Histoire. Biographies - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 273-280

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 273-280
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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3° Histoire. Biographies
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 273-280.
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3° Histoire. Biographies. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 273-280.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6422MOGRAPtIIES 273 HISTOIRE.
glossomorphie, le mensonge du tabu, l'euphémisme, le kakophé-
misme, le mensonge provenant de l'esthétique du langage : dans les
métaphore, hyperbole, tropologie). P. Aron étudie lès héros litté
raires, tels que Ulysse, Falstaff, Tartuffe, Hjalmar Ekdal, etc., et
leur appréciation par les auteurs des œuvres en question. Mme con
Behr-Brunetti s'occupe du mensonge et de son appréciation dans des
livres de mauvais genre et de basse qualité. (liest intéressant que
dans ces livres le mensonge est toujours et passionnément rejeté). Le
même sujet est abordé par R. Harms dans la production cinémato
graphique et l'auteur insiste sur la technique des films qui se prête
à une quantité d'images mensongères. F. Alverdes envisage « la trom
perie et le mensonge dans le règne animal », c'est-à-dire les, phénomènes
de la sympathèse, de la mimese, du mimikry, de la phobese etc.,
et démontre leur caractère protecteur ou agressif selon qu'ils protègent
le persécuteur ou le persécuté cpntre le danger d'être reconnu,
K. Reininger développe les idées de Ch. Bühler et Fr. Baumgarten
sur le mensonge de l'enfant et de l'adolescent, R. Thurnwald envi
sage dans une étude très documentée « le mensonge dans la culture
primitive », de nombreux cas de mensonges chez les peuples primitifs
et leur attitude envers lé mensonge qui dépend de l'état intellectuel,
social et technique du groupe social. Les études « le mensonge dans
l'histoire » par R. Lorenz, « le mensonge dans la politique, dans l'éc
onomie et dans la société » par P. Plaut donnent des tableaux très
sombres sur l'état de la véracité dans ces domaines. Us s'accordent
avec «le mensonge dans les profe sions », dans lequel Fr. Baumgarten
tâche de démontrer que chaque profession a un mensonge à elle. Le
mensonge de la foule et sa psychologie sociale est examiné par F.
Schneersohn. « Le mensonge pathologique », par K. Birnbaum achève
cette longue série d'articles sur ce thème immortel.
Le mensonge est donc envisagé sous tous ses aspects par des
auteurs, qui sont pour la plupart à la hauteur de leur tâche. Le
recueil présente un intérêt pour les psychologues, pédagogues et
sociologues, qui y trouveront beaucoup de suggestions et d'explica
tions des phénomènes de la vie sociale. Il est dommage que le pro
blème du mensonge envers soi-même n'y soit pas abordé.
F. B. T.
3° Histoire. Biographies
36. — J. JASTROW. — The reconstruction of psychology {La
reconstruction de la psychologie). — Ps. Rev., XXXIV, 3, 1927,
p. 169-195.
Pour le cinquantenaire de l'Université John Hopkins, J. a pro
noncé un discours où il décrit à grands traits les tendances de la
psychologie moderne. Les deux caractères principaux de cette science
à l'heure actuelle sont, selon lui, d'une part son caractère pratique et
de l'autre le fait qu'elle donne à la conduite, au comportement,
entendu au sens large, la place la plus importante dans la descrip
tion de l'activité mentale. J. condamne d'ailleurs les exagérations
l'année psychologique, xxviii. 18 274 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de Wat«on. La psychophysique, à la manière de Fechner est selon
lui, dépassée, parce que l'on se rend compte que l'organisme humain
réagit comme un tout et qu'on ne peut étudier à part une question
de détail séparée de l'ensemble ; par exemple, en ce qui concerne les
Sensations lumineuses, l'adaptation à la lumière et à l'obscurité
détermine lé comportement de l'appareil visuel. Tous les facteurs
influencent le ■ total de l'organisme, l'activité hu
maine est saturée de psychisme.
De même, les tests ne peuvent être utilisés d'une façon purement
mécanique, sans tenir compte de leur signification ; les facteurs
sentimentaux et émotionnels jouent un rôle très important dans
l'activité humaine et c'est le principal mérite de Freud que d'avoir
appelé l'attention sur ce point. D'une manière générale, la psychol
ogie appliquée doit rester subordonnée à la psychologie tout court,
il faut se rendre compte de ce que l'on mesure et rester capable de
voir si ce que l'on mesure est bien le phénomène important. L'homme
économique, par exemple, est une abstraction ; le seul homme réel
est l'homme psychologique.
J. montre aussi l'importance pour la conception de la vie mentale,
de l'étude de l'enfant, du primitif et de l'anormal. G. P.
37. — D. T. HOWARD. — The influence of evolutionary doctrine
on psychology (V influence de la doctrine évolutionniste sur la psy
chologie). — Ps. Rev., XXXIV, 4, 1927, p. 305-312.
Avant Darwin, selon l'auteur, la psychologie était conçue sur le
modèle des sciences physiques. Après lui, elle devient nettement
biologique. Envisagé du point'de vue fonctionnel, le processus mental
est une activité par laquelle l'organisme, réagissant aux excitations
extérieures, s'adapte à son milieu. La réponse adaptée, ou, plus
précisément, la préparation de cette est une activité de
l'organisme lui-même ; il n'y a plus de dualisme entre esprit et corps.
D'après H., une philosophie évolutionniste doit cesser d'établir
une distinction radicale entre les qualités primaires et les qualités
secondaires et de faire de ces dernières des phénomènes purement
mentaux. Du point de vue fonctionnel, les sensations, les perceptions,
les images ne sont pas en elles-mêmes mentales ; elles ne sont pas
«en nous», «intérieures»; elles ne sont pas parallèles aune série d'év
énements physiques qu'on supposerait exister en dehors de nous.
L'acte de la perception est un moyen de s'adapter à une situation.
Mais le monde auquel il faut s'adapter est le monde « tel qu'il est,
avec l'homme dedans » ; un monde de qualités primaires et secon
daires, un monde de sentiment et de mémoire. Il ne faut donc pas se
représenter l'homme, comme le font les behavioriste- •-, semblable
à un mécanisme. L'organisme est un système de parties agissant
d'une façon coordonnée ; dans cette conception, la finalité prend un
nouveau sens ; elle devient un fait concret, susceptible d'être observé
et décrit. Tel serait « l'organicisme », théorie à laquelle l'auteur
rattache Ward, Dewey, Kantor et l'école de la Gestalt. G. P. HrSTOIRE. BIOGRAPHIES 275
38. — H. CARR. — The interpretation of the animal mind {Comment
faut-il comprendre Vesprit de V animal ?) — Ps. Rev., XXXIV, 2,
1927, p. 87-106.
Dans ce discours ingénieux et spirituel, C. discute la thèse défendue
par Miss Washburn dans son ouvrage « Animal mind », où celle-ci
soutient la légitimité, pour la psychologie animale, de s'appuyer
sur le raisonnement par analogie et de l'aire usage des idées tradi
tionnelles de la psychologie humaine. C. reconnaît qu'au point de
vue strictement logique, une pareille inference est valable, car c'est
sur elle que s'appuie notre croyance à l'existence d'un esprit chez les
autres hommes. Mais nous ne possédons pas assez de données sûres
sur les conditions organiques de la conscience humaine pour pouvoir
en tirer des déductions relatives à l'esprit de l'animal. C. est donc
favorable à l'attitude behavioriste en ce qui concerne la psychol
ogie animale, tandis qu'il est opposé à cette doctrine en ce qui con
cerne la psychologie humaine, cette double attitude étant, selon lui,
parfaitement défendable. La question de savoir si l'animal a ou non
un esprit comme' le nôtre n'est pas susceptible, actuellement, d'une
solution scientifique, c'est-à-dire acceptable par l'universalité des
esprits. G. P.
39. — C. J. WARDEN. — The historical development of comparative
psychology (Le développement historique de la psychologie comparée).
— Ps. Rev., XXXIV, 1 et 2, 1927, p. 57-85 et 135-168.
Cette courte histoire de la psychologie comparée est accompagnée
d'une bibliographie sommaire. Il y a quelques lacunes, W. est très
injuste pour Lamarck, dont il ne cite guère que la fameuse anecdote
sur la girafe. Il ignore complètement Cabanis, dont les études sur le
physique et le moral de l'homme ont pourtant eu tant de lecteurs,
et A. Comte dont l'œuvre a exercé une si grande influence. Il ne fait
non plus aucune mention de Gall et de. la phrénologie qui a suscité
pourtant tant de recherches expérimentales. G. P.
40. — C. J. WARDEN et L. H. WARNER. — The development of
animal psychology in the United States during the past three
decades (Le développement de la psychologie animale aux Etats-Unis
durant les trente dernières années). — Ps. Rev., XXXIV, 3, 1927,
p. 196-205.
Résultats d'une enquête faite dans les Universités américaines.
C'est Clark et Harvard qui ont ouvert les premiers laboratoires
organisés en vue de l'étude de la psychologie animale (en 1899) ;
Chicago suivit leur exemple en 1903. Les premiers cours sur cette
matière furent donnés à Clark et à Chicago en 1899, puis à Harvard
en 1902. Les auteurs donnent des renseignements sur 39 Universités
ou Collèges où cet enseignement existe (dans 14, depuis la guerre).
Il y a 22 laboratoires, dont 9 fondés depuis la guerre. Les heures de
cours varient de 36 à 72, les heures de travaux pratiques, de 18 à
108. Les centres les plus actifs paraissent être ceux de Californie
(Tolman), de Clark (Sanford), de Columbia (Warden), de l' Illinois
(Bentley), du Minnesota (Peterson et Lashley) de Chicago (Watson),
du Wisconsin (Warden), et enfin celui de Harvard (Yerkes). Le 276 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nombre total des étudiants est de 500 environ. Encore ces renseigne
ments sont-ils incomplets, un certain nombre de réponses manquant.
On voit quelle est l'intensité de l'effort déployé par les Universités
américaines dans cette branche si importante de la psychologie.
G. P.
41. — L. CARMICHAEL. — Robert Whytt : A contribution to the
history of physiological psychology {Robert Whytt, à
l'histoire de la psychophysiologie). — Ps. Rev., XXXIV, 4, 1927,
p. 287-304.
Robert Whytt (prononcer White), après ses études faites en Ecosse,
en Angleterre et en France (il fut reçu Docteur en Médecine à Reims)
revint dans son pays natal. Il fut nommé en 1747 Professeur de Médec
ine à Edimbourg et y enseigna jusqu'à sa mort, en 1766. Il a dé
montré d'une façon expérimentale le rôle essentiel du système ner
veux central pour la production du réflexe. Il a prouvé aussi qu'il
suffisait de conserver un seul segment de la moelle pour obtenir
le réflexe. Il donnait du reste de ces faits une interprétation vita-
liste basée sur la théorie de la sympathie. Il a dé*crit le premier le
réflexe pupillaire qui, porte son nom. Il a montré que la sécrétion
glandulaire était assimilable à un réflexe II a aussi décrit des faits
de synesthésie, des cas de phobie, etc. C'est un précurseur de la psy
chologie moderne. G. P.
42. — Ch. BLONDEL. — La psychologie selon Comte, Durkheim et
Tarde. — J. dePs., XXIV, 5-7, 1927, p. 381-399,493-519, 591-609.
Ce travail extrait d'un ouvrage, Introduction à la psychologie collec
tive, en cours d'impression, vise à retrouver chez des penseurs aussi
qualifiés que Comte, Durkheim et Tarde des opinions voisines des
propres conceptions psychologiques de l'auteur.
Comte ne fait pas de place à la psychologie dans la hiérarchie des
sciences du Cours de philosophie positive ; mais, à partir du tome II
de la Politique positive (1852), il considère comme nécessaire la cons
titution d'une septième et dernière science, l'anthropologie ou mor
ale. La psychologie qu'il rejette est celle de Cousin, qui contredit
les exigences du savoir positif par son caractère métaphysique et
sa méthode introspective. Les phénomènes psychiques, la vie ment
ale relèvent de deux branches de la physiologie, la physiologie
animale et la physiologie cérébrale. Mais cette dernière comprend
deux partie«, l'une anatomique, l'autre physiologique, et. celle-ci,
indispensable pour la précédente, a besoin de la sociologie. La
physiologie cérébrale réalise donc le passage entre la synthèse
objective, objet du Cours de philosophie positive, et la
subjective qui, à partir du Système de politique positive, domine
les préoccupations de Comte.
La physiologie cérébrale, fondée sur la sociologie, ne peut nous faire
connaître que l'homme en général, non les individus, et la person
nalité de ceux-ci est due à leur constitution anatomo-physiologique,
notamment à l'action des viscères sur l'affectivité. L'étude des
réactions viscéro-cérébrales de l'individu forme l'objet de la sep
tième science qui, étant la plus complexe et la plus subordonnée,
doit venir à la dernière place dans la hiérarchie des sciences, BIOGRAPHIES 272 HISTOIRE.
En résumé, si Comte a prononcé contre la psychologie une exclu
sion de principe, il n'a pas laissé de côté les problèmes psycholo
giques ; mais il les a répartis en trois études indépendantes par leur
objet et leur méthode, une branche psychophysiologique, une branche
sociologique, une branche individuelle, qu'il a appelée morale et qui
répond assez à notre éthologie ou psychologie différentielle.
L'opposition, non seulement de doctrines, mais encore d'esprit
et de tempérament, entre Tarde et Durkheim rend spécialement
intéressant leur accord pour considérer la psychologie générale
comme une partie de la psychologie collective et pour faire passer
celle-ci avant la psychologie individuelle. Selon Durkheim, les faits
sociaux, objet de la sociologie, sont des choses, et par suite peuvent
et doivent être étudiés objectivement, mais des choses d'un carac
tère sui generis, des choses mentales, des représentations. Il existe
donc des états mentaux qui ne sont pas individuels et qui, bien que
mentaux, doivent être considérés comme des choses. De là l'att
itude de Durkheim à l'égard de la psychologie ; d'une part il lui
emprunte des arguments en faveur de ses thèses essentielles, de
l'autre il vise à subordonner à la sociologie une partie considérable
de la psychologie. L'histoire de la psychologie justifie la prétention
de la sociologie à l'objectivité qui, dans les sciences morales comme
dans les sciences physiques, est la condition nécessaire de toute
connaissance positive. De même que la vie psychique est irréductible
à la vie physiologique {critique du parallélisme psychophysique, où
Durkheim rejoint Bergson), la vie sociale est irréductible à la vie
psychique. Les représentations collectives sont indépendantes des
représentations individuelles ; par contre, bon nombre des repré
sentations ne sont que le retentissement des représen
tations collectives au sein des consciences. La vie psychique, loin
d'être la cause de la vie sociale, en est l'effet. L'application la plus
caractéristique de cette conception est la théorie d'après laquelle
les concepts, les catégories, la raison découlent de la société par
l'intermédiaire de la religion. La dualité de la nature humaine corres
pond à la distinction entre le physiologique et le social. La psychol
ogie doit donc se dédoubler en psycho -physiologie et psycho-sociol
ogie, mais cette dernière est commandée par la sociologie. Ainsi
chez Durkheim comme chez Comte Ja sociologie constitue l'étape
nécessaire entre la psychophysiologie et la psychologie individuelle.
Tandis que Durkheim subordonne le psychique au social, Tarde
considère l'individu comme la seule réalité ; les manifestations so
ciales ne sont que des abstractions. La vie sociale est faite d'inven
tions et d'imitations. L'invention, bien que susceptible d'incalcu
lables conséquences sociales, est un phénomène individuel. L'imi
tation, si elle est le fait social élémentaire, est individuelle en ses
origines. Contrairement à Durkheim, Tarde préconise en sociologie
la méthode introspective empruntée à la psychologie. Mais si le déve
loppement historique s'est produit de l'individuel au collectif, l'ordre
de la connaissance doit être inverse de l'ordre génétique, et la psy
chologie individuelle ne doit venir qu'après l'interpsychologie. A
côté des fonctions mentales et des catégories proprement indivi
duelles, il y a des fonctions mentales et des catégories sociales, dis- ■
278 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tinctes et indépendantes des précédentes. Les catégories sont de
nature sociale. L'action de la société sur les tendances individuelles
s'exerce partout et tient la première place. Si la vie sociale est
impossible sans une vie psychophysiologique antécédente, il n'est
pas davantage de personnalité et d'individualité civilisée sans vie
sociale. La psychologie individuelle, pour Tarde comme pour Comte
et Durkheim, doit être précédée par la psychologie collective.
G.-H. L.
43. — G. SIEGEL. — Die Bilder und Gleichnisse bei Schopenhauer
[Les images et métaphores chez Schopenhauer). — Z. f. ang.Ps., XXIX,
1-2, 1927, p. 41-73.
Les images jouent un rôle important dans l'œuvre philosophique
de Schopenhauer ; elles ne sont pas un simple procédé de rhétorique ;
c'est dans les passages les plus importants qu'elles sont les plus fr
équentes ; parfois, il y en a toute une série qui s'accumule à la suite
d'une pensée importante. Il suffit de les aligner pour obtenir en
quelque sorte un résumé très concis de toute l'œuvre philosophique
du maître.
Siegel a patiemment dénombré celles qui se rencontrent dans le
premier tome du « Monde comme volonté et représentation » ; il en a
trouvé 805, dont 40 seulement sont des métaphores banales, apparte
nant au langage courant ; les autres sont originales ou bien em
ployées dans un sens différent de celui qu'on leur attribue d'habi
tude.
Le nombre d'images par page croît d'un livre à l'autre ; il est dans
les quatre livres : de 1,19 — 1,57 — 1,85 — 1, 96.
S. classe les images suivant l'intention qui préside à leur emploi
en 4 groupes : les unes rendent concrète, accessible à l'intuition une
pensée abstraite ; d'autres l'expliquent (ces groupes, avoue S., sont
difficiles à distinguer) ; d'autres encore cherchent à produire sur le
lecteur quelque impression caractéristique (du ridicule, par exemple,
comme la fameuse comparaison de la géométrie d'Euclide avec des
béquilles pour jambes saines) ; enfin, les images poétiques ont une
réelle valeur artistique ou bien ne sont employées que dans un but
de rhétorique. Le nombre d'images de chaque catégorie est : 439 —
61 — 206 — 99 ; ainsi plus de la moitié semblent être d'une utilité
directe pour la démonstration.
Quant à la nature de ces figures, la plupart sont des expressions
magées ou des métaphores. En laissant de côté les considérations
sur leur structure formelle dans la phrase, relevons la richesse de
l'inspiration qui les régit : elles sont empruntées à la géométrie, la
mécanique, la physique, la chimie, la technologie, l'économie poli
tique, le droit, la vie courante, la médecine, la biologie, la psycholog
ie, la philosophie, les arts, la mythologie, etc.. D. W.
44. — W. WIRTH. — Emil Kraepelin zum Gedächtnis ! (A la mémoire
d'Emile Kraepelin). — A. î.ges.Ps., LVIII, 3-4, 1927, p. I-XXXII.
Signalons cet article dans lequel Wirth retrace ia vie si féconde du
regretté psychiatre en insistant particulièrement sur la contribu
tion qu'il a apportée à la psychologie expérimentale : étude de la BIOGRAPHIES 279 HISTOIRE.
courbe du travail, de ses composants et des facteurs qui Pin-
fluencent : fatigue, exercice, toxiques. Une liste bibliographique des
publications de Kraepelin classées par ordre alphabétique complète
cet aperçu. D. W.
45. — G. HALBERSTADT. — L'œuvre psychiatrique de Kraepelin.
— An. Méd. ps., LXXXV, Avril 1927, p. 336-366.
La mort de Kraepeîin donne occasion à l'A. de rappeler la grandeur
de son œuvre dans tous les domaines de la psychiatrie, en particul
ier le dessein qu'il a eu constamment de substituer à la simple des
cription de symptômes et de syndromes, la délimitation de grandes
unités, qui seraient caractérisées par la similitude de l'évolution
et de la terminaison. Parmi les conceptions qui semblent les plus
fécondes l'A. cite la démence précoce et ses 9 formes différentes ;
les états mixtes de la psychose maniaco-dépressive ; les psychoses
préséniles, dont les formes classiques sont la psychose d'Alzheimer
et le délire de préjudice; 5 autres formes sont de délimitation encore
incertaine et doivent prêter à des recherches qui serviront entre autres
à une analyse plus précise des états anxieux et mélancoliques.
H. W.
46. — BŒNI. — Le centenaire de Pestalozzi. — Bull. Soc. Péd., 23,
1927, p. 740-759.
On a beaucoup reparlé, à l'occasion du centenaire de sa naissance,
de l'œuvre du grand éducateur zurichois. Tous ceux qui s'y inté
ressent liront avec intérêt et profit la conférence de B. où à côté
d'une bibliographie assez étendue, et d'une biographie très détaillée,
ils trouveront un résumé très complet et pénétrant de ses idées direc
trices en pédagogie, exposé dont l'enthousiasme n'exclut ni l'éru
dition ni le sens critique. M. F.
47. — K. ZELLER. — Zur Wesensart Pestalozzis {Sur la nature de
Pestalozzi). — Z. für päd. Ps.; XXVIII, 2, 1927, p. 65-74.
Le trait essentiel qui caractérise la personnalité de Pestalozzi
serait la réunion de qualités qui peuvent paraître contradictoires :
une très grande spontanéité, un tact très sûr pour juger d'après un
ensemble, un romantisme idéologique se combinent chez lui avec la
foi dans l'ordre, dans la valeur des exercices formels, dans la valeur-
morale des attitudes et des gestes du corps. D. W.
48. — FRANK ABAUZIT et CHARLES BAUDOUIN. — Emile Coué,
sa méthode, son esprit, son influence (avec de nombreux collabo
rateurs). — In-16 de 188 p. Paris, Alcan, 1928. Prix : 12 francs.
Ce recueil d'études très variées relatives au célèbre pharmacien
de Nancy, publié sous les auspices de 1' « Institut international de
Psychologie et de Psychothérapie » qui révèle par là son existence,
est destiné à une sorte d'apologétique du remarquable praticien de
la suggestion, présentée sous le couvert d'une théorie singulièrement
faible de 1' « autosuggestion ». En fait, bien des jugements sont extr
êmement sévères, malgré les fleurs. Il se dégage de ces pages d'hommes
dont beaucoup ont fréquenté Emile Coué cette impression très nette 280 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
que Coué était un homme de bien ; « il a été, dit Pierre Janet, l'un
des apôtres de cette thérapeutique par l'excitation des forces de
l'esprit qui n'est pas encore comprise ». « Assurément, tous les jours
et à tous points de vue, dit spirituellement Claparède, Emile
Coué a été un brave, un très brave homme ». « Coué, écrit Charles
Odier, de Genève, se révèle un humanitaire dont la bonté ne le cède
qu'au désintéressement », mais « dont la personnalité, il faut le recon
naître, fut très supérieure à la méthode ».
Il était en harmonie avec les simples, dit Bovet, il était même
borné, dit Besse ; sa patience inlassable n'avait d'égale que son indif
férence aux raisonnements. Il avait sans doute raison de croire,
remarque Ferrière. « J'ai toujours vu, conclut-il, qu'il est plus facile
d'arriver au bonheur avec un esprit simple, voire un brin simpliste
qu'avec un intellect trop compliqué. Heureux les simples 1 Emile
Coué, avec sa bonne figure roublarde de saint laïque, devait être un
de ces heureux ». H. P.
49. — H.W. ZIEGLER. — Friedrich Schlegels Jugendentwicklung (Ty
pische Persönlichkeit? Entwicklungen herausgegeben von 0. Kroh. )
(L'évolution de Friedrich Schlegel pendant les années d'adolescence,
in : Etudes du développement des personnalités typiques, publiées sous
la direction de O. Kroh). — A. f. ges. Ps., LX, 1-2, 1927, p. 1-128.
Dans cette évocation, nécessairement et consciemment subject
ive, Schlegel apparaît comme le type d'un « problématicien », d'un
homme qui « pense avec son cœur », qui, emporté par un désir inas
souvi de vérité et de connaissance profonde, se débat en efforts sté
riles pour résoudre les questions fondamentales de la vie.
L'auteur voit là un type assez répandu dans la jeunesse allemande
contemporaine. En adoptant le' point de vue de Spranger il y voit
essentiellement le résultat de l'interférence entre les deux structures
de valeur entre lesquelles oscille la personnalité de Schlegel : la struc
ture théorique et la structure esthétique. D. W.
4° Méthodologie et Critique
50. — J. J. VAN BIERVLIET. — La psychologie d'aujourd'hui. —
In-16 de 153 p. Paris, Alcan, 1927. Prix : 15 francs.
Dans ce petit volume, l'auteur, dont on connaît l'œuvre expéri
mentale, poursuivie au laboratoire de l'Université de Gand, a réuni
ses articles généraux du Journal de Psychologie sur les méthodes
psychologiques (introspection, enquête, tests, observation et expé
rimentation). Une première partie est relative à quelques notions de
psychologie générale, traitant du clavier « sensoriel », de l'imaginat
ion, de l'attention, des images-souvenirs, de l'intelligence. L'auteur
y fait preuve de ses qualités connues de clarté et de bon sens,
appuyées d'une grande expérience personnelle. Mais il est resté
attaché à ses conceptions d'autrefois, et l'on a l'impression, en le
lisant, beaucoup plus de la psychologie d'hier que de celle d'aujour
d'hui. H. P,

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