L'apprentissage - compte-rendu ; n°2 ; vol.52, pg 538-548

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L'année psychologique - Année 1952 - Volume 52 - Numéro 2 - Pages 538-548
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1952
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Madeleine Jampolsky
3° L'apprentissage
In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 538-548.
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Jampolsky Madeleine. 3° L'apprentissage. In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 538-548.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1952_num_52_2_8665538 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fixe est grande, plus- la valeur du temps de réaction est également
longue. Cette relation peut s'exprimer sous forme d'une équation
linéaire si Ie3 durées sont exprimées selon une progression géomét
rique.
Cet ensemble de patientes recherches systématiques, où les conclu
sions sont présentées comme certaines grâce aux analyses statis
tiques, montre toute la rigueur que peut présenter la recherche
expérimentale dans un travail d'analyse de facteurs.
C'est en modifiant non plus les présentations des stimulus mais
les conditions externes où se trouvent les sujets que Canfield, Comreyr
Wilson, Zimmerman étudient le rôle de l'accélération centrifuge sur
les temps de réaction de choix. Ce problème est de grand intérêt pour
l'aviation. Les sujets sont soumis à des accélérations de lg, 3g, 5g;
centrifuges et doivent répondre à des stimulations différentes le
plus rapidement possible. Les tâches à effectuer sont simples et très
voisines de celles que le pilote effectue à bord. Les auteurs cons
tatent que les sujets, d'abord affectés par l'accélération 5g, s'y accou
tument. Cette désorganisation passagère des réactions, mise en
évidence par la valeur des temps de réaction, serait due plus à la
nouveauté de la situation et à une certaine appréhension du sujet
qu'à des perturbations d'ordre physiologique. Cette étude ne fait
que confirmer les résultats de recherches déjà faites ayant trait à
l'influence de l'accélération centrifuge sur les capacités mentales»
G. 0.
3° L'apprentissage.
L'apprentissage d'une discrimination :
HULL (C. L.). — Simple qualitative discrimination learning
(Apprentissage d'une qualitative simple). — Psy-
chol. Rev., 1950, 57, 303-313. — NISSEN (H. W.). — Description
of the learned response in discrimination behavior (Description
de la réponse apprise dans un comportement de discrimination) . —
Psychol. Rev., 1950, 57, 121-131. — WEBB (W. B.). — A test
of « relational » vs. « specific stimulus » learning in discrimination
problems (Examen de V apprentissage « relatif » en opposition à
l apprentissage d'un « stimulus spécifique » dans des problèmes de
discrimination) . — J. comp. physiol. Psychol., 1950, 43, 70-72. —
B1TTERMAN (M. E.), COATE (W. B.). — Some new experiments
on the nature of discrimination learning in the rat (Quelques
expériences nouvelles sur la nature de l'apprentissage d'une discr
imination chez le Rat). — J. comp, physiol. Psychol., 1950, 43,.
198-210. — RITCHIE (B. F.), EBELING (E.), ROTH (W.). —
Evidence for continuity in the discrimination of vertical and PSYCHOLOGIE GENERALE 539
horizontal patterns (Preuve de V existence d'une continuité dans la
discrimination de patterns horizontaux et verticaux). — J. comp.
physiol. Psychol., 1950, 43, 168-180. — HARLOW (H. F.). —
Analysis of discrimination learning by monkeys (Analyse de
V apprentissage d'une discrimination par des Singes). — J. exp.
Psychol, 1950, 40, 26-39. — HARLOW (H. F.). — Performance
of eatarrhine monkeys on a series of discrimination reversal pro
blems (Réussite de Singes dans une série de problèmes de renverse
ment d'une discrimination) . — J. comp. physiol. Psychol, 1950,
43, 231-239. — NORTH (A. J.). — Improvement in successive
discrimination reversais (Progrès dans des renversements successifs
de discrimination). — J. comp. physiol. Psychol, 1950, 43, 442-
460. — NORTH (A. J.). — Performance during an extended
series Of discrimination reversal (Réussite au cours d'une série
étendue de renversements de discrimination) . — J. comp. physiol.
Psychol, 1950, 43, 461-470.
Après avoir défini par rapport à l'apprentissage par essais et
«erreurs, ce .qu'il considère comme d'une discrimina
tion qualitative simple (c'est-à-dire l'acquisition de la capacité de
répondre de façon différenciée à des stimuli Sj et S2 qui sont à l'or
igine plus ou moins équivalents l'un à l'autre en ce qui concerne
l'évocation d'une réponse (Rj) donc la capacité de sélectionner un
stimulus alors que l'apprentissage simple par essais et erreurs nécess
ite en premier lieu la sélection d'une réponse), Hull remarque que
ce processus de différenciation est compliqué par certains stimuli
« statiques » ou « fortuits » (S3) qui sont présents à la fois avec Sj et S2.
Si ce processus d'apprentissage débute par une association ren
forcée entre les stimuli présents et Rl5 il s'établit nécessairement une
association renforcée similaire entre S2 et Rj qui fonctionnera à la
fois lorsque Sj est présent et lorsque S2 est présent, ce qui provoque
une apparence de généralisation du stimulus complexe, même si
Sj et S2 n'ont aucune possibilité de généralisation.
Le processus primaire qui, selon lui, entraîne la discrimination
du stimulus complexe est un renforcement différentiel; dans une
discrimination simple il consiste en un renforcement lorsque le st
imulus correct S± provoque la réaction et en une absence de renfo
rcement lorsque le stimulus incorrect S2 provoque la réaction.
De ces données Hull tire 3 théorèmes que nous pouvons décrire
ainsi :
— > Rj est renforcé chaque fois que Sj — >• Rj se produit, Puisque S3
et n'est pas renforcé chaque fois que S2 -> Rj se produit, au cours
du temps, après un nombre égal d'arrivées de ^ et S2, 33 E ^ et
s3 I rj, tendent toutes deux à se rapprocher de leurs asymptotes
ce qui réduit s E r à son seuil de réaction.
Il y a donc un processus de neutralisation de S3 à Rj; en même
temps le renforcement différentiel établit graduellement S1 — s>- Rlt 540 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
— >■ Rj. En même temps, comme mais il y a généralisation à S2
S2 — > Ri n'est jamais renforcé, il s'établit $2 I Ri> qui se généralise à
Sj^ — > R-[ et réduit donc la force de cette séquence de façon appréc
iable.
Il résulte de cette double généralisation une diminution impor
tante du pouvoir de S2 à évoquer Rj et habituellement un accroiss
ement considérable, bien que limité, du pouvoir de Sj à évoquer Rr
Cette limitation est relativement légère lorsque la déviation (d)
entre Sj et S2 est grande, mais augmente avec une accélération posi
tive lorsque d tend vers zéro.
Ces théorèmes permettent d'expliquer l'établissement et la sta
bilité de l'apprentissage d'une discrimination, mais s'appliquent-ils
au transfert et au renversement d'un tel apprentissage? Ces deux
problèmes font l'objet d'un certain nombre d'études.
Transfert d'une discrimination. — Le problème du transfert
d'une discrimination est lié à celui de la continuité ou discontinuité
de l'apprentissage, au problème de l'apprentissage de signes spéci-,
fiques ou de signes relatifs, et au problème de savoir ce qui est appris
dans l'apprentissage : un mouvement précis ou la tendance à recher
cher un stimulus et à fuir un autre.
Hull avait tenu à spécifier que, pour lui, l'apprentissage d'une
discrimination impliquait sélection d'un stimulus et non
réponse, mais Nissen veut justement comparer l'exactitude de
deux interprétations de ce comportement de discrimination :
1° Apprentissage d'un acte, d'un mouvement précis (vers la D.
par exemple) devant un « pattern » stimulus complexe (par exemple
Noir-Blanc) et un autre mouvement (vers la G.) devant l'autre
«pattern » stimulus (Blanc-Noir).
2° Recherche (« approach ») d'un stimulus (Blanc) et fuite d'un
autre stimulus (Noir).
Afin de vérifier l'exactitude de ces deux descriptions, il est amené
à examiner si des singes entraînés à une habitude donnée de discr
imination, avec des objets stimuli dans une certaine disposition spa
tiale, réussiront ou ne réussiront pas à répondre à l'objet récompensé
antérieurement, lorsque la relation spatiale des deux objets devien
dra entièrement différente; on doit constater peu de troubles si
l'animal a appris à rechercher l'un des stimuli et à fuir l'autre, mais
par contre aucune transposition de la réponse, ne se manifestera si
un certain mouvement répond à une certaine configuration et un
autre à l'autre; les deux configurations n'étant plus
du tout les mêmes dans la seconde expérience.
Il entraîne des chimpanzés à distinguer les deux cases d'un di
stributeur (de morceaux de bananes). Le distributeur peut être mis
dans deux positions : les cases sont l'une à la droite de l'autre ou
bien l'une au-dessus de l'autre. Et les cases peuvent être recouvertes •
i
PSYCHOLOGIE GENERALE 541
par deux cartes blanche ou noire ou deux cartes à raie horizontale
ou verticale. Il y a donc 4 discriminations possibles.
Les dix animaux du groupe A sont entraînés avec un type de
stimulus dans la situation G-D et testé avec les mêmes stimuli
mais placés Haut-Bas, ou l'inverse.
Les cinq animaux du groupe B sont entraînés jusqu'à atteinte du
critère dans la situation D-G puis à une habitude différente, c'est-à-
dire avec un autre type de cartes, dans la situation H-B; ils ont
ensuite une séance d'essais successifs dans chacune de ces deux
habitudes et ne sont testés qu'après ces entraînements successifs;
le test comprend 12 essais de la première habitude dans l'autre dis
position spatiale suivis de 12 essais de la deuxième habitude dans
son autre disposition spatiale, jusqu'à atteinte du critère de 48 essais
corrects. Nissen constate un transfert évident et rapide chez ces
chimpanzés, et pense que la description approche-fuite est appli
cable ici et qu'elle convient à une grande variété de situations de
discrimination y compris la discrimination successive et les problèmes
de choix multiple. Il n'est pas nié que l'autre catégorie d'associations
ait pu s'établir mais celle-ci est efficace ici indépendamment de l'autre.
Pour certains types de problèmes, il fait intervenir une réponse
conditionnée, déterminée par un stimulus complexe ou par l'effica
cité « simultanée » de deux signes indépendants : il va jusqu'à inclure
des signes locaux parmi ces stimuli efficaces. Mais il est remarquable
que ces problèmes soient relativement difficiles et ne soient appris
que lentement, ce qui rend plausibles les hypothèses formulées. Cette
description est, de plus, mieux apte à expliquer la précision de la
réponse, en particulier lorsque les positions des objets à choisir
sont légèrement modifiées. Elle a aussi l'avantage de ne faire appel
qu'à un mécanisme unique pour décrire le comportement de discr
imination. Nissen fait remarquer que les intégrations qui permett
ent des perceptions et les coordinations musculaires et sensorimo-
trices de locomotion et de manipulation sont innées ou acquises
très tôt; leur association est donc économique et une tendance à
rechercher un objet a un meilleur rendement pour l'individu que
l'apprentissage d'un mouvement, car elle a une grande généralité
alors qu'un mouvement appris n'a, par définition, aucune stabilité
relativement à un but ou à un effet.
La performance doit donc être décrite comme la recherche (ou
la fuite) de propriétés absolues ou relatives des stimuli, plutôt que
comme deux mouvements isolés, entraînés de façon différentielle
par chacune des deux configurations totales.
Le S. réagit-il aux propriétés absolues ou relatives des stimuli dans
les problèmes de discriminations simples?
Il y a longtemps que l'on a posé cette question et que les deux
théories s'affrontent. Webb propose un test de ces hypothèses :
4 rats sont entraînés à sauter par-dessus un fossé pour renverser ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 542
une carte dont la chute leur permet d'entrer dans une cage de même
couleur, qui contient ou ne 'contient pas de la nourriture. Ils ont donc
à faire une discrimination entre une carte blanche et une carte noire.
Ätais une fois que cette discrimination est établie, on présente aux
animaux deux stimuli identiques (2 cartes blanches ou 2 noires);
dans cette situation la relation entre les stimuli est éliminée mais
non les signes absolus. On constate des réponses profondément
différentes selon que la paire présentée comprend deux fois le stimul
us antérieurement récompensé, ou deux fois l'autre : la paire
-j — jr- donne des résultats peu différents de ceux de la paire -j- ' —
aux essais précédents, alors que la paire — ■ — donne des latences
de réponses beaucoup plus grandes. Pour l'auteur, ces résultats
confirment l'hypothèse que la réponse est entraînée principalement
par des signes spécifiques plutôt que relatifs. Cela ne supprime pas
tout effet de la relation entre les stimuli, mais prouve simplement
que les stimuli tout seuls ont une valeur.
La nature de l'apprentissage d'une discrimination a donné lieu à
une véhémente controverse entre Spence et Lashley. Le premier
estime qu'un tel apprentissage est un processus continu, dès ïe
début duquel tous les aspects observables de la situation acquièrent
une signification fonctionnelle, alors que les théoriciens de la non-
eentinuité pensent que le sujet abstrait certains aspects du complexe
stimulus, qu'il a une certaine organisation perceptive et que par
conséquent, si la signification des signes adéquats est inversée avant
l'apparition de la solution (pendant ce qu'on appelle la période de
pré-solution), c'est-à-dire avant que l'animal ait fait des « hypot
hèses » sur les signes qui conviennent et alors qu'il répond encore
à des aspects de la situation qui sont sans intérêt pour la solution,
l'apprentissage n'en est pas retardé.
Bitterman et Coate estiment qu'aucune des deux théories n'est
assez rigoureusement formulée, et qu'à l'heure actuelle, il est presque
impossible de faire le schéma d'une expérience qui puisse être
acceptée comme test crucial; on ne peut qu'espérer atteindre le
processus en question par une série d'approximations successives.
Ils essaient ici d'atteindre les limites que doivent rencontrer les
tenants des deux théories en voulant intégrer les résultats discor
dants. Ils établissent deux expériences fort ingénieuses pour étudier
d'une part la période de « pré-solution » et d'autre part l'effet de
l'attitude de l'animal (a set »).
Quand finit la période de pré-solution? Krechevsky avait donné
un critère statistique : elle finit au moment où l'animal commence
à répondre systématiquement aux signes adéquats, c'est-à-dire
quand son score-erreurs commence à être significativement distinct
de celui obtenu en répondant au hasard; mais il a cru nécessaire de
l'abandonner et a pris comme critère l'expérience de renversement
du signe elle-même, qui devient de ce fait sans signification cru- PSYCHOLOGIE GENERALE 543
ciale. Il y a donc ambiguïté, et il serait nécessaire d'avoir une expé
rience qui n'implique pas de suppositions sur le moment exact
auquel les animaux adoptent une hypothèse ou une autre, ou
regardent dans une direction ou dans l'autre.
Ce problème de 1' « hypothèse » peut, semble-t-il, être résolu si
on détache son attention des signes adéquats pour la reporter sur
les signes inappropriés à la discrimination. Voici donc l'expérience
de Bitterman et Coate :
Dans un appareil à saut de Lashley, 22 rats apprennent une di
scrimination de brillance : la carte Blanche est positive et la Noire
•est négative; mais, contrairement à l'usage, chacune des cartes
n'apparaît pas aussi souvent d'un côté que de l'autre. Pour le
groupe A, la carte Blanche apparaît à D. à 80 % des essais et à
G. à 20 %. Pour le groupe B c'est l'inverse.
Après l'établissement de la discrimination, le problème est changé :
les animaux doivent apprendre une réaction de position, tous doivent
aller à droite quelle que soit la carte.
Les 2 groupes ont réussi aussi bien la discrimination de brillance,
•quels seront leurs résultats comparatifs dans la deuxième partie
«de l'expérience? On constate que le groupe A réussit mieux que
le groupe B : les animaux ont besoin de moins d'essais et font morns
d'erreurs.
Ce comportement semble être grandement lié à la situation plu
tôt que de caractère abstraetif : quand la préférence établie pour
la brillance devient inadéquate, les animaux ne manifestent pas
une variété systématique de nouvelles tendances à répondre. Les
B ont plus de difficulté à renverser la réponse dans la situation qui
l'exige, cette de renversement semble être une fonction
directe de la fréquence relative avec laquelle la réponse antérieure
■a été renforcée.
Dans une deuxième expérience, ces auteurs cherchent à déceler
l'éventualité d'une réorganisation perceptive introduite par une
modification des stimuli adéquats. S'il n'y a pas continuité, aucune
nouvelle association ne se forme si la nouvelle composante « n'éveille
pas une organisation perceptive qui domine la première ». Cette
•expérience a pour but d'étudier l'effet d'une attitude établie dans
des conditions qui éliminent autant que possible la possibilité de
réorganisation perceptive : ils emploient un labyrinthe en V, à
allées Blanches et Noires, et 18 rats sont entraînés à aller toujours
•du côté D., quelle que soit sa brillance, les deux branches du V
■étant, au hasard, dans 50 % des cas Blanches et dans 50 % des
cas Noires. Après que les animaux ont réussi à établir cette di
scrimination, ils ont un supplément d'entraînement pendant 4 jours,
avec 10 essais par jour, mais les uns (groupe A) ont dans 80 % des
cas le Blanc dans la bonne direction, et dans 20 % des cas le Noir,
alors que pour le groupe B c'est l'inverse. 544 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les 2 groupes sont ensuite soumis à une discrimination de bril
lance, avec, dans 50 % des cas, le Blanc (à choisir) dans la posi
tion D. et dans 50 % des cas dans la position G. Ici le renforcement
différentiel a donc lieu après l'établissement de la préférence pour
la position D. Que se passera-t-il, pour les 2 groupes A et B, au
moment de la deuxième discrimination?
Le groupe A est supérieur au groupe B de façon significative
aussi bien en ce qui concerne le nombre d'essais que les erreurs.
On étudie les courbes des erreurs faites par chacun des 2 groupes,
d'une part dans l'habitude qui est à inverser et d'autre part dans
celle qui n'est pas à inverser : par exemple pour le groupe A, Noir
à G. -Blanc à D. exige la réponse à D. dans la deuxième discrimi
nation comme dans la première, et c'était justement la situation
rencontrée le plus souvent pendant la deuxième partie de l'expé
rience, alors que Blanc à G. -Noir à D. qui exigeait la réponse à D.
au début, exige la réponse à G. à la deuxième discrimination, mais
c'était une situation rarement présentée dans la deuxième partie
de l'expérience. Pour le groupe B les fréquences sont inverses. On
constate que ces quatre courbes d'erreurs varient de façon signi
ficative.
Ici encore, il apparaît donc que les animaux apprennent la di
scrimination de brillance plutôt en relation avec la situation que
par abstraction de l'aspect adéquat du stimulus. Les conditions
« Noires à G. -Blanches à D. » et « Blanches à G. -Noires à D. » fonc
tionnent comme des situations indépendantes. L'adaptation à cha
cune se développe avec une rapidité différente qui dépend du fait
que la réponse antérieurement récompensée continue ou non à être
correcte, et de la fréquence avec laquelle la réponse antérieurement
établie a été récompensée.
La théorie de la continuité semble être mieux apte à intégrer
des données de ce genre, en tenant compte de toutes les forces qui
agissent dans chaque situation où se trouve l'animal.
Ritchie, Ebeling, Roth reprennent les arguments de Spence
contre la théorie de la non-continuité de Krechevsky, mais ils
estiment qu'il est nécessaire de vérifier si les résultats de Spence
obtenus avec une discrimination de brillance peuvent être génér
alisés au phénomène de la discrimination d'une forme ou d'une
structure, puisque les expériences en faveur de la théorie de la non
continuité emploient la d'une structure. D'autre
part, ils se demandent s'il y aura un transfert positif lorsque l'e
ntraînement pré-solution entraîne un renforcement du signe qui
devient positif dans le problème d'apprentissage ultérieur, comme
Spence avait eu un transfert négatif dans le cas inverse.
Ils font apprendre à 2 groupes, de 10 rats chacun, un problème
de discrimination d'une structure verticale par rapport à une struc
ture horizontale. Mais, avant l'apprentissage, les 2 groupes sont GÉNÉRALE 545 PSYCHOLOGIE
entraînés pendant 30 essais de leur côté préféré, les signes de struc
ture étant absents. On donne alors au groupe expérimental 30 essais
au cours desquels la réponse au « pattern » négatif de la situation
d'apprentissage est récompensée. On donne en même 'temps au
groupe contrôle, 30 essais au cours desquels le « pattern » positif
est récompensé. Après une nouvelle période d'entraînement pen
dant laquelle la préférence de position est éliminée, le problème
d'apprentissage est présenté.
Ils constatent, contrairement aux implications de la théorie de la
non-continuité, qu'il se manifeste une différence significative dans la
rapidité d'apprentissage des 2 groupes. Il est donc possible d'étendre
la réfutation de Spence à la discrimination d'un « pattern » dans la
situation de saut. L'analyse du comportement des animaux dans
le problème final d'apprentissage révèle que le groupe expérimental
commence le problème avec une tendance à répondre au « pattern »
négatif approximativement aussi forte que celle du groupe contrôle
à répondre au « pattern » positif. Puisque ces deux tendances dif
fèrent significativement du hasard, on peut conclure que le transfert
positif se produit aussi rapidement que le transfert négatif.
Renversement d'une discrimination. — Harlow a déjà publié une
série de belles expériences sur la formation d'habitudes de discr
imination chez des singes. Il a constaté que les singes apprennent
graduellement les discriminations au début, puis deviennent capables
de les apprendre en un seul essai; il estime que l'acquisition de
l'attitude à apprendre une discrimination est graduelle et que c'est
un processus continu plutôt que discontinu. Ici, il soumet 11 singes
à une série de 200 discriminations (le même objet d'un couple est
récompensé pendant 6 essais, quelle que soit sa position) et il fait
une analyse détaillée des divers facteurs d'erreur susceptibles
d'opérer dans l'apprentissage d'une discrimination. Il analyse les
facteurs primaires d'erreurs suivants : la persévération du stimulus,
le signe différentiel et la variation de la réponse 1. Il ne trouve pas
que la fréquence des erreurs soit liée à la quantité de nourriture
consommée antérieurement ou au nombre d'essais qui ont eu lieu
auparavant pendant la même séance.
1. Persévéralion du stimulus : excès des erreurs consécutives à une erreur
à un premier essai, sur les erreurs prédites à partir des fréquences obtenues
pour toutes les erreurs.
Signe différentiel : avant l'inversion de la position de l'objet récompensé,
un choix correct mène à la récompense des multiples signes que possède le
stimulus positif; à l'essai au cours duquel les positions des stimuli changent,
le S. doit faire une réponse en termes de signes différentiels : il doit répondre
à l'un des signes de position ou de qualité qui étaient antérieurement
confondus.
Variation de la réponse : tendance appréciable, chez les singes, à faire plus
d'erreurs après une réponse correcte qu'après une réponse incorrecte : il
existerait une tendance à « essayer » ou « explorer » les deux stimuli. 546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Au cours de la série de problèmes de discrimination, la rapidité
et le degré de réduction de ces différents facteurs qui provoquent
des erreurs sont variables.
Dans un autre article, Harlow décrit la formation de l'habitude
à discriminer deux objets et de l'habitude à inverser ce choix. Il
entraîne 8 singes dans une série de 112 problèmes de renversement
d'une discrimination, dans lesquels la valeur récompense des stimuli
change, brusquement et sans avertissement, après un nombre
variable d'essais. Le nombre d'erreurs faites l'inversion du
problème diminue progressivement de problème en problème : il
y a formation d'une attitude à apprendre à inverser une discr
imination. Les courbes représentant les erreurs de problème en pro
blème ont une forme négativement accélérée.
L'auteur refait ici l'analyse des erreurs en fonction des facteurs
qui peuvent être à leur origine : il n'y a plus d'erreurs dues au signe
différentiel dans la phase de discrimination, mais il en réapparaît
dans la phase de renversement.
Harlow estime que ni la théorie de la continuité ni celle de la
non-continuité, sous leurs formes actuelles, ne peuvent expliquer ces
résultats de façon convenable; en effet cette habitude à inverser
■un choix en un essai est acquise graduellement au cours de la série
de 112 problèmes, de la même façon que l'habitude à discriminer
•en un essai a été acquise au cours d'une série de 232 problèmes. Au
■cours des 28 derniers problèmes les singes répondent correctement
au deuxième essai inversé, dans 97 % des cas.
Spence avait fait des expériences analogues sur des chimpanzés,
■et avait conclu à l'existence d'une continuité, il faisait intervenir
le nombre d'essais, récompensés ou non, précédant l'inversion de
la récompense, mais cette théorie ne semble pouvoir s'appliquer ici.
C'est à la même question des inversions de discrimination que
sont consacrées les deux expériences de North. Il part de la théorie
■de Hull selon laquelle l'apprentissage d'une serait
basé sur la dominance de l'habitude dont les composantes excita
trice et inhibitrice auraient entre elles la plus grande différence.
Dans ce cas, un renversement de la succession serait dû à une alte
rnance de la dominance des deux habitudes en fonction des varia
tions d'amplitude de leurs composantes respectives. Mais North
en déduit que si les renversements étaient dus uniquement ou essen
tiellement à ces changements de dominance, on aurait une inter
férence croissante au cours d'une série de renversements, alors
qu'au contraire on constate empiriquement une facilitation crois
sante. Le mécanisme de dominance continue-t-il à opérer ou est-il
supplanté par un autre mécanisme, au cours d'une série de renver
sements de discriminations? S'il continue à opérer, quels facteurs
expliquent le progrès dans la performance de renversement?
North se propose d'étudier expérimentalement trois possibilités

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