L'estimation du temps en fonction de la quantité de mouvements effectués dans une tâche. Étude génétique - article ; n°2 ; vol.66, pg 383-396

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L'année psychologique - Année 1966 - Volume 66 - Numéro 2 - Pages 383-396
Summary
3 groups of 5, 9 and 13 years old children were ask to carry rings (a fast and easy task) or counters with a clip (a slow and difficult task) and to estimate the duration of their work.
When using a method of comparison between two work periods of the same duration, or a reproduction method, results show that most of the 5 and 9 years old children mainly take in account the number of carried pieces. Most often they conclude that the greater the number of transportations, the greater the time. At 13 years, many children perceive all the aspects of the task (the number of pieces carried, the duration of each transportation or the speed of transportation). However, even at this age, few subjects are able to take two criteria in account at the same time, then there are as many children who estimate the ring transportation longer or shorter than the counter transportation, according to their considering the num.ber of carried pieces or the easiness of the task.
Résumé
Trois groupes d'enfants de 5, 9 et 13 ans doivent transporter des anneaux (tâche rapide et facile) ou des jetons à l'aide d'une pince (tâche lente et difficile) et estimer la durée de leur travail.
Les résultats obtenus, par la méthode de comparaison de deux périodes de travail d'égale durée ou par la méthode de reproduction, font apparaître que la majorité des enfants de 5 et 9 ans tiennent compte essentiellement du nombre de pièces transportées. Ils concluent le plus souvent en estimant qu'à un plus grand nombre de transports correspond un temps plus long. A 13 ans, beaucoup d'enfants perçoivent les aspects multiples de la tâche (nombre de pièces transportées, durée de chaque transport ou vitesse des transports). Cependant, même à cet âge peu de sujets sont capables de tenir compte simultanément de deux critères. Il y a alors autant d'enfants qui estiment le transport des anneaux plus long ou plus court que celui des jetons suivant qu'ils se fient au nombre de pièces transportées ou à la facilité de la tâche.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1966
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N. Zuili
P Fraisse
L'estimation du temps en fonction de la quantité de mouvements
effectués dans une tâche. Étude génétique
In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°2. pp. 383-396.
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Zuili N., Fraisse P. L'estimation du temps en fonction de la quantité de mouvements effectués dans une tâche. Étude génétique.
In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°2. pp. 383-396.
doi : 10.3406/psy.1966.27521
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1966_num_66_2_27521Abstract
Summary
3 groups of 5, 9 and 13 years old children were ask to carry rings (a fast and easy task) or counters with
a clip (a slow and difficult task) and to estimate the duration of their work.
When using a method of comparison between two work periods of the same duration, or a reproduction
method, results show that most of the 5 and 9 years old children mainly take in account the number of
carried pieces. Most often they conclude that the greater the number of transportations, the greater the
time. At 13 years, many children perceive all the aspects of the task (the number of pieces carried, the
duration of each transportation or the speed of transportation). However, even at this age, few subjects
are able to take two criteria in account at the same time, then there are as many children who estimate
the ring transportation longer or shorter than the counter transportation, according to their considering
the num.ber of carried pieces or the easiness of the task.
Résumé
Trois groupes d'enfants de 5, 9 et 13 ans doivent transporter des anneaux (tâche rapide et facile) ou
des jetons à l'aide d'une pince (tâche lente et difficile) et estimer la durée de leur travail.
Les résultats obtenus, par la méthode de comparaison de deux périodes de travail d'égale durée ou par
la méthode de reproduction, font apparaître que la majorité des enfants de 5 et 9 ans tiennent compte
essentiellement du nombre de pièces transportées. Ils concluent le plus souvent en estimant qu'à un
plus grand nombre de transports correspond un temps plus long. A 13 ans, beaucoup d'enfants
perçoivent les aspects multiples de la tâche (nombre de pièces transportées, durée de chaque transport
ou vitesse des transports). Cependant, même à cet âge peu de sujets sont capables de tenir compte
simultanément de deux critères. Il y a alors autant d'enfants qui estiment le transport des anneaux plus
long ou plus court que celui des jetons suivant qu'ils se fient au nombre de pièces transportées ou à la
facilité de la tâche.Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
de la Sorbonne
L'ESTIMATION DU TEMPS
EN FONCTION DE LA QUANTITÉ DE MOUVEMENTS
EFFECTUÉS DANS UNE TACHE
ÉTUDE GÉNÉTIQUE
par Nadine Zuili et Paul Fraisse
Nous n'estimons pas la durée indépendamment de ce qui dure.
Les décalages entre nos estimations spontanées et les données
objectives de nos horloges nous en avertissent.
Mais nous connaissons encore mal les critères qui déterminent
nos estimations du temps. Piaget (1946) a eu le mérite exceptionn
el de montrer que ces critères étaient multiples, mais que chacun
entraînait des erreurs systématiques. Ce n'est que par des opé
rations que l'enfant, puis l'adulte peuvent apprendre à compenser
les informations fournies par un critère avec celles d'un autre
critère diminuant ainsi des erreurs systématiques.
Ces critères, Piaget les ordonne autour de la vitesse. Pour
l'enfant, la qualité la plus prégnante serait la vitesse et dans une
comparaison entre deux changements : plus vite égalerait plus
de temps. Mais peu à peu l'enfant saisirait que la durée est
inversement proportionnelle au temps et il corrigerait ses impress
ions premières.
Dès 1946, Piaget pensait que cette analyse s'appliquait au
temps des mouvements physiques que nous percevons et au de nos actions propres. Cependant, il avait remarqué que
dans ce cas l'évolution était moins nette, les critères invoqués
plus complexes.
L'une des expériences imaginées par Piaget semblait parti
culièrement prometteuse. Il s'agissait de comparer la durée de
deux activités : l'une lente et difficile (transport avec une pince
de plaquettes de plomb), l'autre rapide et facile (transport avec MÉMOIRES ORIGINAUX 384
une pince de pièces de bois). Nous avons repris le principe de cette
expérience dans le but d'étudier sur de nombreux enfants l'i
nfluence de la tâche et des critères propres à la tâche sur l'estima
tion de la durée, en faisant plus confiance, selon notre méthode,
aux résultats des enfants qu'aux justifications de leur comporte
ment. Cette expérience fait partie d'une série de recherches
menées à Genève et à Paris, dont on trouvera les références en
bibliographie.
Notre problème est le suivant. Comment varie, en fonction de
l'âge, l'estimation relative de la durée de deux tâches comparables
(transport de pièces), mais de difficulté différente, de telle sorte
que dans une durée donnée le nombre de pièces transportées soit
plus grand dans une tâche que dans l'autre.
Nous avons aussi vérifié l'influence du résultat de la tâche sur
l'estimation de la durée. Il nous arrive, en effet, de nous fier à ce
critère. Du nombre de kilomètres parcourus, nous pouvons
déduire la durée du parcours. Pour faire ce contrôle, dans un cas
les pièces transportées restaient visibles pour le sujet qui les
déposait dans une boîte ouverte et peu profonde, dans l'autre
cas les pièces étaient glissées dans la fente d'une boîte fermée et
ainsi dérobées aux yeux des sujets au fur et à mesure.
TECHNIQUE DE L'EXPÉRIENCE
Taches
La tâche consiste à transporter des objets d'une boite à une autre.
Dans la tâche A, ce sont des anneaux qui sont pris directement à la
main ; dans la tâche J, ce sont de petits jetons qui sont pris et transportés
avec une pincette.
Les effets de position temporelle de deux tâches sont contrebalancés :
des groupes différents de sujets exécutent les tâches dans l'ordre AJ
ou JA. Pour contrôler l'effet du résultat de l'action, on utilise deux
modalités expérimentales dites « boîte ouverte », BO, et « boîte fermée »,
BF. Pour les sujets travaillant en modalité BO, les résultats de l'activité
restent visibles, anneaux et jetons étant déposés dans une boîte vide.
Pour les autres sujets, en modalité BF, les résultats sont masqués au
fur et à mesure : les objets sont glissés dans la fente du couvercle de la
boîte. Des groupes différents de sujets ont été affectés à chacune des
modalités.
MÉTHODES
Nous avons utilisé deux méthc les d'estimation de la durée : la
comparaison et la reproduction. Dans les deux cas, la durée étalon est
de vingt secondes, sans que le sujet en soit averti. ZUILI ET P. FRAISSE. ESTIMATION DU TEMPS 385 N.
A) Méthode de comparaison. — Procédure utilisée et consignes
(modalité BO, ordre AJ). On place côte à côte, devant le sujet, une
boite d'anneaux, indénombrables perceptivement et une boîte vide.
On demande au sujet de « prendre les anneaux, un par un, à la main,
pour les déposer dans la boîte vide ». Après 20 s, on interrompt le
sujet dans la tâche A et on substitue une boîte pleine de jetons à la
boîte d'anneaux. Les anneaux transportés sont mis à l'écart. On
demande alors de « prendre les jetons, toujours un par un, mais avec
la pince, pour les poser dans la boîte vide » (tous les mouvements sont
orientés en fonction de la latéralisation de l'enfant). Après 20 s, on
interrompt le sujet dans la tâche J. Les deux tas transportés (anneaux
et jetons) se trouvent devant le sujet pendant le questionnaire.
Questions. — On demande à l'enfant : « Quelle tâche a duré plus
longtemps à ton avis ? Pourquoi ? »
Pour la modalité BF, la tâche A est interrompue au bout de 20 s.
On fait alors exécuter la tâche J : prendre les jetons avec la pince et
les poser par la même fente du couvercle. Au moment des questions,
le sujet ne voit pas les résultats de son travail.
B) Méthode de reproduction. — Après 20 s d'une tâche, le sujet doit
effectuer la seconde tâche pendant un temps qu'il juge égal à la durée
de la première.
Consigne : « Cette fois, je ne dirai pas stop. Tu dois t'arrêter
quand tu as travaillé le même moment que tout à l'heure ; dis
bien fort le mot stop quand cela a duré, à ton avis, le même temps
qu'en premier. »
Questions. — On demande à l'enfant : « C'était bien le même temps
pour la seconde tâche que pour la première ? Comment as-tu fait que ce soit la même durée ? »
La compréhension des consignes est assurée par un préexercice de
même nature et correspondant au groupe où le sujet a été affecté dans
le plan d'expériences.
Chaque sujet ne passe qu'avec une méthode (C ou R), une modalité
(BO ou BF), un ordre (AJ ou JA).
Le plan général est donc le suivant :
Reproduction Comparaison (Cj (R)
Modalitc Modalité
/ \ /
BO Bh / BO \ BF
\ / / / / \
Ordre des tâches AJ JA AJ JA AJ JA AJ JA
L'expérience a été faite avec des fillettes de 5 ans, 9 ans et
13 ans. 386 MEMOIRES ORIGINAUX
Le nombre des enfants dans chaque groupe est de 40 à 5 et
9 ans et de 10 à 13 ans1. L'expérience porte donc sur 720 sujets.
Les tris et principaux calculs statistiques ont été effectués
mécanographiquement2.
RÉSULTATS
A) Par la méthode de comparaison
I. ■ — Difficulté relative des tâches
Nous avions supposé que dans une même durée les sujets
transporteraient plus d'anneaux que de jetons; notre premier
devoir était de vérifier cette hypothèse.
Le tableau I montre les quantités d'objets transportés en 20 s,
indépendamment de l'ordre des tâches et de la modalité de trans
port utilisée, ces facteurs de variation étant d'ailleurs sans effet.
TABLEAU I
5 ans 9 ans 13 ins
N = = 160 N = N 160 40
9 Nombre d'anneaux 8,2 13 16 (médiane) . de jetons 3,5 5 4 6 6 .
Chaque tâche est de mieux en mieux réussie avec l'âge, mais
le rapport moyen des quantités est constant. A 5 ans, à 9 ans
et à 13 ans, le rapport moyen anneaux-jetons est de 2,49,
2,51 et 2,60 et les variances sont très proches les unes des
autres.
1. Les fillettes de 5 et '9 ans fréquentaient les classes maternelles, ou bien
les cours élémentaires et moyens d'écoles primaires de Paris et de banlieue.
Les filles de 13 ans fréquentaient les classes de lin d'études primaires, ou bien
les classes du CE. G. (6e et 5e).
Nous tenons à remercier tout spécialement Mmes les Directrices des groupes
scolaires qui nous ont accordé un accueil si aimable et une aide si attentive.
Nous remercions également Mmes les Institutrices pour leur coopération
amicale et fructueuse.
2. Notre sincère gratitude s'adresse à M. Michel Lortet, qui a bien voulu
nous guider pour les tris effectués à Meudon et nous dispenser son aide inces
sante pour la préparation des programmes et la réalisation des principaux
calculs statistiques sur I.B.M. 1401. j
ZUILl ET P. FRA1SSE. ESTIMATION DU TEMPS N.
II. — L' estimation des durées
Nous avons d'abord constaté que l'ordre des tâches n'avait
pas d'influence significative sur les résultats. Il en est de même
des modalités (boîte ouverte ou boîte avec fente). Ceci démontre
déjà que les sujets ne se sont pas servis des résultats de l'action
dans leurs estimations temporelles. Le tableau II donne le pour
centage de sujets qui ont estimé une des tâches plus longue que
l'autre. La différence avec 100 % vient des sujets (5 %), qui ont
jugé les durées égales ou indiscernables.
TABLEAU II
5 ans 9 ans 13 ans
N = 160 N = 40 N = 160
Transport que transport des anneaux des jetons plus long . . . 70 % 60 % 45 % des anneaux moins
long que transport des jetons! 35 % 50
Le transport des anneaux paraît durer plus longtemps que
celui des jetons à 5 ans et à 9 ans. La différence entre ces deux
groupes n'est pas significative, mais ces deux groupes diffèrent
de celui de 13 ans.
Il apparaît donc très nettement que l'estimation des durées est
d'autant plus affectée par le nombre de transports que l'enfant
est plus jeune. Cependant, même à 5 ans, 25 % des sujets ne se
fient pas à ce critère.
A 13 ans, les enfants ne sont plus affectés systématiquement
par le nombre des transports.
III. Influence de la t/uan-itc relative d'objets transportés
II est possible de montrer que la quantité relative d'objets
transportés influe sur les jugements des enfants en divisant la
population en deux parties : celle dont le rapport anneaux-jetons
est plus petit que la médiane et celle dont ce rapport est plus
grand.
L'influence du nombre relatif d'objets transportés apparaît
à tout âge, mais n'est significative que pour les sujets de 9 ans. ■
,
388 MEMOIRES ORIGINAUX
TABLEAU III
Pourcentage moyen de réponses :
« Durée de la tâche A supérieure à la durée de la tâche J »
9 ans 13 ans
Quantité inférieure relative à 2,5 ajj : 66,25 % 48,75. % 42,8 %
Q. R. médian : 1,8
Quantité relative ajj
supérieure à 2,5 : 73,75 % 71,25 % 52,4 %
Q. R. médian : 3,1
Signification
de l'accroissement du 1,05 (N. S.; 8,43 (< .01) 0,39 (N. S. pourcentage de réponses A
en fonction de Q. R. : y2
IV. — La justification des réponses par les enfants
L'enfant ayant effectué sa comparaison, nous lui demandions
« Pourquoi », sans insister particulièrement. Nous pouvons résu
mer ainsi les réponses des enfants :
TABLEAU IV
5 ans 9 ans 1.3 ans
Pas de justification ou justifica
tion aberrante 81 % 44 % 17,5 %
Un critère juste (nombre, vi
17 % 37 % tesse, difficulté) 50 %
Deux ou trois critères 2 % 19 % 32,5 %
Parmi les sujets ayant donné un critère, les enfants qui jugent
le transport des anneaux plus long que celui des jetons ont
invoqué le critère nombre relatif d'éléments transportés dans la
proportion de :
5 ans 9 ans 13 ans
62 % 92 63 %
Inversement, les enfants qui jugent le transport des jetons
plus long que celui des anneaux en décident en fonction de la
difficulté dans la proportion de : ZUILI ET P. FRAISSE. — ESTIMATION D (J TEMPS 389 N.
5 ans 9 ans 13 ans
II apparaît donc que la difficulté des enfants à justifier leur
jugement décroît avec l'âge. Avec l'âge, le nombre des critères
invoqués augmente ; mais massivement dans cette expérience,
le nombre transporté est le critère le plus invoqué par ceux qui
jugent le transport des anneaux plus long que celui des jetons.
Dans le cas inverse, la difficulté est le critère déterminant.
Au total, l'importance de la quantité transportée avec l'âge
diminue, alors que celle de la difficulté augmente comme déte
rminant des réponses.
V. — ■ Conclusion sur les résultats obtenus
par la méthode de comparaison
Plus l'enfant est jeune, plus il est guidé dans la comparaison
des durées par le nombre relatif des transports effectués. Il faut
attendre 13 ans pour que cette erreur systématique disparaisse.
A tout âge, les enfants sont sensibles aux transports tels qu'ils
sont perçus au cours de la tâche ; ils n'attachent aucune impor
tance au résultat obtenu, c'est-à-dire à la quantité visible de pièces
transportées. Ce fait est vérifié par les pourcentages de réponses
qui sont les mêmes dans les deux modalités de la tâche, que l'en
fant voit ou non le résultat de son travail au moment où il répond.
Les jeunes enfants ont de la peine à justifier leurs réponses.
Ils invoquent la quantité transportée, quand ils jugent le dépla
cement des anneaux plus long que celui des jetons; la difficulté
dans le cas inverse. Mais rappelons-nous que le premier type
de réponse est d'autant plus fréquent que l'enfant est plus jeune.
Avec l'âge, le nombre de critères invoqués augmente, mais il
n'y a cependant que 5 % des sujets qui, à 13 ans, tiennent compte
à la fois du nombre de pièces transportées et des critères correctifs
(difficulté et durée des transports). Ceux-là, en général, concluent
à l'égalité des deux durées.
Ce qui apparaît le plus notable dans l'évolution de l'estima
tion du temps, dans cette expérience, ce n'est pas que les enfants
plus âgés ne font plus d'erreur systématique, mais c'est qu'ils ne
se contentent plus de juger de la durée seulement par le nombre
de changements ; ils deviennent sensibles, non plus à un seul
critère, mais à plusieurs, considérés séparément ou simultanément
qui ne conduisent pas tous aux mêmes conclusions. 390 MEMOIRES ORIGINAUX
B) Pau la méthode de reproduction
Les résultats que nous allons envisager maintenant seront
plus complexes à analyser parce que le sujet, dans ces situations,
sera libre dans la phase de reproduction. Après avoir transporté
un matériel pendant la durée étalon, soit 20 s, il devra transporter,
pendant un temps qu'il jugera équivalent, un autre matériel.
Il doit prendre l'initiative d'arrêter son action quand la durée
de reproduction lui apparaît égale à la durée étalon, au lieu de
porter seulement un jugement de comparaison. Une analyse
aprioriste montre qu'évidemment les deux ordres anneaux-
jetons et jetons-anneaux ne seront pas symétriques, car la quant
ité de pièces transportées pendant la durée étalon sera beaucoup
plus grande dans un cas (anneaux) que dans l'autre (jetons).
I. — Nombre de pièces transportées
et durée de la reproduction
Le tableau V indique la médiane du nombre des objets
transportés dans chaque ordre et la durée des reproductions
correspondantes1.
TABLEAU V
Quantité d'objets transportés (médianes)
et durée des reproductions
Ordre anneaux-jetons (AJ) Ordre jetons-anneaux (JA)
5 ans 9 ans 13 ans 5 ans 9 ans 13 ans
N = 80 N = 80 N = 20 N = 80 N = 80 N = 20
Transports
pendant la durée 11,1 J8 3,25 5,6 7,5 S, 15
étalon
Transports
pendant la durée x,r> 1 1 1 1 o,8 5,9 8
reproduite
Durées 16 J4 13 64 19 28 reproduites médianes (29 i (26) (6) (7) (4) (3) et (Q) en. s
1. Dans la reproduction comme dans la comparaison, les modalités boîte
ouverte-boîte fermée, c'est-à-dire la vision globale des résultats, n'ont entraîné
aucune différence.

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