Invertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 277-299

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 277-299
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1913
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b) Invertébrés
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 277-299.
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b) Invertébrés. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 277-299.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1913_num_20_1_4355PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 277
La lampe ne brillait qu'un instant, et l'on pouvait ne laisser partir
l'enfant, comme l'animal, qu'un temps déterminé après l'extinction
de la lampe.
Au début, pour apprendre, on laisse partir l'animal avant d'étein
dre, ensuite on recule son départ de plus en plus jusqu'à ce qu'on
détermine la limite maxima du délai.
En fait, tous les sujets, enfants et animaux (sauf un rat), se mont
rèrent capables de réagir correctement malgré l'absence du stimulus
lumineux au moment du départ.
Le délai maximum a été de dix secondes chez les rats, vingt-cinq
chez les ratons, de cinq minutes chez les chiens et vingt-cinq minut
es chez les enfants.
On a noté l'attitude, l'orientation, au moment du départ, et
constaté ainsi que chez les ratons, c'est cette orientation qui
explique la plupart des réactions ; mais, chez les rats, les chiens
et les enfants, il y a un facteur interne, non visible, qui agit en
certains cas chez les animaux, et toujours sur les enfants.
Il y aurait bien un facteur représentatif, et l'auteur, se basant
sur l'introspection humaine, veut préciser sa nature chez les an
imaux — il peut évidemment le faire sans être contredit par eux —
et préfère y voir une attitude mentale correspondant à la pensée
sans image, une « pensée sensorielle », suivant son expression,
plutôt que de faire appel à des images.
Après tout, si c'est son goût.... H. P.
6) Invertébrés.
I. METALNIKOW. — Sur la faculté des Infusoires d' « apprendre »
à choisir la nourriture. — B. B. (Réunion biologique de Saint-
Pétersbourg), LXXIV, 12, 1913, p. 701-703. — Comment les Infu
soires se comportent vis-à-vis des mélanges de diverses matières
colorantes. — Ibid., p. 704-705.
L'auteur, avec son élève Galadjièv, a repris et confirmé les pre
miers résultats qu'il avait obtenus sur la capacité d'apprendre des
Infusoires, et que nous avons signalés l'année dernière.
Les expériences ont porté sur des cultures de Paramécies ; on
compte chez un certain nombre de ces Infusoires les vacuoles
digestives formées en présence d'une certaine substance, on
remet les autres dans une infusion de foin fraîche, puis on les
replace en présence de la même substance, on refait une numérat
ion de vacuoles, et ceci plusieurs fois. On constate ainsi que la
persistance du contact avec une substance sans valeur nutritive
entraîne la suppression de la formation des vacuoles.
Avec la sépia et le carmin, la réaction négative apparaît au bout
de plusieurs jours; avec le Soudan, le phosphore rouge, elle se
manifeste déjà au bout de quelques heures; le phosphore tue
d'ailleurs un certain nombre d'Infusoires ; avec des sels inso
lubles de plomb et d'arsenic, l'intoxication est rapide et se produit 278 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
avant que les Infusoires aient pu acquérir une réaction négative,
en sorte que ceux-ci meurent en masse,
En mélangeant à une substance vis-à-vis de laquelle les Infusoires
ont acquis une réaction négative d'autres pour lesquelles leur
réaction est positive, on. constate que, même à ces dernières, s'étend
la négative acquise.
Ainsi les Paramécies absorbent la sépia, les bactéries, l'alum
inium, et acquièrent vis-à-vis du carmin la réaction négative; le
mélange du carmin avec la sépia, l'aluminium, les bactéries(B. coli),
entraîne une réaction négative généralisée, tandis que le mélange
de sépia avec les bactéries ou l'aluminium ne gêne en rien l'absor
ption. H. P.
J. S. SZYMANSKI. — Ein Beitrag zur Frage über tropische Fortb
ewegungen (Contribution à la question des déplacements tropiques).
— Pf. A., vol. 154, 1913, p. 343-364.
L'auteur distingue deux sortes de mouvements tropiques. Dans
certains cas, l'animal se dirige avec une vitesse relativement grande,
et sans hésitation apparente, soit dans la direction même de la
source excitante, soit dans la direction opposée, suivant le signe
du tropisme. Dans d'autres cas, l'animal se dirige très lentement,
et par un chemin sinueux, dans la direction commandée par le tr
opisme, et s'arrête de temps en temps, comme s'il était incertain de
la route à tenir, pour exécuter des mouvements d'essai, dans dif
férentes directions. L'animal semble se diriger d'après la méthode
de l'essai et de l'erreur. Ces faits sont depuis longtemps connus.
L'auteur les étudie sur différents invertébrés (Tenebrio molitor,
Vanesso lo, Hyponomeula evonymella, Biston stratorius, Aulastornum
gulo, Lumbricus terrestris) et aboutit aux conclusions suivantes :
Dans chaque espèce, on trouve des individus présentant l'une ou
l'autre des deux espèces de mouvements tropiques; les individus
qui, pour des raisons internes ou externes, ont une grande mobilité,
se déplacent rapidement en ligne directe, sans mouvements d'essai,
suivant leur tropisme. Ceux qui ont au contraire une faible
mobilité se déplacent lentement en ligne sinueuse, et exécutent des
mouvements d'essai. L'auteur émet ensuite quelques hypothèses
à vérifier, qui permettraient de relier cette différence, dans la
réaction des individus à leurs tropismes, à leur plus ou moins
grande mobilité. Henri Laugier.
S. J. HOLMES et K. W. MC GRAW. — Some experiments on the
method of orientation to ligt (Quelques expériences sur la
méthode d'orientation vis-à-vis de la lumière). — J. of an. B., III,
S, 1913, p. 367-373.
Mast a émis l'hypothèse que la lumière n'agirait jamais que par PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 279
ses variations d'intensité, et que les réactions des animaux relève
raient toujours de la sensibilité différentielle.
Cette hypothèse ne paraît pas exacte aux auteurs, qui invoquent
"les phénomènes de mouvements de manège chez les insectes dont
on a noirci un œil, vers le côté normal ou vers le côté
aveuglé (qui ne sont d'ailleurs jamais absolument réguliers ni
constants) ; et ils ont procédé à une série d'expériences très ingé
nieuses.
Ils ont construit un petit disque mobile à suspension telle qu'une
impulsion extrêmement faible suffise pour le mettre en mouvement;
des insectes furent placés sur ce petit disque (des papillons comme
Pieris rapse et Melitsea chalcedon et des diptères de la famille des
Tachinides), et ils furent placés de manière à recevoir un éclairage
latéral; dans ces conditions on peut admettre qu'il y a sensibilité
différentielle quand ils cherchent à se tourner vers la lumière;
mais cet effort ne réussit qu'à faire tourner le disque en sorte que
leur position ne change pas; et pourtant, ils continuent, sous l'i
nfluence de la lumière, dont l'action cette fois reste bien cons
tante, à essayer de tourner.
Les auteurs en concluent que la stimulation continue due à
l'éclairement joue dans la plupart des cas d'orientation le principal
rôle. H. P.
WILSOM GEE. — Modifiability in the Behavior of the California
shore- Anemone Cribrina xanlogrammica Brandt (Modificabilité du
comportement de V actinie littorale de Californie Cribrina...). — J . of
an. B., III, 5, 1913, p. 305-328.
L'auteur a fait d'intéressantes observations sur cette actinie du
Nouveau Monde, qui, soumise à l'émersion dans la zone de balance
ment des marées, se ferme en gardant une certaine quantité d'eau
et évite ainsi la dessiccation, mais qui laisse échapper cette eau quand
elle est excitée, suivant un comportement que l'auteur note iden
tique à celui du Bunodactis Artemisia décrit par Pickering et du
B. Down décrit par Verrill, et qui est connu depuis longtemps chez
l'actinie littorale très commune, Actinia equina, à laquelle j'ai con
sacré une série de travaux restés inconnus de l'auteur, dont la
documentation, soit dit en passant, est fort incomplète.
Chez Cribrina, il y a expansion diurne et contraction nocturne,
sans persistance rythmique, l'expansion ou la restant
permanentes à la lumière artificielle ou à l'obscurité continue ; la
présence d'algues inférieures dans les tentacules, le mésentère,
l'endoderme de la colonne, fait penser à l'auteur qu'il y a là une
réaction adaptative, l'épanouissement de l'actinie favorisant la fonc
tion chlorophyllienne des algues commensales et la production
d'oxygène.
Je noterai que j'ai rattaché également des phénomènes d'épa
nouissement à la lumière de Y Actinia equina, à la production ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 280
d'oxygène dans l'eau de mer; depuis lors ayant constaté également
la présence constante chez A. equina de diatomées, de végétaux à
chlorophylle dans les tentacules, j'en suis venu à supposer aussi que
la libération interne d'oxygène chez l'actinie devait intervenir.
Chez A. equina, et d'ailleurs toutes les actinies que j'ai
observées, je n'ai jamais pu mettre en évidence de véritables
persistances rythmiques comme on en a signalé à tort.
Les principales recherches de M. Gee ont trait à la déterminat
ion du mécanisme qui fait ingérer à l'actinie à jeun toutes sortes
de matières, même non alimentaires, et qui lui fait refuser les
aliments lorsqu'elle a absorbé des substances déterminées, par
exemple du bouillon de bœuf, de l'extrait d'huîtres, et même du
chlorure de potassium ou du chlorure mercurique, tandis que le de sodium ou le chlorure de lithium en solutions isot
oniques restent sans effet.
Constatant que, avec les extraits organiques et les deux premiers
sels, il y a une abondante sécrétion de mucus qui fait défaut avec
les deux derniers, l'auteur suppose que c'est cette sécrétion de
mucus qui produit une perturbation de l'équilibre dans la nutrition
cellulaire et abolit les réactions de préhension des tentacules; il y
aurait là un effet local sur les tentacules, beaucoup plutôt qu'une
modification du comportement de l'actinie envisagée comme une
individualité.
Mais je ne puis admettre sans réserves cette hypothèse, ayant
constaté chez A. equina que le fait d'être rassasié n'agissait pas
seulement sur les réactions tentaculaires. Il y a là un point à revoir
de près, en tenant compte de différences spécifiques possibles.
H. P.
S. J. COLE. — Direction of locomotion of the Starifish Asterias for-
besi (Direction de la de l'astérie). — Journal of experi
mental Zoology, XIV, 1913, p. 1-32. — Experiments on coordi
nation and righting in the Starfish (Expériences sur la coordination
et la direction chez Vastérie). — Biological Bulletin, XXIV, 1913,
p. 362-369.
D'après des séries de 50 essais effectués sur dix individus, avec
un aquarium éclairé par-dessus, il y aurait bien une région anté
rieure physiologiquement unique et qui serait indiquée morpholo
giquement par la position du madréporite.
Il y aurait toujours tendance à mettre en avant cette région du
corps, qui devient nettement prépondérante, nettement antérieure
chez les oursins, à symétrie bilatérale.
Les expériences de section des nerfs radiaux ou du ruban oral
montrent à nouveau — c'est un fait déjà bien connu — que la coor
dination, l'unification des impulsions par action prépondérante
d'une région asymétrique de l'animal, se trouve par là même abolie.
H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 281
H. JORDAN. — Wie ziehen die Regenwürmer Blätter in ihre Röhren
{Comment les vers de terre entraînent des feuilles dans leurs trous).
— Zoologische Jahrbücher. Abtheilung für allgemeine Zoologie
und Physiologie, XXXIII, 1912, p. 95-106.
On a cru voir dans la manière dont les vers de terre faisaient
pénétrer des feuilles dans leurs trous des preuves d'intelligence
(Darwin) ou tout au moins d'ajustement réflexe.
Il n'y a rien de tel d'après les observations de l'auteur : Le lombric
saisit les feuilles (par succion du pharynx) n'importe où, et, lors
qu'elles n'entrent pas, les lâche et les reprend jusqu'à ce que la
position devienne favorable; dans la majorité des cas il se trouve
que la feuille finit par entrer la pointe en avant, mais c'est un
résultat de nombreux « essais et erreurs », suivant la conception de
Jennings. H. P.
PIERRE KENNEL. — Contribution à l'étude des fonctions des grands
tentacules des limaces rouges (Arion rufus). — C. R., CLVI, i,
1913, p. 87-90.
L'auteur a placé dans un labyrinthe formé de boîtes sans fond
posées sur le sol des limaces à tentacules intacts ou à tentacules
sectionnés, et il les a laissées pendant huit heures de nuit, puis, au
bout de ce temps, il a compté combien il y en avait de sorties; il a
constaté que 22 sur 30 des normales avaient trouvé l'orifice de
sortie, et seulement 8 sur 30 des opérées, et a conclu que les ten
tacules intervenaient dans le sens de la direction.
Il a à ce propos tâché de préciser les fonctions sensorielles des
tentacules, notant qu'il n'y avait pas de vision appréciable, et
probablement pas d'odorat, mais cette dernière assertion ne s'ap
puie que sur une expérience mal conçue dont les résultats ne prou
vent absolument rien.
En revanche, la rétraction des tentacules à l'approche d'un corps
chaud lui fait admettre une sensibilitité calorifique, les yeux étant
thermoscopiques. H. P.
J. S. SZYMANSKI. — Ein Versuch die für das Liebesspiel charak
teristischen Körper Stellungen und Bewegungen bei der Wein
bergschnecke künstlich hervorzurufen (Tentative pour provoquer
artificiellement chez Vescargot les différentes positions du corps et les
différents mouvements caractéristiques du jeu d'amour). — Pf. A.,
vol. 149, p. 471-483.
Avant l'accouplement, les escargots prennent certaines attitudes
et exécutent certaines combinaisons de mouvements caractéristiques
qui constituent le « jeu d'amour » (Liebesspiel). L'auteur a étudié et
analysé photographiquement ces différentes attitudes et a cherché ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 282
à reproduire isolément les différents mouvements élémentaires dont
elles se composent, en les suscitant par voies réflexes au moyen
d'excitations tactiles convenablement appliquées. Il a pu ainsi
déterminer un grand nombre de réflexes en touchant simplement
avec un pinceau différentes parties du corps de l'animal. Combi
nant ensuite convenablement les excitations tactiles, il a pu repro
duire chez l'escargot — en dehors de la période d'accouplement —
les attitudes et mouvements complexes, caractéristiques du «jeu
d'amour ». Ayant ainsi décomposé un comportement instinctif et
inné en une série de réflexes, il a donc pu reproduire toute cette
série chez des animaux, en dehors de la période d'accouplement.
Henri Laugier.
V. BAUER. — Zur Kenntniss der Lebensweise von Pecten jacobseus
L. in besonderen über die Funktion der Augen {Contribution à la
connaissance du mode de vie du Pecten jacobeeus L., et en particulier
sur la fonction des yeux). — Zoologische Jahrbücher. Abtheilung
für allgemeine Zoologie und Physiologie, XXXIII, 1913, p. 127-150.
Dans ces notes éthologiques, l'auteur signale que la rétraction
tentaculaire est provoquée par le passage rapide de très petites
ombres, mais non par des ombres plus grandes ou passant plus
lentement; il y aurait là, d'après lui, une réaction adaptative ame
nant la protection du Pecten contre les tentatives de petits poissons
prédateurs. Pour les petites ombres passant lentement, il y aurait
au contraire tension des tentacules du côté de ces ombrés.
Le Pecten reconnaît la présence d'une Astérie et s'élance au loin
alors par des mouvements caractéristiques de natation qu'on pro
voque à volonté avec un extrait d'étoile de mer.
Pour le mouvement de redressement par lequel le Pecten placé
sur la valve gauche se remet sur la droite, l'auteur pense qu'il est
probablement réglé par les yeux et les statocystes, bien se
produise à l'obscurité et même après section de la commissure
cérébro-viscérale. H. P.
KARL VON FRISCH et HANS KUPELWIESER. - Ueber den Einfluss
der Lichtfarbe auf die phototaktischen Reaktionen niederer
Krebse [Sur Vinftuence de la couleur de la lumière sur les réactions
phototactiques de Crustacés inférieurs), -r- Biologisches Centralblatt,
XXXIII, 9, 1913, p. 517-552.
Les auteurs, ayant établi que, lorsque des Daphnia pulex ou
Daphnia magna sont adaptées à une lumière blanche et uniformé
ment réparties dans un milieu, une augmentation de luminosité
provoque un phototropisme négatif, et une diminution, soit un photo
tropisme positif, si la diminution n'est pas trop grande, soit une
absence de réactions tropiques, mais en aucun cas un tropisme PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 283
négatif; ayant donc établi ces faits, ils constatent que la substitution
d'une lumière bleue à la lumière blanche, par interposition d'un
écran bleu entre les Daphnies et la source, provoque un phototro
pisme négatif, malgré la diminution de luminosité, et en revanche
que l'addition d'une lumière jaune à la lumière blanche, bien qu'en
traînant une augmentation de luminosité, suscite une réaction
tropique positive.
Dès lors l'action de la lumière bleue et celle de la lumière jaune
ne relèvent pas seulement de l'intensité lumineuse, mais impliquent
une influence spécifique des longueurs d'onde.
Dans le spectre (les auteurs étant restés dans les limites du spectre
visible), se montrent provocatrices de réactions positives les couleurs
rouge, jaune et verte jusqu'à la raie b, tandis que les couleurs
vert-bleue, bleue et violette ont une action inverse.
Les mouvements des yeux des Daphnies sont eux-mêmes influencés
en sens contraire parle jaune rouge et par le bleu (l'œil se tordant
du côté dorsal sous l'influence du jaune).
Enfin, chez Artemia salina, il y a une même dépendance des réac
tions phototactiques vis-à-vis de la qualité de la lumière.
Et les auteurs concluent qu'avec le même droit qu'ils ont de
parler de sens lumineux (Lichtsinn) en se fondant sur les réactions
à la lumière, ils peuvent parler de sens chromatique (Farbensinn)
chez ces crustacés, d'après les réactions spécifiques aux diverses
couleurs.
Seulement, le fait que deux seulement sont en rapport
avec les qualités chromatiques de la lumière, ne permettrait
d'admettre, jusqu'à plus ample informé, que deux catégories seul
ement de sensations chromatiques, l'une comprenant les ondes
courtes, l'autre les ondes longues. H. P.
HEINRICH BALSS. — Ueber die Chemorezeption bei Garneelen {Sur
la chémoréception chez les crevettes). — Biologisches Centralblatt,
1913, XXXIII, 8, p. 508-512.
Recherches faites à Naples sur le Palsemon [Leander) treillanus, au
point de vue du goût, comme sens chimique au contact, et de
l'odorat, comme sens chimique à distance.
Pour le goût, la recherche a surtout visé à déterminer la locali
sation du sens chimique, exploré avec des boulettes d'ouate imbibées
de jus de poisson ou de quinine. Il n'y a pas de réception chimique
au contact sur le telson ni dans les antennes; cette sensibilité appart
ient aux appendices buccaux, et — fait nouveau et intéressant, à
rapprocher de nombreuses localisations analogues (les barbillons
de certain poisson, le pied des mollusques) — aux pattes thoraci-
ques, l'exploration se faisant avec l'extrémité de la patte.
Pour l'odorat, les crevettes aveuglées ont manifesté des réactions
très nettes à un morceau de poisson placé à distance dans un
récipient à ouverture unique qui fut trouvé au bout de 4 à 5 minutes 284 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à une distance de 30 cm. ; la réaction olfactive s'est encore manif
estée après ablation des deux paires d'antennes. Où se trouve la
région sensible alors, dans les pattes, les appendices buccaux?
L'auteur n'a pu résoudre la question. Il signale que l'on n'a pu
morphologiquement différencier (Laubmann) les organes gustatifs
et les organes olfactifs des Décapodes. H. P.
THORBORY MARIE BRUNDIN. — Light reactions of terrestrial
Amphipods (Réactions à la lumière d? Amphipodes terrestres). — i.
of an. B., III, 5, 1913, p. 335-352.
Holmes, dans son travail sur le phototactisme des Amphipodes,
avait constaté que les Gammaridés aquatiques présentaient norma
lement une réaction négative constante, tandis que les formes ter
restres étaient positives; il fît étudier à l'auteur, son élève, deux
amphipodes semi-terrestres de la côte du Pacifique, vivant dans le
sable, en milieu humide.
Chez ces deux Orchestia, 0. traskiana et 0. pugettensis, d'habitat
un peu différent, il se manifeste un phototropisme positif, mais après
une réaction négative passagère chez 0. traskiana (comme 0. agilis)
vivant dans le milieu le plus humide ; corrélativement, il y a, à la
suite du noircissement d'un œil, mouvement de manège vers l'œil
normal chez 0. pugettensis, mais tantôt vers un œil, tantôt vers l'autre,
chez 0. traskiana.
En outre la sécheresse et la chaleur renforcèrent les réactions
positives; l'acide carbonique s'est montré sans effet notable.
L'auteur met en évidence ces influences du milieu et des condi
tions de vie sur les réactions à la lumière, y voyant des phéno
mènes d'adaptation du comportement. H. P.
NATHAN FASTEN. — The Behavior of a parasitic Gopepod, Lernœo-
poda Edwardsii Olsson (Le comportement d'un Copépode parasite). —
J. of an. B., III, 1, 1913, p. 36-60.
Étude d'un parasite, fixé aux ouïes de la truite (Salvelinus fontina-
lis) exclusivement, et dont le développement se fait presque entièr
ement dans le sac à œufs maternel, la vie libre ne durant guère plus
de deux jours; pendant la vie libre, ce copépode a un mouvement
de natation hélicoïdal ; il réagit positivement à une lumière intense,
et reste indifférent à une lumière faible, ce qui l'entraîne à nager
le jour à la surface et à retomber au fond la nuit sous l'influence
de la pesanteur.
Ce comportement vis-à-vis de la lumière n'est pas modifié par
l'augmentation de la température ni par l'action de différents agents
chimiques (chlorure de sodium, chlorate de potassium, sulfate de
cuivre, chlorure de calcium, acides tartrique, oxalique, chlorhy-
drique et sulfurique), un renversement du phototropisme pouvant
se produire avec les acides nitrique et acétique, le sulfate de
magnésie et l'eau oxygénée. H. P. ZOOLOGIQUE 285 PSYCHOLOGIE
H. C. STEVENS. — Acquired specific reactions to color (Chromo-
tropism) in Oregonia gracilis (Réactions acquises spécifiques aux
couleurs chez gracilis). — J. of an. B., III, 3, 1913,
p. 149-178.
Recherches sur un crabe oxyrhynque d'Amérique, possédant à
un haut degré Finstint de déguisement, et portant le nom vulgaire
de « crabe décorateur ».
En plaçant successivement une série d'individus dans un box
ouvrant par une porte étroite sur un aquarium divisé en deux
parties semblables, éclairées avec des verres de couleur différents,
on notait, sur un certain nombre d'essais, vers quelle couleur se
dirigeaient le plus souvent les crabes.
En les plaçant avant les essais dans des aquariums colorés,
l'auteur a constaté que cela influençait leurs réactions, qu'il se
produisait un « chromotropisme »; en effet la couleur choisie est le
plus souvent celle même à laquelle l'animal a été préalablement
soumis.
Voici les résultats obtenus, les chiffres indiquant le total des
choix de chaque couleur.
* et Total nombre
Couleur préalable. Rouge. Jaune. Vert. Bleu. Blanc, d'individus.
Rouge 6 3 2 12 14 (2)
Jaune 1 6 4 1 4 16 (2)
Vert 5 4 10 4 5 28 (4)
Bleu 1 0 3 8 4 16 (2)
En revanche, ce « chromotropisme » se montra sans effet sur le
choix des algues ou des papiers donnés aux crabes, dans le dégui
sement. Le crabe aveuglé se déguise encore, et les sensations tac
tiles seules suffisent à déclancher l'instinct, comme cela a été
constaté avec certains oxyrhynques d'Europe.
Il resterait à savoir si, en l'absence de sensations tactiles, la vue
pourrait alors suffire pour provoquer encore le déguisement;
l'auteur en doute, mais il pose la question sans la résoudre, l'élim
ination des sensations tactiles étant plus difficile que celle des sen
sations visuelles. H. P.
J. E. W0ODSEDALEK. — The réactions of certain Dermestidae to
light in different periods of their life history (Les reactions de
certains Dermestides à la lumière, à différentes périodes de leur vie).
— J. of an. B., III, I, 1913, p. 61-64.
Le Trogoderma tarsale, qui est un fléau des musées d'histoire
naturelle, manifeste un phototactisme négatif durant la vie larvaire,
qui s'accentue avant la pupaison, persiste au début de la vie des
adultes jusqu'après la fécondation chez les mâles, la ponte chez les
femelles, et cède alors progressivement la place à une réaction
positive.

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