J. von Kries et Nagel, Influence de l'intensité lumineuse et de l'adaptation sur la vision des dichromates J. von Kries, Sur les systèmes de vision des couleurs J. von Kries, Sur les systèmes dichromates de vision des couleurs. Cécité partielle pour les couleurs J. von Kries, Sur la vision de la zone de la rétine douée d'une cécité totale pour les couleurs J. von Kries, Sur la cécité pour les couleurs de la périphérie de la rétine J. von Kries, Sur la sensibilité absolue de différentes parties de la rétine pour un œil adapté à l'obscurité Breuer, Influence des pigments de la tache jaune sur les équations des couleurs Martius, Influence de l'intensité lumineuse sur la clarté des sensations de couleurs Sherman, Sur le phénomène de Purkinje dans la vision centrale - compte-rendu ; n°1 ; vol.4, pg 467-487

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L'année psychologique - Année 1897 - Volume 4 - Numéro 1 - Pages 467-487
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1897
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Victor HenriJ. von Kries et Nagel, Influence de l'intensité lumineuse et de
l'adaptation sur la vision des dichromates__**__J. von Kries, Sur
les systèmes de vision des couleurs__**__J. von Kries, Sur les
systèmes dichromates de vision des couleurs. Cécité partielle
pour les couleurs__**__J. von Kries, Sur la vision de la zone de
la rétine douée d'une cécité totale pour les couleurs__**__J. von
Kries, Sur la cécité pour les couleurs de la périphérie de la
rétine__**__J. von Kries, Sur la sensibilité absolue de
différentes parties de la rétine pour un œil adapté à
l'obscurité__**__Breuer, Influence des pigments de la tache
jaune sur les équations des couleurs__**__Martius, Influence de
l'intensité lumineuse sur la clarté des sensations de
couleurs__**__Sherman, Sur le phénomène de Purkinje dans la
vision centrale
In: L'année psychologique. 1897 vol. 4. pp. 467-487.Citer ce document / Cite this document :
Henri Victor. J. von Kries et Nagel, Influence de l'intensité lumineuse et de l'adaptation sur la vision des dichromates__**__J.
von Kries, Sur les systèmes de vision des couleurs__**__J. von Kries, Sur les systèmes dichromates de vision des couleurs.
Cécité partielle pour les couleurs__**__J. von Kries, Sur la vision de la zone de la rétine douée d'une cécité totale pour les
couleurs__**__J. von Kries, Sur la cécité pour les couleurs de la périphérie de la rétine__**__J. von Kries, Sur la sensibilité
absolue de différentes parties de la rétine pour un œil adapté à l'obscurité__**__Breuer, Influence des pigments de la tache
jaune sur les équations des couleurs__**__Martius, Influence de l'intensité lumineuse sur la clarté des sensations de
couleurs__**__Sherman, Sur le phénomène de Purkinje dans la vision centrale. In: L'année psychologique. 1897 vol. 4. pp.
467-487.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1897_num_4_1_2933SENSATIONS VISUELLES 467
Cette vision triple est encore un phénomène très intéressant et qui
a été bien étudié par Javal. On vient d'en lire l'explication. Voici
maintenant quelques faits qui montreront dans quelles circonstances
elle peut se produire:
« La fausse projection réapparaît surtout au moment où la project
ion correcte se superpose à l'image du bon œil » (p. 322). (Auto-observ
ation d'un strabique opéré.) Elle peut persister pour la vision péri
phérique, alors qu'elle a disparu pour la vision centrale (p. 362).
— « Je regarde, dit un strabique, le bouton d'une porte — deux
images directes, — j'essaie de placer le doigt au point de croisement
des axes visuels, de manière que ce doigt m'apparaisse simple : or,
je trouve qu'en déplaçant le doigt pour en superposer les deux images
au moment où elles se rapprochent et se couvrent à peu près, j'en
aperçois une troisième sur la droite; cette observation est très nette
et très sûre » (p. 337). Dans une autre expérience, il lui semble voir
les deux images monoculaires seulement d'une manière alternative.
Voici encore d'autres observations intéressantes de la même personne:
« J'éprouve donc ce sentiment : 1° qu'il n'y a qu'une seule image
pour l'oeil gauche (qui en voit deux); 2° qu'elle peut occuper deux
positions différentes, sans qu'il y ait transport de l'une à l'autre;
d'autre part, quand on a observé l'image dans une position donnée,
on en garde le souvenir, alors qu'elle apparaît dans une autre position
(le changement s'étant effectué sans que rien en avertît) ; de là l'ill
usion de deux images » (p. 332). La même personne signale encore la
maladresse de l'œil gauche qui reporte l'image tantôt ici tantôt là ;
l'incertitude extrême dans l'appréciation de la position de cette image
par rapport à celle de l'œil sain ; les doubles images monoculaires
« n'ont pas de netteté, au moins l'une d'elles » (p. 332); « je n'ai pas
pu ; en couvrant brusquement un œil, conserver la diplopie de l'autre .>>
(p. 322). Chez une autre personne au contraire cette diplopie, dans les
mêmes conditions, a pu être constatée (p. 3S0).
B. Bourdon.
J. v. KR1ES und NAGEL. — Ueber den Einfluss von Lichtstaerke und
Adaptation auf das Sehen des Dichromaten (Grünblinden) (Influence
de l'intensité lumineuse et de V adaptation sur la vision des
dichromates). Zeitsch. fiirPsych. und Physiol. d.Sinn., XII, p. 1-39.
J. v. KRIES. — Ueber Farbensysteme (Sur les systèmes de vision des
couleurs). Zeitsch. fur Psych. und Phys. d. Sinn., XIII, p. 241-
325.
J. v. KRIES. — Ueber die dichromatischen Farbensysteme (par
tielle Farbenblindheit) (Sur les systèmes dichromates de vision des
couleurs. Cécité partielle pour les couleurs). Centralbl. für Physiol.,
X, 1896, p. 148-152. ANALYSES 468
J. v. KRIES. — Ueber das Sehen der total farbenblinden Netzhaut
zone (Sur la vision de la zone de la rétine douée d'une cécité totale
vour les couleurs), Centralbl. für Physiol., X, 1897, p. 746-749.
J. v. KRIES. — Ueber die Farbenblindheit der Netzhautperipher
ie (Sur la cécité pour les couleurs de la périphérie de la rétine).
Zeits. für. Psych, und Phys. der Sinn., XV, p. 247-289.
J. v. KRIES. — Ueber die absolute Empfindlichkeit der verschiede
nen Netzhauttheile im dunkeladaptierten Auge (Sur la sensibilité
absolue de différentes parties de la rétine pour un œil adapté à
l'obscurité). Zeits. für Psych, und Phys. der Sinn., XV, p. 327-352.
BREUER. — Ueber den Einfluss des Makulapigments auf Farben
gleichungen (Influence des pigments de la tache jaune sur les équa
tions des couleurs). Zeitsch. für Psych, und Physh. d. Sinn., XIII,
p. 464-474.
MARTIUS — Ueber den Einfluss der Lichstaerke auf die Helligkeit
der Farbenempfindungen (Influence de Vintensilé lumineuse sur la
clarté des sensations de couleurs). Beitrœge z. Psychol. u. Philosoph.,
I, p. 161-172.
SHERMAN. — Ueber das Purkinjesche Phaenomen im Centrum der
Netzhaut (Sur le phénomène de Purkinje dans la vision centrale).
Philosoph. Studien, XIII, p. 434-479.
Le nombre des travaux que l'on publie en Allemagne sur les sen
sations visuelles croît d'année en année, et si on parcourt la table des
matières des Revues de psychologie, on voit que plus de la moitié des
travaux sont relatifs aux sensations visuelles ; ainsi, pour ne prendre
qu'un exemple, la Revue principale « Zeitschrift für Psychologie und
Physiologie der Sinnesorgane » contient dans les quatre volumes
parus cette année 51 articles, dont 29 sont consacrés aux sensations
visuelles. Il faut de plus ajouter que dans les Revues de physiologie et
d'ophtalmologie on publie aussi quelquefois des travaux sur les sen
sations visuelles et très rarement sur d'autres sensations.
Il y a en somme, en Allemagne, une surproduction de recherches
sur la vision, et il est à craindre que cette direction ne nuise pas
aux autres branches de la psychologie. Les raisons qui expliquent
la prédominance des études sur la vision sont, je crois, les suivantes :
1° Les méthodes d'étude sont tout indiquées pour les sensations
visuelles, tandis qu'elles ne le sont pas aussi bien d'autres ques
tions de psychologie; par conséquent, un commerçant qui arrive dans
un laboratoire peut facilement, à l'aide des livres, se mettre au cou
rant des méthodes qu'il faut employer, et il est d'avance assure
qu'en suivant ces méthodes il arrivera à des résultais profitables
qu'il pourra publier. SENSATIONS VISUELLES 469
2° En Allemagne les directeurs des principaux laboratoires de
psychologie sont chacun partisans d'une certaine théorie de la
vision des couleurs; ils s'occupent beaucoup des sensations visuelles
au point de vue théorique; ils ont par conséquent toujours un
certain nombre de problèmes et de point particuliers relatifs aux
sensations visuelles qu'ils voudraient voir élucidés et ils donnent
volontiers aux commençants à faire des expériences sur ces questions.
De plus deux physiologistes distingués, Hering etKRiES, et un physi
cien, A. Kciknig se'sont spécialisés sur les sensations visuelles. Ils ont
chacun une théorie de la vision des couleurs et ils poursuivent
continuellement des recherches en vue d'élucider différents points
théoriques.
3° Enfin l'étude des sensations visuelles a une supériorité sur les
autres sensations et surtout sur les processus psychiques supérieurs:
c'est la possibilité d'arriver à des résultats bien plus précis que pour
les autres sensations.
Les études sur les sensations visuelles doivent être divisées en
deux groupes complètement distincts : le premier consacré à la vision
des couleurs, et le deuxième à la perception de l'espace. Nous parle
rons ici des études principales qui ont paru, cette année, sur la vision
des couleurs.
La plupart de ces recherches expérimentales sortent du laboratoire
de Kries à Fribourg en Brisgau. Ce physiologiste s'occupe depuis
plusieurs années presque exclusivement des recherches sur la vision,
et nous avons donné dans les années précédentes des analyses de
ses travaux qui ont tous une marque de grande originalité et qui se
rattachent toujours à des points théoriques importants. Il en est de
même aussi des travaux que ce savant a publiés cette année; ils cons
tituent tous d'une part une critique approfondie de la théorie de la
vision des couleurs de Hering et, d'autre part, ils apportent des argu
ments nouveaux en faveur de la théorie de Kries, d'après laquelle la
fonction des cônes doit être distinguée de la fonction des bâtonnets
de la rétine; nous y reviendrons encore dans la suite.
Kries s'est attaché dans ses dernières recherches à l'étude des
anomalies dans la vision des couleurs chez des individus atteints de
cécité partielle pour les couleurs, et puis à l'étude de la perception
des clartés par les parties périphériques de la rétine et par les points
situés dans le voisinage de la tache jaune. Parlons d'abord des études
sur les cas anormaux.
On sait que, d'après la théorie de Hering, chaque couleur a une
certaine valeur blanche (Weisvalenz) ; rappelons en deux mots le
sens de ce terme : il existe, d'après Hering, dans l'appareil visuel trois
substances chimiques différentes; l'une d'elles sert aux sensations de
rouge et vert, l'autre à celles de bleu et jaune, et enfin le troisième
sert aux sensations de blanc et noir. Or, chaque rayon coloré agit
d'après Hering plus ou moins sur cette troisième substance; il équi- 470 ANALYSES
vaut à ce point de vue à une quantité déterminée de lumière blanche,
il a donc une certaine valeur blanche; pour déterminer la valeur
blanche d'une couleur trois procédés peuvent être employés, toujours
d'après la théorie de Hering : 1° on compare la couleur avec des
teintes grises plus ou moins foncées dans une chambre noire avec
un éclairement extrêmement faible, pour lequel on voit chaque
couleur comme une teinte grise et non colorée; 2° on compare dans
la vision indirecte la couleur avec différentes teintes grises; on sait, en
effet, que sur les bords du champ visuel tout objet coloré nous
apparaît comme étant d'un gris plus ou moins foncé; 3° il existe des
individu? qui ont une cécité complète pour toutes les couleurs; on
leur donne à comparer les différentes couleurs avec différentes teintes
grises et à chercher celles qui leur paraissent être égales. Toutes ces
trois méthodes donnent, d'après Hering, des résultats concordants
pour les valeurs blanches des différentes couleurs; nous verrons que
Kries trouve des résultats différents parla 2° et parla 1'° méthode.
On sait qu'en mélangeant deux couleurs spectrales dans des propor
tions bien déterminées on peut obtenir une couleur qui paraisse être
identique à une certaine couleur spectrale intermédiaire; ainsi en
mélangeant une quantité qv de rouge avec une quantité q±
de jaune, on obtient une couleur identique à un oranger spectral
d'une intensité q3. On dit que l'on a formé une équation colorée
{Farbengleichung) et on écrit cette équation de la manière suivante:
qfi+q2 J = q3 0.
Où R, J et 0 représentent les couleurs rouge, jaune et orangé que
l'on a prises.
D'après la théorie de Hering, dans toute équation colorée la somme
des valeurs blanches des deux termes d'un côté est égale à la valeur
blanche de l'autre côté; ainsi, la somme des valeurs blanches de q%
parties de rouge et de qt parties de jaune doit être égale à la valeur-
blanche de qz parties d'orangé.
L'inexactitude de cette loi est prouvée dans le travail de Kries et
Nagel.
Les expériences ont été faites sur le docteur Nagel qui a une cécité
partielle pour les couleurs et appartient au type des « aveugles pour
le vert » (Grünblinde), d'après la nomenclature de Helmholiz. Chez ce
sujet on peut obtenir n'importe quelle couleur spectrale, en mélan
geant dans des proportions convenables une couleur rouge et une
bleue. La première série d'expériences a consisté dans la déterminat
ion quantitative des proportions dans lesquelles il fallait mélanger
la couleur rouge de 645 ,u[jl comme longueur d'onde avec la couleur
bleue de 460 [jl;j. pour obtenir des couleurs identiques aux différentes
couleurs spectrales. Les expériences ont été faites avec le spectros
cope double de Helmholtz qui permet de mélanger dans des pro- SENSATIONS VISUELLES 47l
portions voulues deux couleurs quelconques du spectre. Le sujet
était assis dans une chambre noire dont les volets ont été ouverts, et
entre chaque détermination il regardait par la fenêtre, de sorte que
son œil restait constamment adapté à la lumière. En regardant dans
l'oculaire de l'appareil il voyait un petit cercle (l'angle visuel corre
spondant à ce cercle était un peu inférieur à 2°), l'une des moitiés de
ce cercle était éclairée par une certaine couleur spectrale, tandis que
l'autre moitié était éclairée par le mélange de deux couleurs spec
trales, qui étaient dans le cas présent la couleur rouge et bleue indi
quées ci-dessus. En faisant tourner un nicol on pouvait faire varier
les proportions de chacune de ces couleurs. C'est ainsi qu'ont été
obtenus les résultats contenus dans le tableau qui se trouve un peu
plus loin. On voit par l'exemple de ce que pour obtenir un
mélange identique à la couleur de 525 \j.\x comme longueur d'onde, il
faut prendre 26 parties de la couleur rouge et 12 parties de la bleue.
Dans la deuxième série d'expériences les auteurs ont déterminé les
clartés de chaque couleur spectrale pour un éclairage très faible. On
sait qu'en regardant avec un œil adapté pour l'obscurité une couleur
spectrale sous un éclairage très faible, cette couleur apparaît comme
une teinte grise plus ou moins foncée ; par conséquent en comparant
cette couleur avec différentes teintes grises, on peut déterminer quan
titativement la clarté de la couleur spectrale pour l'éclairement très
faible, cette clarté est désignée par Kries par le nom « Dämmerungsw
ert ».
Les résultats obtenus sont rapportés dans le tableau qui suit ; on
voit par exemple que pour la couleur rouge de 628 \xu, la clarté est
égale à 110, tandis que la couleur bleue de 525 \j.\x a une clarté égale
à 2055 unités. Remarquons ici que ces unités sont complètement arbi
traires, de sorte que les chiffres n'ont une signification que comparés
les uns aux autres. Ces expriment les « valeurs blanches »
des différentes couleurs spectrales, d'après la théorie de Hering.
Nous pouvons donc maintenant soumettre à une vérification la loi
de Hering d'après laquelle dans une équation colorée la valeur
blanche des deux côtés de l'équation doit être la même.
Le tableau suivant contient les résultats de cette vérification ainsi
que les résultats des expériences faites par les auteurs. La première
colonne du tableau contient les noms des couleurs spectrales étudiées,
dans la deuxième colonne sont données les longueurs d'onde de ces
couleurs. Dans la troisième et la quatrième colonne sont données les
proportions dans lesquelles il faut mélanger le rouge de 645 jjljj. avec
le bleu de 460 \x\x pour obtenir les différentes couleurs spectrales. La
cinquième colonne contient les valeurs blanches des différentes cou
leurs spectrales obtenues avec un éclairage très faible. La sixième
colonne contient la somme des valeurs blanches, du rouge et du bleu
que l'on mélange pour obtenir les différentes couleurs; si la loi de
Hering était exacte, les nombres de la cinquième colonne devraient ■
'
.
472 ANALYSES
être égaux aux nombres de la sixième colonne ; or, on remarque
qu'il y a une divergence très notable et pour montrer encore plus
nettement cette entre l'observation et la théorie de Hering,
nous donnons dans la dernière colonne le rapport des nombres de la
cinquième et de la sixième colonne. Ce rapport, au lieu d'être con
stamment égal à l'unité, varie de 0,46 à 126; par conséquent la loi
de Hering n'est pas exacte. Tel est le résultat principal du travail de
Kries et Nagel.
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— 628 — 2,1 79 110 53
615 — 107 254 63 4 ( 603 — 147 276 70 3,9 Orangé. .
— i 591 — 151 599 64 9,2
581 — 137 1 276 57 22 ( L 571 — — 124 47 2 061 44
561 — 103 2 477 38 65 Jaune . . 552 — 82 2 930 30 98
544 — 64 3 027 24 126
536 — — 52 2 820 33 85
525 — 41 6,3 2 055 38 54
515 — 26 12 1 576 68 23
505 — 15 28 Vert . . . 1 015 82 12
496 — 7,7 36 697 106 6,6
488 — 3,7 48 486 135 3,6
480 — 1,6 62 318 139 2,3
1 469 — 0,9 64 263 152 1,7
460,8 — Bleu . . . 0,3 70 146 146 1
/ 448 — 67 46 91 0,5
436 — 47 17 0,4C 37
Expliquons par un exemple la signification des chiffres du tableau
qui résume tout le travail de Kries et Nagel. Soit la couleur verte de
Ö25 [xfjt. comme longueur d'onde, pour obtenir un mélange identique
à ce vert il faut mélanger 41 parties de rouge avec 6,3 parties de bleu.
Lorsqu'on regarde ce vert sous un éclairage très faible, il paraît équi- SENSATIONS VISUELLES 473
valent à un gris dont la clarté est représentée par le nombre 2055 ; la
clarté du rouge sous un éclairage très faible est égale à 36 et celle du
bleu dans les mêmes conditions à 146. La clarté du mélange (rouge
-fbleu)sous un faible éclairage est égale à38; si la théorie de Hering
était exacte elle devrait être égale à 2055, on voit que l'écart est très
grand et ne peut guère être attribué à des erreurs d'observation.
On se demande naturellement comment expliquer ce résultat, pour
quoi sous un faible éclairage la clarté des deux membres de l'équa
tion n'est pas la même? Kries l'explique par sa théorie de la diff
érence de fonction des cônes et des bâtonnets de la réline; on connaît
déjà cette théorie i qui a été fondée sur des observations du phéno
mène de Purkinje et des images consécutives ; nous rappelons ici en
quelques mots cette théorie. Kries admet que les bâtonnets de la ré
tine sont excités par tous les rayons lumineux, sauf les rouges et que
dans ces cas ils donnent lieu toujours à la même, sensation blanc
grisâtre ; ces bâtonnets jouissent d'un grand pouvoir d'adaptation et
fonctionnent surtout dans l'obscurité lorsqu'il s'agit de percevoir de
faibles éclairages. Les cônes, au contraire, en étant excités par les
rayons de différentes couleurs donnent lieu à des sensations colorées,
ce sont eux qui servent à la perception des couleurs, mais excités par
certains mélanges de rayons, les cônes peuvent aussi donner lieu à
des sensations de blanc. Enfin, les cônes ne jouissent pas d'un pou
voir d'adaptation comme les bâtonnets et, de plus, ils sont surtout
excités par des rayons d'intensité moyenne ou forte.
Lorsqu'on établit une égalité entre une couleur spectrale et le mé
lange de deux autres couleurs sous un éclairage moyen en étant
adapté pour la lumière, on regarde avec les cônes de la rétine, ce
sont eux qui dominent dans la production des diverses sensations.
Lorsque, au contraire, on est adapté pour l'obscurité par un séjour
dans une chambre noire et que de plus on regarde des couleurs sous
uu très faible éclairage, les cônes n'entrent presque pas en action, ce
sont seulement les bâtonnets qui sont excités. L'excitabilité des bâ
tonnets n'étant pas la même que celle des cônes on doit donc s'a
ttendre à obtenir une divergence entre les observations faites à la
lumière du jour et celles faites à l'obscurité ; c'est cette divergence
qui est obtenue dans les expériences rapportées plus haut. Mais il y
aune possibilité de faire une contre-épreuve de la théorie de Kries;
en effet, on sait que la tache jaune de la rétine, le point qui corres
pond à la vision la plus nette, ne contient que des cônes, par consé
quent, si la théorie précédente est exacte, en regardant fixement des
surfaces colorées très petites; on ne devra plus avoir de divergence
entre les observations du jour et de l'obscurité, puisque ce seront seu
lement les cônes de la tache jaune qui fonctionneront dans les deux
cas.
(I) Voir mes analyses dans l'Année psychologique, vol. III, p. 371.

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