Influence du degré de validité et de la fréquence d'occurrence des indices dans une tâche d'identification perceptive - article ; n°1 ; vol.65, pg 33-55

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L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 1 - Pages 33-55
Three experiments are reported here, all of them trying to find some sort of relation between the weight of cues as it appears in a task of ranging objects inlo categories and the frequency of occurrence as well as the degree of validity of those cues as they appear during the preliminary learning of the categories.
In a first learning phase, the subjects are trained to classify concrete non-familiar objects into two categories : Pilouf and Jubol. The cues, consisting in discrete elements, of equal initial pregnance, are then given during the learning a variable validity (total, partial, or neutral) and a variable relative frequency of occurrence. In a second phase, the weight of each cue is measured by the identification of ambiguous objects as P. or J.
The first experiment studies the influence of the frequency of occurrence upon cues with a total validity.
The second experiment deals with the influence of the three degrees of validity, while the frequency of occurrence is kept constant.
The third experiment introduces a conflict between the relative frequency of occurrence and the de gree of validity.
The three experiment show the building up of a hierarchy between cues, during the learning period. With the same degree of validity, the most frequent cue prevails. With an equal frequency of occurrence, the most valid cue prevails. The totally valid cues have a special standing.
The hypothesis of specificity, implying a total dominance, and the hypothesis of probability-malching, implying a weighting of all cues, are both discussed by the author. a variable relative frequency of occurrence. In a second phase, the weight of each cue is measured by the identification of ambiguous objects as P. or J.
The first experiment studies the influence of the frequency of occurrence upon cues with a total validity.
The second experiment deals with the influence of the three degrees of validity, while the frequency of occurrence is kept constant.
The third experiment introduces a conflict between the relative frequency of occurrence and the de gree of validity.
The three experiment show the building up of a hierarchy between cues, during the learning period. With the same degree of validity, the most frequent cue prevails. With an equal frequency of occurrence, the most valid cue prevails. The totally valid cues have a special standing.
The hypothesis of specificity, implying a total dominance, and the hypothesis of probability-malching, implying a weighting of all cues, are both discussed by the author.
Trois expériences ont porté sur l'établissement d'un lien entre le poids relatif des indices lors d'une épreuve de catégorisation et la fréquence d'occurrence et le degré de validité de ces mêmes indices pendant l'apprentissage préalable des catégories.
Dans une première phase d'apprentissage, les sujets sont entraînés à classer des objets concrets, non familiers, en deux catégories, les Pilouf et les Jubol. Les indices, formés par des éléments discrets, de prégnance égale au départ, sont affectés pendant l'apprentissage de valeurs différentes en validité (totale, partielle ou neutre) ou en fréquence relative d'occurrence.
Dans une deuxième phase, le poids de chaque indice est mesuré par les identifications (en P. ou en J.) d'objets ambigus.
L'expérience I étudie l'influence de la fréquence d'apparition d'indices à validité totale.
L'expérience II étudie l'influence des trois degrés de validité sur des indices dont la fréquence d'apparition est la même.
L'expérience III met en conflit la fréquence relative d'occurrence et le degré de validité.
Dans les 3 expériences, une hiérarchie s'établit entre indices au cours de l'apprentissage. A degré de validité égale, l'indice le plus fréquent devient dominant. A fréquence égale d'occurrence, l'indice le plus valide devient dominant ; les indices à validité totale jouissent d'un statut particulier.
Deux hypothèses théoriques : celle de spécificité, qui prévoit une dominance totale et celle d'appariement des probabilités, qui prévoit une pondération des différents indices, sont discutées à la lumière des résultats.
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1965
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Eliane Vurpillot
Influence du degré de validité et de la fréquence d'occurrence
des indices dans une tâche d'identification perceptive
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 33-55.
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Vurpillot Eliane. Influence du degré de validité et de la fréquence d'occurrence des indices dans une tâche d'identification
perceptive. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 33-55.
doi : 10.3406/psy.1965.27354
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_1_27354Résumé
Trois expériences ont porté sur l'établissement d'un lien entre le poids relatif des indices lors d'une
épreuve de catégorisation et la fréquence d'occurrence et le degré de validité de ces mêmes indices
pendant l'apprentissage préalable des catégories.
Dans une première phase d'apprentissage, les sujets sont entraînés à classer des objets concrets, non
familiers, en deux catégories, les Pilouf et les Jubol. Les indices, formés par des éléments discrets, de
prégnance égale au départ, sont affectés pendant l'apprentissage de valeurs différentes en validité
(totale, partielle ou neutre) ou en fréquence relative d'occurrence.
Dans une deuxième phase, le poids de chaque indice est mesuré par les identifications (en P. ou en J.)
d'objets ambigus.
L'expérience I étudie l'influence de la fréquence d'apparition d'indices à validité totale.
L'expérience II étudie l'influence des trois degrés de validité sur des indices dont la fréquence
d'apparition est la même.
L'expérience III met en conflit la fréquence relative d'occurrence et le degré de validité.
Dans les 3 expériences, une hiérarchie s'établit entre indices au cours de l'apprentissage. A degré de
validité égale, l'indice le plus fréquent devient dominant. A fréquence égale d'occurrence, l'indice le plus
valide devient dominant ; les indices à validité totale jouissent d'un statut particulier.
Deux hypothèses théoriques : celle de spécificité, qui prévoit une dominance totale et celle
d'appariement des probabilités, qui prévoit une pondération des différents indices, sont discutées à la
lumière des résultats.
Abstract
Three experiments are reported here, all of them trying to find some sort of relation between the weight
of cues as it appears in a task of ranging objects inlo categories and the frequency of occurrence as
well as the degree of validity of those cues as they appear during the preliminary learning of the
categories.
In a first learning phase, the subjects are trained to classify concrete non-familiar objects into two
categories : Pilouf and Jubol. The cues, consisting in discrete elements, of equal initial pregnance, are
then given during the learning a variable validity (total, partial, or neutral) and a variable relative
frequency of occurrence. In a second phase, the weight of each cue is measured by the identification of
ambiguous objects as P. or J.
The first experiment studies the influence of the frequency of occurrence upon cues with a total validity.
The second experiment deals with the influence of the three degrees of validity, while the frequency of
occurrence is kept constant.
The third experiment introduces a conflict between the relative frequency of occurrence and the de gree
of validity.
The three experiment show the building up of a hierarchy between cues, during the learning period.
With the same degree of validity, the most frequent cue prevails. With an equal frequency of
occurrence, the most valid cue prevails. The totally valid cues have a special standing.
The hypothesis of specificity, implying a total dominance, and the hypothesis of probability-malching,
implying a weighting of all cues, are both discussed by the author. a variable relative frequency of
occurrence. In a second phase, the weight of each cue is measured by the identification of ambiguous
objects as P. or J.
The first experiment studies the influence of the frequency of occurrence upon cues with a total validity.
The second experiment deals with the influence of the three degrees of validity, while the frequency of
occurrence is kept constant.
The third experiment introduces a conflict between the relative frequency of occurrence and the de gree
of validity.
The three experiment show the building up of a hierarchy between cues, during the learning period.
With the same degree of validity, the most frequent cue prevails. With an equal frequency of
occurrence, the most valid cue prevails. The totally valid cues have a special standing.
The hypothesis of specificity, implying a total dominance, and the hypothesis of probability-malching,
implying a weighting of all cues, are both discussed by the author.de Psychologie Expérimentale et Comparée Laboratoire
de la Sorbonne
INFLUENCE DU DEGRÉ DE VALIDITÉ
ET DE LA FRÉQUENCE D'OCCURRENCE DES INDICES
DANS UNE TACHE D'IDENTIFICATION PERCEPTIVE
par Éliane Vurpillot1
Dans la vie quotidienne nous sommes confrontés à chaque
instant avec des tâches d'identification : Ce monsieur est-il
mon ami X... ou mon concierge Y... ? Ces fruits sont-ils bien
des pommes ? Est-ce un autobus ou un camion qui apparaît au
carrefour ? etc. Toute identification d'un objet nouveau, toute
reconnaissance d'un objet déjà vu sont des actes de catégori
sation et le jugement porté résulte d'une confrontation entre
l'information extraite par examen de l'objet présenté et le stock
de catégories disponibles ; il suppose donc toujours l'acquisition
préalable de catégories.
Pendant la période d'apprentissage qui précède toute iden
tification les différents indices fournis par la population des
objets rencontrés ont rarement la même valeur. Certains n'appar
aissent que dans une catégorie, d'autres, communs à plusieurs
catégories, occupent des situations différentes sur les dimensions
de comparaison : taille, couleur, situation spatiale, nombre, etc.
On peut alors penser que des indices, perceptivement équivalents
au départ, acquièrent au cours de l'apprentissage des poids
différents en fonction de leur position relative sur les diverses
dimensions considérées.
Une telle pondération déterminerait, au moins en partie,
le rôle respectif des indices lors d'identifications ultérieures.
La recherche que nous allons rapporter avait pour but de vérifier
1. Chargée de Recherches au C.N.B.S.
A. l'SVCIKJl.. (jj '•> 34 MÉMOIRES ORIGINAUX
cette hypothèse pour deux dimensions de variation : le degré
de validité et la fréquence d'occurrence que nous allons définir
avec précision.
1) Degré de validité
Lorsque, pendant l'apprentissage, un indice apparaît exclu
sivement sur les objets d'une catégorie, sa présence donne au
sujet une certitude ; elle suffit à entraîner sans ambiguïté l'iden
tification de l'objet. Un tel indice peut être appelé indice certain
ou, pour employer la terminologie de Bruner, on peut dire
qu'il a une validité totale (Bruner, Goodnow, Austin, 1956,
chap. 7).
D'autres indices sont communs à plusieurs catégories ;
s'ils apparaissent avec la même fréquence sur des objets de deux
catégories, leur présence n'apporte aucune information quant à
l'appartenance de ces objets à l'une plutôt qu'à l'autre catégorie.
De tels indices seront dits : indices neutres ou à validité nulle.
S'ils apparaissent plus fréquemment dans une catégorie
que dans une autre, ils deviennent alors des indices à validité
partielle. Ils ne permettent pas de décider avec certitude mais
donnent cependant une probabilité raisonnable de tomber juste
en classant l'objet présenté dans la catégorie à laquelle ils ont
été le plus fréquemment associés.
Le degré de validité détermine en quelque sorte les limites
dans lesquelles on peut s'appuyer sur un indice pour catégoriser
un objet. Il est mesuré opéra tionnellement, un indice
précis, par la fréquence relative avec laquelle ce dernier a été
associé aux diverses catégories considérées.
2) Fréquence d'occurrence
II arrive que des indices également valides n'aient pas la
même fréquence d'occurrence pendant l'apprentissage. Ainsi
il peut se faire que des indices ax et a2 aient une validité totale
et n'apparaissent que sur les objets de la catégorie A, mais que
l'indice a-^ soit présent deux fois plus souvent que l'indice a2.
La fréquence d'occurrence du premier est donc double de celle
du second.
Bruner et ses collaborateurs (Bruner, Goodnow, Austin, 1956)
et particulièrement R. Goodnow (1954) ont étudié la catégori
sation sur la base d'indices de validité variable. Ils ont montré É. VURPILLOT. L'IDENTIFICATION PERCEPTIVE 35
que, tout en ayant tendance à sous-estimer une validité totale
et à surestimer une validité partielle, leurs sujets, mis en présence
d'un objet (avion ou visage) portant un seul indice, effectuent
leurs identifications en accord avec le degré de validité de
celui-ci. Cependant, le matériel de Goodnow est composé de
dessins d'objets plus ou moins familiers, l'apprentissage que les
sujets acquièrent lors de l'expérience vient donc se superposer
à un apprentissage antérieur sur lequel l'expérimentateur n'a
ni données ni moyens de contrôle. Il n'est alors pas étonnant
que certains indices se soient révélés préférentiels en dehors de
toute influence du degré de validité introduit dans l'expérience.
Ainsi la hauteur du front joue, dans la perception du visage
humain, un rôle préférentiel par rapport à d'autres indices
comme la longueur du nez ou la taille du menton (Bruner,
Goodnow, Austin, 1956, p. 203).
Le rôle de la fréquence d'occurrence a été étudié au niveau
des catégories plutôt qu'à celui des indices. Ainsi, Howes et
Solomon (1951) ont montré que le seuil tachistoscopique de
reconnaissance des mots varie en fonction inverse de leur fr
équence d'usage dans la langue. Binder (1955) postule que, de
deux réponses possibles à un stimulus ambigu, la plus probable
est celle qui a été la plus fréquente pendant l'apprentissage.
Il fait une série d'expériences dont le modèle est le suivant.
Le sujet apprend à discriminer deux stimuli Sx et S2 qui portent
à la fois des éléments communs à Si et S2 et d'autres propres à
chacun. A chacun de ces stimuli est associée une réponse :
Rx à Sx et R2 à S2. L'apprentissage achevé, on présente un
stimulus ambigu : S3, qui porte uniquement les éléments
communs à Sj et S2. Binder prédit alors, sous forme de théorème,
que la probabilité de répondre Ra (à S3) dépend de la fréquence
de présentation de Sx pendant l'apprentissage. Si S1 et S2 sont
apparus avec la même fréquence, on obtiendra autant de
réponses Rx que de réponses R2 à S3. Si Si a eu, par exemple,
une fréquence d'occurrence double de celle de S2, S3 recevra deux Ri pour une seule R2. Les résultats de nombreuses
expériences confirment en général les prédictions (Binder,
Feldman, 1960) : un stimulus ambigu est bien placé, de préfé
rence, dans la catégorie qui est apparue le plus fréquemment
pendant l'apprentissage. Ce qui est observé au niveau des
catégories devrait pouvoir l'être aussi au niveau des indices
eux-mêmes.
Trois expériences ont été effectuées, dont le but était double. MÉMOIRES ORIGINAUX 36
D'une part, il s'agissait de vérifier la possibilité de hiérarchiser
des indices, équivalents au départ, en leur affectant au cours
d'un apprentissage, des valeurs différentes, soit en degré de
validité, soit en fréquence d'occurrence. Insistons à ce propos
sur le fait qu'un indice à validité totale donne une certitude
quand il est présent mais qu'il n'est pas obligatoirement présent
sur tous les objets de sa catégorie.
D'autre part, dans l'éventualité où la dominance de certains
indices serait mise en évidence, quelle en serait l'amplitude ?
Serait-elle totale ou simplement partielle ? Deux positions
théoriques peuvent être adoptées.
La première peut s'intituler l'hypothèse de spécificité.
Le détail dominant détermine l'identification dans 100 % des
cas. On a pu observer des cas de dominance totale d'un indice,
appelé détail-signe (Cramaussel, 1924) ou détail caractéristique
(Vurpillot, 1962), chez de très jeunes enfants.
La deuxième est l'hypothèse d'appariement des probabilités
(probability matching) : la fréquence des identifications en
faveur de l'une ou de l'autre catégorie serait égale à une probab
ilité théorique calculée à partir des fréquences relatives
d'occurrence et des degrés relatifs de validité des indices. Cette
deuxième position est celle des auteurs de modèles stochastiques
d'apprentissage (Burke et Estes, 1957 ; Bourne et Restle, 1959 ;
Binder et Feldman, 1960 ; Restle, 1961).
*
Afin d'éliminer, dans la mesure du possible, toute influence
d'un apprentissage antérieur, un matériel neuf a été créé. Il
se compose d'objets concrets : plaques de bois sur lesquelles
sont collés un à trois éléments discrets. La simplicité du matér
iel et celle des situations expérimentales a permis, sauf dans
un cas, de prendre comme sujets de jeunes enfants et de mani
puler à la fois le minimum de variables.
L'équivalence des indices — en dehors de l'influence des
variables expérimentales — a été vérifiée dans l'expérience II.
Le même schéma expérimental a été appliqué dans les
trois expériences. Dans une première phase dite d'apprentissage,
les sujets sont entraînés à classer des objets en deux catégories :
les Pilouf (P.) et les Jubol (.T.). Il s'agit d'un simple apprent
issage discriminatif par essais et erreurs, avec correction. Pilouf
et Jubol ne diffèrent ni par le contour général, ni par la taille K. Vljni'IU.OT. — I. ID F.NTIFIC ATION PF. n C F. PTIVF. f>,
ou la couleur, mais seulement par la fréquence d'occurrence
ou le degré de validité des différents indices (les éléments collés
sur la plaque de bois). P. et J. apparaissent en nombre égal
pendant l'apprentissage, toute influence attribuable à la fréquence
d'occurrence des catégories est donc éliminée.
Dès que le sujet a atteint un certain critère d'apprentissage,
on passe à la deuxième phase, celle d'identification. Le sujet
est alors appelé à classer en P. et en J., en l'absence de toute
correction ou renforcement, un certain nombre d'objets-tests
qui portent soit des indices isolés, soit des associations conflic
tuelles d'indices.
Le poids relatif, acquis par les indices durant l'apprentissage,
est alors mesuré par la répartition des choix entre les deux
catégories.
Une première expérience étudie l'influence de la fréquence
relative d'apparition d'indices à validité totale.
Une deuxième étudie de trois degrés
de validité. De plus, elle a été construite de façon à mesurer
l'équiprégnance des différents indices.
Dans la troisième expérience enfin, sont mis en conflit le
degré de validité et la fréquence d'occurrence des indices.
Nous prévoyons que, dans chaque éventualité, un indice appar
aîtra dominant pour chaque catégorie et déterminera dans une
large mesure l'identification des stimuli-tests. Le simple bon sens
permet de prévoir quel sera, dans chaque cas, l'indice dominant.
a) A degré de validité égale, l'indice qui aura eu la plus grande
fréquence d'occurrence pendant l'apprentissage, sera dominant ;
b) A fréquence d'occurrence égale pendant l'apprentissage,
l'indice dont la validité aura été la plus forte, sera ;
c) En cas de conflit entre fréquence d'occurrence et degré de
validité, ce dernier facteur devrait dominer. Autrement dit, si le
stimulus-test porte deux indices dont un l'emporte en fréquence
d'occurrence et l'autre en degré de validité, et que les identifica
tions en fonction de l'un ou de l'autre soient contradictoires, le
stimulus-test sera identifié d'après l'indice à plus forte validité.
Expérience I. — Rôle de la fréquence relative d'occurrence
Dans cette expérience tous les indices ont une validité totale,
deux d'entre eux n'apparaissent que sur les Pilouf, les deux autres
que sur les Jubol. Mais, pendant l'apprentissage, un de chaque
paire a une fréquence d'occurrence double de celle de l'autre. MEMOIRES ORIGINAUX 38
Conduite de l'expérience
1. Pha.se d'apprentissage
Stimuli. ■ — Les objets-stimuli sont des plaques de bois minces
(4 mm d'épaisseur), de forme non caractéristique, peintes en vert foncé,
sur lesquelles sont collés des morceaux de liège peints en jaune, de
4 mm d'épaisseur (fig. 1).
be
Fig. 1. — Stimuli employés dans l'expérience I
En haut, à gauche, les 3 différentes sortes de Pilouf (ac, a, c) ; à droite,
les 3 différentes sortes de Jubol (bd, b, d) présentées au cours de l'appren
tissage aux sujets du groupe I. En bas, les 2 stimuli critiques (ad et bc) de
la série test. É. VURPILT.OT. L'lT1ENTIFICA.TrON PERCEPTIVE 39
Ces morceaux de liège représentent les indices ; il y en a de 4 formes
différentes que nous appellerons a, b, c et d.
La forme générale et la taille du support sont les mêmes pour tous
les objets-stimuli. Tous les indices d'un type (b par exemple) sont iden
tiques, ils sont présents ou absents ; quand ils sont présents ils occupent
toujours le même emplacement sur le support.
Degré de validité des indices. — Les indices a et c ne sont présents que
sur les Pilouf (P.). Les indices b et d ne sont présents que sur les Jubol (J.).
Fréquence d? occurrence des indices. — Elle est déterminée par la
composition de la série d'apprentissage. Celle-ci se compose de 20 objets :
10 Pilouf et 10 Jubol. Deux séries différentes d'apprentissage ont été
présentées à des sous-groupes distincts, I et II, de sujets, ce qui permet à
chaque indice d'être alternativement le plus fréquent et le moins
fréquent.
Les deux séries d'apprentissage sont :
Groupe I : Pilouf : 2 ac, 6 a, 2 c
Jubol : 2 bd, 6 b, 2 d
Groupe II : Pilouf : 2 ac, 6 e, 2 a
Jubol : 2 bd, 6 d, 2 b
Ainsi, pour le groupe I, la fréquence d'occurrence de a est double
de celle de c (8 a pour 4 c), et celle de b double de celle de d (8 b pour 4 d),
alors que ces fréquences sont inversées pour le groupe II (8 c et 8 d
pour 4 a et 4 b).
La séquence des stimuli d'une série est la même pour tous les sujets
d'un sous-groupe ; il n'y a jamais plus de 3 P. ou de 3 J. à la suite et
jamais plus de deux stimuli identiques consécutifs.
2. Phase-test
Les objets-tests ne diffèrent des stimuli de la série d'apprentissage
que par la constellation d'indices qu'ils portent. Ceux-ci apparaissent
aux mêmes emplacements que pendant l'apprentissage.
La série-test se compose de 16 objets qui, tous, portent deux indices :
4 ac, 4 bd, 4 ad, 4 bc
Les ac et les bd sont de vrais P. et de vrais J. qui ont appartenu à la
série d'apprentissage, ils servent à vérifier la solidité de l'apprentissage
et à empêcher l'enfant de se sentir désorienté.
Les ad et les bc sont des monstres composés de l'indice le plus fréquent
d'une catégorie et de l'indice le moins fréquent de l'autre catégorie.
Ce sont les 8 stimuli-tests dont les identifications permettront de mesurer
les poids relatifs acquis par l'indice le plus fréquent et par le moins
fréquent.
Deux séries-tests ont été constituées au hasard, pour les deux sous-
groupes I et II, avec cette seule contrainte : les deux premiers stimuli
sont toujours les stimuli critiques ad et bc.

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