Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 648-672

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 648-672
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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VII. Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 648-672.
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VII. Habitude et Mémoire. Apprentissage. Témoignage. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 648-672.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5339648 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
qui déterminent l'état émotif de l'auditeur, plutôt que la musique en
elle-même, et dans une certaine mesure, l'attitude qu'il adopte :
vivre la musique sur le plan émotif ou sur le plan esthétique.
J. M.
1011. — H. VALENSI. — L'allégement progressif de la matière à
travers l'évolution de l'art. — J. de Ps., XXIX, 1934, p. 159-170.
L'évolution de l'art peut se résumer dans la loi suivante : A
chaque grande période de notre civilisation, il y a toujours eu un art
prédominant, la succession chronologique de ces prédominances
étant réglée par l'emploi de matières progressivement allégées. Cet
allégement est concomitant au développement de l'intelligence sen
sible de l'homme. L'action de cet art prédominant est d'alléger la
matière de tous les autres arts proportionnellement à la sienne et
de leur donner ses propres caractères. Cette loi entre dans le cadre
de la loi générale de l'esprit contre la matière, laquelle à son tour
s'intègre dans la loi générale de toute civilisation, la recherche du
bonheur par un moindre effort.
Cette évolution de l'art s'explique par deux raisons. D'une part,
par association d'idées entre la dépense ou l'économie d'effort corre
spondant au travail créateur- au moyen d'une certaine matière et les
sentiments qu'elles suscitent, l'artiste éprouve comme une nécessité
d'alléger les matériaux de ses expressions. D'autre part, l'état d'âme
créateur de l'artiste a changé au cours des temps ; il s'est senti suc
cessivement comme foule, comme groupe, comme individu, comme
raison, comme âme. A ces sentiments correspondent respectivement
l'architecture, la sculpture, la peinture, la littérature et la musique.
La musique est la forme d'art qui exprime le mieux les sentiments
de la vie présente, dynamique, compliquée, subtile, ardente et
scientifique. Par suite, à l'heure actuelle, tous les artistes qui créent,
en quelque art que ce soit, doivent avoir l'état d'âme d'un composi
teur de musique. G.-H.L.
VII. — Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage1
1012. — C. L. HULL. — The concept of the habit family hierarchy
(Le concept d'hiérarchie dans la famille des habitudes). lre et
2e parties. — Ps. Rev., XLI, 1 et 2, 1934, p. 33-55 et 134-152.
H. qui excelle à tout réduire à des schemes mécanistes abstraits
(même la connaissance !) présente dans ce long article en 2 parties
un mécanisme complexe suceptible — comme il croit — de rendre
compte de l'adaptation de l'organisme aux situations nouvelles,
inédites. Il admet au début de ses déductions qu'il existe 2 types
distincts de mécanisme à la base des réactions habituelles. Il y a
d'abord un excitateur divergent où des tendances diver
gentes émanent du stimulus, chacune conduisant à une réaction
particulière. Il est impliqué dans plusieurs types de réponse, entre
autres dans l'apprentissage par essai et par erreur. Et un mécanisme
fondamental est celui qu'on pourrait appeler convergent parce qu'il
comporte la convergence de plusieurs tendances excitatrices, prove-
1. Voir aussi les N°s 234, 237, 343, 388, 391, 434, 1066, 1242. 1243, 1288. HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 649
nant des stimuli distincts, vers une réponse unique. Or. on peut
supposer que lorsque plusieurs stimuli sont fonctionnellement équi
valents, des habitudes établies sous certaines conditions de stimula
tion puissent jouer sans délai ou avec peu de délai dans des situations
nouvelles qui, en tant que stimuli objectifs, n'ont rien de commun
avec les conditions dans lesquelles l'habitude s'est formée. En somme,
le mécanisme convergent aurait le pouvoir d'opérer le transfert de
la réaction d'une situation à une autre, objectivement différente de
la première.
On peut envisager cependant une synthèse des mécanismes diver
gents et convergents. Le nouveau phénomène qui en résulte est
désigné par l'auteur comme « habit-family ».
C'est un groupe de 2 ou de plusieurs séquences d'habitudes dont
chacune peut être activée par un stimulus particulier et aboutir à
une réaction particulière. H. trouve la vérification de ses déductions
dans certains cas d'apprentissage chez les rats blancs et expose, dans
la 2e partie de son article, toutes les conséquences que sa conception
implique pour l'étude du comportement animal. P. K.
1013. — M. DIDE. — La mémoire, psychogénèse et pathogénèse. —
J. de Ps., XXXI, 1934, p. 697-721.
La mémoire est une aptitude fonctionnelle à fixer l'actuel et
à revivre mentalement le passé suivant l'intérêt affectif porté à
l'un et à l'autre. Cette aptitude suppose, outre des conditions spéci
fiques et intrinsèques, des conditions préliminaires, extrinsèques,
relevant de dispositions instinctivo-affectives liées à la vie végétative
et qui sélectionnent les perceptions et les concepts comme moyens
pour la conservation de l'existence.
Au point de vue psychogénétique, les étapes de l'ontogenèse
organique sont conditionnées par l'énergie vivante. La mémoire biolo
gique, fonction de l'appétit, du désir et du besoin de dépense, règle
les fonctions instinctives et conduit aux spécificités anatomiques.
Elle est suivie de la mémoire affective. La mémoire perceptive marque
l'étape cérébrale du phénomène qui, chez l'homme, conduit à la
mémoire symbolique et conceptuelle. Mais les manifestations les
plus différenciées de la mémoire ne sont possibles qu'avec la collabo
ration des aptitudes diffuses de la mémoire biologique.
Au point de vue anatomo-clinique, les dysmnésies extrinsèques
respectent fonctionnellement la corticalité cérébrale et doivent être
liées à un déséquilibre fonctionnel ou à des lésions progressives du
système vago-sympathique. Les amnésies intrinsèques rentrent dans
la pathologie cérébrale et dépendent de lésions cellulaires diffuses,
aiguës ou chroniques. Les plus intéressantes sont les amnésies parti
culières liées à des insuffisances corticales. Le problème des synergies
intra et inter-hémisphériques réclame des recherches nouvelles. Mal
gré ces particularités, la mémoire est une fonction synthétique de
tout l'organisme.
D'un point de vue plus élevé, les conditions fondamentales de
la mémoire doivent être rattachées à des intuitions et symbolisations
universelles, le temps et l'espace conçus, par opposition à la durée
vécue et à l'étendue subjective ressentie, d'essence végétative. Par 650 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
là, les dysmnésies délirantes, qui laissent intactes toutes les possi
bilités intellectuelles, s'opposent aux troubles intrinsèques de la
mémoire, qui atteignent les qualités foncières de la conscience. Les
dysmnésies délirantes s'accompagnent d'intuition anormale de la
durée subjective et de l'encombrement corporel, les amnésies corti
cales se compliquent d'erreurs dans l'évolution du temps et d'un
déficit dans toutes les tentatives pour réduire le réel objectif en
abstractions spatiales.
La mémoire biologique maintient la constance des races- et la
mémoire mentale se borne à assurer à travers la succession des
civilisations un certain nombre de traditions permettant la vie
collective. La mémoire exerce une dictature tutélaire, mais prédéter
minante, dont arrivent seuls à s'affranchir, grâce à des anomalies
obscures de l'énergie vivante, des individus exceptionnels qualifiés
génies. G. -H. L.
1014. — J. L. KING. — Komplexbreite und Perseveration (Étendue
de fixation et persévérance). — A. f. ges. Ps., XGII, 3-4, 1934,
p. 424-470.
Le passage de la conception des oscillations électriques dans le
système nerveux et musculaire à la théorie de la résonance d'un organe
complexe psycho-physique exposée par Lindworsky, offre, selon l'A.,
un riche terrain pour les recherches possibles. Il est probable que
chaque organe psycho-physiologique possède une faculté de réso
nances variées ; mais, excité par des stimuli provenant toujours
d'un même appareil sensoriel, il n'est pratiquement « accordé » qu'à
une cadence particulière d'oscillations. L'A. expose les avantages que,
pour l'explication des associations, possède la théorie de résonance
sur celle qui considère les voies élaborées par la diminution de la
résistance aux jointures synaptiques.
Ainsi l'A. essaie de vérifier cette théorie dans le domaine de
l'étendue de la mémoire et de la persévérance des souvenirs. Il
croit, par analogie avec les phénomènes électriques ou mécaniques,
que l'élasticité du « medium », complexe organique mis en jeu par
la fonction étudiée, assure une grande étendue à celle-ci ; par contre,
une rigidité, une résistance du « medium » avantage le phénomène
de persévérance.
Les vibrations des multiples éléments psycho-physiques intéressés
dans une activité donnée s'accordent pour former un complexe
vibratoire unifié. Ce système vibratoire est, selon les individus,
plus ou moins stable, plus ou moins facilement détruit, une fois
l'action qui lui avait donné naissance accomplie. C'est cela qui
caractérise les grands et les faibles persévérateurs. Il est à supposer,
selon cette théorie, que les forts persévérateurs auront une plus ou
moins étroite étendue de mémoire.
20 sujets ont subi plus de 2.000 épreuves. Les tests pour l'étude
de l'étendue de la mémoire consistaient à apprendre des syllabes iso
lées et sans aucune signification, mais rangées en ordre déterminé
dans des groupes délimités. Un changement de cet dans une
nouvelle fixation mettait en évidence la persévérance de l'ancien
système. D'autres tests de persévérance dans l'écriture de certaines HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 651
lettres, chiffres ou formes ont complété l'expérience. Voici les résul
tats et les conclusions.
Les corrélations entre l'étendue de fixation et l'aptitude à
apprendre varient de 0,16 à 0,73 ; les coefficients augmentent régu
lièrement lorsque s'allonge la série des syllabes à retenir, ce qui
peut s'expliquer, croyons-nous, par une plus grande constance du
rendement pour chaque individu, créée par l'entraînement au travail.
La corrélation entre l'étendue de fixation et la persévérance
paraît confirmer l'hypothèse de la théorie de résonance dont nous
avons parlé ci-dessus.
Ainsi la différenciation des individus, relative à l'étendue de
fixation, est démontrée encore une fois. Elle se manifeste moins dans
la fixation immédiate que. dans celle à longue haleine. Les sujets qui
possèdent une large étendue de fixation apprennent généralement
mieux. Les faibles persévérateurs obtiennent beaucoup plus de succès
que les forts devant un matériel tout à fait nouveau, l'inverse se
produit lorsque le matériel est composé d'éléments qui ont été déjà
appris auparavant. S. K.
1015. — S. ROSENZWEIG et G. MASON. — An experimental study
of memory in relation to the theory of repression (Étude expéri
mentale de la mémoire en rapport avec la théorie du refoulement). — ■
Br. J. of Ps., XXIV, 3, 1934, p. 247-265.
La recherche de R. et de M. avait pour but de soumettre à une
épreuve expérimentale la conception freudienne du refoulement des
souvenirs désagréables. Il s'agissait, en particulier, du genre de tonal
ité affective (hedonic tone) qui accompagne l'expérience de l'effort
lorsque les résultats de l'action sont en quelque sorte compromis.
40 enfants de deux sexes (entre 5 et 14 ans) furent soumis à un test
de « puzzle » qui consistait à construire des « images » avec des mor
ceaux de bois en couleurs. On laissait les sujets poursuivre leur tâche
jusqu'à la réussite, pour la moitié des « puzzles », alors que pour l'autre
moitié, on les empêchait d'achever leur tentative. On leur demandait
ensuite : 1) d'énumérer les noms de toutes les images ; 2) de dire,
après avoir entendu la liste de tous ces noms, quelles étaient les
images qu'ils avaient réussi à faire ou qu'ils n'avaient pas achevées,
en ajoutant quelles étaient celles qui leur avaient plu ou déplu.
Voici les résultats de ces expériences : 16 sujets se souvenaient
d'un plus grand nombre d'images réussies que d'images non achevées,
pour 9 il y avait égalité pour les 2 catégories, enfin 16 sujets se
souvenaient davantage des images « forcément ratées ». Cependant,
le premier groupe se différenciait des deux autres par une moyenne
plus élevée d'âge mental et aussi par des notes plus élevées pour un
test de vanité ou d'amour-propre.
Aux yeux des auteurs, ces résultats « semblent confirmer certains
aspects de la théorie freudienne du refoulement ». P. K.
1016. — G. RAFFEL. — The effect of recall on forgetting (L'effet
du rappel sur V oubli). — J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 828-838.
Après avoir montré 5 fois une liste de 100 mots, on demande
aux sujets d'écrire 150 mots en y faisant le plus possible entrer les 652 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mots qu'ils se souviennent d'avoir vus dans la liste. Cette épreuve
est donc une combinaison d'« association libre » et de rappel. Pour
certains groupes, elle a lieu tous les jours, pour d'autres moins
souvent. La courbe des mots reproduits est une courbe typique
d'oubli ; mais une évocation quotidienne agit comme un exercice
et arrête la décroissance ultérieure du souvenir. La plupart des mots
rappelés le 2e jour sont encore dans les listes ultérieures ; cependant,
quelques-uns disparaîtront, d'autres qui n'y figuraient pas seront
retrouvés (réminiscences) ; leur nombre décroît et le souvenir tend
à se stabiliser. Le résultat le plus intéressant de cette expérience est
que certains mots de la liste primitive reparaissent dans les « associa
tions », sans être reconnus par le sujet ou encore ils sont reconnus
un jour l'être les jours suivants, bien que leur apparition et leur
persistance ne puissent être attribuées au hasard. P. G.
1017. — H. B. ENGLISH, E. L. WELBORN et C. D. KILLIAN.—
Studies in substance memorization (Études sur la mémorisation
de la substance d'un texte). — J. of gen. Ps., XI, 2, 1934, p. 233-260.
Un morceau de prose difficile fut présenté (1 à 4 fois) à des étu
diants qui furent ensuite testés selon 2 formes opposées : 1° reconnais
sance d'extraits presque identiques au texte ; 2° sur d'autres passages,
traduits en termes entièrement nouveaux, reconnaissance du sens.
Le nombre des présentations n'a pas été nettement favorable au
rappel, sauf que 2 ou 3 lectures donnent un meilleur score qu'une
seule, pour le 1er test (mot à mot). La fut toujours
meilleure après 24 heures que sans intervalle ; mais ensuite, alors
que le 1er test montre un oubli conforme à la loi d'Ebbinghaus,
le 2e donne des résultats constants durant 70 jours (il y eut même des
cas de gain constant).
L'apprentissage du contenu serait donc très différent de celui
des syllabes dépourvues de sens, et aussi de l'apprentissage prétendu
logique où les mots originaux sont conservés. On devrait l'étudier avec
des tests spéciaux ; il dépend surtout d'un processus de compréhens
ion, contrairement à l'apprentissage du mot à mot et à la réponse
conditionnée. G. D.
1018. — M. B. MITCHELL. — Anticipatory place-skipping tendencies
in the memorization of numbers (Tendances à l'anticipation dans
la mémorisation de nombres). ■ — Am. J. of Ps., XLVI, 1, 1934,
p. 80-91.
L'auteur poursuit son étude de l'analyse des erreurs commises
au cours de l'apprentissage de séries de nombres de 3 chiffres, lorsqu'on
utilise la méthode consistant à évoquer un nombre juste avant son
apparition. L'étude porte cette fois-ci sur les réponses « anticipées »,
l'erreur consistant, dans ce cas, à évoquer avant son tour un groupe
de 3 chiffres appartenant réellement à la série.
De l'examen de ces erreurs il résulte :
1° Que leur fréquence varie en raison inverse du degré d'antici
pation (fonction curviligne) ;
2° Que l'anticipation erronée se rencontre le plus souvent pendant
le 2e et le 3e quarts de la période d'apprentissage ; HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 653
3° Qu'elle porte le plus fréquemment sur les nombres appartenant
à la 2e moitié de la liste (excepté le dernier).
La théorie de Lumley d'après laquelle on verrait, au cours de
l'apprentissage, croître la proportion d'anticipations lointaines et
décroître celle des anticipations de faible degré, ne se trouve pas
confirmée. A. B.-F.
1019. — J. B. STROUD, A. F. LEHMAN et G. MC GUE. — The
reliability of nonsense syllabe scores (La stabilité de la méthode
des syllabes dépourvues de sens). — J. of exp. Ps., XVII, 1934,
p. 294-304.
On compare au point de vue de leur corrélation interne des listes
de 6, 12 et 18 syllabes. Les plus longues listes donnent les résultats
les plus stables. Le degré d'exercice n'affecte pas la stabilité, quelle
que soit la manière dont on mesure le progrès de l'apprentissage,
du moins pour les listes longues. En divisant les sujets en groupes
plus ou moins nombreux, on peut jusqu'à un certain point prédire,
d'une liste à l'autre, les résultats. P. G.
1020. — W. G. F. KRUEGER. — The relative difficulty of nonsense
Syllables (La difficulté relative des syllabes dépourvues de sens). —
J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 145-153.
On présente à 586 sujets 2.183 syllabes de sens ;
chacun indique les associations d'idées qu'elles lui suggèrent, ce qui
permet de classer les syllabes dans l'ordre des chances qu'elles ont
de provoquer des associations, au cours des expériences sur la
mémoire. P. G.
1021. — S. W. GALHOON. — Relative seating position and ability
to reproduce disconnected word lists after short intervals of time
(La place occupée et V aptitude à reproduire des listes de mots décou
sues après de courts intervalles de temps). — Influence of length of
lists upon ability immediately to reproduce disconnected word
series auditorially presented (Influence de la longueur des listes
sur l 'aptitude à reproduire immédiatement des séries de mots décou
sues présentées auditivement). — J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 709-
722 et 723-738.
Des listes de 2 à 12 mots de 1, 2 et 3 syllabes doivent être notées
de mémoire par des écoliers qui viennent de les entendre lire. On
cherche si le nombre de mots exactement reproduits dépend de la
place de l'élève dans la salle. Il semble que pour les écoliers du
3e au 6e degré, le nombre des mots retenus soit en rapport direct
avec la distance du sujet à l'expérimentateur.
Le deuxième article est une étude de l'effet de la longueur des
séries. Il faut une liste d'au moins 6 mots pour mesurer l'extension
de la mémoire immédiate. P. G.
1022. — J. A. GENGERELLI. — Similarity and retroaction (Simil
itude et rétroaction). — J. of exp. Ps., XVII, 1934, p. 680-690.
On étudie le transfert résultant de la répétition de différentes
sortes de tâches plus ou moins semblables : transcription de signaux 654 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'après un code (dessins et lettres, nombres et lettres, etc.), additions,
lettres à barrer, mettre un point au centre d'un cercle, etc. Entre
2 épreuves appartenant au même groupe on intercale une épreuve
d'un autre groupe. La ressemblance est mesurée par le degré de
corrélation des résultats entre l'épreuve initiale et l'épreuve intercal
aire, et le transfert (ou l'inhibition) par la comparaison des résultats
de l'épreuve initiale et de l'épreuve finale du même groupe. On trouve
que le maximum d'inhibition résulte de tâches très semblables, mais
non identiques. Mais il y a un transfert positif lorsque les tâches
présentent une certaine ressemblance générale et relèvent d'une
technique commune. P. G.
1023. — A. H. MASLOW. — The effect of varying time intervals
between acts of learning with a note on proactive inhibition
(Uefjet de la variation des intervalles de temps entre les actes
a" avec une note sur V inhibition proactive) . — J. of apprentissage,
exp. Ps., XVII, 1934, p. 141-144.
Des listes de mots sont présentées pendant 10 secondes chacune
et récitées après 15 secondes. Des intervalles variables de 5 à
40 secondes s'intercalent entre le rappel de chaque liste et l'évocation
de la suivante. Il semble que les intervalles les plus longs favorisent
la rétention. P. G.
1024. — S. H. BRITT. — Jost's law of retroactive inhibition (La loi
de Jost sur l'inhibition rétroactive). — Am. J. of Ps., XLVI, 2,
1934, p. 299-308.
L'apprentissage d'un labyrinthe à stylet a été repris après
48 jours d'intervalle et poussé jusqu'à un degré de maîtrise mesuré
par la réussite dans 3 essais successifs. L'application pendant 20 minut
es d'un deuxième labyrinthe a aussitôt suivi le deuxième apprentis
sage. Pour un deuxième groupe de sujets, il n'y a eu avant la présen
tation du labyrinthe, et immédiatement celle-ci,
qu'un seul apprentissage du premier labyrinthe. Un test de rétention,
relatif au premier appliqué dès la fin de la période remplie
par l'apprentissage du deuxième labyrinthe, a montré que l'effet
inhibiteur de cet apprentissage intercalé était le moins marqué dans
le cas des associations les plus anciennement formées. A. B.-F.
1025. — J. A. MG GEOGH et F. MC KINNE Y. — Retroactive inhi
bition in the learning of poetry (L'inhibition rétroactive dans
l'apprentissage de la poésie). — Am. J. of Ps., XLVI, 1, 1934, p. 19-
33. — The susceptibility of prose to retroactive inhibition (Suscept
ibilité de la prose à subir l'effet de l'inhibition rétroactive). —
Ibid., 3, 1934, p. 429-436.
Un texte en vers de 12 lignes a été appris par les sujets et repro
duit : une lre fois directement après la fixation, une 2e fois 15 minutes
plus tard et une 3e fois 7 jours après. La période de 15 minutes sépa
rant la lre de la 2e reproduction a été remplie, soit par l'apprentissage
d'un 2e texte de même nature que le 1er, soit par la mémorisation de
syllabes sans signification (groupes expérimentaux), soit par l'appli
cation du test de discrimination tonale de Seashore (groupe de HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 655
contrôle). L'effet inhibiteur de l'apprentissage intercalé sur les
reproductions ultérieures du 1er texte s'est fait sentir de façon peu
marquée après 15 minutes, un peu plus sensible après 7 jours, sans
qu'il ait été constaté de différences significatives entre l'influence
de la poésie et celle des syllabes (en contradiction avec la théorie du
transfert). Lorsqu'on a supprimé la 2e reproduction (après 15 minutes)
l'inhibition régressive au bout de 7 jours a été plus sensible.
Des résultats de même ordre ont été obtenus dans des expériences
analogues, utilisant la prose ; à cela près que les données en ce qui
concerne l'inhibition après 15 minutes et après 7 jours sont plus
semblables que dans le cas de la poésie.
L'ensemble des résultats vient étayer la thèse de l'auteur que
l'inhibition régressive est un des facteurs les plus agissants de l'oubli.
A. B.-F.
1026. — M. RYTEL. — Expériences sur la mémoire des couleurs
(en polonais). — Kwart. Ps., V, 3-4, 1934, p. 443-466.
Le but et la technique de cette étude se rattachent aux travaux
d'Abramowski sur la mémoire. L'A. s'est servi, de cartons rectangul
aires sur lesquels il a collé des bandes de papiers de couleurs : 15 cou
leurs, dont 10 formant 4 groupes : 1° de rouge (rouge, rose, orange) ;
2° de jaune (2 nuances) ; 3° de bleu (3 nuances) et 4° de violet (2 nuanc
es) et 4 couleurs isolées : brun, noir, argent et or. Les cartons ont
été exposés à l'aide d'un tachistoscope. L'expérience comportait :
5 secondes d'exposition, 5 secondes d'intervalle et la reproduction.
Les sujets devaient désigner les couleurs à l'aide d'un code numérique
appris d'avance. Chaque carton a été exposé à 3 reprises successives,
au bout d'une minute d'intervalle à partir de la fin de la
On a exposé ainsi 2 séries de cartons : Série A (avec attention libre
ou avec attention détournée pendant V intervalle), de 10 cartons,
dont 2 comportant 1 seule bande, 3-8, 5-9 bandes ; Série B (avec
attention détournée pendant l'exposition par le calcul imposé des
traits apparaissant en même temps que les couleurs) de 8 cartonsv
dont 6 10 bandes, 1-11 et 1-9 bandes). Les sujets, au
nombre de 7, ont été pris parmi les étudiants.
Une loi semble se dégager de ces expériences : celle de la plus
grande différence qualitative de V assortiment des couleurs. Elle s'exprime
dans le fait que les couleurs le plus fréquemment retenues et désignées
correctement sont celles ne formant pas de groupe ou bien apparais
sant isolément ou encore avec des nuances d'autres groupes.
Voici quelques chiffres sur lesquels l'A. appuie la formulation
de cette loi. Ils expriment des rapports entre le nombre de cas
où une seule couleur d'un groupe a été retenue et celui de toutes
les nuances de ce même correctement désignées. Série B :
lre exposition : Rouge, 83 % (ou 15/18) ; jaune, 95 % (ou 20/21) ;
bleu, 94 % (15/16) et violet, 100 % (5/5). Dans l'ensemble, on a 92 %.
Série B, 3 expositions ensemble : rouge, 82 % (85/104) ; jaune, 80 %
(77/84), bleu, 93 % (71/76) et violet, 84 % (27/32) ; pour l'ensemble,
le rapport est de 84 %. (Ces résultats numériques ont été tirés des
cas où au moins 2 couleurs ont été retenues et où elles ont été vues
sur les cartons comportant au moins 2 nuances d'un même groupe). ■
656 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Dans la série A, avec attention libre, le rapport entre le nombre de
couleurs retenues de groupes mais présentées isolément et celui où
elles apparaissent avec d'autres nuances du même groupe est de
72 % (62/83) pour les expériences avec l'attention libre et de 69 %
(64/92) pour les expositions avec attention détournée pendant l'i
ntervalle.
L'étendue de la loi de la différence qualitative, après la 2e expo
sition, s'exprime pour la série A par 53 % (53/100) (attention libre)
et 59 % (68/115) (att. détournée) pendant l'intervalle.
Après la 3e exposition dans la série A on a respectivement 43 %
(49/113) et 37 % (46/124).
Une analyse qualitative des témoignages des sujets montre que
chaque carton est perçu comme un tout. Après la lre exposition, la
mémorisation est une sorte de traduction symbolique. Il semble,
cependant, que le contenu fixé par la mémoire ne se limite pas à
des indications purement verbales, mais qu'il y entre également
des traces sensorielles d'ordre visuel. Ces traces sont sommaires,
vagues, mal définies. Ainsi, la représentation visuelle du jaune
est celle d'un jaune pâle, etc. Ce trait est confirmé par les substitu
tions d'une nuance par une autre d'un même groupe, par la répétition
des nuances semblables par l'oubli des nuances d'un même groupe.
Plus la perception est automatisée (attention détournée) plus les
traces sont vagues. La répétition des expériences renforce les traces.
Quant au rôle de l'attention dans la mémoire, les résultats de R.
semblent confirmer ceux d'Abramowski (diminution du nombre de
couleurs retenues pendant l'expérience avec attention détournée)
mais seulement pour les cas de l'attention détournée pendant l'expé
rience même.
Il n'a pas été établi de rapport entre le type de mémoire et le
nombre de couleurs retenues. Il semble bien que ce dernier est fonc
tion de la faculté d'abstraction et de combinaison et de l'aptitude
verbale. A. G.
1027. — M. M. WHITE et M. M. RATLIFF. — The relation of
affective tone to the learning and recall of words (Rapport de la
coloration affective avec la fixation et révocation de mots). — Am.
J. of Ps., XLVI, 1, 1934, p. 92-98.
La mémorisation «le séries de mots affectivement colorés a
abouti à la fixation d'un nombre à peu près égal de mots « agréables »
et de mots « désagréables » ; mais après un certain laps de temps,
il y a eu plus de mots agréables évoqués, la proportion de ces mots
augmentant avec la durée de l'intervalle séparant la fixation de
l'évocation, jusqu'à 2 semaines, durée au delà de laquelle la propor
tion de mots agréables est restée constante. Diverses considérations
sont invoquées pour expliquer les divergences des données expéri
mentales dans ce domaine. A. B.-F.
1028. — M. DRURY SMITH. — The reproduction of colour patterns
(La reproduction des schemes colorés). — Br. J. of Ps., XXV, 1,
1934, p. 63-76.
Ces expériences sur la reproduction des schemes en couleur ont eu

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