Jugement d'intermédiaire et représentation dimensionnelle des objets comparés : observations préliminaires - article ; n°1 ; vol.81, pg 103-121

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L'année psychologique - Année 1981 - Volume 81 - Numéro 1 - Pages 103-121
Résumé
Une approche théorique et expérimentale du jugement d'intermédiaire (un objet parait, ou non, aller entre deux autres) est proposée. L'hypothèse selon laquelle on pourrait rendre compte de ce jugement par un système de dimensions qui différencieraient les objets comparés est examinée. Quinze adolescents ont jugé, au cours de quatre séances, l'intermédiarité de formes visuelles planes, différenciées par des déformations de leur contour. Les résultats suggèrent quelques conclusions sur la comparabilité et l'intégration, par le jugement, d'aspects multiples de différenciation.
Summary
A theoretical and experimental approach is proposee, for judgements of betweenness. The hypothesis was examined that this judgement process can be interpreted in terms of a set of dimensions differentiating the compared objects. Fifteen adolescents, in the course of four sessions, judged the betweenness of two dimensional visual forms, differentiated by deformations in their contours. The results suggest the judgement process depends on comparison and integration of several differentiatin g aspects of the obfects.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1981
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Michel Gonzalez
Jugement d'intermédiaire et représentation dimensionnelle des
objets comparés : observations préliminaires
In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 103-121.
Résumé
Une approche théorique et expérimentale du jugement d'intermédiaire (un objet parait, ou non, aller entre deux autres) est
proposée. L'hypothèse selon laquelle on pourrait rendre compte de ce jugement par un système de dimensions qui
différencieraient les objets comparés est examinée. Quinze adolescents ont jugé, au cours de quatre séances, l'intermédiarité de
formes visuelles planes, différenciées par des déformations de leur contour. Les résultats suggèrent quelques conclusions sur la
comparabilité et l'intégration, par le jugement, d'aspects multiples de différenciation.
Abstract
Summary
A theoretical and experimental approach is proposee, for judgements of betweenness. The hypothesis was examined that this
judgement process can be interpreted in terms of a set of dimensions differentiating the compared objects. Fifteen adolescents,
in the course of four sessions, judged the betweenness of two dimensional visual forms, differentiated by deformations in their
contours. The results suggest the judgement process depends on comparison and integration of several differentiatin g aspects
of the obfects.
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Gonzalez Michel. Jugement d'intermédiaire et représentation dimensionnelle des objets comparés : observations préliminaires.
In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 103-121.
doi : 10.3406/psy.1981.28360
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1981_num_81_1_28360L'Année Psychologique, 1981, 81, 103-121
Laboratoire de Psychologie de la Culture
Université de Paris X, CNRS1
JUGEMENT D'INTERMÉDIAIRE
ET REPRÉSENTATION DIMENSIONNELLE
DES OBJETS COMPARÉS :
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES2
par Michel Gonzalez
SUMMARY
A theoretical and experimental approach is proposed for judgements of
betweenness. The hypothesis was examined that this judgement process
can be interpreted in terms of a set of dimensions differentiating the
compared objects. Fifteen adolescents, in the course of four sessions, judged
the betweenness of two dimensional visual forms, differentiated by defor
mations in their contours. The results suggest the judgement process
depends on comparison and integration of several differentiating aspects
of the objects.
1. Introduction et problématique
La recherche présentée ici propose une analyse de l'organi
sation des jugements d'intermédiaire, liée aux caractéristiques
des objets comparés. Le fait qu'un objet, un stimulus paraissent
ou non « aller entre » deux autres est l'objet d'un tel jugement
qui, semble-t-il, n'a pas suscité jusqu'à présent de recherche
expérimentale.
1. Laboratoire de Psychologie de la Culture (Equipe de recherche de
l'Université de Paris X, associée au cnrs), 162, rue Saint-Charles, 75740 Paris
Cedex 15.
2. La partie expérimentale de ce travail a été réalisée en collaboration
avec Jean Chaguiboff qui a assuré avec beaucoup de compétence la prépa
ration et la passation de l'expérience. 104 Michel Gonzalez
1.1. Structure descriptive et relation d'intermédiaire
Parler de caractéristiques des objets en suppose une descrip
tion. Cette description, qui représente les objets par des éléments
d'une même structure, vise à rendre compte des réponses qu'ils
suscitent. En ce sens, elle est d'abord une description des objets
médiatisés par une réponse. Divers modes de description ont
guidé l'analyse de réponses comparatives comme la similitude,
la discrimination et l'appariement. Ces descriptions se réfèrent
soit à des traits ou propriétés élémentaires caractérisant chaque
objet, soit à des classes d'appartenance éventuellement orga
nisées de façon hiérarchique, soit à des dimensions sur chacune
desquelles les objets sont situés. Les jugements de similitude et
de dissemblance ont, par exemple, été le plus souvent décrits
en référence à des dimensions qui différencieraient les objets
comparés (voir notamment Torgerson, 1965 ; Beals, Krantz et
Tversky, 1968 ; Shepard, 1974 ; Sjöberg, 1975). Mais plus récem
ment, Flament (1979) envisage la similitude jugée en termes de
propriétés ou traits communs ; Tversky (1977) considère conjoin
tement les et les traits spécifiques, alors que
Sjöberg et Thorslund (1979) centrent leur analyse sur les classes
d'appartenance ou catégorie communes.
La notion de dimension guidera ici l'analysé des jugements
d'intermédiaire. Cette perspective n'exclut d'ailleurs pas néces
sairement les autres car, comme le montre Restle (1961), de
telles approches apparemment irréductibles s'avèrent compat
ibles sous certaines conditions.
La propriété minimale qui est généralement exigée d'une
dimension, est qu'elle ordonne totalement l'ensemble des objets
sous étude (formes visuelles, sonores, couleurs, sons ou
plus complexes mais toujours comparables). Limitons-nous
d'abord au cas d'une dimension unique que révèle une seule
façon possible d'ordonner les objets. Cet ordre est compatible
avec une relation d'intermédiaire qui précise quels éléments
« vont entre » quels autres, si cette dernière se ramène à l'inter-
médiarité déduite de l'ordre considéré. Opérationnaliser une
dimension (l'ordre associé) par une relation d'intermédiaire
revient dans ce cas à définir les propriétés qui
assurent l'existence d'un ordre compatible avec cette relation
et permettent de le construire effectivement (voir la revue de
questions faite par Fishburn, 1971). Représentation des objets comparés 105
Plus généralement, une multiplicité de dimensions peuvent
différencier les objets comparés. Dans ce cas, un objet sera dit
entre deux autres, s'il l'est pour chacune des envisa
gées. Lorsqu'elle vérifie certaines propriétés (Gonzalez, 1979),
la seule donnée d'une relation d'intermédiaire assure l'existence
d'une telle description dimensionnelle, chaque dimension étant
identifiée à l'ordre près.
Une relation d'intermédiaire pourrait être associée à d'autres
structures que celle envisagée ici. Si les objets comparés sont
seulement décrits par un ensemble de traits, on dira par exemple
qu'un élément est entre deux autres s'il en partage les traits
communs et si chacun de ses traits est aussi celui d'un des
deux autres. Une relation d'intermédiaire a aussi été définie
sur des arbres (Defays, 1979) et certaines classes de treillis
(Sholander, 1952 ; Barbut et Monjardet, 1970, t. I, pp. 152-160).
1.2. Jugement et relation d'intermédiaire
Une relation d'intermédiaire peut-elle décrire de manière
adéquate des jugements ? Un jugement d'inter
médiaire est une réponse actuelle d'un sujet confronté à une
situation comparative. Cette réponse peut comporter des degrés
et être sujette à une plus ou moins grande incertitude. La
relation d'intermédiaire procède au contraire par tout ou rien
(un objet est ou n'est pas entre deux autres) et ne peut, à ce
titre, qu'être une approximation grossière de la réponse dont
elle est censée constituer le modèle.
Dans l'expérience qui a été réalisée, les stimulus comparés
(des formes visuelles planes) ont été choisis de telle sorte que
les dimensions qui les différencient puissent être identifiées sans
ambiguïté. Il devenait donc possible de spécifier la relation
d'intermédiaire associée à la situation des objets sur chacune
des dimensions. De là, certaines particularités des jugements pouvaient être appréciées à la lumière du modèle
d'intermédiarité explicité par la relation.
La première particularité concerne les effets éventuels de
similitude. Si l'on considère l'ensemble des stimulus qui vont
entre deux stimulus donnés, que l'on appellera leurs bornes,
celui dont la similitude à chacune des bornes est la même peut
être appelé un intermédiaire prototype. Il réalise sans doute un
état d'équilibre optimal pour la situation d'intermédiaire. Autre
ment, le stimulus ressemble davantage à une des bornes, 106 Michel Gonzalez
jusqu'à parfois se confondre avec. Dans ce cas limite, le jugement
d'intermédiaire ne discriminera peut-être plus ce qui « va encore »
de ce qui « ne va plus » entre les bornes. On fait donc l'hypothèse
ici que le rapport des similitudes aux bornes module les réponses,
ce dont ne rend pas compte la relation d'intermédiaire. La
similitude des bornes peut aussi constituer un facteur important.
Par exemple, la situation d'un intermédiaire prototype n'est
certainement pas la même selon que les bornes sont presque
confondues ou extrêmement dissemblables.
Le second point examiné concerne la contribution de chaque
dimension au jugement global d'intermédiaire. La relation d'inte
rmédiaire qui a été définie dérive d'un modèle conjonctif pour
lequel un objet est entre deux autres s'il l'est relativement à
chaque dimension, indépendamment de la contribution de cha
cune d'elles à la différenciation globale des objets comparés.
Cette hypothèse ne tient sans doute pas lorsque les poids des
dimensions sont déséquilibrés à un point tel que certaines
deviennent négligeables pour la situation comparative.
Le dernier point examiné montre comment la description
des objets est en fait une théorie de la réponse : plusieurs systèmes
de dimensions peuvent parfois décrire les mêmes objets, les
relations d'intermédiaire associées à chaque système différant
sensiblement. L'analyse des jugements d'intermédiaire permet
de dire si un des systèmes est plus pertinent que les autres ou si,
au contraire, il est nécessaire de prendre en compte un système
plus large formé de dimensions partiellement redondantes.
2. L'expérience
2.1. Les stimulus
L'investigation a été restreinte à quatre types ou classes
de formes visuelles noires, définies par un contour fermé :
PS. II (cf. fig. 1), FL.II (fig. 2), TR.I (fig. 3) et EG.I (fig. 4).
Les jugements d'intermédiaire ont porté toujours sur trois formes
de même type qui présentent une assez grande homogénéité.
Ceci provient du fait que chaque forme est une déformation
régulière d'un même contour, selon un ou plusieurs paramètres
spécifiés.
Sans décrire en détail ces stimulus, on notera que les formes
de type PS. II diffèrent uniquement par leur aplatissement. Représentation des objets comparés 107
Par contre, deux aspects séparables du contour différencient les
formes de type FL.II et TR.I (par exemple, l'ouverture de la
partie haute et l'allongement de la pointe basse des FL.II;
cf. fig. 2). Si deux aspects suffisent aussi à distinguer les EG.I,
ils ne peuvent être identifiés de façon univoque du fait qu'ils
opèrent sur la même région du contour. Citons comme aspects
de différenciation possibles, la longueur de la flèche, son orien
tation, son épaisseur et son ouverture.
2.2. Les tests (situations comparatives)
La tâche de chaque sujet consistait à juger si un stimulus,
dit stimulus pointé, lui paraissait ou non « aller entre » deux
autres, appelés les bornes. Chaque situation comparative ou test
était ainsi caractérisée par deux bornes et un stimulus pointé.
Les objectifs auxquels répond le choix des 97 tests décrits au
cours de l'analyse des résultats peuvent être exposés brièvement.
Un ordre unique des PS. II est induit par leur mode de
construction (cf. fig. 1). Cet ordre caractérise totalement une
relation d'intermédiaire associée. La correspondance des juge
ments exprimés avec cette relation a été examinée en fonction,
d'une part, du degré de similitude des deux bornes et, d'autre
part, du degré de similitude du stimulus pointé à l'une des
bornes.
Une seule dimension distingue les deux bornes des tests
choisis dans FL. II et TR. I, la seconde étant fixée. Les stimulus
pointés sont toujours entre les deux bornes pour la dimension
qui les distingue, mais s'en écartent parfois par une légère défor
mation opérée sur l'autre dimension. La sensibilité des jugements
à cette particularité est examinée en fonction de la similitude des
deux bornes.
Enfin, les tests choisis dans EG.I examinent la question de
l'identification des aspects de différenciation pertinents pour
le jugement d'intermédiaire, lorsque plusieurs systèmes de des
cription sont envisageables a priori.
2.3. Les sujets et la procédure expérimentale
Quinze sujets âgés de 14 à 18 ans (7 filles, 8 garçons ; âge
moyen 16 ans) ont participé collectivement (par groupes de 3)
à cette expérience composée de 4 séances d'environ 55 ran
chacune, étalées sur une période totale de 8 à 12 jours.
Pour chaque test, les deux formes bornes étaient présentées 108 Michel Gonzalez
côte à côte, et la forme pointée en dessous, toutes trois centrées
aux sommets d'un triangle isocèle renversé. Un test donnait
lieu à 12 présentations successives (3 par séance) qui alternaient
la position droite-gauche des bornes. L'image (70x105 cm)
était projetée sur un écran situé à environ 2,80 m des sujets.
La succession temporelle des tests était identique pour tous les
sujets, alternant régulièrement les présentations des divers types
de formes. Un test était présenté une nouvelle fois après 112 autres
tests (les réponses à quelques tests présentés 6 fois seulement
ne sont pas analysées ici).
Les consignes familiarisaient les sujets avec la tâche. Elles
étaient enregistrées et couplées avec la présentation de 34 planches
d'exemples et d'entraînement, différentes des tests. La notion
d'intermédiarité n'était pas explicitée mais seulement illustrée
par des cas non ambigus. La familiarisation s'opérait de façon
progressive, sans induire par ailleurs une réponse spécifiée.
Les seules expressions utilisées étaient « va entre les deux »
ou « ne va pas entre les deux ».
A la fin de chaque présentation qui durait 5 s, le sujet devait
répondre (en 2,5 s) si la forme pointée lui semblait aller ou non
entre les deux bornes, en faisant glisser une carte numérotée
à droite ou à gauche. On demandait au sujet de toujours répondre,
en précisant pour terminer : « Parfois il peut vous être difficile
de prendre une décision. Fiez-vous toujours à votre impression
première. Tâchez de donner une réponse spontanée davantage
conforme à ce que vous voyez directement qu'à une comparaison
longuement réfléchie et élaborée. »
3. ANALYSE DES RÉSULTATS
3.1. Fiabilité et évolution temporelle
des jugements d'intermédiaire
Quelques caractéristiques générales des réponses d'interméd
iaire ont été examinées en premier lieu, notamment leur
« fiabilité » et leur évolution temporelle.
Les tests ayant été présentés 12 fois à chaque sujet, le
caractère plus ou moins oscillatoire ou incertain des réponses
individuelles a pu être estimé. Les réponses d'un sujet à un test
sont parfaitement fiables lorsqu'elles sont identiques au cours
des présentations successives. A l'inverse, on peut dire qu'elles Représentation des objets comparés 109
se distribuent « au hasard » s'il existe une probabilité p telle
que la fréquence de ses réponses positives (« va entre les deux »)
à tout test soit de loi binômiale (de taille 12 et de paramètre p).
Si, pour chaque sujet, cette dernière hypothèse a pu être écartée
(au seuil de .001, par un X2 d'ajustement à une loi binômiale
de chaque distribution des fréquences de réponses positives
aux tests), il convenait aussi de préciser globalement le degré
de fiabilité de l'ensemble des réponses de chaque sujet. L'écart
type de chacune des distributions individuelles a paru fournir
une réponse satisfaisante à cette question dans la mesure où
l'on pouvait en fixer la borne supérieure : 6 lorsque, systémati
quement, une moitié des tests suscitait une réponse positive
et l'autre moitié une réponse négative. Par ailleurs, l'écart
type d'une variable de loi binômiale de paramètre 1/2 et de
taille 12 est 1,732 (l'écart type d'une loi binômiale est maximum
pour p = 1/2). Par comparaison, les écarts types des distribu
tions individuelles avaient pour valeur moyenne 4,36. L'un
d'eux, égal à 2,32, se démarquait nettement des autres qui
étaient compris entre 3,92 et 5,09. Jugées trop peu fiables,
les réponses du sujet concerné ont été écartées de la suite de
l'analyse. Cette décision se justifie par le fait que chaque individu
constituait souvent l'unité d'interprétation.
Telle qu'elle vient d'être envisagée, la fiabilité appréhende
les jugements répétés de façon statique. Elle ne rend pas compte
d'une possible évolution temporelle des tendances de réponse.
Pourtant, ce phénomène s'est manifesté de façon sélective,
selon le type de formes présentées. Ainsi, la fréquence globale
de réponses positives aux 66 tests EG.I s'est-elle infléchie
régulièrement avec le temps, pour n'atteindre un palier qu'au
cours de la troisième séance (moyennes en pourcentages, pour
les 4 séances successives : 40,7 %, 31,3 %, 20,8 % et 20,8 % ;
sur l'échantillon des 14 sujets, lre contre 2e séance, /(13) = 3,67 ;
2e contre 3e séance, t(l3) = 3,80 ; différence significative à
p < .01). Cette raréfaction des réponses positives aux tests EG. I
semble d'ailleurs assez générale chez les sujets, tout en étant
plus ou moins marquée (corrélations calculées sur les sujets,
entre la fréquence globale de réponses positives d'une séance
à la suivante : r = .78, .76 et .95).
Par contre, les réponses aux 31 autres tests, PS. II, FL.II
et TR.I sont restées globalement stables au cours des séances
(moyennes des réponses positives en pourcentages, pour les 110 Michel Gonzalez
4 séances successives : 72,5 %, 73,7 %, 77,6 % et 76,6 %).
L'analyse des réponses test par test suggérera une interprétation
de ce résultat.
3.2. Intermediär ilé jugée et discrimination de formes
variant selon un seul aspect : les tests PS. II
Les formes PS. II ne diffèrent que par leur aplatissement
plus ou moins marqué, qui les ordonne selon leur indice alpha-
Fig. 1. — PS. II; les bornes (E, K) et (E, Q)
auxquelles sont comparées C, D, F, G et H
bétique (cf. fig. 1). Les 10 tests PS. II présentaient deux paires
de bornes, E et K d'une part, E et Q d'autre part, auxquelles
chacune des 5 formes, G, D, F, G et H, était comparée. Si l'on
se réfère uniquement à l'ordre induit par l'aplatissement, la
situation des formes pointées est la même dans les deux cas :
seules C et D ne vont pas entre les bornes.
Le tableau I présente les fréquences moyennes de réponses
positives à chaque test. Globalement, les jugements se sont
conformés à l'intermédiarité déduite de l'aplatissement, C et D
étant bien différenciées de F, G et H. La dispersion des fréquences
de réponses positives à chaque test montre cependant que
l'accord entre sujets était d'autant plus faible que la forme
pointée était plus semblable à la borne E : si H a fait pratique
ment l'unanimité, D a reçu de 0 à 11 jugements positifs, et F
de 1 à 12. La presque identité de la forme pointée à l'une des
bornes révèle ainsi des modes individuels de réponses qui diffèrent Representation des objets comparés 111
largement par leur plus ou moins grande parcimonie. Ge phéno
mène s'avère remarquablement stable lorsqu'une des bornes est
changée. C'est ce qu'atteste l'importance des coefficients de
corrélation calculés entre les fréquences de réponses d'interméd
iaire aux deux tests qui présentaient la même forme pointée
(tableau I, 3e ligne ; la corrélation relative à H ne signifie
pratiquement rien, tant les réponses sont unanimes dans les
deux situations confrontées).
Tableau I. — Fréquences de réponses positives (sur 12)
à chaque test PS. II
Forme pointée C D F G H
m... 2,9 11,4 11,7 Bornes 1 10,3 (E, K)
» (2,8) (ô) (1,7) (3,3) (1,6) (0,5)
m 0,8 2,4 8,9 11,1 11,9 (E, O)
(5) (2) (3) (2,5) (1,5) (0,4)
Effet du chan- r .91 .94 .86 .92 — —.26 0,81 ment de bornes l 1 1,96 3,51 1,75
Si les fréquences de réponses positives aux deux séries de
tests distingués par le choix des bornes paraissent pratiquement
parallèles, les bornes les moins semblables (E et Q) suscitent
cependant des réponses d'intermédiaire parfois moins fréquents,
l'écart étant d'autant plus sensible que la forme pointée se
confond avec la borne E (la seule différence significative, au
seuil p< .01, concerne d'ailleurs F; cf. tableau I, 4e ligne).
Ce résultat dont l'interprétation s'avère délicate sera discuté
plus loin, à la lumière des autres résultats.
3.3. Effet sur V intermediär ité jugée d'une déformation étrangère
aux bornes : les tests FL . II et TR . I
Deux paramètres contrôlent indépendamment l'ouverture de
la partie haute et l'allongement de la pointe basse des formes
de type FL.II (cf. fîg. 2). Chaque stimulus a été identifié par
deux indices, l'un alphabétique qui indique l'ouverture, l'autre
numérique qui indique l'allongement.
Les 12 tests FL.II ont été construits de la façon suivante :
pour chaque paramètre, deux paires de bornes emboîtées (c'est-à-

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