L'acquisition d'une latéralité d'orientation incorrecte chez le rat. I : Etude de deux conditions d'apparition de cette conduite - article ; n°1 ; vol.71, pg 7-17

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L'année psychologique - Année 1971 - Volume 71 - Numéro 1 - Pages 7-17
Résumé
Dans l'apprentissage d'orientation dans un labyrinthe en T où la latéralité de réponse motrice est l'indice pertinent, on constate qu'avec la méthode de parcours libre un certain nombre de rats acquièrent la réponse de sens incorrect. Nous avons étudié l'effet de deux conditions expérimentales supposées agir sur la latéralisation et ainsi permettre ou gêner l'apparition de cette conduite : la possibilité de retour au point de départ, et l'uniformité de la manipulation des rats par l'expérimentateur. Cette seconde variable s'avère beaucoup plus déterminante que la première.
Summary
In the response learning to a T-maze situation, it happens that some rats « learn » the incorrect response, when using the correction method. This is a study of two experimental conditions, supposed to influence the lateralization process and thus to improve or to impair the development of this behavior : the ability to retrace, and the standardization of the manipulation of rats by the experimenter. The last variable exerts much stronger effects than does the former.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1971
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Marc Blancheteau
Viviane Pouthas
L'acquisition d'une latéralité d'orientation incorrecte chez le rat. I
: Etude de deux conditions d'apparition de cette conduite
In: L'année psychologique. 1971 vol. 71, n°1. pp. 7-17.
Résumé
Dans l'apprentissage d'orientation dans un labyrinthe en T où la latéralité de réponse motrice est l'indice pertinent, on constate
qu'avec la méthode de parcours libre un certain nombre de rats acquièrent la réponse de sens incorrect. Nous avons étudié
l'effet de deux conditions expérimentales supposées agir sur la latéralisation et ainsi permettre ou gêner l'apparition de cette
conduite : la possibilité de retour au point de départ, et l'uniformité de la manipulation des rats par l'expérimentateur. Cette
seconde variable s'avère beaucoup plus déterminante que la première.
Abstract
Summary
In the response learning to a T-maze situation, it happens that some rats « learn » the incorrect response, when using the
correction method. This is a study of two experimental conditions, supposed to influence the lateralization process and thus to
improve or to impair the development of this behavior : the ability to retrace, and the standardization of the manipulation of rats by
the experimenter. The last variable exerts much stronger effects than does the former.
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Blancheteau Marc, Pouthas Viviane. L'acquisition d'une latéralité d'orientation incorrecte chez le rat. I : Etude de deux
conditions d'apparition de cette conduite. In: L'année psychologique. 1971 vol. 71, n°1. pp. 7-17.
doi : 10.3406/psy.1971.27717
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1971_num_71_1_27717L'ANNEE PSYCHOLOGIQUE
TOME LXXI (Fascicule 1)
MÉMOIRES ORIGINAUX
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
de la Sorbonne
associé au C.N.R.S.
L'ACQUISITION D'UNE LATÉRALITÉ
D'ORIENTATION INCORRECTE CHEZ LE RAT
I. — Étude de deux conditions d'apparition
de cette conduite
par Marc Blancheteau
avec la collaboration de Viviane Pouthas
SUMMARY
In the response learning to a T-maze situation, it happens that some
rats « learn » the incorrect response, when using the correction method.
This is a study of two experimental conditions, supposed to influence
the lateralization process and thus to improve or to impair the development
of this behavior : the ability to retrace, and the standardization of the
manipulation of rats by the experimenter. The last variable exerts much
stronger effects than does the former.
Le labyrinthe en forme de lettre T à deux entrées a été
principalement utilisé pour comparer l'orientation du rat en
quête de nourriture dans deux tâches différentes, qui dissocient
le rôle que jouent les indices spatiaux relatifs à l'organisme et
ceux qui sont fournis par l'environnement.
Dans l'apprentissage de lieu la nourriture est toujours placée
dans la même chambre de but, à laquelle l'animal doit se rendre
à partir de l'une ou l'autre branche d'introduction en tournant MEMOIRES ORIGINAUX 8
au carrefour dans le sens adéquat, c'est-à-dire soit à droite soit
à gauche en fonction de son point de départ (fig. 1 a). Dans
l'apprentissage de réponse au contraire, la nourriture est située
dans la chambre de but qui se trouve toujours du même côté
(à droite, par exemple) de la branche d'introduction ; le rat doit
donc simplement tourner au carrefour dans une direction
m m
/" *" /- * K J
si I 1
0 E 2 1 2 1
S
I 1
K J < s m
m
1 1
(a) (b)
ou Fig. selon 1. une — Parcours réponse motrice correspondant latéralisée à l'orientation [b). Dans vers le premier un lieu cas donné le rat (a)
trouve la nourriture au point K, tandis que dans le second il la trouve
en J ou K après avoir tourné à droite.
1,2: branches d'introduction ; J, K : chambres de but ; m : barrière
interdisant l'accès à la branche d'introduction non utilisée lors de l'essai
en cours.
constante, quelle que soit celle des deux branches par laquelle
il a été introduit (fig. 1 b). C'est cette seconde condition que
nous étudierons ici.
Classiquement, après une période d'indétermination initiale,
le rat finit par ne plus tourner que dans le sens correct, c'est-à-
dire celui qui le mène directement à la chambre où se trouve la
nourriture. C'est bien ce que nous avions constaté lors de notre
première expérience (Blancheteau et coll., 1964), mais en la
reprenant plus tard (Blancheteau, 1969) nous avons eu la surprise
de constater que certains rats apprenaient la réponse incorrecte,
c'est-à-dire qu'ils tournaient d'abord dans la direction les M. BLANCHETEAU, V. POUTHAS 9
menant à la chambre vide de nourriture, à partir de laquelle ils
se rendaient ensuite en droite ligne à celle qui en était pourvue
(nous utilisions la méthode de parcours libre). Ainsi, au terme
de six sessions journalières de six essais, 4 sujets sur 14 persévé
raient dans cette orientation qui apparaît comme un détour
inutile (fig. 2 b). Par la suite nous avons observé à nouveau cette
conduite dans une condition spéciale comportant la présence
d'un miroir au carrefour (Blancheteau et Konya, 1970).
Ce phénomène a été constaté avant nous par Wilcoxon et
Waters (1948) qui sont d'ailleurs les seuls à en faire mention :
utilisant un matériel semblable au nôtre et la même méthode,
ils ont observé que sur 42 rats soumis à l'apprentissage de réponse
motrice, 33 apprenaient la réponse correcte et 9 la
incorrecte. Leur expérience n'ayant pas pour but l'étude de ce
fait, ils l'ont noté sans chercher à quoi il était dû ; tel est au
contraire le but de la présente recherche.
PREMIÈRE EXPÉRIENCE
I. — Hypothèse :
ROLE DU RETOUR AU POINT DE DÉPART
Nous avions remarqué que, sauf dans trois essais, nos quatre
sujets mentionnés plus haut ne revenaient pas au point de départ
après être allés à la chambre vide, pour tourner ensuite dans
le sens correct et se rendre au but, comme le font souvent les
autres rats à la suite d'une première orientation incorrecte. Au
contraire, ils passaient directement d'une chambre à l'autre et de
ce fait le renforcement de la réponse motrice correcte (Rm -(-)
ne pouvait s'effectuer, puisque celle-ci n'était pas donnée. Nous
avons alors supposé que, parmi les sujets dont 1' « hypothèse
motrice » initiale était incorrecte, certains revenaient au départ
après avoir trouvé la chambre vide, et d'autres non : pour ces
derniers, le renforcement portait donc sur la réponse de parcours
total, bien que celui-ci ait les apparences, pour l'observateur
humain, d'un détour inutile. Par conséquent, s'il était possible
d'interdire le retour au départ aux rats qui l'effectuent sponta
nément, on pouvait penser que le renforcement différentiel des
réponses incorrectes (Rm — ) puis correctes (Rm -f ) au cours
d'un même essai (discrimination simultanée) serait impossible. 10 MEMOIRES ORIGINAUX
De la sorte, les sujets soumis à cette condition seraient amenés à
acquérir la réponse de sens incorrect (Rm — ) si leur hypothèse
motrice initiale les y dispose, de la même manière que les sujets
qui ne reviennent pas d'eux-mêmes au point de départ. En
somme, nous pensions pouvoir augmenter par ce moyen la
fréquence des cas d'apprentissage de Rm — par rapport à la
condition où le retour au départ est possible.
Rm- Rm +
III
(b) (c)
Fig. 2. — Divers parcours possibles dans le labyrinthe en forme de T
à deux entrées :
(a) Orientation selon la réponse correcte; (b) Orientation selon la
réponse incorrecte, sans retour au départ ; (c) Parcours comprenant une incorrecte (Rm — ), puis un retour au départ, puis une réponse
correcte (Rm +).
II. — Technique et méthode
Nous avons utilisé le même labyrinthe à allées en gorge, en forme de
croix, que lors de l'expérience précédente (Blancheteau, 1969), et
situé au même endroit qu'alors ; les 20 rats servant de sujets étaient
également des femelles Wistar CF albinos de 2 mois 1/2, soumises au
même préapprentissage que leurs congénères utilisés auparavant, afin
de les familiariser avec l'appareil.
Par contre, au niveau du carrefour, chaque branche d'introduction
pouvait être fermée de l'extérieur au moyen d'une porte rabattable de
bas en haut, qui empêchait le rat de revenir dans le couloir d'entrée
une fois qu'il s'était engagé dans l'une des chambres de but, du côté
correct aussi bien que du côté incorrect.
Comme dans l'expérience précédente, nous avons utilisé la méthode
de parcours libre (correction-method), à cette nuance près que le rat
qui s'est rendu d'abord au but incorrect est bien libre d'en ressortir
pour aller ensuite au but correct, mais non de revenir au départ. Nous
avons fait effectuer à chaque rat 6 essais ou parcours durant 6 jours.
Le critère de latéralité choisi était de 10 parcours consécutifs en tour
nant dans le même sens au carrefour. M. BLANCHETEAU, V. POUTHAS 11
III. — RÉSULTATS
L'expérience précédente avec possibilité de retour (Blanche-
teau, 1969) fournit un groupe contrôle, ou groupe C, servant
de base de comparaison aux résultats de l'actuel groupe expéri
mental (sans retour possible) ou groupe E.
Sur les 20 sujets du groupe E, tous ont atteint le critère de
latéralité de 10 Rm -f ou de 10 Rm — consécutives ; c'était
également le cas pour 13 des 14 sujets du groupe G dont un
seul rat s'est constamment dirigé au hasard. La comparaison
portera donc sur l'évolution des latéralités de 13 sujets pouvant
revenir à leur point de départ, par rapport à celle de 20 sujets
ne le pouvant pas.
Le résultat brut est le suivant : au 6e et dernier jour, 7 rats
du groupe E donnent systématiquement la Rm — contre 12 qui
donnent la Rm +, tandis que dans le groupe C on observait
4 cas de Rm — persistante contre 7 cas de Rm -f- bien acquise ;
ces proportions paraissent sensiblement équivalentes, et notre
hypothèse ne s'en trouve donc pas vérifiée.
Un examen plus détaillé des données ne modifie pas cette
conclusion, tout en précisant l'évolution du phénomène. Si l'on
tient compte en effet du premier critère de latéralité atteint
par chaque animal au cours des sessions d'essais successives,
on constate que dans chaque condition la réponse incorrecte
est acquise aussi souvent que la réponse correcte : 10 cas de Rm —
contre 10 cas de Rm -f- dans le groupe E, et 6 cas de Rm — 7 cas de Rm -f- dans le groupe G. Mais ensuite la stabilité
de ces latéralités est différente : 3 rats du groupe E et 2 rats du
groupe G ayant effectué 10 Rm — consécutives cessent ensuite
(un au 3e jour, deux au 4e et le dernier au 5e) d'effectuer syst
ématiquement le détour et quatre acquièrent la latéralité correcte,
au critère de 10 Rm + de suite, avant la fin de la 6e session ;
le cinquième (du gr. C) y parvient également lors d'une 7e
effectuée à titre de vérification. C'est ce qui explique qu'il y ait
finalement davantage d'orientations selon la Rm + que selon
la Rm — . Par contre, sur les 17 rats étant d'abord parvenus au
critère de 10 Rm + de suite, deux seulement (un dans chacun
des groupes) cessent ensuite de répondre correctement (au 4e jour)
sans tendre pour autant à fournir systématiquement des Rm — ;
l'un d'eux (du gr. G) parvient d'ailleurs à nouveau au critère
de Rm -f- lors d'une 7e session. Aucun des cinq rats convertis 12 MÉMOIRES ORIGINAUX
de Rm — en Rm + ne cesse ensuite de répondre correctement.
Le bilan de cette évolution pour chacun des deux groupes est
résumé dans la figure 3.
Nous pouvons donc dire que la latéralité Rm -f est plus
stable que la latéralité Rm — , mais que dans nos deux condi
tions d'expérience, leur probabilité d'apparition paraît équival
ente. Serait-ce dû à une égale fréquence d' « hypothèses motrices »
initiales correctes et incorrectes dans l'un et l'autre groupes ?
Fig. 3. — Evolution de la proportion P de sujets des groupes C et E
qui acquièrent ou perdent l'orientation correcte (Rm +) ou incor
recte (Rm — ), au critère de 10 réponses successives de même sens.
En fait non, car on constate dans chacun d'eux une majorité
de cas de latéralité initiale incorrecte, comme le montre le
tableau I. Or, malgré cette prédominance initiale, le critère
de 10 Rm — n'est pas acquis plus souvent en premier lieu que
celui de 10 Rm +, ce qui montre qu'en fait l'orientation correcte
a davantage de probabilité d'être acquise (et conservée) que
l'orientation incorrecte.
Les différences entre les groupes E et G sous le rapport du
caractère plus ou moins correct de la latéralité initiale moyenne
peuvent être tenues pour négligeables ; le petit nombre de
valeurs interdit d'ailleurs d'effectuer un test de médiane, et
le l de Student (= 1,06) n'est pas significatif. Notons que s'il
y a peu de latéralités initiales à tendance correcte dans le
groupe C, de son côté le groupe E comporte 5 sujets qui répondent
d'emblée de manière totalement incorrecte, soit un quart de
son effectif. M. BLANCHETEAU, V. POUTHAS 13
TABLEAU I
Influence de la latéralité initiale
et de son degré de correction
sur l'acquisition ultérieure
de l'orientation correcte ou incorrecte
au critère de 10 réponses consécutives de même sens
Groupe C
Nombre de réponses correctes au premier jour. 0 12 3 4 5 6 Totaux de rats atteignant ensuite 10 Rm + • 12 0 2 110 7
10 Rm— . 112 2 0 0 0 6 en premier lieu le critère de
Totaux 23241 10 = 13
Groupe E
Nombre de réponses correctes au premier jour. 0 12 3 4 5 6 Totaux de rats atteignant ensuite 10 Rm +. 110 2 3 2 1 10
en premier lieu le critère de 10 Rm—. 4 12 2 10 0 10
Totaux 5224421= 20
Groupe C + Groupe E
Nombre de réponses correctes au premier jour. 0à2 4 à 6 Totaux de rats atteignant ensuite ( 10 Rm + . 5 8 17
en premier lieu le critère de ( 10 Rm — . 11 1 16
9 =33 Totaux 16
A cet égard il est intéressant de constater sur le tableau I
que le sens initial de la latéralité ne préjuge pas absolument du
sens ultérieur de son évolution : 2 sujets sur les 7 qui fournissent
6 Rm — le premier jour parviennent ensuite directement au
critère de 10 Rm + consécutives. Par contre, sur les 8 rats
présentant 4 Rm + ou davantage le premier jour, un seul
évolue vers 10 Rm — successives par la suite. Ceci démontre
à nouveau que l'orientation correcte est plus facilement acquise
que l'incorrecte, mais il est non moins certain que l'expérience
d'un ou de plusieurs parcours corrects, lors du premier jour ou
des suivants, n'empêche pas forcément l'acquisition de la réponse
incorrecte.
Pour terminer, notons l'équivalence des performances d'ap
prentissage des deux groupes exprimées en taux d'essais
réussis (fig. 4) ainsi que le décours parallèle de leur indice de
latéralité moyenne, correcte ou non (fig. 5), comportant la
même chute au 4e jour, qui correspond à la perte de latéralité 14 MÉMOIRES ORIGINAUX
de quatre sujets (deux ayant acquis auparavant la Rm — et
deux autres la Rm +). Si cette équivalence nous autorise à
sommer les résultats finaux des groupes E et G, nous pouvons
dire que 11 rats sur 33 persistent dans l'orientation incorrecte ;
si l'on tient compte du biais initial qui affecte l'ensemble de
70 L
60 6-0 H
50 H
5-1- 40
30-
20- 4-2-
10-
0 3-3
2 3 4 2 3 4
Jours Jours
Fig. 4 Fig. 5
Fig. 4. — Croissance du taux d'essais réussis dans les groupes C et E.
Fig. 5. — Evolution dans les groupes C, E et E' de la latéralité moyenne,
allant de trois réponses chaque sens par session de six essais, jusqu'à
six réponses dans le même sens, correct ou incorrect.
notre population de sujets dans le sens d'une prédominance
de Rm — , cette proportion de 1 /3 reste comparable à celle
qu'avaient constatée Wilcoxon et Waters (1948).
IV. — Discussion
Au total, notre hypothèse n'est pas vérifiée, mais on peut
cependant dire que l'interdiction du retour, en supprimant toute
variabilité intra-essai des latéralités de réponse motrice des rats,
accélère le processus de latéralisation, comme en témoignent
les figures 3 et 5. Cependant, si la stabilité des Rm — est plus
faible que celle des Rm +, toute réduction de la variabilité
de latéralité sera favorable à leur apparition et à leur maintien :
à ce titre le facteur que nous avons mis à l'épreuve agit peut-être
dans ce sens, mais de manière peu sensible ; un autre facteur
de variation, inter-essais celui-là, doit être recherché. M. BLANCHETEAU, V. POUTHAS 15
SECONDE EXPÉRIENCE
I. — Hypothèse : artefacts de manipulation
Les expériences décrites ci-dessus ont été réalisées par nous-
mêmes comme seul manipulateur, ayant la pratique de ce
travail ; nous prenions soin notamment de traiter les rats de la
manière la plus uniforme possible. Un expérimentateur novice
réussit rarement à le faire, spécialement lorsqu'il introduit les
rats dans le labyrinthe, si bien que ses sujets débutent chaque
parcours dans des conditions sensiblement différentes. Tel était
d'ailleurs notre propre cas lors de la première expérience (Blan-
cheteau et coll., 1964) avec possibilité de retour au départ, où
aucun rat n'avait jamais fourni plus de quatre Rm — de suite.
De tels effets dus à la personnalité et à la pratique de l'expér
imentateur ont d'ailleurs été déjà mentionnés par Rosenthal
et Fode (1963). On pouvait dès lors supposer qu'en confiant
l'expérience concernant le groupe E décrite plus haut à des
manipulateurs novices, les résultats en seraient sensiblement
différents : d'une plus grande variabilité des réponses motrices
des rats, induite par celle de leur manipulation, doit s'ensuivre
un retard dans la latéralisation et donc une fréquence plus faible
d'acquisition de la Rm — .
II. — Matériel et méthodes
En ce qui concerne les sujets, le labyrinthe et la procédure d'expér
ience, les conditions sont identiques à celle du groupe E décrit plus
haut. Par contre la manipulation a été confiée à deux étudiantes novices,
chacune effectuant 8 séances de 6 essais avec 8 rats ; l'ensemble de ces
16 animaux forme le groupe E'.
III. — Résultats
Seulement deux rats ont présenté une Rm — systématique,
et ce à partir du premier ou du second essai, jusqu'au dernier
jour, sans un seul parcours correct. Au 6e jour, 5 rats seul
ement sur les 14 autres ont atteint le critère de 10 Rm + consé
cutives, soit environ deux cinquièmes de l'effectif. Cette pro
portion est la même que celle que nous avions observée lors
de notre première expérience, étant nous-même novice ; elle

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