L'acuité visuelle et l'acuité auditive chez les écoliers - article ; n°1 ; vol.26, pg 79-91

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 79-91
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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Marcel Foucault
IV. L'acuité visuelle et l'acuité auditive chez les écoliers
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 79-91.
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Foucault Marcel. IV. L'acuité visuelle et l'acuité auditive chez les écoliers. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 79-91.
doi : 10.3406/psy.1925.6236
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6236IV
I/ACUITÉ VISUELLE ET L'ACUITÉ AUDITIVE
CHEZ LES ÉCOLIERS
Par Marcel Foucault
I. — BUTS DE RECHERCHE
Pendant les trois dernières années, avec l'aide de mes élèves
<de la Faculté et des élèves des Ecoles normales d'instituteurs
et d'institutrices de Montpellier, j'ai mesuré l'acuité visuelle
et l'acuité auditive d'un assez grand nombre d'écoliers (1.525
pour l'acuité visuelle et 1.644 pour l'acuité auditive, sans
compter un petit nombre d'adultes). La plupart de ces écoliers
appartiennent au Cours élémentaire, lre année, c'est-à-dire à
la classe dans laquelle entrent les enfants qui viennent d'ap
prendre à lire, et qui sont, en principe, âgés de 7 à 8 ans, mai»
sont quelquefois un peu plus jeunes (les avancés), ou plus âgés
{les retardés). De plus, j'ai, cette année surtout, étendu le plus
possible cette mesure à des enfants d'autres classes, de sorte
que l'on trouvera, dans les tableaux qui vont suivre, des résul
tats fournis par des enfants de 6 à 14, et même 15 ans. J'y ai
ajouté les mesures des jeunes gens qui m'ont aidé dans ce tra
vail, mais je n'ai pour cet échelon d'âge (les adultes), qu'un
trop petit nombre de résultats, parce que, bien que les mesures
aient été faites pour tous, je ne leur ai attribué d'abord qu'un
intérêt pratique, et ce n'est qu'à une date récente que j'ai songé
à les recueillir.
La mesure de l'acuité visuelle a été faite en déterminant,
pour chacun des deux yeux, la plus grande distance à laquelle
il peut lire les lettres de la grandeur typique que l'on place à la
dernière ligne des tableaux optométriques ordinaires. Mais je 80 MÉMOIRES ORIGINAUX
me suis servi d'un tableau spécial, que j'ai fait imprimer à un
nombre d'exemplaires suffisant pour que chacun des jeunes-
gens qui quittent l'Ecole normale à la fin de ses études puisse
emporter un tableau optométrique dans l'école primaire où il
va enseigner. Ce tableau porte, à la partie supérieure, deux
lignes de grandes lettres, que l'on montre d'abord à l'enfant
à la distance de cinq mètres, et qui permettent de l'entraîner
au travail de lecture qu'on va lui demander, et en même temps
de s'assurer qu'il sait lire. Le reste du tableau est occupé par
six lignes de lettres ayant la grandeur typique : elles permettent
de faire, pour les différentes distances que l'on peut être amené
à essayer, tous les contrôles nécessaires, sans courir le risque
que l'enfant apprenne par cœur les lignes de lettres qu'on lui
présente.
L'acuité auditive a été mesurée au moyen de la montre,
c'est-à-dire que j'ai déterminé la plus grande distance à laquelle
le tictac est entendu. Cette méthode est parfaitement appli
cable, pourvu que l'on prenne la précaution de faire acquérir
d'abord à l'enfant des images nettes de la perception positive
(cas où il entend bien le tictac, la montre étant placée près de
l'oreille), et de la perception négative (cas où il ne peut pas
l'entendre, parce que l'expérimentateur la place derrière son
dos). Dans ces conditions, les illusions, que l'on peut toujours
reconnaître par des contrôles prudemment effectués, sont très
rares. Il est presque toujours facile de les dissiper quand, par
hasard, elles se produisent : il suffit de placer la montre, deux
ou trois fois, tantôt près de l'oreille de l'enfant, tantôt derrière
le dos de l'expérimentateur ou dans sa poche. L'illusion per
sistante ne subsiste plus alors que dans des cas extrêmement
rares, qui n'atteignent pas 2 sur 1.000, et il me paraît certain
que ce sont là des cas anormaux. — Je n'ai pas fait entrer en
compte, dans le calcul des moyennes, les cas, très peu nom
breux, où l'une des oreilles est complètement sourde, c'est-à-
dire n'entend pas le tictac quand la montre est placée au contact
du pavillon. Mais il est d'autres oreilles qui entendent le tictac
au contact, et ne l'entendent pas à un centimètre : j'ai alors
considéré la distance d'audition comme nulle, et j'ai compté
l'enfant avec les autres dans le calcul de la moyenne. C'est
pourquoi le nombre des sujets n'est pas toujours exactement
le même pour les deux oreilles, comme d'ailleurs pour les deux
yeux, puisqu'il y a des borgnes. "
Je pensais, en commençant ces mesures, qu'elles ont seule- ,
.M. FOUCAULT. l'aCUITE VISUELLE ET l'aCLITË AUDITIVE, ETC. 81
ment une double utilité pratique. D'une part, elles permettent
de ranger les enfants dans les classes en plaçant le plus près du
maître et du tableau ceux dont la vue ou l'ouïe se révèle comme
la plus défectueuse. D'autre part, elles montrent quels sont les
enfants qu'il convient de signaler au médecin spécialiste, qui
peut soigner, et souvent guérir, beaucoup d'affections qui,
négligées, pourraient compromettre pour la vie entière la vue
ou l'ouïe de nombreux enfants. Or, un maître en la matière
nous assure que « l'état de la vision chez l'homme adulte dépend,
en grande partie, des soins dont l'œil a été l'objet chez l'en
fant... On ne saurait trop répéter, ajoute-t-il, que c'est dès
l'enfance, que c'est à l'école surtout, qu'il faut assurer à l'œil
les conditions les plus, satisfaisantes1. » Et j'ajoute, et cela
aussi est une répétition que je crois utile, que la plupart des
réductions anormales de la vue et de l'ouïe demeurent inaperçues
des enfants qui en souffrent, et aussi de leurs parents et de
leurs maîtres, parce qu'elles ne peuvent être révélées que par
des moyens expérimentaux.
Mais je me suis aperçu, en continuant ces mesures, qu'elles
présentent aussi un intérêt scientifique, qui tient à ce que
l'acuité visuelle et l'acuité auditive, comme toutes les autres
capacités psychiques, intellectuelles ou motrices, se déve
loppent avec l'âge, au moins de 6 à 14 ans. Il y a donc lieu de
déterminer d'une façon précise la loi de ce développement,
pour la vision et l'audition. Et, d'autre part, il résulte de là
une nouvelle conséquence pratique : c'est que, pour apprécier
l'acuité visuelle d'un enfant, il faut rapporter sa distance de
vision, non pas à la distance uniforme de 5 mètres, qui est à
peu près la distance moyenne des adultes normaux, mais à la
distance moyenne qui caractérise l'âge de l'enfant. (On trou
vera cette distance à la fin de ce travail, au tableau V). Il va
de soi que l'on devra procéder de même pour apprécier l'acuité
auditive. Je me borne à signaler l'intérêt que présenterait, au
point de vue médical, cette légère modification dans la façon
de mesurer l'acuité visuelle et l'acuité auditive, pour recon
naître si l'évolution sensorielle se fait d'une façon normale ou
anormale, si les réductions de la vue ou de l'ouïe tendent à
s'améliorer ou à s'aggraver, et pour rechercher les conditions
qui modifient l'évolution.
1. C. M. Gariel, préface au livre de H. Truc et P. Chavernac, Hygiène
oculaire et inspection des écoles, 3e éd. (1911).
l'année psychologique, xxvi. 6 82 MEMOIRES ORIGINAUX
Enfin le nombre des résultats empiriques dont je dispose «tt?
ce moment m'a para propre à résoudre une question de méthode-
au sujet de laquelle des divergences d'opinion se sont manifes
tées ces années dernières. Notamment, M. Glaparède, en ren
dant compte d'une de mes publications {Observations et Expér
iences de Psychologie scolaire, 1923), m'a reproché de n'avoir
pas appliqué sa méthode des percentiles à l'interprétation des
résultats empiriques. Comme je publiais seulement des résul
tats destinés à illustrer des techniques expérimentales, et
comme ces résultats n'étaient pas bien nombreux et n'avaient
pas besoin de l'être, le reproche m'avait paru injustifié. On
admet, en effet, et c'est l'opinion de M. Glaparède, que, pour
appliquer avec succès la méthode des percentiles, il faut avoir
des mesures assez nombreuses pour qu'elles puissent vérifier
la loi de Gauss, c'est-à-dire pour que la répartition des valeurs
empiriques puisse se traduire par une courbe en cloche, ou, ce
qui revient au même, par l'ogive de Galton : autrement dit, il
faut avoir de grands nombres de mesures, au moins 50, M. Cla-
parède dit même au moins 100, pour chacune des grandeurs
qui sont soumises à la mesure1. Par exemple, si l'on veut
exprimer par la méthode des percentiles le système des valeurs
qui mesurent l'acuité visuelle pour les enfants de 8 ans, il faut
avoir fait cette mesure chez au moins 50 ou 100 enfants de cet
âge. Or, je l'ai faite sur des nombres d'enfants qui atteignent ou
dépassent une centaine pour les enfants de 11 et 12 ans, et
plusieurs centaines pour ceux de 7 à 10 ans. Et les nombres
d'enfants chez qui j'ai mesuré aussi l'acuité auditive sont du
même ordre. Je pense donc que les expériences dont j'apporte
ici les résultats sont propres à trancher la question de méthode
qui est actuellement posée au sujet des mesures collectives
en Psychologie, et qui peut se formuler ainsi : vaut-il mieux
employer les percentiles, ou, suivant l'usage ancien, les moyennes
arithmétiques ?
IL — RÉSULTATS EMPIRIQUES
Je vais donner d'abord les résultats de la façon la plus empi
rique possible, c'est-à-dire dresser deux tableaux, l'un (tableau I)
1. Les exemples qui vont être donnés tout à l'heure éclairciront ce qui reste
pour le moment d'obscur dans ces notions de pereentileè, ogive et courbe en
cloche. ;
.
!
;
FOUCAULT. l'acuité visiblle ci l'acuité auihtive, etc. M.
pour l'acuité visuelle, l'autre (tableau II) pour l'acuité auditive,
dans lesquels seront indiqués, sans distinction de côté droit ou
gauche, et sans distinction de sexes, les nombres d'yeux (ou
d'oreilles) pour lesquels on trouve les différentes distances de
vision (ou d'audition), depuis le minimum jusqu'au maximum.
J'ai gradué les distances de vision par 50 centimètres, les dis
tances d'audition par 10 centimètres jusqu'à 2 mètres, et par
50 centimètres au delà de 2 mètres. Les yeux dont la distance
de vision est inférieure à 50 sont comptés avec ceux
dont la distance est exactement de 50 centimètres, et j'ai pro
cédé de même pour les oreilles dont la dislance d'audition est
inférieure à 10 centimètres.
TABLEAU I
Répartition des distances de vision suivant l'âge
I || 1 If J || II
Adultes c ans ans ans ans B c OS a G sac m Distances o i3 7 8 ß 6
21 0m,50 et au-dessous 17 16 11 13 5 4 2 6 1«. 12 19 21 28 19 11 1 5
2 33 37 20 1,50 24 19 11 4 2 2
39 30 2 6 28 29 15 6 2
14 33 48 44 27 23 2,50 14 5
12 80 83 62 3 63 33 12 7 1
72 3,50 7 75 124 98 31 27 5 2 3
6 89 133 129 94 4 64 34 15 5 3
77 42 89 4,50 94 59 27 14 2
5 3 24 49 65 66 49 38 16 9 2
8 20 13 5,50 21 14 24 12 3
6 3 8 13 10 15 21 13 5 7 — — — 4 3 1 6,50 6 4
2 3 2 2 __ 7 5 3 1
— 7,50 2 1 — — 8 1 1 2 — — — — — — 1 8,50 1 — .' — — — — — — — 9 1 1
Totaux ...... 50 430 664 658 510 364 239 106 29 32
Maintenant, pour exprimer d'une façon plus synthétique
ces résultats empiriques, et pour reconnaître comment se comp
ortent, d'une façon globale, les distances de vision et d'au
dition par rapport à l'âge, et aussi pour fonder une mesure des
aptitudes individuelles, je vais appliquer successivement la
méthode des percentiles et celle des moyennes arithmétiques. '

5ir.M0ir.ES ORIGINAUX 84
TABLEAU II
Répartition des distances d'audition suivant l'âge
a c c c cö a c c es a c ce c CD a Dislances o CO o 00
43 58 0m,10 et au-dessous 5 44 46 29 9 2
— 42 5 0.20 9 36 56 38 ü6 10 5
1 0,30 4 53 74 58 41 28 11 2 1
96 2 0.40 9 49 88 59 kt 17 9 2
— 0 50 4 «3 73 63 31 16 6 4 98
38 70 45 8 3 0,60 6 54 38 17 3
78 1 5 44 48 40 37 15 4 0.10 5S ' 1 2 30 50 51 21 24 1 3 0,80
— 53 1 0,90 30 63 46 30 34 11 5
— 1 2 26 41 53 33 23 9 2 32
14 16 23 3 1,10 19 22 19 6 2 — 1,20 1 7 6 15 13 13 13 7
' 2 1 2 3 11 12 8 10 4 1,30 8 4
1.40 1 8 18 19 12 10 7 8 4
1,50 4 12 21 14 H 12 3 13 4
1,60 2 2 6 4 2 1 1
1,70 1 2 1 3 1 1
1 2 2 1 1,80 2 4
1,90 2 1 4 2 1 3
— 2 2 2 4 5 6 1 5 6 1
2,50 1 3 3 2 7 3
3 1 4 1 5 1
— 3,50 1
— _ 4 2
— — — — — — — — — 4,50 1
Totaux 50 456 732 254 706 551 3<J6 tu 34 30
III. — LA MÉTHODE DES PERCENTILES
La méthode des percentiles a été exposée plusieurs fois déjà
par M. Claparède, d'abord dans un article des Archives de Psy
chologie (tome XVI, 1916), puis dans sa Psychologie de l'en
fant, et en dernier lieu, avec des exemples, dans son livre inti
tulé : Comment diagnostiquer les aptitudes chez les écoliers
(Flammarion, 1924). On trouve aussi des exemples de la mé
thode dans le livre de Mlle Descœudres : Le développement de
V enfant de deux à sept ans, e dans un mémoire de Mme Piéron :
Etude psycho-technique de quelques tests d'aptitude, Année
Psychologique, XXIII, 1923.
Cette méthode se comprend aisément si l'on suppose que FOUCAULT. L'ACUITÉ VISUELLE ET l'aCUTE AUDITIVE, ETC. 85 M.
l'on a 100 sujets, qui ont fait une certaine épreuve. On peut
les classer d'après la valeur de leurs résultats. Celui qui a
obtenu le résultat le plus élevé aura le rang 100 (par convent
ion, car on pourrait aussi lui donner le 1er rang, comme on
a coutume de faire .dans les compositions d'élèves ou- dans les
concours) ; celui qui a obtenu le résultat le plus bas aura le
rang 1 : les autres se rangeront entre ce maximum et ce mini
mum, éventuellement avec des ex-œquo, comme dans les divers
classements d'élèves ou de candidats, et c'est à tous les rangs
ainsi déterminés qu'on donne le nom de percentiles. On peut
donc dresser ainsi un tableau qui contient les percentiles dans
une première colonne, puis, dans une autre colonne, les résul
tats obtenus par chacun des 100 sujets, résultats qui vont
alors en décroissant. On peut même compliquer le tableau, si
l'on veut étudier l'influence de l'âge ou de quelque autre ci
rconstance : il suffit alors d'ajouter des colonnes au tableau,
à raison, par exemple, d'une colonne par échelon d'âge, et
le tableau permet de voir d'un coup d'oeil comment les per
centiles se comportent par rapport à l'âge, c'est-à-dire
comment varient les valeurs expérimentales qui correspondent
aux divers rangs ou percentiles.
Si le nombre des sujets, que je vais maintenant appeler rc,
est inférieur à 100, on peut en faire le classement comme dans
le premier cas, mais, pour avoir les percentiles, il faut multi-
plier chacun des rangs par 100 Th . Cela fait comprendre que, à
défaut de 100 sujets, la méthode peut être commodément
appliquée si l'on en a seulement 50 : il suffit alors de multip
lier les rangs par 2 pour avoir les percentiles, qui seront tous
pairs. — On peut même, théoriquement, appliquer la méthode
avec un nombre quelconque de sujets, même si ce nombre est
inférieur à 100 : il faut seulement, dans un cas de ce genre, se
résigner à faire des calculs où le rapport — Th peut prendre des
valeurs propres à allonger notablement les opérations. Mais,
en raison de la loi des grands nombres, il y a lieu de croire que
la physionomie d'une collectivité est d'autant mieux exprimée
par un système de mesures que le nombre des individus que
l'on a mesurés est plus élevé. Par suite, les résultats que donne
le calcul sont de moins en moins dignes de confiance à mesure
que le nombre des sujets diminue. C'est pourquoi W^Clapa-
rède demande, avec raison, que l'on rassemble ytfmoins
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centaine de cas pour appliquer la méthode des percentiles.
Or, on a vu dans les tableaux I et II, que j'ai présentés cir
dessus, que le nombre des cas est supérieur à 100 pour les yeux
et les oreilles des enfants de 7 à 13 ans. Je vais donc appliquer
la méthode des percentiles aux résultats contenus, pour ces
âges, dans les deux tableaux précédents. Je prendrai le class
ement qui est déjà contenu dans ces tableaux, et je multi-
r- • 100 •• . . t i plierai les rangs, non plus par , mais, puisque n est mainte-
nant supérieur à 100, par täät pour obtenir les pereentiles» II
n'est d'ailleurs pas utile de faire ce calcul pour tous les percent
iles depuis 100 jusqu'à 1 : il suffit de le faire, comme c'est
l'usage parmi les psychologues qui ont employé la méthode,
pour les percentiles les plus remarquables, à savoir 75,50 et
25. J'y ajouterai le percentile 100, ou le maximum, qui pré
sente un intérêt de curiosité. Mais il est inutile d'introduire
dans les tableaux le 1, ou le minimum, car la valeur
qui y correspond est toujours égale à zéro ou voisine de zéro.
Les tableaux III et IV donnent, l'un pour l'acuité visuelle,
l'autre pour l'acuité auditive, les principaux percentiles ainsi
établis, les enfants de 7 à 13 ans.
TABLEAU III
Percentiles d'acuité visuelle
Percentile» S ans 9, a.ns 10 ans ans 12 ans i3 as» 7 ans
7m . 8 100 50 9 8 7 7 s,
75, 5.0. 4 4,50 4 ,50 4 ,50 5 5 ,50 4,
50 3,50 50 3,50 4 4 4 4
25 3 3 3 3 ,50 3 ,50
TABLEAU IV
Percentiles d'acuité auditive
1 1 ans Percentiles S ana 10 ans 12 ans ,1 3 ans 7 ans g ans
3 4r5ô: 100 3 3,50 3 i 3
0..90 75 0,80 0,90 1 1,10 0,60 0,90 1 1 1,50 50 0,50 0,50 0,60 0,70 0,90
! 25 0v30 0,40 0,40 0,40 0,40 0,60 0,60 L* FOUCAULT. L* ACUITE TISDELLE ET ACUITE AUDITIVE, ETC. 87 M.
On voit dans ces deux tableaux que, si on laisse de côté
le pereentile 100, c'est-à-dire la distance maxima de vision ou
d'audition qui a été atteinte par un sujet de chaque âge, les
distances qui correspondent aux percentiles 75,50 et 25, quand
elles varient d'un âge à Fàge suivant, varient toujours dans le
même sens, c'est-à-dire grandissent à mesure que l'âge s'accroît.
Et cela suffit pour que l'on puisse affirmer que l'acuité visuelle
et l'acuité auditive grandissent à mesure que les enfants avan
cent en âge.
D'autre part, les mêmes tableaux nous fournissent encore
une indication complémentaire qui n'est pas dépourvue d'in
térêt, en ce sens qu'ils nous disent, à simple inspection, quelle
est la distance maxima de vision ou d'audition qui est atteinte
aux différents âges par le quart supérieur des enfants (pereent
ile 75), par la moitié (pereentile 50), et par les trois quarts
(pereentile 25). Il serait même facile de dresser des tableaux
plus détaillés, dans lesquels on lirait la distance maxima qui
est atteinte par une proportion quelconque des enfants : il
suffirait de faire, pour tous les percentiles entre 1 et 100, le
calcul que j'ai fait ici pour les trois principaux.
Enfin, on pourrait faire, de ce tableau complet des percent
iles, une application commode qui permettrait, d'après la
détermination de la distance de vision ou d'audition, de dire
immédiatement quel est le pereentile auquel correspond cette
distance : il suffirait de faire quelques interpolations dans le
tableau complet des percentiles pour déterminer quels sont,
pour les différents âges, les percentiles qui correspondent aux
-différentes distances que l'on a coutume de trouver en faisant
les mesures. Le tableau ainsi établi indiquerait, par exemple,
ïe pereentile qui correspond, pour les différents âges, aux dis
tances de vision de 6 mètres, 5m,50, etc. Il fournirait immédia
tement une expression numérique de l'aptitude individuelle, et
c'est d'ailleurs là, aux yeux de M. Claparède, l'usage essentiel
de la méthode des percentiles.
Tels sont ies avantages de cette méthode. Voici maintenant
quels en sont les inconvénients.
L'un est que, si l'on se reporte aux tableaux III et IV, on
sera tenté de croire que, au point de vue de l'acuité visuelle,
il n'y a pas de différence entre les enfants de 8 ans et ceux de
9 ans, puisque les mêmes distances de vision correspondent,
pour ces deux âges, aux trois percentiles principaux. On pourra
croire aussi, pour la même raison, qu'il n'y a pas de différence

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