Influence sociale et jugement perceptif. Effet de la dispersion des informations sur les changements individuels - article ; n°1 ; vol.66, pg 111-129

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L'année psychologique - Année 1966 - Volume 66 - Numéro 1 - Pages 111-129
Summary
According to a first experiment, when a 5-person group is asked to give two estimations of the number of elements in a set, the second responses given after announcement of the 5 first responses tend to get nearer to the mean of the first ones. Using the same material and the same kind of situation, four informations chosen by the experimenter are individually communicated to each subject to control the first responses dispersion. Six experimental conditions are created according to the communicated information range (20 or 60) and to the distance to the objective value (80). Results are that, according to the descriptive model submitted to validation : 1) When informations are gathered, responses get nearer to the center of the 5 available responses distribution : change is proportional to the distance between R1 and this center ; 2) When informations are scattered, subjects tend to use a reduced range, not taking into account the farthest information from their first answers ; 3) Holding equal the first responses value, there is more or less change in responses according to the different experimental conditions.
Résumé
Une expérience antérieure avait montré que dans un groupe de 5 sujets à qui on demande d'estimer le nombre des éléments d'un ensemble, les réponses, après communication des premiers résultats, avaient tendance à se rapprocher de la moyenne des 5 réponses initiales du groupe. En reprenant le même matériel et le même type de situation, on a cherché à contrôler la dispersion des réponses initiales en communiquant à chaque sujet pris individuellement, 4 informations choisies à l'avance. Six conditions expérimentales sont réalisées selon la marge des informations communiquées (20 ou 60) et la centration par rapport à la réponse objective. Les résultats montrent que lorsque les informations sont groupées, les sujets se rapprochent du centre de la distribution des 5 réponses disponibles (R1 + 4 informations) : le changement est proportionnel à la distance de R1 au centre, conformément au modèle descriptif soumis à validation. Dans le cas où les informations sont dispersées, les sujets ont tendance à n'utiliser qu'une marge réduite, en ne tenant pas compte des informations les plus éloignées de leur réponse initiale. A valeur de réponse initiale égale, les sujets changent plus ou moins de réponse selon les différentes marges de réponses communiquées.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1966
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G. de Montmollin
Influence sociale et jugement perceptif. Effet de la dispersion
des informations sur les changements individuels
In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 111-129.
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de Montmollin G. Influence sociale et jugement perceptif. Effet de la dispersion des informations sur les changements
individuels. In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 111-129.
doi : 10.3406/psy.1966.27880
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1966_num_66_1_27880Abstract
Summary
According to a first experiment, when a 5-person group is asked to give two estimations of the number
of elements in a set, the second responses given after announcement of the 5 first responses tend to
get nearer to the mean of the first ones. Using the same material and the same kind of situation, four
informations chosen by the experimenter are individually communicated to each subject to control the
first responses dispersion. Six experimental conditions are created according to the communicated
information range (20 or 60) and to the distance to the objective value (80). Results are that, according
to the descriptive model submitted to validation : 1) When informations are gathered, responses get
nearer to the center of the 5 available responses distribution : change is proportional to the distance
between R1 and this center ; 2) When informations are scattered, subjects tend to use a reduced range,
not taking into account the farthest information from their first answers ; 3) Holding equal the first
responses value, there is more or less change in responses according to the different experimental
conditions.
Résumé
Une expérience antérieure avait montré que dans un groupe de 5 sujets à qui on demande d'estimer le
nombre des éléments d'un ensemble, les réponses, après communication des premiers résultats,
avaient tendance à se rapprocher de la moyenne des 5 réponses initiales du groupe. En reprenant le
même matériel et le même type de situation, on a cherché à contrôler la dispersion des réponses
initiales en communiquant à chaque sujet pris individuellement, 4 informations choisies à l'avance. Six
conditions expérimentales sont réalisées selon la marge des communiquées (20 ou 60) et
la centration par rapport à la réponse objective. Les résultats montrent que lorsque les informations sont
groupées, les sujets se rapprochent du centre de la distribution des 5 réponses disponibles (R1 + 4
informations) : le changement est proportionnel à la distance de R1 au centre, conformément au
modèle descriptif soumis à validation. Dans le cas où les informations sont dispersées, les sujets ont
tendance à n'utiliser qu'une marge réduite, en ne tenant pas compte des informations les plus éloignées
de leur réponse initiale. A valeur de réponse initiale égale, les sujets changent plus ou moins de
réponse selon les différentes marges de réponses communiquées.de Psychologie expérimentale et comparée Laboratoire
INFLUENCE SOCIALE ET JUGEMENT PERCEPTIF
EFFET DE LA DISPERSION DES INFORMATIONS
SUR LES CHANGEMENTS INDIVIDUELS
par G. de Montmollin
Dans une recherche antérieure (1965), nous avons montré que
les jugements individuels après communication de la réponse Rx
de chaque membre du groupe, tendaient à se rapprocher de la
tendance centrale de la distribution des réponses Rx du groupe1.
Les sujets avaient à estimer le nombre de pastilles de cou
leur (80) collées au hasard sur un grand carton rectangulaire,
sans pouvoir les compter en raison de la brièveté de la présenta
tion (4 sec. environ). — Les sujets participaient à l'expérience par
groupes de cinq : les cinq donnaient d'abord un premier
jugement par écrit (Ri) ; puis l'E. lisait tout haut les cinq
réponses, sous prétexte d'aider les sujets à faire dans un deuxième
temps une estimation aussi exacte que possible ; on présentait
à nouveau le carton et les cinq sujets écrivaient leur seconde
réponse (R2). — • Nous avions, dans cette première recherche,
proposé un modèle descriptif, basé sur l'idée que le centre de la
distribution des réponses apparaît comme plus probablement
vrai aux sujets du fait du renforcement qui s'attache aux accords
partiels réels ou potentiels : on pouvait prévoir que chaque sujet
changerait de jugement en fonction de la position et de la dis
tance de sa réponse initiale Rx par rapport au centre de la distr
ibution des réponses Rt ; en conséquence, celui qui donnerait une
réponse inférieure à la tendance centrale tendrait à augmenter
dans son estimation, celui qui donnerait une réponse supérieure
tendrait à diminuer ; la quantité de changement serait d'autant
1. Nous appellerons Rx la réponse individuelle avant communication et
R2 la réponse individuelle après communication. 112 MÉMOIRES ORIGINAUX
plus importante que la distance au centre est plus grande. Dans
ses grandes lignes, le modèle s'est trouvé vérifié ; mais la situa
tion expérimentale ne permettait pas de contrôler systématique
ment la dispersion des réponses d'un groupe à l'autre, puisqu'elle
dépendait des réponses spontanées des sujets ; d'autre part, il
apparaissait que, lorsque la dispersion des réponses était très
grande dans un groupe du fait d'un sujet qui donne une estima
tion très faible (par ex. : 20) ou très forte (par ex. : 200 ou 300),
les sujets avaient tendance à se rapprocher, non pas de la
moyenne réelle de la distribution, mais de la moyenne d'une
distribution réduite ; nous avions fait l'hypothèse de l'existence
de « marges de vraisemblance » (cf. Psychologie française, à
paraître) : les sujets considéreraient certaines réponses comme
non vraisemblables et ne leur accorderaient pas la même valeur
« informative » pour la détermination de la réponse la plus proba
blement exacte.
Afin de contrôler la dispersion des informations dont di
sposent les sujets d'un groupe à l'autre d'une part, de collecter
de nouvelles données susceptibles de confirmer l'hypothèse de
marges de vraisemblance dans le cas des dispersions fortes
d'autre part, nous avons entrepris une nouvelle recherche dans
laquelle, au lieu de communiquer aux cinq membres de chaque
groupe la réponse que chacun d'eux vient de faire, nous
leur faisons connaître quatre réponses qui sont censées pro
venir de camarades non présents, ayant antérieurement subi
l'épreuve : ces quatre réponses sont en réalité choisies à l'avance
et de façon systématique ; tous les sujets dans chacune des
situations expérimentales reçoivent les mêmes : on peut donc
valablement comparer les sujets d'une même situation expéri
mentale, puisque tous ont accès aux mêmes informations. Les
informations à communiquer ont été choisies selon deux cri
tères : la dispersion (distance faible ou forte entre les extrêmes) ;
la centration par rapport à la réponse objective (la moyenne des
informations communiquées est égale à 80, faiblement ou fort
ement éloignée de 80). La troisième variable qui intervient dans
l'analyse est la réponse initiale du sujet et, plus précisément, la
position de cette par rapport aux informations fournies.
La situation expérimentale est en tous points comparable à
celle de l'expérience précédente : les sujets ont à juger du même
stimulus ; les réponses avant (Rx) et après communication (R2)
sont écrites ; les consignes sont à peu de chose près semblables,
en ce sens qu'on dit aux sujets après qu'ils ont donné Ri : « Cette DE MONTMOLLIN. INFLUENCE SOCIALE ET JUGEMENT 113 G.
tâche est difficile. Nous allons vous donner l'occasion de faire
une réponse aussi bonne que possible en vous présentant à nou
veau le carton. Mais auparavant et pour aider, nous allons
vous dire quelles ont été les réponses de quatre de vos camarades
qui ont passé l'expérience la semaine dernière... » Les quatre
« réponses » sont alors lues lentement par l'expérimentateur. Les
sujets subissent par groupes de cinq ; mais c'est
uniquement pour des raisons de commodité matérielle : dans
l'expérience précédente, les participants avaient communication
de la réponse de chacun d'eux et pouvaient identifier l'auteur
de chaque réponse Rj ; cette fois, les quatre réponses sont « déper
sonnalisées » — mais, dans les deux expériences, et cette simi
litude est plus importante que les différences pratiques, chaque
sujet peut confronter sa réponse à quatre autres réponses.
Six conditions expérimentales ont donc été réalisées, qui diffè
rent selon la dispersion et la centration des quatre informations
transmises. Des sujets différents sont utilisés dans chacune d'elles
(cf. tableau I).
TABLEAU I
Conditions expérimentales
Dispersion
Faible Forte
(distance 20 (distance 60
entre les extrêmes) entre les extrêmes)
Situation A : Situation D :
Informations communiquées : Informations communiquées : Centration
70, 77, 83, 90 50, 70, 90, 110 autour de 80
N : 51 (moyenne 80) N : 68 Ss. (moyenne 80)
Situation B : Situation E :
Informations communiquées : Informations communiquées : Décentration
80, 87, 93, 100 80, 100, 120, 140 à droite de 80
N : 61 (moyenne 90) N : 62 (moyenne 110)
Situation C : Situation F :
Informations communiquées : Informations communiquées : Décentration
à gauche de 80 60, 67, 73, 80 20, 40, 60, 80
N : 61 (moyenne 70) N : 67 (moyenne 50)
Note. — Les informations n'ont pas été communiquées dans l'ordre
indiqué dans le tableau, mais de telle sorte que les limites de la distribution
apparaissent. Ex. pour A : 77, 90, 70, 83 et de même dans les autres situations.
A. PSYCHOL. 66 8 .
114 MEMOIRES ORIGINA.UX
En se fondant sur le modèle descriptif et les résultats de la recherche
précédente, on peut prédire le signe et la quantité de changement de
chaque sujet à partir de la position et de la distance de sa réponse
initiale par rapport aux informations dont il dispose. Le raisonnement et
les indices étant les mêmes quelles que soient la dispersion et la tendance
centrale des informations communiquées, on devrait s'attendre à ce
que les résultats prédits et les résultats observés coïncident dans toutes
les situations. S'il apparaît une différence entre prédiction et observation
lorsque les informations sont fortement dispersées (D, E, F), on devra
conclure que le modèle proposé n'est valable que dans certaines limites
et appelle un plus complexe qui rende compte des résultats
quelle que soit la dispersion et des « marges de vraisemblance » dont
témoigne le comportement des sujets en face des réponses très fortes
ou très faibles qui leur sont communiquées.
I. — DISPERSION DES INFORMATIONS
ET CHANGEMENTS INDIVIDUELS
A) Signe des changements
Hypothèse. — Si la réponse Ra du sujet est inférieure ou
supérieure aux quatre informations communiquées, elle lui appar
aît comme nettement non confirmée par les informations de
référence ; il aura tendance à changer de réponse et à donner une
réponse plus forte après communication si sa réponse initiale est
inférieure aux quatre informations et plus faible après communic
ation si sa réponse initiale est supérieure aux quatre informations.
Résultats. — Le tableau II montre que l'hypothèse est vérifiée.
TABLEAU II
Signe du changement selon la position
par rapport aux informations
R: inférieures Rj supérieures aux informations Situations
j_ = N N
A 34 0 2 14 0 13 1 36
B 33 1 0 34 9 0 9 0
C 19 0 1 19 1 18 0 20
D 12 12 0 1 3 0 3 0
E 40 35 1 4 5 0 5 0
F •...:. 18 0 17 1
Note. — Quand la dispersion des informations est faible (A, B, C), il se
trouve un nombre important de sujets dont la R2 est supérieure ou inférieure
aux informations. Il n'en est pas de même lorsque la dispersion est forte
(D, E, F) : presque tous les sujets se trouvent dans la marge des informations
communiquées. DE MONTMOLLIN. INFLUENCE SOCIALE ET JUGEMENT 115 G.
b) Pour les sujets dont la réponse tombe dans la marge
des informations, on peut s'attendre à ce que la proportion des
signes -f et — soit moins abruptement différenciée. Les résultats
confirment bien cette hypothèse ; mais ils demandent une ana
lyse plus fine qui sera présentée plus loin (cf. quantité de chan
gement en fonction de la distance à la moyenne des cinq réponses).
B) Quantité de changement
1. Selon la position par rapport à la marge des informations
Hypothèse. — Un sujet dont la réponse initiale (Rt) est infé
rieure ou supérieure aux quatre informations tendra à considérer
sa réponse comme non confirmée par les informations transmises ;
de plus et dans tous les cas, chaque fois qu'un sujet tombe à l'exté
rieur de la marge des informations, il se trouve plus éloigné de la
tendance centrale de l'ensemble des cinq réponses disponibles
(Ri + 4 informations). On peut donc s'attendre à ce que le change
ment soit plus faible pour les sujets dont la R± tombe dans la marge
des informations que pour les qui tombent à l'extérieur.
Exemple de calcul pour la prédiction des changements
Situation A (informations communiquées : 70, 77, 83, 90).
Moyenne Tendance centrale Distance C**n&-
réelle de la distribution théorique des cinq réponses des Rj ^
Rx inférieures
aux informations (74—50) — 24 +24 741 50 Rx < 70
(N = 36)
R, dans la marjje — 2 des informations
70 < Rx < 90 77 79 (79—77) + 2 ■
(N = 18)
Rj supérieures + 30 aux informations
Rt > 90 117 87 (117—87) —30
(N = 14)
On peut donner une forme quantitative à cette hypothèse :
si le modèle est valable, on doit s'attendre à ce que le changement
soit, à peu de choses près, égal à la distance qui sépare la réponse
initiale (Rx) du sujet, de la moyenne des cinq réponses dispo
nibles pour ce sujet (4 informations + sa propre réponse Rj).
1 . Cette valeur est obtenue en faisant la moyenne de la moyenne des Rx (50)
et des quatre informations (70, 77, 83, 90). 116 MEMOIRES ORIGINAUX
Résultats. — Les valeurs de changement attendu et de
changement observé sont indiquées dans le tableau III.
TABLEAU III
Quantité de changement selon la position
par rapport aux informations communiquées
Rj dans la marge Rx inférieures Rx supérieures
aux informations des informations aux informations
Change1 2 Change1 2 Change1 2
ment ment ment ment ment observé1 ment attendu attendu observé attendu observé
Situations expéri
mentales
— 30 — 33,4 A + 0,5 + 24 + 2 + 22,3 — 0,4 — 26,6 B — 27 + 28 + 0,9 45 Change+ 23 — 6 Change50 Change— 26,4 — 29 C + 21 + 3,9 + 1 + 21,4
— 40 — 28 D + 5 + 33 + 24,6 + 5
— 40 — 28 E + 25,2 + 12 + 3,5
— 31,9 F + 1,5
Le tableau III appelle plusieurs remarques :
1° (Colonnes 2.) — L'hypothèse selon laquelle les sujets dont
la Ky tombe hors de la marge des informations changent davan
tage que ceux dont la Rx tombe dans la marge des informations,
est vérifiée dans tous les cas et toutes les situations. Cependant,
la variabilité des résultats pour les sujets « intérieurs » est plus
grande dans les situations D, E et F que dans les situations A,
B et C. Ce qui était prévisible, puisque dans les D, E
et F, certains sujets, bien qu' « intérieurs » aux informations, sont
cependant très éloignés de la tendance centrale des informations.
2° (Colonnes 1 et 2 de chaque classe de R^) — Les pré
dictions du modèle sont très proches des résultats observés pour
les situations A, B et C. On peut donc conclure que le modèle
est prédictif chaque fois que la dispersion des informations
communiquées est faible.
Par contre, les changements observés chez les sujets « exté
rieurs » (Rt inférieure ou supérieure aux informations) sont beau
coup moins proches des prédictions dans les situations D, E et F,
c'est-à-dire lorsque les informations communiquées sont très
dispersées.
Bien que le nombre de sujets dont la réponse tombe à droite
1. Les valeurs reportées dans les colonnes « Changement observé » sont
les moyennes des changements de tous les sujets de la classe. DE MONTMOLLIN. INFLUENCE SOCIALE ET JUGEMENT 117 G.
des informations dans les situations D (N : 3) et E (N : 5)1 soit
faible, on doit remarquer la cohérence de l'ensemble des résultats
pour tous les sujets extérieurs aux informations dans les situa
tions D, E et F. On pourrait conclure des différences entre
changement prédit et changement observé dans ces trois situa
tions, à l'existence de marges de vraisemblance : lorsque la disper
sion estiorte, les sujets ont tendance à réduire la marge utile d'i
nformations ; parce qu'ils jugent que certaines réponses sont trop
fortes ou trop faibles, ils ont tendance à n'en pas tenir compte
ou à ne pas leur donner le même poids. Les « marges de vraisem
blance » que nous posons à titre d'hypothèse, seraient, en quelque
sorte, l'analogue subjectif des « limites de confiance » statistiques.
3° On peut se demander si les différences entre prédictions
et observations, dans le cas des informations fortement dis
persées (D, E, F), ne proviendraient pas de ce que le calcul a
porté sur les valeurs brutes, alors que les écarts perçus par les
sujets correspondraient davantage à des valeurs logarithmiques,
comme cela se produit en psychophysique.
TABLEAU III bis
Valeurs logarithmiques
Rx dans la marge R1 inférieures Rj supérieures aux
des informations quatre informations aux informations
Change1 2 Change1 2 Change1 2
ment ment ment ment ment ment
attendu observé attendu observé attendu observé
Situations expéri
mentales :
— 0,14 — 0,15 A + 0,17 + 0.17 + 0,01 0
— 0,11 — 0,10 — 0 B + + 0,15 0,08 Change0,32 Change0 25 Change — 0,14 — 0.13 c + 0,15 + 0,17 + 0,01 + 0,03
— 0,18 — 0,10 D + 0,27 + 0,22 + 0,02 +
— 0,12 — 0,14 E + 0 17 + 0,01 + 0,04
— F + 0,02
Le tableau III bis correspond terme à terme au tableau précé
dent, mais les moyennes reportées ont été calculées sur les
logarithmes des valeurs brutes.
J. Dans le cas de F, il est facile d'expliquer la faiblesse de l'effectif par la
décentratiori des informations par rapport à 80 : les sujets doivent donner une
réponse supérieure à 140, limite supérieure des informations communiquées,
pour tomber à droite des informations ; or ce type de réponse est relativement
peu fréquent. Par contre, on ne peut expliquer la faiblesse de l'effectif pour la
situation D que par les aléas de la collecte des données ; car les réponses
supérieures à 110, limite supérieure des informations, ne sont pas rares dans
d'autres circonstances. i
,
'
i
'
i
i
'
MEMOIRES ORIGINAUX 118
On voit que l'observation et la prédiction se correspondent
de façon satisfaisante lorsque les informations sont groupées
(A, B, C) ; qu'elles ont tendance à s'écarter pour les sujets exté
rieurs aux informations lorsque celles-ci sont dispersées (D, E, F).
Il ne s'agit donc pas d'un simple phénomène de relativisation
des écarts des valeurs très faibles ou très fortes par rapport à
l'ensemble. Même lorsque les écarts sont traités de façon relative,
la réduction de la marge utile des informations apparaît.
•t- ; \.
c
-50 \ |
N\ # • cd
-^0
\ •
• * - -30 \
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-20 NN
-30 • N\

Changement-
-50 Ns •
s
-60 *\
• \ \ \ V
Fig. 1. — Relation entre distance et changement dans la situation A
2. Selon la distance au centre de la distribution
des cinq réponses disponibles
Hypothèse. — Au lieu d'utiliser une diiïérenciation par classes,
on peut utiliser un indice de distance qui a pour eilet d'alïiner
les résultats, particulièrement pour les sujets dont la réponse Rx
tombe dans la marge des informations.

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