Histoire et Biographies - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 291-304

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 291-304
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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3° Histoire et Biographies
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 291-304.
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3° Histoire et Biographies. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 291-304.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30016BIOGRAPHIES 291 HISTOIRE.
cède l'apparition de l'image mentale aurait son pendant dans le délai
de production de l'étincelle, ces intervalles ayant dans les deux cas
une allure capricieuse, l'intensité minimum de l'effort mental néces
saire pour résoudre une question, aurait pour équivalent le potentiel
juste compatible avec l'éclat de la lampe. Enfin la sagacité serait
représentée... par l'ionisation de l'espace interpolaire ou par les
rayons y.
On comprendra que l'analogie en question ne puisse être que très
lointaine. Au mieux aller, elle pourrait convenir aux processus qui
se jouent au niveau des synapses et qui sont d'ailleurs très mal con
nus. Quant à son extension aux phénomènes de conscience, elle ferait
bonne figure dans les romans scientifiques. P. K.
3° Histoire et Biographies
48. — A History of Psychology in Autobiography. I. — In-8 de
516 pages. Worcester, Clark University Press, 1930. Prix, relié :
5 dollars.
Carl Murchison a un étonnant talent de manager, et, suscitant
toutes les collaborations, tous les concours dont il a besoin, il est
devenu le plus grand éditeur psychologique dans le monde.
La collection qu'il a conçue et dont voici le premier volume fournit
à l'histoire de la psychologie des documents vécus de premier ordre,
et fournit aussi à la différentielle des documents humains
avec cette psychologie des* psychologues, dont on peut toutefois se
demander, si, justement parce qu'il s'agit de psychologues, elle peut
être parfaitement sincère comme celle de certains littérateurs, ou de
ces anonymes dont le prurit exhibitionniste exigé qu'ils étalent les
dessous de leur vie.
Quoi qu'il en soit, on ne saurait trop souligner l'intérêt de cet ou
vrage où, très inégalement, exposent l'histoire de leur vie et de leur
pensée, la première équipe des collaborateurs qui ont répondu à l'appel
de Murchison : J. M. Baldwin, la regrettée M. W. Calkins, Ed. Cla-
parède, R. Dodge, Pierre Janet, J. Jastrow, F. Kiesow, W. Me Dougall,
C. E. Seashore, C. Spearman, W. Stern, C. Stumpf, H. C. Warren,
Th. Ziehen, et le physiologiste si proche de la psychologie, qui vient de
disparaître, tl. Zwaardemaker.
Une galerie de portraits, nous donnant, à des âges assez différents
d'ailleurs, la physionomie des autobiographes, complète bien heureu
sement ce texte, et il est certain que tous les psychologues tiendront
à avoir dans leur bibliothèque une telle collection leur permettant de
se familiariser avec les maîtres contemporains de discipline.
H. P.
1. Voir aussi les nos 507 à 510, 591, 1367. 292 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
49. — DANIEL ESSERTIER. — Philosophes et Savants français
dû XXe siècle. V. La Sociologie. — Pet. in-8 de 450 pages. Paris,
Alcan, 1930. Prix : 30 francs.
Après avoir consacré à la Psychologie le volume précédent de ce
recueil d'extraits et de notices, E., qui a consacré son effort aux rela
tions de la Psychologie et de la Sociologie, devait envisager cette
deuxième discipline qui a revendiqué, nous dit-il dans son avant-
propos, les vastes domaines laissés à l'abandon par la psychologie.
Aussi un lien étroit relie-t-il les deux volumes qui comprennent un
certain nombre de figures communes.
Très large et très compréhensif, tout en laissant de côté les applica
tions politiques et sociales, ce recueil présenté par E. se divise en
quelques grandes rubriques : Les premiers essais de sociologie objec
tive, ou réaction contre l'individualisme (Espinas, A. Coste et Izoulet);
la théorie des représentations collectives et le groupe de Y Année Socio
logique (Durkheim, Lévy-Bruhl, Bougie, Mauss, Habert, Fauconnet,
Halbwachs, Davy) ; la théorie des actions intermentales (Tarde,
René Worms, G. Richard, R. Allier, René Maunier) ; l'école de la
science sociale (Demolins, P. Bureau) ; les psychologues aux confins de
la sociologie (Delacroix, Dumas, Blondel, Wallon) ; enfin les spécia
listes des sciences sociales, linguistique (Meillet, F. Brunet, Vendryès),
géographie (Febvre, Cholley), histoire (P. Lacombe, H. Berr,
M. Granet), droit (Léon Duguit, Haurion, Lévy, Huvelin), économie
(F. Simiand).
Peut-être aurait-on pu concevoir autrement le classement, et éviter
certains rapprochements, comme celui de Delacroix et de Blondel,
qui représentent des points de vue assez différents, ou encore de
Lévy-Bruhl et de Durkheim ou d'Espinas et Izoulet.
Mais l'ouvrage apporte un tableau très vivant des grands courants
de la pensée sociologique française. H. P.
50. — X. — Les Maîtres de la Psychologie. — Ps. et Vie, IV, Nos 1 à
12,1930.
Comme les années précédentes, la Psychologie et la Vie donne en
son quatrième tome des notices biographiques et bibliographiques sur
une série de Psychologues et de personnalités dont l'œuvre touche à
cette science. On trouvera ainsi des études sur Paul Valéry, E. Jaensch
J. Piaget, Ch. Blondel, L. Brunschvicg, D. Roustan, E. Seillière,
J. M. Lahy, J. Dewey, A. Meillet, et E. Meyerson.
Je ne sais pendant combien d'années la Psychologie et la Vie
continuera ainsi à trouver des « maîtres » de la Psychologie, si elle
se limite aux contemporains comme elle l'a fait jusqu'à présent. J'ai
l'impression que dès ce volume, commence à se faire jour une cer
taine tendance à dénommer psychologie ce qui ressortit plutôt au
domaine de la métaphysique. Ce qui ne veut pas dire que des
métaphysiciens comme E. Meyerson ne méritent qu'une étude rapide,
qui les fasse connaître aux psychologues. M. F.
51. — D. SHAKOW. — Hermann Ebbinghaus. — Am. J. of Ps.,
XLII, 4, 1930, p. 505-518.
Exposé historique de la vie et des travaux d'Ebbinghaus, accompa- HISTOIRE. BIOGRAPHIES 293
gné d'une bibliographie complète des œuvres de l'auteur et de leurs
traductions et rééditions.
Né en 1850, fils de commerçants, E. reçut une bonne instruction
secondaire. Il aborda la carrière universitaire comme professeur en
1875. Après ses débuts à Berlin, il occupa successivement les chaires
de Breslau et de Halle. Il est mort en 1909. En dépit d'un caractère
affable et d'une forte et attrayante personnalité, il a fait peu de dis
ciples. Parmi ceux-ci se trouvent des noms tels que Wreschner, L.
W. Stern, O. Lipmann.
Parmi ses contributions personnelles à la psychologie, ne rappelons
que les plus originales : Ueber das Gedächtnis , œuvre universell
ement connue, où il a montré, avec succès comment les méthodes scien
tifiques pouvaient être appliquées au traitement des problèmes psy
chologiques ; les Grundzüge der Psychologie, remarquables par
l'exposé bref et précis des doctrines psychologiques ; la méthode dite
de combinaison, procédé rapide et nouveau pour déceler les différences
individuelles d'ordre mental. Enfin, en tant que créateur et directeur
de la « Zeitschrift für Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane »
E. a largement contribué à la diffusion et à l'avancement de la psy
chologie expérimentale. A. B.-F.
52. — F. L. BERTRAND. — Alfred Binet et son œuvre. — In-8 de
335 pages. Paris, Alcan, 1930. Prix : 30 francs.
Dans ce livre, complété par une bibliographie des œuvres de Binet
et un portrait hors texte du maître regretté, l'auteur relate tout
d'abord la vie de ce dernier, examine ses méthodes, tâche de faire
le bilan de ses apports, et éducateur lui-même, consacre son dernier
chapitre à l'éducateur.
Ayant écrit une préface, je ne puis mieux faire que de reproduire
quelques extraits de celle-ci :
« M. F. L. Bertrand, pédagogue ardent et énergique, s'est montré
un animateur, qui a su intéresser utilement tout un groupe d'institu
teurs à la pédagogie expérimentale et à la recherche psychologique.
Soucieux de faire passer dans la pratique de la vie scolaire les résul
tats de la science, de faire bénéficier les méthodes éducatives du pro
grès de nos connaissances relatives au développement physique et
mental, il s'est épris de cet initiateur, qu'on ne saurait trop regretter,
Alfred Binet. Il a voulu le bien connaître, il s'est attaché à son œuvre
qu'il a lue, relue et méditée. Non content de suivre sa pensée dans les
œuvres maîtresses, il l'a dépistée jusque dans nombre des remar
quables compte-rendus critiques de Y Année Psychologique, si sou
vent révélateurs, en effet, de tendances et d'opinions qui ne firent
jamais l'objet d'exposés didactiques. Et, après plusieurs années d'un
travail assidu, après s'être consciencieusement documenté, M. Ber
trand a entrepris cette tâche difficile et ingrate d'écrire sur Binet un
livre, dans lequel il exposerait l'œuvre en détail, ferait connaître la
personne, retracerait, en même temps que la vie du maître l'évolution
de sa pensée, rendant ainsi un hommage mérite à celui dont l'i
nfluence apparaît aujourd'hui si grande... Il a poursuivi cet exposé
avec enthousiasme, les yeux fixés sur son modèle, dont il ne se dé
tourne guère, avide d'en donner une image fidèle, plein de cette sym- 294 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pathie, de cette « Einfühlung » qui l'amène a souffrir un peu lorsqu'il
ne se trouve pas, sur quelque point, en accord avec les opinions doc
trinales qu'il expose, ou la terminologie qu'il relate, mais à se réjouir
en revanche quand il trouve, dans son expérience personnelle, une
occasion de confirmer quelque théorie, de vérifier quelque fait.
« Le livre de M. Bertrand donnera certainement le désir de mieux
connaître encore Alfred Binet et de se reporter à ses fines études ;
c'est là son principal but, et ce ne sera sans doute pas son moindre
mérite ». H. P.
53. — V. JAKKÉLÉVITCH. — Bergson. — ln-8 de 300 pages.
Paris, Alcan, 1931 . Prix : 45 francs.
L'auteur, un ancien normalien, jeune agrégé de philosophie, après
avoir publié dans la Reçue de Métaphysique de 1928 des « Prolégo
mènes au bergsonisme », a tenté de donner, dans cette collection
des « Grands Philosophes » un exposé et une interprétation d'une
philosophie avec laquelle il a contracté des liens étroits et qui lui est
devenue familière.
Le fait primitif lui paraît être la notion de l'organisme dans sa
totalité, et c'est à cette notion qu'est consacré le premier chapitre ;
puis, ayant la chance, dit-il, que l'ordre chronologique des œuvres
corresponde à l'ordre des problèmes, il envisage la question de la
liberté en s'appuyant principalement sur Y Essai, celle de l'âme et du
corps, d'après Matière et Mémoire, la Vie d'après Y Evolution créatrice,
concluant, dans un dernier chapitre, sur le néant des concepts et le
Plein de l'esprit.
L'auteur a-t-il réussi à rendre la pensée du grand philosophe ?
Le témoignage de ce dernier est à cet égard des plus flatteurs, car il lui a
écrit les lignes suivantes :
« Votre exposé n'est pas seulement exact et précis ; il n'a pas seul
ement été précédé d'une étude si complète et si prolongée des textes
que les citations semblent venir, d'elles-mêmes, répondre à l'appel
des idées ; il témoigne encore et surtout d'un remarquable approfon
dissement de la doctrine et d'une sympathie intellectuelle qui vous
fait retrouver des intermédiaires par lesquels j'ai passé, des chemins
que j'ai suivis, parfois des termes dont je me serais servi si j'avais
exposé ce qui est resté sous-entendu ».
Même en tenant compte de la grande indulgence du maître, on
peut penser que le disciple n'a pas trahi sa pensée. H. P.
54, — R. HEY. — Francis Galtpns Untersuchungen über das bi
ldhafte Vorstellen {Recherches de Francis Galton sur les images ment
ales). — A. f. ges. Ps., LXXVI, 3-4, 1930, p. 353-386.
Les belles recherches que Galton a poursuivies il y a une cinquan
taine d'années environ dans le domaine de la psychologie indivi
duelle n'ont rien perdu de leur intérêt. En particulier, ses études sur
les images mentales ont mis en lumière des faits que l'école de Mar
burg n'a fait que préciser et approfondir par les recherches sur les
phénomènes eidétiques.
C'eßt pour cette raison, surtout que J'auteur s'attache à rappeler HISTOIRE. BIOGRAPHIES 295
dans une esquisse biographique et historique, les principaux travaux
de Galton, en particulier ses enquêtes sur les images mentales.
D.W.
55. — LYDIARD H. HORTON. — Prince's «neurogram» concept,
its historical position (Le concept du neurogramme de Morton
Prince, sa position historique). — Bio-Psychology (Bulletin of the
Cartesian Research) n° 2, 1926, republié en 1930, p. 1-33.
La « Cartesian Society » a publié à nouveau ce curieux bulletin
consacré à ce que l'on sait des systèmes cérébraux (What is known
about brain patterns) pour montrer « l'intérêt scientifique croissant
de l'œuvre de feu Morton Prince et pour signaler ses contributions
au développement historique de la psychologie biologique ».
De fait, dans son intéressante étude, d'expression originale, qui
avait été déjà publiée dans le volume paru en 1925 sous le titre « Pro
blems of Personality » par les soins de Macfie Campbell, Langfeld,
Me Dougall, Roback et Taylor, en l'honneur de Morton Prince,
« pioneer in american psychopathology », L. H. situe dans le mouve
ment historique et contemprain les vues de Morton Prince, dont il cite
une série de passages bien caractéristiques de ses conceptions rao-
nistes profondes, ramenant l'inconscient aux processus nerveux,
au jeu de « neurodynamic patterns ». H. P.
56. — H. EYRICH. — E. T. A. Hoffmann: Jugend und Entwik-
lungszeit (E. Th. A. Hoffmann : jeunesse et période de dévelop
pement). — Z. für g. N., CXXVII, 1930, p. 498-524.
La personnalité du poète du romantisme a toujours attiré l'atten
tion des pathographes. L'auteur de cet article nous trace la vie de
Hoffmann depuis ga naissance jusqu'à l'âge de 24 ans, époque où il
s'est « stabilisé ». Il est issu de deux familles apparentées d'intellec*
tuels, fortement douées au point de vue musical et poétique, mais
où les caractères psychopath iques abondent : schizoides, hystériques,
abouliques, hypersensibles, etc. L'enfant a hérité l'excentricité, l'ins
tabilité du père, l'hypersensibilité, l'aboulie, les tendances hysté
riques de la mère. Mais il a également hérité d'elle son sens de l'ordre.
Sa jeunesse est pleine de tourments, de rancunes et de protestations
contre sa famille. Il n'a un moment de calme qu'en se mariant avec
Dora Hatt, son aînée de 10 ans. Mais très tôt ses tendances contra
dictoires l'entraînent à une vie affective désordonnée et à des explo
sions de plus en plus violentes. Cette période de sa vie se termine par
une fugue et un divorce. Ce n'est qu'à l'âge de 24 ans, après avoir
rencontré et épousé sa cousine Minna, qu'il se stabilise. Il s'établit
à Posen après avoir été nommé secrétaire de la régence. J. A.
57. — E. LEVINAS. — La théorie de l'intuition dans la phéno
ménologie de Husserl. — ln-8 de 224 pages. Paris, Alcan, 1930.
" Prix : 30 francs.
Les conceptions phénoménologiques qui ont exercé en Allemagne
une puissante influence philosophique, mais sont peu connues en
France, dérivent des travaux de Husserl, qui a élaboré sa doctrine 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à partir des premières années du siècle. Etudiant, à l'instigation de son
maître Pradines, le point de vue intuitif dans la philosophie de
Husserl, L. a été conduit à donner tout d'abord, de cette dernière,
un exposé général.
Pour la phénoménologie, il n'y a qu'un absolu, c'est la vie con
sciente concrète, mais non au sens de l'idéalisme de Berkeley, en
tant que cette vie consciente est conçue en présence d'un être trans
cendant, phénomène premier qui rend possibles le sujet et l'objet
de la philosophie traditionnelle, arbitrairement séparés.
Cette métaphysique s'oppose à ce que l'on confonde la philosophie
avec une psychologie naturaliste, et Husserl a fortement combattu
le psychologisme qui l'avait d'abord séduit.
La n'étudie l'homme que comme un être naturel,
ayant un corps, dépendant du monde avec ses enchaînements de
causalité. Mais si la conscience psychologique participe à l'existence
du monde, elle peut se transcender, devenir conscience pure, remonter
au moi pur.
La conscience phénoménologique est première et concrète, et c'est
en elle que se constitue la conscience psychologique comme tous les
autres objets.
La psychologie n'est pas et ne peut être philosophie et ne se con
fond pas avec la phénoménologie, car elle comporte nécessairement
une croyance à l'existence du monde, elle se borne à ce qu'elle croit
têtre une région limitée de l'existence, située dans la nature, au lieu
de remonter à la source absolue de l'être ; elle s'adresse à une con
science naturalisée.
De l'utile exposé de Levinas, il ressort que dans l'esprit même de
Husserl la psychologie n'a pas à se préoccuper de la phénoménologie,
comme la science, peut-on penser, n'a pas à se soucier des métaphys
iques, mais, pour Husserl, la philosophie, la phénoménologie serait
elle-même une science, la science supérieure ! H. P.
58. — OSKAR KRAUS. — Zur Phänomenognosie des Zeitbewuss
tseins. Aus dem Briefwechsel Franz Brentanos mit Anton Marty,
nebst einem Vorlesungsbruchstück über Zeitlehre aus
dem Jahre 1895, nebst Einleitung und Anmerkungen veröffentlicht
(Sur la phénoménognosie de la conscience du temps. Extraits des
lettres échangées par Franz Brentano et Anton Marty , et d'une confé
rence sur la notion de temps d'après Brentano en 1895, publiés avec
une introduction et des commentaires). — A. f. ges. Ps., LXXV
1930, p. 1-22.
K. repproche à E. Husserl d'avoir discuté dans ses « Vorlesungen
zur Phänomenologie des inneren Zeitbewusstseins » récemment pu
bliées, une conception de Brentano sur la notion de temps, que ce
dernier avait abandonnée.
En publiant les lettres de et de Marty à ce sujet et un
extrait de conférence de Marty, K. montre que pour Brentano la
différence entre le présent et le passé n'est pas une différence^ de
contenu (Inhalt) de la perception, mais uniquement une différence
de l'acte perceptif, différence de la représentation. B. N. HISTOIRE. BIOGRAPHIES 297
59. — E. MEYER. — Wertphilosophische Voraussetzungen in
Fröbels Menschenerziehung (Les prémisses de philosophie morale
dans la pédagogie de Frôbel). — Z. für päd. Ps., XXXI, 10, 1930,
p. 433-443.
L'attitude de Fröbel est caractérisée par M. comme une protesta
tion contre les théories utilitaires de son époque, qu'il s'agisse d'uti
litarisme matérialiste ou métaphysique. Pour F. il n'y aurait pas de
dualité entre la nature et l'idéal. Les valeurs morales ne sont pas
étrangères à la : elles lui sont, en quelque sorte, immanentes.
Toute erreur n'est qu'une qualité déformée et mal comprise, et, pour
détruire le mauvais, il suffit simplement de dégager le bon côté d'un
être humain. D. W.
60. — ELSE WENTSCHER. — John Stuart Mills Stellung zur
Religion (V attitude envers la religion de J. S. Mill). — A. f- ges.
Ps., LXXVII, 1930, p. 48-66.
Une analyse objective de l'attitude, vis-à-vis de la religion, de
John Stuart Mill, d'après les ouvrages littéraires de. ce dernier —
lettre à A. Comte, « on religion », etc.
Il ressort de cette analyse, que J, S. M. n'appartenait à aucune
religion officielle, qu'il ne considérait une telle religion que comme un
refuge des caractères faibles et des curieux, voulant avoir résolu les
problèmes complexes de la nature. Mill s'est créé une religion humanit
aire, basée sur l'existence d'un idéal éthique, sans aucun moment sur
naturel. Il admet de Dieu, qui est une force du Bien à
l'origine de tout, mais dont la puissance est limitée et qui est en lutte
perpétuelle avec le Mal. L'homme doit se joindre à la lutte pour aider
au triomphe du bien. Le rôle de la religion serait d'exercer une in
fluence morale sur l'humanité. , B. N.
61. — H. LEVY. — Mathew Arnold und dieVolkscharakterologische
Erkenntnis [M. Arnold et la caractérologie de peuples). —
Z. f. V. V, 3, 1929, p. 303-325.
M. Arnold est étudié dans ses écrits sociaux et philosophiques (Cul
ture and Anarchy, St-Paul and Protestantisme, God and the Bible,
Essays, etc.) comme un des fondateurs de l'ethnographie comparée
du peuple anglais, disciple de Burke et précurseur des théories mod
ernes, comme celles de C. Delisle Burns.
Son œuvre, d'après L., malgré certaines réserves que celui-ci fait
du point de vue du matérialisme historique, notamment en ce qui
concerne la méconnaissance par A. des facteurs économiques dans le
développement du caractère des peuples, est fondamentale et ne sau
rait plus être ignorée. A. R.
62. — J. DEMOOR. — ■ Les sciences physiologiques au cours des
cinquante dernières années. — • Revue de l'Université de Bruxelles,
n°l,193Q, extrait, 28 p.
Dans cette conférence faite à l'occasion de l'inauguration des
bâtiments de l'école de médecine de Bruxelles, offerts par la Rockfel-
ler Foundation, D. consacre une grande partie de la revue aux phéno
mènes d'excitabilité : recherches de Massart et Pfeiffer sur la sensi- 298 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
bilité à la lumière, à la pesanteur, au contact, aux substances chi
miques, aux concentrations ioniques chez les infusoires et les amibes,
éveillant des.« réactions aussi importantes pour leur vie que le sont les
ripostes des animaux supérieurs, provocatrices d'adaptations qui
orientent leur comportement », et il ajoute : « Les perceptions et les
réactions naissent exactement dans les mêmes conditions chez tous
les êtres, simples ou complexes ; déterminent chez tous la mémoire et
la fatigue ; et sont uniformément régies par la loi de Weber-Fechner,
qui fut énoncée pour la première fois par les psychologues explorant
les sensations humaines » ; et ce sont des données fondamentales
que celles signalées par le regretté Jean Massart à la suite de son
étude de la phosphorescence des Noctiluques du phototropisme du
Phy corny ces et des divers tropismes des Flagellates.
Et, allant plus loin, D. essaye d'établir que, « expression chan
geante des équilibres partiels oscillants de la matière, l'irritabilité
régit le dynamisme protoplasmique dont l'extériorisation représente
ce que nous nommons la vie » utilisant les résultats des recherches de
Metchnikoff et de Bordet, H. P.
63. — GIRINDRASHEKHAR BOSE. — The Psychological
outlook in hindu philosophy {Le point de vue psychologique clans la
philosophie hindoue). — Ind. J. of Ps., V, 1930., p. 119-146.
Un psychologue est plus dans son élément dans le domaine de la hindoue, que dans n'importe quelle branche de la pensée
occidentale. Le système Vedanta, aussi bien que le système Samkhya
est presque purement psychologique,
G. expose quelques points demeurés obscurs des Upanishads et en
donne une explication psychologique ; la plupart des problèmes, dit-
il, appartiennent à ce domaine ou à la physiologie, par exemple :
la théorie de la création, les cinq portes de la connaissance qui corre
spondent aux cinq sens ; les Hindous placent dans le cœur le siège des
émotions, G. fait le rapprochement avec la théorie des sensations
• kinesthésiques qui accompagnent les émotions et se situent dans la
région cardiaque, etc..
D'après G., une attitude psychologique est de première importance,
non seulement pour comprendre des problèmes définis de la philo
sophie hindoue, mais pour éclaircir les obscurités isolées des « Hindu
Sastras ». J. M.
64. — BARBARA LOW. — A note on the influence of Psycho
analysis upon English Education during the last Eighteen Years
(Influence de la Psa. sur Véducation anglaise pendant ces 18 der
nières années). — I. J. of Psychan., X, 2-3, 1929, p. 314-320.
A l'occasion du 50e anniversaire d'Ernest Jones, pionnier de la
Psa. en Angleterre comme Brill le fut aux Etats-Unis, Tint. j. of a publié un numéro double où les psychanalystes les plus distin
gués ont collaboré et rendu hommage à son talent, à son activité et
à son dévouement au mouvement. L'un des premiers articles de
Jones était consacré à la Psa. et l'Education, et parut en 1910, deux
ans après le 1er congrès psychanalytique à Salzburg où il se révéla
par une communication sur la Rationalisation dans la vie quoti- BIOGRAPHIES * 299 HISTOIRE.
dienne. B. Low examine dans quelle mesure ont été réalisés les
suggestions et les espoirs exprimés par Jones dans son article
sur l'éducation. Alors que, de 1910 à 1920, la Psa. continuait à être
complètement ignorée des universités et des écoles, un changement
considérable s'est produit depuis 1920. La théorie freudienne est en
core peu acceptée telle quelle, mais les principaux concepts comme
celui de l'inconscient et du conflit intrapsychique ont changé, con
sciemment ou non, les notions de beaucoup d'éducateurs sur la
personnalité, donc sur l'éducation. Ceci est visible non seulement chez
Bertrand Rüssel (on Education), mais chez des professeurs comme
Nunn (Education : its data and First principles) et J. J. Findlay,
ancien professeur d'Education à l'Université de Manchester (The
Foundations of Education). D'autre part, des cours pour professeurs
et éducateurs sont donnés dans les universités, traitant de la Psa. soit
directement, comme celui de J. C. Flügel à l'University College de
Londres (Flügel est professeur à cette Université et membre de la
Société psychanalytique britannique), soit indirectement comme
ceux que donne sous les auspices du L. C. C. son psychologue Cyril
Burt ; une école, la Maltiny House School à Cambridge, ayant à sa
tête une psychanalyste, a servi de centre pour des recherches d'orien
tation psychanalytique. Enfin les livres de psychanalyse se sont mult
ipliés dans les bibliothèques des universités et des écoles, tandis
qu'on trouve en général, dans les méthodes éducatives modernes, une
tendance de plus en plus grande à se préoccuper du côté affectif de
l'enfant (et non plus exclusivement du côté intellectuel), et que l'édu
cation sexuelle de l'enfant est au moins devenue un problème qu'on
discute et qui n'est plus absolument tabou dans le monde des édu
cateurs. F. W.
65. — C. A FIGUERIDO. — Sobre Tendencias Psiçologioas Ac
tuates [Sur les Tendances psychologiques actuelles). — R. de
F. Pr., septembre 1930, p. 265-267.
A. Binet (1905) et Münsterberg (1912) on donné à la psychologie
une impulsion nouvelle, en la plaçant auprès des sciences expéri
mentales dont elle a emprunté les méthodes : observation et expé
rience.
P 'autre part, la psychologie n'est plus la seule science des phéno
mènes de conscience : l'inconscient y a sa place depuis Breuer (1895),
Freud, Adler et Yung. Il y a une Psychologie profonde (Bleuler).
L'auteur continue l'historique de la Psychologie actuelle et de ses
formes multiples, en passant par la Psycho-physique et la Psychop
hysiologie de Fechner et de Wundt, l'introspection expérimentale de
l'Ecole de Wurzbourg, la Psychoréflexologie de Bechterew, le beha-
viorisme de Piéron, et termine par Koehler et les psychologues de
la « Gestalt », pour qui, la Perception, base de la psychologie, est :
anticipation, spécialisation et analogie. L. B.
66. — D. CESAR DE MADARI AGA. — La Psieotecnica alServicio
de la Formacion Professional [La Psychotechnique au Service de
la Formation Professionnelle). — R. de F. Pr. avril 1930, p. 99-101.
L'auteur fait d'abord l'historique détaillé et peu oonnu de la nais-

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