Invariance de l'ordre des préférences et transitivité dans une situation de choix successifs. (Etude génétique) - article ; n°1 ; vol.73, pg 37-49

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L'année psychologique - Année 1973 - Volume 73 - Numéro 1 - Pages 37-49
Résumé
Cette recherche montre que l' intransitivité des jugements de valeur diminue vers 7-8 ans, que, d'autre part, l' invariance de l'ordre des préférences après deux types de transformation, augmente avec l'âge, et qu'enfin il n'y a que peu de différence entre deux types de matériel.
Deux directions ont été envisagées pour interpréter l'augmentation de l' invariance des choix en fonction de l'âge. Toutes deux font intervenir la mémoire, mais de façon différente. Un certain nombre de contrôles restent nécessaires, en particulier pour préciser les rôles respectifs de la présentation par paires et du nombre de présentations sur une éventuelle stabilisation des choix.
Summary
This study shows that intransitivity in value judgments decreases towards 7-8 years, also that invariance in preference order, after two successive transformations, increases with age and finally that there were few differences when using two kinds of material.
Two hypotheses have been suggested with regard to the increase in the invariability of choice with age. Both explanations include memory, but from different viewpoints. Certain necessary verifications have yet to be made, in particular : how paired presentations and the number of presentations influence a possible stability in choice order.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1973
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H. Lehalle
Invariance de l'ordre des préférences et transitivité dans une
situation de choix successifs. (Etude génétique)
In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 37-49.
Résumé
Cette recherche montre que l' intransitivité des jugements de valeur diminue vers 7-8 ans, que, d'autre part, l' invariance de
l'ordre des préférences après deux types de transformation, augmente avec l'âge, et qu'enfin il n'y a que peu de différence entre
deux types de matériel.
Deux directions ont été envisagées pour interpréter l'augmentation de l' invariance des choix en fonction de l'âge. Toutes deux
font intervenir la mémoire, mais de façon différente. Un certain nombre de contrôles restent nécessaires, en particulier pour
préciser les rôles respectifs de la présentation par paires et du de présentations sur une éventuelle stabilisation des
choix.
Abstract
Summary
This study shows that intransitivity in value judgments decreases towards 7-8 years, also that invariance in preference order,
after two successive transformations, increases with age and finally that there were few differences when using two kinds of
material.
Two hypotheses have been suggested with regard to the increase in the invariability of choice with age. Both explanations
include memory, but from different viewpoints. Certain necessary verifications have yet to be made, in particular : how paired
presentations and the number of presentations influence a possible stability in choice order.
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Lehalle H. Invariance de l'ordre des préférences et transitivité dans une situation de choix successifs. (Etude génétique). In:
L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 37-49.
doi : 10.3406/psy.1973.27974
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1973_num_73_1_27974U.E.R. des Sciences du Comportement et de l Education
Université de Rouen
INVARIANCE DE L'ORDRE DES PRÉFÉRENCES
ET TRANSITIVITÉ
DANS UNE SITUATION DE CHOIX SUCCESSIFS
(Etude génétique)
par Henri Lehalle
SUMMARY
This study shows that intransitivity in value judgments decreases
towards 7-8 years, also that invariance in preference order, after two
successive transformations, increases with age and finally that there were
few differences when using two kinds of material.
Two hypotheses have been suggested with regard to the increase in the
invariability of choice with age. Both explanations include memory,
but from different viewpoints. Certain necessary verifications have yet
to be made, in particular : how paired presentations and the number of
presentations influence a possible stability in choice order.
Dans les situations habituellement étudiées en épistémologie
génétique, les contraintes imposées par l'expérimentateur sont
assez fortes puisqu'il sollicite des sujets l'application de règles
de déduction. Nous pensons qu'il est également intéressant
d'étudier l'aspect génétique de situations où les contraintes
seraient extrêmement faibles : pas de « bonne réponse » à trouver,
les sujets étant manifestement libres de répondre ce qu'ils veulent
et d'être, ou non, cohérents. C'est pourquoi nous avons choisi
d'étudier l'organisation des choix chez l'enfant. Les choix dont
il sera question correspondent à des jugements de valeur, c'est-
à-dire ici, à des préférences subjectives pour des images ou des
couleurs. Il n'y aura donc aucun critère objectif permettant de MÉMOIRES ORIGINAUX 38
déterminer universellement si les réponses d'un sujet sont correctes
ou non.
Il faut insister sur le fait que ce qui nous intéresse c'est
l'organisation des choix, c'est-à-dire que l'objet choisi n'aura
pas, pour nous, une importance fondamentale en lui-même, car
nous étudierons simplement la cohérence interne des réponses
et donc la « forme » des choix plus que leur contenu. Notre travail
se différencie donc des études génétiques sur l'évolution des
critères de jugement telles que les ont menées certains auteurs
(Frances, 1966 ; Hildreth, 1936 ; Machotka, 1963).
Or, si l'on analyse la situation de choix, il semble qu'il s'agisse
de sérier selon une dimension (les préférences), des objets qui,
en fait, pourraient être décrits par les sujets selon plusieurs critères
parfois « incomplets » pour l'ensemble de choix considéré (Fla-
ment, 1960). Ainsi la hiérarchisation des préférences peut être
théoriquement considérée comme la mise en œuvre d'une rela
tion asymétrique et transitive, tout au moins en se référant
au sens habituel des termes « préférer X à Y ». Du point de vue
génétique, on sait d'autre part que les relations ne sont struc
turées opératoirement qu'à partir de 7-8 ans. Nous nous sommes
donc posé le problème d'un lien éventuel entre le développe
ment logico-mathématique et l'organisation des choix. Pour cela
nous avons étudié l'invariance de l'ordre des préférences sous
les « transformations » suivantes :
— La présentation du matériel : celle-ci pouvait être globale
(tous les éléments présentés ensemble) ou par paires (ce qui
nous permet d'observer si les choix sont transitifs).
— L'adjonction d'éléments nouveaux à un premier ensemble
d'objets possibles.
Précisons maintenant quelques hypothèses. Tout d'abord,
en ce qui concerne l'évolution de la fréquence des choix intrans
itifs en fonction de l'âge, une recherche de Fouilhé (1955) sur
les « hiérarchies de prestige » nous permettait de supposer que,
dans le domaine quelque peu différent qui nous intéresse ici,
on retrouverait une diminution de l'intransitivité des choix avec
l'âge. Des recherches en épistémologie génétique, on pouvait
d'autre part inférer que les jeunes enfants de 5-6 ans n'inter
préteraient pas la situation de choix comme étant une sériation.
Si, par ailleurs, les objets du matériel étaient d'utilité suffisa
mment voisine pour ces sujets, on pouvait s'attendre à ce que
la fréquence des choix intransitifs dans la comparaison par H. LEHALLE 39
paires corresponde à peu près à la probabilité au hasard. On
pouvait supposer par ailleurs, qu'à partir de 7-8 ans, les sujets,
interprétant la hiérarchisation des choix comme une sériation,
tenteraient de rendre leurs choix cohérents de ce point de vue.
On devait donc observer une diminution de la fréquence des
choix intransitifs sans atteindre forcément une absence totale
de ces choix. En effet, des facteurs autres que l'aspect proprement
logico-mathématique interviennent vraisemblablement, et d'autre
part, on peut mettre en évidence des cas d'intransitivité chez
l'adulte (Morrison, 1963 ; Edwards, Lindman, Phillips, 1965 ;
Parlebas, 1971).
En ce qui concerne l'invariance, nous avons simplement
supposé qu'elle augmenterait avec l'âge, soit qu'elle résulte
d'un désir du sujet de rendre ses choix plus cohérents, soit
qu'elle provienne d'une meilleure coordination des critères de
décision au fur et à mesure du développement.
Nous voulions également étudier l'efïet du nombre de critères
de choix possibles sur l'invariance. Nous avons pour cela varié
la nature du matériel en utilisant tantôt des images, tantôt
des couleurs. Notre hypothèse était que l'on observerait moins
d'invariance et plus d'intransitivité avec le matériel image qui
était supposé correspondre à plus de critères de choix. Mais
remarquons dès maintenant que, si le matériel couleur diffère
vraisemblablement du matériel image par le nombre de critères
de choix possibles, il est de ce fait moins discriminable du point
de vue des utilités.
Matériel
Des images prises dans les séries dites éducatives. Les images en
couleur de 8 x 6 cm représentaient des animaux sauvages pu domest
iques et des fleurs. Nous changions les images d'un enfant à l'autre.
Du papier gommé de différentes couleurs (rouge, bleu ciel, vert, marron,
blanc, noir, jaune, bleu marine, argenté et doré), de format 7,5 x 6 cm
et collé sur des cartons de 7,5 x 6 cm.
Méthode
Pour chaque sujet, les questions suivantes ont été posées sur le
matériel image, puis sur le matériel couleur, ou l'inverse (pour la moitié
des sujets). Pour quelques sujets au début de l'expérimentation, seul
le matériel image fut utilisé.
1) Choix initiaux : nous plaçons « n'importe comment » devant
l'enfant cinq objets et, après un certain temps d'observation, nous lui
demandons de désigner « le plus joli »..., « celui qu'il préfère »..., « celui 40 MÉMOIRES ORIGINAUX
qu'il aime le mieux », parmi les cinq. Nous l'écartons. Puis nous lui
demandons lequel il préfère maintenant parmi les quatre qui restent,
puis parmi les trois derniers. Nous obtenons ainsi un ordre initial des
préférences (ordre 1). Nous appellerons objet 1, l'objet choisi en premier,
objet 2, celui choisi ensuite, et objet 3, celui choisi en dernier.
2) Première transformation : présentation par paires : nous demandons
aux enfants de comparer chacune des trois possibles à partir
des trois premiers « choix initiaux » (objets 1 et 2 ,2 et 3, 1 et 3). Les
sujets devaient répondre en choisissant l'un des deux objets de chaque
paire. Deux cas peuvent alors se présenter : ou bien on ne peut pas
inférer un ordre de préférence car les choix sont intransitifs (ex. : 1 pré
féré à2,2à3,3àl),ou bien on peut inférer un ordre de préférence qui
est alors appelé « ordre 2 ».
3) Choix après adjonction de cinq objets nouveaux : nous ajoutons
cinq objets nouveaux que nous mélangeons aux cinq précédents. Puis
nous procédons comme en 1. Mais nous poursuivons jusqu'à ce que les
trois objets choisis initialement soient nommés. L'ordre de préfé
rence de ces objets est alors appelé « ordre 3 ».
Sujets
27 enfants de 5 ans (5;0 à 5;11), 26 de 6 ans (6;1 à 6;10), 30 de 7 ans
(7;0 à 7;11), 31 de 8 ans (8;1 à 8;11), 18 de 9 ans (9;0 à 9;10), 21 de
10 ans (10;0 à 10;ll), 30 de 11 ans (11;1 à 11;11) et 20 de 12 ans (12;0
à 12;11), environ moitié garçons et moitié filles, provenant de quelques
écoles maternelles, primaires et C.E.S. de la région rouennaise.
RÉSULTATS
I. — Pourcentage de choix intransitifs
DANS LA PRÉSENTATION PAR PAIRES
La figure 1 montre aux différents âges le pourcentage de
choix intransitifs. Rappelons que si, pour chaque paire, chaque
objet a une chance sur deux d'être choisi, comme il y a trois
paires, cela ferait huit patterns de choix parmi lesquels deux
intransitifs. Donc la probabilité de donner des choix intransitifs,
si l'on répond au hasard pour les trois paires, est de .25. C'est
par rapport à cette norme que nous avons testé chaque fréquence
(y? corrigé). Les résultats à ces différents tests peuvent se résumer
de la manière suivante :
— de 5à7 ans : les différences ne sont pas significatives sauf pour
le matériel couleur à 5 ans, où l'on observe une fréquence
d'intransitivité plus forte que le hasard ; H. LEHALLE 41
de 8 à 12 ans : toutes les différences sont significatives, le
plus souvent très largement (.01). Pour le matériel image,
à 8 ans et à 11 ans, la différence n'est significative qu'à .10.
Q17
__ Images
.... Couleurs
12 Ages
Fig. 1. — Fréquences des choix intransitifs aux différents âges pour le
matériel « images » et pour le matériel « couleur ». Au hasard p — .25. (Les
nombres entre parenthèses indiquent les effectifs à partir desquels ont été
calculés les pourcentages.)
II. — Effet de la première transformation
La figure 2 montre l'évolution en fonction de l'âge du nombre
de fois (en %) où l'ordre des choix est resté inchangé lorsque le
mode de présentation varie (présentation globale puis par
paires). On voit que la proportion de sujets pour lesquels les
choix restent inchangés augmente jusqu'à 9 ans. Si les sujets
répondaient au hasard, il y aurait une chance sur huit pour
que l'ordre des choix reste le même (les six ordres possibles plus
les deux cas d'intransitivité). C'est donc, là encore, contre cette
norme que nous avons testé les fréquences obtenues. Pour avoir
des effectifs théoriques suffisants, nous avons rassemblé les
résultats aux deux matériels, car ils peuvent être considérés
comme équivalents. La différence n'est pas significative à 5 ans,
mais elle le devient très largement dès 6 ans (.01). 42 MÉMOIRES ORIGINAUX
100
_ Images 90 » .. Couleurs
80
18
70
60 2l\ V 30 " 20
50
f
40 21 r
30 X
20
10
0
Fig. 2. — Fréquences de l'invariance dans l'ordre des choix après la
première transformation. Au hasard p = .125. (Les nombres entre paren
thèses indiquent les effectifs à partir desquels ont été calculés les pour
centages).
III. Effet de la seconde transformation
1) Pour la commodité de l'exposé, nous emploierons le
code suivant :
-f-+ signifiera que ordre 3 ordre 2 = ordre 1 ;
-| — 3 1 et ^ ordre 2 ;
(- — ordre 3 ordre 2 et ^ 1 ;
— ordre 3 2 ^ ordre 1.
2) Pour estimer la probabilité que l'ordre 3 soit le même
que l'ordre 2 ou (non exclusif) que l'ordre 1 si nos sujets répon
daient au hasard, il est nécessaire de distinguer trois cas :
— si ordre 1 = ordre 2, p ( + +) = 1/6 (.166) et p ( ) =
5/6 (.834) ( — + et -| étant impossibles) ;
— si ordre 1 ^ ordre 2, p ( h) =p (H ) = 1/6 (.166),
p ( ) = 4/6 (.666) ( + + étant impossible) ;
— le cas où les choix, dans la présentation par paires, sont
intransitifs ne sera pas retenu, étant donné le petit nombre
de cas observés à partir de 7-8 ans. i
LEHALLE 43 H.
3) Le tableau I regroupe les résultats selon le code énoncé
ci-dessus (fréquences non conditionnelles). Il permet de se rendre
compte que la variable matériel n'a pas d'effet systématique.
TABLEAU I
Fréquences non conditionnelles des patterns
de réponses aux différents âges
pour le matériel images (I) et pour le matériel couleurs (C)
. — — + - + +
Ages
I G I C I C I c
85,2 70,5 5 3,7 0 11,1 11,7 0 17,6
(27) (17) (27) (17) (27) (17) (27) (17)
19,2 15,4 19 15,4 19 50 43 6 19
(26) (21) (26) (21) (26) (21) (26) (21)
36,7 25 20 8,3 16,6 20,8 26,6 46 7
(30) (24) (30) (24) (30) (24) (30) (24)
22,2 32,2 3,7 8 48,5 59 3,2 16,1 14,8
(31) (31) (27) (31) (27) (27) (31) (27)
55,5 46,7 11,1 20 5,5 0 27,8 33,3 9
(18) (15) (15) (15) (18) (15) (18) (18)
10 57 63 19 10,5 4,7 10,5 19 15,8
(21) (19) (21) (19) (21) (19) (21) (19)
10 20 26,6 11 50 46,6 20 23,3 3,3
(30) (30) (30) (30) (30) (30) (30) (30)
12 60 55 25 25 5 15 10 5
(20) (20) (20) (20) (20) (20) (20) (20)
-f + = (ordre 3 = ordre 1 = ordre 2).
— -j- = 3 = 2) A (ordre 3 i= ordre 1) A (ordre 1 ^ ordre 2).
H = (ordre 3 = ordre 1) A 3 # 2) A 1 # 2).
= 3 # 1) A (ordre 3 ^ ordre 2)
A [(ordre 1 = 2) V (ordre 1 ^ ordre 2)].
(Les nombres entre parenthèses indiquent les effectifs à partir desquels
ont été calculés les pourcentages.)
4) Les figures 3 A et 3 B rassemblent les fréquences conditionn
elles des patterns observés pour les deux cas distingués au § 2.
La figure 3 A montre donc, en fonction de l'âge, les fréquences
du pattern -f- + sous la condition ordre 1 = ordre 2 (le pat
tern , complémentaire du pattern + + sous cette condition,
n'a pas été représenté). La figure 3B montre, en fonction de
l'âge, les fréquences des patterns 1-, H et . Ces patterns
sont complémentaires sous la condition ordre 1 ^ ordre 2.
Compte tenu de ce que nous venons de dire en ce qui concerne MEMOIRES ORIGINAUX 44
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
11 12 Ages
33 24
Fig. 3 A. — Fréquences du pattern ( + + ) (ordre 3 = ordre 2 = ordre 1)
dans le cas où ordre 1 = ordre 2. Rappelons que, au hasard, p( + + ) = .166
etp( ) = 1 — P( + + ) = .834. (Les nombres entre parenthèses indiquent
les effectifs à partir desquels ont été calculés les pourcentages.)
la variable matériel (§3), nous avons regroupé, pour ces fr
équences, les résultats aux images et aux couleurs, ce qui nous
permet d'avoir des effectifs plus importants. Nous observons,
en fonction de l'âge, une augmentation de l'invariance de l'ordre
des préférences qui se traduit par une augmentation de la
fréquence des patterns -\--\- et une diminution de celle des
patterns . L'application d'un y? pour tester contre la
probabilité au hasard est dans la plupart des cas rendue imposs
ible à cause du petit nombre des effectifs théoriques. Et, quand
elle est possible (cf. figure 3 A de 7 à 12 ans)... elle ne se justifie
plus, compte tenu de l'importance de la différence observée.
Dans l'ensemble, on remarque qu'à 5 ans, les différences observées
tendent à se rapprocher de la probabilité au hasard, et qu'à
partir de 6 ans, elle commence à s'en différencier : les réponses les
moins probables qui sont aussi celles qui témoignent de l'inva
riance, deviennent de plus en plus fréquentes. Ces résultats sont
à rapprocher de ceux obtenus après la première transformation.
5) On peut enfin se demander, lorsque ordre 1 ^ ordre 2
si l'ordre 3 est plus souvent identique à l'ordre 1 ou à l'ordre 2.
La figure 3 B montre une plus grande fréquence du pattern f-, H. LEHALLE 45
100 %
90 .... _,_ ___ Pattern Pattern-* +- —
80
70
». 60
/
50 \
40
30 / *•
/ / \ ':( ? 20
10
23 11 12 15 Ages
Fig. 3 B. — Fréquences des patterns h (ordre 3 = ordre 2) -\ (or
dre 3 = ordre 1) et (ordre 3 ^ ordre 2 ^ ordre 1) dans le cas où or
dre 1 # 2. Rappelons que, au hasard, p( (-) = p (H ) = .166 et
p ( ) = .666. (Les nombres entre parenthèses indiquent les effectifs à
partir desquels ont été calculés les pourcentages.)
surtout pour les sujets plus âgés. Nous avons appliqué le test
du signe aux résultats bruts (c'est-à-dire sans rassembler les
résultats aux deux matériels). La différence est significative
à .05. L'ordre 3 est donc plus souvent identique à l'ordre 2
qu'à l'ordre 1.
DISCUSSION
1) L'ÉVOLUTION DE LA TRANSITIVITÉ DES CHOIX
Nos résultats montrent assez nettement une diminution
du nombre de réponses intransitives de 5 à 8 ans, âge où les
fréquences d'apparition de ces réponses diffèrent significative-
ment du hasard. Ceci confirme nos hypothèses, mais il faut
remarquer que notre situation diffère des situations habituelle
ment utilisées pour étudier la transitivité par deux aspects au
moins :
— Le caractère subjectif de la dimension à ordonner : alors
que dans les situations habituelles, il existe des critères object
ivement mesurables pour ordonner les objets (ex. : le poids, la

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