La mémoire peut accomplir deux fonctions : reproduire le vécu
saus sa forme la plus exacte, ou le transformer en substituant à la
succession des événements dans le temps un système d'éléments
simultanés. Il y a équilibre et collaboration entre ces deux sortes de
mémoire.
On a exprimé le regret que l'Homme, si bien adapté à l'espace par
ses mouvements, n'ait pas su s'adapter au temps. L'Homme est au
contraire parvenu à une adaptation parfaite au temps avec la mé
moire active, qui sait éliminer le temps quand cela est nécessaire.
G.-H. L. HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 535
PIERRE JANET. — Memories which ate too real : The problems
of Personality, studies in honor of Morton Prince, 1925. Extrait
de 12 pages.
P. Janet a examiné les effets du sentiment d'irréalité dans la mé
moire ; le même problème apparaît sous la forme inverse d'un ex
cès, du sentiment de réalité, et il relate une observation d'un homme
d'une trentaine d'années ayant présenté des accidents psyehasthé-
niques, se traduisant par des transformations des sentiments, Tin-
différence, la suppression de tout désir, la crainte de l'action, par
une diminution notable de l'activité, des tics divers et surtout
des évocations de souvenirs qui ont une vivacité, une précision ex
traordinaire, ridicule, et dont U est obsédé et impressionné. Il sait
que ces images sont des souvenirs, en sorte qu'il n'y a pas à propre
ment parler hallucination malgré leur vivacité. Ces souvenirs se rap
portent à une période de vie très active.
Les conditions pour un tel syndrome de mémoire hyper-réelle sont,
d'après Janet : une acquisition du souvenir dans un état d'hypers-
thénie psychologique ; une évocation dans une période d'asthénie,
et une évocation automatique dissociée de la personnalité actuelle.
A cette occasion, Janet rappelle le schéma qu'il a tracé des pro
cessus psychologiques, correspondant à la hiérarchie du sentiment de
réalité. H. P.
MAURICE HALBWACHS. — Les cadre« sociaux de la Mémoire.
— In 8, de 404 pages. Paris, F. Alcan, 1925. Prix : 25 francs.
Dans cet intéressant et important ouvrage, qui fait partie de»
a Travaux de l'Année Sociologique », se trouvent en réalité juxtap
osées- trois catégories- très dif f éreates d'études :
En dernier lieu, — the last not the least — une série de chapitres
proprement sociologiques est consacrée à la mémoire sociale, c'est-
à-dire à la pensée sociale, dont le contenu « a' est fait que de souvenir*
collectifs », au rôle de la tradition dans la famille, dans l'organisation
religieuse, dans les classes de la société : la communauté des souven
irs et l'esprit traditionnel constituent le lien nécessaire pour assurer
la cohérence &u groupe ; et l'oubli commun n'est pas moins indiß*
pensable : « Un homme qui se souvient seul de ce dont les autres ne
se souvienitent pas, remarque fmeoaeat l'auteur, ressemble à quel
qu'un, qui voit ce que les autres ne voient pas. C'est, à certains égards,
un halluciné, qui impressionne désagréablement ceux qui reatcHL-
reat ». En somme, une géaératioa constitue un groupe social dis
tinct, du fait de sa communauté de souvenirs, et le vietUard qui
survit à sa génération est un peu. en dehors de la. société.
Autre aspect ttu livre : Les observations de l'auteur, en parti
culier sur la famille, sut l'esprit familial, sont d'un intérêt très,
vivant. Les deux chapitres du milieu traitent, dans un esprit
psychologique, de la reconstruction du passé et de la loeausatka*
des souvenirs, d'après des remarques critiques pénétrantes, des
analyses judicieuses. A vrai dire le sociologue intervient powr
mettre en pleine lumière le rôle des « cadres sociaux », suivant le
titre du livre, des repères fournis par la collectivité, des action» 536 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
déformantes imprimées par le milieu; et tout ceci est très justifié
et de grande valeur psychologique.
Le rôle des actions sociales n'est-il pas toutefois surestimé ? « Pour
localiser un souvenir, dit M. Halbwachs, il faut, en définitive, le
rattacher à un ensemble d'autres souvenirs dont on connaît la^place
dans le temps. Mais, ce qui rattache les uns aux autres des souvenirs
récents, ce n'est point qu'ils sont contigus dans le temps, c'est qu'ils
font partie d'un ensemble de pensées communes à un groupe, au
groupe des hommes avec lesquels nous sommes en rapport le jour
ou les jours précédents. Il suffit donc, pour que nous les évoquions,
que nous nous placions au point de vue de ce groupe, que nous adop
tions ses intérêts, et que nous suivions la pente de ses réflexions.
Mais il en est exactement de même lorsque nous cherchons à loca
liser des souvenirs anciens... Les souvenirs de famille se ressemblent
en ce qu'ils se rapportent à une même famille. La ressemblance
n'est, dans ce cas, que le signe d'une communauté d'intérêts et de
pensées. Ce n'est point parce qu'ils sont semblables qu'ils peuvent
s'évoquer en même temps. C'est plutôt parce qu'un même groupe
s'y intéresse, et est capable de les évoquer en même temps, qu'ils
se ressemblent ».
N'y a-t-il point là l'esquisse d'une théorie purement sociologique
de la capacité de localisation et de lois d'association en général,
théorie qui serait excessive ? On peut se le demander, quand on a lu
les deux premiers chapitres qui, je l'avoue, m'ont réellement déçu,
et qui relèvent d'une métaphysique sociologique, où apparaît une
sorte de bergsonisation des tendances les moins heureuses de Durk-
kheim.
Troisième aspect du livre : Maurice Halbwachs paraît vouloir,
conquérir, au profit de la discipline du maître tout le psychologique^
et gagner même sur le physiologique, en s' aidant de l'effort critique
de Bergson. L'aphasie lui appartiendrait, puisqu'un homme, qui
s'isolerait de son groupe et ferait de l'innovation linguistique
serait « par rapport au groupe dans les mêmes conditions qu'un
aphasique » ; et « la cause de l'aphasie ne se trouve pas dans une
lésion cérébrale, puisqu'elle pourrait se produire chez un sujet à cet
égard parfaitement sain », tel un candidat qui se trouble au moment
de son examen, comme si la perturbation circulatoire n'engendrait
pas une insuffisance fonctionnelle dans un organe analogue à l'effet
d'une lésion, à la durée près du trouble, en admettant que l'am
nésie émotionnelle puisse se confondre avec urie aphasie ! Head
n'est-il pas invoqué à l'appui d'une telle conception, dont tout
neurologiste se montre à bon droit stupéfait !
Bien d'autres assertions surprennent, comme celle-ci, qu'une fo
rmule verbale est nécessaire et suffisante pour s'orienter dans l'espace,
comme si l'orientation correcte n'existait pas chez les animaux et ne-
persistait pas chez un grand nombre d'aphasiques, et comme s'il n'y
avait pas des syndromes de désorientation sans aphasie, l'aphasique
pouvant seulement perdre les schemes symboliques de représentation
spatiale.
D'autre part, l'argument principal dans la discussion consiste à
envisager la vie du rêve comme définie, comme caractérisée exclusi- HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 537
vement par la rupture, au moins partielle, du lien social, l'incohé
rence du rêve dépendant du désordre du langage intérieur, dû lui-
même au relâchement du contrôle de la société, puisque ce rêveur
n'a pas à se faire comprendre des autres.
Comment ne pas tenir compte de ce fait fondamental que le sommeil
est un état qui diffère physiologiquement de la veille, que les fonc
tions corticales ne s'exercent pas de la même manière, qu'il y a
inhibition du fonctionnement sensorimoteur, et des rapports directs
avec le milieu aussi bien physique que social. Dès lors la pensée du
rêve ne peut être envisagée comme une pensée échappant seulement
au contrôle social, car elle échappe à tout le contrôle perceptif, et ne
fonctionne pas à même tension ; tout le point de départ de l'arg
umentation s'effondre !
Débarrassé du hors-d'œuvre métaphysique des deux premiers
chapitres, le livre aurait, à coup sûr, beaucoup plus de tenue scienti
fique.
Il est plein d'aperçus intéressants et de vues très justes, dont celles
qui concernent l'illusion de l'observation intérieure, de l'introspection
véritable, quand elle s'exprime verbalement, et qui conduisent log
iquement à n'admettre qu'une psychologie objective, m'ont parti
culièrement frappé par la précision de la pensée et de l'expression.
Mais pourquoi tant de sociologues s'obstinent-ils encore à vouloir
s'annexer toute la psychologie individuelle, comme des vitalistes
animistes cherchent à annexer à une véritable psychologie tout le
les' disciplines physico-chimiques ? Ce domaine de la vie, éliminant
n'est pas le plus complexe qui rend compte du plus simple, même s'il
constitue le donné primitif. Les biologistes ont tout à gagner en
s'instruisant dans les sciences physico-chimiques qui peuvent se
passer d'eux, tout en se complétant par eux, les psychologues en
se mettant au courant de la biologie et des autres sciences de la
nature, et les sociologues en acquérant des connaissances un peu
précises en matière de psychologie et de biologie.
Durkheim a inspiré à ses disciples une véritable phobie de la
biologie, — à cause d'une pseudo -sociologie biologique prise trop au
sérieux, — et il a imprégné de toute une métaphysique la science so
ciale qui s'en dégage difficilement,
On se rend pleinement compte aujourd'hui que l'homme, tel que
nous le connaissons autour de nous, et en nous-même, ne peut être
expliqué dans les modalités complexes de sa conduite, qu'en faisant
appel au jeu des influences sociales. Et à cet égard le livre de M. Halb-
wachs apporte des données de grande valeur. Mais il faut bien se
rendre compte que l'homme est un animal qui pourrait, élevé par des
singes, vivre dans la forêt comme le Mowgli de Kipling, qu'il aurait
alors une vie mentale bien différente, et plus proche de celle des
grands anthropoïdes que du civilisé, mais que cette vie mentale
obéirait à des lois que nous pouvons dégager déjà de l'étude des
animaux et que nous retrouvons chez l'homme, si socialisé soit-il.
En outre, il y a réalisation physiologique, dans l'individu, de
toutes les actions du milieu sur lui, aussi bien du milieu social que
du milieu physique. Pour la commodité de la recherche, qui fait
appel à des méthodes différentes, nous distinguons des disciplines, 538 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
«fes sciences, mais ces di&tinctkms sont artificielles, et il n'y a p«s
d'entité qui puisse faire l'objet de telle on telle discipline. La notion
d'un principe vital ne fonde pas la biologie, et elle nuit souvent an
développement de la science de la vie. Il en est de même pour la
science des faits, sociaux arbàtrairenteat séparée de la science des
autres faits humains, de la science des faits biologiques, de la scienee
de la nature.
Maïs peu importent les conceptions philosophiques sur la science,
si le chercheur établit les lois générales des faits qu'il étudie.
On voit tout l'intérêt de ce livre qui nous a ainsi entraîné à des
discussions d'un caractère bien général, ce qui est une preuve de sa
fécondité. H. P.
THORLEIF G. HEGGE. — - Heber Eomptexbadung in veracMedwien
Gebieten der Gedächtnistätigkeit [Sur la formation des complexe»
dans les différents domaines de V activité mnésique). ~ Z. für Ps.,
9», 1923, p. 319-359.
L'auteur a voulu comparer les traits de la mémoire mécanique et
«eux de la mémoire logique.
H étudie d'abord les complexes mécaniques. Il prend pour point
de départ les travaux de G-.-Ê. Müller et ne considère que la formation
de complexes visuels.
S'il s'agit par exemple de se rappeler ujoe série de chiffres, un
hemme qui aura des aptitudes visuelles pourra les saisir en ua seul
acte d'attention, d'où une aassoeiatioa très forte entre les membre»
de ce complexe, une sorte de marque intérieure ; le complexe lui-
même étant nettement limité dans le temps et dans l'espace. De là
vient que le lLen entre deux complexes successivement appris par ce
procédé est très faible. Mais chacun des deux apparaît comme \me
unité nouvelle à la fois à l'intérieur : unité d'association, et à l'exté
rieur : unité formelle. Cette unité peut d'aulerors être plus o>u moins
forte selon les complexes et selon les individus. Quand elle est très
forte, on ne peut retrouver les différents membres du complexe dans
«elui-ci que par voie d'analyse.
Il semble que la différence des formes à l'intérieur du complexe
et l'unité de celui-ci soient jusqu'à un certain, point antagonistes.
La série paraît plus facile à retenir quand ses différents membres se
ressemblent.
Les résultats de Fauteur, quant aux facteurs qui déterminent la
formation du complexe sont à peu près les mêmes que les résultats
obtenus par Müller, '
Pour étudier la mémoire logique, l'auteur se sert de séries de mois
capables de provoquer des représentations. Ces images apparaissent
en effet et se lient les unes aux autres (lasérie de irurts : roi> fourchette,
prane — provoque la représentation d'un roi qui s'avance dans tonte
sa gloire, d'un meurtrier qui te Messe au flanc avec une fourchette et
d'un courtisan, qui pour arrêter le sang introduit une prune dans la
blessure). Il y a donc une tendance très nette à lier entre elles des
image*, si peu homogènes qu'elles soient, et on peut poser en principe
que le contenu du complexe est déterminé en partie par la possibilité
de situer ehacun des membres à une place qui lui convienne. D'ailleurs ■
HABITUDE ET IJBMOHIE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 539
lesjimages de leur association seront différentes selon les sujets et
■ selon les circonstances extérieures. Si un objet nouveau ne peut entrer
dans un complexe déjà construit, on en construit un autre, à partir
du mode nouveau.
En somme, il y a un antagonisme très net entre la tendance à diffé-
rencier des images et la tendance à en former un ensemble.
Dans la mémorisation logique, nous sommes portés à considérer les
complexes formés d'images comme un tout.
On voit assez que les conclusions de cette étude sont identiques aux
conclusions de l'étude précédente. L'auteur insiste longuement sur
la ressemblance entre les deux formes de mémoire et démontre com
ment, les tendances essentielles étant à peu près les mêmes (ten
dances à lier, unir, limiter les concepts — • à différencier les parties à
l'intérieur d'un ensemble), les moyens mis en œuvre sont quelque
peu différents. Il reconnaît toutefois que la séparation entre le logique
et le mécanique n'est pas aussi tranchée qu'elle le paraissait d'abord.
Il est difficile d'obtenir d'un sujet adulte une mémorisation purement
mécanique, les images interviennent presque toujours et se groupent
logiquement.
Considérés d'une manière abstraite, les images et le processus sont
les mêmes dans les deux cas ;, mais on peut, en dépit de nombreuses
analogies, dire que la différenciation, formelle quand il y a mémoire
mécanique, est pragmatique et causale dans la mémoire logique. Ce
dernier aspect s'explique surtout par l'économie d'attention.
I. M.
6. KLEMM et E. OLSSON. — Ueber den Einfluss mechanischer
und sinnvoller Hilfen bei Gedächtnisleistangen {Sur F influence des
ausbüiaires mécaniques et logiques dans V exercice de la mémoire). —
Z. für päd. Ps., XXVI, 4, 1925, p. 188-194.
Apprentissage par cœur des séries de quatre chiffres. Les auxil
iaires mécaniques consistaient à souffler, à la reproduction, les
chiffres que le sujet n'arrivait pas à évoquer. Les auxiliaires logiques,
à indiquer si les chiffres étaient pairs ou impairs et, lorsque cela ne
suffisait pas, à communiquer la somme des deux premiers ou de*
deux derniers chiffres de lasérie. Le sujet, sachant d'avance de quelle
manière on l'aiderait dans la reproduction, en tenait compte dans
l'apprentissage. Les expériences, faites sur un seul sujet, d'ailleurs,
ont montré que les auxiliaires logiques sont beaucoup plus efficaces
et que les séries reproduites grâce aux auxiliaires logiques s'éva
nouissent plus lentement. D. W.
D.-A. WORCESTER. — Memory by visual and auditory presentation
(De la mémoire avec présentation visuelle et présentation, orale). —
3. of ed. Ps., XVI, 1, 1925, p. 1S-27.
13 sujets âgés de 20 à 58 ans, élèves des cours d'été de l'Université
de Colorado, ont été examinés par l'auteur, dans le but de déterminer
si la présentation visuelle d'un texte était réellement plus favorable
à sa mémorisation que la présentation auditive.
Un texte suivi, composé de 100 mots, était présenté an sujet, soit
verbalement, soit par écrit et répété jusqu'à mémorisation complète. 540 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le sujet était requis de réciter- le texte sans erreur. Une nouvelle réci
tation avait lieu 1, 2 et 7 jours après l'épreuve primitive.
Contrairement à l'opinion généralement admise, les résultats ont
montré que les deux modes de présentation étaient équivalents en
ce qui concerne la rapidité de mémorisation, qu'il s'agisse de la durée
absolue, ou du nombre de répétitions nécessaires. 6 sujets sur 13,
ont appris plus rapidement par l'oreille, 7 plus rapidement par la vue.
Par contre la présentation orale se révèle nettement plus favorable
à la conservation. Après 7 jours, 12 sujets sur 13 se rappelaient mieux
le texte entendu que le texte lu.
L'auteur a remarqué de plus que les sujets qui apprennent le plus
facilement sont aussi ceux qui retiennent le mieux ; que ceux qui
apprennent et retiennent facilement par une méthode, apprennent et
retiennent facilement par l'autre méthode.
D'autres considérations relatives à l'âge et au sexe n'offrent que
peu d'intérêt, à cause du petit nombre de sujets examinés. A. B.-F.
H. -A. PETERSON. — A class experiment on individual difference
in memory (Une experience de classe sur quelques différences indivi
duelles de mémoire). — Ped. Sem., XVI, 4, 1925, p. 247-250.
Un test de mémoire a été expérimenté sur 56 étudiants de l'école
normale d' Illinois. Le sujet devait apprendre pendant deux minutes
et demie un test de 250 mots contenant 36 faits ou idées, et répéter
aussitôt après l'expérience ce qu'il avait retenu. Une seconde répéti
tion avait lieu une semaine plus tard.
Une autre expérience comportait un texte de 900 mots. La durée
d'apprentissage était fixée par le sujet lui-même, et la quantité de
faits retenus déterminée par un questionnaire.
Dans les deux cas on a trouvé que le rapport du nombre d'idées
conservées à celui des idées apprises a été à peu près le même (80 à
88 %) pour tous les sujets.
La corrélation entre les résultats de la première et de la deuxième
récitation ont été de + 0,87 d= 0,02 et de 0,84 ± 0,01.
Les différences de rapidité d'apprentissage deviennent plus
accentuées à mesure que la difficulté augmente. Les individus qui
apprennent le plus sont aussi ceux qui apprennent le plus vite.
A. B.-F.
J. LINDWÖRSKY. — Eine versteckte, aber bedeutsame Gedächtni
seigenschaft {Une propriété dissimulée, mais importante de la mé
moire). — Z. für päd. Ps., XXVI, 1, 1925, p. 23-29.
Cette propriété importante, c'est l'aptitude à grouper les différentes
parties du matériel à mémoriser en quelques complexus, aptitude qui
facilite grandement la mémorisation. C'est elle qui souvent fait défaut
chez l'enfant arriéré bien plus que la capacité de rétention brute ; et
c'est de cela qu'il faudrait tenir compte dans l'enseignement.
Il y a, d'ailleurs^des différences individuelles très grandes. L'auteur
a fait exécuter à l'un de ses collaborateurs de nombreuses expériences
sur l'apprentissage des séries de 12 syllabes fractionnées en groupes
dont le nombre de syllabes variait d'une à douze.
L'optimum comportait le plus souvent des groupes de quatre syl- ■
HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 541
labes. On a calculé, pour chaque sujet, la difficulté des groupes plus
longs en divisant le nombre de lectures nécessaires pour une répétition
correcte par celui qui était nécessaire pour l'apprentissage d'une série
au fractionnement optimum. Voici les moyennes de huit sujets :
Nombre de syllabes du groupe.. 12 345 6 8 12
Quotient de difficulté de la série. 10 7,5 6 5 5,5 7 10 15
Les différences individuelles sont particulièrement importantes
dans l'apprentissage des séries aux groupes dont la longueur dépasse
l'optimum. D. W.
J. ROMBACH. — Bewahrendes und verarbeitendes Gedächtnis als
echte Typen {Mémoire de conservation et mémoire d'élaboration
comme types distincts de la mémoire). — Z. für ang. Ps., XXV, 3-4,
1925, p. 244-288.
Ces expériences se rattachent à celles d'Erich Stern qui a été
conduit à distinguer des sujets qui conservent sans les altérer les
matières confiées à leur mémoire et ceux qui transforment en Passf-
milant le contenu de leurs souvenirs.
Ces différences sont-elles caractéristiques des sujets ou bien
révèlent-elles simplement l'attitude adoptée à un moment donné et
qui n'a rien de constant ? Pour répondre à cette question l'auteur a
fait sur un groupe de 11 sujets, étudiants et instituteurs, choisis par des
expériences préalables pour avoir donné des résultats nets, trois séries
d'expériences. La première série avait pour but de déceler le type
auquel appartenait un sujet donné et de sélectionner les sujets d'un
type pur ; dans la deuxième série on invitait le sujet à prendre une
attitude opposée à celle qu'il avait adoptée spontanément ; enfin dans
les dernières expériences on lui laissait la liberté complète, sur laquelle
on insistait même, afin de voir s'il y a retour à l'attitude primitive.
Chaque expérience comprenait trois évocations dont l'une aussitôt
après la présentation de l'objet et les deux autres à trois jours d'inter
valle. Voici le résumé des résultats moyens pour les trois évocations
où les chiffres représentent les moyennes de 5 sujets :
Pourcentage de détiils modifies
par rapport au total des détails indiqués
Attitude Attitude volontairement Attitude
spontanée modifiée optima
\ ve) 'S \. ype M.
S
w — < A B A B (qui g O
Tests \
S
Dessins 5 29 10 22 81 24
23 Images 3 20 9 20 7
Texte 10 50 36 11 41 8 IT/
542 ANAX¥S€S
On remarque qu'il y a bien, dans la deuxième série, des modifica
tions dans le sens de la consigne, mais que les résultats de la troisième
série se rapprochent de ceux de la première. La même allure des
changements se retrouve dans presque tous les cas individuels appar
tenant au même type.
Il semble donc bien qu'il s'agisse dé différences assez constantes,
D. W.
A. RENDLE STONE. — The reaction of memory to affective state»
(La réaction de la mémoire aux états affectifs). — Am. J. of Ps.,
XXXVI, 1, 1925, p. 112-123.
Quelle est l'influence des émotions sur la mémoire ? Dans une
première expérience, on demande au sujet d'écrire une liste de
24 noms propres (12 noms de personnes sympathiques et 12 de per
sonnes antipathiques). Un mois plus tard, on lui montre une série de
photographies inconnues, en associant à chacune d'elle un des noms
de la liste. Un moment après, on lui présente de nouveau les photo
graphies et il doit se souvenir du nom. Les noms de personnes sympat
hiques rappelés sont 3,5 fois plus nombreux que les autres.
Dans les autres expériences deux séries de syllabes sont apprises
successivement : dans l'intervalle le sujet reçoit un stimulant capable
de produire une émotion (Les procédés varient d'une expérience à
l'autre : réponse à des questions d'examen, présentation de gravures
effrayantes, récit d'une scène de torture, épreuve d'association orien
tant l'esprit vers des idées sentimentales, commencement d'incendie,
évocation de la mort d'une personne aimée). On fait une mesure de
pression sanguine après chaque épreuve de récitation, et on en porte
sur des graphiques les résultats en même temps que ceux des épreuves
de mémoire. Dans la plupart des cas, il y a une influence appréciable
âe l'émotion sur la mémoire : l'introspection des sujets corrobore ce
résultat. L'effet est tantôt positif, tantôt négatif, suivant la qualité
de et le mode individuel de réaction des sujets. P. G.
P. GUILLAUME. — Le souvenir latent des noms propres. — J. de
Ps., XXII, 1925, p. 145-151.
En vue d'apprécier la valeur de la théorie d'Abramowski d'après
laquelle le souvenir latent serait purement émotionnel, l'auteur a
cherché de quelle façon il arrivait à évoquer les souvenirs des nom«
propres de lieux que la guerre lui avait fait connaître. Ses conclusions
sont que, si on laisse de côté dans le souvenir tout ce qui est pure
virtualité, pour ne considérer que ce qui s'actualise à quelque
degré, il n'apparaît pas qu'on se trouve, d'une façon générale, et
privilégiée, devant un phénomène affectif, mais que l'évocation,
même dans sa phase initiale, si pauvre et si indéterminée qu'elle puisse
jêtre, est déjà un phénomène d'ordre imaginatif, en l'espèce la renais-
Bance incomplète, fragmentaire et déformée des éléments sensoriels
du mot. O.-H. L.
WALTER BROWN. — Effects of interval on recall {Effets de Pinter-
valle sur le rappel). — J. of exp. Ps., VII, 6, 1924, p. 469-474.
On présente aux sujets une liste de mots (chacun est suivi d'une

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