Incertitude sur la performance et choix d'un partenaire de travail - article ; n°2 ; vol.73, pg 555-564

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L'année psychologique - Année 1973 - Volume 73 - Numéro 2 - Pages 555-564
Résumé
124 sujets ont été répartis dans trois conditions expérimentales : celles-ci étaient définies par la quantité d'information que l'on donnait à chaque sujet sur sa performance personnelle à une épreuve préalable. Les sujets avaient ensuite la possibilité de poursuivre l'épreuve seul ou avec un partenaire.
Conformément à la théorie de la comparaison sociale : 1) la tendance à choisir un partenaire de travail était d'autant plus forte que plus grande était l'incertitude sur la valeur de la performance ; 2) parmi les partenaires possibles, le choix majoritaire se faisait sur le partenaire « semblable » ; 3) nous avons parallèlement mis en évidence l'effet de la compétence personnelle du sujet sur ces choix.
Summary
124 subjects were distributed among three conditions. Each condition was defined by the information given to the subject about his own performance in a preceding task. Subjects had then the choice of doing their work alone or with a partner.
According to the social comparison theory : 1) the tendency to choose a partner increased with the uncertainty about one's own performance ; 2) among several possible partners, a « similar » partner was most frequently chosen by subjects ; 3) in the same time, the influence of one's own competence on choice of partner has been shown.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1973
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Marie-Dominique Gineste
Incertitude sur la performance et choix d'un partenaire de travail
In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°2. pp. 555-564.
Résumé
124 sujets ont été répartis dans trois conditions expérimentales : celles-ci étaient définies par la quantité d'information que l'on
donnait à chaque sujet sur sa performance personnelle à une épreuve préalable. Les sujets avaient ensuite la possibilité de
poursuivre l'épreuve seul ou avec un partenaire.
Conformément à la théorie de la comparaison sociale : 1) la tendance à choisir un partenaire de travail était d'autant plus forte
que plus grande était l'incertitude sur la valeur de la performance ; 2) parmi les partenaires possibles, le choix majoritaire se
faisait sur le partenaire « semblable » ; 3) nous avons parallèlement mis en évidence l'effet de la compétence personnelle du
sujet sur ces choix.
Abstract
Summary
124 subjects were distributed among three conditions. Each condition was defined by the information given to the subject about
his own performance in a preceding task. Subjects had then the choice of doing their work alone or with a partner.
According to the social comparison theory : 1) the tendency to choose a partner increased with the uncertainty about one's own
performance ; 2) among several possible partners, a « similar » partner was most frequently chosen by subjects ; 3) in the same
time, the influence of one's own competence on choice of partner has been shown.
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Gineste Marie-Dominique. Incertitude sur la performance et choix d'un partenaire de travail. In: L'année psychologique. 1973
vol. 73, n°2. pp. 555-564.
doi : 10.3406/psy.1973.28004
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1973_num_73_2_28004Année psychol.
1973, 73, 555-564
Université de Paris VIII. Laboratoire de Psychologie
INCERTITUDE SUR LA PERFORMANCE
ET CHOIX D'UN PARTENAIRE DE TRAVAIL
par Marie-Dominique Gineste
SUMMARY
124 subjects were distributed among three conditions. Each condition
was defined by the information given to the subject about his own perfor
mance in a preceding task. Subjects had then the choice of doing their
work alone or with a partner.
According to the social comparison theory : 1) the tendency to choose
a partner increased with the uncertainty about one's own performance ;
2) among several possible partners, a « similar » partner was most frequently
chosen by subjects ; 3) in the same time, the influence of one's own compet
ence on choice of partner has been shown.
La théorie de la comparaison sociale (Festinger, 1954) admet
l'existence, chez tout individu, d'un besoin d'évaluation de soi,
et, en particulier, de ses capacités. En l'absence de critères
objectifs d'évaluation, l'individu se comparera à une autre
personne ; il comparera sa performance à celle d'autrui, ses
capacités à celles d'autrui. Cette comparaison lui permet de
savoir si ses performances sont bonnes ou mauvaises.
On peut déduire de ce qui précède que moins le sujet a d'info
rmation sur sa performance — plus grande est son incertitude — ,
plus il choisira de travailler avec un partenaire si le travail avec
un partenaire lui apporte l'information qui lui manque (Hj).
Nous avons constaté, dans une recherche antérieure (non
publiée), que le choix d'un partenaire de travail dépend de la
compétence personnelle : les sujets qui réussissent dans une
tâche1 (les « compétents ») choisissent (72,4 % d'entre eux) de
poursuivre l'expérience en solitaire alors que les sujets qui ont
1. Il s'agit de découvrir la loi de présentation de stimulus en 35 essais;
le sujet « compétent » est celui qui trouve l'ordre en 35 essais ou moins, le
sujet « non » est celui qui ne trouve pas la solution dans les
35 essais. 556 MÉMOIRES ORIGINAUX
échoué dans la tâche (les « incompétents ») choisissent plutôt
de travailler avec un partenaire (51,8 % d'entre eux).
Aussi, nous avons voulu voir si la compétence personnelle
entre en interaction avec l'incertitude et sous quelles conditions
la fréquence avec laquelle on choisit de poursuivre le travail
avec un partenaire est modifiée.
CONDUITE DE L'EXPÉRIENCE
TÂCHE
On utilise la série des 44 problèmes du D 48. On donne à chaque sujet
un cahier avec la série de problèmes. Il doit, en 25 minutes et indiv
iduellement, résoudre le plus grand nombre de problèmes.
PROCÉDURE
La passation de l'expérience est collective. Cependant chaque sujet
travaille individuellement à la tâche. Quand les 25 minutes sont écoul
ées, on l'arrête et on lui retire le cahier.
Après un intervalle d'environ deux heures, l'expérimentateur lui
annonce qu'il y aura une seconde partie avec le même type de tâche.
Puis on lui propose de choisir entre deux modalités de travail pour
cette deuxième épreuve :
— travailler seul, c'est-à-dire dans les mêmes conditions que préc
édemment ;
— ou travailler avec un partenaire : « Vous serez vous et votre parte
naire dans la même pièce pour travailler. Vous aurez chacun un
cahier de problèmes à faire, sans faute, individuellement, sans
communiquer, en 25 minutes ; après ce temps, l'épreuve est terminée.
Mais avant de remettre vos cahiers, vous pourrez prendre connais
sance des solutions proposées par votre partenaire et les confronter
aux vôtres. »
On leur distribue une fiche de réponse qui comporte, éventuellement,
l'indication du résultat obtenu au D 48.
Les sujets expriment leur choix par écrit sur cette fiche.
La seconde épreuve n'a pas lieu.
CONDITIONS EXPÉRIMENTALES
Trois conditions expérimentales sont définies en fonction de la
quantité d'information donnée à chaque sujet sur sa performance
au D 48 :
— condition 1 : aucune information n'est fournie au sujet ;
—2 : on donne au sujet la note globale qu'il a obtenue au M.-D. GINESTE 557
D 48, note qui représente le nombre de problèmes correctement
résolus ;
— condition 3 : on donne à chaque sujet, comme précédemment, la
note globale obtenue au D 48 ainsi que le niveau relatif de sa per
formance, à savoir : il est dans le premier, le deuxième, le troisième
tiers de sa classe1.
SUJETS
Les sujets étaient 124 jeunes filles de seconde (collège secondaire)
réparties en six classes. Nous avons utilisé deux classes par condition
expérimentale.
RÉSULTATS
I. — - Incertitude sur la performance personnelle
ET CHOIX D'UN PARTENAIRE. HYPOTHESE 1
Selon la théorie de la comparaison sociale de Festinger, la
fréquence avec laquelle on choisit de travailler avec un parte-
TABLEAU I
Choix entre travail individuel et travail avec partenaire
selon le degré d'information sur la performance. N = 124
Choix
Conditions
Travail solitaire Travail avec partenaire
Condition 1 15 26
(information nulle)
36,58 % 63,41 % N = 41
Condition 2 24 19
(information partielle) 55,81 % 44,18 % N = 43
Condition 3 15 25
(information complète) 62,50 % 37,50 % N = 40
Fréquence de choix d'un partenaire : condition 1-3 : y ; = 4,95 ;
.02 < p < .05. Condition 1-2 : y 2 r Acorr =3,06; ' .05 < p < .10. Condi-
tion 2-3 : pas de différence statistiquement significative.
1. Les sujets de chaque groupe expérimental sont classés par ordre de
réussite (nombre de problèmes résolus). Puis on divise l'effectif en trois,
ainsi sont définis les trois niveaux de compétence.
A. PSYCHOL. 73 19 558 MEMOIRES ORIGINAUX
naire plutôt que seul diminue à mesure que l'incertitude sur la
performance personnelle diminue. Les sujets choisissant un
partenaire sont donc plus nombreux dans la condition 1 (sans
information) que dans la condition 2 (information partielle)
et que dans la condition 3 (information complète).
Le tableau I montre que l'hypothèse est vérifiée : moins le
sujet a d'information sur sa performance, plus il a tendance à
choisir de continuer avec un partenaire.
II. — Effet de la compétence personnelle
SUR LE CHOIX D'UN PARTENAIRE. HYPOTHÈSE 2
Etant donné les résultats de notre première expérience
(les sujets compétents choisissent plutôt le travail solitaire, les
sujets incompétents, le travail avec un partenaire, dans une
situation où l'expérimentateur donne une information objective
aux sujets : la bonne réponse), nous en avons déduit l'hypothèse
suivante : quand on ne donne aucune sur les per
formances (condition 1) les sujets compétents et non compétents
préfèrent, les uns et les autres, travailler avec un partenaire :
on n'observera donc aucune différence dans la fréquence de choix,
en fonction de la compétence, dans la situation 1.
TABLEAU II
Fréquence des choix en fonction de la quantité d'information
Compét et de la compétence du sujet. N = 124
Conditions
Condition 1 Condition 2 Condition 3
(inf. nulle) (inf. partielle) (inf. complète)
ence
oia; Ch oix Ch Ch oix
Seul Seul Partenaire Partenaire Seul Partenaire
6 9 7 6 10 4 Niveau
élevé 53,8 0/ /o 46,2 71,4 40 % 60 % 28,5 % /o %
Niveau 5 8 10 4 8 4
moyen 71,4 0/ /o 28,5 0/ /o 66,6 38,5 % 61,5 % %
Niveau 4 9 7 9 7 7
bas 43,7 0/ /o 56,3 50 30,8 % 69,1 % 50 % /o % M.-D. GINESTE 559
Quand on donne des informations objectives sur les perfor
mances, les choix tendent à se différencier en fonction de la
compétence : les sujets compétents choisissant de travailler seuls,
les sujets incompétents, de travailler avec un partenaire. On
observera une différence dans la fréquence de choix en situation 2
et 3 (information partielle et complète) selon le niveau de réussite.
Dans la condition 1 (information nulle), conformément à
l'hypothèse, quel que soit leur niveau, les sujets ont tendance
à préférer travailler avec un partenaire. La préférence pour le
travail avec partenaire a une fréquence égale pour tous les
niveaux de réussite (différence non significative).
Dans les autres conditions, on constate que, conformément à
l'hypothèse, la fréquence des choix entre travail solitaire et
travail avec partenaire tend à se différencier en fonction de la
compétence. On voit en particulier que dans la situation 3
(information complète) les sujets les meilleurs choisissent le
travail solitaire plus souvent que les sujets les moins bons
2 = 3,057 ; .05 < p < .10). (entre niveau 1 et 3 Y
^corr
III. — - Niveau du partenaire choisi
Selon Festinger, il existe chez tout individu une tendance à se
comparer à une autre personne quand des critères objectifs
d'évaluation de sa performance lui manquent. Cependant, la
comparaison ne se fait pas avec n'importe quelle personne :
Festinger émet l'hypothèse que, quand la comparaison a lieu,
celle-ci se fait avec quelqu'un de semblable à soi, et, en l'occur
rence, avec quelqu'un dont les capacités ne sont pas différentes.
Ainsi quand on a le choix entre plusieurs personnes pour effec
tuer cette comparaison, il pense que l'on choisit la personne la
plus proche de soi, ce qui permet de faire une évaluation précise
de sa performance.
Dans le questionnaire distribué aux sujets pour qu'ils expri
ment la modalité de travail préférée (travail solitaire ou travail
avec un partenaire) les sujets pouvaient choisir un partenaire
« supérieur », « semblable » ou « inférieur » à eux1 dans la première
tâche (D 48).
1. A) Je désire travailler avec un partenaire ayant fait mieux que moi
à l'épreuve précédente. B) Je désire travailler avec un partenaire ayant fait
moins bien que moi à l'épreuve précédente. C) Je désire travailler avec un
partenaire ayant fait comme moi à l'épreuve précédente. 560 MEMOIRES ORIGINAUX
Nous nous sommes demandé si le choix d'un partenaire por
tait toujours sur un partenaire « semblable » à soi ou s'il dépen
dait de l'information donnée aux sujets sur leur performance.
TABLEAU III
Niveau du partenaire choisi
selon l'information reçue. N = 61
Choix d' un partenaire
Conditions
d'information Supérieur Semblable Inférieur
Condition 1 19 0 7 (information nulle) 26 % 73 % N = 26
23 1 11 Conditions 2 et 3 H
N = 35 31,4 % 65,7 % 2,8 %
18 42 (1) Total
30 % 70 %
choisir Quelle un que partenaire soit la situation semblable (y2 est entre nette les (sur situations l'ensemble NS) : la y_ tendance o = 9,5 à ;
.01 < p < .001).
(x) Aucune différence n'a été relevée entre les deux conditions.
Les sujets choisissent donc préférentiellement, quelle que soit
la condition d'information, un partenaire semblable.
DISCUSSION
Les résultats, dans leur ensemble, montrent que :
les sujets choisissent un partenaire quand ils sont dans l'incer
titude quant à la valeur de leur performance. La fréquence
de choix d'un partenaire diminue avec la quantité d'info
rmation fournie ;
l'effet du manque d'information sur la performance person
nelle est modulé par la compétence réelle du sujet : la ten
dance à choisir le travail solitaire plutôt que le travail avec
partenaire quand l'information sur la performance est plus
complète n'est systématique que chez les sujets de niveau
élevé ; M.-D. GINESTE 561
— dans l'ensemble des conditions expérimentales, les sujets
choisissent un partenaire semblable à eux, c'est-à-dire un
partenaire dont le niveau de réussite au D 48 est identique au
leur.
Cependant, si les résultats sont globalement conformes aux
hypothèses, un certain nombre de remarques s'imposent après
examen des différentes données.
A) Incertitude sur la performance
ET CHOIX D'UN PARTENAIRE
Le nombre de problèmes proposés aux sujets dans le D 48
était de 44. Quand le temps imparti pour les résoudre était écoulé,
les sujets remettaient leurs épreuves même s'ils n'avaient pas
terminé. Ainsi, par le nombre de problèmes abordés, le sujet
pouvait, à la fin de l'épreuve, se faire une idée, très approximat
ive certes, de son niveau de réussite. La tâche elle-même conte
nait déjà quelques repères.
En conséquence, dans la situation sans information, la possi
bilité d'une estimation, même grossière, de sa propre perfor
mance, par le sujet, rend sans doute compte de la proportion
(36%) de sujets choisissant le travail solitaire, quel que soit
d'ailleurs leur niveau.
Cependant, la grande majorité des sujets choisit un parte
naire. Ce choix du partenaire permet de comparer les perfo
rmances à celles du et de voir s'il y a convergence ou
divergence des solutions. Dans le cas où les solutions coïncident,
il y a de fortes chances que le sujet en déduise que la solution
proposée est exacte. Le sujet a donc une idée plus précise des
problèmes correctement résolus dans la série - — ou présumés
tels — , et une confirmation de l'idée qu'il s'était faite de sa
réussite, ou non, au D 48.
Dans la condition 3 (information complète) le sujet connaît sa
note et son niveau, mais ignore son rang dans le groupe. Il ne
sait pas où il se situe exactement dans sa catégorie, dans son
niveau. En choisissant un partenaire, il pourra compléter l'i
nformation fournie. En situation 3, il manquait encore de l'info
rmation, ce qui explique, sans doute, les choix d'un partenaire,
même chez les sujets compétents, dans cette situation.
La recherche d'un partenaire procéderait d'un double pro- 562 MÉMOIRES ORIGINAUX
cessus : connaître la « valeur » de sa propre performance : est-elle
bonne ou mauvaise ?, confirmer l'idée que l'on se fait de ses
propres capacités.
B) Incertitude sur la performance
COMPÉTENCE OBJECTIVE ET CHOIX D'UN PARTENAIRE
Nous avons constaté que la réduction de l'incertitude sur la
performance entraînait une diminution des choix d'un partenaire
de travail. Cet effet n'est, en fait, sensible que chez les sujets de
niveau élevé et moyen. Par contre, les sujets de niveau bas
choisissent autant le travail solitaire que le travail avec un
partenaire.
Qu'apporte à un sujet incompétent le travail avec un par
tenaire ?
Tout d'abord, il n'est pas seul « dans la pièce » pour résoudre
les problèmes proposés. La simple présence d'autrui est rassurante
(Schachter, 1959 ; Gérard et Rabbie, 1961 ; Sarnofî et Zim-
bardo, 1961). Le choix d'un partenaire de travail lui permet donc
de réduire l'anxiété provoquée par la situation même.
D'autre part, il sait qu'il est de niveau bas : il n'a donc pas
donné de réponses à tous les problèmes et certaines sont inexactes.
Or le travail avec un partenaire lui offre la possibilité, après
l'épreuve, de comparer ses performances, ses solutions, à celles
du partenaire. Dans la confrontation des résultats, il accédera
à la connaissance des solutions proposées par le partenaire, et
par là même il aura des réponses à des problèmes qu'il n'avait pas
pu résoudre. Les ambiguïtés sur les réponses elles-mêmes sont
ainsi levées.
G) Niveau du partenaire choisi
Le choix d'un partenaire semblable est majoritaire, quelle
que soit la quantité d'information donnée au sujet sur sa perfor
mance. Est-ce parce que, dans le processus de comparaison
sociale, il « existe » une tendance à choisir le semblable ?
Dans les conditions sans information, choisir un partenaire
semblable renseigne le sujet, compétent ou incompétent, sur les
performances du « semblable », donc le renseigne sur lui-même
et sur son niveau.
Dans les conditions avec information totale ou partielle, M.-D. GINESTE 563
choisir un partenaire semblable, de même niveau que soi, ren
seigne le sujet sur le niveau auquel il appartient, sur l'amplitude
de sa catégorie et ainsi sur sa place approximative dans cette
catégorie. Cependant, la proportion des choix d'un partenaire
supérieur reste élevée (31 %). Certains auteurs (Arrowood
et Friend, 1969; Wheeler et al., 1969; Gruder, 1971) suggèrent
que, en choisissant un partenaire supérieur, le sujet peut se faire
une idée de l'ensemble de la distribution des notes et ainsi se
situer dans cette distribution.
Il est difficile de retenir ici, et définitivement, une telle inter
prétation. Cette proportion n'est peut-être tout simplement que
le reflet des tendances propres à certaines catégories de sujets
placés dans des conditions particulières d'information.
En effet, nous avons vu que la compétence personnelle du
sujet et l'incertitude sur la performance jouent simultanément
dans la détermination des choix entre travail individuel et travail
avec un partenaire ; nous pouvons donc supposer que ces mêmes
facteurs entrent en interaction dans le choix du partenaire et
plus précisément dans le choix entre partenaire de même niveau
que soi et partenaire de niveau différent1. Mais la question reste
posée2.
RÉSUMÉ
124 sujets ont été répartis dans trois conditions expérimentales :
celles-ci étaient définies par la quantité d'information que Von donnait à
chaque sujet sur sa performance personnelle à une épreuve préalable. Les
sujets avaient ensuite la possibilité de poursuivre Vépreuve seul ou avec
un partenaire.
Conformément à la théorie de la comparaison sociale : 1) la tendance
à choisir un partenaire de travail était d'autant plus forte que plus grande
était V incertitude sur la valeur de la performance ; 2) parmi les partenaires
possibles, le choix majoritaire se faisait sur le partenaire « semblable » ;
3) nous avons parallèlement mis en évidence Veffet de la compétence
personnelle du sujet sur ces choix.
1. Les effectifs, trop réduits, ne nous ont pas permis d'affiner davantage
l'analyse et de trancher.
2. Ainsi que celle de savoir ce que recouvrait, pour chaque catégorie de
sujets, l'expression « partenaire ayant fait comme moi » ou « mieux que moi ».

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