Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 685-706

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 685-706
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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VII. Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 685-706.
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VII. Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 685-706.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5102ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 685 ÖAßifÜDE
gai ou triste, agité ou paisible, fier ou timide, simple ou compliqué ;
3° quels instruments elles avaient reconnus ; 4° quel était l'instr
ument dominant ; 5° pour quelle raison cet instrument dominait ;
6° si l'œuvre ressemblait à une autre œuvre, à laquelle ; 7° laquelle
des deux on préférait ; 8° si le morceau évoquait des lectures ; 9° la
quelle de ces lectures on préférait ; 10° s'il y avait dans le cours du
morceau, des idées qui s'opposaient, des contrastes ; 11° si le mor
ceau avait évoqué dans l'esprit un paysage, un état d'âme, un être. —
Les réponses, dit l'auteur, sont justes, pour la plupart, mais sans
finesse.
L'audition de l'hymne à la nature de Beethoven et d'un certain
nombre d'autres disques n'a pas donné de résultats plus intéressants.
L'auteur conclut que l'intelligence musicale se rencontre avec
l'intelligence tout court. I. M.
VIL — Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage 1
1093. — W. ROTERS. — Die Erinnerung. Eine experimentelle
und kritische Untersuchung [Le souvenir. Etude expérimentale
et critique). - A. f. ges. Ps., LXXXII, 3-4, 1931, p. 475-569.
Étude du contenu de souvenirs : l'auteur essaie de déterminer
les facteurs qui conditionnant la netteté et la précision du souvenir.
Après avoir fait apprendre au sujet un certain nombre de signes
dépourvus de sens, et des images colorées, R. analyse les reproduct
ions de ce matériel. Le nombre des reproductions était de 1 à 8,
la première huit jours, les dernières parfois une année après l'exposi
tion. Sur 15 sujets on a enregistré 234 reproductions. L'analyse de
ces reproductions montre qu'il existe une relation étroite entre la
précision du souvenir et le moment personnel du sujet (Ichzustands-
erinnerung). Sur 234 reproductions il n'y en a que 34 ou l'asso
ciation avec ce moment personnel fasse défaut. Dans les autres cas
le souvenir est lié le plus souvent a l'attitude du sujet au moment
de l'apprentissage, aux sentiments qu'il avait éprouvés à ce mo
ment, etc. B. N.
1094. — L. DUGAS. — Les maladies de la mémoire et de l'imagi
nation. — In-16 de 240 pages. Paris, Vrin, 1932. Prix : 15 francs.
L'auteur publie, sous ce titre, les extraits d'un cours, à l'Institut
supérieur des Lettres de Nantes, sur la pathologie mentale, comme
branche à option du certificat de psychologie.
Une introduction concerne la psychologie pathologique en général ,
son objet et sa terminologie.
Si elle peut être envisagée comme scienca distincte, la psychologie
pathologique peut être traitée une méthode générale d'étude
psychologique, comme elle l'a été entre les mains de Ribot, en pro
fitant de l'expérience naturelle réalisée par la maladie, qui grossit
et analyse.
Les chapitres suivants concernent l'amnésie localisée, l'amnésie
1. Voir aussi les nos 33, 270, 274, 378, 381, 387, 401, 407, 414, 456,
45«, 460, 468,508, 525, 552, 627, 1003, 1081, 1229, 1241, 1565. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES • 08ê
systématisée, le rôle de l'émotion dans les régressions amnésiques
et ses effets « mnériiogéniques », la paramnësie et la dëpersonnali-
sation ; puis lés illusions et hallucinations, la magie, la mythomanie,
les délires.
Exposé abstrait qui manque de l'appui direct des observations
concrètes et dés exemples cliniques. H. P.
1095. - È. L. TrioRNDIKE. - Äuman Learning - In-8° de
206 pages. New-York et Londres, Century C°, 1931.
Dans ce petit volume des « Century Psychology Series », l'auteur
publie une série de leçons faites a l'Université Cornell en 1928-29,
et relatives ä cette question qui le passionne depuis de nombreuses
années, de l'apprentissage, au sens large du learning, c'est-à-dire
de l'acquisition, de la fixation mnémonique sous toutes ses formes.
Il donne, au cours de ses conférences, à la fois des données de fait
acquises au cours de séries récentes dé recherchés expérimentales,
et quelques essais d'élaboration théorique.
Les expériences ont surtout porté sur le résultat d'une association
plus ou moins souvent répétée, la répétition ne constituant qu'un
facteur, et d'importance relativement faibie dans la fixation mnémon
ique ; pour déterminer le rôle de ce facteur, quantitativement,
une méthode ingénieuse a été mise au point, qui permet dans des
évocations d'un terme par un autre après des présentations de
couples très nombreux (sans effet de fixation), de mesurer l'action
de la fréquence des présentations d'un couple déterminé. Dans
certains cas^ en quadruplant les répétitions on peut doubler les
évocations correctes. Mais ce n'est qu'avec une extrême lenteur
que des répétitions sans effet de fixation réussissent à engendrer
un lien mnémonique réel. Quand il existe un certain contrôle correc
teur, avec éléments affectifs, la fixation est singulièrement facilitée
et accélérée. Et ceci conduit à une théorie de la fixation, d'esprit
biologique, attribuant le lien mnémonique à une modification
d'intimité dans les synapses des neurones, modification conditionnée
par la régulation affective des intérêts, au point que le « learning »
d'un animal est défini par T. comme « un instinct de ses neurones ».
Dans quelques unes dès conférences sont exairiinës les rapports
du « Learning » avec le réflexe conditionnel et les théories de Pavlov,
avec la finalité et la théorie de la « Gestalt » et la question de l'acqui
sition idéàtive, les dernières étant consacrées aux problèmes d'évo
lution.
Tout l'ensemble de ce livré est singulièrement intéressant et
suggestif. ■, H. P.
1ÖÖ6. - H. P. MAITI. - iÄeinöry and intelligente. - Ind. J. of
Ps., VL 4, 1931, p. 169-181. \
Un certain rapport entre ces deux fonctions est généralement
admis : M. essaye d'en faire l'analyse en étudiant l'étendue des
différences individuelles éii mémoire immédiate, et eh comparant
ces aux divers niveaux d'intelligence, mesurés ou estimés.
Une liste de 1 2 syllabes dépourvues de sens est présentée à 24 sujets , HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 687
qui reproduisent après chaque présentation le maximum de syllabes
retenues ; le nombre de présentations nécessaires à chaque sujet
pour un apprentissage est noté, ainsi que les erreurs.
Le coefficient de corrélation entre l'intelligence des sujets et
le nombre de présentations est 0,69 et 0,68 avec la reproduction
après une seule présentation. M. explique ce lien par la nécessité
d'une organisation dans tout travail de mémorisation. Cette orga
nisation, plus évidente dans les épreuves de mémoire logique est
verifiable par l'introspection des sujets et par l'examen des réponses
(nature des erreurs). Les individus les plus intelligents procèdent
par méthode, établissent rapidement des associations entre des
syllabes qui n'ont pas de sens, entre des chiffres. De sorte que les
tests de mémoire pratiqués actuellement, mesurent non seulement
la capacité de conserver, mais aussi à un haut degré la capacité
d'organiser, qui peut être considérée comme élément d'intelligence.
J. M.
1097. - E. B. BOLTON. - The relation of memory to intelligence
(La relation de la mémoire à l'intelligence). — J. of exp. Ps., 1931,
p. 37-67.
Pour établir une corrélation entre lä mémoire et l'intelligence,
il faudrait évidemment établir au préalable que les tests employés
mesurent bien respectivement la mémoire et l'intelligence ou dû
moins certains aspects de ces fonctions. Il faudrait même établir
déjà qu'ils mesurent quelque chose. B. a étudié 12 tests de mémoire
différents : mais les corrélations de chaque test avec lui-même, dans
des épreuves successives, sont déjà médiocres ; il a fallu en rejeter
quelques-uns, améliorer les autres. On cherché ensuite les corréla
tions de ces tests entre eux et avec les principaux tests d'intelligence.
Les conclusions de ce savant et laborieux mémoire sont assez maigres" :
on se doutait qu'il y a plusieurs aspects à distinguer dans la mémoire
et que les tests de reconnaissance de mots et de syllabes donnent
des résultats moins parallèles à ceux des tests d'intelligence que les
tests de mémoire logique. P. G.
1098. - HENRY BOWERS. - Memory and mental imagery
experimental study [Mémoire et imagerie mentale ; une étude expé
rimentale). — Br. J. of Ps., XXI, 3, 1931, p. 271-282.
L'auteur a cherché à déterminer par voie expérimentale l'influence
de l'imagerie mentale sur la mémoire. Trois listés de mots monos
yllabiques dont chacune comprenait 45 mots signifiant des objets
susceptibles de provoquer des images visuelles, auditives et kinesthé-
siques ont été présentées à un groupe d'élèves dans une école secon
daire. L'évocation a eu lieu immédiatement après la lecture et aussi
après un délai de trente jours. Tous les sujets ont été priés ensuite de
préciser au cours d'une nouvelle lecture le degré de vivacité de l'image
que chaque mot suscitait 'dans leur esprit. Cette appréciation com
portant quatre degrés conventionnels, « l'image moyenne » de chaque
mot a pu être évaluée. C'est principalement entré ce degré de vivacité
moyenne et les notes (scores) représentatives de la rétention des
mots que l'auteur a cherché à établir des corrélations. 688 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les résultats de cette étude sont les suivants : II y a une corrélation
positive faible mais assez significative entre les « notes » des mots
et « l'image moyenne » notamment pour les termes visuels et kines-
thésiques. Au contraire pour les mots « auditifs », le coefficient de
corrélation est zéro. Le rappel après l'intervalle d'un mois accuse
une plus forte entre l'imagerie correspondant aux mots
et les notes caractéristiques de rétention des mots, mais seulement
pour les termes kinesthésiques et auditifs. C'est le contraire qu'on
trouve en ce qui concerne les termes « visuels ». P. K.
1099. - J. 0. VERTES. — Behalten und Vergessen des Kindes
(Conservation et oubli chez l'enfant). — Z. für Ps., CXXII, 1931,
p. 241-354.
On peut distinguer trois formes de la mémoire : apprendre (par
une application essentiellement volontaire) ; retenir (spontanément,
de façon plus ou moins durable) ; reconnaître l'objet présent (ce
qui n'implique pas toujours la possibilité d'évoquer l'objet absent).
Après avoir rappelé ces principes généraux, l'auteur rapporte
des expériences sur la conservation, faites chez des écoliers par la
méthode des paires de mots associés ; il donne peu de détails sur sa
façon de procéder, par contre il en développe les résultats dans de
nombreux tableaux statistiques, en interprétant des pourcentages
dont les différences paraissent bien peu significatives, en égard au
petit nombre des cas. Il en tire les conclusions suivantes. Si la mé
moire est, après 24 heures, inférieure à la mémoire immédiate, elle
se relève une semaine. La dispersion des résultats diminue avec
l'âge, ce qui serait dû au nivellement scolaire. L'affaiblissement
du souvenir avec le temps, au début, diminue aussi avec l'âge. La
mémoire croit avec l'intelligence et avec les conditions favorables
du milieu social.
Les erreurs augmentent avec le temps, relativement plus vite
chez ceux qui en commettent moins au début. Elles viennent parfois
de confusions avec des mots voisins de sens. L'âge et l'intelligence
favorisent ce genre d'erreurs et diminuent au contraire les associa
tions mécaniques et les persévérations. Quand on leur annonce une
faute, certains enfants sont capables de se corriger. Les lacunes
diminuent avec le temps, mais souvent au profit des erreurs ; il y a
une sorte de balance entre ces deux sortes de défaillances de la mé
moire.
V. étudie aussi la manière dont le temps de réaction de la mémoire
varie avec l'ancienneté du souvenir, la classe, le milieu, l'âge, le
sexe, la correction des réponses et l'aveu de l'oubli.
La durée du souvenir varie en sens inverse de son étendue. Objec
tivement, l'oubli peut venir de différentes inhibitions (fusion des
semblables, inhibition rétroactive, etc.). Subjectivement, la mémoire
est soutenue par la valeur affective de l'objet et par sa familiarité.
Enfin l'oubli est aussi affecté par le temps de latence du souvenir ;
nous avons vu que la loi observée ici par V. s'écarte des formules
courantes en ce qu'elle admet un maximum de l'oubli après le
deuxième jour. P. G. HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 689
1100. - A. G. DIETZE. - The Relation of Several Factors to
Factual Memory (Les relations entre la mémoire des faits et plusieurs
facteurs). — J. of appl. Ps., XV, 6, 1931, p. 563-574.
Un test qui consiste à lire un petit texte et à répondre ensuite
après un intervalle variable aux questions relatives au texte lu a
été appliqué à près de mille écoliers de la 7e à la 12e année scolaire,
divisés en groupes, de façon à ce que chaque groupe subisse deux
tests (lecture de trois textes différents avec contrôle du retenu
après un intervalle variable pour chaque texte), les intervalles
utilisés étant : 1 jour, 14 jours, 30 jours, 100 jours et 0 (reproduction
immédiate).
Les corrélations, — quelque peu difficiles à interpréter, car assez
divergentes d'un groupe à l'autre, — fournissent, en moyenne, les
résultats suivants : corrélation faible avec l'âge chronologique pour
la reproduction immédiate et après l'intervalle d'un jour (0,20 et
0,24), nulle pour les reproductions différées : Les corrélations avec
l'âge mental, plus élevées, vont de 0,53 pour la reproduction imméd
iate, à 0,25 pour la reproduction après 100 jours ; elles sont réduites
de moitié en maintenant constants les résultats du test du vocabul
aire et d'un quart en éliminant ceux des tests de « lecture silen
cieuse ». Les corrélations totales avec le test de vocabulaire varient
de 0,58 pour la reproduction immédiate, à 0,25 pour la reproduction
après 100 jours ; et avec la lecture de 0,44 à 0,27. D. W.
1101. - ERIC EAGLESHMAN. - A comparison of the Effects on
Retention of various methods of Revision ( Une étude de l'effet des
différents procédés de révision sur la fixation mnémonique). — Br.
J. of Ed. Ps., I, 1931, p. 204-214.
Dans le but de choisir, entre trois différentes méthodes de révision,
celle qui se révélait la plus efficace, on donna à 3 classes ayant la
même formation, les mêmes connaissances et les mêmes aptitudes
une même leçon de géographie à revoir. La première méthode con
sistait en une simple révision guidée par le professeur ; la seconde
en une composition écrite au moyen de notes prises par les élèves ;
la troisième en une composition orale, c'est-à-dire en questions et
réponses données par les élèves entre eux. lin test permit ensuite de
mesurer la valeur mnémonique de chacun de ces procédés et la
composition orale l'emporta avec une moyenne de 74 sur la leçon
du professeur 67, et la composition écrite 59.
Au cours d'un second essai cette fois sur une seule classe partagée
en deux groupes la orale de nouveau se montra la plus
satisfaisante avec une moyenne de 67 contre 62 pour la révision du
professeur. H. A.
1102. - TH. KARWOSKI. - The memory value of size (La valeur
mnémonique de la grandeur). — J. of exp. Ps., XIV, 1931, p. 539-
554.
La mémoire immédiate de nombres imprimés présentés sur une
carte ne dépend pas de la grandeur absolu des chiffres, si tous ceux
qui sont vus simultanément sont de même grandeur. Elle en dépend
au contraire si l'on présente ensemble des chiffres de grandeur
l'année psychologique, xxxii. V'1 690 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différente. Dans d'autres expériences le privilège du grand caractère
par rapport au petit peut disparaître si on intercale un
moyen. La mémoire immédiate dépend ici de l'attention et des
conditions plus ou moins favorables à la prédominance d'une partie
dans la forme d'ensemble. P. G.
1103. — K. PORT. — Der Einprägungswert der Wahrnehmungsgeb
iete (Valeur mnémonisante de différentes perceptions). — A. f. ges.
Ps., LXXXII, 1-2, 1931, p. 1-104.
Quelle est la meilleure façon d'apprendre un matériel donné ?
Pour répondre à cette question, P. a étudié par la méthode de
Pauli les reproductions et les reconnaissances d'une série de 12
syllabes dépourvues de sens ou de chiffres doubles, appris par les
méthodes suivantes : lecture muette, ou à haute voix, écriture sous
dictée, ou copie, audition de la lecture, répétition des mots entendus,
audition et lecture en même temps.
Des expériences individuelles faites sur 7 personnes, des expé
riences collectives faites sur des groupes de 11 et de 12 sujets entraî
nés, et sur un groupe de 300 sujets non entraînés, ont montré que ces
méthodes d'apprendre d'après leur rendement peuvent être divisées
en trois groupes. Le rendement le meilleur s'obtient par une lecture
avec audition de lecture, par lecture à haute voix et par l'écriture sous
dictée. Le rendement le plus bas s'obtient par l'audition de lecture
et par la copie. La répétition des mots occupe une place moyenne,
l'écriture sous dictée occupe le premier rang.
Dans 88 % de cas, la mémoire visuelle s'est montrée plus déve
loppée que les autres formes de mémoire. Cette prédominance de la
mémoire visuelle avait été observée également chez des sujets, qui
appartenaient d'après l'examen psychologique aux types auditivo-
moteur et neutre.
Cette étude montre, que la fonction mnémonique dépend de la
façon dont on apprend, la mémorisation se fait le mieux, lorsqu'on
met en action à la fois la perception auditive et visuelle. Des con
clusions pratiques doivent en êtres tirées par les pédagogues. B. N.
1104. — H. J. REED. — The influence of a change oï conditions
upon the amount recalled (Vinjluence d'un changement des condi
tions sur la quantité des souvenirs rappelés). — J. of exp. Ps., XIV,
1931, p. 632-649.
Les idées actuelles sur la perception globale portent à croire que
le rappel des mots appris sera moins facile si, au moment de la réci
tation, on change l'une quelconque des conditions réalisées lors de
l'apprentissage. On a recherché cet effet dans la variation systéma
tique de trois conditions : la posture du sujet (assis ou debout), le
mode de présentation du premier terme du couple de mots (visuel
ou auditif), le mode de récitation du second terme (oral qu écrit). On
n'a trouvé de diminution certaine de l'efficience que dans la deuxième
expérience. L'échec de la troisième tend à confirmer les idées de
Lashley sur l'indifférence de la forme de la réaction motrice dans les
habitudes. P. G. HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 691
1105. — J. Me GEOGH. — The influence of four different interpo
lated activities upon retention {L'influence exercée sur le souvenir
par quatre sortes d'activité intercalaires) . — J. of exp. Ps., XIV,
1931, p. 400-413.
On apprend par dix répétitions, neuf couples de syllabes. Après
un intervalle de cinq minutes on rapprend (ou on continue à
apprendre) les mêmes syllabes. La période intercalaire est remplie
pour chaque groupe de sujets par des occupations différentes : lecture
amusante, lecture coupée par des chocs électriques désagréables,
exercice de tapping, enfin apprentissage d'une nouvelle série de
syllabes plus difficile. Or, seule, la dernière condition produit sur
l'apprentissage primitif des effets (très prononcés) d'inhibition
rétroactive. Cet effet n'est donc pas proportionnel à l'intensité de
l'activité intercurrente, mais il dépend de la ressemblance du travail
sur lequel il agit avec le travail perturbateur. P. G.
1106. — A. G. DIETZB et G. E. JONES. - Factual memory of
secondary school pupils for a short article which they read a single
time (Mémoire des faits contenus dans un bref article lu une seule
fois, chez des élèves de Vécole secondaire). — J. of ed. Ps., XXII, 8,
1931, p. 586-598 ; et 9, p. 667-676.
Des expériences ayant porté sur 2.062 écoliers de la 7e à la 12e
année d'école ont eu pout but l'étude de l'évolution des souvenirs
concernant un récit en prose lu une seule fois. La détermination des
éléments retenus se faisait à l'aide de questions sous forme de choix
multiple ; elle a eu lieu une première fois immédiatement après la
lecture, puis à nouveau après des intervalles de 1,10, 30 et 100 jours.
Les 3 sélections adoptées se sont trouvées de difficulté inégale. Pour
le morceau le plus difficile il a été reproduit après la
lecture de 56,7 % des éléments ; s'il est tenu compte du fait que pour
un groupe de contrôle ayant été autorisé à consulter le test
répondre aux questions, le pourcentage de réponses correctes n'a
été, par suite d'incompétence ou d'indolence, que de 63 %, il faut
considérer que la mémoire immédiate a été de 90 % ; ce pourcentage
serait tombé à 76,2 % après un jour, à 59, 3 % après 14 jours, à
51,7 % après 30 jours, à 47,6 % après 100 jours. Les différences
entre les notes moyennes pour chaque classe, sensibles pour les courts
intervalles, ne le sont plus les reproductions éloignées.
L'oubli des faits présentés par une seule lecture obéit à la loi com
mune d'une perte initiale rapide suivie d'une diminution lente ;
cependant, il s'effectue moins rapidement que celui des syllabes sans
signification ou même que celui des faits et des idées appris par
cœur. A. B.-F.
1107. - D. P. DROBA. - Effect of order of presentation on the
recall of pictures [Effet de Vordre de présentation sur révocation de
gravures). — J. of ed. Ps., XXII, 9, 1931, p. 677-682.
Une série de 20 cartes postales colorées a été présentée à raison de
une image toutes les 15 secondes. 20 sujets ont été requis de décrire
ensuite toutes les images dont ils avaient conservé le souvenir. Les
gravures du début ont été moins bien retenues que celles de la fin 692 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la série (r = 0,61). Si l'on considère séparément les différentes por
tions de la série, on voit qu'il y a eu le plus d'images évoquées pour
le 3e, puis pour le 4e, puis pour le 2e quart ; les gravures du premier
quart ont toujours été reproduites en moins grand nombre. A. B.-F.
1108. - J. A. Me GEOCH et W. T. Me DONALD. - Meaningful
relation and retroactive inhibition (Rapports de signification et
inhibition rétroactive). — Am. J. of Ps., XLIII, 4, 1931, p. 579-588.
En intercalant entre l'apprentissage et le réapprentissage d'une
liste d'adjectifs, la fixation d'une autre série d'éléments, on a cons
taté un effet d'inhibition rétroactive d'autant plus marqué que la
signification des éléments de la 2e série se rapprochait davantage de
celle de la lre. Par ordre décroissant d'importance, les facteurs inhi
biteurs considérés ont été : les synonymes, les antonymes, les adject
ifs sans relation de sens, les syllabes sans signification, les nombres
de 3 chiffres. De plus, l'apprentissage intercalé de séries de syno
nymes différant entre elles par le degré de synonymie a montré une
influence inhibitrice d'autant plus forte que le sens était plus pioche.
Ces résultats sont interprétés en faveur de la théorie du transfert
dans l'inhibition rétroactive. Ils n'obéissent pas aux prédictions de
Skaggs-Robinson. A. B.-F.
1109. - H. S. CONRAD et H. E. JONES. - Psychological studies
of motion pictures : V. Adolescent and adult sex differences in immed
iate and delayed recall (Etudes psychologiques de jilms : différences
chez les adultes et adolescents des deux sexes au point de vue de la
mémoire immédiate et retardée). — J. of Soc. Ps., II, 4, 1931, p. 433-
459.
Les différences de résultats obtenues dans lès épreuves de mémoire
ne correspondent pas à une capacité plus ou moins grande chez les
sujets d'âge et de sexe différents. La recherche faite par C. au moyen
de films présentés à des adolescents de 10 à 17 ans et à des adultes de
18 à 54 ans, et comportant à la suite 2 épreuves où ils doivent repro
duire le plus grand nombre de choses retenues, l'une immédiatement,
l'autre 8 jours après, montre que des différences d'apparence systé
matique, seraient dues à des facteurs secondaires que révèle une étude
plus approfondie.
La supériorité des hommes adultes sur les femmes adultes et sur
les adolescents serait due dans ce cas à une sélection non homogène
des sujets, l'examen par les tests mentaux dénotant un niveau plus
élevé chez les adultes masculins ; d'autre part, l'habileté motrice
pouvait avoir une influence dans les épreuves à temps limité. Mais
le facteur qui intervient au plus haut degré, est l'intérêt accordé par
les sujets aux films présentés, chacun d'eux retenant avec une plus
grande facilité tout ce qui a trait à ses préoccupations habituelles :
sport, métier, aventure sentimentale, etc.. D'une manière générale,
les adultes ont conservé un matériel beaucoup plus important que
les adolescents (65 % de réponses pour 56 % dans les épreuves de
mémoire immédiate, et 90 % pour 75 % dans un exercice, fait 8 jours
après la présentation du film), sans qu'il soit possible de déterminer
dans ces deux groupes une supériorité de l'un des sexes. J. M, HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 693
1110. — C. BURRI. — The influence of an audience upon recall
(L'influence d'une audience sur l'évocation). — J. of ed. Ps., XXII,
9, 1931, p. 683-690.
Lorsqu'un matériel a été mémorisé dans la solitude, la présence
d'auditeurs au moment de la récitation trouble l'évocation des souven
irs acquis. La présence de spectateurs pendant l'apprentissage
augmente la durée de la fixation, mais ne supprime pas l'influence
défavorable de l'audience lors de la récitation. A. B.-F.
1111. - H. DELACROIX. - La mémoire affective. - J. de Ps.,
XXVIII, 1931, p. 321-344.
Essayons de ne pas trop trahir, en la résumant, cette analyse r
emarquablement pénétrante, qu'on retrouvera dans le Nouveau traité
de Psvchologie de G. Dumas. L'existence de la mémoire affective
au sens strict, à savoir la réapparition de sentiments, sous forme de
souvenirs, n'est pas admise par tous les psychologues. Proust surtout,
mais d'autres aussi, ont noté de telles résurrections d'un moi défunt,
d'un passé qui semble présent. Mais il y a incompatibilité entre le
sentiment, qui est une réaction à l'actuel, et la mémoire, qui se rap
porte au passé : le souvenir d'un sentiment n'est pas son renouvelle
ment, et s'il est réellement renouvelé, actuellement vécu, ce n'est
plus un souvenir. Pour reconnaître en lui un souvenir, il faudrait que
nous puissions le comparer au sentiment passé, qui a disparu. Le pré
tendu souvenir affectif n'est peut-être qu'une émergence actuelle de
notre personnalité passée ou l'effacement momentané de notre per
sonnalité présente. La mémoire affective pourrait être souvent l'i
nterprétation en termes de passé de lueurs affectives qui tranchent
sur l'existence présente, dans d'autres cas, sous l'abolition du présent,
la renaissance d'une sensibilité éteinte, ou tout simplement encore
l'hallucination du passé. G.-H. L.
— A. JERSILD. — Memory for the pleasant as compared with
the unpleasant (La mémoire du plaisir comparée à celle du désagré
ment). - J. of exp. Ps., XIV, 1931, p. 284-288.
En faveur de la thèse de l'oubli privilégié des impressions pénibles
j. produit des statistiques faites sur l'évocation chez cinquante et
une personnes, de leurs souvenirs affectifs des trois semaines précé
dentes. Un second effort de rappel, fait vingt jours plus tard et por
tant sur la même période donne encore une différence plus favorable
aux souvenirs agréables. Est-ce, comme le veut Freud, parce que
nous refoulons les souvenirs désagréables ? Non, ils s'élimineraient
creux-mêmes, à mesure que l'événement désagréable perd de son
actualité et de son agressivité : ils deviennent indifférents. P. G.
1113. — H. MELTZER. — The forgetting of pleasant and unpleasant
experiences in relation to intelligence and achievement (L'oubli des
expériences agréables et désagréables et son rapport avec l'intelligence
et la réussite). - J. of Soc. Ps., II, 2, 1931, p. 216-229.
A la suite des recherches de Ballard sur le rapport entre la richesse
des souvenirs et la valeur des sujets au point de vue mental, M. étu
die plus particulièrement les souvenirs d'expériences personnelles.

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