L'Emotion - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 796-807

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 796-807
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
Lecture(s) : 8
Nombre de pages : 13
Voir plus Voir moins

3° L'Emotion
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 796-807.
Citer ce document / Cite this document :
3° L'Emotion. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 796-807.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30075796 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1075. — Le Cinéma et les Mineurs. — R. I. C. E., janvier 1930,
p. 48-55.
Le Dr Elkine, en Russie, a fait une enquête auprès de 1.074 enfants
pris dans les différentes classes de la société : fils d'ouvriers, d'em
ployés, de petits bourgeois, et petits vagabonds, — pour connaître
ce qui les attire au cinéma, les effets physiologiques que celui-ci
produit sur eux, et la faculté de critique dont ils font preuve à son
égard.
4 % seulement n'aiment pas le cinéma ; parmi les 96 % qui l'aiment,
quelques-uns vont jusqu'à le fréquenter tous les jours. Ceux qui y
sont le plus assidus sont les petits vagabonds, sans doute parce qu'ils désœuvrés et chassés de tous les autres lieux publics : théâtres,
bibliothèques et écoles.
Les films préférés sont en général les films d'aventures, ce que
l'A. explique par la nature de l'imagination de l'enfant qui voit tout
sous un angle personnel toujours héroïque et romantique. Les petits
vagabonds ont une prédilection pour les films truqués, les acrobaties
et les sujets révolutionnaires. L. B.
3° L'Emotion 1
1076. - ENRIQUE MOUGHET. - El Mecanismo de la emocion
(Le mécanisme de V émotion) . — Prensa medica argentina, 20 fé
vrier 1930. Extrait, 56 pages.
L'auteur commence, dans cette étude, par passer en revue les théo
ries de l'émotion et les discussions auxquelles elles ont donné lieu,
ainsi que les principales données de fait qui ont été invoquées dans
ces débats.
Puis il expose sa conception d'après laquelle les phénomènes viscé
raux ne constituent pas l'émotion dont ils représentent un mode
postérieur d'expression, mais ils la renforcent, la complètent, lui
donnent son plein caractère subjectif par l'apport cœnesthésique
qu'ils conditionnent.
Ayant eu l'occasion d'observer un cas très semblable à celui sur
lequel Revault d'Allonnes a fondé sa distinction d'inclinations iné
motives par perte de la sensibilité viscérale, M. constate que le malade
qui gémit de ne plus éprouver de sentiments ou d'émotions présente
des réactions affectives indubitables, et interprète ce cas comme
celui de d'Allonnes par un sentiment de trouble dû à ce que, par
manque de ccenesthésie viscérale, les phénomènes affectifs ont perdu
leur aspect habituel, naturel, ne sont plus reconnus, ce qui entraîne négation ; et cette explication paraît fort vraisemblable.
H. P.
1077. — Ag. GEMELLI. — Emozioni e Sentiment! (Emotions et
Sentiments). — Rivista di Filosofia neo-scolastica, XXII, 1-2,
1930. Extrait, 25 pages (et Philosophia perennis, Festgabe Joseph
1. Voir aussi lea n" 222, 389, 434, 437, 597, 825 à 842, 1140 1145. LES PROCESSUS AFFECTIFS 797
Geyser, p. 873-900) et Riv. di Ps., XXVI, 1930, 2, p. 94-104 et 3,
p. 157-171.
Cette étude porte en sous-titre : Recherches et observations prél
iminaires à la construction d'une théorie.
Ayant noté l'extrême divergence des conceptions psychologiques
actuelles, et utilisant des résultats d'expériences poursuivies par la
méthode de l'introspection provoquée, G. expose les grandes lignes
de la théorie qu'il propose, et qui s'apparente assez étroitement à
d'autres interprétations actuelles.
On s'accorde à constituer un sentiment, de la connaissance d'une
situation, de sensations organiques, et de réactions (répulsion, plai
sir, etc.), dit l'auteur, mais il faut ajouter un quatrième élément
pour rendre compte du jeu de la vie affective, à savoir l'instinct,
guide fonctionnel. Et l'émotion consiste essentiellement en un excès
de violence des réactions dont le but utilitaire cesse d'être atteint,
de par cet excès même.
Suivant que prévaut l'élément de connaissance ou la réaction
affective, on a des jeux très variés de sentiments, et l'auteur en dis
tingue tout spécialement deux grandes classes, les sentiments infé
rieurs, caractérisés par beaucoup de sujets comme objectifs, tant ils
s'identifient avec des colorations de sensations, et les supérieurs,
réellement subjectifs, où les impressions affectives se confondent
avec le contenu de la conscience qui les suscite. H. P.
1078. — E. B. SKAGGS. — Studies in attention and emotion {Etudes
sur V attention et V émotion). — J. of comp.Ps., X, 4, 1930, p. 375-420.
Il peut exister un degré supérieur d'attention sans émotion, mais
toute émotion implique un certain degré d'attention. Pour discerner
les deux fonctions, on peut s'adresser à leur physiologie. S. enregistre
la respiration thoracique et abdominale et le pouls carotidien chez,
une trentaine de personnes. L'analyse des courbes donne des mesures
de l'amplitude, de la fréquence, de la régularité (variation moyenne de
l'amplitude et de la fréquence). Pour chacune de ces grandeurs on
étudie la moyenne chez chaque sujet et la moyenne générale.
Dans la première séance, les sujets font du calcul mental ou
s'efforcent de faire prédominer dans leur perception l'un des aspects
d'une figure ambiguë. Dans la seconde, après le calcul mental, on
annonce d'abord, puis on produit un choc électrique assez sévère.
La troisième ressemble à la seconde, sauf qu'au lieu du choc élec
trique annoncé, on fait entendre inopinément un bruit très fort. On a
donc d'une part des états d'attention intellectuelle, d'autre part,
des états d'attention émotionnelle. Le principal résultat des ces labo
rieuses recherches est que les deux formes ne présentent que des
différences de degré.
Dans l'émotion, la respiration est profonde et variable ; dans
l'attention intellectuelle elle est rapide et superficielle. La régularité
est maximale dans l'état de repos et de détente. Le rythme cardiaque
est plus rapide dans l'émotion que dans l'attention intellectuelle.
La surprise se caractérise par une brusque contraction du di
aphragme et des muscles inspirateurs. P. G. GLAPARÈDK — Lr Emotion <epure ». — Ar; de Ps., Ed.
XXII, 88, 1930, p. 333-347.
G. désigne sou* eei nom, une espèce particulière d'émotion, que
l'on aurait le tort d'avoir négligée à peu près complètement jusq^à
present, et pour laquelle il' réclame droit de cité dans la- gamme des
sentimente d'émotion que l'on a l'habitude de décrire et d'interpréter.
C'est une crise affective, généralement de courte durée, entraînant
un attendrissement corporel; une envie de pleurer, mais sans qu'il y
ait sentiment de tristesse ; au contraire on se sentirait plutôt heureux.
Par1 exemple, le salut a- un drapeau dans une cérémonie patriotique,
le' récit ou; lia vue au théâtre de certaines situations héroïques^ la vue
d'un enfant qui dort, certains- spectales de la nature seraient de na>-
tupe a- engendrer cette sorte spéciale d'émotion. Les sentiments qui
lia déclenchent seraient généralement la solidarité humaine, une com
munion' d^s- a«ies, un' mouvement généreux, bien que dan* certains
cas il y ait intervention d'autres facteurs. Ce sont en tout cas des
sentiments probablement compliqués^ marquant un assez baut
degré d'évolution, car les enfants, selon C, ne ressentiraient jamais
cette sorte particulière d'émotion». Elle serait un « signe de la con
science sociale ». Ce serait, au point de> vue du mécanisme psycho-
physiologique un cas typique d'émotion-choc, mais sans lé caractère
violent qu'offre généralement celle-ci, E« tout cas, elle est insépa--
rable de son expression corporelle périphérique, elle est cette expres
sion corporelle, elle est la conscience même des modifications orga
niques qui surgissent ifi)Qpwément en nous. M. F.
1080*. — K. M. BRIDGES. — A genetie theory of the emotions (Une
théorie génétique des émotions). — J"'. of genet. Ps., XXXVII, 4,
1930, p. 514-527.
La théorie développée par B., étayée sur l'observation prolongée
du comportement émotionnel chez des enfants fréquentant le jardin
d'enfants, cherche à concilier, de l'avis de l'auteur, les points de vue
de Watson, de Dashieïl et de Stratton.
Emotion originelle
non différenciée
EVétresse Citation Satisfaction lr« enfance
Peur Colère Détresse Agitation Satisfaction Joie Affection 2 ans
ä>t3ö?HO 5 ans o s» 2 «• S.. 22. e> <*•
si'IHM I \\\ LBS PROCESSUS AFFECTIFS 799
II n'y aurait à la naissance qu'un seul type d'émotion non diffé
renciée, l'agitation (excitement) consistant en des réactions viscé
rales et squelettiques, peu coordonnées, à une forte stimulation de
toute nature. Par la suite, sous l'action du conditionnement de st
imuli déterminés, et sous l'effet de l'expérience, certaines de ces réac
tions se différencieraient et se combineraient avec des réponses sque
lettiques pour former les diverses émotions bien connues :
Les émotions subissent un processus d'autogénèse. Elles sont pour
la plupart acquises et pour cette raison, il n'arrive jamais que deux
individus développent le même groupe d'émotions ; cependant les
émotions basées sur des expériences communes sont à peu près les
mêmes pour tous. A. B.-F.
1081. - E. B. NEWMAN, J. T. PERKINS et R. H. WHEELER. -
Gannons theory of emotion [La théorie de V émotion de Cannon).
- Ps. Rev., XXXVII, 1930, p. 305-326.
On peut formuler bien des objections concernant le critère de
l'émotion employé par Gannon. Alors que dans certains Cas, il voit
dans les mouvements corporels externes caractérisés un signe de
l'émotion, il se garde d'appliquer le même critère dans d'autres cas
analogues : un chat décérébré serait capable d'émotion, de colère,
se traduisant dans des mouvements extérieurs, mais une personne
anesthésiée est censée n'éprouver aucune émotion, bien que des
changements corporels caractéristiques se laissent observer. La diffi
culté où Gannon se débat à ce sujet est la plus manifeste dans ses
opinions contradictoires sur les rapports entre le thalamus et la cons
cience.
D'autre part, la conception de Gannon, -suivant laquelle les réac
tions des organes viscéraux sont trop uniformes pour permettre de
différencier les émotions n'a que peu de valeur, étant donné que
toutes les émotions considérées du point de vue subjectif offrent
beaucoup de ressemblance, surtout quand il s'agit des états émotifs
intenses. Cependant, il est possible de rendre compte des types spéci
fiques des émotions, en s'adressant aux changements posturaux,
aux configurations des stimuli et en faisant appel a la notion d'acti
vité, orientée vers un but. Or, Cannon nie aussi le rôle du facteur
postural dans la détermination des émotions particulières. Il estime,
en effet, que les neurones du thalamus agissent dans une combinai
son spéciale pour une expression émotionnelle donnée et que ceci
serait prouvé par les « reaction-patterns » caractéristiques d'un cer
tain nombre d'états affectifs. Encore ici, il est manifeste qu'il se
contredit lui-même, car la seule preuve de la différenciation fonctionn
elle du thalamus est fournie par la spécificité des attitudes inexis
tante à son avis. Le développement de l'expérience émotive, montre
suffisamment que les changements posturaux aussi bien que viscé
raux y jouent un rôle essentiel.
Les auteurs de l'article font remarquer que ces considérations ne
sont guère décisives pour considérer le thalamus comme siège des
émotions. Il faut admettre plutôt que le syndrome thalamique repré
sente un déséquilibre des schemes (patterns) cortico-thalamiques.
Enfin, la théorie de Cannon, conduit à attribuer au thalamus la fonc- 800 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tion discriminative de l'écorce. Il en résulterait que l'émotion pourrait
naître au niveau du thalamus avant que la situation excitatrice ne
soit perçue.
En conclusion, les auteurs définissent leur point de vue personnel
comme suit : l'émotion est une fonction du système neuro-muscul
aire unifié ; si les facteurs posturaux et viscéraux sont éliminés, il n'y
a pas d'émotion, mais quand le cortex est « déprimé » des change
ments posturaux et viscéraux peuvent avoir lieu sans qu'aucune
émotion se produise. Lorsque l'équilibre cortico-thalamique est
rompu, l'expérience émotive peut être altérée de diverses manières.
Bref, les conditions corticales, thalamiques, organiques et périphé
riques sont également nécessaires. P. K.
1082. - EMILY PATTERSON. - A qualitative and quantitative
study of the emotion of surprise (Etude et
de l'émotion de surprise). — Ps. Mon., XL, I (181), 1930. Univ. of
Iowa Studies in Ps., XIII, p. 85-108.
L'auteur a réalisé chez les sujets (une vingtaine), dont il a enregis
tré la réaction psycho-galvanique, des surprises de type varié (éclat
lumineux, sifflet, changement brusque dans un récit, odeur inattendue,
modification do voix, etc.), et il a comparé les variations de résistance
aux émotions accusées, avec appréciation introspective de l'intensité,
trouvant des corrélations de 0,6 à 0,8 environ chez divers sujets (des
valeurs plus basses se trouvant dans une autre série).
La surprise apparaît comme comportant un contenu affectif
assez variable, avec de grandes différences individuelles, et n'a pas
de caractéristique propre ; elle paraît plus intellectuelle et moins
organique que la peur ou le « saisissement ». H. P.
1083. — H. STRAUSS. — Das Zusammenschrecken [Le sursaut de
peur). - J. für Ps., XXXIX, 3, 1929, p. 111-231.
Grâce à l'Institut Universitaire de Cinématographie Médicale de
Berlin, l'auteur a pu analyser les réactions motrices à un bruit violent
inattendu, chez 147 sujets, la plupart anormaux. Au coup de revolver
tiré près de lui, le sujet réagit aussitôt (réaction primaire) par un en
semble de mouvements, plus ou moins intenses et généralisés : cl
ignement des yeux, contraction abdominale, élévation et avancement
des épaules, flexion de la tête en avant, abduction des bras, flexion
du coude, flexion des jambes, rotation interne des bras, pronation
des avant-bras, flexion du tronc en avant, serrement des mains, etc.
Chez 18 sujets normaux, le mouvement des yeux fut seul constant,
les autres de moins en moins fréquents. Tous furent présentés simu
ltanément par l'un des sujets. Les réactions d'un sujet quelconque ne
sont donc qu'une association plus ou moins riche de mouvements
bien définis, d'ailleurs les mêmes quelle que soit la direction du bruit.
Ces mouvements sont toujours symétriques. La réaction totale est
très rapide : les 2 phases (déviation et retour), de même durée,
n'occupent en tout qu'une seconde au plus (souvent moins de 1/2 sec.)
Après cette réaction primaire, 1 sujet sur 3 présente — nettement
détachée ou bien succédant à la lre phase — une réaction secondaire,
très variable de forme (fuite, guet, protection) et souvent asymé- LES PKUCKSSIJS. AFFECTIFS 801
trique. Aucune relation entre l'intensité de la réaction lre et l'appa
rition ou la forme de la réaction 2e.
Des expériences variées montrent l'influence du maintien initial,
qui peut causer une réaction lre asymétrique. Un membre en mouve
ment volontaire réagit peu, mais ne gêne pas la réaction typique dans
les autres parties du corps.
La répétition du bruit peut produire des réactions « atypiques »,
aussi immédiates que la réaction lre, de forme quelconque, mais peu
variable chez le même sujet. La réaction 2e n'est répétée que par
1 sujet sur 4 et est plus variable. Il y a parfois ressemblance des réac
tions atypiques d'un sujet avec la réaction 2e.
Chez la plupart des sujets, la lre s'affaiblit constamment
avec la répétition. Les courbes d'accoutumance anormales sont en
corrélation nette avec l'existence de réactions atypiques.
Quand 2 coups se suivent à 1/2 seconde, le clignement des yeux se
reproduit seul. La répétition s'observe en général jusqu'à un inter
valle de 1/4 de sec. ; elle manque rarement pour 3/4 de sec.
Aucune relation simple entre constitution, nervosité, âge ou sexe
et l'intensité de la réaction lre, l'existence d'une réaction 2e ou le
type de cette réaction. L'auteur analyse les cas de troubles : moteurs
comme dans la paralysie agitante (forte réaction, lre, accoutumance
lente) et psycho-moteurs (faible réaction lre, nombreuses réactions
2e commençant tôt). Une certaine corrélation existe entre l'irrégu
larité des mouvements et le degré de maladie mentale (dans l'hystérie,
accoutumance anormale et richesse de réactions 2e).
Chez les bébés, la réaction a la forme du réflexe d'embrassement
(extension et écartement des membres) décrit par Moro, nettement
asymétrique, avec en plus rotation du cou. Jamais de réaction 2e.
La réaction lre est une réponse réflexe, constante, quand le sujet
n'est pas prévenu, et dont l'intensité dépend surtout de l'excitabilité
actuelle de l'attention. La réaction des bébés, observée chez des
anencéphales, viendrait de l'excitation directe des noyaux moteurs
du bulbe. Chez les adultes, l'auteur suppose une excitation brusque
du noyau rouge, peut-être par l'intermédiaire des tubercules quadri-
jumeaux postérieurs et aussi du thalamus (qui est en jeu dans l'atten
tion). La réaction lre est un réflexe de protection : le corps se replie,
offrant moins de prise au danger.
La réaction 2e (et aussi les réactions atypiques) provient à la fois
de l'affectivité instinctive et de processus volontaires. Elle exige l'in
tégrité des centres auditifs corticaux, du moins chez l'homme (les
animaux privés de cortex peuvent avoir une réaction 2e).
L'auteur a aussi étudié la réaction à des stimuli lumineux ou tact
iles. La perte de tonus (comme dans la narcolepsie) n'est jamais obser
vée dans la réaction à une excitation inattendue. Elle relève de pro
cessus affectifs. G. D.
1084. — F. AVELING. — Notes on the emotion of îear as observed in
conditions of wareîare (Notes sur l 'émotion de peur observée dans les de guerre). — Br. J. of Ps., XX, 1929, p. 137-144.
Une série d'observations sur la peur, recueillies par Aveling en 1917,
sur le front occidental. Beaucoup de ces observations, Aveling le
l'année psychologique, xxxi. ' 51 802 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
reconnaît lui-même, ne font que confirmer les caractères bien établis
de l'émotion, de peur. Il y en a, cependant, qui apportent des él
éments nouveaux à là connaissance de là question. A. s'est attaché,
entre autres, a éliminer les conditions physiologiques et morales qui
favorisent la peur chez les combattants et aussi, les moyens auxquels
its ont recours pour maîtriser cette émotion. Il a relevé, aussi, plu
sieurs moyens de défense contre la peur, tels que l'emploi de l'alcool
et des stupéfiants, la respiration profonde et régulière, le chant, la
dérivation volontaire de l'attention vers d'autres sujets, le sentiment'
de responsabilité, la honte de- paraître effrayé, le sentiment rel
igieux, etc. Dans certains cas, c'est un conflit émotif qui se révélait
efficace. La peur était entièrement inhibée par l'explosion de la haine
et de la colère. . P. K.
108.5. — J. E. CASTER. — Emotional reactions to strong stimuli
[Les réactions émotionnelles aux forts stimuli). — J. of gen. Ps., FV,.
1930, p. 131-153.
Enregistrement du pouls, de la respiration et de la réaction galva
nique chez 20 sujets pendant l'action de stimuli assez intenses :
choc électrique, coup de pistolet, piqûre à la nuque, en évitant so
igneusement toute appréhension. On a comparé d'abord1 lés valeurs
avant' moyennes du pouls et de la respiration (vitesse et amplitude)
et après le. stimulus. 15 % des sujets n'ont pas réagi à la piqûre (et
d'ailleurs guère aux autres stimuli). Le pouls est '• accéléré chez 35 %
après le choc électrique, 60 % après le coup de feu et ralenti 55 % le choc, chez 1 seul après le coup. Amplitude et fréquence respi
ratoires sont accrues — très peu, et chez 1/3 des sujets seulement,.
pour la piqûre.
L'auteur a en outre calculé les écarts, par rapport aux valeurs
moyennes, de l'onde respiratoire, de l'amplitude de l'inspiration et
de celle du pouls, poux la période qui précède et celle qui suit immé
diatement les timulus. Les écarts varient indépendamment de la simple
vitesse et de l'amplitude. Pour le pouls, pendant les 25 sec. qui suivent
le coup de pistolet et le choc électrique ils atteignent presque le
double dé ceux qui, précèdent le stimulus. Ces écarts ayant une Ibrfce-
corrélation avec la déviation galvanique et l'estimation subjective,
l'auteur, les propose comme indices du trouble émotionnel. Gr. L>.
1088. - JOHN, J, MACCURDY. - The biological signiüanee of
blushing and shame [La signification biologique de la rougeur et1 de
la honte). — Br. J. of Ps., XXI, 1930, p. 174-182.
Le problème indiqué dans ce titre a déjà reçu plusieurs solutions.
Si aucune ne paraît cependant satisfaisante (Darwin, Havelock Ellis-)
c'est qu'elles avaient été conçues avant que ne fussent établies cer
taines données d'importance fondamentale pour la psycho^physiologie
des émotions. L'auteur aborde ce problème à son tour en apportant
à son, étude une riche documentation fournie aussi bien par la phys
iologie que par l'ethnologie et par la psychologie sociale. Voici les
grandes lignes de sa conception.
La rougeur, accompagnée du sentiment de honte a pour fond
ement physiologique un changement d'équilibre entre le système sym- LBS PIlOCESsrS AFFECTIFS 80â
pathique et le. système du nerf vague, changement qui consiste
dans la mise en activité de ce dernier. Ce phénomène qui est ass
imilable à un choc et qui est même quelquefois, ressenti comme tel
doit être rapproché, d'autre part, de la réaction d'immobilisation,
et de la tendance à se cacher qui sont on le sait des. formes de la con-»
duite suivies en présence du danger. Il a été également constaté
que le besoin subit, de. se cacher peut être associé à la réaction d'im
mobilité. De. fait, la relation étroite, delà honte avec la tendance à se
cacher a;déjà été notée par. plusieurs auteurs à la. suite de Darwin,!
de même, que le lien qui existe entre le sentiment de honte et celui
du danger. Que si l'on n'a pas tiré de ces observations toutes les consé
quences qu'elles comportaient c'est qu'on était trop porté à voir
dans la fuite, la seule réponse possible au danger;
II est notoire toutefois que dans les sociétés d'aujourd'hui,, les
situations qui donnent lieu à l'émotion de honte n'impliquent pas de
danger véritable. On ne saurait parler, en tous cas, d'un danger « de
nature physique » . C'est ce qui. incite à penser qu'il s'agit là d'un
écho lointain des réactions d'immobilité et de recèlement qui devaient
survenir autrefois en présence des dangers, réels. Il convient de noter
que nous nous sentons, habituellement honteux et confusr.quand.les
parties du corps normalement cachées se trouvent découvertes^
quand nos préoccupations et nos désirs sexuels percent au grand jour
ou bien quand nous commettons des actes incompatibles avec l'ét
iquette. Il faut ajouter en outre à ces situations celles où notre perr
sonne, est mise trop en relief pour telle ou telle raison. Or, l'étude de
la honte chez les primitifs, complétée par les considératioas sur le
dévelop.p^menit de la modestie permet de montrer de quelle façon
les situations, ci-dessus énumérées comportent, le danger. En effet,
parmi les sauvages, l' action. de se cacher est généralement accomplie
en vite des conduites qui sont virtuellement dangereuses en raison
de l'hostilité du milieu. Le primitif s'isole et se cache- aussi bien pour
manger et pour dormir que pour; accomplir les actes sexuels, et ceux
d'excrétion. La honte se développe quand on se.livre.à ces actes -en
public. Dans les réalisations modernes, les conditions de sécurité
favorables ont été réalisées, pour les deux premières catégories^ de
conduite et ce ne sont que les traces de honte qui se laissent, observer
à leur occasion. D'autre part, la.modesiie qui a aussi des -origines. bio
logiques a renforcé la honte liée aux actes sexuels et aux actes d'excré
tion. Enfin, par l'effet du symbolisme, le sentiment de hontes'est
étendu à. des situations qui n'ont rien à voir avec la sexualité et>qui
ne comportent aucun danger.
L'étude de M. se signale. pari des observations très. lises. P. K.
1087. - J. FROIS-WITTMANN. - The judgment of facial expres-
sion..(-Le jugement de V expression faciale}. — J. of.exp. Ps., XIII, 2.,
1930, p. 113-151.
L'auteur à essayé de réaliser sur lui-même des expressions signifi
catives de diverses émotions en s'étudîant dans un miroir ; les pho
tographies de ces expressions ont été classées par un grand nombre de
personnes sous diverses rubriques. L'étude de la dispersion dé ces
jugements montre déjà quelles parentés existent entre les différentes 804 ANALYSES BIBLIOGHAI'HIgLES
expressions ; car une dénomination présente en général une fréquence
principale et des fréquences secondaires. D'autre part, les différentes
réactions musculaires présentes comme éléments dans ces jeux de
physionomie ne sont pas, comme le croyait Ducharme, chacune carac
téristique d'une émotion ; mais un certain groupement de ces réactions
répond bien à certaines émotions, telles qu'elles se définissent par les
jugements des témoins. Par contre, quand on combine des figures
au moyen d'éléments arbitrairement réunis, (œil d'une image et
bouche d'une autre, etc.), les éléments qui peuvent s'accorder déter
minent le jugement ; les autres sont assimilés. P. G.
1088. - J. C. WHITEHORN, HELGE LUNDHOLM et G. E.
GARDNER. — The metabolic rate in emotional moods induced
by suggestion in hypnosis [Le métabolisme basal dans les émot
ions suggérées en état hypnotique). — Am. J. of P., IX, 1930,
p. 660-666.
L'auteur a examiné le métabolisme basai à la suite de différentes
émotions suggérées chez un jeune homme de 24 ans, étudiant en
psychologie, qui était un excellent sujet d'hypnose. Il a constaté une
augmentation de 22 % en moyenne dans les états d'anxiété et
d'appréhension. Par contre, la dépression et l'irritabilité n'augmentent
pas, ou presque pas, le métabolisme basal. J. A.
1089. — J. BARCROFT. — Some effects of emotion on the volume
of the spleen [Quelques effets de V émotion sur le volume de la rate). —
J. of Ph., LXVIII, 1930, p. 375-382.
Chez le chien maintenu dans un état d'anxiété mentale, la rate peut
rester dans un état de contraction partielle pendant au moins une
demi-heure. Confirmation des travaux de Léon Binet et de ses coll
aborateurs au sujet du pouvoir spléno-contracteur de l'adrénaline et
de l'éphédrine. L'odeur, le miaulement ou la vue d'un chat, provoque
la contraction de la rate du chien, le degré de contraction croissant
dans l'ordre des stimuli donné. s P. B.
1090. — M. E. FIELD. - The effect of emotion on the blood platelet
count [L'effet de V émotion sur le taux des plaquettes sanguines). —
Am. J. of Ph., XCIII, 1930, p. 245-248.
L'excitation pendant trois minutes détermine une augmentation
brusque du nombre des plaquettes sanguines du sang circulant du
chat normal. Les chats sympathectomisés présentent au contraire
une légère diminution du taux des plaquettes après la même période
d'excitation. Chez les chats dératés, diminution nette du taux des
plaquettes après excitation pendant trois minutes. P. B.
1091. - S. W. BRITTON, A. HINSON et W. H. HALL. - Neural and
hormonal influence on bodily activity. Differential factors con
trolling the heart rate during emotional excitement [Influences ner-
neuses et hormonales sur Vactivité du corps. Facteurs différentiels
réglant le rythme cardiaque pendant V excitation émotionnelle). —
Am. J. of Ph., XCIII, 1930, p. 473-479.
Etude des différents facteurs qui règlent le rythme cardiaque chez

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.