Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage. - compte-rendu ; n°1 ; vol.43, pg 698-730

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L'année psychologique - Année 1942 - Volume 43 - Numéro 1 - Pages 698-730
33 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1942
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage.
In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 698-730.
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage. In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 698-730.
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pouls si l'observation porte sur des durées de 10 à 15 sec, mais que
si elle porte sur 3 sec, on observe de rapides changements de fr
équence. Les stimuli sonores produisent une décroissance de la
équence moyenne du pouls de 3 battements par min., pendant une
période de 3 à 6 sec, après la présentation du stimulus, avec récupé
ration en 12 à 15 sec. On n'a pas observé de relation nette entre la
grandeur du changement de fréquence du pouls et le degré d'excita
tion motrice éprouvé par le sujet dans les conditions de l'expérience.
V.
VII. — Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage
936. — J. DELAY. — Les dissolutions de la mémoire. — In-8° de
152 pages. Paris, Presses Universitaires, 1942.
Neurologiste, psychiatre et psychologue, J. D., dans cette thèse
de doctorat en philosophie expose, sur la pathologie de la mémoire,
une conception originale dérivant des notions fondamentales mises
en lumière par Hughlings Jackson.
D'après lui les « amnésies neurologiques » et les « amnésies psy
chiatriques » s'opposent comme, dans la doctrine jacksonienne,
s'oppose la neurologie « science des dissolutions locales du système
nerveux » et la psychiatrie « science des uniformes de
l'activité psychique ».
Les premières amnésies comportent un déficit limité à une fonc
tion psychosensorielle ou psychomotrice déterminée par altération
territoriale d'un analyseur cérébral, au sens de Pavlov,
organique ou fonctionnelle (par inhibition) ; elles se présentent sous
la forme d'agnosies et d'apraxies, par atteinte de la forme sènsorio-
motrice de la mémoire, régie par les lois biologiques de l'habitude
et relevant de purs automatismes.
Tout à l'opposé, les amnésies psychiatriques comportent, avec
le maintien de la mémoire sensorio-motrice, une incapacité psychique
générale par atteinte de la personnalité social«, avec abolition
de ce que Pierre Janet a appelé la « conduite du récit » ; il s'agit
de déficits de la mémoire sociale propre à l'homme, déficits généraux
ou partiels, dans des amnésies lacunaires, mais appartenant toujours
au domaine du logique, du rationnel, éminemment socialisé, en dehors
duquel il n'y aurait, ni reconnaissance, ni localisation comme le
soutient M. Halbwachs.
Un troisième type de mémoire peut apparaître dans les dissolu
tions pathologiques, par une libération corrélative de la désoGialisa-
tion, la « mémoire autistique » que révèle le flot d'images du rêve ou
telle prétendue hypermnésie, sorte de mémoire pure relevant de la
psychanalyse, avec jeu des lois du dynamisme inconscient, pour le
cours des matériaux empruntés à la mémoire sensorio-motrice ou aux
éléments disloqués de la mémoire sociale.
Dans les aphasies, D. distingue les agnosies verbales et agraphies,
comme amnésies neurologiques, et l'aphasie proprement dite, oubli
du langage par dislocation des cadres sociaux de la mémoire, apparte
nant aux psychiatriques.
Le système est cohérent, harmonieux, et séduisant, faisant place HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 699
aux conceptions de Pierre Janet et de M. Halbwachs, avec un fond
d'inspiration bergsonienne, se traduisant en particulier dans la concep
tion des rapports du cerveau et de la mémoire (le cerveau étant
un instrument d'actualisation des souvenirs).
Je ne pense pas toutefois que la réalité se plie entièrement à ce
cadre. Et, dans la plupart des amnésies générales, comme dans cer
taines aphasies, l'élément cérébral et biologique me paraît jouer un
rôle plus important que la désocialisation de la personnalité.
De véritables amnésies de fixation ont une genèse organique,
évidente dans certains cas, comme dans les insuffisances d'oxygène
respiratoire, et l'on ne peut admettre que les amnésies de fixation,
par exemple à la suite de traumatismes, relèvent uniquement d'un
acte de synthèse mentale portant sur la mémoration comme activité
psychique supérieure, socialisée.
Mais, en tout cas, en renouvelant de façon originale, par sa systé
matisation harmonieuse, le problème de la psychopathologie mné
monique, J. D. provoquera d'utiles discussions et de nouvelles
recherches et aura ainsi contribué au progrès de la science.
Et, comme le dit Pierre Janet dans sa préface au livre de D.,
« cet important travail sur la dissolution psychologique sera très
utile aux philosophes et aux psychologues à qui il présente sous un
jour nouveau tant de faits bien étudiés sous leur aspect psycholo
gique et avec le langage de la psychologie ». H. P.
937. — H. PEAK. — Negative practice and theories of learning (Prat
ique négative et théories de V apprentissage). — Ps. Rev., XLVIII,
4, 1941, p. 316-336.
En 1928, Dunlap fit connaître le fait que les erreurs peuvent être
corrigées, en pratiquant les erreurs elles-mêmes, à condition de
connaître leurs incorrections. C'est ce qu'on appelle la pratique négat
ive, par opposition à la pratique positive où l'on répète la réponse
correcte. Par exemple, Dunlap a montré qu'on corrige beaucoup plus
rapidement la tendance à écrire hte au lieu de the (à la machine) par
cette méthode négative. On a tiré de ce fait des arguments contre la
théorie qui donne à la répétition le rôle principal dans l'apprentissage.
De nombreux travaux ont été consaarés à cette question. P.
conclut qu'il est exact que la répétition de la mauvaise réponse,
lorsqu'on connaît son caractère incorrect, améliore la performance.
Mais on ne peut conclure de là que la répétition ne joue- aucun rôle
dans l'apprentissage. P. critique sur ce point les explications de
Dunlap. G. P.
938. — P. T. ORATA. — Recent research studies on the transfer of
training with implications for the curriculum, guidance, and
personnel Work (Recherches récentes sur le transfert de l'apprentis
sage avec les qu'elles comportent pour le curriculum,
l'orientation et le travail individuel). — J. of Ed. Res., XXXV, 2,
1941, p. 81-101.
Cette revue qui contient une liste de 196 références de publications
postérieures à 1935 en relève brièvement les points essentiels :
confirmation expérimentale du transfert, critique de la théorie des 700 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
éléments identiques de Thorndike qui semble délaissée au profit
d'une conception « gestaltiste » ; affirmation du rôle de la pénétration
intellectuelle (insight) et de la généralisation. Une importance parti
culière est attribuée au travail de Katona qui apporte une moisson
de faits expérimentaux plaidant en faveur de la thèse défendue
dès 1927 par O. et qui envisage le transfert comme une reconstruc
tion et une réorganisation de l'expérience. D. W.
939. — L. G. TENNIES. — Memory trace and perception in the blind
(Traces mnémoniques et perception chez V aveugle). — J. of exp.
Ps., XXX, 1942, p. 23-39.
Des expériences sur la et la mémoire chez l'aveugle
ont été faites à l'aide de figures en fil métallique (cercles, angles, etc.).
Le but principal de ce travail était de savoir si, avec le temps, des
figures perçues et enregistrées deviennent « meilleures », et si le
changement de l'image mnémonique est progressif. Les résultats
montrent que les figures deviennent meilleures dans l'image mnémon
ique, et qu'elles ont tendance à s'agrandir ou à se rétrécir sans que
l'on puisse prédire d'ailleurs dans quel sens jouera cette tendance.
L'auteur souligne que ces résultats soulèvent plus de questions
qu'ils n'en résolvent. . V.
940. — W. S. HUNTER. — Visually controlled learning as a function
of time and intensity of stimulation (Apprentissage contrôlé
visuellement et ses relations avec la durée et Vintensité de la stimu
lation).— J. of exp. Ps., XXXI, 1942, p. 423-429.
Expériences faites avec l'appareil de Hunter-Sigler.: il s'agit pour
le sujet de compter le plus possible de points dans un temps donné et
avec un éclairement donné. L'augmentation du nombre des points
présentés au sujet (la série va de 1 à 18), rapportée au nombre d'exer
cices nécessaires pour les compter, permet de suivre les progrès de
l'apprentissage : on obtient une courbe (log. nombre de points
présentés/log. du nombre des présentations requises). Si la durée
de l'exposition reste constante, la diminution de l'intensité du st
imulus augmente le nombre des présentations, mais ne change pas
la pente des courbes. La loi de Bunsen-Roscoë se vérifie dans ces
expériences, ce qui indique l'importance du facteur sensoriel dans
l'apprentissage. On obtient en rapportant le nombre de points
identifiés au log. des temps de réaction une fonction linéaire dont
la pente est la même que celle de la courbe d'apprentissage. La vitesse
de croissance de la difficulté de la réponse quand le nombre de
points augmente est constante et n'est pas affectée par la durée
ou l'intensité de la stimulation. V.
941. — A. C. van DUSEN. — Work methods and learning (Méthodes
de travail et apprentissage). — • J. of exp. Ps., XXIX, 1941,
p. 225-235.
L'auteur, utilisant l'enregistrement photographique des mouvem
ents, l'observation directe et les déclarations des sujets, montre
l'importance des méthodes de travail dans l'apprentissage d'un
triage de cartes. Les résultats montrent que ne consiste .
HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 701
pas seulement en un perfectionnement graduel de la méthode adoptée
au début, mais souvent en changements successifs de méthodes,
lesquels ne produisent pas toujours des améliorations. Ainsi, à des
variations quantitatives entre les individus dans l'apprentissage,
correspondent des différences qualitatives les méthodes
employées. V.
942. — A. L. EDWARDS. — The retention of affective experiences :
A criticism and restatement of the problem (La mémoire de Vexpé-
rience affective : Critique et nouvelle position du problème). — Ps.
Rev., XLIX, 1, 1942, p. 43-53.
D'après la théorie de Freud, l'expérience qui n'est pas en harmon
ie avec les désirs, les souhaits, les croyances de l'individu tend à
être réprimée. La répression joue un rôle de protection de l'individu
contre les souvenirs déplaisants De nombreuses recherches expéri
mentales ont été faites pour vérifier si cette théorie avait un fonde
ment réel. Certaines expériences montrent que les souvenirs agréables
persistent plus longtemps que les souvenirs désagréables. A la pre
mière période, les souvenirs agréables sont rappelés en plus grand
nombre. Dans une deuxième période, ce les souvenirs ayant une
couleur affective nette (agréable ou désagréable) qui l'emportent sur
les souvenirs neutres. Dans une troisième période, ce sont les souven
irs nettement agréables qui l'emportent sur les souvenirs nettement
désagréables.
Pour E., le point important n'est pas que le souvenir soit ou non
agréable. Il s'agit de savoir s'il est en harmonie ou en conflit avec le
système de référence individuel. Autrement dit la question du ton
affectif est secondaire. Ainsi en politique le sujet se rappelle mieux
les faits favorables à son parti.
C'est donc l'accord avec le système de référence qui favorise la
conservation et le rappel du souvenir. G. P.
943. — B. R. PHILIP et H. E. PEIXOTTO. — Generalization in the
initial stages of learning of non-sense syllables. I. Integral responses
(La généralisation dans les stades initiaux de V apprentissage de
syllabes non-significatives. I. Réponses complètes). — J. of exp.
Ps., XXXIII, 1943, p. 50-63.
Le but du travail entrepris par les auteurs est d'étudier la général
isation et la discrimination dans l'apprentissage, en particulier la
question des gradients de généralisation et les relations entre discr
imination et généralisation. Les résultats des présentes expériences
montrent que, parmi les réponses complètes faites par les sujets, les
réponses dues à des généralisations sont plus nombreuses que les à des discriminations. Ceci est vrai surtout pour les
courtes séries de syllabes. Avec l'allongement des listes, les nombres
des types de réponses s'égalisent sensiblement. V.
944. — B. R. PHILIP et H. E. PEIXOTTO. — Generalization in the
initial stages of learning non-sense syllables. II. Partial and ina
dequate responses (La généralisation dans les stades initiaux de 702 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
V apprentissage de syllabes non-significatives. II. Réponses part
ielles et inadéquates). — J. of exp. Ps., XXXIII, 1943, p. 136-147.
Le dépouillement des réponses incomplètes ou inadéquates a
donné les résultats principaux suivants : Les réponses dues à la
généralisation sont plus fréquentes que celles dues à la discrimination
durant la plus grande partie de l'apprentissage. Vers la fin, les
dernières augmentent, les premières diminuent, et les réponses
complètes deviennent plus nombreuses que les réponses partielles.
Les auteurs suggèrent une explication basée sui* les effets inhibiteurs
des termes et sur l'attitude non-formulée des sujets, qui concentrent
de préférence leur attention sur certaines syllabes. V.
945. — J. P^FOLEY Jr et M. A. MATHEWS. — Mediated general
ization and the interpretation of verbal behavior. IV. Experimental
study of the development of interlinguistic synonym gradients
(Généralisation médiate et interprétation du comportement verbal.
I V. Étude expérimentale du développement des gradients de syno
nymie entre termes empruntés à des langues différentes). — J. of
exp. Ps., XXXIII, 1943, p. 188-200.
Expériences instituées pour étudier l'origine et le développement
de la généralisation dans des conditions voisines de celles que l'on
rencontre dans les classes de langues étrangères. On donna aux sujets
une liste de mots anglais à apprendre avec des listes de mots espagnols
équivalents. Ils furent ensuite divisés en deux groupes : l'un reçut
pendant plusieurs semaines l'instruction ordinaire en espagnol,
l'autre non. Les deux groupes furent enfin soumis aux mêmes épreuves
qu'auparavant, et on mesura leurs possibilités de rappel. Ce fut le
premier groupe qui obtint de beaucoup les meilleurs résultats, dans
le rappel des mots anglais, grâce aux liaisons de ces mots avec des
mots espagnols. V.
946. — J. P. FOLEY Jr et C. N. COFER. — Mediated generalization
and the interpretation of verbal behavior. II. Experimental study
of certain homophone and synonym gradients (Généralisation
médiate et interprétation du comportement verbal. II. Étude expéri
mentale de certains gradients d'homophonie et de synonymie). — ■'
J. of exp. Ps., XXXII, 1943, p. 168-175.
Les résultats des expériences indiquent des processus de général
isation très nets dans l'apprentissage d* listes de mots où sont ménag
és des rapports d'homophonie (ex. : dear-deer) et de synonymie
(batter-dough) et confirment ainsi des hypothèses antérieurement
émises par les auteurs touchant ces processus. V.
947. — W. C. BIEL et R. C. FORCE. — Retention of non-sense syl
labes in intentional and incidental learning (Conservation mnémon
ique de syllabes non significatives dans V apprentissage intentionnel^
et dans V apprentissage occasionnel) . — J. of exp. Ps. XXXII
1943, p. 52-63.
Douze syllabes non d'une valeur associative nulle-
ont été présentées à deux groupes de sujets, par le moyen d'un
tachistoscope, pendant 0,03 sec. chacune. La liste était imprimée^ HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 703-
en six types légèrement différents de caractères. Les sujets du pre
mier groupe (72) avaient pour consigne d'indiquer le type d'impress
ion le plus lisible pour chacune des présentations de la liste (apprent
issage occasionnel). Les sujets du deuxième groupe (48) avaient pour
consigne de ne pas faire attention aux différences d'impression et
d'apprendre la liste de 12 syllabes qui leur était présentée 5 ou 6 fois
(au lieu de 12 pour le premier groupe). Les scores moyens du rappel
immédiat ont été approximativement les mêmes pour les deux
groupes. 48 sujets du premier groupe ont été opposés aux 48 sujets
du deuxième pour le nombre d'erreurs faites pendant l'observation
des syllabes et le de syllabes reproduites correctement
après la présentation des listes. Les scores du rappel et de la reconnais
sance après un intervalle de 19 j. n'ont montré aucune différence
réelle entre les deux groupes. On voit donc que les syllabes non
significatives sont retenues également bien, qu'elles aient été apprises
occasionnellement ou intentionnellement. V.
948. — B. R. BÜGELS Kl. — Interference with recall of original
responses after learning new responses to old stimuli (Phénomène
d'interférence dans le cas de rappel de réponses primitives après
apprentissage de réponses nouvelles à d'anciens stimuli). —
J. of exp. Ps., XXX, 1942, p. 368-379.
Dans une première expérience, vingt sujets ont appris quatre
listes de syllabes non significatives associées par paires. Les premières
syllabes de chaque paire étaient les mêmes pour toutes les listes ;
seules, les secondes syllabes différaient pour chaque liste. Après
l'apprentissage des quatre listes (trois réponses nouvelles aux mêmes
anciens stimuli), les sujets furent incapables de rappeler les réponses
originelles et firent nettement plus d'essais pour réapprendre les
réponses originelles qu'ils n'en firent pour le rappel de listes de contrôle
d'égale difficulté. Dans une deuxième expérience', 80 sujets, divisés
en groupes l'un de contrôle, l'autre expérimental, apprirent chacun
quatre listes de syllabes non significatives associées par paires. La
première liste était la même pour les deux groupes. Le groupe expé
rimental apprit alors trois nouvelles séries de réponses aux syllabes-
stimuli de la première liste, le groupe de contrôle apprit trois autres
séries de réponses à d'autres stimuli. On vit le groupe expérimental
se montrer moins bon dans le réapprentissage des réponses primitives
que dans l'apprentissage des mêmes réponses, tandis que le groupe
de contrôle améliorait nettement sa performance dans le réapprent
issage. Cette méthode indique d'une manière plus directe que ne le
font les expériences ordinaires d'inhibition rétroactive les réponses
qui ont bloqué les réponses primitives ou qui ont pris leur place,
lorsque ces dernières ne peuvent pas être rappelées. V.
949. — B. REYNOLDS. — The mnemonic function of interference
(Fonction mnémonique de V interférence). — J. of exp. Ps., XXX,
1942, p. 336-341.
Deux groupes de 16 sujets chacun ont appris deux séries de stimuli
accouplés, dans lesquelles trois stimuli (choc, bourdonnement,
lumière blanche) étaient accouplés avec des lumières, dont l'une était 704 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
par définition « correcte », l'autre « incorrecte ». Dans la première
série, le choc était accouplé avec du rouge (correct) et du bleu (incor
rect) ; le bourdonnement, du jaune et du vert ; la lumière, avec du jaune (incorrect) et du bleu (correct).
Dans la deuxième série, les réponses incorrectes de la première série
devenaient correctes. A la fin de la deuxième série, le groupe I tra
vaillait à des taches diverses pendant six minutes, le groupe II
apprenait une troisième série dans laquelle les réponses de la deuxième
série devenaient correctes (avec de nouvelles incorrectes).
Puis les deux groupes réapprenaient la première série. Pour toutes
les séries, l'apprentissage était poursuivi jusqu'à ce que les sujets
arrivent à les suivre neuf fois sans erreurs, et sans changements
notables dans le temps de réaction. Comme résultats, l'auteur a
remarqué que la première série a été l'objet d'une inhibition à un
haut degré pour les sujets du groupe I ; avec le groupe II, il n'a observé
qu'une faible inhibition dans la même série. Ces faits viennent
à l'appui de la théorie selon laquelle l'oubli est fonction des effets
de transfert dans l'apprentissage. V.
950. — C. N. COFER. — An analysis of errors made in the learning
of prose materials (Analyse d'erreurs faites dans l'apprentissage de
matériel verbal en prose) . — J. of exp. Ps., XXXII, 1943, p. 399-410.
Les erreurs faites au cours de l'apprentissage d'un matériel verbal
significatif peuvent beaucoup apprendre sur les processus d'apprent
issage. L'auteur a cherché à classer les principales erreurs commises
par ses sujets dans l'apprentissage d'un certain nombre de passages
en prose. Il distingue : les erreurs d'ordre des mots, les omissions, les
additions, les substitutions. Il étudie les ressemblances des erreurs
des sujets et la place des erreurs, la tendance relative à faire commettre
des erreurs pour divers mots (mots « majeurs » et mots « mineurs »),
la persistance des erreurs, les oscillations dans le rappel.
Il essaie d'interpréter ces faits en montrant qu'ils proviennent de
phénomènes de transfert négatif, provenant des habitudes de langage
des sujets et des méthodes d'apprentissage qu'ils emploient.
V. '■
951. — K. B. CLARK. — Some factors influencing the remembering
of prose material (Quelques facteurs influençant la mémoire de la
prose). — Ar. of Ps, n° 253, 1940, 73 pages.
Dans la voie inaugurée par Stern et employée avec succès par
Bartlett l'A. a étudié l'influence du temps entre l'apprentissage et
l'évocation, de l'attitude personnelle, de la nature du matériel, et des
conditions dans lesquelles se produit la fixation.
Les principales indications qui ressortent de ce travail sont les
suivantes :
1) Une durée donnée a une influence toute différente suivant
qu'elle est coupée ou non de reproductions successives ;
2) Pour un texte portant sur un conflit homme-femme, les hommes
et les femmes ne se placent pas au même point de vue dans leur
reproduction ; HABITUDE ET MÉMOIRE. APPRENTISSAGE 705
3) Un texte « affectif » est mieux retenu qu'un exposé de faits
surtout si la reproduction est proche de la lecture ;
4) Un texte lu avec l'intention de le retenir est mieux mémorisé
qu'un texte lu par hasard mais cette différence porte plus sur le
nombre d'idées retenues que sur des modifications systématiques.
Ces recherches montrent combien la technique des syllabes
dépourvues de sens laisse échapper d'aspects de la mémoire.
P. F.
952. — L. J. BRIGGS et H. B. REED. — The curve of retention for
substance material (Courbe de conservation mnémonique pour un
matériel d'idées essentielles). — J. of exp. Ps., XXXII, 1943,
p. 513-517.
Quelle est la forme de la courbe de la conservation (ou de l'oubli)
pour des concepts plus ou moins complexes tirés de l'analyse de
phrases lues ? — Les expériences faites sur 89 étudiants, et qui ont
porté sur des périodes allant d'une à 12 semaines, ont montré que
la courbe des résultats moyens est du type ordinaire des courbes
d'oubli, mais qu'elle a une pente bien moins rapide au début et qu'elle
reste à un niveau beaucoup plus élevé que lorsqu'il s'agit d'un
matériel non significatif. V.
953. — H. B. REED et H. A. ZINSZER. — The oecurenee of pla
teaus in telegraphy. (La présence de paliers dans les courbes d1 ap
prentissage de code télégraphique). — J. of exp. Ps., XXXÏII,
1943, p. 130-135.
Bryan et Harter (1897), avaient montré l'existence de paliers à
certains endroits des courbes d'apprentissage. Les auteurs ont repris
cette étude en soumettant 43 étudiants à l'apprentissage du tél
égraphe pendant un semestre. Ils ont trouvé des courbes différant sur
trois points des courbes de B. et H. : 1) au début, accélération positive,
au lieu d'accélération négative ; 2) pas de paliers prolongés, et dans
certains cas pas du tout ; 3) apprentissage plus rapide. Ces diff
érences sont attribuées à l'emploi d'un plus grand nombre de sujets,
et à une présentation différente (plus de temps consacré à la récep
tion que dans les expériences de B. et H.). Sur d'autres points d'ail
leurs les expériences ne sont pas exactement comparables. V.
954. — S. D. S SPRAGG. — The relative difficulty of Morse code
alphabet characters learned by the whole method (Difficulté rela
tive des caractères de l'alphabet Morse appris par la méthode
« synthétique »j. — J. of exp. Ps., XXXIII, 1943, p. 108-114.
L'auteur a analysé les erreurs faites par 19 sujets dans l'appren
tissage de la réception des caractères Morse. Il a établi un ordre de
difficulté pour l'apprentissage de ces caractères. Il a montré que
le genre et le degré de confusion entre caractères sont rigoureusement
déterminés, et que les confusions se produisent au maximum entre
caractères identiques quant à leurs éléments initiaux, mais différents
quant à leur élément final. V.
l'année psychologique, xliii-xliv 45 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 706
956. — L. PLOT KIN. -^ Stiflralus generalisation in Btfofs© code .
learning (La généralisation des stimulus daii's' T apprentissage due
Mo'rëè). -^ Âr. of Ps., ft? 287, 1943, 39 pages.
L'hypofchèsè dé départ est la suivante : Les difficultés relatives
pour apprendre le Morse proviennent dé la généralisation (au sen&
de Pavlov) des sfâtfrull.
Dans une expérience préliminaire les lettres sont classée» d'après
leur degré de difficulté estimé, dans un apprentissage simultané de
toutes les lettres, par le nombre d'omissions, de confusions et de
réponses correctes. D'autre part te degré de généralisation entre les
signaux est calculé d'après le pourcentage de confusions entre eux au
cours de l'apprentissage.
Une deuxième expérience montre très nettement que la général
isation est due à une ressemblance des signauöc. Geux-ci sont présen
tés par paires aux sujets qui n'ont plus pour tâche de les reconnaîtra
mais d'exprimer leur identité relative suï une échelle.
Enfin l'épreuve définitive a été réalisée de la manière suivante :
Des listes de & signaux étaient constituées où l'on connaissait le
degré de généralisation des signaux entre eux d'après' la première
expérience. Les résultats montrent que la difficulté d'apprentissage
dépend du niveau de généralisation (ou de confusion possible si
on préfère).
Cependant ce facteur n'explique pas toutes les difficultés rencont
rées dans l'apprentissage. L'hypothèse finale de l'A. selon laquelle
la distribution des confusions dans chaque listé expliquerait les diffé
rences non expliquées par le niveau de confusion doit être complétée,
me semble-t-il, par une étude sur la difficulté intrinsèque des formes
rythmiques (voir ce même volume : La Mémoire des rythmes).
P. F.
956. — J. P. SEW ARD. — An experimental comparison of eode-
learniîlg methods (Une comparaison expérimentale de méthodes
d'apprentissage de codes). — J. of exp. Ps., XXXIII, 1943,
p. 115-129.
Série d'expériences faites pour comparer deux méthodes pour
l'apprentissage de la réception en Morse : points et traits imprimés, ou
signaux clignotants de durée plus ou moins longue. Les résultats
montrent que la méthode des signaux clignotants n'est pas supérieure
à celle des listes imprimées en points et traits ; que la combinaison des
deux méthodes n'est pas meilleure que l'une ou l'autre d'entre elles ;
qu'il y a une tendance légère à faire mieux à l'aide de la première
(méthode signaux lumineux) pour ceux qui apprennent lentement,
tandis que ceux qui apprennent vite obtiennent des résultats équival
ents avec les deux procédés. V.
957. — D. M. JOHNSON, C. RHOADES. — Measurement of a
Subjective aspect Of learning (Mesures d'un aspect subjectif de
V apprentissage). — J. of exp. Ps., XXVIII, 1941, p. 90-92.
L'apprentissage se manifeste non seulement sous des aspects
objectifs (diminution du temps de réaction, accroissement de la pré
cision), mais encore sous des aspects subjectifs (augmentation de la

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